‹ Histoire de la régence pendant la minorité de Louis XV [microform]Chapitre 44 sur 193 · CHAPITRE XXV Le système de Law · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV Le système de Law

(Octobre 1716 — Décembre 1717.)

Débuts et théories de John Law. - Réhabilitation du papicr-monnaie - Law entretient et séduit le Régent. — Le commerce et le crédit. - La Compagnie coloniale. - Le Régent est acquis à la banque. - Mise en discussion l'roccs-vcrbal de la séance du 24 octobre ziib. - Opinion motivee de Saint-Simon. - La banque est approuvée. - Lettres-patentes du 2 mai 171b. ^ Hésitation de l'esprit public. — Première opération de Ja banque — Engagement et impatience du Régent. - Arrêt du conseil du 10 avr'l 1717; - Opposition dans plusieurs provinces. - Pressentiments. - Perik d une convocation des F,ta.«-G6néraux. - Le* prajels de Noaill,^ et « le comi e ». -- L'édit porté au Parlement, 28 août 1718. - Remontrances; elles obtiennent satisfaction. - La banque résiste. - L'affaire du Mississip.. - Les Compagnies de commerce et la Louisiane. - U Compagnie d Occident.

« Ce qui soulève presque tous les esprits dans le Parlement, ^t^héôries écrit un gazetier, ce sont les visions et les idées scabreuses de deJohaLaw Jean Law'. » Dès les premiers jours de la Régence l'étoile de cet aventurier avait lui, et inquiété tous ceux à qui une sort«^de pressentiment révélait les surprises, les émotions, les angoisses et le désastre final où le Système de Law devait entraîner la nation entière. Le « Système », abréviation entendue de tous, évoque une « aventure unique dans l'histoire de nos finances » el « la perturbation la plus extraordinaire qui soit jamais résultée des actes d'un gouvernement régulier'. »

Ce John Law de Lawriston, de souche écossaise, apparenté aux ducs d'Argyle, était gentilhomme de grande mine et de belle prestance. Venu à Londres afin d'y manger gaiciucnl son avoir,

> Gazette de la Régence, édit. E. de Barthélémy, in-12, Paris 1887, p. 2o3 ;

6 septembre 1717. , . c u • o »«

' M. Marion, Histoire /inoncièr* de la France depuis I7i5-i7«9. "»-», Pa-

"'» T VuitrJ; Le désordre des financer et Us excès de la spéculation à la fin du règne de Louis XIV et au commencement du règne de Louis XV, in-ia, Paris, i885, p. XVIL

HtSTOtRE DE LA RÉGENCE

Réhabilitation du papiermoQDaie

il découvrit, entre le jeu, la table et la galanterie, l'existence du crédit et étudia le mécanisme de la banque. Dans l'intei-valle, un duel tragique lui valut une condamnation à mort suivie de lettres de grâce. Emprisonné, Law s'évada, gagna Amsterdam et se remit à l'étude des banques, étude qu'il poursuivit à Gènes, à Venise, à Florence, etc. Manquant des fonds nécessaires pour appliquer ses vues, il se contenta de les exposer dans un livre". A l'entendix;, plus une nation possède de numéraire, plus elle occupe de bras aux travaux de l'industrie et de l'agriculture, plus elle exporte et plus elle rend les autres nations tributaires envers elle. Plus elle exporte, plus elle travaille; plus elle produit, plus elle se multiplie. L'exportation est bonne et utile, mais ne fera-t-on d'échanges qu'avec le numéraire .0 D'autres moyens plus rapides, moins encombrants, en quantité indéfinie sont aux échanges ce que le sang fluide et abondant est à la vie. La vitalité et la production d'un pays sont en raison de la simplicité et de l'abondance des échanges. Le numéraire est pesant, malaisé à réunir, difficile à transporter; le papier ne connaît pas ces entraves, sa circulation est rapide, sa fabrication peu onéi^use, il échappe aux mutations qui atteignent les espèces et peut être instantanément proportionné aux besoins des transactions commerciales.

Cette réhabilitation du jiapier avait le tort de prendre le signe pour la réalité, d'oublier que les moyens d'échange rendent lia richesse plus maniable mais ne la créent pas et que leur excessive diffusion n'aboutit qu'à l'avilissement de ce signe. Law allait jusqu'à dire que le papier représente le numéraire, le remplace au besoin et peut même s'y substituer. <( De ce qu'en Angleterre cinquante mitions d'espèces suffisaient pour soutenir œnt millions de. billets, il concluait qu'on pouvoit à volonté doubler tripler, vingtupler, centupler ces cent millions, sans aucun inconvénient et même avec avantage, que ce seroit augmenter la richesse de l'État d'une manière aussi réelle et aussi utile que 4^ il etoit arrivé du Pérou pour pareille somme de matières d'or et d argent\ » A ceux qui prirent connaissance de ces opinions elles apparurent comme d'étranges paradoxes et l'illustration la plus convenable à l'existence désordonnée de celui qu'on commen-

* Money and Trade considered with a proposai for supnlyina th, DJntinr. wUh Mor^ey, in-4 Glasgow, ,6o5 et .,o5; LsidLtioTsurVn^^^^^^ et le commerce, dans J. Law, Œuvres, édit. Sonovert, in-8 Paris i.oo FK i-7/i; Examen du projet remis au Parlement par le doct^iir H C in^ Œuvres, p. 112, suiv. ^* "**"*

' Cl. Dupin, Œconomiques, in-4, Carlsruhc, 1745, t. I, p. 157.

LE SYSTÈME DE LAW

d,™ l« p.«. 'J°J'j.j 3„„ linVil. i lulller Pari, parce ;r;rinnt.«Kt,p aux jeux <,uil avoi. i„„cd„i.. dans c.t«

1er et a eluaier. wn n^ 1 i- ^.r^mhro desauels il comptait le "■'""■' '""d tint: "SnS Tpc";»" dot pour »i-

•f r;™p^:^. cl ;:; trprcw.%h?„ppe ao*.™ .™. ''i"E\^Lïr-sr,rcS;ru'r; 1 "srs.

^ disposait à 1 enricnir. oa fréquentant son com-

. Xo"c"'SS':u— Ho-r ^.,: ,2 aou«, a. co„,.

P^f ; ',, f"™ °^on« par «, rfformc, cl celte pcrepecrTcr„Ïn » c ic c" c. h Julrc reaprll <lc aon inlcrlocul.ur. tive eut sutli, a eue ^ci , pommerce le commerce de-

T rr;:toUatT.a Ton^rZ^iant les échanges.

prononcù,«on du ^^"^ '^^'^^ l^^^^Ji^ des /inlnL sous U minoriU de ' n. Duhautchnmp, Histoire du f""'"*"^ / j^ „ ,,3^, t. I, p. 1-2;

Louis XV pendant les années .7.9 ei .7^0 >"■ '' Jf j7/„;,/i„':8, Paris i854, E. Uvaiiscur, Rechercher hisforigues sur le système de Law,

"■'Z.. n-auenau, pa, la mortdc W ^ ^ pon^ -parattr- au ^^^^^^^^^^ crMomenl. à Pari,. On Ht dan, le iournal de lord St.„ qu ^^^^^ ^^ ^^

Pari,, le ,3 janvier ';> V" nor f «"oen Ks et le. Anglais d'apr^r. coucher que M Law. L. W,e,ener Lel^éoen, ^^^ ^^^ ^.

les sources britanniques, m-», tans, loyj,

Law entretient et réduit le Régent

Le

commerce

et le crédit

dilaire de tous les travaux. L'exemple de la Hollande ot de l'Angleterre enrichies par l'industrie, traçait à la France la voie à suivre : le commerce. Cependant Law trouvait à reprendre dans la banque d Angleterre comme dans celle d'Amsterdam, il rêvait d une banque royale absorbant tout le négoce, toutes les richesses de la France devenue la garantie des engagements de l'État Cette banque royale, dépositaire de l'argent d.-s particuliers, donnait 1 impulsion aux affaires, prt<ssait ou bien modérait la circulation des richesses, empochait la disette et remédiait à la pléthore du numéraire'. Cette banque ne devait être, suivant l'expression de Law, qu' « un crédit général qui produit des commodités et des avantages à toutes les parties de lÉtaf" >, Dans l'espace de sept années, celte banque devait porter les revenus de royaume à trois milliards, les .y;venus particuliers du Roi à trois cents millions et faire tomber l'intérêt de l'argent à trois pour

Le crédit, disait Law, vaut une augmentation de numéraire. Voyez 1 Angleterre recourant au. crédit pendant la guerre pour racheter le déficit produit par l'exportation de l'argent S soZ-

huit"!; Z7 "'■ '^"''^*-" ''"''' ■' '"•^••^» a descx^ndu de huit et de dix a cinq pour cent. Qu'attend la France pour suivre cet exemple aujourd'hui que ses négociants sont Traités à letranger comme des banqueroutiers ou qu'on les voit renon er d eux-mêmes au commerce afin d'échapp.M- à la ruine. Law avaiî réponse aux objections qu'on lui adi.ssait. Le crédit, disaitTn est a 1 abn des lois dans un pays libre; en France, il est à la m^ci

de la banque. - Existera-t-,1 jamais prince assez fou. répondait Law pour tarir lui-même la source de sa richesse en disTdïtan les billets^ - Mais ces billets, répliquait-on, personne n'nvou dra. -Tout le monde, reprenait Law, car le crédit naît av^ïa banque. Et si la France se révèle si récalcitrante, eh bl?^ ! p ince ., obligera les peuples à recevoir ses billets mêm dans leurs paiements particuliers, si cela est nécessaire pou. ^nt oduire oe crédit dans le commerce". ,, Alors, sans douL, les résista n ces céderaient, mais ne serait-il pas tron tarHJ 1, v '^^*'**^"puissante, domina longtemps r/nglleirsês^llS:^;,'';:

p.'6f ' """"""' '■"'"■^'■™"'^'' """' «^""«. édit. d. Sénov.rt. .;„o.

