CHAPITRE XLVIIl
L'Alliance fraiieo-espagoole
(3-8 juin 1720-27 mars 1721)
Situation périlleuse du Régent. — Ses dispositions à l'égard de l'Espagne. — Rôle de Don Patricio Laulès. — Il insiste sur l'alliance francoespagnole. — Volte-face de Dubois. — Susceptibilité de 1 "Angleterre. — ■ Instructions données à l'ambassadeur et à l'agent secret. — Mornay à Ralsaïn.
— Le Père Daubenton. — La reine Elisabeth. — Le projet Farnèse rejeté par Dubois. — Maladie de Mornay. — Audience de Maulévrier (i3 novembre). — Entrevue avec Grimaldo. — Nouveau projet. — Maulévrier y est initié. — Réponse qu'y fait le Régent. — Refus d'alliance offensive. — Insistance de Philippe V. — Attitude de l'Angleterre. — Lettre de Stanhope.
— Mission de Chavigny. — Scrupules de Philippe V. — Négociation entre Maulévrier et Mornay. — Signature du traité. — Conditions du traité.
Cinq années après la mort de Louis XIV, le gouvernement de la Régence avait abouti à une catastrophe imminente. La Quadruple Alliance avait aggravé les conditions des traités d'Utrecht, le Système de Law avait produit la banqueroute, la Peste avait ruiné le commerce colonial, la Déclaration enfin avait exaspéré la querelle religieuse. Après ces pénibles expériences, l'amitié anglaise était jugée à sa vraie valeur : une exploitation, le crédit était frappé à mort pour tout le temps que durerait encore l'ancien régime: ^la marine achevait de se dissoudre et de disparaître; la religion n'offrait plus qu'un prétexte aux disputes stériles et aux pires extravagances. Philippe d'Orléans et son inspirateur Dubois n'avaient rien épargné pour s'assurer l'héritage présomptif de la couronne et il leur fallait reconnaître que les prétentions personnelles de Philippe V y mettraient un moindre obstacle que l'hostilité grandissante de la nation. « Le nombre des mécontents s'augmente tetllement en ce royaume contre la Régence, écrit-on au mois d'avril, que si notre Cour ne fait une prompte paix avec l'Espagne, un soulèvement général ne manquera
pas\ » Au mois de mai, l'ambassadeur d'Espagne à Paris, don
' Gazette de la Kege/ice, p. 828; 7 avril 1720.
Situation périlleuse du Kégent
Ses disposilions
à l'égard
de l'Espagne
^.^g HISTOIRE DE LA RÉGENCE
Patricio Laulès^ écrivait en chiffres à ^^^^^^'^^^^Xi l\^c^ Lit outré contre le gouvernement qu on s attendait a quelqu^
désordre dans Paris, <i;;;-/^-^; .^ât es tuti'qu^^ qu'on et dans les maisons, disant qu on er
r tint P^f .,7;j-ittin o^'^ppée. On l'avait vu, le brave qu il fut, avait l 'ma " ri^ ^^ ^^ ^^
jour de l'émeute du 17 ju Ue . « ^kn^ comm ^^ ^^
sachant ce qu'il à^^^^f^ ."ir^ oVinvest^it le Palais, voilà pendant le ConseiiU^^nriWeiu^^ ^^ ^^p.^. ^^
^"""^ A"ût" co^ e irelalitr duî .omplot tendant à enlevé t^t"' ■ rclduire ^ Ponto^ ^ur r, p^^^^^^^^^^^ le Régent adopta la précaution de ÇOUch^r ''i^^^h.mbre à cou-
gnerait pas le Régent . oemi c ^^^^^^.^ ^^^^^^
cher la majorité de Louis XV «» ^eme ou ^ ^^^^^
des comptes en quittant le P«"^°'[' foo^niâtr^ Il plus laborieux
avait reconnu J "^^J '^^ ^^ " ^^^^^ plus dès lors l'en détourner, personnel a en tirer. Kicn ne pou J" , j g^ ^ la guerre,
^ La chute d'Alberoni ne mettait pas «e^lj'"«"^;; ^^.^^^ ^^ec
,„e provoquait à -;.;^^-;;^: ^'p nltenr^ter avait presl'Espagne. L'ambassadeur ^mpeual ^^^^^.^
senti que les all.es, ums «"^^'e un f S ^^^ ^^^^.^.^
draient rivaux pour ^.^^P^ J^.^reoncessi^ns aux dépens enchérir les uns ^^\^?l^^''^J'l f^i^e bien venir, avait pris de l'Empereur". L^^^^^^^^^^ J^X^ u .V.vait ni le droit ni le
- r^aiolS S- -fo: de\^^.Si; iS:
r rntt:r.rptSrvn%rQuadruple.^^^^^^^^ en une
. Deson v«>i non, ^■^^^^X^lZ'^] St:"!' Grirrua^o, .7 mai x„o. » Arch. de Simancas, Estado, liasse 4^01
4 Barbier JournaU t* ï» P* « ora
. M. Mirais. Journal «t Mé"^oires '. l'V\- ^ ^^ parfs,
. Public Record 0//ice, France, vol. 358 . w. y
^'/SoX. a Dubois, Hanovre, 8 octobre x,.o, dan^ Mahon. Hisioo' o/
'^rWcbi;' 'Di/guadrupel AUianz .om Jahre x,.8, iu-8. Wien. X887 : PelInrSr'à sa ^our. Pans, .. décembre .7.9.
L^ALLÎAXCË FRANCO-ESPAGNOLE
paix durable cl celte paix soigneusement entretenue par les réfugiés français auxquels il réservait ses faveurs. Presque tous les légimcnls de cavalerie leur étaient donnés, d'autres recevaient des missions de confiance et ces mauvais Français étaient écoutés comme des oracles, ils cherchaient à se rendre agréables autant (pi'à se rendre nécessaires. Un maniaque, nommé Foucault de Magny, influençait ce monarque presque dément au point d'envoyer les débris de l'armée de Sicile, rentré dans les ports d'Espagne, tenter le déblocus de Ceuta au Maroc, où un siège qui durait depuis vingt-six ans avait créé dans ces parages une sorte de camp hospitalier et galant où les deux partis vivaient en bon voisinage.
Don Patricio Laulès ne paraissait pas destiné à faciliter un I approchcmenj^ entre la France et l'Espagne. Ses instructions ne [sortaient guère que sur des revendications; c'était d'abord la prompte lemise de Fontarabie et des places occupées dans le (iuipuzcoa et la Catalogne par l'armée française; ensuite, l'évacuation au mieux des intérêts de l'Espagne, de la Sicile et de Iji Sardaigne; enfin la rétrocession de Gibraltar'. Laulès notait avec satisfaction et adressait à sa Cour tous les indices du malaise très grave de la France, et tous les symptômes d'un prochain bouleversement. On peut être surpris que le concours de tant de divisions et de misères n'ait pas amené une révolution, on doit l'être plus encore de voir Laulès reprendre à son compte le rôle d'agent provocateur qu'avait rempli le prince de Cellamare. irlandais et jacobite, il trouvait l'emploi de ses dons d'intrigue dans son nouveau poste et sa nationalité d'emprunt; par ses soins, le duc de Bourbon n'essayait plus de dissimuler sa haine à l'égard du Régent et <( je fais faire le même manège, disait Laulès, auprès des autres princes du Parlement par des voies indirectes'" ». Son calcul l'amenait à escompter l'influence de 1 opinion publique restée espagnole et jacobite pour imposer au l'iégcnt et à Dubois une politique de ménagements envers l'Espagne et le Prétendant. « Toute la France, Sire, écrivait Laulès à Philippe V, souhaite avec passion de voir une parfaite union établie entre V. M. et le Roi votre neveu et entre vos deux monarchies. Le Régent et l'archevêque de Cambrai font semblant de le désirer aussi : mais je me trompe, ou les conditions
Archiv. de Simancas, Estado, liasse 433 1 : Minuta de la instruccion y (It'mas papcles que se extregaron à D»" Patricio Laulès, en 28 de abril 1720, l'cra fmMir à la C de Francia.
'" Archiv. d'Alcala, Estado, liasse 2733 : Laulès à Philippe V, Paris, 11 mars 1721.
Rôl« de
Don Palricis
Laulès
TUMB III
Il insiste
sur
l'alliance
fraoco-
espagnole
Volle-face de Dubois
travail^ que sur ce n.eiuc i ",^'P^ ^^ __ ^^ ^., aflirmalions vue". » S'il en croyait «"^ ""'^,;^.'*'l'^^^^^ PhilLppe V ne
étaient trop flalteuscs pour cire » !*^^ J;^^ '^^7^, ^, „ e Uégent pouvait douter que la France ne « "^"'^^ J ^ ^^^. ,,, ,„:auccs
' Ïa^ ^^n^nquait pas dan. ses ^^-^I^Tr^X:!'! ,, cause d'une alliance int^e ^^^'^^^^ .J ,...,.
