‹ Histoire de la régence pendant la minorité de Louis XV [microform]Chapitre 103 sur 193 · KO · texte numérisé non relu

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" Lafitau à Pecquet, 17 décx-nibre 1750, dans P.-E. Lemontcy, op. cit.,

t. IJ, p. 18. ,

"' iMJUau à Dubois, 3i décembre 1720, dans P.-E. Lémontey, op. cit., t. 11,

^* Arch. des Ajj. Êtrang., Rome, t. (h3, fol. 7^ : Le Régent aa Pape, 12 juin 1720.

Nouvelles iii.NUnces

LA POURSUITE DU CHAPEAU

Refus du Pape

j7g . HISTOIRE DE LA RÉGENCE

les fruits de la Déclaration, ce qu'il ne pouvait faire que pour autant qu'il serait honoré de la pourpre; alors seulement il pourrait « agir tète levée dans toute l'étendue de son zèle et de ses bonnes intentions sans craindre qu'on lui imputât des vues intéressées". .. Don Alexandre plaidait avec insistance aupr^ du Pape et suggérait à Dubois une manœuvre dont il jugeait e succès infaillible". Le Régent écrirait, conformément au modèle dressé à Vienne, une dépêche de promesses et de menaces que le ..once Alexandre Albani transmettrait confidentiellement a Rom^ La combinaison parut admirable à Dubois. « SA. »• ^o"; «^'^ la lettre que vous lui avez dictée et remet entièrement en vos nains lo succès de cette affaire ...d'où dépend l'opinion qu elle conservera à l'avenir des bontés ou de l'indifférence de Sa SauietéTson égard. Vous voilà donc, Monsieur, l'architecte de mon élévation-. . L'architecte en fui pour son plan et Dubois pou ses compliments. Clément XI répondit » que la France devoit attendre une nouvelle promotion, les tiois Pl-^/l^-J-^J^^ dans le Sacré-Collège étant destinées et promises . » Le g^««<^" Lafitau, n'ayant plus rien à promettre et a of rir à ce Pape qu recevait toujours et ne rendait jamais, avait imagine de lui représenter Dubois sous les traits d'un pasteur des âmes. « Je promenai longtemps le pape dans le diocèse de Ca™bm, raconte-t-il- je lui en lis la description sans 1 avoir jamais vu, et sans ravoir jamais entendu faire à personne; je lui racontai les voyages que vous y deviez faire trois fois lamiée, comme s ils eto.enl déjà faits; je lui parlai du nombre, de la sagesse et de la saine doctrine de vos grands vicaires, de celui que vous teniez auprès de vous- .. Le tout en i.ure perte. Loi^sque Dubois connut le refus adressé à don Alexandre, il eut un instant de lassitude. .. Puisque le Pape, manda-l-il à Lafitau. ne peut accorder la grâce tant de fois sollicitée, dans le temps qu'elle lui seroit utile [à raison du Congrès], et que je ne recueiUerois pas le principal fruit que j en espérois, je ne dois plus ambitionner cet honneur. » U ne fallait

3' Arch. des Mj. Élrang., Rome, t. 6,4, fol. .6» : Bi.sy au Pape, i5 aof.t

''" 4rch. des Aff. Étrang., Vienne, t. .36. fol. .39 : Levieus à Dubois, «

't TrcL. des Ail. É,r«ng., Vienne, t. .36. fol. ..1 : DuboU à Ale.an.lr.

"" tvie.« a Duboi.s .o aoftt .,-. dans Anecdotes sur VéUmiion de Du-

''t' L"!; 1 1?/. «.rang., Rome.- t. 6.4, foL 58 : La/U«u à Dubois, .,, juillet 1720.

plus parler de rien à Sa Sainteté ni à personne, ne plus lui en écrire à lui-même^'' (i5 août).