«rZ'p. m! ''"'"' '"'""'" ""' ''' """'""' «"--■ - Récent, dans OEu- >• J. Lnw. letlre VIW an d„c d'Orléans. <I,,ns Œuvre, d M. J. Uw. Letlre VU,' au duc d'OrUans, dans OeZZ', l £

LE SYSTEME DE LAW

La

compagnie

coloniale

:rr«î r ;:uTs"s;".tst ,., v„L, pou. ....r

oe grand dessein". promettait une surprise

En prestidigitateur consomme ^^^^ P' ^^^^^^ ^'est pas

Unale, un éblouissant ^0"^;;^;^; ^^3."? produirai un travail

,a seule ni la Pl"f^-"j^;;^ rch^gemen^ts qu'il portera en qui surprendra 1 Europe par le e ^^^

faveur de la France, cbangemen s plu ^^'^^ J? ..^^^^juction du été produits par la ^^^.f^r^^tmjagr de commerce modelée crédit-. .. Il s'ag.s«a.t d une ^f^^^P^g^'^ . La banque produit sur la compagnie des Indes ^ ^ng^^rre ^ \,,^^iions

1, crédit que la <=o"^P'»""'*,;jPj„^:^,i a inséparables. La deviennent réciproquement '"d.spensab^^ e V^ ^^^

nation entière sera un corps ^e négocia"^ a ^^^^^ ^^^^. ^^^^

' '' r--- "''"^ poIm ST^r!:^"^^^-^-' .p^'"i '\

de banqueroute, point de jiu j j^t^gg q^, perdent

remèdes timides; <^;" ?;i/!St ajourne du travail dont la France, mais cette '•^tt^f'^f'^ ^"J y^^^^^^^^ remédierait à tous Llr tri/Sùl^Sn^ Ï compagnie et la compact t;::ISri^SS --^rSa^-ÏS £^ ^.

faire écouter le récit ju«qu ''^ I^^J^^'^j'^f j^.Téalisables à force alors vers les -"-^--■^JS;"";: banque et la compagnie d'être gigantesques; a tout Prend'^*' J^ j^ plan d'un corn-

ue présentaient rien ^;,^;;^^X:oZerce imaginé par Bou-

mission des grands '''*°" „ °" „„ gouvernement élaboré par lainvilliers ou le système du nouveagouve . -.^.^^on

,,a .Tonchère". Le R.<gen ^ eWoui.^sed^ ^^ ^^^^ ^^ ,^^^ s'élança vers cette perspective u ^ -u^s et réparties sur un

n,ies sordides imaginées V^J^^^^l "^f^Z éblouissante accuexercice de onze années, s offraient « qu'allait mettre mulation de trafics, de "^hesses et d en^r^pnse q ^^^.^ ^ ^^^.^ en branle la baguette magique de 1 homme qu

.« .L Law, CBut.res. p. ^^' f^^: j„„, oEut,res, p. 6=1.

-iÉimsLl-iilritéilS^y ^i-1^ ^ ui5SûiS&*i

HISTOIRE DE LA BfiOENCE

Mise en discussion

Prorès-

terbal de la

séance du

*étk octobre

nanti d'un fortune de un million cinq cent mille livres". Law était accompagné de sa femme, ou qui passait pour telle, et de ses deux enfants, un fils et une fille; il se montrait au Palais- Royal et entretenait de sa banque quironcpie pouvait répéter les fornmies qu'infatigablement il ressassait.

Six semaines après la mort du Hoi, on ne parle que du projet de banque nouvelle, a Le bruit courut alors, rapporte Buvat, qu'on allait répandre dans le i>ublic des billets de banque dont les moindres vaudroient dix livi-es chacun''. » Dangeau, toujours aux écoutes et bien informé, apprend le i3 octobre que n la banque sera examinée après-demain chez le duc de Noaiiles où M. le duc d'Orléans fera venir encore d'autres gens que ceux qui sont du Conseil de finances. Celte banque n'est point pour acquitter le Roi de quehpies dettes, comme on l'avoit dit d'abord; ce n'est que pour la sûreté et facilité du commerce, ce qui sera d'une grande utilité pour le royaume quand la confiance sera établie, ce qu'on croit qui sera bientôt pour les Français et pour les étrangers par les attentions qu'on y apporte. On n'obligera personne d'y porter son argent ni d'y prendre des billets, mais ces billets-là seront reçus à toutes les recettes du Roi dans le royaume comme de l'argent comptant''. » Voilà, pourrait-on dire, le prospectus présenté au public. Le i5, la conférence est tenue à l'heure dite et le Régent fait introduire le prévôt des marchands Bignon, ainsi que d'Argenson, Amelot, Saint-Contest et Le Blanc". Le 17, nouvelle conférence chez Amelot qui a convoqué les maîtres et gardes des six corps des marchands et plusieurs banquiers''. Tous se retrouvent, le 18, chez d'Argenson, sauf Samuel Bernard dont Law réclame l'exclusion"'. Nouveau conseil le 04 dont le procès-verbal, heureusement conservé dans les papiers du duc de Noaiiles, ne saurait être omis ni résumé".

(( L'idée de cette banque, expose M. Fagon, est de faire porter tous les revenus du Roy à la banque, de donner aux receveuis généraux et fermiers des billets de 10, 100 et i.ooo écus, poids et titi-es de ce jour, qui seront nommez billets de banqtie; le^que's bdlets seront portez ensuitte par les dits receveurs et fermiers

J. Law, Mémoires justificatifs, p. 6^9.

Buvat, Journal, t. L p. lo/j.

Dang<>au, Journal, t. XVL p. 309; i3 octobre 17,5

Dangeau, Journal, t. XVI, p. 211; 16 octobre 1715

Dangeau, Journal, t. XVI, p. 212; 18 octobre 1716

Bibl nat., ms. franc.. 22Z2, t. XXIII; E. Levasseur, op. cit., p. Sg.f,^,

■^WVl

LE SYSTEME DE LJVW

, ; i..„r expédiera des quiUanoes comptables au trésor royal qu. /^"^ tf W rÔ, ne re^vront au Tré.ov royal Tous ceux à .,.u .1 .^t du P';[ ' ,J .«^t «lier sur le champ

nue des billets de banque dont lU «""^ „^ ,„it tenu m

Ic-voir la vaWur à la »'-"!'--;;;/': ';;^;„ercc. Mais le sieur de les gard-r ni ^c'^- --voir^dan^ e «. ^^^^ ^^ ^^^^^ ^^.^

Law prétend que 1 uL •»« <^n f^^'^e plutôt que de l'argent, par charn.é d'avoir dos l>"'.^,,f ,^^;"j;:„Lu en papier, et par Vasla facilité qu'on aura a fan» les V^^^ ^ . y^^ voudra, ùra.ce d'en .xHM.voir le P»^?;''^" ;^,"^,^£: jamais y avoir plus Il ajoute qu'il sera impossible q" '' P" f^^^ ^^ billets qu'au prodargcnt que de bille^ ^^^^^^ on estera le. frais de remise râla de l'argent, et que 1 '" <^ " ^ j^^ j,, eommis ,etc. ,e danger des vo.lures, ;' -f ^'^^ ^^^^^^^ ,,r ce sujet des négo- „ S. A. n. a juge a p.opos d en ^^^.^ ^^^^.^ ^^^^

ciant. et des ban.pùers qu '^^' « ^^'^X de treize avec le sieur Ces négociants estant entre au nom b^ ^^.^ . __ ^^ p,,.

Lass, ils se sont «P''^";",f ,"^«3 estoit utile dès à pissent : mier, que l'établissement de la banque^ ^^ ^^^^^^ ^^^ ^^^ .^^

Fénelon. Tourton, ^uygner et non ^^j^^ ^^^

Missement pouvoit -'^«/^^^ta'on^o^cture présente : Anisson. . mais qu'il sero.tnms.ble dans la coj ^.^^^^^^^ ^^-.aé : ISa-

Le >vo'-«"î^''I"^î.'''''Movas 'le Coûteux et quat,H= autres, muell Bernard, Heusch, ^o.as le^o ^^^ ^^.^

loit attendre. donner un proffit aux

" Dodun -oit la banque^^^^^^^^^^ ^^,,, ,^,, ,,^„are

billets, parce que cela "^«a'^o. ^,^^j^,.^^

de sûreté ni de solidité ^.psuadé que l'établ'issement

.. M. Gilbert [de Vo.s.ns] f J^^^ circulation et la mul-

d'une banque est avantageux en soypaj .^^ ^^^^

tiplication des «P^^'^^',"^''; ''."'i^eonvénienls, et il ajoute que lement l'établir sans de g^»"// '^^^^^^^ gouvernement et qu i rincertitude du succez va a dfc-^d te^ g p^^„^,t

seroit fâcheux présentement de hasarder u v

'^^^M.ttumont, qu'on ne doit pas risquer cet établissement

dans le temps présent et que cela influerait sur le gouvernement.

