CHAPITRE LXII
Le ministère et la oiort du duc d Orléans
(10 août-2 décembre 1723)
Ijc souvenir et l'œuvre de Dubois. — Retour des exilés. — Le duc d'Or- N'ans las de Dubois. — Triste état du duc d'Orléans. — Entretien de Saint- Simon avec Fleury. — La petite vérole. — La s<'oheresse. — IjG droit de joyeux avènement. — Mort du duc d'Orléans. — Conclusion.
La mort de Dubois n'inspira de regrets qu'à l'Angleterre. A Le souvenir Paris, on observa que Dubois était mort, jour pour jour, et jg uuboië presque à la même heure qu'il avait fait enlever, un an plus tôt, le maréchal de Villeroy, et on pensa y découvrir un châtiment [•rovidentieP. Sa renommée resta en proie à ses nombreux ennemis qui tous lui survécurent^, cependant il parut aux contemfiorains que sa mémoire serait vite oubliée, ear il n'avait laissé ni fondation fameuse ni famille élevée et n'avait jamais fait ^rand mal si on compte pour peu de chose le contrôle des actes des notaires, la Paulette, les quatre sols pour livre, l'affaiblissement des libertés gallicanes. Cependant ses négociations et ses traités avaient évité les guerres et affermi la paix. Haut, vilain et emporté, il n'était pas aimé, mais on le savait ferme contre les fripons et en garde contre les flatteurs. Chaque matin, tandis qu'on célébrait des messes devant le corps exposé dans l'église Saint-Honoré, le petit peuple défilait et disait (( des sottises infinies » au défunt, à qui son impiété éclatante attirait ces malé- «lictions'. Ses funérailles furent, contre l'usage, privées d oraison funèbre; mais à la nouvelle de sa mort, les actions de la Compap:nie des Indes baissèrent de trois cents francs, et ce témoignage rendu à ce qu'il y eût de vraiment louable dans le gouverne-
* M. Marais, op. cit., t. III, p. 4; Barbier, op. cit., t. I, p. 297-298 : août
' P.-E. Lémontey, Histoire d^. la Béqcnce, t. II, p. 86-87. •
' Tous ces traits sont empnmtés à Marais et à Barbier, août 1723.
HTSTOTRE DE LA RF.GENCE
ment de Dubois, valait bien les creuses formules d'un panégyrique*.
Parmi les plus fameux exemples de grandes fortunes politiques, celle de Dubois, coinniencœ après l'âge de soixante ans et aehe vée en l'espace de quatre ans, doit être particulièrement remarquée, moins encore pour la rareté que pour l'enseignement à retenir d'une si rapide carrière. Celui qui l'accomplit devait, quoiqu'on en ait dit*, posséder de grands moyens et des qualités supérieures. Dépourvu de grandeur d'âme et peu doué d'élévation d'esprit, Dubois associait sa grandeur personnelle à l'intérêt de son maître et pour les servir efficacement usait de toutes les ressources de ia France; cette conduite lui ])araissait sage autant que légitime, ce qui pouvait tenir aux idées du temps comme à la morale du personnage : reste à savoir si, ce faisant, Dubois a desservi la France et compromis les intérêts de l'État.
Louis XIV laissait à la France le traité d'Utrecht, mais cette grande cbnrte politique permettait des explications et des relouches; toute la question se ramenait à savoir suivant cpiel esprit on procéderait à l'interprétation du traité. Un parti au pouvoii", le parti « vieille Cour », interprète des préventions populaires, ne concevait rien autre chose que la continuation et, au besoin, l'aggravation de l'animosité nationale contre les Anglais. Dubois eut le mérite d'entrevoir une conduite opposée, il eut l'adresse de la suggérer, le courage de la défendre et l'habileté de la faire prévaloir. Il osa imaginer la possibilité d'une alliance francoanglaise et il entreprit de l'imposer, non à l'opinion publique qu'il dédaignait, mais à la diplomatie qu'il bouleversait. Ce fai sant, agissait-il contre l'honneur et l'intérêt français? On l'a soutenu avec une si ferme conviction, une si chaude éloquence et de si solides arguments qu'on a pu emporter la conviction des contemporains et celle de la postérité en sorte que la politique étrangère de la Régence demeure flétrie comme ])ourrait l'être une trahison. Et c'est une grave erreur autant qu'une cruelle injustice.
