CHAPITRE LV Dubois, principal ministre
(7 août 1721 — 22 août 1722)
|.,.....in, ac Dubois. - Il sVmparc dos Postes et <lvs F.m.noos. - Le Visa.
/),„-.ralions au Visa. - Dubok concentre tout !<• pouvoir. - Ircseantc
,„ ,"n. - Dubois se solidarise av<. l'infaule. - 11 accepte uu confesseur
, uour le Roi - Non.inatiou du P. de Liuifcres. - Ex.l de Noce. iv-oràc Dubois. - Le retour à Versai,...s. I^'arrivée - Nou^o.ux
,.xi|, .Vl"urade de Dubois avec Villeroy. - Nimdale découvert - Tenta
'.'.•.raccommodement. - Scène .le Vil.ero, au Cardinal. V, U.oy sacn- ,i,. ;, Dubois. - Altercation du Ré«eul et de V.lleroy - ^"^l^'°" ,^;. \il!,.n.y. - L'opinion publique. - Lettre au P. Oaubenton. - Dubo.s prm
< ip;il iiiiiiislre.
!.. 7 août 1721, le cardinal Dubois écrivait au cardinal de liolian • « H faut trouver l'occasion de remettre les ecclésiastiques ,inns les places de gouvernement qu'ils ont longtemps occupées m France presque seuls et dont on les avoU éloignes . » Bien .,„••,! n'ignorât pas q.ic dans plusieurs Ëtats les cardinaux ne se ,ii.linffi.asscnt en rien de leurs collègues du ministère , en Espa- ,,„. notamment', Dubois prétendait prendre en France un rang iMlern.édiairc entre les princes du sang et les ducs; c était la ., „le réponse qu'il lui convenait de faire à ceux de ses envieux Iui n'avaient pas mancpié de dire que l'illustration fu cardinalat i:,il incompatible avec la charge de secrétaire «l'I^t^t^t ™^ J M.nseiller d'État. Dans cette même lettre à Rohan, Dubois mettait.ur les lèvres du duc d'Orléans les arguments favorables a
laintien. « H n'étoit pas raisonnable à l'entendre d exe ure
le. cardinaux de la plus honorable et la plus intime fonction qu un
' Archl^. des Aff. Étrang., Ron.e, t. «3., fol. i48 : DuboUà Ro^n. 7 ...M 17a.; Bihl. de l'Arsenal. Papiers Dubois, 2oaC : Rang des cardinaux
■> France. j,
- nihl (le r Arsenal, ms. 2026, fol. ii<), 257, 27». • • ♦ x
l ,'• J A firana Fspa-iio t. 3o5, fol. 7^ : Mémoire joint à \rclni\ des Afj. tjtraug., ri>pap.««* • v. , /
ii> uMlre du 27 septembre 1721.
Desseins de Dubois
''il
Il s'empare des Postes
2g2 HISTOIRE DE LA RÉGENCE
«uiet du Roi puisse faire auprès de sa personne <^t que des cardî. sujet au nui puo /.^,,^ i,.^ antres Étals de l Europe. C.e
naux ont faite dans Pj^- ]°- ^\^^,; ^nncr lieu de croire qu il seroit faire tort «^^^ff"*;;^", direct et immédiat de Sa Majesîé
pût rien y avoir dans '«,«<''^^'''^^^^''"'^" „,,ité, „„-ii aoit d'ailleurs qui fût au-dessous des pus rnde^^dgmt.,^
kt::trcoTe;uL diï;:;n^^ m.mc plus relevées que ^,W desTutres secrftaires d'États^ » Toutefois, ne voulant rien brusoueri^ cessa depuis son cardinalat d'entrer au Conseil de Regenre ri affaL turent rapport^vs par M. de La Vrillière, secrelauc du Con" C.lte retiliile volontaire, en apparence s-^loment.
m sentiT» 1. nécessité de joindre à ses fonctions un au re t,t, celui de premier ministre, ainsi qu'il. en avait ete a legaid ,k
RîpViplieu et de Mazarin*. » , , • j .
Pou s'y hausser. Dubois estima tout d'abord nécessaire de s fai^e craindre. Parmi tous ceux qu'il avait tour à tour flattes o .omba tus Torcy était le plus redoutable parce que seul capM de conduire la politique extérieure de la France autrement K mieux quDubofs. « I abbé Dubois et lui sont ennemis acharnas " "it 1 vieille Madame; ils ont eu des querelles terribles ou n^s? ont dit mutuellement leurs vérités; on P-'";'* '^^ . '' ,^ ^tcLez-vous canailles' ... Après la n-'-^'- <^^^^;: ^ , Affaires étrangères, Torcy avait compris que sa ca.nerc ...i fe™;;3e. iéa^moi'ns il conservait la -••'■'»-;;'-- •'-,^';; ; • 1 .î lîvrnit le seciel des correspondances et il on usait p-nu 5Ll: r ?:: in,;Sues de la faus. Mme de C^dagne pour <..
Stb-r^eTnéS^^^^^^^^^^^
InoiÎt ; s tout ce dont il était redevable à cet incommo e ... veillant il notait au passage une impertinence de Torcy ne ;„ r^île avec lui. une négociation menée à ^on^n.nV^^^^^ linistre'. Quand il se crut armé contre -" '^'-«^^ !j;;;;'"S il mit le Récent en demeure de choisir entre lui et loicy^ l par'me cillstance, le prince hésitait peut-être, rnais se d..dait toujours en faveur de Dubois. Le 21 octobre 1721, la sunn
* ArcHi.. .. .//. Êtran,., Bon., t. 63. fo,. 1^8 : Du<.o. a Roi,», n «oAt 1-721- C. de Sévclingos, op. cit., t. U, P- ^î>^- , . , ' rt^^m^arine, Le Dran, Vie Anonyme ^ ^^"^-' J^ '/^L^p,^ • Madame à la mugrave Louise, 2 novembre 1719. <l«n« ^''^"'' P
éâh. Brunit, t. II, p. I77- .] Dnmmcnh t. i^S?- f«l-
^ Archiv. des Ajj. Êtrang.., Franco, Mémoires et Documents,
3oo : Journal inlinic de Dubois.