« M. [Tachereau de] Baudry croit cet établissement bon, mais ne croit pas que dans les circonstances présentes le public puisse y donner sa confiance; que c'est cependant ce qui doit l'accréditer, sans quoy la banque to:nberoit d'elle-même. Ainsy il juge qu'il faut attendre pour ne pas donner comme un remède ce qui seroit visiblement un mal.

« M. d'Argenson ne regarde la banque que comme la caisse des revenus du Roy, ne trouve aucun inconvénient à l'establir on supposant que la fidélité en sera toujours exacte, et croit (p,'on doit tenter cette voie innocente pour rafraper la confiance.

« M. d'Effîat en croit l'établissement utile, mais non pas à présent, et. que cela feroit présentement resserrer l'argent encore plus qu'il ne l'est.

« M. le duc de Noailles est persuadé de l'utilité d'une banque mais que les tems ne conviennent pas; la deffiance estant generalle; que, de plus, l'opposition des négociants dont la confiance est essentielle pour l'accréditement do la banque la feroit échouer qu ri faut la leur faire désirer avant que de l'establir, et comment eer par supprimer toutes les dépenses inutiles pour payer les dettes de l'Estat, que rien ne sera plus propre à regagner la confiance par 1 attention qu'on verra à S. A. R. pour le bien public dont on est desjà très-^persuadé par les premiers arrangements quelle a faits, et, afin que l'on ne soit pas plus longtemps dans 1 incertitude, qu on doit déclarer dès aujourd'huy que la banque n aura pas lieu. ^

« M Fagon de mesme ains ajoutte que le papier répendu dans le public est ce qui cause le discrédit et qu'en arrangeant le papier on regagnera la confiance.

<< M. d'Aguesseau, que pour rétablir la confiance, S A R n'a qu a continuer à travailler comme elle le fait pour le bien public et de 1 avis de M. de Noailles en tout. puDiic,

« M. le procureur général, Deux questions : La banque est-elle util, en soy? Prouve que non. - L'est^lle dans le tems présent:^ Tout le monde est persuadé du contraire. - De l'avis de M de Noailles en tout..

« M. Le Blanc de l'avis de M. de Noailles en tout « M. Rouillé, que l'on doit prendra l'avis du public sur ce aui k concerne, et que le public y est opposé, qu'il n y a qu'à xirseverer dans le bien pour faire revenir la confiance. .« M. d'Ormesson, tout comme M. de Noailles.

LE SYSTÈME DE LAW

™«R. De r.vis <!«,«■ '",''~',„„j, te propositions d. M. le

]:. t ^N^aSt^ etsSr t IJ £ Vav. . M. . ^

^TÏ . .a..c.a, de ^^^^^ 'ZZ:^'^^^^""^-^ lemenl ^-'^^^ .^;:f^^^tZllL biU ramènera la confiance, troupes «uivi d. I ajan^cn Noailles. » ,

Au reste de l'av.s entier de M. € duc ae ^,^^ .^ ^^

S- ^- ^•' ^^ touSTaV btlc-p dhonnét^té et de fort, ce qu'elle fait t'^^J""'^' .fj'' t,,^, ,^rsnadce que la banque sagesse" », die « d.t qu .-ne «* "'^J";'^j/^ ^,noit denlendre, elle devoit avoir lieu, "?»- JJP^^ Ifde Noai.los, et qu'il falloil estoit de l'avis enl.cr de \^\^Z,;^.^^^^ ^^^ la banque esto.t annoncer à tout le monde des ^^J^"' J ^^^ ^^^ correspondance : „anquée. « Et en o «et -- '' 7Jrfait de bruit, fut refusée „ La banque de M. de Lasse, qu ^^ ^^^^^

hier".» „ „„4^nt de ce succès, attaqua la banque ^XTtio

LeducdeNoaiJles, "«n/""**"^^"^,!' ^ -.a novembre il fit saiai-si«.on chaque fois qu'elle fit mme de r^pai tn. U ^^ ^^^^^

de nouveau écarter par tout '^.ConscU^e . ^^.^^ ^^.^.^

jet de banque". Mais le ^^S^^ine^^^ de banque publique L et moyennant une '^^uct «n du pr j ^^ A',^,irn\ve

en banque privée, .1 rov-nt^-. t. Con-il de Régence et de Im on particulier chaque niembrc du v^ ^ ^^ j,^,,.

faire doiicement entendre <V^^'Jll2'J rapporte Saint-Simon; vât pas d'opposition. 1 m en parla a fon ^ PI^ ^^ ^^^^^.^ ^^.^^

alors il fallut bien repon'ljc- J*"'";^^; 'J^^'' affaire ^^ fi„,„ee; nion ignorance ni mon <^^-"- ^ ,f ^^^ ;,.^\,er me paroissoit bon que néanmoins ce qu .1 yenoit àcmex^ q ^^ ^^.^ ^^ ^^^ ^, în soi. en ce que. sans levée s n^ r^js.^ ^^^^^ ^,^^ ^^^^^ ^^^

embarras à personne. 1 '''S<^'^J^J. ^.,^■,i «vec la plus grande billets de cette banque et ^-veno.t poU. i„,,„,énient. :

facilité; mais qu'à cet ^^■'^^l'I'J'^^Zcc assez de pi^voyance et ,e premier, de g— ff^-^^^rde billets qu'il ne falloit afin de sagesse pour ne pas ^«"«JP'"/ ° ^^ de pouvoir faire hardi-

^•être toujours au-dessus J« -^^^^^J f^^araient demander l'arment face à tout et payer tous ceux qu

" M Cauwartm de Saint- Ange « op. ci.:, .. 1. p. f- ,,„. „3,, t. XXIII; E. Uvasscur..op. cU.,

2« Bibf. nai., ms. franc. supi>i^ p. 43, note x. •

1 La banque

est

;] ; approuvée

Lettres patentes du 2 mai 1716

gent des billets dont ils seroient porteurs; l'autre, que ce qui étoit excellent dans une république ou dans une monarchie où la finance est entièrement populaire, comme est l'Angleterre, étoit d'un pernicieux usage dans une monarchie absolue, telle que la France oii la nécessité d'une guerre mal entreprise et mal soutenue, l'avidité d'un premier ministre, d'un favori, d'une maîtresse, le luxe, les folles déi)enses, la prodigalité d'un Roi ont bientôt épuisé une banque et ruiné tous les porteurs de billets, c'est-à-dire culbuté le royaume". »

Tout, dans ces considérations, -n'était pas* a dédaigner, le Régent le comprit et fit le siège des membres du Conseil : « on parla à la plupart un peu français à l'oreille », et le i^' mai 1716, au matin, le prince se rendit au Conseil de finance. Law y vint exposer et soutenir ses doctrines. Il ne sollicitait que l'autorisation de hasarder sa fortune particulière et ne voulait travailler qu'avec l'approbation et sous la surveillance du ministre qui lui abandonnerait la conduite d • l'affaiiH?'". Noailles céda, et on ne manqua pas dv dire que la n')!rvelle banque serait « fort commode pour le commerce'' ». Le lendemain, l'affaire fut soumise au Conseil de régence, Saint-Simon opina, s'il faut l'en croire, comme dans le cabinet du prince, fut seul de son avis et la banque fut approuvée.

Le ?. mai des lettn\«^ patentes autorisèrent la création de la banque, établissement privé qui soulageait l'État sans le compromettre et dont le privilège s'étendait à vingt années. L'établissement tiendrait ses livres et stipulerait en écus de banque « du titre et poids de ce jour », ce qui devait <( augmenter la circulation de l'argent, faire cesser l'usure, suppli>er aux voitures des espèces entre Paris et les provinces, donner aux étrangers le moyen de faire des fonds avec sûreté et faciliter aux peuples le débit de leurs denrées et le paiement de leurs impositions". » Le capital social s'élevait h six milions répartis entre douze cents actions de B.ooo livres, payables un quart en espèces et trois quarts en billets d'État^. Celui-ci tirait un pix^mier profit du retrait de la circulation de 4.5oo.ooo livres de papiers décriés-

Saint-Simon, Mémoires, 1905, t. VIII, p. a<)4. .T. Law, Mémoire sur les banques, dans Œuvres, p 568 Dan-oan, Journal, t. XVI, p. 372; i"' mai 17,6. Isnmbert, nccueil des anciennes lois fran^^aises, t XXI €t 20 mai 1716. » • - ' , p.

