ÉCOLE CALVINISTE
s'entendre avec les ubiquitaires , et qui ne produisit aucun résultat ; ils publièrent dès-lors leur livre de la Concorde , qui fut leur dernière décision de foi ; ouvrage composé des écrits de divers tbéoiogiens et imprimé dans le but de former un recueil de ce qu'il y avait parmi eux de plus authentique, et auquel tous les princes protestant durent souscrire *.
L'école calviniste avait trouvé un immense représentant dans Bèze, docteur sage, actif, laborieux , digne successeur de Calvin. Bèze n'est pas seulement un prédicateur à système , c'est une tête d'administration et de politique ; sa longue vie , sa carrière laborieuse est tout occupée de principes ; il veut assurer sa foi et une profession libre et paisible pour ses coreligionnaires. Le calvinisme, dépassé par les puritains , les anabaptistes , les antitrinitaires , cherche à se formuler d'une manière précise : de là, des synodes nombreux où des symboles sont établis et arrêtés. En Î571 , le synode de La Rochelle combattit ouvertement la théologie zwinglienne** : Théodore de Bèze présidait l'assemblée. Les calvinistes reconnurent la conjonction vraie et d'une façon spirituelle de Jésus-Christ avec nos personnes par l'Eucharistie. « Nous adorons, écrivaient-ils, ce
' HospisiBS , Comoi. dise. iinp. Franc forf. 1607. " Aymon, Synod. nat., t. i , 111-4", p. 98.
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grand mystère surnaturel et incompréhensible de l'opération réelle et très-efficace de Jésus-Christ en nous. » Dans le synode national tenu à Sainte- Foi en 1578, les calvinistes avaient tenté, à leur tour , une fusion de doctrines , un rapprochement des Églises protestantes , et ils nommèrent des députés pour dresser une commune confession de foi ; ils n'en purent venir à bout par l'opposition opiniâtre qu'ils éprouvèrent des luthériens. Dans le synode national tenu en 1S81 à La Rochelle , on confirma la confession de foi arrêtée dans l'assemblée de 1371, et on décida une cinquantaine d'articles , tous destinés à rapprocher les fidèles d'une manière plus intime dans une communauté de doctrines fixes et invariables *. L'Eglise calviniste pleurait alors le ministre Arétius , un des principaux soutiens de la communion de Genève, et qui enseigna long -temps à Berne les principes du calvinisme pur **.
Les antitrinitaires et les sociniens avaient eu aussi leurs synodes et leurs docteurs , plus fanatiques peut-être , parce que leur doctrine était moins libre et plus profondément persécutée. Blandrat , un des chefs ardens et inflexibles, avait laissé après lui un disciple fougueux, François
* Actes de tous les synodes n.itionaux des églises reformées de France , in-4" , t. i , p. 146 à 151. '* 'VIelchiob Adam , in vit. German. théolog.
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Davidis , qui renouvela en Transylvanie les dogmes d'Arius : ne reconnaissant point de trinité en Dieu , ni de divinité en Jésus-Christ , il soutenait qu'on ne devait et qu'on ne pouvait invoquer ce Christ, ni lui rendre de culte religieux. Vainement le prince de Transylvanie convoqua les Etats de la province pour faire condamner cette théologie pernicieuse j elle avait déjà fait de grands progrès. Faust Socin avait été lui-même dépassé ; il chercha à ramener Davidis à ses principes , il ne put y parvenir , et les sociniens le considérèrent comme leur principal docteur. Pierre Stator s'était dévoué avec zèle à la secte antitrinitaire. Nourri des doctrines de Servet , il vint s'établir en Pologne , et écrivit plusieurs ouvrages contre la divinité du Saint-Esprit , et partout il était écouté; sa réputation devint im-
mense *.
Ainsi les cendres de Servetjetéesauvent avaient laissé des semences profondes; sa doctrine rationnelle trouvait des partisans. Toutes ces vives accusations lancées par Calvin , ces mots de libertin et d'athée , ces mille pamphlets , ces paroles odieuses , tout cela s'oubliait par l'inévitable résultat du libre examen qui entraînait les esprits au déisme pur de l'école d'Arius et de Socin.
' SiUBirs, in Bibliolh. anlri-trinitar. , p. 66. — Uosriis, de Aiheism.Evauf). — Voyez aussi: //i«<. Hvfonii . Eccles. Polon.