RÉSISTANCE DD CATHOLICISME
Érasme s'excusa sur son ège, sur ses inGrmités ; et quoique Sadolet et quelques-uns de ses amis scientifiques l'engageassent à ce rapprochement, il le repoussa S parce que sans doute il l'aurait trop ouvertement placé dans les intérêts de l'église romaine ; il l'aurait surtout compromis avec le tiers parti d'université et de philosophie. Érasme préféra garder cette position intermédiaire qui faisait sa considération et sa force. Il avait refusé de s'engager avec Luther; il refusa également de s'attacher au pape.
La résistance la plus grande contre les progrès de l'hérésie fut alors l'inquisition. Il ne s'agit pas d'examiner la nature du pouvoir, les formes de procéder et les exécutions mystérieuses de ce tribunal ecclésiastique : on sépare trop souvent les institutions de l'époque où elles ont été établies. Il n'y a rien dans le monde de cruellement absurde. Tout se met en rapport avec le principe du gouvernement et les lois de la société : or lorsque ce principe était catholique, toute hérésie devenait une véritable sédition, tout schisme une révolte. Partant de ces données, un tribunal de clercs appelés à surveiller la foi était une constitution toute naturelle. Aux époques de grandes émotions politiques ou religieuses, on a besoin de ces juges spéciaux qui frappent plutôt qu'ils n'examinent. L'inquisition s'opposait comme une barrière invincible à l'hérésie; partout où elle fut complètement admise, là où elle n'amena pas une explosion comme dans les Pays- Bas, le protestantisme fit peu de progrès et s'éteignit même. Sa surveillance inquiète allait recherchant partout les opinions dans les livres et dans les consciences. Lorsqu'une hérésie se montrait dans un pays, l'inquisition la poursuivait avec une infatigable activité ; sa police pénétrait partout ; elle ne laissait pas à une mauvaise semence le temps de porter son fruit. Aucune considération humaine ne l'arrêtait, ni le rang, ni la fortune, ni le savoir de celui qu'elle atteignait de sa puissance. Autorité indépendante, elle instruisait et condamnait, le tout dans l'intérêt du catholicisme et du pouvoir pontifical , dont elle protégeait la hiérarchie. On craignait ses peines terribles , ses sombres procédures, et quel que fût dans une àme le désir d'une foi nouvelle, il s'éteignait, en naissant , on face du fatal inquisiteur qui surveillait l'épanchement de l'amitié et les confidences religieuses.
A cette première force catholique il faut joindre la double insti-
' Epistol. prœftT. opsrib. Erasmi.