Que pour réaliser une brillante carrière, Dubois, ne pouvant imposer sa personne, ait cherché une idée qui ne se pût appliquer sans recourir à lui, ce calcul de sa part paraît certain. Qii«* cette idée fût hardie, aventureuse, il l'eût reconnu, lui tout le premier. Qu'elle fût bienfaisante et pût procurer ce qu'il espérait d'elle, les événements l'ont montré; car Dubois « abhorrnit
* P.-E. D'morjtoy, op. cit., t. Tî, p. 87.
* Saint-Simon. Afcmofr^s, {i858), t. XX, p. 8.
LE MIMSTÈIŒ ET LA MOirr DU DUC D'OliLÉANS
le trouble et la guerre* » et l'alliance franco-anglaise procura le bienfait d'une paix européenne de vingt-cinq ans.
A l'heure où la mort de Louis XIV livrait le destin de la France à Plulip})e d'Orléans, c'était un royaume ruiné, épuisé, qu'une administration économe et prévoyante pouvait rétablir à condition que !a paix n'y fût pas troublée. Si tout le mérite d'un véritable homme d'État consiste à choisir entre plusieurs inconvénients, Dubois eut ce mérite et il choisit la paix à tout prix, c est-à-dire au prix de concessions cuisantes et coûteuses plutôt qu'au prix de l'isolement funeste et bientôt fatal. A force de souplesse, d'adresse et de concessions, il mit lin à l'isolement dans lecpiel se débattait la France depuis que l'encerclaient les coalitions, depuis 1672. Il fit mieux encore. Dans les rangs des ennemis il choisit nos alliés et prit place au centre d'une coalition nouvelle, celle-ci pacifique, dont la France sembla l'inspiratrice et la modératrice. Une nouveauté, à ce point étrange, devait soulever contre elle des adversaires pileins de méfiance, à l'étranger, pleins de haine, à l'intérieur. A ïownshend, Ueinsius, Sinzendorf, Alberoni répondent Torcy, Iluxelles, Nancré, Saint-Simon; mais Dubois, sans les négliger, s'adresse directement aux détenteurs du pouvoir : au roi d'Angleterre et au régent de France. Tous deux ne peuvent soutenir leur droit contesté au trône que dans la paix, et Dubois réussit à les convaincre que la succession de Hanovre et ia succession d'Orléans courent les mêmes périls, imposent la même conduite et procèdent d'un commun intérêt. A Londres, Georges P"* et, à Paris, Philippe d'Orléans sont presque seuls à vouloir affermir le traité d'Utrecht afin d'appuyer sur lui leurs droits dynastiques convergents.
Ces droits étaient mis en doute ou contestés résolument en France, et leur revendication n'était pas une médiocre audace de la part de Dubois. Celui-ci n'avait pas impunément fait un séjour en Angleterre. Les conséquences de lia révolution de 1688 lui avaient découvert la règle future de la transmission du pouvoir royal et il admettait que l'heureuse fortune survenue à la maison d'Orange pourrait échoir à la maison d'Orléans. Le traité d'Utrecht avait consacré l'établissement de la première et prévu l'avènement de la seconde; il fallait donc tout tenter pour que ce traité reçut, sur tous les points, d'un consentement unanime, son exécution. Il enregistrait la renonciation et consacrait l'exclusion de Philippe V du trône de France; en cela, il se montrait
• Public Ueconl Office^ France, vol. 359 • Schaub à Rub. Walpole, Paris, Il août 1723.