» F. Vcron du Verffor de Forbonnni., Recherches et cor,sidéralinn. mr les F^nances en France, depuis ,5o5 /„.,,„>„ „„, in-.,, p^,,. \]7s [ y.

loa, 106; a

LE SYSTÈME DE LAW

ainsi la banque raffermissait le crédit avant que d avoir engage ^rôoérations Elle faisait mieux encore, elle recevait des dépôts, ses OP'^;^ '^ f chargeait des paiemenU des particuliers

r::^na: " c ;t:iiu: de!a„q sols ^ar mille écu. émettait de. biUetTcxprimés en écus de banque, cest-à-dii^ payables toujours au même poids et au môme titre. Point déchéances, point de Z;ZZt à terme remboursement à vue des valeurs présentées T^^ T ut eomnierce, tout prêt aventureux étaient interdits à la banque qui pouvait toutefois avancer des fonds aux commère nts et escompter leurs lettres de change". Apres de si freauene" et «? graves variations monétaires, la disposition qm Saa la mention en écus de banque sur les livres, contrats cl WUets eut, à elle seule, suffit à altiix.r la faveur; 1 aveu éa^ mofns méritait dètre retenu puisque Law -connaissait ams n.,e les métaux précieux ont une aptitude siieciale et exclusive rmonnyag^"- Enfin, la banque était affranchie de toute taxe de t^re imposition; les sommes déposées dans sa ca.sse par les éUang-s s'y trouvaient à d'abri du droit daubaine, de la confis- S et des lettres de représai.lles, même en cas de guerre

ÏI 3 mat les lettres patentes furent expédiées au Parlemen avL un" i'nvitation impérative de procéder à ^^^^^^^ immédiat^'. Ou obéit, mais en rechignant et le. ugi.liH-b en la den la trace; en effet, les lettres-patentes ne sont pas insérées ITcur dai mai reietées tout à la fin du volume parmi les om. - •i?.» rencndant lenregistrement eut lieu et^on se contenta d aïuier Tue 1 oy^efa très-humblement supplié d'ordonner aue lëdil Law ne pourra tenir ladite banque qu'après avoir pre- Tblem nt Itenu lettres de naturalité. s'il plaît audit seigneur îui arorder». » Ces lettres furent accordées et envoyées au Fa ement ri ours après qu'il eut enregistré le règlement de la lement trois P 4 g-^coulèrent avant que Law

\:r:Lr,r^:^7^^^U iniprimer ses billets^ de sorte que

Paris, i885, p. 229. „a, ♦ \XVÎI • le duc de Noailles au

.. ArcH, nai.. série X, Registres ^^^^^^^^^^^^^^ ,, .^ailles au

»' Bihl. nat., ms. suppL franc. 2232, t. XXVUl . Premier Président, 22 mai 1716. ^^^.^^^^ ^^

" Bibl. nat., ms. suppl. franc. 2282, t. XAVlll . marquis de la Vrillière, i4 mai 1716.

Hésitation

de l'esprit

public

gent des billets dont ils seroient porteurs; l'autre, quo ce qui étoit excellent dans une république ou dan« une monarchie où la finance est enlièrenienl populaire, comme est l'Angleterre, étoit d'un pernicieux usage dans une monarchie absolue, telle que la France où la nécessité d'une guerre mal entreprise et mal soutenue, l'avidité d'un premier ministre, d'un favori, d'une maîtresse, le luxe, les folles dépenses, la prodigalité d'un Roi ont bientôt épuisé une banque et ruiné tous les porteurs de billets, c'est-à-dire culbuté le royaume". » La banque Tout, dans CCS considérations, -n 'était pas» à dédaigner, le approuvée Régent le comprit et fit le siège des membres du Conseil : « on parla à la plupart un peu français à l'oreille », et le i®*" mai 1716, au matin, le prince se rendit au Conseil de finance. Law y vint exposer et soutenir ses doctrines. Il ne sollicitait que l'autorisation de hasarder sa fortune particulière et ne voulait travailler qu'avec l'approbation et sous la surveillance du ministre qui lui abandonnerait la conduite d-:» l'affaiixî". Noailles céda, et on ne manqua pas de dire que la nouvelle banque serait « fort commode pour le commerce" ». Le lendemain, l'affaire fut soumise au Conseil de régence, Saint-Simon opina, s'il faut l'en croire, comme dans le cabinet du prince, fut seul de son avis et la banque fut approuvée.

Lettres Le o. mai des lettres patentes autorisèrent la création de la

patentes du , '* ui- » • ' • 1 -l i't^i l i

2 mai ni6 banque, établissement prive qiu soulageait l Etat sans le compromettre et dont le privi'lège s'étendait à vingt années. L'établissement tiendrait ses livres et stipulerait en écus de banque « du titre et poids de ce jour », ce qui devait « augmenter la circulation de l'argent, faire cesser l'usure, suppléer aux voitures des espèces entre Paris et les provinces, donner aux étrangers le moyen de faire des fonds avec sûreté et faciliter aux peuples le débit de leurs denrées et le paiement de leurs impositions". » Le capital social s'élevait à six mitions répartis entre douze cents actions de 5. 000 livres, payables un quart en espèces et trois quarts en billets d'Rtat''. Celui-ci tirait un premier profit du retrait de la circulation de 4.5oo.ooo livres de papiers décriés;

^^ Saint-Simon, Mémoires, 1905, t. VIÏI, p. -^i^.

*' J. Law, Mémoire sur les banques, dans Œuvres, p. 568.

so

Danoroau, Journal, t. XVI, p. 372; i" niai 1716.

Isambcrt, Bccueil des anciennes lois françaises, t. XXI, p. 102, 106; 2 et 20 mai 1716.

" F. Véron du Vergor de ForLonnais, necherches et considérations sur les Finances en France^ depuis i5o5 jusqu'en i-]?.!, in-12, Paris, 1768, t. V p. 336.

LE SYSTÈME DE LAW

.offormi^^ait le crédit avant que d'avoir engagé ^"^' '' .ITe e" iTaU n -eux Lcore. cil. recevait des dépôts. ses opérations, tue idiso i naiements des particuliers

faisait l'escompte, se chargeait de. P«~^.^^ l^^,,,;, jes a-yennant une ret.^iie de -^^^X-jt; payables toujours billeU exprimas en <^"^^^^*"^ ,; ^^-^^ déchéances, point de ,a même po.d« et --- ^^J- , ^^^ ,,, ,,,,,rs présentées

paiements 1»^ ";> ^^ "^^ ^^^^ ,êt aventureux étaient interdits ù la caisse. 1 oui comme ce, loui ^ ^ j^ ^ux com-

à la banque qui pouvait toutefois «^""«JJJ! -^ ^e si tré-

♦o ^\ fvcpomDter leurs lettres de cnange . n.i>i^^ merçants et e^conP^^i ^^^^^uons monétaires, la disposition qui quentes et si giaves va lauu j. contrats

ligeaitla mentiori en écus ^e banque u es liv. ^,^^^^

Cl l,illets, -^g;^f;i,^::r :ienf t s ucl": reconnaissait ainsi Uéanmoms mentait d aie icienu y ^ ^...-^^^jale et exclusive

;„ les -..« P*;;-,;^ „'- "amS: de .....e ..xe,

au monnayage . Enlin, la i''*"1" , . caisse par les

de toute imposition les J^^-f/^^ /aii-, d- la'conUsétrangers s'y trouvaient a 1 ab i du m

cation et des lettres de represa lies '"';"' «^^"J^l ^J Parlement Le 3 mai, les letU.s pateii^; Ïe'pt ^ riemegistrement -- :Z^r^:'Znl^^n Lhignaut et les registi-es en ""7n la ir^c ■ en eÀet, les lettres-patentes ne sont pas insère.^ ri"d:;,'m:i; i^ietées'tout . la lin du vc.ume parmi les omissions". C^ependant l^ni^gisU^-t^^^^^^^ ^ ,,,^,„„,r

d'ajouter ^; ^-<^'^ '2.TiJr\lic banque qu'après avoir préque ledit Law ne pouua it^ui* seigneur

,.Mcme„. «^"J^'il;-,*-: 'rt:;d^ S"„:o,ées auVr.

:; vt"ti^'''i'*' ''■ ''"•"" " "■ "* "' " "■""""■ """'

Paris, i885, p. 229. ^^yn . i^ duc de Noailles au

" «""p r'.' Ts LTx7 ru mt; au procureur général, 3 mai .7.6; Premier Président, 3 mai 1710. '^

^\}^:T'S'''JoX^aHeZhe Pans, Registre, du Conseil secret, 84-.

.. ri ::.:. se"ie X. Registres ^u ConseiJ^^M, 8 .. ^,^^^^^^ ^^

" Bihl. ml., ms. suppl. franc. 223., t. XXVUl . Premier Président, 22 mai 1716. \XVI1I • le duc de ^oailkf ou

» Bibl. !«.(.. ms. suppl. franc. 2.32, l. XXVUl marquis de la VriUière. i4 ma. .716.

Hésitation

de l'esprit

public

tî

lïO

la banque ne commença ses opérations qu'au début du mois de juin. L'opinion hésitait sur son compte. « Les partisans de la banque de Law, dit la Gazette, veulent quelle se développera, qu'elle prendra faveur et quVlle pourroit bien ouvrir un débouché dans le commerce aux billets de l'État, en escomptant en argent ou en lettres et billets d'échange sur les bonnes places, d'autant que cet aventurier, écossais et grand jacobite, a pour croupiers quatre ou cinq des nicilleures bourses de Paris et d'ailleurs par le moyen du duc de Noailles, la protection du Régent qui le considère, et mettra, dit-on, dans la caisse quinze à vingt millions^'. » Et quatre jours plus tard : « La banque nouvelle et une vision, c'est la même chose. L'on ne fait qu'en rire, mais on ne croit pas qu'elle ait lieu*". » Enlin, le i5 juin, se tient la première assemblée et « presque pei^sonne, dit encore la Gazette, ne sait le véritable objet de cet établissement ni comment il se créera'^\ » Un mois de plus et le « sieur Law et sa compagnie ont fait afficher que ceux qui voudroient remettre de place en place n'avoient qu'à s'adresser à leurs bureaux, qu'on leur donneroit des lettres sans prendre bénélice ni inléréis »; et la Gazette ajoute : <( sa banque ne réussira pas^' ». Quant à Buvat il l'ignore et Dangeau, circonspect à l'ordinaire, estime « qu'on ne sauroit bien juger du succès de cette banque^^ ».