Le désintéressement du candidat était une de ces malices aux- Désistement rfueiles personne n'accordait un instant de créance. Quand Dubois ^T^ • laissait entrevoir le mécontentement possible du Régent et les ^ " **" cIToils qu'il prodiguerait aiin de l'apaiser et de lui faire agréer .sa renonciation au cardinalat, il manquait de mesure et prétait à sourire. Lafitau, picpié, montra la lettre de Dubois et le Pape ne put réprimer l'expression d'une vive contrariété : le Pactole ;.llait-il tarir? Alors Lafitau insinua qu'il avait outrepassé ses iuslruclions, qiie le désistement n'était qu'un jeu, mais ne put arracher une promesse et eniporta l'impression que « dans la première f>romoli()n, qui seroit très prochaine, il n'y auroit encore ri«'n'^ » Sinq)Io précaution prise contre l'éventualité d'un nouvel échec. Du désistement chacun savait qu'il n'était t)as et ne pouvait pas être question. Pecquet relançait Lafitau et lui conseilla de « porter le Saint-Père à une plus prompte solution; ...elle préviendroit d'ailleurs des inconvénients dont on. sera fâché dans la suite •\ » Le Régent faisait savoir au Pape qu'il rc<>:ar(iait comme un affront à son gouvernement tout refus plus prolongé'^ v{ Lalilau paraissait être l'homme désigné pour parler haut. <( J'aurai l'honneur de dire à V. A. R., écrivait-il au Régent, ...que la situation présente de nos affaires en cette Cour denrandé .•bsolument que V. A. R. parle sur un ton propre à se faire craini\iv'\ )» A Dubois, il écrivait : « On croit La France abattue, voilà \<' grand mal. L'essentiel est de parler en gens qui ne sont rien iuoins que dans l'abattement. Voilà l'unique et le seul remède''. »

Pendant ces négociations une intrigue parallèle se poursui- intrigue vait. Lord Stanhope n'avait pas renoncé à peser sur l'Empereur anglaise [»nur obtenir sa nomination en faveur de Dubois; il est vrai qu« I Lnipereur et ses ministres ne montraient guère de bonne volonté. (( Ils sentaient, écrit Saint-Saphorin à Stanhope, de

'- Archiv. des Aff. Etrang., Rome, t. Ci3, fol. 64 : Dubois à Lafitau, i5 •""il 1720.

" Lafitau à Dubois, i5 septembro 1720, dans C. de Sévelinfrcs, op. cit., '• 1, p. 35o. o /- ,

" Archiv. des Aff. Etrang., Rome, t. 615, fol. 4i : Pecquet à Lafitau,

'' Archiv. des Aff. Etrang., Romo, t. GiG, fol. 178 : Relation de Lafitau 'r ses négociations à Home.

""' Archiv. des Aff. Etrang., Rome, t. G16, fol. i.',7 : Lafitau au Régent, •'" '^<'f)lembre 1720.

^ • Archiv. des Aff. Etrang., Rome, t. 61G, fol. igS suiv. Lafitau à Dubois, 3 octobre 172a.

TOHi m 12

Acquiescement de l'Empereur

^^g ' HISTOIRE DE LA RÉGENCE

•I u ^,,0 niih(n^ oiit en partie l'obligalion

Phaneau « Je ne puis le taiic sorlir do ce retiaïuluimiU .11 y a, dtnt n; c nq ..u .ix vieux cardinaux qui soûl à 1 agon,..; d - Ta i V nn-, ,.ue nouvelle place vaeante. ce <)Ui no l)€ul t.u- S::' Z:l \Z^:iZ...y vl... la cou., de .U.u.ç on faveur H^M "bli"l>ubois". -. A Vienu.. on accueilla.l av.donR.nt tous t ïrJits Mchn.. pour le crédit de Dubois, ot Slanhope se Irou-

au- ^voulait plus tonler quune soûle .iéu.a.che. la dern e.T^ 3, de PcndtenriJdter lui avait promis décrire à V-"-' • /'^^ ; S.inl ^inhorin tontàt lui aussi un supren.e effort . Un<i Turctf .h -- à Vienne. Alo.xaudro Mbani. duui.ua ente^ établie on.rc le Prétendant et Dubois. CeU.-c. se crut an nT, me Ule perdre les boi.uos grâces du roi (Georges, n:. eftron- Té "n .voi sollicité Jacques Stuart e. il fut bien entendu .,,,e nn;illc."é;ion d-Albani é.ait in.putabie au cardu.al d M.he.nu nùnistro impérial à Rome et artisan de hrou.ller.os

