STATISTIQUE DU CATHOLICISME ET DU CALVINISME
Classification de la «ociété. — Les parlementaires. — L5 judicature. — La bourgeoisie. — Les halles. — Situation du calvinisme en France.
Daus ce mouvement de cour , la société ne se trouvait pas tout entière : la magistrature, la bourgeoisie, les marchands, les métiers, conservant leurs mœurs et leurs libertés municipales , restaient en dehors de la geutilhommerie. Depuis le quatorzième siècle il s'était élevé en France une classe intermédiaire entre les nobles et le peuple : la magistrature, les confréries d'avocats et de gens de lois, les savants dans le droit civil et canons formaient le noyau de cette fraction éclairée des clercs et des catholiques qui désiraient une réforme dans l'Église et par l'Église. Ils avaient donné une impulsion à toutes les résistances qui invoquaient les libertés gallicanes, la convocation d'un concile général , sans avoir assez de hardiesse daus l'esprit pour aller droit au calvinisme, Le chancelier de l'Hospital, Pasquier, Harlay, les jurisconsultes Dumoulin, Alciat, le greffier au parlement de Paris, Dutillet, étaient à la tête de ce tiers parti qui appelait de toute sa force une transaction. Le courage leur manquait pour se prononcer nettement en faveur d'une des grandes doctrines qui divisaient le monde philosophique et religieux. Dans toutes les circonstances décisives où l'un des deux partis tranchés remporta la victoire, ils s'effacèrent complètement. Leurs vieilles habitudes les portaient vers le catholicisme, leurs liaisons avec les savants les poussaient vers les nouveautés évangéliques ; ces nouveautés les auraient entièrement en-