et des Finances
Le Visa
DUBOIS, PRINCIPAL MINISTRE 263
, ,,dance des Postx^s fut réunie au secrétariat des Affaires étrant.iidance ae ^^ ^^^^ ^^ ^,^^^^
*^1r , 'Ta Poste DubcSs tenait les finances dont le Contrôleur
-^t[ PeHeulr' de la Hou.saye. était sa créature très soum.se
...„ora. Pelletier i^^ opérations avec énergie et
'' ';", Ces financiers avaient été chargés de la revision des '"': des SnTeurs d'effets relatif* au Système (a6 jan-
Luliiues des deienieuis u f^^inno* d'un erand royaume
xirr nai). Comment recomposer les fortunes d un S^J\ J ,
■ILt U conduite morale de chaque citoyen et 1 origine de <.,! jugeant la conduite " ^ patriarche dans
,,,,,ue partie de ses ^'«^"f ^^^^j^^;,",^ ."p,,, Le subversion :r:^?ni;irri"Jd::icU des fra:des et des subtilités .v„nc époque si c™pue' ^,^.„,- ,..„,, ., Topération du o^>^^
•"'rnt'le i va 1 " clas ""K-nt fut sanctionné définitivement
;ra'^^: Si d'mat du ,. novembre .7.. I.s pertes ro-
l;... Iles s'échelonn^^^^^^
lième. Les frais denlutien des coi ., j^g familiers
lions et il fallut reeouni; P-f^/' f ^ ^^ .-"x q»i pré^"- ...e la plume qu'avec 1 epee afin en ^p^ s J^^> ^^ ^ 1^^^ P^ ^.^^
.Lient se --^'■"^•'«"ft^t, es firent leurs déclarations et dépo- - ,.,.nt onze mille chefs d^. f^"';';;^/;'^^„„i.deux millions de papiers ,;.„.nt deux milliards deux <=*'"]!'"'' .,; ^^ rente d'un
,,..a environ un '-'^ f'^-- t^^/^I^tirque i.5.o,4 actions U.ix désavaiilngeux. On ne P•^^'^^^";l^^^"^„„^^q,„> précédemment
- hou de .ç,iooo ,<;"-^;:;:^;^;^^^^^^^^^ et retiré
la compagie en avait elle-nieme supi actionnaires cré-
,„.„.,..,, sous le n;- j;,^;f ;,f ro," actions avaient coûté '"'T- 'f" 1 oL L .^10 'réduisU au nombre de 55./.8x dont . neuf cents n^^^^";, ^',^ f ''^i, Hvres. Cette mesure rendit une 1. prix moyen fut de huit cen^ '7^' -^g. jis se rendirent en
.,e de <-fX^^T^^^<^^^^-''' ''-' '' t foulei repaître leurs yeux ue ^r.mr^\e^ de la banque. Le
hargé*.
. P.-E. I^montcy. H.Xoire de la néoeu*e, Uh p- 349- • Buval, Jourm.1 de la Bégence, t. H, P- •S»"-
Mais en soumettant les déclarations à la sainteté du scrm.nl, on multiplia les parjures sans découvrir la vérité. Afin de 1 attem- L pt sûr n'nt un arrêt du conseil, daté du x 4 septembre xl ordonna le i^eours aux actes reçus par les notaires depu.s Suit mois et opérant translation de propriét^ er^prunt o quittance. Daguesseau s'y opposa, mais Dubois fit adopter cetto me lie. Celur-ci se montra également ferme lorsque le cheva- Her Schaub prétendit pour les Anglais sp eu ateurs a Par. .l enveloppés dans le commun désastre, un traitement de aveu, . îl n'obt nt qu'un «.fus bien net". Les Anglais ne se decou agèrent pas et Crawford finit par obtenir pour ses compatriote, 'traitement des Français les plus favorisés, après un traitement beaucoup moins favorable". Ceci n'empêchait pas de se pla.ndr. très haut de la mauvaise volonté de la France-, mais Dubois t.nl bon et subit les reproches les plus vifs de Schaub sans lui repondre autre chose sinon .. qu'il ny auroit qu'une ^-^ -«J-^ ^ ', pût le contraindre à accorder » ce qu'on lu. demandait . Crawfo .1 revint à la charge et essuya une lelle bordée d'injures du canh-
nal qu'il se tint coi**.
Une catégorie méritait moins d'indulgence encore, celle d.;. agioteurs qui avaient réalisé leurs bénélices à temps. Dub<Hs ne voulut pas entond.e parl.-r à leur sujet d'une Chambre .1. justice, il préféra un procédé plus exi^-dilif et d un résultat p ,. ierlain. On choisit cent quatre-vingts ..oi-is et, sa.is les cnt^.u .,■ comme sans les llétrir, on leur iniligea une amende de 187 n.,1îions 893.661 livres. Les uns étaient dépouillés de leurs ter. de leurs hôtels, les autres contraints à racheter a Ires haut , x ,es mêmes actions dont ils s'étaient si habilement défaits. Il faudrait toutefois se garder de c.oire que la haute luam mise par Dubois sur les finances ait ramené la prospenle. Les melho.h « du duc de NoaiUes avaient allégé la dette laissée par Lou.s MV. celles de Law et de Dubois laissèrent l'État endetté en 1723 (!<•
» Public Record Ojlice, Franoe, vol. 303 : Schaub a lord Carteret, V:nU
'^'t^\:co^d 0//ice, F.-.nc., V.,. m : Schaub à Carieret, .. inU'-l T-709- Barbier, Journal, l. 1, p. 218, juin 1722. , ^ . ,
'» PMc Record 0//ice. Franco, vol. 364 : Cm./ord à lord Carteret. ■.
^'^^tZic'Zora Omce, Franoe. vol. 35^ : Sch»ub à tord Carteret. V..^.
'"♦ ÎubX'Record 0//ice, France, vol. 368 : Crau./ord à lord Carteret, V.ù^ 5 et 6 février 1723.
DUBOIS, PBINCIFAL MINISTBE
six cent quatre-vingt-cinq millions de plus qu'au i^" septem-
lire 1715*^. ' ^ .
