LES MIGINONS DE HENRI III
combats à l'épée , au bâton , à la pique *, pour soutenir leur prééminence et leur valeur; et c'était dans leur poitrine d'enfant, déjà sillonnée de coups de dague , que Henri III déposait le secret de ses affaires; il aimait les aventures de femmes, les scandales de sa cour, et les mignons étaient toujours prêts à lui en conter. Les pamphlets exagérèrent les démonstrations que fit le roi à la mort de ses nobles favoris : Le roy portoit une merveilleuse amitié à Quelus et à Maugiron ; il les baisa tous deux morts , fit tondre leurs têtes et serrer leurs blondes chevelures , et osta à Quelus les pendans de ses oreilles, que luy-mesme auparavant luy avoit donnés et attachés de sa propre main , et le peuple disoit que le Seigneur alloit recevoir en son giron Schomberg , Quelus et Maugiron **. Le roy les honora de superbes convois et sépulchres de princes ***. » Et Saint- Mesgrin , ce noble et beau Saint-Mesgrin , folâtre jeune homme qui, percé de trente coups d'épée, donna son âme à Dieu, son corps à la terre , et, connue le dit le pasquil de la cour, « son oustil à tous les diables. » Et qu'importait après tout que les pamphlets catholiques ou huguenots poursuivissent ces braves débauchés ? Qu'importait que
Journal de Henri m, anii. 1577 à 1579. ** Seigneur , reçois en ton giron
Schomberg , Quelus et Maugiron.
'*' liiuiucil rie Henri III. (nm. t, pag. 2-39.