Dnhois ne tint ..as rigu<-ur à don Alexandre ol, .. force (in. tances obtTntladlnissio; du neveu du l'ape au Congres, n.algr.. la rIpu"nanco de Stanhopo et do Georges 1" qu, ne çonsenfl . dorne q^-un consontemont verbaf». Dès qu". -" < •'7'- "^ qu'lbani pourrait siéger à Can.brai. Dubois lu. offr.t Iho^talitp dans son palais archiépiscopal.

Enfin à force d'instances, la Cour in.périale annonça qu elle .gf. a ;n f aveu,, do Dubois aup.ès du Papo. Celait .... g.;oss.er ;f lice et une façon tout autrichienne do se dc-ob,;.' a >.. l- rie 0 Saint-Saphorin eut, à co propos, une oxpl.cat.on y Tvec Sinzendorf'et ,< j'espère, écrivit-il. q,.e v..o la »•'---;?.-' nous leur serrerons le bouton, ils ne ..ous -'-''.Pr"-""^^"^ j,,; Cette alerte rendait Dubois de plus on plus febr.lc. « Imposs.ble,

» Public l^ecord 0//ice, Germ.ny, vol. a.i : Saint-SapUorin à lor.l Slan- ^'^'^"«eclIfoSc/.'rrnnce. vo,. .C. ; Oc-n y, vol. .. : loM Sia„-

gan à lord Slanhope, \\>^nm; 7b «■pl.-n.luv ,7,0.

LA POURSUITE DU CHAPEAU

mande Sutton à Craggs, de parler d'affaires à l'archevêque de Cambrai. On se flattait qu'après l'enregistrement de lia Déclaration du Roi touchant la Constitution au GrandXonseil, il pourlait donner quelques moments aux affaires de son département. Mais l'archevêque de Paris, refusant toujours de donner son mandement, « l'archevêque de Cambrai néglige totalement toute autre iiffaire qui ne sert pas ses vues sur le chapeau pour lequel il se meurt de désir. 11 a eu l'heureuse chance d'obtenir, grâce a l'appui de S. M. la recommandation de l'Empereur à la Cour de Rome. Mais d'après certains avis, le Pape aurait l'intention (le le tenir dans l'attente et soUvS sa dé[)endance, et il l'exclurait (le la promotion (pi'il va faire très prochainement. Je voudrais (pie ce procédé pût le guérir de son feu d'ambition; mais il y a plut(jt lieu de craindre que l'appât de la pourpre ne le maintienne dans la dépendance du Pape''\ »

Sutton avait bien prévu. Dubois était résigné à tout supporter et interdisait à Lafitau les paroles trop vives et les gestes irréparables. Sa bassesse naturclhr ne ressentait ni surprise ni révolte à prendre pour soi « tout ce qu'il pouvoit y avoir d'amer et de (léfifoûtant dans la dernière promotion^^ ». Même il se sentait disl)osc à apaiser le Régent au cas où celui-ci siii)])orterait difficileineiit les procédés de la Cour de Rome. Mais ces vœux pour l'Église, ces courbettes devant son chef étaient toujours pimentés de quelque menace à peine déguisée. « Je veux espérer, écrit-il, qu'on ne m'imputera pas les inconvénients ultérieurs de Un décision pontificale''; en tous cas, si S. A. R. croyant avoir (pielqiie lieu de se plaindie personellemnit du peu d'égard de Clément à sa recommandai ion et à ses instances, s'arrête à d(îs résolutions défavorables au Saint-Siège, les occasions ne lui manqueront pas d'écouter son mécontentement^\ » Aussitôt Jiprès la publication du mandement de Noailles, Dubois ne manque pas de faire entendre la me' me menac<'. <( Voilà donc, écrit-il, la iin des travaux que S.A.R. avait entrepris, dont le parfait Miccès dépend de la manière dont cet ouvrage sera reçu à Rome. Si Sa Sainteté prend le parti le plus sage, comme il n'en faut

Dubois fait

ent* ndre

des menaces

ri

'"- l^ublic Record Ojjlce, Franco, vol. 3C2 : Sultun à J. Cruijijs, Paris, i3 oclobrc 1720.

