ORGANISATION DE PARIS
Pourquoi ne point éclater quand on avait tant de forces en main , quand la bonne bourgeoisie , les villes municipales portaient appui ? C'est qu'Henri de Guise, homme prudent et de bon conseil , ne voulait pas faussement s'engager ; il attendait les secours d'Espagne; il savait bien que les confréries n'étaient pas en mesure de lutter seules contre la chevalerie béarnaise, les reitres , les arquebusiers du Midi ; il attendait donc l'Espagnol ; il avait confiance en ses promesses : comment resteraient-elles long-temps à s'accomplir ?
L'organisation matérielle de Paris n'éprouvait aucune altération ; les registres de l'hôtel de Grève sont remplis d'ordonnances du roi pour la sûreté de la pieuse et belle cité, soit pour la garde des portes , leur fermeture et les murailles , soit pour les levées et discipline des milices bourgeoises, soit pour la police des hommes inconnus et mauvais visages dans les hôtelleries : « Prévost et eschevins , visitez ceux qui entrent dans nostre bonne ville ou en sortent ; saisissez-vous de leurs armes; et venez-moi instruire personnellement de tout ce que vous saurez *. » Le pauvre roi voulait encore retenir l'autorité municipale et catholique; elle passait en d'autres mains.
* Avril, mai , juin 158ô, vol. Colbcit, 252. — Extrait des registres de l'ilôlcl de Ville de Paris, iii-fol, V.