;:r r qL^e I^> CatUlique it S-MXC. d.tre e^^^ .^ ^^
îalloit de l'amitié et une P-;^" ^ ""'^;;; ' eurs sujets qui le leur satisfaction i>art.cuUere ^ - ï»^: ^ ' '^^ ,„ ..vi.mhoit aux
.ouhaitoient et V^^'^ ^^^^^ ^ ^^ obligeoit les autr<. deux couronnes, et qu< la menic m ■ ( j ^ voir
puissances à mettre tout en "^''^^ ''"",. ^^je.ntVe ellc.'^ ». Le 'etairement la nécessité ^ u- - -n a.fa te .^^^ ^^^^ ,^^^^^ ^^
IVégent accorda que le '*''l'»^"*f' "; ' „,^,,,,:. di.HJster fortement
durable était à souhaiter, on 7»'J'iX;'de Gibraltar à l'Esau Congrès de Cambra, sur 1 rest tu on d.^^^ ^ ^^^^^ ^^^.^
pagne et de n'en pas demo.du , ^ «J^^,. l^,„ les deux
rrrr;isin^= rue..ent unie, devant l'Europe -Sfuul. ne s'en, tint pas là U ^ait -p engagé a^ec Srot^isCa'nsrtit m^^ne I/dience du^S juin il tentait
, 1 •i-; • roulés o Philippe V, Paris, i6 juin li Archiv. d^Alcala, EsUdo, 1. :^.73^ • ^^^''
1720. ^ ^ , ,.00 . laulès à Philippe V, Paris, 20 août
1» Archiv. d'Aloalu, Estado, 1. 2;33 . Lauies
•20. c » 4^ 1 tA'\i • Lau/ès à Grirruddo, Paris, i5
is Archit). de Simancac, Estado, 1. 43^1 • ^
juillet 1720. , ,33 . ij^^i^s à Grimaldx), Paris, 4 juin
u 4rchii;. de Simancas, Estado, 1. 45^1 • ^ .
1720. r. , ^^ 1 A-^Si • Uulès a Grimaldo, Paris, 4 juin
1"' Archir. de Simancas, Estado, 1. kàH • ^^^^
1720. ^ , ^ , ,00 . Laaiès à Philippe V, Paris, 20 août
!• Arcto. dMlcala, Estado, l. 2733 . Lames a
L»ALLIANCE FRANCO-ESPAGNOLE
lâi
d'obtenir la disgrâce de l'archevêque de Cambrai. Lord Peterborough et l'abbé Landi, envoyé du duc de Parme, le secondaient. Ils n'espéraient pas moins que le renversement de la Quadruple- Alliance et la création d'une alliance franco-espagnole. Dubois avait senti la partie si gravement compromise que, le i5 juin, il se décida pour l'union intime entre la France et l'Espagne aux conditions posées par les Farnèse*^ Chavigny qui l'a connu de près et a entendu ses j)lus secrets calculs, ne s'est pas mépris sur l'inlluonce qu'exerça le désaveu obstiné de la politique antiespagnole de Dubois par l'opinion publique. « A mesure, dit-il, qu'on approchait de la majorité du Roi et de la fin de la Régence, on voyoit noir dans les impressions qui restaient en France de nos discordes avec l'Espagne. L'on sentait à proportion le besoin pressant de les effacer. L'archevêque de Cambrai n'avoit pas attendu jusque là pour comprendre que ce n'étoit que sur ce plan qu'il pourroit établir celui de son élévation et de son autorité. Mais il n'étoit pas facile de passer d'une extrémité à 1 autre sans y tenir un juste milieu. Il aurait été également imprudent de rejeter le projet du duc de Parme et d'y adhérer^*. » Sa résolution prise, Dubois sut persuader Laulès de la sincérité de son revirement. « J'ai lieu de croire, dit-il, que tout ce que M. l'archevêque de Cambrai m'a dit... est vrai et qu'il veut véritablement concourir à établir cette union de bonne foi^\ » 11 soulignait le mot. Mais le duc de Parme n'en était pas réduit à des assurances de cette nature. Peterborough, Landi et Laulès avaient livré l'assaut au Régent le 3' juin, Dubois avait capitulé et, le 8 juin, le Régent écrivait au duc de Parme, lui annonçait l'arrivée prochaine de Peterborough et ajoutait ces mots : « J'attends quelques éclaircissements pour vous informer de plusieurs circonstances qui peuvent servir à l'union plus étroite de la France et de l'Espagne'". » Le duc de Parme envoya aussitôt le comte San Severina d'Aragon pour discuter à Paris ce nouveau système d'alliances dirigé contre l'Empereur".
^' Archiv. des Aff. Ëtrang., Parme, t. VI, fol. 157-161 : Landi à Dubois. A avril 1720; Ibid., fol. 169 : duc de Parme à Landi, 3 mai; Ibid., fol. 171, duc de Parme au Récfetii, 6 mai 1720.
^" Archiv. des Aff. Êtrang., France, Mémoires et Documents. — Mémoires de Chavigny, p. 457.
" Archiv. de Simancas y Estado, 1. 433 1 : Laulès à Grinmldo, Paris, 4 juin
" Archiv. des Aff. Étrang., Parme, t. VI, fol. 177 : le Régent au duc de
Parme, 8 juin 1720.
** Archiv. des Aff. Êtrang.y Parme, t. VI, fol. 191-192 : le duc de Parme un Régent, 3o juin 1720.
U duc de Par.e avait sacnf^ un n.in.t.e^qui ^^^
mais qu'il ne pouvait plus df^"*!^^' "^If^^cour de Parme que la
roni no changeait rien «-.^--^^..f ^^.^^ Ces desseins n'al-
rcine Elisabeth se «h'^'F" ,.f ^^'W'.ina guerre à l'Empereur;
laient à rien moins q^^^*''^,y"/J„e i igoftée et pressurée par
par une chance inespérée, 1 Ej-^g^e ''^^ ^,^^,4^0 destinée que
Alberoni et par Elisabeth «7^ f n avo.r d a ^^^^ ^^.^^
^tntre^emt?- - -'^ - f r de^^tl^gr Vliatt ; „,ina à nommer un «^ec^sseur a M^ de S^^^^^^^.Langeron. U il arrêta son choix sur le ^^^^^^^^f X"ps de bataille dEss'était battu convenablenjen sur les cha p ^^. ^^^^.nder
pagne sous les yeux de Phjhpp. V 'l ne ^^^^ .^^^^^^^^ .^^.^ rien d'autre que de mettre 1 epec a ^^^ ^-^^t à peine
complète en toutes mai.e.- ^-^^^^^J p^bois lui adjoignit s'il en connaissait le nom e la . j^ 3,^^^
un fonctionnaire nwdcste et Çapably^om Maulévrier
Robin .. étoit l'Apollon .uis ^^^J^j^f j^^^^'i.li^e ordonnateur, ne sauroit faire de vers »• Arioen com ^^ ^^ ,^
bien instruit de ce qui regarda, l*"* W;*; ^^ j^ «rtie des "commerce, Robin ^^ait pnncip^^^^^^^ ^ ^V^^,^ ,,
négociations relative a ce ^lue^^;^" ^,^tor, l'abbé de Mornay. «on commis, Dubois avait place un ^^^ ^^^ ^^^
ambassadeur à Lisbonne ^^^'^^^^ ^j^^'tiU de ^sançon. qu'il la vue. U regagnait, sans hâte, son arcnev
ne devait jamais voir. France à Madrid était un évé-
Le retour d'un ambassadeur de ™''^.^J\..^^ „^i affecta
suscepiibi- ^^ reunii .^^nponDer le cabinet anglais ijui
'"lu/de nement de nature a Pf^'^^^ï^Iieterre s'était, depuis la paix,
l'Angleterre ^^^^^^ inquiétude. L Anglete"e ^ ésentée à Ma-
attribué le droit de parler haut et d «^^ J" ? ^^^,^ eomdrid. Quand il fallut excuser 1 envo de M ^^ ^^ ^^^^
mença par protester que ^^J'^J^f^^^,. „. ensuite il expliqua i«„, avec l'Espagne qu ^f ^^.jXr. de a dernière guerre et 4u'il ne «'ag--t <iue de l'^^ufs^s en Biscaye et à la Lomd€ la restitution des places conq ^ comptes confie
siane : il ne s'agissait ^^^ <I- ^J ^^f^décoration. En réalité à Robin, Maulévrier n étant la que p
. ,nn toi 3i3 : Dubois à Sainl-Smon,
« Arch. des Mf. Èlrang., Espagne, t. .99- fol. i ,6 dccen.bre x,..^ ^^^^^ , 33,. fol. .5 : DuboU « Deslou-
2» ArcH. des Ajj. tirang., ^ b ch€S. i5 juillet 17^0.