Maître des Postes et des Finances, Dubois voyait toute l'administration du royaume concentrée entre ses mains, sous ses yeux, sur son bureau. Il lui fallait plus encore, car il était de ces hommes qui pensent n'avoir rien aussi longtemps qu'ils ne possèdent pas tout. Dès le mois d'octobre 1721 il se fait communiquer des inéiuoires ^ur ce qui se pratiqua sous le ministère du cardinal Mazarin quand il fit fonction de premier ministre; « ce qui fait ( I oire à tout le monde qu'il seroit sûrement élevé aux mêmes honiKMirs''. » A la fin de décembre (( on parla du retour de Law tou- 1( fois la difficulté est le rang qu'occupe le cardinal, désigné pour rire premier ministre, et qui en fait fonction, depuis que les secrétaires d'État ont consenti à travailler sous ses ordrcs^\ » Le retour ;■ Paris du cardinal de Rohan fut l'occasion favorable, ménagée par Dubois, pour s'ouvrir l'entrée du Conseil de Régence. A raison du succès de sa mission à Rome, Rohan avait droit à une
récompense.
Le 8 février 1722, peu avant d'entrer au Conseil, le Régent pre- M^ntîi au Roi le cardinal de Rohan, disant que quand des personnes ({<' dignité avaient été dans les pays étrangers pour les affaires de l'iUat'^ l'usage était de leur donner des honneurs à leur retour roiunie l'entrée dans le Conseil. Le Roi dit qu'il le voulait bien Sur-le-champ on entra dans le Conseil et le Régent montrant au cardinal la place du comte de Charolais, qui ne viendrait pas, lui ilil : « Monsieur, voilà votre place, qui est la première après les princes du sang. » Rohan la prit. Les ducs présents, entre autres le maréchal de Villars, le duc d'Antin, le duc de Noaillos protesh'rent, disant que ceci se faisait contre leur dignité et contre l'u- Mi-re. Le Régent répliqua qu'ils étaient mal instruits et qu'il y .!vait beaucoup d'exemples de cardinaux au Conseil à la suite des p.inces du sang. Le chancelier Daguesseau entra sur ces entrefaites et fut très surpris de voir Rohan assis au-dessus de lui. 11 parla au Régent à demi-voix, qui lui répondit comme aux ducs que Iv Roi le voulait. Daguesseau céda. Dans ce moment survmt le omto de Charolais qui trouva sa place prise, le Régent dit au car- .i.iial de la lui céder et d<^ prendre celle du chancelier et le chancelier la suivante, ce cpii ne lui plut guère. Dès le jour même « on se fl-.îina de grands mouvements ». 11 n'était pas possible de contester
" P.-E. Tvémonloy, op. cit., t. I, p. 35'i, not« i. ^ , '' Bihl Mazarine, \jp Dran, Vie anonyme de Dubois, fol. 36o-37i. - .Archiv. de,. Aff. Etrang., Prusse, t. 70, fol. i48 : Chanihrier a Frédéric- (-'f^ llaume /", 26 décembre 1721.
Dubois
concentre
tout le
pouvoir
Préséance au Conseil
j„o„v" W ducs furont avisés que l€ connelala préséance des cardinaux les ducs lur i ^^^^^
ble de Lesdiguières avait ob enu d Lou . X U un ^^ q^^^ ^
vait ses droits lorsqu ,1 .^f ;^^f^/?,r onnétable, kurs dépucauld. Quoiqu. aucun ^f ^^J^^.f^^^^tlable à celui de Louis Xlli tés sollicitèrent du Régent un ode semb ^ ^^^^.^
et le chancelier tut charge de le i^d.^cn M alors le Régent montra que cet ordre ava.teU, annule . •« «- ,^alo ^^ ^,g^^^
refusa tout et ^^"'"'"^l^^/^r'int venir au conseil s'ils le vouleur dit qu'ils pouvaient ne PO'"|J*?'^ ^.^^ti^, ^t nous lui
laient. « Nous ^^'''X^i pas mauvais; à quoi il repond i demandâimes, s il ne le trouvciou i „„j.;eclures et les paris
que non. Nous nous re^n.rnes-^^^^^^^^^^^^^ allaient leur tram : Le chanceliei ««^"r^ dimanche prochain,
disait l'un- Dubois doit <■"»»- ^nTardinal Chausse-Pied, disait l'autre" et on appelait Rohan, le cam
le cardinal la Planche . „n.^<^ l'incident il écrivait :i
Dubois laissait dire. I^-^^ ^ "/^ :"S,nseil de Régence:
Tencin : -< Le cardinal de Rohan es en ^^ ^^ ^^^,^,unl lo.
i, y a apparence que 3e ^'^'^Zllls conciliabules». Les oppo- . grands mouvements » des fue*- ^^ paraissaient plus, do
sants, au nombre de quinze bo^daien et ne p
sorte que, le a., Dubois vint P^f ^^ J*,?^ .^ ^^ je M. le Duc.
des Forts et Biron. Les ducs <1« ^««f ^f^^^^ ^^ tordre royal protester reçurent communication ^^^'f^J^^^^, ,, q„e ^ui introduisait Rohan et Dubo^ J'^ ^ ;*,.,,,„,,„V^, monrt:l"^^S:^^ô;l:XL- au conseil serai...
. •• W. Vhistolre de Loim X///, in-12, Paris 1716, l- "' i« Becneil des pièces de l histoire
P- ^^ w ^.-r.c in 12 Amsterdam, iT^O^ t- î' P" ''^'
1» Brionn<^, Mémoires, m-12, niiu»^^ ^
/onnmf o( Mémoire... t. 11. p. .'35-"7, 230-,..>. ,;,., ,. II.
^ " Mémoires du duc d'Antin, cit«s pnr i . t,
P* t » TT « ^^- • février 1722.
21 Buvat, Journal, t. Il, p. ià j , levufi /
« Barbier, Journal, t. 1, p. i^O , i » ' ^^ .^j. 2.
:: ïi.r r^r 30 st;:: '-^- --- - -' ^- "• ^ "
"°1» Buva, ;o„rn«l, t. II. P- 3SH ; M. Marais, Jo.rnal ei Uémoire. t. H. P- »1ibi. naHonale, Fonds Uncelot, nxs. 187. fol. .90.
DUROIS, PRINCIPAL MINISTRE
époque bien marquée dans notre histoire, puisque ce sera le jour q.ie la haute noblesse du royaume s'en sera absentée". » Le chancelier ne s'y trouvait pas, le maréchal de Villeroy conduisit Louis XV et se retira". Le cardinal était triomphant^'; le l',é"ent gouailleur, il comptait le nombre des absents et ajoutait : « C'est autant de pensions de vingt mille francs de gagnées" » Le 28 février, comme le chancelier Daguesseau rentrait en son hôtel, le marquis de la Vrillière vint lui demander les sceaux qui f.irent donnés à M. d'Armenonville et le lendemain matin, Daguesseau partit pour sa terre de Fresne".
