‹ Histoire de la régence pendant la minorité de Louis XV [microform]Chapitre 119 sur 193 · CHAPITRE LVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVIII

L'industrie et les manufactures

ÉUlismo de Colbcrt. — GréaUon et méthodes du Conseil de commerce. — Disfzrûce générale du commerce. — Le bureau de commerce. — Les manufactures. — Draperie et tissage. — Filatures. — Verreries. — Glaceries. — Manque de capitaux. — Privilège. — Monopole. — Accaparements. — Petits fabricants. — Ouvriers mercenaires. — Salaires ouvriers. — Ouvriers désert,.urs. — Ouvriers étrangers. — Le droit d'association. — Les chambrelans. — Demandes d'arbitrage. — Grèves. — Les Colonies.

I.a France, en 1716, était plongée dans une crise industrielle tr<s ^rave. Au commoncement du xviii" siècle, les Manufactures suhissaiont encoro toutes les directives despotiques de Colbert v\. les industriels se soumettaient aux enquêtes des inspecteurs, rigoureux interprètes des règlements généraux. Les édits prescrivaient le nombre, la longueur, la qualité des fils ou des laines employés au tissage d'une pièce de drap ou de toile, et l'observation de ces règles n'était pas facultative; l'industriel ou Touvrier transgresseur courait risque de la prison ou du carcan et s(s marchandises seraient saisies, lacérées ou brûlées sur la place publique. Ces précautions rassuraient les consommateurs sur la hcinté des produits, mais elles ruinaient les producteurs, nonobstant les privilèges qu'on leur prodiguait. Tout ceci n'était, au jugement du ministre, que « béquilles » qu'il faudrait supprimer lorsque l'industrie serait redevenue assez prospère et vigoureuse !>( ur s'en pouvoir passer. Il laissa à d'autres ce soin et Louvois, ni Pontchartrain, ni Desmaretz ne songèrent à libérer l'industrie (lo cette tutelle oppressive, loin de là, ils aggravèrent les dispositions restrictives de la liberté des fabricants; l'Etatisme se fit (le plus en plus envahissant et, à partir de l'année 1700, au lieu de relâcher les entraves du Colbertisme on les renforça.

Au début de la Régence, la création des conseils avait eu la prf'Montion de pourvoir à tout, mais, après quelque temps, on s'aperçut que le commerce avait été négligé, et on s'empressa de

Etatisme de Colbert

Création et

méthodes du

Conseil de

Commerce

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réparer cette omission trop excusable de la part d'un gouvernement de gentilshommes (.4 décembre i;-:')- I^e vieux Dagn.v seau président d'âge, parut rarement au Conseil de commeir.. et \melol de Gournav, son neve,.. exerça la présidence effe.tWe D'abord on répartit l'administration du commerce en cm., départements à la tète desquels était un membre du conseil Dnguesseau eut la direction du « commerce do trance aux In. ,s orientales et costes d'Afrique, depuis le détroit d<.O.bi.alar jusqu'au cap de Bonne-Espérance, et de tout ce qui est au-deb dn.1,1 cap du côté de l'Asie; la diix«ction du commerce des Compagnies de Commerce eslablies et à establir, et des <-ntrepnses et voyag-s de long cours pour les objets de commerce; les chambres .le Commerce establies en différentes villes du royaume; Vs pernnssions ou déf.-nse de la sortie des Bleds et autres grains et legun,,. ;èchcs- les Règlements des Tarifs; le con.merce avec 1 Écoss... Espagne du côté de l'Océan et avec le Portugal, et tout ce .p.. dépend de ce. deux couronnes; le commerce et les manufactuiys. -Au sieur Amelot le commerce et les manufactures des province de Normandie, Picardie. Artois, Flandre França-se, Trois eveschez Alsace, Franche-Comté, Auvergne et de la généralité .1im.;c^es le ommerce avec les Pays-Bas appelés Espagnols, av.. LTloUande l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande; avec le Nord qn, ^^ci";' nd i; Suè/e. le Danemark, les Estais du ^^^;J^^^:- Din zick les villes hanséatiques et autres pays dan^ la nui lUl Zlav^cl Lorraine et le pays de Liège; enfin avec Al lein.gn .. Nointel avait sous ses ordres plusieurs généralités > Ses maritimes et les colonies; d'Argenson dirigeait le c o .mem. de Paris, de Picardie, de Normandie, de Champagn.- d nî -de France, il devait tenir la main à l'exécutmn dans o « a France des ordonnances prohibant les toiles peintes et etoft,.^ du ûva^t des Indes et de la Chine. MachauU d'irigeai, le ...nmerce et les manufactures du Midi et du Sud-Est

Le règlement indiquait les méthodes de travail « ^^^^^ dans et Commissaires départis dans les provinces, les ^l''»"'^" de Con rnei". les Marchans négocians et les Inspecteurs de Ma, tfurës adres;eront leurs lettres. Mémoires et «Jepr<:-J ailles matières qui regarderont le commerce a <^haçun de Cc^^- ' 1ers dudit Conseil du Commerce suivant leurs ^«1 arte.ua rïlnses qui porteront décisions ne poucront y estre faites c, pX en avoir léféré au Cons.-il. .. Toutes ces matières une fois doli-

. ArMv. ml., F" 7.6 ol mglemenir généraux dan» U. mannIarU.:'-

L'INDUSTBrE ET LES MANUFACTURES

btré€S et réglées étaient présentées au Conseil de Régence. Dacriicsseau mourut, Nointol ix?çul une mission diplomatique, d'Ar- ^cn^on devint garde des sceaux, et le conseil du commerce resta aux mains de Amelot et de Machault et en 1718, lors de la suppression des Conseils, le conseil de commerce fut épargné, la prépondérance d' Amelot reconnue, ce qui lui valut « entrée, séance et voix délibérative au Conseil pour les affaires de commerce ». •* * • l'o*

Pas plus que l'agriculture, le commerce ne pouvait retenir 1 at- In.lion du Régent uniquement préoccupé de spéculation et ne rêvant qu'opérations financières et vastes entreprises colonialr< Le manqua? de capitaux dont la France souffrait en 1716 avait ainoné la fermeture et la disparition de beaucoup de manufactures et la p<^ste de 1720 avait interrompu le trafic.

