CHAPITRE LIV
Le CoDgrès de Cambrai
.■il
Réunion du Congrès de Cambrai. — Raisons de l'ajournement. — Ouverture innuinente du Congrès. — Modération de Philippe V. — Il revient sur sa décision. — Mission et renvoi de Chavigny en Espagne. — Projet de mariage de l'infant Carlos. — Le Congrès continue à ne rien faire. — Projets d'aîliance du Nord. — Haine entr.- la Russie et l'Angleterre. — Projet pour la Saxe. — Mission de Chavigny en Hanovre.
Il n'avait pas fallu moins que la perspective et la promesse co^ngîès" d'un congrès pour décider Philippe V à conclure les actes diplo- de Cambrai inaliques qui le 26 janvier 1720, le 16 février, ks 6, 8 et 20 mai et le 22 juin de la même année consacrèrent le rapprochement entre l'Espagne, la France et l'Angleterre. Dès le mois de juillet, les plénipotentiaires espagnols au congrès qui devait s'ouvrir à Cambrai, le i5 octobre suivant, furent désignés; au mois (l'août, ils reçurent leurs instructions définitives',. c'était le marquis Berctti-Landi et le comte de San Ésteban. De son côté, l'Em- [ ereur désigna M. de Windischgraetz' et la France M. de MorviUe et M. de Saint-Gontest. A Cambrai, ville de peu de ressources, on ne se livrait à aucun des préparatifs qu'eut imposé le logement des diplomates et de leur suite. Quelques .ministres étrangers s'y aventurèrent cependant et n'y découvrirent ni niaisons pour se loger, ni bois pour se chauffer, ni salle de réunion jîour discuter. Don Albani, neveu du Pape serait l'hôte de l'arilievêque qui s'excusait d'héberger d'autres plénipotentiaires. Tarucca, envoyé du Portugal, apporta dans ses bagages un chalet de bois fabriqué en Hollande; Provana, envoyé de Savoie, se lorra comme il pût, ainsi que les doux Espagnols, et ils laissè-
' Wien SUmUsorchh\ dan« Weber, Die Qiuulmpel Allianz, p. m : Beferat
•') de Agosto 1720. 0/1
' Wien Siaatrarchiv, dans Weber, Die Quadrupel Allianz, p. m : Beferat rom 6 August uber die Conjerenzsitzung vom 5 August 1720.
Raisons de
l'ajournc-
ment
^nt passer l'hiver. A la mi-février, arriva Saint-Con^s^. mais
seul et chargé de faire patienter car, lui écrivait Dubois, le 2S
"le < Nous ne son'mes pas assez avancés sur ce qui doit
d/cider de notre concert avec l'Espagne dans le Congrès. La pru-
Se ne veut pas qu'avant cela "-^[-1/^' 'u trU^aT h ture^ .. VEmpereUr ne montra, pas^p^^^^^^ mierre plus profitable qu€ la paix, eut lui «> i SuerTa SardaK^ne contre la Sicile et il pouvait appréhender que, San un Congrès, on lui suggérât quelque compensat.on a oftnr nour cet échange trop avantageux. Pour cette raison. Charles VI ava?t iugé prudent de tenir Windischgraetz éloigne de Camb a , omm'e Dubois s'ingéniait à trouver des motifs de n y - ,Pr paraître qu'un de nos représentants, tantôt Saint-Contest, antôt Mo^ili On s'employa de la sorte à durer sans non faire eton V rrssit Petit à petit Cambrai s'était approvisionne, meublé et l'eilnJ V devint douce et même plantureuse. Les cuisiniers de diplomates, assure Saint-Simon, y «"«•«"L'^ 'i l;
Ti^re^^s^eTreC rarbastadeurs du ^^.^sj^^r^ contre cette rigueur, sous le singulier prétexte qu ils seraient
dSositTusts ficaires 'généraux et les diplomates mangèrent ''^^^:;::t:"^^ . retarder Vouv^J^r^ ^u con
grès et à l'annule^ par avance. «/-^;.-T^;a durée rïlcon-rès de Cambrai employer la moitié de sa durée a reg congres ut r ^^.^.^ jusqu a ce que
son cérémonial, 1 autre mo.ue « 1. 1 „ mntif de celle
des incidents inattendus le fassent d.ssoudre ... Le "^«t'f /•« J^ conduite se trouvait dans ces lignes du cardinal : « S anho ^ conauiic !, ,)rudent' .. et encore : « J avais fait beau
3 ,rc;. d... 4//. fJra.i,- FraBo.. Vén,oire. el Docnment.. .. 4«.. M. iSg-O- •
Dubois à Sainl-Confesf, 28 tévricr i72i Mémoires de In
. Ch..A. I^febvro, U Congre. '«^ 7' '"^^Vi^' f 'p'rtie. p. »9-'70. . société d'ÉmuIafiond. Cambra. '86". t^ XXV H, ^^^ .P ^^^^ c«r(.re(, Pnr.=.