Cependant le vieux courtisan enregistre volontiers les nouvelles favorables à la banque à laquelle, dit-il, beaucoup de courtisans se sont intéressés, si bien que le capital social étant rempli force a été de refuser les prêteurs'*'; mais tandis qu'il écrit le 28 juillet que la banque « commence à se mettre en grand crédit^* », la Gazette soutient, le 3i juillet qu' « on ne parle de la banque qu'en railleries et presque tout le monde s'en moque" ». Cependant u elle fait tout ce qu'elle peut pour se mettre en crédit » et paie comptant à premièie vue des billets de 3o.ooo livres"'; on y porte beaucoup d'argent'% et le Régent y fait envoyer ostensiblement de la Monnaie une somme d'un million. Tout ceci donne à réfléchir; les adversaires commencent à dire : « On croit qu'elle

*• Gazette de la Eégence, p. 78-79; 18 mai 1716. *" Gazette de la Régence, p. 81 ; 22 mai 17 16. ** Gazette de la Régence, p. 88; 19 juin 1716. " Gazette de la Régence, p. 98; 19 juillet 1716.

Dangoau, Journal, t. XVI, p. ô-]b; G mai 1716.

Dangeau, Journal, t. XVI, p. 897, 4oi ; 16 et 21 juin 1716.

Dangeau, Journal, t. XVI, p. /i2i ; 28 juillet 1716. *• Gazette de la Régence, p. 99; 3i juillet 1716.

Gazette de la Régence, p. io/|-io5; 21 aoî^t 1716.

Dangeau, Journal, t. XVI, p. 421 ; 28 juillet 171e.

tE SYSTÈME DE LAVV

Premières

opérations

de la banque

« „„«.nd,. parce ^ '»,;: t? S-e^Cu^"^ b."" voici que co..i..»-.ic« . P»"!°'° ™ j„„^i,,, boul.de", il laul se

que de Nicote"; •'"■y'r U« aug" trte de ctcdi. el il n'ï " Indre. . La banque de M. to au? ^^^^^.. ^ „„ ^ .

S 1irrp::'-.vr/de pa,.a,i.., non. ....«00»»..

ment, car elle « «^^'^f^'S*;,'^"!:' Je parut de fâcheux augure; actions. Un chiftre ^'''^^J,Zl',L-A.leni pas dans le perles billets acceptés avec d«fi="^'=^J^^ ^ .,i,„ee même contribuait a leteuille de leur possesseur e ^^tt^Jd ^.^^^,^,i„„. chaque

.rendre plus rapide, parlant Pj^ /^"^^^^.^ ^e numéraire que de soir, la balance «<^"^.^^^'''\.,\ banque escomptait à un dem • sorties; le capital «"f'7 J^' '^^^ chalge qui perdaient deux et pour cent par mo,^ K- 1 "-J^ J.é dabord à six pour cent des- Semi; et lintérôt de <f /'^l^'^J^^l. u banque voyait grossir cendait bientôt à quatre. ^^^'»"* °. ...^..^ire acharné, se voyait s bénéliccs et P^r'^-^^^X'^v;" dt commencements « favoobligé de r^^cqnnaître que U^JJ«;J^ ^^^^ance se rétabht

râbles" .-. Presque '"«^''"^^^"J"^' er sur la nature du payement „ Lorsque les étrangers P^^ent comptci s ^^^^^^ ^^^^^^ ^„

qu'ils avoient à faire, '^^^^^^^X Tantage, et s'y soutint par banque; le change remonta a notre a J .^^^ recommenles habiles opérations ^u directeur, l^ travaillèrent; les consent leur, spéculations; ^'^^ ^^^f'^^'^^, apportaient de l'arsommations reprirent "-"^J^^^Sgés de suivre le taux de

gcnt dans le commerce f"'^" ^^^ / ^usure cessa, il se trouva fwrêt dont la banque se conten^U, ^^^^^^^^^^

plus de proiit à aPP- ^- ^f i^^'/^'^intances avec Law semblaient Eagoucm.»» Le duc de Noailles, dont les accoin ^^.^^ ^^ ^j^^

mystérieuses", P^-'-TL'^l'jCue gSrale" ». Son engoue- .»H*,.at utile que l'établissement de la banque g

« Gazette de la Bégence, p. io6; ^^^^^^J^'^^ ^ai, , septembre .716. » Gazette de la Régence, p^ l^J' ^*'' tembi* ni6. ^ M Gazelle de ta M9;'^\l\ "'m; .3 novembre 1716. ,^,

« Dangeau, ^ marnai J.J^hV .^^ '.„,,„,, , M'exion potmq«ey« » " Pâris-Duvcrney, Examen au ^ ^^/^^^ t. il, P-

/-"->!' ^r=rcr efcoIr^^^rlLn; t. V. p. 336, 38,. " Forbonnais, J^^''1'\',1^ ^, BaKeroy, Pan^<

ions, t. V, p. 00\J, J^„c J pm

bonnais, "-.--" ,, B„„eroy, Paru, .5 novembre 17.6. dans

""TIZX duc de NoaiUes. , décembre, dans E. Leva—- .

note 6.

".•^tiixH

IIISTUIHE m LA Î^ÉiJENCE

Arrêt du 10 •vril 11 7

ment «lait tel que, dès le mois d'oclobrc, tous les officiers de linances recevaient l'ordre de faire leurs remises sur Paris en billets de la banque générale et daoquiller à vue ces mêmes billets des qu'ils leur seraient présentés". La banque n'était pas encore organisée de manière à fournir à toutes les recettes du royaume. De nombreuses diflicultés surgirent et contraignireni le Regcnt à revenir sur sa décision. Le duc de Noailles dut écrire de nouveau aux Intendants que, jusqu'à l'établissement complet du crédit, les receveurs pouvaient, comme par le passé, se servir de lettres de change^'. Cependant l'opinion, à Paris, devenait bienveillante. Installé dans l'hôtel d'Avaux, rue Sainle-Avoic Law s'apprêtait à subir l'épieuve du bilan de lin d'année, ou pour mieux dire, de demi-année. Le soir du -.(o décembre, on apprit avec stupéfaction que l'assemblée des administrateurs s'était tenue le jour même à midi .-l que les prèteui-s toucheraient huit pour cent sur leurs avances"; alors les récalcitrants se turent « On a meilleure opinion que jamais [de la banque], écrit le gazetier qui n y découvrait trois mois auparavant qu' « une nouvelle source de malheurs'". »

Le fameux arrêt du lo avril 17,7 ne fut que la sanction d'un ordre de choses déjà établi. Cet arrêt consacra l'étroite union en re 1 Liât et la banque générale. H ordonnait aux ix;ceveurs des ailles et autres, de recevoir en payement des droits dûs au Hoi les billets de la banque générale .pii lour s<.>raienl présentés et d acquitter ceux qui seraient tirés sur eux. des premiei^ deniers de leur caisse, a première vue s'ils avaient des fonds ou d'en faire venir pour la somme nécessaire". De plus tous ces receveurs des droi s du Roi pouvaient faire en billets leurs remises au Tré- ^r royal. Cette mesure transformait tous les bureaux de finances de 1 État en succursales de la banque, à laquelle il ne manquait plus que de dépouiller son titre de ., générale .. pour se parer de celui de .royale ... Dès le „ avril, le duc de Noailles envovait aux Intendants des exemplaires dont ,, les dispositions, disaili s. avantageuses pour le commerce et si importantes pour assurer el accélérer la remise dos deniers provenant, des i 1^0"! tins eî droits de Sa Majesté à leur destination, qu'on ne sauïaTl Zner

Gazete de la Régence, p. ai-i42; voir p. nC. ^

Buvat, Journal, t. I, p. 263.

LE SYSTÈME DE LAW

hop dv soin à les faire exécuter dans toute leur étendue" ». Au mois de mai, un nouvel édit rappela et renouvela d'anciens règlements en vue d interdire aux négociants toute émission d'effets au porteur sous la garantie de leur signature; cette disposition consacrait le monopole de la banque'' dont les opérations prirent, dès ce moment, un accroissement immense. L'argent resta dans l'es provinces et, de toutes parts, les billets circulèrent :^ en deux ans il en fut créé pour la valeur de cinquante millions**.

La plupart des provinces se montraient rebelles à la nouvelle institution. A Bordeaux, la situation économique était lamentable. Successivement les meilleures firmes disparaissaient et les négociants décrétés de prise de corps par le lieutenant criminel, n'avaient d'autre conduite à tenir que de prendre la fuite pour se soustraire à la rigueur impitoyable du Parlement*^ L'avènement de la Régence n'amena aucune détente. En février 1.716, lie bruit courut que « le receveur des fermes du Roy est à même de faire voiturer à Paris tout l'argent qu'il a en caisse'' ». Or voiturer les espèces apportait un désastre, une gène immerise dans les transactions, car la voitare épuisait promptement le réservoir où puisait le négoce et le numéraii^e fugitif ne revenait plus dans la province. Aussitôt donc les principaux négociants, supplient l'intendant M. de Courson, d'arrêter ladite voiture ou du moins une partie; leur requête est entendue'\ La banque générale ne parut pas inquiéter tout de suite les négociants bordelais; jusqu'à la lettre circulaire de Noailles du 7 décembre 171 6, certains indices montrent l'indifférence méfiante à l'égard des idées de Law. La chambre de Guyenne garde le silence jusqu'au 9À décembre". L'Intendant, — dressé à bonne école, il était le fils de Basville — fit nommer des commissaires qui approuvèi^ent la banque; alors les banquiers s'assemblèrent (^t publièrent un mémoire contre la nouvelle institution, les receveurs applaudi-

" BibL n.t., ms. franc, suppl., .23., t. XXXIIl : le duc de Noailles aux

Intendants, 11 avril 1717- . . yyt r. tt^^- mai mm

" Isambcrt, Recaeil des anciennes lois françaises, t. XXI, p. ii5 ma, 1717.

