‹ Histoire de la régence pendant la minorité de Louis XV [microform]Chapitre 130 sur 193 · ordre du 16 février 1723. , r · texte numérisé non relu

ordre du 16 février 1723. , r

" M. Maraiis, op. cit., t. II, p. ^ll. 434 : Barbier, Journal, t. I, P- 2^^févr. 1723; M. Marais, op.cit., t. III, p. 56; décembre 1728 (sous k mmu^t."

de M. le Duc). * ^^ .,

" M. Marais, op. cit., t. II, p. 433, 16 mars 1723; Archiv. des Aff. Etranj France, Mémoires et Documents, t. i255, fol. i5o : CUiirambault à Dubo^ i3 mare 1723.

Mers". Au contraire, le duc du Maine avait fait des démarches [)0ur approcher le cardinal, « le suppliant de vouloir bien lui marquer le jour et l'heure où il importuneroit le moins'' ». Dès la veille de la majorité, Dubois, instruit que le duc du Maine souhaitait occuper de sa personne le premier lit de justice, s'y était i-efusé, mais avait dit : « Gela viendra*" »; et deux mois plus tard, M. du Maine était rétabli dans son titre de prince du sang légitimé, avec rang au Parlement au-dessus des ducs et pairs, et interdiction de traverser le parquet, ce qui frappait le comte de Toulouse qui, jusqu'à ce jour, traversait le parquet", et plongeait dans les larmes la duchesse d'Orléans".

Un ancien collaborateur de Dubois s'était laissé séduire par le duc de Chartres et le duc de Bourbon, à qui sa capacité était bien nécessaire pour tenter une manœuvre efficace; c'était Le Blanc. Des bruits fâcheux couraient sur son compte depuis l'assassinat de Sandrier de Mitry, receveur général des finances de Flandres", témoin gênant des détournements faits par La Jonchère et Le Blanc sur les fonds du ministre de la guerre. Vers le mois de décembre 1722, la position de Le Blanc s'aggravait. « M. Le Blanc penche beaucoup », disait-on, et rappelant l'assassinat de Sandrier on ajoutait : « Tout cela ne vaut rien, et il n'en faut pas tant pour perdre un ministre'' ». Aussitôt le duc de Chartres prenait sa défense et déclarait « qu'il ne pourroit travailler avec un autre" ». Dubois laissa dire et suivit sa piste; l'affaire s'assoupit, on n'en parla plus; tout-à-coup elle se réveilla, le 'A mai, La Jonchère, trésorier de l'extraordinaire de la guerre fut arrêté en revenant de Versailles à onze heures du soir, conduit à la Bastille et le scellé posé chez lui, rue Saint-Honoré". Tout de suite le lieutenant de police d'Argenson procéda aux

■* M. Marais, op. cit., t. II, p. 433; Barbier, Joanml, t .1, p. -^63, mars

'» Archiv. des Aff. Etrang., Espagnt?, t. 3i8, fol. 222 : le duc du Maine à Dubois, 18 janvier 1722.

"" M. Marais, op. cit., t. II, p, hiS, févrii-r 1723.

"^ M. MaraU, op. cit., t. II, p. 446-448, avril 1723; Barbier, Journal, t. I, 1». 2O9.

" M. Marais, op. cit., t. II, p. 447» avril 1723.

•» M. Marais, op. city t. *II, p. 276-276, avril 1722; Buvat, Journal, t. II, p. 377; Barbier, Journal, t. II, p. 212.

" M. Marais, op. cit,. t. II, p. 376, décembre 1722.

" M. Marais, op. cit., t. II, p. 38i, décembre 1722.

•• M. Marais, op. cit., t. II, p. 458; Barbier, op. cit., t. I, p. 277, juin 1723; L. de Lavergne, Une émule de Law, dans Comptes-rendus de VAcadé' mie des sciences morales et politiques^ i863, 4® série, t. XIII, p. 5-27.

Exil de Le Blanc

LA DERNIÈRE ANNÉE DE DUBOIS

interrogatoires et confrontations, ainsi qu'à la vérification dv< r-egistres et l'affaire parut mauvaise. La Jonchère fut décrété de prise de corps"' et n'épargna pas Le Blanc, accusé « de perdre soi: temps en cabales, de payer les officiers de révérences et de belli •.paroles, d'-employer la plus grande partie de la caisse militaire pour ses dépenses et pour les vues particulières de lui et de son conseil'' ». Dubois tenait enfin sa proie, mais le duc d'Orléans la lui disputait. Dans le conseil tenu à ce sujet à Meudon, le prince évoqua le passé : a J'ai beaucoup de peine, dit-il, à consentir à l'éloignement de M. Le Blanc, qui m'a rendu des services essentiels durant les mouvements de Paris en 1721. » — (« Monseigneur, interrompit le c-ardinal, il ne s'agit pas ici des services particuliers rendus à Votre Altesse Royale, il faut préférer le bien public. » Après le con&eil, le bruit s'étant répandu de cette disgrâce, les mai^chaux de Berwiek et de Bezons joignirent le cardinal, et le prièrent, en faveur de Le Blanc; mais Dubois répondit de façon à être entendu de tout le monde : .( Si j'avois suivi mon inclination je l'aurois fait arrêter prisonnier'" ).. Le 2 juillet, Le Blanc partit pour Doué, proche de Coulommiei>. où était lixé son exil et Dubois affectait de l'en plaindre : « Je préférerais la mort à tout ce que j'ai essuyé et souffert dep.ii^ sept ou huit mois à son occasion''...» mais ses amis d'Angilelcur le félicitaient un peu lourdement de cette npuvelle victoire remportée sur un adversaire'".

Le duc d'Orléans apprit au Roi le renvoi et. l'exil du ministre :

— (( Sire, M. Le Blanc n'est plus en place.

— (( Pourquoi donc?

a Sire, c'est par des raisons qui regardent votre État; mais

je peux dire h Votre Majesté qu'il est regretté de tous \?s ofli ciers'\ » Il fut morne regretté du duc de Saint-Simon, au dire de qui (( cet événement afRlgea tout le monde. Jamais Le Blanc ne s'étoit méconnu. Il étoit poli jusqu'avec les moindres, respe^-

" M. Marais, op. cit., t. II, p. 463; Barbier, op. cit., t. I, p. iS^, jni" i-,3- \. Babcaii, in jnuuu'ier il In Baslille rous Ijhùs W. Journal de >n Jonchère, dans Mémoires de la Société d'Histoire de Paris et de VUe-d>- France, 1898, t. XXV, p. i-46.

" Archiv. des Afj. Êtrang., France, Mémoires et Documents, t. 12^0,

fol. iio. ,

" Archiv. des Ajj. Êlrang., France, Mémoires et Documents, t. i25b, lo-

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