‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IVChapitre 66 sur 144 · TROUBLES DU CORPS GERMANIQUE, ETC · texte numérisé non relu

TROUBLES DU CORPS GERMANIQUE, ETC

eut un moment la pensée de se déclarer luthérien , et à la mort de Paul III le conclave fut sur le point d'élever sur le trône de saint Pierre le cardinal Polus , fortement soupçonné de luthéranisme , ou au moins de favoriser les idées de transactions et ^'intérim. Supposez que ces deux têtes de la société religieuse et politique eussent échappé aux doctrines catholiques , quelles révolutions profondes la société n'eut-elle pas éprouvées dans ses mœurs, dans ses lois, dans son vaste mouvement de civilisation * !

' On dirait que Charles-Quint, dans son codicille écrit sous l'influence de la mort, a besoin de se justifier de l'hérésie, en ordonnant de nouvelles persécutions contre les hérétiques.

« Lorsque j'ai été informé que l'on avoit pris dans quelques provinces diverses personnes et que l'on devoit encore en prendre d'autres comme accusées de luthéranisme, j'ai écrit à la princesse ma fille de quelle manière il falloit châtier les coupables et remédier au mal qu'ils auroient causé. Je l'ai fait aussi plus lard à Louis Quixada, et l'ai autorisé d'agir en mon nom pour la même affaire: et quoique je sois persuadé que le roi mon fils, la princesse ma fille et les ministres ont déjà fait et feront encore tous les efforts possibles pour détruire un si grand mal, avec toute la sévérité et la promptitude qu'il demande; toutefois, considérant le service que je doisàNotre- Seigneur, au triomphe de sa foi et à la conservation de son église et de la religion chrétienne, pour la défense de laquelle j'ai exécuté tant de pénibles travaux, au risque de ma propre vie, comme chacun sait ; désirant surtout inspirer à mon fils, dont je connois les sentimens catholiques , le désir d'imiter ma conduite , ce que j'espère qu'il fera, connoissant sa vertu et sa piété, je le prie et lui recommande très-expressément autant que je le puis et que j'y suis obligé , et lui ordonne de plus, en ma qualité de père et par l'obéissance qu'il me doit, de travailler avec soin, comme à un objet essentiel et qui l'intéresse particulièrement, à ce que les hérétiques soient poursuivis et châtiés avec tout l'éclat et la sévérité que mérite leur crime, sans permettre d'excepter aucun coupable, et sans égard pour les prières ni pour le rang et la qualité de personne; et afin que mes intentions puissent avoir leur plein et entier eflfet, je l'engage à faire protéger partoutlesaintoflTicede l'inquisition pour le grand nombre de crimes qu'il empêche ou qu'il punit, en se rappelant ce que je l'ai chargé de faire dans mon testament, pour qu'il remplisse son devoir de prince et se rende digne que Noire-Seigneur assure la prospérité de son règne, conduise lui-même ses affaires et le protège contre ses ennemis pour ma grande consolation ! » — Sandoval, Hitt. de Carlos V, tome II dans les appendix, où l'on trouve aussi le testament de Charles- Quint. Il ne faut pas oublier de quelles personnes était entouré Charles-Quint au moment de sa mort et le besoin qu'il avait de justifier sa conduite en face du catholicisme.

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