PAROLES DE HEMU III
d'armes générale qui pût en finir avec les huguenots , il fallait de l'argent, et Ilenri III multipliait les expédiens. Comme les hostilités qui allaient éclater étaient toutes dans les intérêts de la ligue , il réunit au Louvre le premier président du parlement, le prévôt des marchands, le doyen de l'église cathédrale et le cardinal de Guise , et d'un air moqueur il leur dit : « Je me resjouis bien fort d'avoir enfin embrassé les bons et excellens conseils qui m'ont esté donnés ; c'est à vos prières et doléances que j'ay révoqué et annulé le dernier esdict de pacification octroyé aux huguenots. C'est avec peine que j'ay pris ce party , non que je ne sois grand zélateur des intérests de nostre religion catholique, mais l'expérience des temps derniers passés me faisoit voir dans l'exécution de ce dessein de bien grandes difficultés. Maintenant que cela a esté octroyé , il faut que tous les gens de bien et affectionnés à mon service et à celuy de la religion me prestent leurs secours pour terminer ceste guerre. Il me faudra trois armées dont l'une ne me quittera pas ; une autre combattra les huguenots dans la Guyenne, la tierce ira aux frontières empescher l'arrivée des lansquenets et reistres. Suivant la mienne intention , je n'aurois révocqué le dernier esdict de la paix ; nous allons avoir toute une troupe d'hérétiques sur les bras ; il faut promptement y pourvoir, car on viendroit, comme