LE CONGRÈS DE CAMBRAI
* Public Record Office. France, vol 4 octobre, 6 novembre 1721
tobre, 6 novembre 1721. . n^rumenis t iiSi, ^o^- ^°' *
Arch. des Aff. Êtrang.. France, Mémoires et Documents, t. a
Dubois « Snint-Contest. 58 février 1721.
intime de la France et de TEspagne vient d'exciter a produit dç nouvelles difficultés par l'importance de tenir le gouvernement britannique uni aux deux couronnes, par les efforts que la Cour de Vienne fait pour l'en détacher, par la diversité des sentiments dans le eabinet de Saint-James. Il ne s'agit pas moins que de la |iai\ ou la guerre, et do perdre notre principale ressource sur le moindre soupçon qui feroit poncher le.s Anglois du côté de l'ErnjMM'eur\ » Avec ses fidèles, Dubois se montrait encore plus im- |)ii{lent; une fois de plus, il sacrifiait tout à l'alliance anglaise. <. Nous avons essuyé pendant cinq mois les reproches et les discours de tout le monde sur le retardement qu'il y a eu jusqu'ici an Congrès et qu'on nous imputait. Quoique l'unique motif fût (le donner le temps à l'Angleterre d'obtenir dû roi d'Espagne ses convenances, nous ne nous sommes jamais expliqués et nous ne nous sommes point embarrassés des reproches sans fin qu'on nous a faits. Tant que les délais seront nécessaires, les prétextes r\o manqueront pas, et je vous détaillerai cçux que l'on pourra «ionner, s'il est besoin d'en fournir*. »
De délai en délai, on put croire enfin, au début de l'année 9^'J^^^^^ 1705, que le Congrès allait s'ouvrir. L'Empereur n'avait pu du Congrès acquérir la preuve de l'existence de traités secrets entre la France, lEspagne et l'Angleterre, toutefois il en avait de graves soupçons et, pour s'en éclairer, décidait l'envoi immédiat de ses plénipotentiaires à Cambrai. Dubois qui venait^ de réussir la négociation des mariages espagnols n'avait plus de raisons de retar- (1< r le Congrès, « Comme je ne vois, disait-il, aucune raison qui empêche ni les Anglais, ni nous, de laisser procéder au Congrès et que nous n'en avons pu souhaiter l'éloignement que pour avoir k tamps de régler auparavant à l'amiable toutes les questions qui peuvent s'élever entre l'Empereur et le roi d'Espagne, nous n'aj)portons aucun obstacle à l'ouverture du Congrès et la Cour lit' Vienne n'aura qu'à s'en prendre à elle-même si dans la discussion qui se fera dans cette assemblée elle trouve des contrariétés qui lui soient désagréables'". » Dans le courant de ce mois de janvier, le 28, l'Angleterre désignait ses représentants; elle ap-l'oilait tant de déférence pour son alliée, qu'il était bien évident qu'elle augurait — ou savait — que le Congrès ne se réunirait pas
' Dubois an cardinal de liohan, 7 novembre 1721, dans C. de Sévelinges, f>P- '•//., t. IT, p. 219.
