‹ Histoire de la réforme protestante en Angleterre et en IrlandeChapitre 22 sur 32 · N» XII · texte numérisé non relu

N» XII

LETTRE Xn.

Avènement de Jacques I". Persécution horrible

DES CATHOLIQUES. CoMPLOT DES POUDRES. CHAR- LES I^"^ MIS AU NOMBRE DES MARTYRS. SeCONDE RÉFORME , OU RÉFORME VRAIMENT PURE. ChARLES IL

Complots et ingratitude qui signalent son RÈGNE. Jacques IL II cherche a introduire une tolérance générale. Aurore de la glorieuse révolution.

Mes Amis, Kensington, le Zi octob. 1825.

349- J'ai prouvé sans réplique, dans les numéros précédens , que ce qu'on appelle la " réforme " fat enfanté par une incontinence brutale, nourri par l'hypocrisie et la perfidie, et cimenté par des torrens de sang anglais et irlandais. On a publié ce qu'on nomme des réponses à mes lettres ; mais ces réponses ( sur lesquelles je reviendrai avant de teirmner ) évitent le sujet principal de la question : elles s'appesantissent sur ce que leurs auteurs disent être des erreurs de la religion catholique et sans chercher même à nous expliquer comment cette religion " protestante "

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qui renferme environ quarante sectes différentes, toutes en guerre les unes contre les autres peut être exempte d'erreurs ^ mais elles ne nient pas que cette nouvelle religion dut son origine à une incontinence brutale et fut le résultat de l'hypocrisie et de la perfidie. Nient-ils qu'elle fut établie par le pillage, la tyrannie, les haches , les potences , les gibets et les tortures ? Leurs auteurs répondent-ils d'une manière négative et directe à une seule de ces importantes propositions? Non : les faits sont devant eux, l'histoire est là , et , ce qu'il leur est impossible de nier , les actes du parlement écrits en lettres de sang , dont quelques-uns ont encore force de loi aujourd'hui , tourmentent le peuple et mettent l'état en danger , existent encore pour les confondre. Mais que répondit- on donc ? Soutiennent-ils hardiment que l'incontinence brutale, l'hypocrisie, la perfidie, le pillage, les haches, les potences, les gibets et les tortures sont des choses bonnes et des signes extérieurs de la pureté et de la grâce évangélique intérieure ? Non : ils se taisent sur ces sujets; mais leurs critiques se portent sur les mœurs particulières des prêtres , des cardinaux et des Papes, sur les rites, les cérémonies, les articles de foi et les règles de discipline : questions dont je ne me suis point occupé et qui sont tout-àfait étrangères à mon sujet , puisque , comme l'indique le titre de mon ouvrage , je ne me suis

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proposé que de prouver que la " Réforme " a appauvri et dégradé la masse du peuple d'Angleterre et d'Irlande. J'ai fait voir que ce changement de religion fut amené par quelques-uns des plus infâmes, sinon les plus infâmes des hommes qui aient jamais vécu ; j'ai montré que les moyens qui furent mis en usage étaient de ceux qui révoltent la nature humaine. Jusqu'ici je ne puis recevoir aucune téponse de ceux qui ne sont pas décidés à nier l'authenticité des lois, il me reste encore à prouver, d'après les mêmes sources, que l'appauvrissement et la dégradation furent les suites de ce changement de religion, et cela aussi-bien pour la nation considérée dans son ensemble que pour le peuple en particulier.

35o. Quoique nous ayons vu que la religion *' protestante " ait été complètement établie par les gibets, les tortures, etc., je dois avant d'en venir à l'appauvrissement et à la dégradation qui en furent les résultats ( ce dont je donnerai les preuves les plus incontestables ), je dois, dis-je, donner quelques détails sur ce que devinrent les réformateurs après qu'ils eurent établi leur système. Ce numéro va nous montrer la " Réforme " en produisant une seconde; et très-certainement avec de grandes améliorations ( car chaque génération est toujours plus sage que celle qui l'a précédée.) La première n'avait été (\\i!\kue'-'- pieuse Reforms y " maia nous verrons que la seconde

