‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IVChapitre 36 sur 144 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

TENTATIVES DE CONCILIATION ET DE REPRESSION DE LA RÉPORUE EN ALLEMAGNE.

Charles-Quint à la diète d'Augsbourg. — Opposition des protestants aux cérémonies religieuses.— Triompbe du parti modéré. —Conférences entre les catholiques et les réformés. — Mélanchton et Jean de Eck. — On ne peut s'entendre. — Décret violent contre les réformés.

C'était dans les conférences de Bologne , après son sacre , que Charles-Quint avait arrêté avec le pape une répression modérée , mais ferme et invariable, de l'esprit envahissant de la réforme ; l'empereur avait démontré au pontife, par l'organe de son chancelier Gattinara, la nécessité de convoquer avant tout un concile, et par là de se mettre à la tête du tiers parti philosophique, pour lutter avec plus d'avantage contre le mouvement luthérien. Cette concession n'avait point été faite encore ; le pape Clément, vieillard vénérable mais absolu, avait répondu d'une voix altérée : «Je ne refuse point le concile dans le dessein de conserver de vaines richesses, un pouvoir temporel dont je suis fatigué ; reprenez toutes ces tristes pompes d'un monde qui s'en va. Mais ce que je ne puis souffrir, c'est que ce qui a été une fois jugé le soit encore ; il n'est pas permis de mettre en dispute les anciens décrets. » L'empereur avait inutilement lutté contre cette obstination des cheveux blancs : il résolut dès lors de comprimer par lui-même le schisme qui menaçait l'antique constitution germanique *.

• Voyez le grand ouvrage de Cœlcstin, espèce de recueil sténographique de tout ce qui fut dit dans les conférences de celte époque, 3 noI. iii-fol.

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