LES ASTROLOGUES
C'est aussi parmi les Italiens que la cour choisissait ses astrologues , ces devins qui cherchaient dans l'aspect des astres et des constellations la fortune des empires et des princes. Dans les temps de troubles et d'agitations publiques , cette superstition , qui embrasse les premiers autels pour s'en couvrir est chose naturelle ; les âmes les plus fortement trempées ne sont pas exemptes de ces faiblesses , de ces pressentimens de l'avenir; et quoi d'étonnant que Catherine de Médicis, mère de rois, allât à la tour de Ruggieri consulter sur les jours heureux et malheureux, sur la destinée de cette race de princes qui périssaient, jeunes encore, dans une vie laborieuse et de guerres civiles *. ? Quelle immense
Italiens donc , qui que tu sois , Qui t'enrichis aux dépens des François, Dont tu fais tant du muguet parfumé, Un jour viendra que seras enfumé ; Car la France est de toy si très- fort lasse Qu'il faut pour vrai que la tête on te casse. (Posquil. Archives de Simancas, cot. B 40*^.)
* L'ambassadeur d'Espagne écrivait à Philippe II : « J'ai sçu de bonne part que la royne-mère ( qui a une grande vénération pour les astrologues, et qui, en beaucoup d'occasions, se gouverne par leur conseil), a été advisée par celui qu'elle a en plus grande considération , que le duc d'Alençon court grand risque , et presque inévitablement doit mourir cette année; cela estant, il paroist qu'on assurnrnit