LE MINISTÈRE ET LA MORT DU DUC D'ORLÉANS
vraiment pacifique car l'accession de Philippe V au trône de Louis XV eut déchaîné une guerre de la succession de France, bien autrement redoutable que la guerre, à peine terminée, de la succession d'Espagne. Ainsi donc, rechercher et grouper les partisans du duc d'Orléans, les soutiens éventuels de sa candidature, c'était non seulement respecter la lettre du traité, mais associer et confondre l'intérêt du duc d'Orléans avec l'intérêt supérieur de la France, inséparable du maintien de la paix.
Une alliance conclue avec l'Angleterre suffisait à l'exécution de ce progrannne, alors qu'il n'en eut pas été de même d'une alliance avec la Hollande ou avec l'Espagne ou avec l'Empire. Dubois s'adressa donc à l'Angleterre, la séduisit, la décida; mais il mit le prix et c'est ce prix, jugé excessif, qu'on lui a reproché. On alla même jusqu'à dire que ces complaisances étaient achetées par une pension, mais on n'a pu en apporter la preuve, pas p'ius que souvent on ne pul [)arvenir à convaincre le négociateur d'avoir délibérément sacrifié, et sans compensation, un intérêt essentiel de la France. Les volontés et les désirs des ministres anglais n'ont pas rencontré la soumission servile qu'on a dit, sans avoir entendu les propos échangés et sans avoir lu les dépêches. Mais, en cela, Dubois porta la peine du procédé imaginé par lui. Parce que l'idée introduite par lui était si nouvelle et si hardie qu'il estimait périlleux de l'ébruiter avant le succès, il s'obligea à recourir à des voies souterraines et, quand il fut ministre, il ne sépara plus la diplomatie secrète de la diplomatie oflicielle, en sorte que la malignité publique s'exerça avec d'autant plus de vraisemblance sur son ouvrage que tout était mystère dans les délibérations et !es correspondances des gouvernements. Il y eut entre eux des contestations très vives, des prétentions inacceptables, il n'y eut jamais, d'aucun côté, servilité ni capitulation. Ce qu'il y eut de répréhensible et ce qui reste le déshonneur de Dubois ce sont les protestations trop chaleureuses, les témoignages peu réfléchis de reconnaissance, de dévouement et d'adulation adressés par lui à un souverain étranger. Le cœur se soulève et la rougeur monte au front à la lecture de ces basses flagorneries où le goût, la mesure et le patriotisme sont également offensés. C'est par là que l'homme sentit, jusqu'à la fin, (( la vile coque dont il sortait' ».
Qu'on soit impitoyable pour cette âme -de laquais, pour ce prélat, ce ministre, ce négociateur dont le contact laisse comme une souillure, dont le nom évoque le souvenir d'une sorte de
' Saint-Simon, MémuireHy (i858), t. XIX, p. 3^5.
monstrueuse flétrissure, mais qu'on demeure juste à l'égard de l'homme d'État dont la politique subtile a valu à la France une autorité en Europe capable de balancer le prestige de l'Angleterre. Sans doute 'es conditions humiliantes mises au démantèlement de Dunkerque ne peuvent être ni excusées ni oubliées, mais elles-mêmes ne doivent pas faire oublier la compensation acquise par les négociations dont cette indigne lâcheté ne forme qu'un épisode. Une paix de vingt-cinq ans, — de 1717 à 1742 — , avec tout ce qu'elle valut de sécurité, de prospérité à la France, demeure un titre assez sérieux dans la carrière d'un homme d'État pour n'être pas dénigré ni oublié; et c'était au milieu d'une Europe encore prête à s'embraser que Dubois et Stanhope avaient su étouffer les foyers prêts à se rallumer; ^Georges P' et le Kégent y avaient travaillé de leur mieux et leurs efforts avaient produit un résultat dont la France et l'Angleterre auront toujours avantage à s'inspirer.