L'ALLIANCE FRANCO-ESPAGNOLE
los instructions remises à Maulévrier, à Robin et à Mornay tendaient à un autre but.
Ils devaient manifester la joie la plus vive de l'adhésion du J^"'jl^"^^^^^ roi d'Espagne à la paix et le désir le plus ardent de rétablir Tinti- sadeur mité des rapports entre les deux couronnes; se montrer tout prêts à servir les intérêts de Philippe V, faire sonner bien haut lr> jalousie renaissante des autres puissances; insister sur la nécessité de maintenir la paix générale; Philippe V n'en avait-il pas besoin pour rétablir l'ordre dans ses armées, dans sa marine et dans ses finances? le Régent pour payer les dettes du royaume? La sagesse voulait que la France et l'Espagne réglassent à petit bruit et comme en famille les discussions et les difficultés qu'elles j»ouvaient avoir entre elles afin que dans le Congrès prochain elles n'eussent besoin du concours d'aucune autre puissance; ( Mes devaient se communiquer tout ce qu'elles découvriraient des desseins des autres États; le duc d'Orléans soumettrait volontiers ses plans aux lumières du roi d'Espagne. Il ne craignait point en effet, que « la loi et les établissements réglés par les traités d'Ulrecht avec le concours de toutes les nations et par le choix libre et solennel du Roi Catholique, pour assurer pour tou.joiiis la tranquillité de l'Europe, lui laissassent aucune idée contraire an repos public et à la confiance nécessaire entre ce prince et S.A.R. pour établir une parfaite union entre les deux couronnes; If Régent n'avoit jamais fait et étoit incapable de faire en aucun lern[>s à la religion du roi d'Espagne l'injustice d'admettre le moindre doute sur la sincérité et l'effet de ses serments; il connoissoit trop son humanité pour croire qu'en aucun temps il voulût replonger toute l'Europe dans une nouvelle guerre dont on ne pourroit prévoir la fin. » Le respect et la modération dont S. A. IL ne s'étoit jamais départie lors des invectives outrageantes qu'on n'avait pas craint de lancer contre lui prouvait qu'il les avilit imputées au cardinal Alberoni et non pas au Roi; il n'en grudait donc aucun ressentiment, et ne demandait pas mieux que de donner au Roi son neveu toutes sortes de gages de son
aniilie . " i f^ r t
Mornay était chargé d'aborder un sujet délicat entre tous. Albe- '^\\'J^''''
roni avait fait insinuer à l'Empereur un projet de mariage entre le Prince des Asturies et une archiduchesse d'Autriche, on ne l'avait pas rebuté mais remis après la conclusion de la paix; celle-ci vlait conclue et le roi d'Espagne paraissait disposé à reprendre
** Archiv, des Aff. Ëtrnng.. Espagne, t. 299, ^oL 62 : Instructions du marquis de Maulévrier, 9 septembre 1720.
' Il
t il
Mornay à Bal sain
Le Père DaubealoQ
eouc ..aire. M„™., ««ait '"'!' «Jf/XrJ'^ut^rrnVt.'Il „•, pouv.il réussir du m«,n '" '™ ™',^^Xrail.il à «xploiler cals de loul c. qud pourr.rt »™' « '"^f ^^^ uMenIr ,uel- U, dissiruul.lion (otcfe de I. Cour d Espag»e pou H
rx; STrSr 'SitrurXic. ec ., .p,.„ir.i.
Mti e, U Beine é.i»; a,» -n.s da„. ,e. ,....^de B.,-
ron étroit, une chambre ^^^^J^l^ZZ. » Mor-
ques, quelques trous «""'l**^"^' '^/^^^''^t ^^ "^'^"'^'■« **'*^'"'"^nay savait que .ce pavillon de chasse elail une ju^er
tu^^iJï'::^^^^^^^ ^ti-o^^slTcirvrre s
hésiter d'aller à Balsaïn; vous perdrez ^ ««-'«;/^;„^ , de trop longtonips; -us pouvc. a Mer a ^^ ^^our^ ^„ ,^,,,^, ^ lieu qu'elle se trouve . » Mornay se sou , accordée.
Madrid, demanda »--^;[",^?,,^^;rder assurances d'amitié vers le lo octobre 1720, <'^./«^"/'* '.','. „ .-..^e les doux couet des protestations d'un v.f des.r d umon ont e Jes
rennes. Philippe V exyuuna 0 '^;- ;;Jl-^«^^^«^^ J^^ut, Mornay
""'^^sf DrbrV^'Tn and'; q,^"n trouverait des partisans en avisa Dubois, a qui ^hî ^t lo Pore Daubcnton, confes-
de '«IJ-r .t'"c?iSr;»'Si. . .' -"ri" considérable sur r p"n«»t Srd il eo^seiLee du<,ue, ii ,0>a1.. d,s.,U„.
» .^A fnl ^T cl 56 : Dubois à Vabbé - ArcK des AfU Étrang., Espagne, t. :^96, fol. 5i
de Mornay, 9.0 ni 27 iK)iit 1720. . ^^nifly à Dubois,
" .4rch. des /!//. Étrana-, Espagne, t. 29^), 10.. /
7 octobre 1720. 1 h F:r fol o^5 • Aformiy à Dubois, 10
" Arch. <to A//, eirang.. Portugal, t. 54. fol. a5b . y
septembre 1730. ^1 . >i5 fol loi : Dubois à Mornoy,
» /Irch. des Ajf. Êirang., Portugal, t. 55, rol.
^''"o\;îrat':4.rÉ-™na., E,pagn., t. ,„«. fol. ,o3 = Morn«y an B^o^ni, t4 octobre 1720.
L'ALLIANCE FRANCO-ESPAGNOLE
« comme dans un cristal bien net". » Son pouvoir avait été coupé d'une disgrâce qui avait rendu cauteleux oe religieux naturellement réservé, et il avait employé le temps de cette disgr✠à composer la fameuse bulle Unigenitus. Rappelé à Madrid et (établi dans sa charge, après la chute de la princesse des Ursins, Daubcnton conservait avec un cœur bien friançais une ardente passion ultraniontaine, c-ependant, par-dessus la France et Rome, il plaçait <( la Compagnie » et « la Constitution ». Les scandales et iles orgies du Régent le laissaient très indifférent, mais il condamnait les complaisances de ee prince pour le parti janséniste. Dès qu'on lui laissa entrevoir le triomphe de la Rulle et l'humiliiation des appelants. Daubcnton découvrit dans Dubois l'homme providentiel et travailla sans relâche au succès de ses plans.
C'était un allié précieux, mais dont, malgré tout, l'influence ne pouvait balancer celle de la Reine. Bien que depuis l'éloigneinent d'Alberoni, Philippe V eut retrouvé quelque volonté et même quelque énergie, Elisabeth le dominait et régnait, mais c'était au prix d'une existence, pour toute autre qu'elle, intoilérable. Philippe ne se détachait pas d'elle, jour et nuit vivait à ses ccMés, ne tolérait pas les longues confessions et la relançait jus'qu'à la garde-robe. Si quelque lumière, un écrit, un avis parvenaent jusqu'à la Reine c'était par des moyens que le respect dû au lecteur ne permet pas de décrire. Cette sujétion si voisine de 1 esclavage, semblait faire toute la joie de cette rusée italienne. (t Ses louanges, ses flatteries, ses complaisances, dit Saint-Simon, étoient continuelles; jamais l'ennui, jamais la pesanteur du fardeau ne se laissoit apercevoir. Dans tout ce qui étoit étranger à ses projets, le Roi avoit toujours raison, quoi qu'il pût dire ou vouloir; elle alloit sans cesse au-devant de tout ce qui pouvoit lui plaire, avec un air si natiuel qu'il sembloit que ce fût son j?oût à elle-même. » Aussi vivait-t^lle dans la plus extrême con- Irainte, obligée de partager tous les ex:ercices du Roi sans pouvoir jamais s'éloigner de lui de plus de deux ou trois pas. A ce j.rix seulement, elle obtenait ce qu'elle voulait : mais elle finissait toujours par l'emporter : c'était elle, par suite qu'un ministre de Ij-ance devait surtout gagner. Du moins savait-on comment la prendre; obtenir pour son fils aîné un établissement souverain où file pût se retirer plus tard, c'était à quoi elle tournait jour et nuit sa pensée; la servir en cela c'était conquérir son amitié".
