‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IVChapitre 69 sur 144 · STATISTIQUE DU CATHOLICISME ET DU CALVINIS3IE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE DU CATHOLICISME ET DU CALVINIS3IE

traînés si, au lieu de se présenter en France sous les institutions austères de Calvin, la réforme fût arrivée avec les principes plus larges de la confession d'Augsbourg.

L'organisation des grandes cités de France était jetée à peu près dans un calque identique. Les communes proprement dites avaient partout cédé, au moins dans les villes importantes, au système des mairies et des prévôtés organisé par les ordonnances de Louis XI '. L'élection était conservée , les bourgeois avaient leurs armes, leurs capitaines élus, leur guet, leur police, leurs chaînes, leurs barricades, leurs fonds et leur maison commune : les privilèges des villes murées s'étendaient en plus grand nombre; elles fermaient leurs portes aux archers pillards, aux arquebusiers, et le roi lui-même ne pouvait pénétrer dans l'enceinte de la plupart des cités closes avec troupes et étendards que par la permission des officiers municipaux?. A cette vaste aggrégation de municipes venait se réunir une multitude de confréries particulières, avec leurs libertés et leurs propres droits. Le peuple se fractionnait ainsi en mille petites sociétés toutes protégés par leur vieille charte , ayant leurs gardes , leur patron , leur bandière. Les maîtres de tous les états, fiers de leurs couleurs, des prérogatives antiques , marchaient aux grandes processions, paraissaient en armes, avec leurs arquebuses, leurs pistolets : le dimanche, lors de la monstre et revue, ils élisaient leur capitaine, leur dizenier, centenier. Chaque métier avait un magistrat de son choix ; ils étaient jugés par les prud'hommes : aussi quels fiers compagnons n'étaient pas les charpentiers, tréfileurs , bouchers tenant étal ! Ils étaient plus puissants dans leur ville que maints gentilshommes dans leur manoir, surtout quand ils parlaient aux halles, en place de Grève , où s'assemblaient toutes les bonnes confréries pour en délibérer '.

Un édit de Henri II régla le mode d'élection des prévôt des marchands, échevins, officiers de la ville de Paris, type un peu agrandi de toutes les libertés municipales. Le roi envoyait mandement d'élire

' Voir Histoire consliiutionneUe, règne de Louis XL

- Ceci se reproduit souvent à Lyon, une des villes qui avaient alors les plus larges frai.cliises.

' Je ne saurais trop inviter ceux qui veulent prendre une juste idée des conlVéries bourgeoises, à parcourir le curieux livre des Bannières, aux archives de la prélecture de police ; il faut le comparer à l'eiacie analyse des registres du conseil ïnunicipal et aux sept cartons de la \ ille de Pari?. Bibliolh. du Roi.

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