^' Archiv. des ÀjJ. Êtrang., Rome, t. GiG, fol. 17G : Dubois à Lajitaii, 22

octobre 1720.

'* Archiv. des Afj. Élrang., Ro\nc, t. GiC, fol. 5i : Dubois à Lajitaa, 29

oclobrc 1720.

" Archiv. des Ajj. Élrang., Rome, l. GiO, fol. 5i : Duboic à Lajitau, « oclobrc 1720.

Promesse

de Clément XI

Renonciation de Charles VI

jgQ HISTOIRE DE LA RÉGENCE

pas douter, elk verra bientôt rautorité du Saint-Siège ^ablie dan« le royaun.e avec une obé.sance g;--^"' J ; "^^'J^, contraiM on fait à Rome qu.'lque démarche qm exe.lc ae nou TeaiL m^uvemens, on pourra rebuter l'ardeur du -^J ^e «.A.R^ m.i f.,1 nécessaire pour l'exécution de ce qu elle a procure et on (,u, e*' "*^^^f ^ "^^ P formeront plus une division de dispute, verra dos éclats qui ne n i . , ^^ Dubo s en-

mais infailliblement un schisme » Lt iRiclan que Sait la voix les .< bureaux » lu. souhaitaient un échec bien îi issln!le malicieux Peequet qui avait vu en peu d année.

IpMn vus bouleversc-r toutes les traditions de la .. carrière » lu. cet ntius boule vesc ^^ ^^^^^ ^^ ^^^^ ^.^^^^.j,.

assaisonnait un piai ae sa usu" iréné-

Sdrfrs=:^:x:ïïe-\^

ce point Vers la lin de Tannée 17.0, une chance nou voile pa ut :rj;,.. .. eandidat p..,..ue. ^ -^l^^ \=: vol. r:.Tnrnre.le't.':il£ il aait impitoyable : « Le Pape C'ait U malade et souffrant, est devenu tellen.ent inaccess^e pa a mauvaise hu.neur, que personne n ose plus 1 abo.de^ Fn vérité ie crains (luil ne meure en désespère... Il nés p us homm iu qui étoit si affable, et son chagrin le transporte telhomme, 'u '1' i, invectives contre ceux qui

? il ôi.it i.u- le cardinal Albani des minutes propices.

r'.;£ 1 Tiz :,.„... « Hc,o,„..n, a.» «-«» ch.,., ...

„u'il ne l'oiibliail pas. ■"«''» »" "•■ ""'"' ''"« '"" '",". T xi,^; i, L.Q1.U se n,i. c„ WU, d™„o*, ..n -"f^'"'™' «'^.t/ffi

:id^.,!; f c;nd;:ir"ue V.e„,L ,. Madnd ™ d...nd„.,e„.

'ctiruTS;-... La.U„ ..„;..ca,. o. .ed.„,,.U un »-

lar^r^ro T^ billot QUI n'était pas même de la mam du rapc étaH:dr':sé au Prétendant, s'^il venait .1 ôtre eonnu, c était

«•* Archlv. des Ajj. Êtrang., Rome, t. 617, fol. bi> • i^ec|

novembre 1720. , Sévelinges, op. cit., t. I»

•^^ Dubois à Lajilaa, 2G iiov^-mbiv, aan> C. de ^evelm, f

^" ^%itaa à Dubois, 26 novembre, ibid t. ï' P'^^'-

4rchir. des Ajj. tirang.. Rome, t. 617, fol. 338.