" L. I^émonley, op. cit., t. I, p. /i23.
'' Arch. des Aff. Etranq., Espagne, t. 290, fol. 62 : Jnsfrucfions de Mau^ lévrier, A. BaudriÙart, Philippe V et la Cour de France, t. II, p. 4i6.
La reine Elisabeth
Le projet FarDèse
rejeté par lUubois
jgg ' HISTOIRE DE LA RÉGENCE
C'était la Reine qui stipulerait, mais au nom dos Farn^se Or le pro; Farnèse. a'ppo.-té à Paris par le .omte San Sevenno^e att inacceptable. Ce projet ne tendait à nen moins qu a """""*;"
"oXrsement de TEurope. Le roi ^^'E^P^^-VS^Tab ndln renonciations devant les Certes et promettora.t de -f^^^^^^^ jamais ses «t.jets. Il promettrait son appu. - J J« ™7^ '^^ besoin - au duc dOrléans pour prendre possession d". «"""^ "« I ou^XV si celui-ci mourait sans enfant mâle; même, il userait
rleNanlese cette double opération s'accomplirait avant la majorité de louis XV. U victoire donnerait de nouveaux territoires n d s lioulëraient aux duchés italiens destinés aux enfants d Eli- S^ q":: au due de Panne il rc.evi.it, à ^^^J^^f j;^^^^ ment r>our ses bons ..ffices, les prme.pautes de Castro et de Kon
^^S'Xdtd ^r:LtÏ:uttEdc Moriiay et lui développait k mine plan : alliance franco-espagnole et guerre sans me - ^nTii^^Lil^ereur" A aucun prix, le 1^^^-;^ ^^ ^^^^-^ ^^ Zlaîent se laisser entraîner à la guerre en Italie. Dubois se cna ir droitement de rejeter les conditions -"s rompre la negO" ^jation et .-d '^i^jet Farn^^ ^:„^:Xhs ^br^^v'^a^ rn";Tar ssr'ri-r^ue son débîlt était trop saUsfai- SntT^ur qu'il fut sage de remettre la suite à ,^es mains mon experL et le priait de Prolonger son sejou ^^VO^J^ conduire les pourparlers a bon t^^mc . loutelois i pi l'imnression qu'avait pu faire sur Philippe V le projet ^ arne»e < A pS" éc'rivait-il, l'encre qui a signé les engagements d a OnadruDle-Âlliance et en dernier lieu l'accession du roi d E»pa «^e eTÏéchi^^^ quelle honte de violer sur le champ ces engagegne, est secn q pleurer la tranquillité a 1 Eu-
r;,'oria":X-oi'<ian^ - -uble dont il seroit impos- « Arcn. des A),. Êtrang., Espagne, t. =96. fo,. ,5, : Morr.«y a D.-boU. '^r^rï dH//. Ètranç., E.pogno, t. .06. W. a... .W : Dubois à Mornay, la et 18 novembre 1720.
L'ALLIANCE FRANCO- ESPAGNOLE
sible de prévoir Ha fin". » Mornay devait découvrir ce que pensaient le Roi et la Reine, les détourner au besoin de ce projet, tout en paraissant entrer dans leurs vues, se refuser à prendre un engagement i>our le jour où le projet serait exécutable, car le sec'ixît était impossible et une indiscrétion mettrait en périH toutes les autres alliances do la France. Dubois recommandait encore •1 Mornay de tenir compte de trois choses : des avantages généraux de la couronne d'Espagne, des intérêts particuliers de la reine Elisabeth, de ceux du duc de Parme. De la France il nétait pas question. Robin était chargé de faire valoir les intérêts commerciaux, mais il était préférable d'attendre pour que ces questions ne vinssent pas embarrasser l'affaire principale''.^
L'affaire principale, c'était l'alliance dans laquelle on tâcherait de sauvegarder l'ambition et l'avidité des Farnèse. L'intérêt du duc de Parme était des plus difficiles à satisfaire, car ni par ruse ni par violence on n'avait jamais pu décider le Pape à renoncer aux principautés de Castro et de Ronciglione. Peut-être y réussirait-on en faisant miroiter une indemnité. En tous cas le duc de Parme serait tenu au courant de ce qui se ferait et se dirait. De son côté le Régent désirait que le roi d'Angleterre intervint comme garant dans le traité d'alliance entre la France et
l'Espagne. T^ u • 1
Pendant que ces instructions étaient adressées par Dubois, la maladie d'yeux de Mornay s'aggravait rapidement sous lé climat plus rude de Madrid"; des rhumatismes le clouèixînt au lit ipendant tout le mois de novembre'\ Ce fut une grande contrariété pour le Régent et son ministre : (( Nous sommes, écrivaient-ils ou malade, dans une situation et dans une crise si délicate qu'il n'y a que vous qui nous en puissiez tirer heureusement, et il serait malheureux de perdre le moment de former une liaison aussi naturelle et avantageuse que celle des deux couronnes. » Le Régent envoya des conseils, des remèdes, des ordonnances libellées par Chirac et par Gendron, le Jout en vain.
Maulévrier, qui se sentait supplanté par Mornay, profita de ce ^^^^^^^^J contre-temps pour regagner le terrain perdu. Mais après une pre- 13
Maladie de Mornay
noTembro
ss
Arch. des Ajf. Étrang., Espagne, t. 296, foL 284 : Dubois à Mornay,
26 novembre 1720. , ,
" Arch. des Aff. Êtrang., Portugal, t. 55, fol. 118 : Dubois a Mornay,
29 octobre 1720. - r» k •
" Arch. des Aff. Êtrang., Espagne, t. 296, fol. 235 : Mornay a Dubois,
4 décembre 1720. . r»^ *
" Arch. des Aff. Êtrang., Espagne, t. 297, fol. 93 : Maulévrier au Régent,
£nlreyuc
avec Griœaldo
mière audknoe à Balsaïn, notre ambassadeur passa un mois entier sans entendre parler de Philippe V m de ses m.n.stres le ,o novembre, le P. Daubenton lui rendit v-te .t protes a que ., dans sa renonciation à la couronne de France le «- «^ ^' »^ religieusement, sans aucune restriction mentale . » Dans la soi rie du ' nov;mbre. nouvelle visite du confesseur qui conseilla drsc:;iici.er une audience, qui fut accordc-e '« '^Xlévr^er ' liDDe s'exprimant d' « un air doux et sincère » dit a Maulevricr . Teit vîai, .je conviens que rien ne «eroit si n^«"- « ^Jj/- «^onnable qu'une forte union entre ma couronne et celle de fvânîc c esï la même maison et le même sang Que me dcmand vous sur cela? Un traité avec la France? Je le désireMl ne Iroit être trop tôt fait, ni trop secx^t; -"le moyen de ormer une liaison. .. Maulevricr fut transporte de joie et le laissa Z^v Le Roi reprit : « Vous travaillerez avec Grimaldo. qui est un homme sûr^.. Et il ajouta : ., Et mes places, ne me les rendri n^asf - Votre Majesté peut-elle en douter un moment? ., Cependant il fallait attendre le Congrès afin de ne pas éveiller S'^Séfiances. Philippe V insista sur Pensacola : « Je veux qu op me 1 rende! ,. MaliVévricr parla de sa convenance pour les po^- ^ssions françaises et de son inutilité pour 1 Espagne. -- « Et mï^ Indes, interrompit le Roi, comment peuvent-elles s a com-
Tde^de cela? Non. je veux avoir ce qui -^^V^^X:^;J'X mina l'audience en demandant les bons offices du Régent pour îï duc de Parme La Reine insista particulièrement sur ce point . âï le lendemain, Maulevricr, flanqué de Robin, s'aboucha av^c G Laldo. C'était, a dit Saint-Simon, un espagnol qui res- Lmblo t à un flamand. « Fort blond, gros, P»"-' j^^^-^"^^ rouée les veux bleus, vifs, la physionomie spin uelle et fine Ivec cela de la bonté. Quoique aussi ouvert et «ussi^ranc que sa nlace le pouvoit permettre, complimenteur à 'excès, Pol'. obi - ^elnt m'ais au fond glorieux, avec deux V^^^^^^'^^^^^'fZ, L s;n gros ventre qui ^^^r^^^^^ -.^^t
r^xTé^rTuTo" atitTrdett. iVétoit capable. t.au COUP d'esprU et d'expérience, homme d'honneur et vrai, sohdenient attaché au Roi'et au bien de ses affaires, grand courtisan
3, ,rch. des AU. Etranç., Esp.gnc, t. =oC, fol. .47-.5, : MaaM.ner «« 'ttlZ:tt^l^O. Bspa.no, t. ,06. .fol. .'.,-,5, : Af««M.ner au
Bégent, ii novembre 1720. , ,„- . Matilévrier à Duboi.s 23 no-
" Arch. des Afj. Êlrano-. Espagne, l. =9, ■ Maule>ner
vombre 1720.
