‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IVChapitre 48 sur 144 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

DECXIÈME PÉRIODE DC CALVINISME EX FRAXCE.

Confusion de doctrines dans les écoles. — La Sorbonne et ses décisions. — Régularisation du système sacramentaire par Calvin. — Popularité du calvinisme. — Édits de persécution. — Exécution contre les Vaudois de Mérindol et de Cabrières.

La conduite souvent équivoque, et toujours incertaine de François I" , dans ses négociations avec la diète de Smalkalde , oblige naturellement à revenir sur la situation religieuse du royaume qu'il gouvernait. A quel progrès en était la réforme ? par quelle législation se trouvaient régies les diverses sectes qui apparaissaient de tous côtés en France ? Un premier fait à constater , c'est que l'esprit réformateur s'empreignait ici du caractère commun de la doctrine de Zwingle et de Calvin : le luthéranisme ne servit que d'introduction pour arriver à cette réforme plus austère. Au milieu de la société si dissolue du règne de François I", de cette cour de dames, d'amour et de folâtrerie ; tandis que l'Église n'était que corruption et bombance, pour me servir de l'expression de Rabelais, des hommes apparaissaient et disaient aux simples : « Ces pompes des autels , ces richesses qui vous sont arrachées pour engraisser des clercs paresseux , ces cérémonies mystérieuses auxquelles votre intelligence ne peut atteindre, tout cela est vanité et superstitions ; ce que nous vous annonçons , c'est la vérité de l'Évangile , la loi du Christ , qui seule n'est pas d'invention humaine. » Si de telle prédications irritaient les multitudes dans leur ferveur catholique, elles trouvaient des échos parmi les clercs, les nobles et quelques bourgeois. Il n'y avait pas, en France, ce vaste mouvement qui favorisa la séparation des luthériens et des

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