UNION DV ROI AVEC LA LIGUE
Le roi hésite entre la ligue et les huguenots. — Union avec les catholiques. — Conférence d'Épernay. — Traité de Nemours. — Révocation de la paciOcation. — Mesures de guerre.
L'attitude toutemilitaire et si active de la sainteligue, l'union intime des villes , l'ardeur des populations catholiques, imposaient au roi la nécessité de prendre un parti ; il avait vainement tenté de résister avec; des forces indépendantes , avec
PAMPIILKTS COiNTRE LA LIGUE (1585). 231
ses braves soldats suisses, ses maréchaux dévoués ; cette position du milieu n'était pas tenable : huguenots et ligueurs allaient en venir aux mains sans lui ; le pouvoir lui échappait s'il n'arborait hautement une couleur. Si l'on en excepte d'Epernon qui avait quelque penchant pour le roi de Navarre , tout ce qui composait le parti du roi était catholique ; c'était donc vers la ligue qu'il fallait se tourner. Cette résolution coûtait à Henri III. Il avait fait tous ses efforts pour détacher quelques unités de la, ligue et les attirer à son propre parti ; après les édits sévères qui défendaient toute assemblée secrète *, on avait essayé les brochures et la presse. Les politiques avaient publié des pamphlets contre l'esprit d'association : ils disaient dans leur langage parlementaire : « Nous trouvons en toute façon l'association et ligue (prétendue sous voile de saincte protection de cet Estât, repos public , conservation de la chose publique) suspecte de captation et circonvention du roy, confusion de son Estât, change-
* 0 Nostre amé et féal , nous vous envoyons la copie des lettres-patentes que nous avons faict despescher pour empesclier les levées de gens de guerre que nous avons entendu se faire en plusieurs endroits; employez vostre pouvoir pour exécuter en diligence ce qui vous est commandé. » (Edict du roy sur la désfense des armes qu'il faict confie ceux qui sont ligués en son royauhne. )