L'ALLIANCE FRANCO-ESPAGNOLE
toutefois, et dont les maximes furent en tous les temps l union étroite avec la France". » Dès le premier abord, Maulévrier le trouva .< modeste, poli et très spirituel. » « Ne faisons ,pas, dit-il, languir la négociation, faisons donc bien vite un bon traite entre los^is nos maîtres. » Non moins impatient, Grimaldo qui connaissait mieux le terrain, renvoya Maulévrier à la Reine. « Moii maître et elle ne font qu'un; ne lui communiquerez-vous pas tout ceci» [l le faut pour le bien de la chose. » Maulévrier n «ut garde de refuser, il vit la Reine qui lui apprit les raisons que Philippe V avait de conclure vite et secrètement : il ne fut question que de l'intérêt du duc de Parme, et l'entretien se pr longea le même jour par une conférence avec Scolti, de qui « l'émotion et la pétulance tenaient de la colère" ».
Ix! •>■> novembre, Maulévrier eut conaissance des propositions préliminaiixîs. C'était, avec qudlques variantes, le projet apporte , Paris par le comte de San Severino. écarté par Dubois, quun autre agent des Farnèse remettait sur pied à Madrid". Ce deuxième projet insistait davantage sur les profits réservés a 1 Espagne, menaçait moins directement les Habsbourg d'une guerre en Italie, mais tous deux tendaient à remettre le feu en Italie pour l'étendre, de là. à l'Europe. C'était l'esprit belliqueux dÂlber.,ni <iiii prenait sa revanche. Heureusement Dubois n était pas homme à se laisser jouer. Dans sa lettre à Mornay, datée du ,6 novembre, le ministre dénonçait clairement le projet persévérant du Farnèse : « L'Italie, disait-il, veut être délivrée du joug des Allemands. Le duc de Parme y travaille, aspirant a devenir le vimirc de l'Espagne dans la péninsule, avec d autant plus d'ardeur que les duretés des Allemands ont porte son impatience-au plus haut point. Il y est animé par un acteur qui est ravi de troubler l'Empereur en Italie; c'est le comte de Peterborough , homme d'imagination et de feu, grand parleur, pris d une envie démesurée de se venger de l'archiduc. En correspondance regulicixs avec le duc de Parme, il le pousse à une guerre générale, .spérant faire grande figure à la tète des troupes alliées contre 1 Empereur". » En même temps qu'il dénonçait cette intrigue, Dubois recommandait à Mornay d'acquérir le P. Daubenton par
- Sainl-Simon. Mémoires édit. Chén.cl i858. t. XVIII P- '72.
" Arch. dec Aff. Étrang., Espagne, t. 287, W. .. : MauJevr,cr au Régent,
^^ novembre 1720. . « , -n » ^ ^;i
" Areh. des Ajj. Èirong., Espagne, t. 297, M. .9 : A. Baudnilart, op. éd.,
'■ "■.4ro;"d//".4//. ,£(r«np.. Espagne, t. 296, W. 283 : Dubois àmrrw.y, ''* novembre 1720.
Nouveau projet
l'espoir du cardinalat et Scotti par « une grosse somme... qu'il touchera dès que le traité d'alliance sera conclu de la manière
qui nous convient" ».
Mauiévrier Une fois encore. Dubois cédait à son goût d'instituer une diplo- ,e.t invité j^^^jjg gçç.,.j,j^ qui rouirait la diplomatie officielle à se confiner dans des besognes chétivos et la reléguait au second plan. Chateauneuf à La Haye, d'IberviUe à Londres comme aujourd hui Maulévrier à Madrid avaient dû se résigner à une subordmation humiliante. Maulévrier se rebiffa. « Pour éviter l'affront de n'être i)lus qu'un ministre en peinture, tout au plus un porteur de paroles, je prie S. A. R. de m'épargnor cette mortification, de me permettre de m'en retourner". » 11 demeura néanmoins, car il sut en peu de temps se rendre nécessaire au Roi et a la Reine, et dans cette Cour, où les affections privées dominaient la politique, il obtint souvent comme ami ce qu'on lui eut refuse comme ambassadeur. Non seulement il montrait au Roi et a la Reine les dépêches qu'il recevait et celles qu'il écrivait, mais comme le Régent et Dubois étaient le sujet ordinaire de leurs . entretiens, il enchérissait volontiers sur la malignité des^ deux époux, par des anecdoctes et des plaisanteries plus ameres .Une fois ce singulier ambassadeur mis au courant de la négociation Dubois fut obligé de s'en ouvrir avec lui. Le Régent lui écrivit et le ministre y ajouta ses observations.
Le duc d'Oiiéans souhaitait une intime union entre la France et l'Espagne. Son désir était assez vif pour le déterminer, contre tout usage à la restitution des places conquises avant même que la paix fut signée; mais il fallait éviter, en vue de I inlerel commun, que la cession parût se faire en vertu d'une conven ion secrète La clémence du duc d'Orléans à l'égard des Bretons rebelles témoignait assez que les sujets fidèles n avaient rien a appréhender de sa part, mais il ne pouvait stipuler publiquemen ni en secret au profit des rebelles. Sa bonne volonté cependant était si grande qu'il recommanderait à ses plén.potientiaires au Congrès de Cambrai d'appuyer les intérêts du ro. d Espagne en tout ce qui ne serait pas contraire aux textes des traites de Londres d'Utrecht et de Bade, et d'interpréter aussi favorablemen au'il serait possible tous les articles de ces traités qui poi.vaient intéresser le roi d'Espagne. Relativement à Gibraltar, les demar-
» Arch. de. Aff. Êtrang., Espn^tnc t. .{.6, fol. .83, DuboU à Mornay, ^"^"rf rr;- Êlranç., Espagne, t. ,07. fol. 33 : M.uU.rUr au «.<,en,,
12 décembre 1720. 00 4 t ,> /oA
48 p .£. Lémontey, Histoire de la Régence, i832, l. 1, p. 424.
Réponse
qu'y fait le
Régent
L'ALLIANCE FRANCO-ESPAGNOLE
ches tentées n'avaient pas eu de succès et il était nécessaire d'y apporter une extrême prudence afin de ne pas provoquer de la part du Parlement anglais des difficultés insurmontables. Si le roi d'Espagne jugeait opportun de prendre quelques mesures en vue de mettre l'Angleterre dans' les intérêts communs de la France et de l'Espagne, le Régent y entrerait volontiers, afin d ôter par ce moyen aux puissances qui formeraient des desseins ambitieux, au préjudice du repos ipublie, les seules ressources d'argent qui pussent les mettre en état de soutenir leurs forces et d'exécuter leurs projets. A l'égard des inféodations des États de Toscane, de Parme et de Plaisance le Régent ne pouvait agir ouvertement contre la stipulation contenue dans les traités de Londres et obtenue avec tant de peine. Quant aux garnisons des places de ees duchés, il ne faisait pas difficulté de promettre que cet article demeurerait sans effet, et il croyait inutile et même nuisible de proposer l'alternative des garnisons espagnoles, puis-, que cette proposition serait absolument rejetée et exciterait des soupçons. Le duc d'Orléans ne refuserait pas de joindre les offices du Roi à ceux des autres puissances pour procurer au duc de Parme la restitution de Castro et de Ronciglione ou un équivalent. Au sujet de l'alliance, le Régent la désirait solide et dirigée contre tous ceux qui violeraient la paix; il consentait à des engagements immédiats et formels; il souhaitait qu'on laissât la porte ouverte pour y faire entrer d'autres puissances^*.
Le Régent n'avait pas mentionné Pensacola, mais il ne romprait pas sur ce chef et se réservait d'en faire l'objet d'une concession nouvelle. Dubois eut soin d'ajouter qu'il fallait « combattre les proi)ositions qui auraient pour objet le renouvellement de la «,'uerre et se conduire de manière que l'on ne puisse pas conclure (pie le Régent n'était pas aussi déterminé que le roi d'Espagne .« prendixi de solides et fortes résolutions pour donner des bornes à la puissance et à l'ambition de la Cour de Vienne'". » Il faisait savoir en outre que le roi d'Angleterre avait proposé de fournir la moitié du remboursement à faire au Pape pour la reslitution de Castro et de Ronciglione : la France paierait le reste, >• le Souverain Pontife agréait cet expédient.