Les ducs qui, par leur nombre, formaient dans le Conseil un aroupc imposant comblaient, par leur retraite, les vœux du Ré-ent et de son ministre. S'ils s'étaient flattés d'obtenir l'approbation du roi d'Espagne, et peut-être espéraient-.ls que le duc de Saint-Simon alors à Madrid ferait triompher leur politique, ies d.ics s'étaient lourdement trompés. Plus alerte et mieux servi, Dubois prévenait ses adversaires en remettant au duc d'Ossone, ambassadeur extraordinaire de Philippe V un mémoire sur les n.auvaises intentions de celte noblesse rebelle par dép.t du rapprochement survenu entre les deux branches de la maison de Bourbon. Dans ce mémoire Dubois envenimait de son mieux mute cette affaire. « Le duc d'Orléans, y était-il dit, auroit établi la maison de la Reine dès à présent et lui auioit fa.t donner le traitement entier de Reine sans des oppositions et des contradictions secrètes qu'il y a trouvées, et qui ont formé des cabales parmi ceux de la « Vieille Cour » qui ont été fâches du mariage (lu Roi. Quelques-uns se sont découverts dans une occasion qui Veot présentée, qui paraissoit n'avoir aucun rapport à cela. Ce^st lorsque le cardinal de Rohan, en revenant de son ambassade de lîome, a demandé d'avoir entrée an Conseil de Régence, comme lous ceux qui sont revenus des ambassades l'ont eu avant lui. 11 Oest élevé une brigue dans laquelle ceux qui en sont les auteurs ..nt fait entK>r le chancelier et les maréchaux de France, de sorte que le chancelier, les ducs et pairs et maréchaux de France qm
" md fol loi : S<hh Maïunne. Vie <lc Dubois, m». -^Wi, fol. 3S6.-
" Buvat, JoxirmU t. II, p. 347. Barbi.T. Journal i. L P- 'P-,
» ArMv. des ^//. Éfrnnff., Rof.o. l. 636, fol. 344 : D«bo,s « Tencn, .h
ft'vricr 1722. . , /^i 1 '„^ 7, Vfofipvir.
" Arch. des Ail. fAvanÇI; Pru.so. t. -"• f°'- '"''C' ''"' "^^r jan,
C.mnnme I" ; M.' Canmarlin de Boissy à .Mme de Balleroy, ^3 fcviner, daa,
on. cit., t. II, p. ^26. .^ A TT ,. «/IQ. RarViirf»r
" Buval. Jouvml. t. II. p. 3'.7 : M. Marais, op. cf., t. II, p. ^48, Barbier, op. cit., t. I, p. .9.; DMrgen,o„ à Mme de Balleroy, .- ma^, dans op. c.(., t. II, p. 43i.
Dubois se solidarise
avec rinfanU
2gg HISTOIRE DE LA RÉGENCE
ctoiont du Conseil d.- Régence ont ^^Y'^l^'c^l^-^^l^ préséance du cardinal au-dessus Heux dans le ^«"«;;''; "^ ';^^«;; les exeini.les des règn.-s précédents sVlanl trouves favo.ables aux Ïrdi^rux, la cabafe sest ..orUV- jusqu'à I"^'-"'^-^-^- -[1u naux ne devaient pas avoir place dans les Conseils du Ro , et Us e son tous absentés du Conseil, espérant que le Régent sero t obi ° d l"ur céder et quils se rendroient n.aîtres du gouvernement Mais le duc d'Orléans et les princes du sang ayant ete insïuUs mie deux d'entre eux avoient été assez impruderils de dire nue 'Hs avoknt le dessus, il faudroit après la ma onle renvoyer rînfante elque ceux qui avoient paru devant les plus affect.onnes Vl[ MM ce. paroissoient les plus mal intentionnés contre 1 Espace U a ôté les sceaux au Chancelier et l'a renvoyé hors de Kre a exclus du Conseil de Régence lies ducs et pans et les ua- ^Xa'ux de France qui s'en étoient séparés"^ ^>^^^^^; u R^i H'Fsnaane en garde contre « ce que le duc de baini snnoii, t fort enï^Me de la di-^nité d<. duc et pair, pourrait bien dnc Z c^^^t onte t iot t. Avertissement superilu. Chavigny. obser-
tiritcntif ne put noter f-^XZ^t:"?^^ sionné de Saint-Simon pour la politique ^'«"Ç«'*^ '^ ^.j^^,,. de Dubois". Philippe V n'éta.t pas homme a »PP'°"^^[ \^7„^^, t.A^ Hp« Hiics et il donna pleinement raison a Dubois. 11 cnarge.
"Dubois m plus encore. Philippe V, non contint de demand.. »n ,ue nnf aute 'âgée de trois ans se confess t à un jésuite •.
jr,S:n:ir ^rlé de rendre le confessionnal ^-'^;^^^'^, ,,ec l.s '«"»' rnmnao-nic" Saint-S mon« qui avaitloujouistRpiu»
compagnie oa i a'éluder la demande, mais le 1 .
Jésuites que personne » tenta d elurtei i • i^^^^e fini-
Daubenton revint à la charge, persuade ^^'^ '2'^''^\^^.,-,, , rait par obtenir gain de cause. Le . mars, Dubois lui
i3 mars 1722. t7 «^ t ^t^S fol iA5 : Dunbeniun à />"-
34 Archiv. des Ajf. Ëtrang.. Espagno. t. 3i5, fol. lao
bois, z^ mars 1722. ^ ^ Dmmont, Ambas^a''*'
3^ Saint-Simon à Dubois, 22 janvier 1722, dans 1^.
d'Espagne, p. 243. ,, „^ » '\rf, W 202: Daubcnion au /'•
^^ Archiv. des Afj. fArang.^ Kspagno, t. 3i4, fo.. 202
du Trévou, 8 mars 1722. Unii^mv 1 février 1710, i^'^"^ ^P- ^''•'
3^ M. Caurnartin de Boissy à Mme de Bnlleroy, 2 fcvnu ; j,
t. II, p. i3.
