‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IVChapitre 103 sur 144 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

DEUXiËSTE PARTIE DC CONCILE DE TRENTE.

Motif du second concile. — Situation de l'Église. — Bulle de convocation. — Ambassade aux luthériens. — Les nonces en Allemagne. — Commencement du concile. — Son esprit, —Tentative d'une réformation. — Ambassade de France. — In« structions. — Le cardinal de Lorraine. — Résolutions du concile.

On vient de voir la partie active, j'oserai dire la partie armée des opinions; il est besoin maintenant de reprendre leur mouvement philosophique , se développant dans la seconde partie du concile de Trente. Ce concile, commencé sous Charles-Quint, suspendu pendant longues années, avait été profondément dévoué aux papes. Cependant ceux-ci voyaient avec elîroi ces grandes réunions d'évêques et de docteurs, ou tout se faisait en dehors du saint-siége , et dans lesquelles on fixait, indépendamment de la tiare, les points de croyance et de discipline : les souvenirs de BAle et de Constance vivaient encore, et les actes de ces congrès épiscopaux pesaient toujours dans la mémoire des successeurs de Grégoire VII , créateur de la puissante monarchie catholique.

Cependant toute la chrétienté appelait un concile : le parti modéré, qui voulait éviter les progrès de la réforme , soit qu'elle devînt l'expression du luthéranisme, soit qu'elle se fît calviniste, formulait de vives plaintes contre la négligence des pontifes. Les luthériens d'Allemagne faisaient entendre alors eux-mêmes qu'ils ne repousseraient pas la pensée d'une conciliation, si les ba«es en étaient larges et faciles. Ils craignaient d'élre débordés par le calvinisme ; les doc-

Page 1