LA POURSUITE DU CHAPEAU

peut-^^'lrc le désastre sans remède : que dirait le roi d'Angleterre? Ceilui-ci continuait à s'employer infatigablement auprès de son al'lié rF.mi)ereur qui se détermina finalement à écrire à Pendtenriedter : (( Vous informerez de notre part le duc Régent ainsi que l'archevêque de Cambrai non seulement combien il nous serait agréable de le voir élever à la dignité de cardinal, mais aussi que nous ne demanderons jamais à Sa Sainteté quelque compensation que ce puisse être à l'occasion de cette promotion*". Pendtenriedter coninHinicpia cette pièce à l'intéressé lui disant qu' « elle imposerait beaucoup, asservirait le sacré-collège et apprendrait ce que Rome devait faire"' ». La renonciation impériale fut envoyée au représentant de l'Empereur à Rome qui en fit part au Saint-Père*^

A Madrid, on n'était pas mieux disposé qu'à Vienne envers Dubois, l'auteur responsable de la Quadruple-Alliance et des déboires de la campagne de 1719''. Philippe V haïssait le Régent, méprisait Dubois, laissait dire à son ambassadeur à Rome, le cardinal Acquaviva, (ju'il n'accorderait à aucun prix son suffrage sans compensation et Clément XI bénissait cette intransigeance, derrière laquelle il abritait son refus*\

Pour rehausser le prestige de la France, ajouter au luxe et à la recherche des séductions cuHinaires de l'ambassade, Dubois avait su décider le cardinal de Rohan à aller présider à Rome les dîners que le roi de France offrait libéralement à la noblesse Ha plus famélique du monde, parmi laquelle, disait le duc d'Anlin, (( l'on n'a des amis qu'à proportion qu on est puissant ». (( Je vous prie, écrivait Dubois à Lafitau, d'inspirer au cardinal de Rohan le courage et la hauteur digne de sa naissance et de sa place. Il est plus propre que personne à tout ce que la douceur et l'insinuation peuvent produire, mais peut-être n'a-t-il pas autant de naturel pour les grands coups''. » Rohan emportait

«» Arch. des Affaires PJrangères, Vienne, t. i37, fol. 186 : Charles VI a Penienriedier, 21 déeombrc 1720. •» Arch. des Affaires Etrangcrec, Rome, t. 62^, fol. /|o : Dubois a Lafitau,

50 janvier 1721.

«' Arch. des Affaires Etrangères, Rome, t. 62^, fol. ^^ : Dubois à Lafitau, 21 janvier; ibid., t. 62.5, fol. 81 : Lafitau à Dubois, 11 février.

'' Arch. des Affaires Etrangères, Parme, t. 6, fol. 2^8 : Chavigny à Dubois,

G février 1721. .

" Arch. des Affaires Etrangères, Rome, t. 62^, fol. 96 : Lafitau à Dubois,

?'i janvier.

" Mémoires du duc d'Antin, dans P. I^-montey, op. cit., t. II, p. 21, note i.

"' Dubois à Lafitau, 20 janvier 1721 dans P. Lémontey, op. cit., t. Il, p. 21, note 2.

Résistance

de Philippe V

Knvoi

du cardinal

de Hohan

à Rome

■une instruction secrèto qui devait lui faire sugg<5rcr au Pape de passer outre à la prétention du roi d'Espagne afin de bien affirmer son droit pontifical". Et Lafitau qui pressentait la perte de tous s« soins dont on reporterait le succès sur Rohan ne prétendait pas lui en laisser le bénéfice. C'était un grand coup qu i méditait, de ceux auxquels Rohan n'était pas propre; ma.s .1 osait à peine se flatter de réussir. A travers les défaillances d une santé qui dépérissait rapidement, le vieillard que les poursuivants traquaient avec un barbare acharnem.^nt conservait son sang-froid, rendait guerre pour guerre, stratagème pour stratagème, et déjouait les plus savantes manœuvres, les plus séduisantes tentations. 11 ne voulait donner la promesse écrite du chapeau que Lafitau cherchait à lui extorquer qu'à la condition d y Lérer que la France n'agirait pas en faveur du d.u- de Parme dans ses réclamations sur le duché de Castro et Honciglione, sans quoi sa promesse serait nulle. « Sa Sainteté m a déclare, écrit Lafitau que si la France lui faisait perdre Castro et Ronciglione. elle dégageait par avance sa parole, pour ne pas i^-comiK-nser ses ennemis. Mais elle m'a ajouté en môme temps qi. en avançant les intérêts du Saint-Siège de ce côlé-là. Votre Excellence avait beau jeu pour avancer le temps de sa promotion » Promesse Le jour même où Clément M consen.ait ce marc bandage, se JrV\i ioua une plaisante comédie dans sa i.ropre chambre. L épouse .lu """"' Prétendant venait d'accoucher d'un prince. Tandis que toutes les cloches de Rome saluaient sa naissance, le Pape, languissant dans son fauteuil, s'associait à la joie oflicinlle.S.^. neveux Albani. le Prétendant, le cardinal Gualterio et Lafi au 1 entouraient tous le priaient d'assurer au futur defemor juk, 1 appui de la 'France et les prodigalités de Dubois par une promesse écrite du premier cha,)eau vacant. Soudain, le gascon Lafitau se précipite à genoux, tend les bras vers le vieux pontife, et ïs ' eux\aignîs de larmes, crie à tue t.te :. «Saint Père! une parole de vie! une parole de vie! .. Le spirituel dûment XI ent.^ dans cette bouffonnerie, joue l'attendrissement, attire une pilume et trace la promesse tant desiree .

