DEFAITE DES REITRES
souper; l'on vient aux mains; grand carnage d'eux; toutefois ils commencent à se rallier et firent un gros; lors le raiz de la nuict nous surprend de manière qu'il estoit fort malaisé de se recognoistre , sinon par le mot du guet. A vrai dire, on ne peut assez louer et la sagesse de M. de Guise et la vaillance de M. de Mayenne , car il fut advisé entre eux deux, pour ne hasarder d'un coup toute chose , que M. de Guise avec sa compagnie feroit halte pour en un besoin donner sur l'ennemi , et que cependant M. de Mayenne donneroit dedans; lequel comme un lion s'engage avec soixante cuirasses au milieu de la meslée, de telle sorte que les autres estonnés se retirèrent au petit pas, nous demeurant en proie une bonne ])arlie du bagage , ayant faict une perte inestima- }de *. » Et à Auneau « il y a eu douze ou quinze cents hommes tues et quatre-vingts chariots pris • la ville jonchée de morts, leur colonel sauvé de vitesse et dix cornettes rendues. Jamais nous n'eusmes meilleur succès, auquel on ne peut desnier que M. de Guise n'ait apporté tout ce que l'on peut de diligence , prouesse et vaillance**. » Les reitres dès-lors ne parurent plus redoutables; il y eut pleine confusion en leur marche; les communes (îontinuèrent à sonner le tocsin, tandis que les
* Est. Pasqi'ier, liv. xi , leU. 15.
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