CONVOCATION DES ÉTATS
contre la messe , les saints et les opinions des halles : placée entre les deux grands systèmes religieux qui divisaient la société , elle n'eût jamais hésité ; la ligue d'ailleurs était comme l'expression de ses privilèges et de ses sentimens municipaux.
Le roi avait écrit des lettres closes à tous les prévôts et baillis du royaume pour la convocation des Etats. « Nostre amé et féal , depuis qu'il a plu a Dieu nous appeler à ceste couronne , nous n'avons rien en si grand désir que de mettre fin aux troubles dont ce royaume est affligé ; afin de pourvoir à l'altération et désordre qui y est survenu tant en l'estat ecclésiastique que séculier , et restablir toutes choses en leur première splendeur ce que nous avons toujours estimé ne se pouvoir mieux l'aire que par une convocation et assemblée générale des Estats de toutes les provinces de nostre royaume. A ceste cause , nous vous signifions que nostre intention est de commencer à tenir les Estats libres et Généraux des trois ordres, au 15 novembre prochain , en nostre ville de Blois , où nous entendons , desirons que se trouvent aucuns des plus notables personnap-es , pour en pleine assemblée nous faire entendre les remontrances , plaintes et doléances de tous affligés , afin d'y asseurer tel ordre et remède que le mal y requerra. Aussi pour nous donner advis et prendre avec eux une bonne résolution sur
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les moyens d'entretenir nostre Estât et aequitter la foy des roys nos prédécesseurs et la nostre, vous mandons très-expressément qu'incontinent la présente reçue , vous ayez à son de trompe et cri public, ou autrement, à convoquer et faire assembler tous ceux des trois Estats de votre ressort pour conférer et communiquer ensemble ainsi qu'il est accoutumé faire *. »
Le besoin du conseil était de faire dominer dans les Etats convoqués les opinions modérées en rapport avec le nouvel édit ; les ordres envoyés aux baillis étaient rédigés en ce sens. On ne put les exécuter. Partout l'opinion catholique s'était organisée en ligue ; elle était active , surveillante et en quelque sorte sous les armes; une admirable hiérarchie d'évéques, de religieux de paroisses appuyait cette grande impulsion ; les ordres monastiques toujours en correspondance , les prédicateurs, les mandemens épiscopaux , les prières publiques favorisaient des élections toutes ligueuses. On s'opposait même dans certaines localités au départ des députés calvinistes **. Les
* Collection des États-Généraux , Vil, 33S.
** 1576. — Protestation faite par ceux de la religion sur la tenue des États-Généraux de Blois. « Ils prioient le roy et monseig. de surseoir cette convocation jusqu'à ce que le dernier édict soit entièrement exécuté et que les armes également posées chacun puisse libicuioit e( sûrement aller et se trouver aux assemblées auxquelles lors ils proposeront