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fut beaucoup plus pure. La lettre suivante ( ou la treizième ) nous conduira à une troisième Réforme, appelée ordinairement Réforme glorieuse ou révolulion. La quatorzième nous fera connaître des événemens encore plus grands, les Réformes ou révolutions d'Amérique et de France. Nous suivrons aussi facilement les traces de ces dernières jusqu'à la première " Réforme, " qu'on peut suivre les branches d'un arbre jusqu'à sa racine. Et ensuite dans l'autre ou les autres lettres nous en ferons reconnaître le fruit dans l'immoralité , les crimes , la pauvreté et la dégradation de la masse du peuple. Ce ne sera pas sans intérêt que nous verrons les Réformes ou révolutions d'Amérique et de France reprenant les principes du peuple anglais " réforméj " et, ce qui ne seia pas moins curieux, et beaucoup plus important, forçant le peuple "réformé " à cesser de tourmenter les catholiques qui avaient été harcelés sans pitié depuis plus de deux siècles. 35 1. La bonne et illustre Betsy, qui parmi ses autres pieuses actions distribua à ses favoris, auxquels elle ne pouvait plus donner d'églises à piller, le monopole de presque toutes les choses de première nécessité , comme le sel qui se vendait ordinaiiement 2 deniers le boisseau et s'éleva à i5 schelliiigs ou environ sept livres de la monnaie actuelle ( 173 francs); la viergeBETSY^ qui, comme le dit Witaker , avait en expirant gardé un profond silence sur son successeur et

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avait laissé la probabilité d'une guerre civile comme un legs de sa méchanceté , fut cependant remplacée par Jacques I. Cet enfant que la pauvre Marie Stuart portait dans son sein lorsque son mari Henri Stuart , comte de Darnlej et ses complices massacrèrent Piizio en sa présence, comme nous l'avons vu dans le paragraphe 3o8. Arrivé à l'âge viril il se fit presbytérien , fat entretenu par Bess et abandonna sa mère à la fureur de cette femme implacable. Un de ses premiers actes en Angleterre fut d'élever ce Cecil, fils de l'ancien Cecil, qui avait à la y évité hérité des grands taiens de son père, mais qui, comme tout le monde le savait, avait été l'ennemi mortel de la mère infortunée du nouveau roi.

352. Jacques, comme tous les Stuarts, à l'exception du dernier , était à la fois prodigue et intéressé, fantasque et crédule, faible et tyrannique ; mais le principal trait de son caractère était le manque de bonne foi. Il nous serait inutile de donner des détails sur les actes de ce règne méprisable, dont les prodigalités, les débauches et la sottise préparèrent cette révolulion qui arriva ensuite lorsque les réformateurs *' épurés " firent enfin un martyr dont le nom put être inscrit sur les pages encore blanches du calendrier " protestant. " Je passerais ce règne sous le silence , d'après le but que je me propose, si je n'étais arrêté par le complot des pou-

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(Ires qui seul se rattache au souvenir de ce Sluart et dont je vais m'occuper plus qu'il ne mérite parce qu'il a été et qu'il est encore une source fréquente et générale d'erreurs.

353. Qu'il y ait eu un complot l'an i6o5 ( la seconde année du règne de Jacques ) , dont le but était de faire sauter en même temps le roi et les deux chambres du parlement le premier jour de la session 5 que des catholiques seuls y étaient engagés; que les conspirateurs étaient prêts à le mettre à exécution , et qu'ils l'avouèrent tous à la fin , ce sont autant de faits que personne n'a cherché à nier , pas plus que personne n'a cherché à nier qu'il eût été tramé dans le Cato-Street un complot qui avait pour but de faire trancher la tête à Sidmoutii et à Castlereagh; intention qu'avouèrent les complices jusqu'à la fin , d'abord aux ofiîciers qui les prirent, au juge qui les condamna, et enfin au peuple qui vit tomber leurs têtes.

354- Mais de même qu'on a reproché avec autant de bassesse que de fausseté aux réfqrmateiirs du parlement d'avoir eux-mêmes préparé ce dernier acte , de même on a faussement et bassement accusé les catholiques en général d'avoir participé au complot de i6o5. Mais quant aux conspirateurs eux-mêmes , si nous voulons connaître l'étendue de leur crime , devons-nous négliger de prendre en considération la provocation qu'ils avaient reçue ? Frapper un homme