' Urh. des Aff. Êtrang., Anf?totcrrc, l. 3^9, fol. i?.4: Dubois à Desiouches, »t' .i'iilk'l 1721.
'" Ihiboir à Dubourg, Paris, 5 janvier 1722.
Modération
de Philippe V
de sitôt. Sir witworth ^^^^^^^1::^^:^^:^,
de Dubois, lord P^l^-- ';.; ^^^ .^^ts^ttior, <,ue de se conde là, à Cambra, ou >' " »"'f p^ ' " ,^ ^aron de Pendtenriedtor
forr..er aux dés.rs du ^'^'^^^^^Xvulonv Cambrai où il no s'ébranla de sa persor^rte ot q u.tl. Pan.^p^ ^^.^ ^^^^^ .^ ^,^ ^^^
manqua pas de^d.re on «r''^«"; ' ^^ •Angleterre ne demandai.! xait pas eu de Congres. 1^'>/"'J .'; ' ^^f^^ en fumée". » Pen.ipas mieux que de le dissoudre et Wr «' ^^ „,i3i,,, f^an-
iendriedter et Windischgraetz v.s.te.ent ks pie po ^^
çais et espagnols et leur d.rent que «S. M 1- ^J ^^^^^^.
l cœur que de -01- -e pa.x sojenne'k av ^^^^ ^^^.^ ^^^^^^^
que, en con orm.te d- « ^ ^^ ,^„^ ^,,5^ ,,donné de se ren.hv été depuis signes a ''«"«>".• ^;'' ^^^,,; ,a,„taire. >- A cel.,
,^ Cambrai pour travailler a «'"^ J^T^^ J^^^ ^^^j^ témoigné pou Morville répondit que j s. lo - d Orlea^ ^^^ ^,^^^ ^^ ^^,^^^,
d'empressement P^' .^' ^J'^,.^,,,^ ditr.cultés, capables de romvoulu régler tout d aboid '<^^ - "" iTmpereur et le n.i
pre la paix générale, qui ^f^^-'^^^' rasque rF^«pereur pu. - Espagne. >; Mai-^"-; •'^^ ^^J' ^^ Tdailde lui lui, l. poino
natter que ' ""^^'■t»'^^''" „ "? p, ^ni auc Morville s'en éloi- Pendtenriedter fut-il installe " C^"^/^"" ^"^^ l'Angleterre, cellogna". Cette fois encore Dubois faisait le jeu de 1 a ,
c; n'était pas prête! j souvenirs des
A l'étroite confiance d'autrefoi , f^^f^^^^^^^, ^, vAutricli.' anciennes coalitions, '^^''^ ^^;^^:^ ^^^Z^ Charles M une méfiance réciproque et '"^ .'"o'^J; ^^^ ,,,ii,és de Londir. avait l'intention d'éluder - ;ti'.u at on des ^^^^^ ^^^^^^^^ ^^
par rapport aux duchés . t 1 en « v ^^^ ^^ ^..^^^^^ ^^„ ^ ,, répugnance supposée des ï''";*'"' "' "" ^ ,i„^ «u l'envoi d'un J, ;romis le f^^'^.^l^'.Z^Z^r. de la fan.iUo prince allemand après la m^rt ^'> j^^, b,,.aro.s .0
de Médicis. Déjà sous P-f ^ ;^; :^; :„,3H l^rvoi en Italie .1trouvait à Pise ot e duc de Pa. n^ __^^.^ ^^^ p,.,,,,,„.,,
l'infant don Carlos . ^^^d PP* J ,.\ ,, .o„,esse de son ron-
ë:;:f S vXn::.: .u?,"falt le congrès de Cambrai e. ron-
u ,,,.„. ,Us A,i. Btran,.. F.anco. Mén,oire. .. n.oumen.s. t. 48-.. fol- ->■
„om»e a D""--, "^^';;^ '^îLe, Af^n.oires e. Documenl.s, t. 4H,. fol. •2 Arch. aes .4//. fcironfl., n ^
'"■'^'- . , .« Éfrona Espagne, l. 3.A. W. ^o5 -, Gênes, l. 74. f" • ""
"» .4rch. des /»//• Etrang.. '^V h ' ,56 : Chnvigny à Dubois, nov. dec. .7^. ■ n>ar. 7
LE CONGRÈS DE CAMBRAI