DUBOIS, PRINCIPAL MIINISTUE
Il accepte
un ponfesseur
., 11 y a trois semaines, mon très révérend Père, que je diffère d'un jour à l'autre de dépêcher un exprès, espérant chaque jour ,1c pouvoir vous donner la nouvelle de l'événement auquel vous vous intéressez avec tant de raison et de zèle. La résolution est prise les diflicultés, qiwique grandes, n'ont point effrayé S.A.R. parce qu'il s'agit de faire le bien de la religion et de plaire a 11 MM. ce. M. le duc de Noailles faisoit proposer par le maréchal de Villcroy le chancelier de Notre-Dame de Paris, le curé de Saint-Gerniain-en-Laye ef l'abbé Vaurouy, nommé à l'archevêché de Perpignan. M. le cardinal de Rohan mettoit sur les rin-s M Vivant, qui a été à Rome avec lui, et M. l'évèque de Iréîus souhaitait M. Paulcl, supérieur du séminain- des Bons- Enfants, ou M. de Champagny. trésorier de la Sainte-Chapelle de Paris Rien n'étoit plus contraire à la dispense et au maintien de la bonne doctrine que ce qui étoit proposé par le premier. S A R s'est expliquée avec les deux autres, et leur a déclare en confidence son intention. On craint qu'il en soit transpiré quel- „ue chose, car les gens les plus opposés à cet établissement ont fait depuis ce temps-là des mouvements extraordinaires capables de causer du trouble dans le gouvernement, et qui ne peuvent avoir eu pour but que dcmpôcher cette démarche ou d interrompre la tranquillité publique que le mariage du Roi avoit paru imposer. » Le cardinalat avait opéré sur le style epistol.irc de Dubois une transformation à laquelle sa conversation était (Icmcurcfc étrangère. Plus que jamais, même en public, les b... et les f volaient sur ses lèvres",. la correspondance au contraire s'imprégnait d'orthodoxie et d'édification. « Les difficultés ont ete "randes" lisait-on dans la même lettre à Daubenton, mais les deux royaulmes doivent être i)urgés des sectes contraires a la catholicité, pour qu'on trouve dans la durée de l'union admiraple formée par S.M.C. la gloire de la religion et la prospérité des deux États. A des objets si grands et si religieux je fais vœu de travailler avec zèle jusqu'au dernier soupir. Si l'on s en ecartoit tant soit peu, je ne restciois pas dans le ministère un quart d'heure, persuadé que nos princes oublieroient leurs affaires et celles de
Dieu". »
Cette affaire du confesseur de Louis XV devenait une grosse intrigue de Cour. Non seulement les prélats s'en mêlaient, comme le cardinal de Noailles, les tuteurs du jeune Roi, comme
" Siiitil -Simon, Mémoires, t. XIX, p- 3o5.
Irc/iit). des. Afj. Êlrang., Espagne, I. Si'i. M. ii6
Dubois à Dauben-
ù»n, «2 mars 1782.
Nomioalion
du Père (te
Linières
1. Régent et le n.aréchal de VUleroy. ^^^^^^Xlir-Touir^mme Nocé et les niaitresses comme Mme d Averne , pou DuC St simple question de .>oUlique, »« con esseur jesu.
éUil réclamé par PhiUippe V, on le "-"""""'l f "^: '^^tl "noue Lri il ne s'acrissait que de bien persuader « le Roi Catholique
,1 dit a 1 «^n'o^^'ffp ; " '^^ ig n^ puis m'cmpéchcr d'y nonitinor neur avec le roi d Espagne, je ne puis ■ i ,M^ervc
.. ., .3 I- «nriété de Jésus gardait une extieme rtservc, un iésuilc . » 1-a bocuie qc jcsu. o m-^senta et
• „-.,vnit o-arde de manquer ce morceau ». tHe piesenia ci mais « n f «' S^'^" fLinières confesseur de Madame, « bon fit accepter le P. de Linieres. c ^ j^ Rq; pour
homme, vieux et^nen e plus ^- ^JJ^^Uu^t c.on^ ^ ^^ P ^
';:::7ZZ^n "^ pénitente; le Régent ^^^^f^^^
:r;,ies ;ipoTdit-Tr ^^^^^^^^^^^ -?■;
Ipf raucL j-;^- --n^al^^^^^^^^^^^^^ ^-"1 sa façon suivant le paiti a»^""^' ' „„p.„,i„ dans laquelle les les indifférents, prépare une f '^, 'l"/;^^^^^^^ ^^ Ternie,
amis de rarclieyèque assuraient ^^^^^^Lr'^. Dans sa =%":=:« de" SLr'^oaines reçut le cardinal de « ..CM., de. Mf. Élrano., France. Mén-oires cl Docamcnis, t. -5.
'°" Trchiv des Ajf. Êtrang., Espagne. Mémoires el Documents, t. i5o. toi. ,9. ttmofre d'JLl^ois l duc d'Ossone, 8 mars .,...
*2 Buvat, Journal, t. II, P- ^^^-
:: rbL';r„i't."i; p': 5-; «. CaamarUn de Bo..y à M,nc .,. B.Ucroy,
Journal, t. II, p. 366.
« Barbier, Journal, t. I, P-^^og- r^„..„.. a avril 1722, dans op. cit..
bUBOIS, PRINCIPAL MINISTRE
liohan le P. de Linières, le P. Gaillard et se montra inflexible; ,|e son' côté, le Régent fut intraitable et Dubois se crut eleve a .., di-nilé de confesseur de la foi. » Je porterai l'iniquité de ce .'.■.lubUssement des Jésuites, écrivit-il à Daubenton; j'en fais ma
crloire et mon honneur". ....