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c'est l'atlaquer-, tuer un homme c'est commettre un meurtre : mais attaque-t-on ou commet-on un meurtre toutes les fois que l'on frappe ou que l'on tue ? non : car nous pouvons en toute justice frapper et tuer un voleur. Les écrivains protestans ont avancé deux choses également fausses : la première c'est que les calholiquea en général encouragèrent ou approuvèrent le complot des poudres , et la seconde c'est que ee complot fournit une preuve des principes sanguinaires de leur religion. Quant à la première, le contraire fut complètement et juridiquement prouvé par le fait j et quant à la seconde , en supposant que les conspirateurs n'ont point été provoqués, ceux de Cato- Street n'étaient certainement pas catholiques, et dira-ton que ceux-là étaient calholi(jues qui firent mériter à Charles I une place dans le calendrier, et, remarquez-le bien , après qu'il eut reconnu ses erreurs et qu'il les eut réparées autant qu'il fut en lui.

355. Mais ces conspirateurs avaient été provoqués. Le roi , avant de monter sur le trône , avait promis d'adoucir les lois pénales , qui , comme nous l'avons vu, rendaient la vie à charge aux catholiques. Loin de là , au contraire , ces lois devinrent encore plus rigoureuses qu'elles ne l'avaient été sous le règne précédent. Toutes les espèces d'insultes et d'injures que les catholiques avaient été obligés de supporter pendant les persécutions de l'EgUse rétablie étaient en-

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core outrées par ce levain de méchanceté et de férocité presbytérienne que l'Angleterre avait importé du nord , et qui avait répandu sur ce pays sacrilié des hordes innombrables des plus grands coquins et des pillards les plus insolens que Dieu eut jamais envoyés sur la terre pour la dévaster et la punir. Nous avons vu dans les paragraphes v34o, 341, 342, 343, comment les maisons des catholiques riches, quirestaient fidèles, étaient pillées, nous avons vu la manière dont elles étaient visitées ; dans quelle frayeur constante étaient ces hommes infortunés ; comment enfin on leur enlevait leurs biens pour les punir du refus et des autres choses que l'on traitait de crimes. Nous avons vu l'ancienne noblesse de l'Angleterre dont les familles habitaient les mêmes demeures depuis des siècles et s'étaient toujours fait aimer et vénérer par leur hospitalité et leur charité , nous l'avons vue , dis- je , réduite graduellement à la mendicité par ces amendes injustes et ces extorsions exorbitantes. Mais quelle était leur position alors! On avait laissé, comme cela s'était déjà fait, accumuler les amendes sans les exiger , afin de mettre ceux qui devaient de si grosses sommes à la disposition de la couronne ; et Jacques, auquel sa prodigafité ne permettait pas de satisfaire sur ses propres finances l'avidité de ses favoris écossais , abandonna la noblesse anglaise catholique à ces favoris rapaces , qui, forts de l'autorité royale,

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tombèrent avec toute leur barbarie ordinaire sur ces victimes qu'on leur sacrifiait, comme le milan fond avec rapidité sur la colombe sans défense. Us entrèrent dans leurs demeures, visitèrent les cabinets , les tiroirs , les lits , s'emparèrent de l'état de leurs revenus , dans beaucoup de cas chassèrent leurs femmes et leurs enfans, et, avec toute l'insolence de gueux devenus riches , se firent une risée de la ruine et de la misère des personnes innocentes qu'ils avaient dépouillées. 356. La nature humaine ne pouvait pas supporter une obéissance passive plus longue ; et à la fm un des gentilshommes anglais qui avaient été opprimés et insultés, Piobert Catesby du Northamptonshire , résolut d'essayer de se délivrer avec ses frères de ce fléau presqu'infernal. Mais quels moyens pouvait-il employer dans l'état actuel des affaires ? Il n'avait aucun secours à espérer du dehors ; il ne pouvait également pas compter sur une insurrection dans l'intérieur , tant que l'autorité resterait entre les mains de ceux qui faisaient et exécutaient ces loi barbares. Il en conclut donc que s'il restait quelqu'espoir de délivrance ce ne pouvait être que dans la destruction de tous ces hommes à la fois, et pour exécuter ce projet il ne trouva pas d'autre moyen que de faire sauter le palais du parlement où tous seraient réunis le premier jour de la session. Il trouva bientôt quelques associés y mais leur nombre ne monta pas au-

