‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IVChapitre 42 sur 144 · DU PARTI RÉFORMATEUR · texte numérisé non relu

DU PARTI RÉFORMATEUR

croyance. Les rivalités politiques contre Cliarles-Quint donnaient pour alliés à la réforme les princes en hostilité contre son grand système. Il fut résolu que l'électeur de Saxe écrirait au nom de la diète aux rois de France et d'Angleterre pour solliciter leur alliance afin de déjouer les projets ambitieux de l'empereur qui ne tendait rien moins qu'à la monarchie universelle.

L'assemblée de Smalkalde publia un long manifeste sur la conduite et l'esprit de ses délibérations belliqueuses * ; et des envoyés secrets furent députés auprès de chaque prince dont on demandait l'appui. Henri VIII était alors trop préoccupé de la question de son divorce pour se jeter absolument dans de nouvelles difficultés religieuses ; il avait d'ailleurs combattu Luther , et le théologien se retrouvait tout entier avec son esprit de dispute et ses petites haines; mais François I", à qui le traité de Gambray pesait déjà, se hâta de répondre aux princes protestants. Il mit de côté les querelles de dogmes, pour ne plus voir que le point politique ^. Guillaume Du Bellay, seigneur de Langey, de cette famille d'habiles négociateurs à cette époque de hautes transactions et de droit public européen ^ , fut envoyé auprès de la ligue de Smalkalde, avec mission spéciale de régler avec elle un traité d'alliance.

Ce traité ne stipula que des conditions relatives à la constitution germanique ; il n'y fut pas question du luthéranisme. On décida que François I" prendrait sous sa protection les privilèges des princes et des villes libres, et qu'il maintiendrait les dix cercles de l'empire dans l'état où ils se trouvaient alors. Un subside fut également stipulé ; cent mille écus furent déposés dans les mains du duc de Bavière, qui dut les employer au cas prévu d'une attaque formelle contre les prérogatives électorales *.

' On en aUribue la rédaction à Mélanciiton et à Luther.

^ Mémoires et négociations de Du Bellay, liv. IV, page 131. — Pallav., Hist. concil. Trident., iomel.

' Voyez Lettre d'un serviteur du roi à un secrétaire allemand, sur les différends entre le roi de France et l'empereur. Paris, Sartenas, lo46. Les Mémoires de Guill. Du Bellay ont été recueillis par son frèreMartin, et se trouvent parmi les manuscrits de la Bibliothèque du Roi, n» 620o; et ancien fonds Colbert, n« 6240, sous ce titre : Guill. Bellaii domini de Langei de Bebus gest. Francise. I régis, in-4'>. Ils ont été publiés et translatés en français par l'abbé Claude-François Lambert. Paris, 1733, 7 vol. in-12.

* Mémoire et négociation de Du Bellay, liv. IV. — Voyez aussi le petit livre trèbrarc : « Translaiion, de latin en français, des lettres écrites par le irès-cbrétien ra

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