Le duc d'Orléans ne se proposait pas de rien changer à la politique étrangère de Dubois. « Ce qui pouvoit arriver de plus consolant après la mort de M. le cardinal, c'est le peu de nouveautez qu'elle entraîne » écrit le chevaher Schaub'. Louis XV et son premier ministre se hâtaient de rassurer sur leurs dispositions' le roi d'Angleterre, qui aurait pu éprouver quelque inquiétude en voyant tous les ennemis de Dubois reprendre le chemin de Versailles . iNocé, que le courrier du prince avait trouvé à Sentis, accourut le premier. « Ne parlons plus du passé, lui dit le duc d'Orléans, je n'ai pu faire autrement; mais à présent, demande-moi ce que tu voudras, je te l'accorderai. » — « Je vous demande seulement la vie sauve; vous avez accordé mon exil au cardinal, vous donneix3z ma vie au premier qui là demandera'". » Ils s'embrassèrent et tout fut dit. Noailles tarda un peu plus. Son exil d'Auvergne était devenu le prétexte d'une palinodie comme il les aimait. De libertin et prodigue il s'était fait dévot et économe <( au point de faire peser sa viande tous les jours aux poids de la ville, friand de vêpres et de saints, et devenu l'arbitre des procès de la province'' ». A Paris, il descendit à l'archevêché, s'alla confesser au grand pénitencier et
' Public Record Office^ France, vol. 359 - Schaub à Rob. Walpole, Paris, 18 août 1723.
• Public Record Ofjice, France, vol. 35? : Le duc d'Orléans à Georges /•'', Paris, 17 août 1723.
*" M. Marais, op. cit., t. III, p. 7-8; Buvat, op. cit., t. II, p. 467. " M. Marais, op. cit., t. III, p. 38; 17 octobre 1723.
Relour des exilés
Le duc
d'Orléans
las de
Dubois
communier des mains de son oncle le cardinall^\ Enfin il fui conduit au Po lais-Royal, où le duc d'Orléans lui prit la tête, le baisa sept bu huit fois et dit : Laus Deo, pax vivis, reqiiies defunclis. Le retour de Noailles déplut à Seliaub qui ledoutait son influence sur un ancien compagnon de débauches'^. Enfin, il fut question du rappel de Law^^; mais si le duc d'Orléans lui gardait un souvenir indulgent, il ne désirait pas s'engager dans une aventure nouvelle. Depuis sa chute et sa sortie de France, Law ne donnait plus d'inquiétude aux Anglais, il avait reçu à Londres des lettres de grâce^^ et on n'eut pas trop regretté de le voir tenter une nouvelle expérience financière aux dépens d'autrui. On vit repaïaîtie M. de Torcx , mais le duc d'Orléans ne lui rendit pas la surintendance des postes qu'il garda pour lui-même^'; Torcy se: contenta d'une commission de capitaine des gardes de la porte pour son fils^*.
Le duc d'Orléans, écrit Schaub, le 5 septembre, « se comporte avec une fermeté à laquelle on ne s'attendait pas de lui »; et, le 20 octobre : « Depuis la mort du cardinal, il est devenu plus âpre et plus jaloux de l'autorité qu'il ne l'a jamais été, au point que dans cet instant il n'y a personne qui puisse se vanter d'avoir de l'ascendant sur luy'". » C'était cette même fringale qui l'avait saisi au lendemain de la mort du feu Roi, à un moment où il avait tout à apprendre pour la conduite d'un grand royaume. Au lendemain de la mort de Dubois, son éducation était faite, mais sa charge était aussi lourde. Le cardinal avait tout accaparé, tout concentré entre ses mains, à peine avait-il admis des eoliaborateurs aux affaires étrangères où il se sentait en mesure de ne redouter personne. Partout ailleuis son programme de travail était d'une lamentable insuffisance, il touchait à tout et ne terminait rien, n'allant qu'au plus pressé, toujours en hâte à cause de la grande multiplicité des affaires qui s'accumulaient sur
*2 Barbier, op. cit., t. I, p. 3o3, novembre 1723.