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deid de treize ; si Ion en excepte trois ou quatre , ils appartenaient à des rangs peu élevés de la société : c'est parmi ceux-ci qu'était Guy Fawkes du Yorkshire qui avait servi dans les guerres de Flandres avec le grade d'officier. Ce fut lui qui se chargea de mettre le feu à la masse de poudre qui consistait en trente-six barils ; ce fut lui qui avait résolu , s'il ne pouvait le faire autrement , de se faire sauter lui-même avec les persécuteurs de ses fières : ce fut lui qui, le 5 novembre i6o5, peu d'heures seulement avant que le parlement se rassemblât, fut pris sous la voûte , ayant deux mèches dans sa poche et une lanterne sourde à son côté , prêt à exécuter son projet effroyable. Ce fut lui qui, amené devant le roi et son conseil , répondit avec fierté à toutes leurs questions. Ce fut lui qui répondit à un lord écossais du conseil , qui lui avait demandé pourquoi il avait réuni tant de barils de poudre, '' pour vous faire sauter , mendians écossais , au-delà de vos montarrncs natales , '' et qui , par cette réponse , fit connaître la vraie cause de cette conspiration mémorable. Réponse que l'on devrait écrire devant la bouche des images de cet homme , que d'adroits coquins font brûler tous les ans, le 5 novembre , par d'imbécilles enfaris. Jacques (que ses pensées simples ont élevé au rang d'auteur ) lui rendit justice , au moins sous un rapport. Dans ses ouvrages il appelle Fawkes le Scé-

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vola anglais. L'histoire nous apprend que ce fameux Romain ayant manqué son coup lorsqu'il voulait tuer le tyran qui avait asservi sa patrie , mit sur un brasier ardent la main qui s'était trompée et l'y laissa brûler tandis que ses regards défiaient le tyran.

357. On poursuivit Catesby et les autres conspirateurs : le premier mourut avec trois de ses associés , les armes à la main , en combattant contre ceux qui les poursuivaient. Les autres ( excepté Tresham qui fut empoisonné en prison ) furent exécutés , ainsi que le fameux Jésuite Garnet qui n'avait à se reprocher aucun crime qui eût rapport à la conspiration : il n'en avait eu connaissance que par la confession , et au contraire il avait fait tout ce qu'il avait pu pour l'empêcher d'avoir lieu. Il fut sacrifié à ce fanatisme inflexible qui , encouragé d'abord par ce succès et d'autres semblables , finit, comme nous le verrons bientôt, par faire tomber la tète du fds et du successeur de ce même roi. Le roi et le parlement n'éprouvèrent aucun sentiment d'humanité pour les conspirateurs. Parmi les injustices faites aux catholiques ils n'avaient pas encore été exclus du parlement , et ils ne le furent que sous le règne de Charles II; de sorte que si le palais eût sauté , tous les catholiques présens , pairs ou membres , auraient partagé la destinée des protestans. Les conspilateurs pe pouvaient avertir les catholiques sans

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exciter quelques soupçons. Ils donnèient quelques avertissemens lorsqu'ils le purent, et ce fut là ce qui les fit découvrir à temps. Sans cela , tous les membres des deux chambres et le roi auraient été réduits en poudre; car, quoique Cecil connut le complot long-temps avant le temps où il devait être exécuté , quoiqu'il prît soin de l'entretenir jusqu'au moment où il conviendrait de le découvrir , quoiqu'il fut trèsprobablement l'auteur d'une lettre d'avertissement qui , envoyée sous l'anonyme à un noble catholique et communiquée par celui-ci au gouvernement, devint la cause ostensible^ de cette découverte; malgré ces faits certains, il ne paraît pas qu'il soit lui-même l'auteur de ce complot, ni qu'on puisse l'attribuer à tout autre qu'à Ca.tesby, dont les hommes jugeront différemment la conduite , d'après leur différence d'opinions sur l'obéissance passive et la non-résistance. 358. Je devrais m'en tenir là sur le fameux complot des poudres , mais puisqu'on l'a attril)ué à une manie sanguinaire que l'on dit être le fruit naturel de la religion catholique, puisque dans notre livre de prières on nous apprend, en nous adressant à Dieu , à appeler indifféremment tous les catholiques nos cruels et sanguinaires ennemis , voyons un peu ce que les protestans peuvent avoir tenté ou fait dans le même genre. Le roi Jacques , comme il l'assura luimême , fut sur le point d'être assassiné par ees