La Reine était particulièrement attachée à l'idée, venue de Parme, d'une alliance offensive que le Régent repoussait car ce
" Arch. des Aff. Êtrang., Espagne, t. 297, fol. 4? : ^e Régent à Maulévrier, i3 décembre 1720. .
*" Arch. des Aff. Etrang., Epagne, t. 297, fol. 55 : Dubois à Maulévrier,
i3 décembre 1720.
Refus
d'alliance
offensive
L'ALLIANCE FRANCO-ESPAGNOLE
Insistance
de Philippe V
seul mot eût supposé le dessein formé de quelque entreprise et fait naître le soupçon que, si les objets n en étaient pas déterminé, dans Ile traité, ils Tétaient par des articles ««erets qu .^ mettraient pas longtemps à être connus. Ix: Roi songeait plutôt r^ecouvrer Gibraltar, Pensacola. Fontarabie. etc.. et à procurer une amnistie aux traîtres Bretons". Car malgré ses di^posiUons pacifiques, Philippe V ne semblait pas avoir renonce a entretenir Ls troubks intéJieurs en France et à revendiquer le cas échéant, la succession de Louis XV. Sa prétendue bienveillance ne se traduisait que par le maintien des prohibitions <=7™?',<:"''^; '7°; sées loi-s de la peste de Marseille, mais que le déclin du 1 eau IZt^ù faire abroger". Une hostilité si P- déguisée nWpu insDiier au Régent des concessions fort nombreuses, et d ailleuis, nrche chant Palliance de l'Espagne il n'entendait rien changer aux traUés existants. L'alliance anglaise restait la base du système
'^trn;;:dtet'n'avait pas pour effet d'instruire Philq^eV. mais d'affermir son obstination. Le 6 janvier ^p.i . rem. lu même au marquis de Maulévrier un mémoire écrit de sa propie mir ,Dar lequel il réclamait des assurances précises sur les cinq roTntLÎuivSs : amnistie générale en favc.r ^^<^^^^ Lstitution de Gibraltar; non-inféodation dos États d« Ji^^'^y de Parme; admission des garnisons espagno es dans c s ÉtaU, ic titution de Castro et Ronciglione, au duc de Parme . Ceci avait un peu 1 air d'un ultimatum mais Dubois ne s'alarmait pas ix^ur si^peu^e chose et, nonobslant^^cette réponse, considérait la negorîation comme « très avancée^* ». .
.Ui.. ^ trindiscraions de lord Peterborough . qui -v-^^^^^^^^ V. '^ fait changer [Dubois] de système" » avaient donne l éveil au rAngieterre [^^^^^^^^^^ ,,oins vigilant que soupçonneux; mais au
iu de se montrei intraitable, il consentit à discuter avec 1 axnbassatur espagnol à Londres, Pozzobuono et lenvoye parmesan,
M Arch. des Aff. Êirang., Espagne, t.. 97. fol. i/i., .06 : Mornay à Du-
5oi5, 16 et 29 décembre 1720 . Maulévrier à Dubois,
" Arch. des Ajj. Êtrang., Espagne, t. 297, ^o\. lOO
27 janvier 1721. t, „^ * «^nn fol • I7 : Maulévrier à Duboic,
" Arch. des A//. Êtrang., Espagne, t. 3oo, fol. 17
6 janvier 172 1. 1 » r;:; f^l i^n • Dubois à Mornay,
- Arch. des Ajj, Êtmng., Portugal, t. 55, fol. i57 • uuoo
i4 janvier 1721. " ««, . ^ g^ ^t o^ : Destouches à
" ylrch. des Ajj. Etrang., Angleterre, t. S^i, toi. 00 ji
Dubois, 28 novembre 1720.
Gazzola''^ Celle complaisance s'expliquait par les embarras intérieurs du ministère whig que la chute de la Compagnie des mers du Sud avait gravement ébranlé. Le 20 janvier 1721, Stanhope s'avouait iplongé dans un (( bourbier par rapport aux finances » el, ce jour-là même, Destouches écrivait au Régent que Stanhope désirait l'entretenir de vive voix à Paris de matières graves, intéressant la Fiance et l'Espagne, avant l'ouverture du Congrès.
Stanhope avait acquis la conviction que l'Empereur cherchait des prétextes pour refuser l'investiture des duchés à un fils de IMiilippe V et travaillait, malgré l'opposition de l'Angleterre, au mariage du prince de Piémont avec, une archiduchesse d'Autriche. Si cette politique aboutissait elle entraînerait l'exclusion de l'Espagne et de la France de l'Italie livrée à l'hégémonie des maisons de Habsbourg et de Savoie. L'Angleterre voyait là une menace -pour TEurope et proposait une étroite entente de la France, l'Angleterre et l'Espagne, avant l'ouverture du Congrès, afin de forcer l'Empereur à abandonner sur-le-champ les duchés à l'infant d'Espagne. On ferait plus; on limiterait le nombre des troupes que l'Empereur pourrait entretenir en Italie; on lui enlèverait la liberté d'y imposer des contributions et d'y surcharger les peui)lles de passages de gens de guerre et de quartieis d'hiver; enfin, on lui prescrirait par le traité des bornes qu'il ne pourrait fianchir sans provoquer les trois puissances, mais encore fallail-il que celles-ci fussent au préalable en parfait accord. • Vous voyez bien, disait avec franchise Stanhope, que j'en veux venir à l'article de Gibraltar.
« L'Espagne nous tient le poignard sous la gorge et veut que IJar préliminaire nous lui rendions cette place. Vous connaissez assez l'Angleterre et vous êtes assez informé de notre situation présente pour savoir si c'est une chose qui nous soit possible, et si dans la mauvaise humeur où est la chambre basse, nous n'y [Kîrdrons pas cette affaire tout d'une voix, supiposé qu'on nous amène à l'y porter; ou du moins si, pour avoir un équivalent, on nous demandera pas des choses si outrées et même si ridicules que 1 rlspagne non seulement ne les accordera point, mais aura lieu de se tenir offensée et insultée de pareilles demandes. « Que le roi d'Espagne nous donne le temps de respirer et de nous tirer du bourbier où nous sommes par rapport à nos finances, et je lui garantis qu'avant qu'il soit un an nous lui rendrons Gibraltar moyennant le plus faible équivalent, ou plutôt
*• .4rch. des Ajj. Etrang., Angleterre, t. 335, fol. 35 : Destouches à Dvbois, 20 janvier 1721.
Lellre de Stanhope
l'ombre dun ôquivalent. Car je persiste toujours dans l'opinion où i'ai été d€ tout temps, c'est que non seulement cette place nous est inutile, mais même qu'elle nous est à charge. G est la pensée du Roi mon maître comme la mienne, et je vous jure par tout ce qu'il y a de plus sacré que si la chose ne dépendait que de lui et de ses ministres, Gibraltar serait rendu al Espagne avant qu'il fût quinze jours. Mais présentement, si j y engage le Roi, je ne puis le faire sans le perdre et sans porter ma tête à un échafaud. Or, quelque envie que j'aie de faire plaisir et de rendre des sei-vices essentiels à S.M.C et de lui Procurer e moyens de triompher de l'Empereur au Congres, je ne le ferai assurément point à ce prix-là. Jamais nous ne serons, d accord tan^u'on exigera Gibraltar, quant à présent; et nos ^iinistres ne paraîtront jamais sérieusement au Congrès, ni entl^eront tout de bon en matière que lorsque le roi d'Espagne se sera relâche dans cet article. Si ce prince veut avoir cette complaisance disons plus, cette bonté pour nous, et donner au Ro. mon maître une m rque aussi sensible de bonté, d'amitié et de déférence. Tny. rien que nous ne soyons capables de faire en sa faveur. • Nous serons plus fermes et plus vigoureux que ses ministres mêmes au congrès de Cambrai contre l'Empereur, que nous bnde^ rons dans un traité d'une manière si précise qu .1 ne ,pou,ia hasarder un pas sans s'atti«.r l'.\ngleterre sur l«« b^^;^ E" un mot, nous ferons la guerre à l'Empereur pour 1 Espagne si . veut manquer à ^es engagements, pourvu que 1 Espagne se dtsiste de l'irticle de Gibraltar avant l'ouverture du Congrès ce qu'elle peut faire de bonne grâce et sans manquer a sa gloire ni à ses intén-ts, puisqu'il est sûr que dans un an nous lui remet- Tons cette place' sans qu'elle soit obligée de l'-hcter par un ëauivalent qui lui puisse être à charge. Moyennant cela, il ny a'^nt d'engagements où nous ne soyons disposés d'entrer avec l'Esnao'ne, conjointement avec la France". » , , „ . Mts..nae ^ iul^is'répoidit à Stanhop. qu'il était attendu . Pan^^ Per. <^^-«"y dant ce temps Ghavigny, envoyé officiel de France a Gènes, reçut Vordre de faire prendre patience au duc de Parme Le i et le 5 janvier 1721, Ghavigny, présenté par les ministres Rocca e Santi vint à bout de persuader k prince de la nécessite de ne pas commencer l'attaque immédiatement". Après une excursion
" Arch. des Ajf. Elrang,, Espagne, Mémoires et Documents, t. lA^, fol. q5o : Destoachec au Régent, 20 janvier 1721. rhaviany à Dubois,
» Arch. des Aff. Êtrang., Gêne*, t. 7^» ^ol. 9. A9 • Chavigny a uuoo et Dubois à Chavigny, février 1721.