" Arch. des .4//aire. É(™ng,V..s, Rome, t. 6.5, fol. p : Instruction secrM.

au cardinal de Rohan, 20 février. „ „, ,. „:i . I „ /,io

■ •• U/itau à Dubois, .4 janvier, dans C. Scvelinges, op. cl., t. 1. p. 4'9.

*'" P. Lémonlcy, op. cil., t. II, p. .'.Oo-'.fia ; L. Wio«.nor. op. cit., t. III.

• LA POURSUITE DU CHAPEAU

<( Cl^mont XT papo, à notr^ très cher fils en Jésus-Christ, sailut et bénédielion apostolique/".

,( Nous avons un si vif désir do donner à Votre Majesté des nreuves oelatantes de notre affection paternelle et distinguée, qnv nous voudrions bien la satisfaire en créant cardinal, sans délai, M. l'archevêque de Cambrai qu'elle nous a si souvent et si efficacement reconunandé. Mais, dans la situation présente, la mesure est impraticable par plusieurs raisons que nous avons plus d'une fois exposées à Votre Majesté, et principalement parce que, après la nomination de tant de cardinaux étrangers, il serait peu convenable d'en créer encore un, sans rendre aupaijïvant, ou du moins en même temps, quelque justice à ce grand nombre de prélats italiens qui ont eu la mortification de se voir préférer ces étrangers dans les dernières promotions, au mépris (le leurs longs et fidèles services, soit à Rome, soit en d'autres pays, ainsi que Votre Majesté en est bien informée. Ne pouvant donc faire dès à présent pour Votre Majesté ce que nous voudrions et ce qu'elle-mém(> désire très ardemment, nous prétendons du moins Uni déclarer préalablement et confidentiellement par celte lettre de notre main, qu'elles sont nos intentions pour 1( moment favorable. Pourvu que Votre Majesté nous ait d'avance procuré par écrit les sûretés que nous avons constamment regardées commes des préliminaires indispensables à chaque pas qu(> nous ferions dans cette affaire, et pourvu que ces sûretés, «;oient données sans équivoque et sans condition par des per- «;onnes avant un pouvoir légitime de le faire, nous promettons (\v comprendre sans difficulté M. l'archevêque de Cambrai dans b première pleine promotion que nous ferons de prélats et autres sujets à notre choix, dans le cas où il plairait à Dieu, par les vues secrètes de sa providence, de prolonger notre vie pour un tel évéiieiu(»nt (ce que nous n'espérons, ni ne méritons, ni ne désirons). Il est b'cn entendu que Votre Majesté persévérera alors dans les dispositions favorables où elle est maintenant pour ledit M. l'ar- <hevé(iuc de Cambrai, et non autrement. Nous prions néan-

•loins Votre Majesté d'observer que la nomination d'un seuH cardinal à la fois, telle qu'il arrive souvent d'en faire par des motifs

particuliers, ne constitue pas une pleine promotion, et qu'il faut

s'en tenir au sens propre et rigoureux de ces paroles... » Le pape s'était joué de tout le monde. Dubois éclata cette fois :

'? Archiv. des Aff. fJrang., Rom<^, t. 0.4, fol. io3 : Clément XI an IPr^fnuhint et le Prétendant à Dubois, lA janvior 1721 1 C de Sévelinges, op. cit., t. I, p. 42a suiv.

