TACTIQUE DU CATHOLICISME. — PREMIÈRE PARTIE DC CONCILE DE TRENTE
Convocation d'un concile. — Réunion à Trente. — Caractère de ce concile. — Les protestants refusent d'y prendre part. — Craintes de l'empereur. — Décisions. — • Résultat du concile.
La réunion d'un concile œcunaénique , au temps de la grande église catholique, était l'événement le plus grave et qui suscitait au plus haut degré la sollicitude des princes et les sympathies du peuple. Qu'on s'imagine en effet une assemblée de ces légats devant lesquels la multitude roulait son front dans la poussière, de ces cardinaux aux pompes de pourpre et d'or, des archevêques et évêques à la crosse vénérée, des pieux abbés de puissants monastères ; et là, agitant toutes les questions vitales de la constitution catholique , la présence réelle du Christ sur les autels couverts à'ex voto populaires, l'invocation des saints , vénérables protecteurs des communes , des serfs , de l'enfance et de la vieillesse; le péché originel, terrible explication de cette pensée du mal que toutes les écoles de philosophie avaient discutée sans la résoudre que par le dualisme de Manichée et les éons des gnostiques; la légitimité des sacrements, douce consolation pour fortifier l'âme dès les premiers cris du berceau et qui la soutenaient encore en face de la tombe ! Il était donc naturel que la convocation d'un de ces grands congrès ecclésiastiques suscitât une attention universelle ; les rois y envoyaient leurs ambassadeurs ; les jurisconsultes, les parlements en suivaient les délibérations ; et les peuples attendaient les canons des conciles comme une règle de conduite commandée