L'ALLIANCE FRANCO-ESPAGNOLE
li5
ù Venise et à Modène, Ghavigny revint à Parme et promit, de la [)art de Dubois <( toute satisfaction sur Gastro et Roncigilione"" ». Ainsi qu'on l'avait fait pour Gibraltar, on disposait du bien d'autrui, mais le Pape n'était, pas ,plus que le Parlement d'Angleterre, d'humeur à se laisser dépouiller et, aux premières ouvertures de Lafitau, s'était exclamé : « Vos violences poussent à bout de patience. Je recourrais h tout pllutôt que de souffrir ([u'on démembrât les États de l'Égilise*". » Ge n'était guère rassurant, mais le duc de Parme pensa que le plus entraînerait le moins et chargea Ghavigny de dire à Dubois qu'il (( n'y avait (jn'un seul expédient. Le roi d'Anglleterre écrirait une lettre au roi d'Espagne ratifiant la promesse de Gibraltar et «'obligeant ù ménager les circonstances propres à l'accomplir. Nous fîmes si bien, ajoute Ghavigny, que l'Espagne se montra satisfaite de cet expédient ». Scotti ignora tout, sa disgrâce était complète, finfluencc du confesseur Daubenton avait obtenu ce résulltat. 1! s'agissait maintenant de décider Philippe V à conclure l'accord rn vue duquel la France avait fait retarder le Gongrès. S'il tardait encore à faire un traité avec Louis. XV, la France n'aurait d'autre conduite à tenir que d'abandonner l'Espagne devant le Congrès à ses propres forces et le risque eût été grand.
Mais ni l'autorité du confesseur ni l'intérêt de l'État ne pouvaient rétablir un cerveau épuisé par l'abus de la vie conjugale, lour à tour indécis, -persuadé, puis hésitant de nouveau et se réfu- ?fiant dans l'inaction comme dans un abri très sûr. « Il paraît incompréhensible, écrivait H'abbé de Mornay à Dubois, que le Hoi Gatholique, avec une conscience aussi timorée qu'on la lui (onnoît, soit si fortement arrêté à ses sentiments qu'il est presque impossible de le démouvoir de ses premières appréhensions, et il me revient que le ministre ecclésiastique se trouve souvent î'ussi embarrassé dans les décisions des affaires qui regardent ^on ministère que le sont les autres ministres pour les affaires ?<^nulières. J'en ai une preuve certaine dans ce qui se passe sur i artide des inféodations. Je sais que le P. Daubenton a parlé •n- ce point au Roi Catholique de manière à lever tous les doutes quo ce prince pouvoit avoir et ne lui laisser aucune ombre de scrupule. Les mêmes raisons que ce Père a alléguées de nouveau J^aerminèrent alors le roi d'Espagne à accéder au traité de Lon-
■'' ^f J^; des Aff. fjrang., Parme, t. VI, fol. 233, 264 : Chavigny à Dubois, ^ • i 16 février 1721.
'" Arch. des Aff. Êtrang., Parme, t. VI, fol. 228 : Lafitau au duc de Par- "*<^j 24 janvier 1721.
Scrupules
de.
Philippe V
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Négociation
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Mauléviior
et
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lions aui <? di^culerenl a le signer uc lu ^^ . «i
Ses V U. porter à o^;^^^ ^^;:Z^^ d'une Moruay n'était plus que le t""^ " ^ *^ ""'^"j ^^ \ ,« maladie négociation si heureusement commencée pai '"' f> ''".,,. ^.j^^ '
chèrcnt, il f«""t/?l"-7«,^tMaulSrT' voyait qu'elles faire d'utile. « Gr.maldo d.t >' ^ ^^^'^ "^'Ji^^^^i^j, exécuter reli-
étaient les if -,^-"?/" t'cM .t r -"d'- ^^ *'^" '^'P"'" gieusement 1^^; »^^ '^,J^^ ^ ^ touAes offices le Uoi Catholique jama.s; au ^e «3 1 a'd ^'^ ^^ ^^^.^ , jant aucun engageen tout ce qu il pourrait, sans pi »- , prince; ce qui ment formel pour le succès de* P^-'j^^^^\^^ a^x États d'Italie le touchait le plus était ce qm «/^'J J^Pj^^f J^^^i^^ de Castro et aux droits que l'Espagne y V^^-^^' ^ ,~„^ „, ,,u,aU et de Ronei^lione ^^^^^:^^ d eiectif ' U Hoi Catho-
promettre -^\^'J'l^,f,,^Z\i l'union de l'Angleterre aux Uque convenait que 1 interyenuoii ■ yissances,
deux couronnes pouvaient f ^ J^ f ^^f^dicirenient uf.le à mais le trait* propose ne devait tire que ^^
. l'Espagne, ^^^f:^ ZS.'^riZ.:^^^ de répondre
iustes demandes . » Mauievuei , ^ , ^^ le duc de 'que tous les avantages étaien P0«[ ^f ^e «t pou ^^^^.^
îarme. La France -/--;^Jn;r^^^^^^^^^^^ Le
tant de demandes que le succès le. c ^^^.^ ^^
,5 février Grimaldor^mU a Mauln^ ^^^^^^^^^^
forme P^ilippe J açcepU't^es ^^^ ^^ ^^ restitution de
SSrdat «rfeS^élai e^ ^ ^ IWernetti^t ^^^ ro. ^SJi:'^:^'^^^^ -mission dans la
.. ^. * -^oo fol 162 : Mormy à Dahois. 17 février
•1 Arch. de5 .4//. Étrang., t. 3oo, loi.
1721. - ^, ♦ ^00 fol 202, «uiv. : M«uI^»Tfcr à Duboi5,
e2 .4rch. te 4//. Étrang., l. 3op, loi. 202,
23, 2/i, 25 février 172I; p ^^ t. H, p. 45i.
JI3 A. Baiulrillart, Philippe V et ta Cour ag
L*ALLÎANCE F^RANCO-ÈSt'AGNOLÈ
nrer du Sud**. Cette fois on touchait le but et l'abbé de Moinay écrivit à Dubois : « Voilà enfin la négociation menée aux termes qui nous ont été prescrits**. »
Dubois ne perdit pas de temps. Sa méthode restait ce qu'elle avait été à La Haye, à Hanovre, à Londres : sacrifier les intérêts de la France à ceux du Régent et de son ministre. A ce prix les affaires ne traînaient pas. Territoires conquis, dettes contractées, privilèges commerciaux, tout ceci n'était à ses yeux que <( détails accessoires, minuties » ou encore « petites choses qu'il faut perdre pour *a voir les grandes ». H avait sacrifié Mardyck à l'alliance anglaise, comme il sacrifiait Pensacola à l'alliance espagnole, ^inlplc monnaie d'échange à ses yeux qu'il jetait dédaigneusement sans souci du commerce colonial et de l'honneur du drapeau fiançais. La dépêche de Maulévrier partie de Madrid le 25 février fut remise à Dubois le 5 mars. La réponse fut bâclée (n huit jours et expédiée de Paris le i3 mars**. Philippe V calculait les délais nécessaires au courrier, supputait les heures et les jours indispensables au Régent et à Duboi^ pour la délibération, interrogeait Maulévrier avec une impatience visible. Enfin, 11» 21 mars, Maulévrier reçut le courrier de Paris, le porta au l^oi et eut, avec Grimaldo, une nouvelle entrevue. Une dernière discussion surgit alors.