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sujets écossais protestans , le comte Gowry et ses complices; et peu de temps après, il ne s'en fallut pas de beaucoup que les bourgeois protestans de Perth , pleins de fureur , le fissent sauter avec toute sa suite ( Voy. Collier , Histoire de l'Église , vol. II ). Plus tard , les protestans des Pays-Bas firent un complot pour faire sauter leur gouverneur , le prince de Parme , avec toute la noblesse et les magistrats de ces pays rassemblés dans la ville d'Anvers. Mais les protestans ne furent pas toujours malheureux dans leurs complots, et ceux qui s'y engagèrent ne furent pas toujours des individus d'une naissance obscure. Le père du roi Jacques, roi d'Ecosse , ne mourut-il pas de cette manière ? Ici l'on ne donna d'avertissement à personne , et tous les serviteurs , toutes les personnes de sa suite, quelle que fût leur religion et leur sexe , furent massacrés sans remords avec leur maître , à l'exception seulement de ceux qui se sauvèrent par hasard. Et qui conamit ce crime ? les catholiques altérés de sang ? non : mais les fils de \ évangile ( c'est le nom qu'ils se donnaient ) les sectateurs de ce Knox auquel on vient d'-élever ou auquel on élève maintenant à Glasgow un monument. Les conspirateurs dans ce cas n'étaient pas treize hommes obscurs, et les provocations qu'ils avaie^it reçues n'avaient point été capables de troubler leur raison ; mais bien un corps de nobles et de gentilshommes qui n'avaient

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été nullement provoqués par Marie Stuart , et dont les coups étaient plutôt destinés à cette reine qu'à son mari. C'est dans les propres expressions de WiTAKER que nous devons chercher à connaître ces conspirateurs : mais le lecteur ne doit pas oublier que Witaker , qui publia son ouvrage en 1790, était ministre de l'église d'Angleterre , recteur de Ruhan-Lanyhorne , dans le comté de Cornouailles , et qu'il appartenait à cette partie du clergé qui s'opposait avec le plus de force aux coutumes , aux cérémonies et aux dogmes de l'église catholique; c'était un homme vraiment horméte, aimant autant la vérité qu'il détestait l'injustice. Écoutez donc ce savant ministre parler du complot protestant des poudres sur lequel il avait fait les plus vastes recherches et répandu les plus grandes lumières ( Voyez apologie de Marie , reine d'Ecosse , vol. Ill ). " 11 est impossible de ne pas reconnaître le crime de cette méchante femme, Elisabeth et celui de cet homme infâme, Cecil : car autant qu'il nous est possible d'en juger , voici quelle était la disposition de ce drame sanglant. Le plan en fut d'abord dressé entre Elisabeth , Cecil , Morton et Murray , et l'on eu confia l'exécution à Lethington, à BoTHWELLCt à Belfour. Ce fut, nous n'en pouvons pas douter, pour défendre les conspirateurs eux-mêmes , Morton et Murray , que Elisabeth jit retomber leur propre meurtre sur V innocente

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Marie, " L'enfer lui-même, le diable qui, comme le dit Luther, fut si long-temps le compagnon et si souvent le camarade de lit de ce premier réformateur , a-t-il jamais rien fait qui fût aussi noir que ce complot protestant? Qu'on ne vienne donc plus nous parler de cette soif de sang de la religion catholique ; et si nous devons avoir encore notre 5 novembre , que les sages disciples de K N 0 X , les habitans de la moderne Athènes aient aussi leur \o féuiier. Qu'ils aient aussi ( car ce haut fait appartient aux protestans ) leur Zo janvier, l'anniversaire du meurtre du fils de ce même roi Jacques. Personne ne connaissait mieux que Jacques l'histoire de la fin de son père et de sa mère. Il savait que tous les deux ils avaient été massacrés par les proteslans , et surtout avec des circonstances d'atrocité dont les annales de l'infamie humaine ne présentent pas d'exemple. Aussi n'était-il pas disposé de lui-même à employer à l'occasion de ce complot des mesures violentes contre les callioliques ; mais il fut bientôt entraîné par l'amour du pillage de ses favoris. C'est alors que commença à briller avec une nouvelle fureur cet esprit de " réforme " protestante qui finit par 1 rancher les jours à son fils et son successeur , comme il avait abrégé ceux de son père et de sa mère.

