RESISTANCE DU CATHOLICISME
quait et des hommes qu'on y appellerait à siéger ; mais pour le peuple, l'église assemblée répondait à une vive sympathie d'opinions ; c'était un point d'arrêt.
Un acte d'habileté des pontifes fut de se rapprocher de l'empereur et de reconnaître son autorité souveraine. Ce qui avait surtout favorisé le protestantisme, c'étaient les querelles politiques dans lesquelles les papes s'étaient mêlés; elles avaient fait souvent une question religieuse de ce qui n'était qu'un point de rivalité. Le pape venait de sacrer Charles-Quint à Bologne ' ; et dans un entretien intime il lui avait peint les maux qui résultaient de la réforme. Dans ses distractions de la guerre, Charles-Quint n'avait songé que par intervalle à l'Allemagne; l'archiduc Ferdinand n'avait pas une autorité suffisante pour réprimer ce mouvement des esprits qui se liait désormais à la constitution politique de la Germanie. L'empereur avait compris que la séparation de l'Allemagne en deux croyances opposées ne permettrait jamais l'unité de pouvoir , cette uniformité politique qui seules devaient élever son empire universel. En se rapprochant de Charles- Quint, le pape prenait la seule voie de répression contre l'hérésie; seulement c'était un peu tard. Les faits avaient marché, et avec eux les intérêts nouveaux ; le corps germanique tendait à se constituer sur de nouvelles bases. Vingt ans plus tôt, le protestantisme aurait pu être comprimé par l'union intime du pape et de l'empereur; maintenant il était en dehors de toute volonté humaine. C'était un résultat accompli pour l'Alleniagne, et partout où il s'était produit et constitué comme une doctrine et une révolution territoriale.
' Sleidan, in comment., liv. VI, page 202. — Gcichardix, liv. XX. Voyez aussi l'écrit de Mclanchton, MSS n<" 3oo, 3oG, Biblioth. du Roi, collect. Dupuy sous ce titre : « De congressu Bononiensi Carol. V. imperat. et Clément, ponlif, narraiio script, a Melanchton. » Je le crois de la main du célèbre professeur.