DIRES DU ROI SUR L'EDIT
révoquées ; toutes les villes données en garde à ceux de la religion pour sûreté , seront par eux délaissées ; recognoissons tout ce qui a esté faict j)ar les princes , officiers de la ligue , prélats , seigneurs, tout ce qu'ils ont géré et négotié pour raison que c'a esté pour le zèle et affection qu'ils ont eu fi la manutention et conservation de ladicte religion catholique , apostolique et ro^ maine *. » Le roi entrait dans la plénitude des voies de la sainte union. Plus de concessions aux huguenots ; il épousait les intérêts exclusifs de la foi romaine ; il déclarait la guerre à l'hérésie.
C'est à contre cœur que Henri III se dessinait aussi fortement ; la nécessité seule l'avait poussé à se jeter dans la ligue ; les parlementaires le savaient bien , et Pasquier écrivait à M. de Sainte- Marthe :« Le roy est venu en personne le 18^ juillet pour faire publier l'édict au parlement. Le bruit est que s'y acheminant il a dict à M. le cardinal de Bourbon qu'il avoit faict deux édicts de pacification entre ses subjects , l'un en l'an 1577 contre sa conscience, par lequel il avoit toléré l'exercice de la nouvelle religion , mais toutefois à lui très-agréable , car il avoit pourchassé le repos général de toute la France ; que
* Lettres patentes du roi Ilemi III, de révocation des édiis de pacification (juillet 1585). — Fontaror , Collect. d'ordonnances, tom. ii.
246 ;VSSEMBLÉE MUNICIPALE (1585).
présentement il en alloit faire publier un autre selon sa conscienee auquel il ne prenoit aucun plaisir , comme prévoyant qu'il apporteroit la ruine de sou Estât *. » Il s'agissait clans cette séance de vérifier redit de réaction catholique qui trouva félicitations nombreuses en parlement; l'esprit de la population parisienne dominait les grands corps de magistrature **.
Pour arriver à une guerre décidée, à une prise
* Est. Pasquer , liv. xi, lett. 10.
** En exécution de son édit , Henri III avait écrit aux échevins de Paris : « Très-chers et bien aniés , nous voulons et vous mandons que , suivant nostre dernier édict du mois de juillet dernier pour l'exercice de la nouvelle religion, vous faictes le serpient d'iceluy garder et observer; el sera ledict acte dudict serment en la forme et ainsi qu'il s'ensuit : 0 Aujourd'huy.... jour de.... 1585, les prevost des marebands , eschevins et conseillers de la ville de Paris, assemblés en l'hostel commun d'icelle , ont, suivant le commandement et intention du roy, juré l'observation de l'édict faict par Sa Majesté au mois de juillet dernier pour la révocation de l'exercice de nouvelle religion. » Et sera le présent acte inséré dans les registres du greffe dudict Hostel-de-Yille , suivant ledict édict; car tel est nostre plaisir. Donné à Paris, le 23" septembre 1585. » Suivant lesquelles lettres mesdicls sieurs les prevost des niarcliands, eschevins et conseillers de ladicte ville cy-dessus nommés ont faict et preste ledict serment requis par lesdictes lettres , en la forme voulue et portée cy-dessus. » Kcg. de l'Ilôtel-de-Ville, t. XI, p. r.2:i.