35g. Charles I, qui monta sur le trône à la mort de son père en 1625 , n'ayant pas plus

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de bon sens , mais paraissant plus haut et plus deposte que son père , semblait vouloir retourner en affaire de religion vers le culte et les cérémonies catholiques , tandis que ses parleraens et son peuple devenaient chaque jour de plus en plus puritains. Il s'éleva entre eux plusieurs sujets de querelles ; mais le principal était la religion. Les catholiques souffraient pendant tout ce temps, et surtout ceux d'Irlande qui étaient pillés et massacrés par districts entiers , particulièrement sous Went WORTH qui commit plus d'injustices qu'il n'en avait jamais été commis jusqu'alors dans cette malheureuse contrée; mais tout cela ne sullisait pas pour satisfaire les puritains, et Laud, primat de l'église établie, ayant beaucoup travaillé à élever cette église en pouvoir et en dignité , les protestans les plus purs demandèrent une autre réforme et ce qu'ils appelèrent une " réforme vraiment pieuse. "

36o. Ainsi cette église protestante et ce roi protestant apprenaient donc alors que les réformes, comme les comètes, ont aussi leurs queues. Cette politique de fer de la vieille Be s s qui surveillait et écrasait tous les opposans n'existait plus alors. Les puritains réunissaient artificieuseraentles fautes politiques qui étaient réelles et nombreuses avec les cérémonies et les principes religieux ; et comme ils avaient pour eux sur le premier point la masse du peuple , oui du reste était devenu fort indiS-érent sur le se-

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cond, à cause des changemeris sans fin de croyance , ils devinrent bientôt , sous le nom de parlement, les seuls maîtres du pays ; ils abolirent l'église et la cliambre des lords, et enfin mirent en 1649 pf^iidant les progrès de leur réforme vraiment pieuse leur infortuné roi en jugement, et le menèrent de là à Téchafaud !

36 1. Choses épouvantables, certainement, mais bien naturelles, d'après ce qui avait précédé. S'il fallait, comme le dit Burnet, un homme feZ que Henri VIIÏ pour commencer la réforme, pourquoi n'en fallait-il pas un tel que Cromwell pour y mettre la dernière main ? S'il fut nécessaire de faire périr More, Fisher et tant de milliers d'autres, sans oublier l'aïeule de Charles, accusée de trahison, pourquoi la tête de Charles eût- elle été si sacrée? Si ce fut d'après la justice que l'on confisqua les biens des monastères et que l'on chassa ou que l'on mit à mort les abbés, les prieurs, les moines et les nonnes, après avoir enlevé à ces dernières jusqu'à leurs boucles d'oreilles et leurs dés à coudre en argent, commit-on donc une si grande injustice en privant simplement de leurs titres ceux qui possédaient la propriété dont ils s'étaient emparés? Et quant à 1' "■' église protestante , '' si l'on eut le droit de l'établir sur les ruines de l'ancienne église, à l'aide des baïonnettes allemandes, des amendes , des potences et des tortures , fut-on bien injuste en en rétablissant une nouvelle sur

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les ruines de celle-ci par des moyens beaucoup plus doux? Si au temps dont nous parlons, un des ministres de la bonne Bess qui avait chassé un prêtre de la reine Marie, eût été encore vivant , et eût été obligé d'abandonner son presbytère, non poursuivi par les baïonnettes de Bess, mais en suivant les pas d'un pieux soldat de Cromwell lisant la bible, ce ministre auraitil pu raisonnablement se plaindre ?

362. Ainsi Cromwell ( dont nous devons considérer le règne comme ayant duré depuis 1649 jusqu'en i65g) qui bientôt réduisit le parlement à n'être qu'un instrument dans ses mains , qui fut despote et sanguinaire , qui gouverna avec un sceptre de fer , qui fut enfin un vrai tyran , n'était rien autre chose qu'un fils naturel , comme l'aurait appelé la vierge Betsy, du corps de la réforme. Il fut cruel envers les Irlandais; il les fit massacrer sans compassion ; mais à l'exception de l'acte par lequel il en vendit vingt mille aux Grandes-Indes comme esclaves , en quoi les traita- t-il plus mal que Charles pour lequel et pour les descendans duquel ils furent toujours des sujets loyaux? Cette vente n'était point aussi atroce que plusieurs des actes commis contre eux pendant les trois derniers règnes protestans ; et certainement elle était loin d'être aussi odieuse et aussi horrible que l'ingratitude de l'église établie.

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