STATISTIQUE DU CATHOLICISME
d'abord aux seize quarteniers, principaux magistrats. Ceux-ci appe- 'aient auprès d'eux les cinquanteniers , les dizeniers avec huit notables bourgeois qui nommaient les échevins: les élections se faisaient de vive voix, et le scrutin, une fois vérifié , devait être attesté par le quartenier présent; lequel pouvait être désigné comme échevin, pourvu qu'il habitat Paris. La grande cité avait vingt-quatre conseillers municipaux, lesquels devaient être choisis, savoir : sept parmi les notables bourgeois, sept parmi les marchands non mécaniques, et dix parmi les officiers de cour , maîtres des requêtes et maîtres des comptes. Cette ordonnance restreignait les formes plus larges d'élection qui existaient avant cette époque et que la ligue rétablit dans toute sa force, comme un grand mobile de sa popularité parmi les halles *.
Le règne de Henri II otfre le spectacle de la plus puissante action delà ville de Paris; les registres de la prévôté constatent encore quel soin le roi prenait de se maintenir en bonne amitié avec le conseil municipal. Henri il lui communiquait les bulletins et charte de ses batailles; la garde bourgeoise était vêtue et armée pour la conservation des portes et rem.parts ; ce conseil avait souveraine autorité de police ; les quarteniers devaient faire la description de leur quartier, déclarer le nom de leurs dizeniers et centeniers, la nation du demeurant en leur maison, les services que les maîtres et ser\iteurs pourront faire, les bâtons dont ils pourraient s'aider ; les maîtres des métiers répondaient pour tous ceux qui s'étaient placés sous leur bannière ; ils devaient déclarer leur âge, leur nativité , taille et corpulence ; Paris prêtait secours aux villes voisines. Le 19 octobre 1552, assemblée à l'hôtel de ville ; le prévôt des marchands proposa de secourir Compiègne , et de l'aider d'artillerie et d'argent ; le conseil arrêta qu'il serait levé cinq cents hommes de pied , et qu'on imposerait sur chaque personne opulente 25 liv. tournois^.
A Lyon, à Marseille, à Toulouse, les mêmes privilèges existaient avec d'autres noms de magistrature et des qualifications spéciales ; mais au fond c'était la liberté locale dans son expression la plus large, la plus complète : toujours la bourgeoisie, les confréries et les halles à la tête de la cité.
' Rcrjist. du parlement de Paris, vol. S, fol. 26b.— Recueil des ordonnances pour la ville de Pari , page 319.
2 Rc'jisires manuscrils de l'hôlel de ville de Paris, rcg. u, fol. 21, et reg. 6, 1" (5. Bi!)!iolbèque du Roi, IMSS. Rien de plus pauvre que les archives de la prcfcclure de la Seiiic. Celles de la préfcclurc de police sont précieuses.
ET DU CALVLMÎJJE. 209
Au milieu de ces populations quelle était en France la situation de la réforme ? quels progrès les nouvelles idées avaient-elles faits en dehors de l'action de la cour ? un document subsiste encore qui établit le chiDfre des réformés à un dix-septième de la population active *. Il n'y avait pas encore de prédications publiques ; c'était la marche simple et secrète de l'hérésie, et voici dans quelles proportions elle était distribuée.
A Paris, la réforme avait fait quelques prosélytes ardents et avoués dans le clergé et l'université; il y avait plus de huguenots parmi les gens de science et de loi ; le parlement même comptait plusieurs de ses membres , ie peuple était pieux et catholique , quoique un petit nombre de gens de métiers eussent embrassé les nouvelles doctrines. Les cités près de Paris où l'on voyait le plus de sectateurs de Calvin, étaient Meaux et Orléans. Les duché et comté de Bourgogne avaient peu subi l'influence du voi>inage de l'Allemagne et de la Suisse; cependant, sur l'extrême frontière, l'action du protestantisme s'était fait sentir ; une portion du peuple avait passé à l'hérésie. Lyon conservait toute la ferveur de sa foi; !a \ieiile église de Saint-Jean , Notre-Dame de la 3Ionlagne de Fuurvièie attiraient toujours les pèlerinages des ouvriers de soie et des tisserands dont Henri II venait de consacrer les beaux et ineffables privilèges ; mais en dehors de la cité, toutes les campognes qui s'étendaient aux bords du Rhône, ces châteaux fortifiés qui eu couronnaient les hauteurs avaient embrassé pour la plupart les prédications huguenotes ; le voisinage de Genève et de la Suisse favorisait cette tendance des paisibles montagnards. Les villes des Alpes voyaient les pauvres Yaudois écoutant les paroles simples des ministres du nouvel Évangile. Plus au midi, dans la Provence, on trouvait l'ardeur du catholicisme tel qu'on le rencontrait en Espagne ; là, le culte de la vierge et des saints, les confréries de pénitent?, véritables aggrégations de défense mutuelle, maintenaient l'unité de l'Église et le zèle des populations ; l'extermination des Yaudois dans les villages de 3îérindol et de Cabrières avait coniiplétement éteint les premiers ferments de l'hérésie. A mesure qu'on s'approchait de la Langue d'oc, les populations avaient plus de penchant pour la réforme. On trouvait les vieilles semciices de l'école des
' De la quolte et feux des prolestanls Lyon, 1361. La Noue le porte seulement à un centième.