13 M. Mardis, op. cit., t. III, p. 45; novembre; Buvat, op. cit., t. il,
1* Public Record Office, France, vol. SSq : Scfiaiib à Roh. Walpole, Vei-
saillefi, 20 octobre 1723.
** Buvat, op. cit., t. II, p. 463.
^* Buvat, op. cit., t. II, p. 3o4, 3i4; novembre et décembre 1721.
1' M. Marais, op. cit., t. III, p. 5 : août 1273.
i« Saint-Simon, Mémoires (i858), t. XX, p. 34.
" Public Record Office, France, vol. 359 : Schaub à Rob. Walpnle, Versailles, 20 octobre 1728.
i" Public Record Office, France, vol. 359 : Schaub à Rob. Walpole, Versailles, 20 octobre 1723.
LE MINISTÈRE ET LA MORT DU DUC D'ORLÉANS
lui, dans un pays où on savait que, pour réussir, c'était à lui qu'il fallait s adresser'". La jalousie du pouvoir l'avait rendu à charge à tous ceux qui avaient des rapports avec lui. Le duc d'Orléans, à qui il devait tout, se sentait mis à l'écart des affaires et la mort de son encombrant inférieur l'avait soulagé. « Il gémissoit en secret depuis assez longtemps sous le poids d'une domination si dure, et sous les chaînes qu'il s'étoit forgées. Non seulement il ne pouvoit plus disposer ni décider de rien, mais il exposoit inutilement au cardinal ce qu'il désiroit qui fût sur grandes et petites choses. 11 lui en falloit passea- sur toutes par la volonté du cardinal qui enlroit en furie, en reproches, et le pouilloit comme un particulier, quand il lui arrivoit de le trop contredire'' » La mort était venue mettre hn à cette situation difficile dont témoigne Horace Walpole dans une lettre à lord lowsnhend : « Si nécessaire que le cardinal put être au duc d'Orléans, particulièrement pour la conduite des affaires étrangères, en riiison de son heureuse négociation entre l'Angleterre el la France, néanmoins sa mort n'a pas été regardée par le duc lui-même comme une grande perte, et quoique le cardinal rCiUportât toujours la victoire sur ceux qui netaient pas ses amis (lesquels étaient presque tous les amis particuliers de S.A.li.j, cependant sa manière altière et arrogante, ses retards et son désordre dans l'expédition des affaires, trop lourdes ou pour son état de santé ou pour sa capacité, comme on le pense généralement ici, l'avaient- rendu quelque temps avant sa mort, très fatigant et incommode au duc d'Orléans". » Mis en présence d'une situation presque inextricable à force de retards et de désordre, le duc d'Orléans se promit d'y remettre l'ordre et la méthode; il s'enferma, se plongea dans les papiers de Dubois, travaillant avec une sorte de frénésie, a travaillant d'une force à se tuer » écrit Grawford, sans permettre à personne de l'influencer et, par ce labeur opiniâtre autant qu'inusité, préparant le coup qui allait terminer sa'vie.
Le sentiment qui paraissait s'être réveillé en lui lorsque, au retour du sacre, par respect pour l'adolescent dont il exerçait Ja tutelle, il avait congédié Mme d'Averne, ce sentiment avait peu duré, et dès le mois de juin 1728, il déclarait sa maîtresse une
^"^ Public Record Office, France, vol. 368 : Grawford à Rob. Walpole, Paris, II août 1723.
^* Saint-Simon, Mémoires (i858), t. XX, p. 18.
-- Public Record Office, France, vol. 3C9 : H. Walpole à lord Townshend, Paris,' 3o octobre 1723.