«* Forbonnais, Recherches et considérations, l. VI, P/81 dit qu au 22 ^ril 171H on avait déjà fabrique pour cent dix millions de billets.

" J Benzacar, Enquête sur la banque royale de Law dan^ Velection de Bordeaux, dans Bulletin du Comité des travaux historiques et scientifiques. Section des sciences économiques et sociales, 1907, L XXV, p. 21-23.

" 4rch. départem. de la Gironde, série G. 4262 : Délibérations de la Chambre de Commerce de Guyenne, 28 février 1716.

•' Arch. départem. de la Gironde, série G. 4262; ibid., 27 février 1716. " Arch. départem. de la Gironde, série G. 4261; Mémoires du députe tiu fommeroe de Bordeaux.

Opposition

dans certaines provinces

P ressenti mcnU

lent ei la ville refusa les billets de la banque. Le duc de NoaiWes n'y voulut voir qu'une cabale <?l s'engagea dans une longue démonstration destinée à convaincre les intéressés des avantages de la banque^'\ Il appartenait, selon lui, à Tlntendanl, renforce du maréchal de Bei-wick, commandant de la Guyenne, de soutenir de leur autorité « un établissement aussi utile et aussi nécessaire pour le bien générai du royaume^" ». Ces bruyants bordelais prétendaient, sous prétexte de liberté, refuser à Bordeaux les billets de la banque^^ et le ministre ne put ni les eonvamcre ni les soumetlre. l/échec était sensible, on l'imputa au receveur des fermes, Fériol, qui fut destitué parce que sous divers prétextes (( il refusait les billets, mais encore il interdisait aux receveurs particuliers -du dé[)artement d'en recevoir^' ». Le receveur général des fermes à Lyon fut de même fra])pé, au moment où Noailles ordonnait aux^ receveurs de Montauban et d'Auch de remettre leurs deniers à Bordeaux. Le mécanisme fonctionnait à faux. Le 23 août 1717, la Chambi^e de Commerce de Guyenne écrivait à son député « nous ne pouvons ni ne devons vous celer les plaintes de nos négociants au sujet des billets dont la place est rem])lie et qui ne s>cquittent plus 11 y en a pour plus de

cent mil écus".

A son tour le Parlement allait intervenir. LMncroyable confiance du Régent provocpiait l'inquiétude''. On chansonnait mais on ne riait pas; la duchesse du Maine lançait ce couplet qu'on répétait avec un premier frisson" :

(( Votre Laiv est un filon »

Disait au Brqent ISoailles Et Vautre, par représailles :

« Votre duc n.Visf quun fou »

Bibl. nat., ms. franc, snppl. 77.^0., t. XXXII : le duc de Noailles à M. de Coiirson, 7 décembre 1716, dans E. Lcvasseur, op. cit. y p. 377-379.

'" Bibl. nut., m?, franc, suppl. 2^32, t. XXXÏI : le duc de Noailles au maréchal de Berwirh, S dôcombre 17 1.6, ihîd., p. 38o.

"" Bibl. nat., ms. franc, suppl. 2232, i. XXXII : le duc de Noailles à M. de Courson, 2^ janvier 171 7, ibid., p. 38o.

" Bibl. nat., ms. franc, suppl. 2232, t. XXXII : le duc de Noailles au maréchal de Berwick, 3 juin 1717, ibid., p. 38i.

" Arch. déportem. de la Gironde, «éri€ C 4261 : Correspondance acfive et passive de la Chambre de Commerce de Guyenne, 28 août 1717.

^^ M. Caiimartin de Boissy à Mme de Balleroy ,■ dans Les correspondants de la marquize de Balleroy, in-S, Paris, i883, t. I, p. 186-187.

" Lettres de la maripiise du Dejjand à Horace Walpole (1766- 1780), édil. Toynbée, in-8, 1912; leUre du i3 avril 1777.

LE SYSTÈME DE LAW H'

C'est ainsi qu'à toute outrance Ils se font la guerre entre eux; Mais le nwlheur de la France, C'est qu'ils disent vrai tous deux.

En 1717, n.algré l'apparente activité du numéraire et l'illusoire prospérité, la situation dos iinancos était si grave que le duc de Noailles, qui avait .x^poussé l'idée d'une convocation des flals-Cénéraux, y était revenu et Saint-Simon qui, en 1710, les

demandait, di-ux ans plus tard n'en voulait plus.

uiiiiduu. Il, 1 uAffpnt sur cette question ren- périu dune

Le mémoire qu il adressa au l^egeni sur ctui qu convocaiioD

ferme des aperçus vraiment i^marquables". Apres avoir rappelé ^^uis- U rmande'ï'une convocation des États-Généraux fonnuee par oe„er.a, lui sous le feu Roi et immédiatement après la mort de Louis XIV r cryait que les circonstances survenues depuis s opposa.en ou du n.oins exigeaient un sursis à cette convocation Celle-c tendait beaucoup moins au règlement de 1 affaire des bâtards au'à celui des embarras financiers. Or ces' embarras tenaient a Iqu'on avait promis de supprimer la capilation et les dixième Tla pa"x bien qu'en réalité on ne put le faire à raison de la Lue énonue du'royaume. C'est au Régent et <. son conseil qu appartient de découvrir le remède, ce que les fjat.-tancia ux 1 e unù nt faire. Du fond des provinces arriveraient des députe plus soucieux de la défense des intérêts locaux que du salut des tZTL l'État. On ne s'entendrait Jamais sur la ques Uon de h ivduction des rentes. U clergé, en gênerai riche en teires et In bénïnces, serait plus désintéressé et se prononcerait pour a î"dSn de; rentes le Tiers-État s'y opposerait avec autant deneS car les magistrats, hommes de loi, avocats procureur bZgêois, commerçants, sont bien nantis e c-nces su 'a noblesse et possèdent presque toutes les rentes. CeUe^^"f «"J favoriserait l'anarchie, l'engendrerait peut-être et 1 entente ne SlU-ait entre les partis qu'aux dépens du pouvoir royal. Réunis ces députés ne se contenteraient plus du droit de remontre:', uT 'eilipareraient d'une partie de ^^^^^^^Z^ rhe de n'avoir pas été convoqués depuis un siècle. Pour s en coi. • vaincre il sûfm de se rappeler le frémissement populaire pr/qué ;^ d'années auparavant lor^^u'à l'occasion de la paix d'Utrecht la rumeur circula d'une convocation des Eta s . et a fhere Plein è il était aisé de remarquer la même agitation pour •les mômèrmotifs. Ces Éta.s-C^néraux se permettraient toutes

'• Saint-Simon, Mémoires, l. XIII, p. 47'i 'uiv.

LE SYSTÈME DE LAW

Les projets de Noailles et

sortes d'empiétements car, à vrai dire, ils sont placés dans une situation fausse. Ils ont le droit de délibérer et n'ont pas celui de voter, mais ils ne se résoudront plus à un rôle purement consultatif et voudront gouverner. Là-dessus, les trois Ordres s'entendront pour usurper, sur tout le reste ils disputeront : le clergé éioulèvera des querelles religieuses; la noblesse se divisera sur la question des légitimés; le tiers disputera sur la question du vole par Ordre, attaquerji la banque de Law et, à la place du malaise, on aura l'anarchie.

Le Régent renonç.i dès lors, d'une manière définitive aux Ittats-Généraux sur lesquels il s'exprimait de la façon d'un homleComité» me qui n'en a guère envie". Quoi qu'il en pensât, au mois de juin 17 17 les billets d'État perdaient entre 58 et 68 livres pour cent''; il fallait aviser. Dès le 19, le duc de Noailles commença la lecture devant le Conseil de Uégence d'un interminable mémoire'' qui aboutit à la nomination de neuf pu dix commissaires presque tous incapables d'entendre les éléments de la finanee'". Ce n'était même pas un expédient; et après avoir réuni et présidé « le Comité », dont il ne tira rien d'utile'S le Régent eut un moment d'anxiété qui se manifesta sous la forme de mauvaise humeur'". C'était ordinairement par des brusipieries <pril portait remède aux embarras de l'État. Le publie s'impatiente de ne voir rien sortir « de la boîte de Pandore. On nous promet tous les jours de l'argent, dit-il, et rien ne vient".» Le duc de Noailks a beau dire : « l^^s grands, le Tiers et le peuple auront lieu d'être contents. » On lui réplique qu'il appelle peut-être contents ceux qui ne le iseront pas du tout et que personne ne sera content aussi longtemps qu'on n'ôtera pas la capitation et le dixième et qu'on ne réduira pas certains impôts onéreux'V Le dixième paraît, en effet, condamné à disparaître et on retirera les billets d'État". En outre, « l'on fait une Compagnie du Mississipi, composée de

Dangeau, Journal, t. XVI, p. 97; 27 mai 1717.