" Ixi temps pascal avançait, il fallut prendre une decmion; 1.. jour de Quasimodo, le petit Roi se confessa a 1 abbe Chape- ,,.r et en fut si content qu'il protesta ne vouloir plus d autre nu.fesseur" ce qui donna lieu à de plaisantes scènes. Chaperel ..„ lira une pension de quinze cents livres et la promesse d une .1,1, ,ve" 'mais le P. de Linières se cramponnait à la place et son ronfière' le P. Lallemant, avait donné l'assurance que la Cour .!,. Rome saurait bien mettre le cardinal de NoaiUes à la raison ,, uS mai, l'abbé de Te.icin obtint sans difficulté un bref papal ..'onférant les pouvoirs nécessaires au jésuite Mais le petjt Roi uen voulait point. Étant à la chasse au bois de Boulogne il dit . !, Je compte partir le 21 mai pour Versailles afin de me disposer à fair* .ma première communion le jour de la Pentecôte, en léglise de la paroisse de mon lieu natal, et ce sera M. Chapere nui me confessera". » Ce n'était qu'une fantaisie d enfant; plus .Idoutable était la colère des appelants. « Les mouvements des Jansénistes sont si violents sur ce sujet, écrit Dubois a Tencm. ..t ils ont formé tant dintriguos dans le cierge et dans le Paile- „H.,it que l'on a lieu de craindre un aussi grand scandale sur ,.lte affaire que sur la Constitution". » On éluda la difficulté^ Le général des jésuites fixa la résidence du P. de L'meres a Pontoise, localité appartenant au diocèse de Rouen dont 1 archevêque de Bezons lui donna les pouvoirs en même temps on .iécida que Louis XV se transporterait de Versailles a Saint-Cyr, qui dépendait du diocèse de Chartres, et s'y confcssciail; « en
" Archiv. dec Alf. Élrang.. Espagne, t. 3.5, fol. .0 : Dubois à Daabenlon,
■ " M. de Baderoy « sa femme, .0 avril, Uans op. cit., t. II. p. 455; M. Marais, Journal et Mémoires, t. II, p- 271.
» ««::!' ir;:::!: l: ï: l &'f «: de BaUeroy a sa femme, .o avril .,-. „a.ns «p cii . rTl, p. 455%o(r P. Bliard. Le choix d'un confesseur du Ro. .„ 1-1:, da.i>B U Quinzaine, 1^02, l. Xh\m, V- ^oi-^\ ,,
"Archiv. des Aff. Êtrang., France, Mémoires et Documents, t. 1^5. fol.
" Buvat, Journal, t. II, p -^Si. . . . , ^ f^ar. \r Rmitrv
- 4rc/H:;. de. Aff. Éirang., Rom., Dubois « J^'l^^'^'. ^^^^ /J^^""*^^' Intrigues et missions diplomatiques du cardiru.1 de Ten^m, m-8, Pans, 1902,
DUBOIS, PRINCIPAL MINISTRE
Exil de Noce
Prévisions de Dubois
2^^ HiSTOlRK DK L\ RÉGENCE
sente que le confesseu-r. le confessé et le confessionnal dépondaient de trois d;-^- f 'té^ciation se ternV.nait à la sali. Cette longue et délicate ni „oc „„.„,.Drendre d'éloigm'i
faction de Dubois ^.^^ . ^^'^^X^^^^^v ent^^^ °1>^^'^ '^ tous ceux qui 1";/=» ;^^ ,.5°„tfè:bob. nous apprend Barbie,, son élévation. « ^.'*.^^ "?;",,„„,„,« nos deux anciens grands s'appelle tout court le Caidina con ministre, mais
ministres. H n'a pas encore t.Ue d« P'^^entement le maître
,. en fait les ^^-f-^Va^^^^r; e nîèle viclin.e fut Noce, ldu Régent et qu il le cra ni . L-a ^.^^^^
,oué, favori du Régent « qui >1 J^'^ ^U qu P^^^.^^^ ^^^ faire d'un cuistre un --^'"«1. "lai non I^ ^^ ^^^^^^ bois un honnête hmnnie^.l)^^iboi . q ^^^^.^^^^ ^^ ^,^,,,^,
fit donner la -'*^ ' ^ . ^^/^^^"'^.J^le à Noce pour qu'il vint trour ;: SiT aCde^ r:^^^^^^^^^ disait-^, de faire une n.anvaise action en exilant un si hdde am. ^^. ^^ ^^^^^^.^
a Peux-tu croire cela, lui (Ht le nc^^ , si bien? . ^„ tp „Vn doute point ».
^Xa::^r^;e r^é. -V- js -endu iin^ d'^il, n s'était depuis peu de nio.s retire ^.^";^';' j^Jj^ s'enhardiss,,! baye du Bec; CaniUac 7''';^^ '^J ,„^' '^^ajorité légale du 1.-, et marchait à son but. A"*«' ^^^«^ J atermoiements. Qu<-lq.n. ,pprochait et ne pennetta t plus les ^ ^^^^^^^^ ^^^^^^, ,,,
mois à f-%Xbriteur1^^ne maître, timide et sournois, ^S'olonTa^'^iniâtle. à ^^^^^^^^^-^^
aux regards du Roi la vie c extrême pur.le .le
^"•" 'ït'uX" "S;« «o7 or<>i"aire .ux vertus ,.
mœnrs et pousse p^i
peiii.fiU de France .duc dOHeam P 5 j.,.,q,..,,„ ,,..6 v
. p. 3o5 : Barbier, op. cit.. t. T, p. 2î»3. «« Barbier, Journ«7, t. I, P- ^'^^-o.,/».
- Barbier Journal t. I, p. I A ^^^^^^.^^^^^^ ^ ,^ ^. ,,.,. M. Marais
^^ Buvat, Journal, t. H' P- *^/"' Journal et Mémoires, t. H, P- '^l^'^^^'
!;• jeunesse, ne se dégoûtât bientôt d'un tuteur scandaleux. Dui)()is eut assez d'empire sur le duc d'Orléans pour obtenir de lui une rupture publique avec sa maîtresse, Mme d'Averne; le ménage désuni simula une réconciliation et la duchesse d'Orléans s'y prêta, semble-t-il, par goût au moins autant que par
vertu.
A Versailles, l'isolement relatif de la Cour devait permettre à Dubois, d'après son calcul, d'exercer sur le jeune Roi une iniluence que rien ne viendrait distraire ou combattre. Afin de l'aire accepter par les Parisiens le départ de la Cour, on le leur jM'ésenta comme une fantaisie d'enfant qu'il fallait satisfaire. Tous les caprices de leur Roi étaient alors approuvés par les Tarisiens qui se dirent, qu'en fait, Versailles est bien plus superbe pour un roi que Paris'^'. A Louis XV, il fut facile d'insinuer le désir de retourner h Versailles dont son cerveau d'enfant avait ('(mservé la vision. Un jour on l'avait entendu dire au maréchal «le Villeroy : « Mon oncle me fait aller aii Cours, à Saint-Cloud, à Vincennes. D'où vient qu'il ne me mène pas à Versailles, à Trianon.î* J'aime tant Trianon. » — (( Mon maître, dit Villeroy, <lites-»moi la vérité, cela vient-il de vous? quelqu'un vous le fail-il dire? » Mais l'enfant soutint k plusieurs reprises que cela venait de lui; alors le maréchal parla dé terres remuées, de canaux empestés qui pourraient être funestes à la santé d'un enfant, mais il n'obtint que ce mot : Bagatelle I Bagatelle*". Lorsque Dubois eut pris ses mesures pour suggérer à Louis XV le retour à Versailles, celui-ci ne pensa plus à autre chose, en liai la sans cesse*\ s'intéressa aux travaux de la restauration". !.♦' public se disait qu'on voulait accoutumer le Roi à l'infante <pril n'aimait guère et mettre plus d'intimité entre Louis XV et l«' Régent". Après plusieurs retards, le retour fut fixé au i5 juin. En même temps, on annonçait la cérémonie du sacre à Reims iiu mois de septf^mbre, mais les vignerons champenois obtin-
leiit le renvoi au :^o octobre*''. La rumeur circula que le Roi vii'ndrait passer l'hiver à Paris".