Si ahuri et si déchu qu'il semblât, Philippe V gardait ll'âprefé d'un victorieux et réclamait (( ses villes », « ses colonies », comme une propriété personnelle. La France faisait si joyeusement le sacrifice de ses conquêtes qu'il n'hésitait pas à réclamer d'elle tout ce que sa fantaisie lui suggérait. Après Gibraltar, Castro et Ronciglione, il s'était fait accorder Pensacola en Floride; au dernier moment, Philippe voulut exiger la restitution de tout ce que les Français auraient occupé pendant la dernière ^Tuerre, dans l'Amérique espagnole*\ Or c'était pendant la dernière guerre que s'était formée la colonie de la Louisiane, les Espagnols ne manqueraient pas de revendiquer une œuvre déjà prospère, sauf à la rendre stérile en lui appliquant les maximes
* Arch. des Aff. Étrang.^ Espagne, t. Soo, fol. i83 : Mémoire du roi d*Es- }Kiqne.
*' Arch. des Aff. Êtrang., Espagne, t. 3oo, fol. 2i4 : Mornay à Dubois, 5 mars 1721.
*• Arch. des Aff. Ëtrang., Espagne, t. Soo, fol. 218 et 2^0 : Dubois à Maulévrier, i3 mars 1721 ; Ibid., t. 3oo, fol. 325 : Projet de traité d'alliance dé- ^ nsivc ; avec recommandation à l'article 6 de ne pas discuter les conditions commerciales.
*'■ Arch. deC' Aff. Ëtrang., E««pagne, t. 3oi, fol. 75-96 : Maulévrier à Du- '' •>, 24 mai; Mornay à Dubois, 29 mars 1721.
Signature du Traité
^4g lilSTOlKE DE LA Rl^.GENCE
stupide. et féroces de leur adn.inistratlon colonial.-^ M-^^^^^^^^^^^ ne 's'en doutait P-bab.^.enM.s, ma.s >. . l ^^^;^'J ^^^ o\Te au€ la Louisiane elail terre ae nantt, i . ,
iSpolër à déplaire au Réger^t « en prenant trop v'vement es Ss de la France » et accorda tout c. qu on voulu U lia.te fut lîgne à Madrid, le .7 -ars, à onze heures du so.r . Condition, Le traité du 27 m^rs portail : .^
"„.";::U'v:n-= .o,„ d. .™. . de U ...^de r..™
., ae. >«P"Wi«"s j; ;-- ';",; .Sut-Ii. L« e. ,u.
raient mutuellement jusqu a ce que it.
'%.- rr dru"i,irrùe::ie,7rp.i..„ee. .,„■„, ■,...-
3 Que les aeux r ^^^^^ alliance pour
;r::^rro;; :^^:zrii ;,:. .... .u ™in,.en de ,. ..„.
quillité générale. , • ;.taient
A" Oue si au préjudice des susdits tiaites u> tieux
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.9 mars; Maufcmer à Dubois, 30 mai. 1.21.
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saire et même d'assister de toutes leurs forces la partie lésée et de déclarer la guerre à l'agresseur.
5° Que les deux rois s'engageaient à accorder une protection particulière au duc de Parme pour la conservation de ses États et droits, et que, s'il y était troublé, ils conviendraient des moyens de lui accorder une juste satisfaction par toutes les voies qui seraient en leur pouvoir. *
6° Que le Roi Catholique confirmerait en tant que besoin serait tous les avantages et tous les privilèges qui avaient été accordés par les rois ses prédécesseurs à la nation française tant par le traité des Pyrénée^, confirmé par ceux de Nimègue ou de iWswick, que par des cédules particulières concédées. à ladite nation avant le règne de Philippe V, en sorte que tous les commerçants français et autres sujets du Roi Très Chrétien jouiraient toujours en Espagne des mêmes droits, prérogatives, avantages et privilèges pour leur commerce, marchandises, biens et effets, dont ils avaient joui ou dû jouir en vertu desdits traités ou cédules, et de tous ceux qui avaient été ou seraient accordés en Espagne à la nation la plus favorisée.
En même temps, Maulévrier et Grimaldo signèrent des articles séparés portant :
1° Que le roi de France rendait au roi d'Espagne toutes les places, etc., occupées pendant la guerre, mais que, pour éviter que les autres puissances ne soupçonnassent le traité particulier intervenu entre la France et l'Espagne, le roi d'Espagne demanderait l'évacuation au congrès de Cambrai comme condition préliminaire; quelque fût le succès de ces instances, cette condition >(M'ait exécutée deux mois après la ratification du présent traité.
2° Que le roi de France emploierait ses offices les plus pressants pour la restitution de Gibraltar et ne se désisterait point do cette demande, jusqu'à ce que le Roi Catholique eût obtenu mtière satisfaction sur ce point, soit par la remise effective de ladite place, soit par des assurances dont il fût satisfait qu'elle lui serait remise dans un terme fixe et déterminé,
3° Que, quoique l'article concernant les inféodations des États de Toscane, de Parme et de Plaisance eût été réglé par le traité de Londres, S.M.T.C. ferait agir ses plénipotentiaires au congrès de Cambrai dans le même sens que ceux du Roi Catholique.
4° Que le Roi T. C. s'obligeait d'obtenir des puissances qui avaient concouru au traité de Londres qu'il ne fût point mis ^le garnisons étrangères dans les places des États de Toscane, de Parme et de Plaisance, nonobstant la stipulation faite à cet égard l-ar lesdits traités, et qu'il ne s'opposerait pas aux démarches que
le Roi Catholique jugerait à propos auprès <*7 '^"^^ P"'^; sauces, pour les engager à cousenl.r à ce qu .1 y m nus des ga.
nisons espagnoles. l'Espagne en faVeur
iS" Ou outre la garantie de la france ei at i i^spag
du duc de Parme stipulée par l'article 5 du traité d'alhance s.pe t même jour que ces articles, ces deux couronnes ne vouh.en. rien oTbl er pour obtenir à son égard l'exécution du traité de Pise et pour lu'i procurer en conséquence la -t>'"''-/^- ^^^^^^^^^ de Castro et de Ronciglionc, et que le Roi \,C .;~f ™ et continuerait ses instances au Pape pour obtenir cette justice de Sa Sainteté, à moins que le duc de Parme ne ^ contentât
''7^ ârSoi trScSfr plénipotentiaires au congrès de Cambraf d'agir de concert avec ceux d'Espagne et d apporter touT leurs soTns pour le succès des ordres dont ils seraient charges In our^e qui ne serait pas directement opposé aux engagements nris par îa France dans les traités de Londres et même d entrer dans les dérogations que le R.C. pourrait désirer à ces mêmes fraUés et d'y contribuer de sa part toutes les fois qucles ministres de ?u es puissances intéressées y concourraient de leur part ou lorsQue les plénipotentiaires d'Espagne croiraient pouvoir les porl^rày concourir pour la satisfaction part.cuhère du Ro.
^tnfin un dernier article séparé portait que la France et l'Espa^nfinvûetaient le roi de la ^^^^^l^SZ^Z l!o^rarLué\"'allïnr déL -veTut^r la knce. l'Espagne
"r£rd:;\us la France était dupe. Victor.u- cUe paya^^ les frais de la guen^ entreprise dans 1 intérêt de ^^ Gr^ndç^J taene Celle-ci avait réalisé, presque sans sacrifices un programme qu'elle Vut à peine osé tracer au début des hostilités A Pas ro ?n manœuvre et au cap Finistère la tempête avait anéanti la la manœuvie.^i- i o,,„„a le feu avait consume
flotte espagnole; à Passage, à Santona e leu av ses chantiers, en sorte qu'il ne -^s.s ait rien de la tentative d'Âlberoni que des ruines et des humiliations La France avaii sacSdes'soldaU et d^ millions, conquis ^es P J- «^^ oocuDé des territoires, annexé une colonie et ne conservait rien ne recevaît aucune compensation, restituait. ses conquêtes me tait îa Louisiane en péril. Elle avait combattu pour établir hs
" Arch. des AfI. Êlrang., E«p.gne. Mémoires et Docarruats, t. i4. ; A. Baudrillarl, op. cit., t. II, p. 449-456.
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Bourbons en Espagne, combattu pour les humilier, et maintenant elle s'engageait à combattre encore pour les établir en Italie. Comme la guerre était sortie de la paix de La Haye, la guerre pouvait sortir du traité de Madrid. Lafitau. Chavigny, Destouches, Mornay ménagèrent partout l'intérêt de Philippe ,1'Orléans et de François Farnèse, sans souci des intérêts de la
La négociation de La Haye fait réplique à celle de Madrid, même secret, même méthode, même but, mêmes sacrifices. Sous une apparence défensive et pacifique, il s'agit en réalité d'une ligue offensive capable de dicter la loi à l'Empereur comme la Ouadruple-Alliance l'avait dictée à l'Espagne; pour cela il ne fallait (pie le temps de transformer l'entente secrète en Triple- Alliance.
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