Buvat, Journal, t. I, p. 276; Gazette de la Régence, p. 186.; A juin 1717. Dangeau, Journal, t. XVII, p. 112; 19 juin 1717. Dangeau, Journal, t. XVII, p. 117; 26 juin 1717.

Dangeau, Journal, t. XVII, p. 182, i34, i39, i43, i/jC, i47, i^Q, i5o; 21 juillet au 20 août 1717.

" Gazette de la Régence, p. 196; 3o juillet 1717.

" Caumartin de Saint- Ange à Mme de Balleroy, 6 août, dans op. cit., t. I, p. 194; Dangeau, Journal, t. XVII, p. 149; 17 août 1717.

" Gazette de la Régence, p. 198-199; 19 août 1717; Dangeau, Journal, t. XVII, p. 149; 18 août 1717.

" Dangeau, Journal, t. XVII, p. 149; iS août 1717 ; M. de Balleroy à femme, aS août, dans op. cit., t. I, p. aoo.

sa

MM. de Noailles, d'Estrées, Crozat et M. Law. Ceux qui voudro t «voir une action leur porteront pour quinze cents livres de mir d'État, ils rendront tous les ans un compte tort exact des p^fiU qui seront partagés à proportion des actions q- f «-^ aura Autre : on vendra tous les buissons du Roi sépares des fo ets ;ron recevra le paiement en billets d'État. Autre : on fera une literie Tus les mois dont les billets seront de vingt-emq sols !t on Urera chaque mois la somme qui se trouvera. Tous es

;\i sl^ient plyés en argent, -^^->^^ '^^^^i:Z^ caTuants rapporteraient une somme égale a 1 intérêt des bUicis finsi lemiouïés. Cette combinaison ingénieuse „ q- Prepara't Tnation à l'ivresse du Système » eut. un succès complet . Quelques ^et^knchements sur les pensions, plus ostentatoires quettec-

"1i ra^^tiirnrntTarL le Parlement, où on craignait .. .. .< auelaues délibérations dont on ne serait pas content ». t-n p ,,„ tffTiJpr tTdes .^solutions qui parurent un F" trop portes .. 28a.ùt t'édît ou'on lui présentait supprimait l'impôt du dixième en iiUnf k taxe sur les maisons pour le nettoiement des rues et Perret en des irternes, taxe que le gouvernement renouveai aorTs <,ue les propriétaires s'en fussent rachetés en 170A • prix élevé En même temps, l'édit réglait plusieurs ques Uons Sivta l'administration dos fmances. Le préambule de 1 ed t . "n le que le Roi a fait tout ce qui ^ép^^^^ait de .^. pou dmii- ..-.or les dépenses de l'État et augmenter ses ressources, 11 XlnchéZs de quarante millions sur ses dépenses- plusieurs e r^ës parUcuHères ont été augmentées; les paiements effectifs ontTt 'épris au trésor royal et à l'Hôte, de Ville et se son elev . ■ *.n deux ans à plus de deux cent quarante millions. Les quatre sous pour 1 vre sur les droits des fermes et plusieurs autres im- 1^ int été supprimés ou tout au moins ^-'-f^;^^- £— ont subi d'importants retranchements; on a aboli tous 1^ P"^' 4e dt droits de gabelle efdes aides. Le Roi veu maintenant charger l'État de l'entretien des lanternes et des rues de Pans en

.. M. rfe Balleroy à .«, /.mme, ,3 aoftl. dan, op. f'l'-^^-^Z'^'„,,.

p. 501 ; Buval, Journal, t. I. P- 'O^-

•• Dan-oau, Journal. I. XVII, p. .53; 26 août .717- ," Dangeau. Journal, t. XVII, p. i5/,; .8 aoul .717-

LE SYSTÈME DE LAW

lîemon-

tranccs;

elles

mettant oes dépenses sur le compte des propriétaires : il veut retirer de la circulation, tout au moins en partie, les billets d'État, en obligeant leurs porteurs à les convertir en rentes viagères ou à les placer en loteries, ou à les employer à l'achat de certains biens du domaine ou encore vn souscriptions d'actions de compagnies de commerce. Quant aux billets des receveurs généraux, ils seront éteints de la même manière et, de plus, au lieu de rapporter 7,5 pour cent, ils seront soumis au laux ordinaire de l'intérêt des billets d'État".

Toutes Chambres assemblées en la grande chancellerie, le Parlement examina ledit. Le président de Novion et le président sttUf"ctJ0D ^^ Landron représentèrent fortement les conséquences que portaient plusieurs articles et réunirent à leur sentiment plus de cent voix contre quarante. Ce qu'ils reprochaient à l'édit c'était sous le nom de conversion des billets d'État l'introduction d'une banqueroute déguisée, lis résolurent de nommer douze députés appartenant à toutes les chambres pour aller faire là-dessus des remontrances au Roi et demander au Régent un état des revenus du Roi, des dettes de l'État et de ce qui en avait été acquitté depuis le i""" septembre 1715''. « C'est, disait-on, dans Paris, la démarche la plus hardie qu'ait encore fait le Parlement », et qui faisait craindre a quelque trouble dans l'État'" ». Admis devant le Régent, les députés exposèrent leurs difficultés à l'enregistrement de l'édit. (( Je vous donne vingt jours pour chercher les moyens de les aplanir, dit le prince, et, en ce cas, on tâchera de se conformer aux avis du Parlement'' ». Mais quand les députés demandèrent qu'on leur rendit compte des deniers de l'État, le duc d'Or- 'léans les interrompit et dit : « Tant que je serai dépositaire de l'autorité royale, je ne souffrirai pas qu'elle soit avilie, jusqu'au point de rendre de pareils comptes". » Il était pâle et tremblant : <- Je ne me possédais plus, tant j'étois en colère a-t-il avoué'*. » Dans la soirée, le Premier Président fit convoquer le lendemain dimanche à 9 heures du matin au Palais-Royal les quatorze magistrats commissaires. A II heures le duc de Noailles reprit devant

Isamb^^rt, Recueil des anciennes lois françaises, l. XXI, p: i5o.

Ruvat, Journal, l. I, p. 208; Dan-oau, Journal, t. XVII, p. i54; 28 août 1717 : ^rch. du Parlement, Rr*?islres <hi Conseil, X. 8422. "" M. de Balleroy à sa femme, 3o août 1717, dans op. cit., t. I, p. 205.206.

Buvat, Journal, t. I, p. 3o2.

Buvat, Journal, t. I, p. 3o3 ; Dannrean, Journal, t. XVII, p. i55; 3 août 1717; Gazette de la lîégence, p. 201, 2o3 ; 2 septembre 1717; M. de Balleroy à sa femme, dans op. cit., t. I, p. 207.

Gazette de la Ucgence, p. 2o3 ; 6 é^-ptembiv 1717.

oux en présence du Régent l'exposé de ses plans appuyé ac preuves; il consentit à répondre aux objections et vers 2 heures on J^para « à peu près content les uns des autres ». Pendant Z tem^s le Régent qui se promenoit dans la chambre d,t que V- public déçoit Itre content de la grâce que le Roi faiso.t de supprime le dixième. Sur quoi le bonhomme Le Nam, doyen d S^ec fermeté : « Ce n'e.t point une grâce, ^o^^^^"^";-' ,,';^^^^ une iustice que le Roi nous fait et nous espérons qu il nous la rendJa de même sur la capitation".,. Le Parlement donna a ses rmontrances un tour énergique. Après divers -Ranges de vues. I enregistra le /, septembre, la plupart des articles de ledit éserva qielques auti' s" ainsi que trois autres édits qui seron 'enregistrés k 6. Le 9 septembre, les gens du ^o. app-f-en une déclaration interprétative portant surseance a 1 e'^^?"^ «" ^^ r"rticle 6 de l'édit, concernant les fonds nécessaires a 1 entretien , au nettoiement ies lanternes et des rues; elle ordonnai que le 1 "rets des billets de l'État non employés conformément a ed seraient payés même après le premier janvier, et elle laissait ^!,x Dorteurs de rescriptions et des billets de receveurs généraux li£^rde les consei^or avec intérêts également à quatre pou cent ran, ou de les convertir en billets de caisse commune des

receveurs généraux . p^mier Président,

Le Parlement avait eu gain de cause et le r , , ,p,,es

anr^s avoir félicité la Compagnu- du succès de ses ^^n'-» ^ "^J annonç que Messieurs pouvaient vaquer dorénavant a le. rs affaires particulières et s'aller reposer aux champs s s le ju Il àHroDOS-"- Pour fléchir les magistrats, Noailles avait ^r^né d'introduire l aw dans le Conseil où quatorze d'entre eux dTscu Ï<-nt" rtôn.rances, afin de les éblouir par l'exposé « des tan tage" qui reviendroient de la compagnie du Mississ.pi ; . avantages qui le nensèrent, peut-^tre simplement qu d

est content, écrit Dangeau. et on est content du Parlement ,

.' GazelU de la Régence, p. ,0/,; ,0 scplcmbrc x,.,; M. <ie Balleroy à sa femme, 7 scplcmbro, dans op. cil., t. I, P- 211. " N"" I, 2, 3, 4, 5, 7. 8. 9. •"■ '^ 'S-

t I n 5o n» 5; 9 septembre 1717 (/»'•«''• "«'•• ^ ,' . ' vviT 1. .-ifi t5o- .«.'Arch: ««(., X',8433, fol. 4.8; D.ngoau, Jourm.1, t. XVH. p. .56-i59,

Sninl-Simon, Mémoires, édit. Chéruel, t. XIV, P; "/-"^l ■" Dangcàu, Joumoi, t. XVII, p. 167 ; 5 «.plcmbro 17.,. '»» Dnngoau, Journal, t. XVII. p. .60; .0 scplcmbro ,7.,.