•'" Barbier, Journal, t. I, p. 222, juin 1722. *" M. Ma-rai*, Journal et Afémoir£S, t. I, p. 3i6, juillet 1720. •■•' Journal du Marquis de Calvière, dans E. et J. de Concourt, Portraits iniuncs du XVIII^ siècle, in-12, Paris, 1878, p. 18, 6 avril 1722; M. Marais, op. cit., t. II, p. 292.
Buvat, Journal, t. II, p. 38i.
M. Marais, op. cit., t. II, p. 272; avril 1722. M. Marais, op. cit., t. II, p. 278; avril 1722.
Ibid., t .II, p. 288; M. de Ballcroy à sa femme, 27 juillet 1722, dans W>- cit., l. II, p. 470.
TOMK III *8
Le retour à Ver?ailles
*ijj^.
^iit-.:,c
L'arrivée
" v.,n.. ..i, en ,... sep. -t j-.iï-,ir ti::
Cour avait été sa ruine, les baux avaie. baguette, ils
délaissé, les jardins abandonnes^^, d un coup »^^.^^^ ^^^
reprenaient leur spWeur en ~ ^'^P^J ,, château,
querelles pour la désignation ^^^^^S*^^^"'^^^^ ^ Lo^vois. Le r^" n L^ X^^çuf :; rurdStrisU' et le lende- ' '"t t^okheure de raprès-midi, il quitta les Tuileries. U main, a trois h«"[^^ J^* ^. ^^ ^^, paris s'ouvraient sur
foule encombrait ^f ^^^^/^/'h „;" -eviendra pas!" L'impatience
son passage : 1 ^^^^^f ' J /^...ersant le Cours, Louis ord'arnver était si gjande qu ^^ ^^ ^^^.^^^^^
donna au cocher de mettre ses cne » ^.^^
dans l'avenue du <^hâteau une trc^u^ej^ ^^^^^^^^
r;=^rcr "v-r .";. <... ne cessèrent plus jusqu'.
l'entrée dans l«^«PP"^^"^^^;;f j,. ,,, ,« Saint-Sacrement était
^^^^» TmEl g osÎ chaleur, le Roi voulut visiter tous
expose , « "^;21e Rigent qu'il lassa de façon à n'en pouvoir les bosquets avec le ^egeni q ,^^^.^ ^^^. ,^,
I „". onciiite il revint dans la giana( o*»"-"^ . a- .
^ ;ttoùf le monde limita. Le charme mystérieux de Verparquet, tout le mouuu passerait
Us opérai.; fp''-;;:»» .f 7;™, r,l,T.ulx, 1'™ „.„.
'"'" Te IrXm ie C.S qui n. ,c <,uU.a,». gu». :Sl^rgi»^ ^%r.n.„.de,, 1. «Uvr.ien. de. p.rp..«,..
■. . II D 288, 294; moi-juin i72-<: .l«'>'l<'- !■'"'"■ '■'■ M. Mar.us, op. cit., l. U. ?•/'"''.,.•*,'.„ ,,,, ^ ta Sorbonnc', llhto'rc,
,ions a Ve.«i«es .ou. la «^^--. «^^ f/;:^!!.'!^:!. A,é,„oirc. a,/r..s.^s plùlosophie, sciences '^''''\]l^i'J\l'anc\lX>rléan., ré.en, da royaunu par Blouin, gouverneur de ^"~' "^^,^f,.^ ^,, ,uiparlement,, .867, V *■• [„.5.n.7). dans Rc«.. ""pt„"'^ " 2 rf„ Château de VersaiUe. so,. («
riv, t. V, p. 7- ; P- F''^>"' '^'^"JZincZe des ambassadeurs, dans McmoT,-» Wgence (.720) avec ta promenade ^ .e,^e». d ^^.^^ ^ ^,,„,
,(e ta Société des sciences morales, lettres
^' "m. Marais, op. ci... t. Il, p. 297 ; i4 i"'» ';"•
.. M. Maxais. op. oit t^ «' P^f Z' ^ ]7„ 'Q',, p. Narbonne. /ourna/. •» Buvat, Journal t. 11, p- 4oo , i^ j
p. 68, 69, 179- , . , ^ ,22 juin 1722; Af.'rfe Ba«eroy a fn femme.
'0 Barbier, Journal, t. 1, p- 222, jum y
„ juin .7". f-oP- fVp .22. juin .7"; M. Marais, op. cit., t. H. '1 Barbier, Journal, t. 1, P- 222, ji » /
p. 298, i5 juin 1722.
" M. Marais, op. cit., t. U, p. 299 • * J
DUBOIS, PRINCIPAL MINISTRE
Nouveaux exils
.riondcries du vieux maréchal dont il otait excédé'', sempiternol radoteur et radoteur depuis toujours'*, ingambe, alerte mais octogénaire ot hors d état de suivre son pupille leste, agile, toujours en train de monter, descendre, courir, sauter, €€ dont ses muscles et ses joues portaient l'éclatant indice de santé".
A Paris, on ignore presque tout ce qui se passe à Versailles, siiuf qu'on y joue un jeu affreux, qu'on y fait l'amour partout ol qu'il s'y passe des scènes de débauche infâme'*. Plus rien H y balance le crédit de Dubois", qui dès la nuit même de l'arrivée de la Cour, a frappé un grand coup. Le duc de Noailles, pour lequel Louis XV montrait du goût, est exilé; Canillac également, ainsi que les maréchaux de Villars et d'Huxelles et le duc de Gramont'*. Le maréchal de Bezons avait été envoyé dans ses terres, mais il restait une bataille plus incertaine à livrer.