,1^ inébranlable l'alliance de l'Espagne et de la France . La piorsiUon du duc de Parme faisait courir le nsque. une fois de iud amener la guerre et la .mission de Chavigny à Madrid, ma - ' é ie f heux accueil qui fut fait au diplomate, aboutit au result ntrevu•^ Ix^ .:.. mai .7.^. Dubois apprit avec «a tisfact.on ; o Phi ippc, fasciné par les brillantes perspectives qu on ava, "couve -s devant lui renonçait à réclamer l'envoi de 1 infant on Carlos pour lui procurer avant le Congrès l'investiture for- ,e ïe "héritage; bien plus, il s'offrait à payer aux Farne^ .e son me prélevée sur l'induit des Indes et avancée par les banu- ■ s de Madrid afin de mettre un terme à la réclamation su
"^oit la plus belle carrière pour étendre la -Çc-sion d 1 in-
l,„l don Carlos à presque toute l'Italie... » F'»"''^ '^•. .Pf ""^
n iieuicuse impatience^ perdre de vue de si grands ot^,ets? Un
dSa" no uni à la Franco et à l'Angleterre, <- ne devo.t se mou- V • nue ^u de .grands coups et pour des événements qui rem.srSet-possession'des royaumes q^elU' --J Perdus en Italie avant la conclusion de la paix. » Jusqu a ce n^ment 1 ob n
,;;.. fait, à l'Empereur de donner l'investiture des ^-h- a un ^.ifanl espagnol, ressemblait à un coin qui peut, a un moment donné faire éclater tout lo bloc. , 4' „
r,I;inc Philippe V venait-il de donner cette preuve de moderati.:n quTreçut la' nouvelle (.8 mai) que le ^^:^-'^;^^^ était en péril de mort et son fils, dernier héritier des Med es ega loment menacé". Aussitôt le roi d'Espagne ^^nvi a Patr cio Lau iès do représenter au Régent l'urgente nécessite de envoi de I infant L Carlos en Italie. Des troupes ^"•^«"V;""' ^^^/^^ n.lone; mais la rumeur courait qu'en ce moment lEmpe eu tai s.il entrer des trou.i^s en Italie. Le Hégent répondit par ecut aux
■ Ar^h. des AU. Elrang., Espagne, Mémoire,, et Docaments, t. iP, 7* par-
li : Chavigny à Dubois, 28 •"»;•' 'J"- ;^ ^ Chnvigny,
' Arch. des Ajj. PAraiig., Esp-.«gno, t. Uxi, 7 P"""
'' '"•>'•«. 3 "*"' '■'^^- ^ , ,,„ f.i m à i5?. Cho»iqny à Dubois,
« Arch. des .4//. Élrang., Espagne, l. 3i7. fol. 97 a i»7. i-n» y J
is avril, i" mai 1722. gg Duboit à Cha-
" Arch. des Ajf. Étmng.. Espagne, t. 3i8, fol. I4» el
l'iijny, 25 mai 1722.
Il récrient
sur sa
décision
tf,.<
l.E CONGRÈS DE CAMBRAI
Mission
et renvoi
deCbavigny
Projet de
mariage
de l'infant
Carlos
représentations de Laulçs (8 juin), promit d'en entretenir sui l'heure k roi de la Grande-Brctagme, mais blâma l'envoi de l'infant et conseilla de demander les investitures au Congrès; dès qu'on les aurait obtenues, on aborderait la question des garnisons de Parme et de Toscane. La crise semblait prête à se rouvrir et la guerre en Italie inévitable et prochaine. Dubois s'empressa d'inviter Ghavigny à obtenir sans retard du roi d'Espagne la promesse de ne pas intervenir en Italie, si l'Empereur consentait la monie promesse. En même temps, le cardinal sollicita le cabinet de Loii dres (i3 juin) d'user de son influence |)our obtenir de la Cour do Vienne une déclaration pacifique dont il avait dressé la formule, que lord Townshend n'eut qu'à transmettre à Saint-Saphorin^ L'Empereur répondit qu'il n'accorderait cette déclaration qu'à Cambrai, devant le Congrès réuni.