(( C'éloil une disgrac<î générale à laquelle le temps seul pouvoit porter quelque remède^ », disaient les membres du Conseil. Coux-ci voyaient leur nombre augmenter et leurs attributions se restreindre jusqu'à ce que, pour en venir à bout plus vite, .,„ .nh.titua au comeil un hurcau. « En faisoient partie : le sieur (onholleur (iénéral des finances, un des sieurs conseille!^ du (MMiseil de Marine, et le sieur Lieutenant Général de la Police de \u Vîlle de Paris, et les cinq autres choisis par Sa Majesté, entre .Muv de son Conseil (pii auront le plus d'expérience au fait du (,.„ninerce\ » Amelot et Machault furent rappelés à ce titre. 1)(. plus l'arnM prévoyait l'entrée dans le bureau de commerce (!<.. <( députez des principales villes de commerce du royaume ,' (1,'s fermiers généraux (lui avoient entrée au Conseil royal du Commerce » : ainsi furent introduits : Paignon, marchand drapier à Paris, Pasquier de Rouen, Billatte de Bordeaux, Clapeyron le Lyon, Grégoire de Marseille, Moreau de La Rochelle, Bou-

Iniiid de Nantes, Van Uovc de Lille, de La Borde de Bayonne et ('illy, raffineur à Cette.

La situation à laquelle on avait à faire face était troublante. L litre 1700 et 1712 presque toutes les manufactures créées par Colbert avaient disparu, à l'exception de quelques fabriques de drap en Languedoc, les établissements de Sedan, Rouen, Amiens, Ai>beville, les tissages de toiles dans le Beaujolais et la Bretagne, l< soieries de Lyon, les Gobelins et Beauvais. En 1714 on pensa à une reprise des affaires, mais l'illusion dura peu. Dès 1716, le chùmagc recommence. Le commerce et les -manufactures de

\rchiv. nai., F^* /|2.

' liègknienls généraux dans les nianujaclures, t. I, p. 177-

Le bureau

de Commerce

Les

maoufae-

tures

Il !î

Draperie et lissage

toiles de Caen se soutiennent à peine*, partout se ferment les atelieiB' Non seulement le manque de capitaux arrête le travail mais il empêche le payement des salaires et les entrepreneurs de la manufacture de tapisserie établia à Bcauva.s et au Petit-Pans, au faubourg Saint-Antoine sont contraints a recourir a une loterie les gaglianls recevront les stocks de marchandises qui n ont plus de débouchés' et malgré ces procédés en 1721, la manufacture de Beauvais tombe en ruines. I^s tapissiers reclament dixhuit semaines de salaire et, sur seize qu'ils sont encore, on^e d enti* eux ont donné congé'. A Boufflers, leurs camarades moins endurants menacent de « tout faire vendre pour se payer ... l'étran-er profite de cette situation pour exporter ses produits, on^gnale à l'intendant de Lille l'introduction en fraude d. vieux vêtements anglais'. Pour rendre vie aux tissages, on ferra volontiers Jyeux sur le retour de protestanU cornme lemonnier et son fils, fabricants de draps a Elbeuf , me u.e incTplète et tardive car tandis que se rouvre une manufacture des fabriques se ferment dans le Gévaudan d'où on exportait des

"f Lrdïïfrie et le tissage sont toujours les industries les plus ré^anduel On permet en .7.6. aux fabricants de toile du Fr<«- Tde bâiir dans leur ville une halle et d'établir te nombre e ° Lncheries .. qu'il leur plaira''. Gluck et de JuUienne te turiers des Gobelins, voient leurs privilèges confirmes . On co,^ tr^i un moulin à foulon à Montauban; la dépense seleve a deux ÏÏ;L soixante q lin.e livres, et c'est l'État ^^ ^ro- ^^^ la uaver" Arles possède, en 17 19. "n^ nouvelle manufacture flt drai'' ainsi que Pau"'. Roch Quinson, négociant de Lyon, et,. blU dans cette ville une manufacture de velours ciselés et a

Archiv. nat., F^' i/ii9-

Archiv. ruif., F^' ii7-

Archiv. nat., ¥''' 2456.

Archiv. nat., F'" HQ- "

Archiv. nat., F'* 119-

Archiv. nat., F'^ 117-

:: IS:: Zl: n\S: n .790, en ,7^., - fa^^e ae dn^ps, façon Uo Rouen, mslallée à Albi, périclite faute de capitaux.

12 Archiv. nat., F** ^^^^-^^

13 (1717) Archiv. ruit., F^' 62.

14 rt.! iuillet 1718) Archiv. nat., F^ I299- . a a^ Caî- - ^Arc^Tnat.] F- 65; élevée par Jacque. U^fèvre. marchand de Ur

""archiv. n^., F^* 65 et F- 1378 I29 rn^s 1719).

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