Mort de Clément Xi

Position de Dubois

« En vérité c'est un chef-d'œuvre do dextérité que l'engagement que vous avez tiré du ])apc, île i4 janvier. La discorde l'aurait fabriqué elle-même qu'elle n'aurait pu rien imaginer de pire. M. le Régent est outragé, le Prétendant conq)romis, et je suis couvert aux yeux de l'Europe de ridicide et de preuves de trahison. Je n'ai plus qu'à souhaiter que cet écrit ne soit vu de personne et qu'il tombe éternellement dans l'oubli''. » Dubois n'osait pas communiquer au duc d'Orléans la lettre de Clément XI, mais Laiitau le fit rentrer dans son caractère : de cette faveur empoisonnée on essayerait de tirer un profit quelconque. A la nouvelle de la promesse pontificale, le Uégent devait écrire au pape, se confondre en remerciements, s'y prendre de telle façon qu'une réponse devînt nécessaire, ré])onse cpii rappellerait au • moins incidemment la promesse et alors, enfin, on tiendrait la promesse écrite de la nomination''. Dubois avait trouvé son maître, il décida le Régent h écrire dans le sens désiré'% mais Clément XI n'attendit pas cette suprême manœuvre, il mourut le

19 mars 1721.

C'était un désastre, seulement en apparence. Ces deux derniers mois d'intrigues avaient affermi les chances du candidat. Il avait pu craindre le mécontentement du ^cabinet anglais si son accord avec le Prétendant venait à être connu; les ministres impériaux ne faillirent pas d'en révéler l'intrigue et les Anglais s'en amusèrent. A tout prix, même au prix d'un flirt avec le Stuart, ils voulaient Ile succès de leur candidat. Il a eu, écrivait Sutton à Stanhope, la recommandation du Prétendant près le pape pour un chapeau, et il l'aurait eu sans la demande» (pie le Cardinal Acquaviva fit d'un autre chapeau pour un sujet d'Espagne « en cas que le pape en voulut conférer un à notre archevêque^" ». A Madrid, comme à Londres, Dubois faisait des progrès. L'ambassadeur Maulévrier le servait avec i)lus de zèle que de finesse", mais derrière ce courtisan peu diplomate travaillait l'abbé de Montchevreuil, aussi délié que son ch<»f l'était peu, insinuant, habile à faire valoir et à conquérir, enfin le jésuite Dau-

'^ Dubois à Lajitau, 29 mars 1721, dans P.-E. Lémontcy, op. cit.. t. Il,

^'^«'^rchit). des AU. Êtrang., Rome, t. 624, fol. 272 : Ufitau à Dnhois,

^ "Trchi'^^'dir. Aff. Ëtranç,., Romo, t. 626, fol. 32 : Ue négent à Clément XL

20 février 1721; C. de Sévelinges, op. cit.. t. II, p. 20. p -l, .

^* Public Record Office, France, vol. 362 : Sutton a Stanhope, PariK ;

^"'lîrchL.'des Aff. Étrang.. Espagne, t. 3oi, fol. 7^ : M<iulévrier à Dubois. 24 mars 1721.

LA POURSUITE DU CHAPEAU

benlon, confesseur de Phillippe V, qui dans cette affaire ne voyait (pi'un protecteur insigne à assurer à sa Compagnie, gagnait peu :, peu sur les préventions de son pénitent contre l'ancien précep- UMir et le com])lice du duc d'Orléans. A Parme, Chavigny reprévenlait au duc régnant le futur cardinal comme gagné à ses intérêts, se faisait écouler et croire'' au point que le duc de Parme (ionnait l'ordre à son représentant à l'Escurial de travailler pour ! archevêque de Cambrai.

'« Archiv. des Aff. Etrang.. Parme, l. G, fol 248-2^19 : Chavigny à Dubois. t; ft''\rier 1721.

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