Afin d'établir définitivement l'infant don Carlos dans ses duchés, le duc de Parme s'avisa que Chavigny — qu'il connaissait — était trop délié et qu'il fallait obtenir son renvoi de la Cour d'Espagne. Elisabe^th Farnèse le souhaitait d'autant plu> que le départ de Chavigny signifiait le maintien de Maulévricr et, de l'aveu du confesseur, Maulévrier possédait « le goût dominant de la Reine'' ». Ce fut donc le P. Daubenton qui écrivit de Balsaïn à Dubois que (( S. M. C. ne pouvoit prendre confiance en un ministre qui finasse et use d'artifice, qu'elle espérait que S. L. contribueroit à la délivrer d'une personne avec qui il seroit peiné de traiter". » Chavigny savait d'où partait le coup : « La Reine, écrivait-il, est le fléau qu'on a soulevé contre moi. Quels attraits a M. de Maulévrier pour faire chez la Reine un enchantemeiil comme il fait.^'' » Finalement ce fut le confesseur qui négocia l'éloignement du trop clairvoyant Chavigny.
Philippe V n'était revenu à l'idée d'envoyer don Carlos en Italie, malgré les risques à courir, (pi'en introduisant une clause jugée de nature à associer la France à cette politique agressive. On savait partout et depuis longtemps que le Régent de France était fort préoccupé de placer ses nombreuses filles. Dès le mois de décembre 1721, le duc de Parme avait fait des ouvertures à
ï« Arch. des Aff. Êtrang., Angleterre, t. 34i, fol. i33 : Dubois à Destoaches,
i3 juin 1722. , TA 1 ,
^' Arch. des Aff. Êtrang., Espagne, t. 3i7, fol. i54 : Propos de Daubenton a
Chavigny, 21 avril 1722. , r^ t. • 1 ;..;..
" Arch. des Aff. Êtrang., Espagne, t. 3i9 : Daubenton a Dubois, 26 jum
^' Arch. des Aff. Êtrang., Espagn<^, t. 3i9, fol. ii3, i23, i64. iV • Chavigny à Dubois, 29 juin, 12 juillet 1722.
Chavigny" et, au mois de mars il lui avait dit tout net que le •noyen d'assurer l'état de don Carlos était de le fiancer à Mlle de Ik^aujolais, cinquième fille du Régent". Dubois inscrivit cette hégociation au nombre des affaires essentielles confiées à ChaviiTny. (( La jeune princesse est charmante, écrivait-il, pour l'esprit et pour la figure. Il faudroit que la pensée en vînt au P. Daubenton : mais ne rien proposer au Roi d'Espagne qui pût lui déplaire, tout on étant alerte sur ce qui pourroit s'insinuer pour une princesse de la Cour de Vienne'*.* » L'envoyé des Farnèse à Madrid, Scotti, ne manq^ia pas de rappeler à Chavigny cette i.ffaire matrimoniale". Grimaldo lui en coula un mot'' et, trois jours plus tard, il aborda la question avec le P. Daubenton" '01 avril). Le premier accueil du Jésuite fut favorable, le Régent lavait conquis en lui faisant entrevoir, pour prix de sa complaisance, le profit de la Compagnie de Jésus qu'on appellerait I succéder au vieil abbé Fleury dans le confessionnal du Roi.
Bientôt cependant, Daubentx)n parut se refroidir : <( un peu de patience <( conseillait-il"' « différez » disait-il encore et Chavigny écrivait : « 1^ mariage ne va pas'' ». Cependant à Paris on s'y attachait et même on rénligeait un mémoire tendant à prouver ((ue le mariage de Mlle de Beaujolais et de don Carlos était nécessaire aux intérêts de la France'". Enfin, le 23-29 juin, le P. Daubenton écrivit à Dubois à l'insu de tous les diplomates, « que S M. C. après en avoir conféré avec la Reine son épouse, consentoit volontiers à ce mariage, à condition que S. A. R. s'emploie- K.it de touhs ses forces conjointement avec l'Espagne pour assu-
-•= Arch. des Aff. Êtrang., Gène«, t. 7^, fol.' 256 : Chavigny à Dubois, i5 et 7 décembre 1721.
