CHAPITRE X
CAllACTÈRE POLITIQUE DE LA PREMIÈRE PÉRIODE DE LA RÉFOIUIE E>" FRANCE.
Esprit de la cour de François Is^ — Cause de la réforme. — Opposition qu'elle rencontre, — Université. — Parlement. — Vieux souvenirs d'hérésie. — Tendance (Je la cour. — Murguerile de Navarre. — Prédications. — François I'^'' et Ttlélaneliton.
Ainsi, dans presque la moitié de l'Europe, la réforme s'accomplissait! Au milieu de ce mouvement général des esprits, où était la France? S'élait-elle enveloppée dans sa vieille foi catholique pour ne point subir les nouveautés de Luther? J'ai besoin de préciser ici les progrès de ia science et de la civilisation atiu de suivre avec quelque exactitude le mouvement des croyances religieuses.
Le luthéranisme avait été dans son principe une dispute d'école à laquelle tous les savants de l'Europe avaient pris plus ou moins de part. J'ai dit que ceux qui n'avaient pas eu la hardiesse de prêcher ou d'adopter la réforme s'étaient associés dans une opinion commune et mixte opposée au clergé et à la suprématie romaine. Il était peu d'érudits del'école philosophique ou des études grecques et latines de l'époque de rénovation qui défendissent l'Église en toute sa pureté. Dans les épanchements de l'amitié, Érasme, Vatable, Robert Etienne, Scaliger, tous ces savants qui abondaient alors dans les universités , avouaient plus ou moins ouvertement la puissante nécessité d'une réforme. Le goût des sciences, de la poésie latine et nationale, noble apanage de François I", la protection qu'il aimait à étendre sur , l'érudition laborieuse , avaient appelé auprès de lui une naultitude