ESPRIT DU CONSEIL
catholiques n'exécutaient l'édit de pacification qu'avec dégoût ; les deux partis retenaient leurs otages, gardaient mutuellement leurs prisonniers *. Dans ces circonstances agitées , la plupart des députés des trois ordres arrivèrent non point dans la pensée du conseil , mais avec les grandes instructions des ligues provinciales , lesquelles portaient toutes sur un point, « qu'il falloit désor-
autant de bons advis et apporteront autant de moyens pour le service de Sa Majesté, bien et soulagement de son peuple que tout autre. " Mss. de Colbert , vol. xxix , gros reg. eu parch.
* 22 mai 1576. — Henri, roi de Navarre , écrivit à M. de Montmorency pour lui dire que certaines villes du Languedoc retenaient encore des prisonniers contre l'édit de pacification dernièrement publié ; il le priait d'envoyer quelqu'un pour délivrer les prisonniers faits par les catholiques j de son côté il allait faire mettre en liberté ceux pris par le parti contraire ; il l'assurait de sa bonne volonté pour l'exécution de l'édit ; personne n'y était plus disposé : » le Créateur le sçait, mou cousin. » Mss. de Béthune, vol. cot. 8715, P 49. — Henri de Navarre écrivait encore au prince de Condé: " Mon frère, je vous mercie bien fort des advertissemens que vous me donnez. Je vous prie aussi de n'écouter rien des advis qu'on vous donne , mais vous tenir toujours sur vos gardes , comme je ferai de ma part. J'ai entendu par M. de La Noue les desseins des ennemis du repos public de contrevenir à l'édict; j'aime beaucoup mieux que les commenccmens viennent d'eux que d'aucun des nos- (res. « Mss. de Colbert, vol. xxix , rcg. cnparcb.