Défait du duc de Noailles, Dubois, qui ne pouvait avoir la Algarade de même prise sur le maréchal de Villeroy n'oublia rien pour le viîieroy ^ gagner''. Ils avaient vécu plusieurs années en très bons termes, \illeroy témoignant une sorte de déférence pour les talents de Dubois"", prenant intérêt à sa santé*\ Le 4 juillet, le gouverneur adressait <mcorc au cardinal une lettre affectueuse et même conliante*^, mais le vieillard savait de moins en moins se taire. Le '20 juillet, furieux de voir Dubois demander l'aecès du conseil des finances présidé par les Villeroy depuis plus d'un demisiècle, il éclata". Rencontrant le cardinal de Bissy, il lui cria
'* Archiv. des Ajf. Êtrang., Prus&e, l. 70, fol. i53, 218 : Chambrier à trcdéric-GuilUiurne Z"*", 12 janvier, i3 juillet 1722.
'* Barbier, Journal^ t. I, p. 222, juin 1722; Public Record Office^ France, vol. 364 : Schaub à lord Carteret^ Paris, 12 août 1722. M. Maiais, o/>. cit., t. II, p. 3io; 4 juillet 1722. .M. Marais, op. cit., t. II, p. 3iG-3i9, 23, 3i juillet 1722. '^ M. Marais, op. cit.t t. II, p. 3io, 3i6.
'' Huvat, Journal, t. II, p. 4oo-4oi ; Bairbier, Journal, t. I, p. 221-222; S.ii!jl Simon, Mémoires, t. XIX, p. 319; M. de Balleroy à sa jemme, 18 juin, oi>. cit., t. II, p. 463-464.
S.iint-Simon, Mémoires, étlit. Chéruel, i858., t. XIX, p. 322. Archiv. des Ajj. Etrang., Vienne, t. i35, fol. 272; Villeroy à Dubois, 19 août 1719; ibid., Angleterre, t. 339, ^<>l- 178 : Villeroy à Dubois, 20 ocloLie 1721. I
"* Archiv. des Aff. Êtrang., Espagne, t. 3o8, fol. 32 : Villeroy à Dubois, 2^ novembre 1721.
\rchiv. dec Aff. Etrang., Portugal, t. 167, fol. i5o : Villeroy à Dubois, 4 juillet 1722.
!*uhlic Record Office, France, t. 364 : Schiiub à lord Carteret, 29 juillet K^- \ Archiv. des Aff. Etrang., Prusse, t. 70, fol. 226 : Chambrier à Frédé- ^''^■f'''iillaume /••■, 3 août 1722.
lifkJiJ^Ï-
DURCIS, PRINCIPAL MINISTRE
.«z h», pour «re entendu <■» '^'X'ietutvrn; Hd*'
, deux p.. : . )'n;rotrpoTen Sir fe "ug de M. ,e c- Il faut être aise a apprivoiser pom parlerai à lui-
dinal Dubois. Vous allez voir sur que^ on je u p ^^^^
même, » et, se retournant vers ^^^^^^ . „ p^boi, avait
gouverner. Monsieur ma. jene « 'nap^ ^^.^ .^ ^. ,
. . senti venir l'orage. .1 non f"' I^' ^^'-"^'^j.ff..-...^,,, ,,as. Nous son>
,ous r^.\^^i^^;':z:^::::::i:'c. ,à ,un . lau..,-
mes sujets 1 un il lauiit, ^ r^hnse du pouvoir qui
,ité souveraine. Si vous trouvez ^^IJ^^^'J^J^ ,„ ^Jy nVest conné, que je m'aequ.tte n 1 ^»* ^ "^^^^ ^.^ ,,. ,îais îc n.e mêle de trop de e^-es l^- nu» . vou. c ^^ ^^ ^^^^^ ^^
n'est pas à mo. qu .1 ^^'"'^''^^^^Ll les raisons qui vous font ie tiens mon pouvoir . Appaienum m ,.,„,,„rter la eon-
luger ainsi so.t ^^'^V ^VV^-^J^^ Xl,^, ,,. bon .i- .ietion. Serve^^vou^en Je vo d ^^^^^ ^,^^^1^.^ ^ ^^^ ^.^,^,,,.
toyen, je me plaindioi* ue v ^^.^ ^^^.^, ^^^^, ,,,.^
senter dans tout leur J»"»-- /^ ;"'* j!^;";, ^„ m. le duc d'Orléans, conduite est fautive cnvo.';^,î%'^ > ' ^^^fj^^" ,t je me joindrai à
je me rendrai avec ^-^^"^^"^.^Jm^ pl-ê. l'n. vous pour me faire ^epouill. r a un ^ ^^^^^^ ^
,eule chose qiû me peine pa; «a que^J J ^^^ ^^ ^^, ^.^^,,,,
à votre repulaton. ^"^'^ '^'\ contradictoires et que vous
élévation autor.se ainsi «ï^* .'' "^ - . ' .^^^ ^,,,,, .m'écriN.'Z
vous déchaîniez conti. "- /-^^ '^^ L^J. .. u riposte .il
ner iri^e^f tg..;a . ^--^^^^^^
Lnsieur l^e Maréchal je ny^M--; ^L, ",. ..ngeaiice. Dix jours «I>'«f ,'^'="^;^f ' , ,„.e fait dans sa crudité, é.l.-
Un --d^'^',f-^\ "37;^;/ 1 i^ fortuné n.nvchal se .roulait à VersaïUe-s. le 3i juUlU i ,, ,,
vait réduit à solliciter des 'f ''^\^'', .\; f"' ^ nue je l'écriv." v petits-enfants. «La ^^o-^t ti.p^^^^^^^^^ ^^,^.., ,
se contente de due la vieille Ma a ^ maréchal a
I -ia'. ■ Schaixb à lord Carteret, 29 J»*' .4 pubiic Record Ojfice, France, t, 364 • f^nau
n^s. , .,, cs-ini Cloud, 6 août 17". <!*"' *^'"'''"'
»^ Madame à l« rnugro«e Lo-nse. Paint Llou.i.
pond^ncc, édil. G. Brunet. l. H. P- 37^-
Scandale découvert