DU PARTI RÉFORMATEUR
alors en Italie, prévit toute la portée d'une grande résistance de la ligue de Smalkalde. Des lettres pressantes appelèrent un arrangement à tout prix. Les propositions furent portées au landgrave de Hesse par l'électeur de .\Jayence. Un traité qui brisait toutes les dispositions rigoureuses de la dernière diète catholique fut arrêté. Charles-Quint subissait le fait accompli dans toute sa puissance. 11 ne devait être permis aucune poursuite en matière de religion, et la chambre impériale s'abstiendrait désormais de frapper des condamnations, soit personnelles , soit territoriales , les choses restant eu l'État ; moyennant cette concession l'électeur de Saxe reconnaissait Ferdinand comme roi des Romains. Par un autre traité spécial , le Wittemberg devait demeurer en la possession du duc Uiric , au préjudice de la maison d'Autriche *.
Le landgrave de Hesse, le plus immédiatement obligé envers le roi de France, crut nécessaire de lui expliquer les motifs de cette transaction arrêtée avec l'empereur. Une lettre conservée en autographe disait ^ « que la convention germanique ne dérogeoit en rien aux choses par nous traitées avec V. M. , lesquelles nous voulons demourer saines et entières. Nous ne devons celler à V. M. que hier et d'autrefois ils nous sont venues nouvelles que nous pouvons vous assurer d'avoir une partie des gens de guerre de tous les meilleurs capitaines que eut jamais l'empereur dont il s'est aidé à rencontre de votre ditte majesté, tellement que, grâce à Dieu, on en doit bien espérer. »
Cette impossibilité de faire rétrograder les doctrines de la réforme dans l'empire était un grave enseignement. A mesure qu'elles trouvaient une plus vive résistance matérielle , elles étendaient leur conquête morale ; le Wittemberg recevait la prédication luthérienne , et Charles-Quint était obligé de subir de dures conditions. Ces succès enflaient le cœur de Luther, le plus belligérant des sectateurs de la nouvelle doctrine. C'est lui qui avait poussé le landgrave de Hesse à ces hostilités heureuses, lesquelles avaient amené la dernière transac-
que par le moyen ci-dessus lesdils ducs de Wittemberg auraient argent de vous, et pour couleur achèteriez leur place tant et si chèrement qu'il vous plairait, sauf que l'empereur s'en puisse justement plaindre ; car il ne vous peut empêcher d'acquérir terre puisque vous en trouvez à vendre, et qu'avez argent. »
' Raynald. ad ann. 1534, n» 18. — Slkidan, liv. IX, page 278.
» 51SS de Bélhune, n" S-igS, fol. 84.