'-» Chavigny à Dubois, 23 mars 1722; Baudrillart, op. cit., t. Il, p ■-■^ Arch. des Aff. Êtrang., Espagne, t. 3i6, fol. 68 : Instruction
<) Chavigny, 3 avril 1722. ^, . - n u ■
^* Arch. des Aff. Etraug., Espagne, t. 3U, fol. 167 : Chavigny a Dubois,
■ i février l'y 2 2 "
" =» Arch. des AU. FJnwy., Ks,«.^ne, I. S17, fo!. 107: Chavigny à Duboh,
"'-"4rc;.'7d« AU. Ètrang. Espagne, l. 3.7, fol. i3o : ChAvigny à Dubois, 'TcîrL Ail. Êtrang., Espagne, l. 3i7, M. i5o : Chavigny à Dubois, "aLiTL au. Êtmng., Espagne, t. S.g, M. 10: Chavigny à Dubois,
' -"."rch:'des AU. Btr'ang., Espagne, t. S.g, f'»', .^«V ^""1'' "%tt^t
■ .-ilé pm.r k-s intérêts de la France de marier Mlle de Beaujolais a 1 Infant
«i ii Carlos, 3o mai 1722.
ns donnée:
Le Congrès
coDtÎDue
à ne rien
faire
UISTOIHE DE LA UÊGENCE
,,,. 1« É..U d. To»:.nc e. de P.rm. à lintanl J™ C."»"'. . Dans celle l.llie, Daubeiilon ixige».! le rapH de Cha.ign, . L"": lui .eeorda, on lui eul acco.dé bl™ ™- «"o»- ^^^^
•", "?«':« d"Tr, a riold i;ie.em" el Dubol.. ment, il fit P«'.^ f^,'^^, , ' ".^ „.„„ ^ui. à Doslouches que non moins sat.sfa.t ecnv.t le n cme J«;» ,^^^,,^"1^^
^ \ R a reçu auiourd hui [sic!) pai un t\{n^^ " . i ;
n„T el une lèure de la Beine d'Espagne par lesquelles ils lu, Semaidënl M déniutalle de Beaujolais eu .uariage ,K.u,- d.,n S. leu,. lils. ee ,ui a «é JJ- .7';;™ ^g^laS' s"' a';.. ri"ir!;e''îer Zr s' . l^urd';;'!'»» ^ue nous .,on. :, L'ir/L'^enii^n. ,»ns.. de S A .. ^«^f ^^a uX
^T 1 r^u Sa.'c èrsi-ner le contrat de sa iiUe (.5 et .6 noveuv
huit ans et son fiancé n'en avait pas^ept ^^ ^,^^^^^.^
Pendant la P°--^;,J^:;^%lraux retards. Dubois s'ét.i. r^rd-uH^rnirt . . ^^^^ -ne attention et un so. particuliers à la rédaction de ses dépêches : « U s est I'^"«- ^ ï Sehaub à Saint-Saphorin. de vous en ^^^^^X^T. Or comme il met beaucouj. de temps a compose lo^sq" ?;;.:! briller, et qu'il lui reste ^^^^^^^^^^ ' £.
née pour ^<^^^^ ^^^'l;.'::^ ^iJ^^^Zé^Cs Uo, i.r,. dont iUst ac-ble^ 1 n .n 0^^^^^ faj^.^^. ^.^I ^,^. ^„ ,,^,,„., ,
pour vouloir les f«»e ^'"1"'^;" .,- ^n ne faisait rien, et les
ies moindres -"-^^^t ten^kXl^^^ avaien.
SrSnéSè^l- se convaincre qu'on se jouait d'eu.