‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 65 sur 234 · LA HAUTE FÉODALITÉ · texte numérisé non relu

LA HAUTE FÉODALITÉ

le roi de Navarre , pauvre mari trompé par Marguerite de Valois, sV'criàt : Je sçais bon gré au duc de Guise, mon cousin, de n'avoir pu souffrir qu'un mignon de couchette le fit cocu ? C'est ainsi qu'il faudroit accoustrer tous ces petits galans de la cour qui se meslent d'approcher les princesses pour les mugueter et leur faire l'amour ! » Tout cela notait rien à ces jeunes débris, à ces figures poétiques des grands romans de chevalerie ! Détachez de ces bruits ce que les passions contemporaines ont pu y ajouter de haine contre Henri III , que restera-t-il ? peut-être des témoignages d'amitié pour de braves et fols en fans de gloire et de dévouement qui se consacraient au service du prince , tandis que les partis extrêmes l'abandonnaient.

Depuis les grandes guerres civiles, la noblesse territoriale ne venait qu'instantanément à la cour; la vieille féodalité se saisissait des opinions religieuses comme d'un drapeau ; les hauts feudataires de Bretagne, Normandie, Bourgogne, Saintonge , Berry , Lyonnais , s'étaient partagés entre les fractions qui divisaient la société; ils vivaient alors sous la tente , ou bien dans leur gouvernement de province avec leurs vastes fiefs , leurs terres et leurs vassaux. Ce n'étaient plus les règnes de François l" et de Henri II, assouplissant les mœurs altières de la féodalité ; la guerre civile a\ait ictrompé ces caractères; ils rampaient sur

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