LE SYSTÈME DE LAW

La banque résiste

L'affaire du Mississipi

J^ public S «tonnait et soupçonnait a cet accord si brusque des motifs peu honorables, le bruit courut avec persistance que le président de Novion ne setait si fort adouci que devant la promesse d'une pension de 2.000 écus'".

Quant à Law, il sortait de cet épisode plus discuté que jamais. Le duc d'Orléans affectait de lui témoigner de la confiance'"', scntremettait pour le raccommoder avec le duc de Noailles'"*, quoique leur brouille parut arrangée pour berner le public"*' qui n'était pas sans inquiétude à l'idée de voir l'affaire du Mississipi livrée aux mains de cet étranger'"', joueur de profession et dont ^existence désordonnée autorisait tous les soupçons'"'. Cependant la banque était exacte à payer"" et résistait à tous les assauts. les gens intéressés à la faire tomber, après avoir tiré sur elle beaucoup de lettres de change en fort peu de jours et croyant avoir par ce moycm épuisé tous ses fonds, y envoyèrent un matin deux hommes qui demandèn^nt h parler à M. Law. Après avoir longtemps attendu, ils furent introduits auprès du banquier à qui l'un présenta pour 2 millions de ses billets et l'autre pour 2.800.000 livres. Un peu ému, Law demanda un répit de vingtquatre heures, à quoi on lui répondit : \( Vous n'y songez pas, les billets doivent être payés à vue, c'est décrier la banque que de demander du temps pour payer si peii de chose. » Cependant on accorda les vingt-quatre heures, mais <( pas six minutes de plus )>; Law ne demandait pas autre chose, courut implorer Noailles « qui, ayant autant d'intérêt que lui que la banque ne fût pas décriée, alla au grand magasin, d'oii la somme fut tirée et payée aux porteurs de billets"' ».

Fauté de pouvoir ruiner la banque on se rejette sur l'affaire du Mississipi, car il n'est pas donné, dit-on, a un particulier avec des fonds si médiocres de former et de soutenir un semblaj)le élablissement"\ Law n'a cure des prophètes de malheur et il obtient pour assurance de l'intérêt de cent millions une somme

"* M. de Balleroy à sa femme, ^ et 7 septembre, dans op. cit., l. I, p. 209, 212.

^°' Dangeaii, Journal, i. XVII, p. 169; ^ octobre 1717. »"* Dangeaii, Journal, t. XVII, p. 172; 12 octobre 1717.

"' M. de Balleroy à sa femme, 20 octobre, dans op. cit., t. I, p. 2i4; Gazette de la Régence, p. 208; 22 octobre 1717.

"" M. de Caiimartin de Boisi^y à Mme de Balleroy, 21 octobre, dans op. cit., t. I, p. 187.

'"• Gazette de la Régence, p. 207; i5 octobre 1717. *

*^' Gazette de la Régence, p. 208; 22 octobre 1717.

^" M. de Balleroy à sa femme, 3o octobre 1717, dans op. cit. t. I, p. 220-221. "' Gazette de la Régence, p. 208; 22 octobre 1717.

et la LouisiaDe

de auati* millions sur la ferme du tabac et le contrôle des actes

Lp ooiiuiic , f.. ^'Europe à des associations privi- ;;/

presque tous les grands Etats ,'î,*'"r'P j compagnies de Co«,mercc

légiées nanties d'un monopole En F^^^œ ^e« « VJ^^^^^^^^ • -

commerce établies par ^'^;^^;:4f, dindes Occidentales, du

jamais la P'^^P^V^*' ^^ ,?-'^ "h, Canada de la baie d'Hudson, Sénégal, de -Guinée, d ^Çadif > ^u ^an^^^^ J.^^J ^^clité. A ces

abandonnés rappelaient seuls notie S"^*"";" /. .. ^^u. ^e poupagnies de commerce, mais des '^^'^P^T^^'^'^rdéloyalo des

lafent soutenir <-,77-"-,::r en tce a u- lu^^^ ^ ^ Anglais et des Hollandais. Place en lace

point compromise, Law ne ^«"«'If. P^f. !" ^^ tTv.rs une riche

'gnies de commerce. Son coup ^.^l^^J^lf^;^ deux Fran- ^rovince de l'Amérique du Nord jadis decouverep ^^^

Jais qui <'--"<^'7:,J^'-t r g r frrtiL rSnommé par les fleuve magn.fique borde d^eg^^ ^^^^.^^ ^, .^^^,,

indigènes Mississipi. Un troisième nv Hollande,

:. cette contrée le nom de Louisiane. Les guene ^, ^^

d'Allemagne et de la Succe«son d Espagne avaiem tin plblique de cette eoU>,ie -rv^^-;;,, ,,,,, , eon- I.e gouvernement ne -/; . f^ :r,^^;r;on L contre la

sacrer à la Louisiane il ^^^^J^^'^ ^ ^^^^ considérait comme partie espagnole de Saint-Domingue, ma s

" .«> Dan^oau, Jourml. t. XVII, p. ^«4; . d-^ombrc 1717.

... GazHle <le la "-^S"»;/' P„„';,;' cU^o^n'L./e' commerce. Etude po.r ..» P Uonnassicux, Les grandes <^u" / j

•- A l'hiilnire de la colonisa (ion, in-8, Fans, lot)... cinpral-

servir a l histoire ae i Oriontalos; 2° Chm« ; 3° Sénégal,

... te six compagnie, em^nt .i "d barbarcsques.

4» Sainl-nomingue ; 5» Canada, 6 '^'"1";^ * . ,; ^^^^ H. Gravier.

... Sur ce. sujet que nous •—;"'.;" ^ A?' ^^^"1; présent, à la Fa- L.^„,.e de .•/ben.iUe à « .^;";:7,';;,''pl ?obtention du'dip.ôme d'études

::^.^x:::^"ir.lL:'à^n?lo.:"tx,:"z ■.Ji:^ . ce de.

nier ouvrage, p. lviii suiv.

LE SYSTÈME DE LAW

k meilleure solution de « mettre ce pays pondant un certain nombre d'années entre les mains d'une compagnie ou d'une personne » se chargeant de la faire valoir. Un linancier se présenta . Antoine Crozat. On l'aboucha avec le nouveau gouverneur La Mothe-Cadillac qui a l'engoua des richesses immenses de la Louisiane, de ses mines d'or et d'argent, de ses perles fines et du commerce espagnol » tellement que le financier consentit à risquer sept à huit cent mille livres dans l'affaire. Des lettres patentes du 12 septembre 171 2 lui abandonnèrent le monopole du commerce pendant quinze années, la propriété perpétuelle des mines ouvertes, des manufactures établies et des terres mises en valeur durant cette période, à condition d'envoyer chaque année au Mississipi deux vaisseaux porteurs de vingt colons, garçons ou filles à son choix. En même temps, le gouvernement réorganisait l'administration, confiée à deux hommes impropres à cette besogne, et à un conseil dit supérieur et d'une incompétence notoire. A leur arrivée, la Louisiane paraissait au moment d'être abandonnée par quelques familles ruinées et réduites par deux mauvaises récoltes « à un besoin extrême des choses les plus nécessaires j la vie ». Une garnison de soixante-sept soldats vivait de rapines. Le monopole Crozat allait pousser à bout cette situation. Désormais plus de commerce de planches avec la Martinique et avec Saint-Domingue, plus de commerce de volailles avec Pensacola, plus de commerce de pelleteries et un renchérissement inouï des farines, vins et eaux-de-vie devenus inabordables. I^s habitants ne pensaient plus qu'à se retirer, plusieurs vendaient déjà à perte leurs maisons et leurs esclaves, les autres n'osaient pas même faire travailler, (( dans l'incertitude 011 tout le monde était de la réussite de l'entreprise ».

L'occupation de la vallée du Mississipi par une soixantaine de soldats et une centaine d'individus dont quarante enfants imposait l'envoi d'émigrants au nombre de quatre à cinq cents, sous peine de voir la Louisiane a envahie par les Anglais à la première rupture ». Ceux-ci, en effet, ne négligeaient rien [X)ur s'y installer, établissaient des magasins, s'introduisaient dans les villages et n'épargnaient rien « pour mettre tous les sauvages dans leur parti ». Un ensemble de faits montrait le dessein britannique de mener contre nos établissements un large mouvement d'offensive depuis les grands lacs jusqu'à la mer, lorsque le i5 avril 171.'), une révolte éclatait contre les Anglais devenus odieux par leur brutalité, bouleversait leurs établissements dans la Caroline et sauvait la Louisiane d.'une conquête anglaise. Crozat voulait qu'on profitât de cette circonstance pour affaiblir nos rivaux.

Précisément, au mois d'août 1715, deux compagnies de renfort armaient à a Louisiane et les ordi^ du Roi prescrivaient la fondation! cinq ^^^^^^ Les principales voies d'accès devaient être désormais fermées aux Anglais. ^

Toutefois la Louisiane ne semblait guère se prêter a ce qu on attendait d'elle. « Point de chalouj.es ou de p.rogues et point de Sots pour les montei; roftectif déjà si faible dos quatre eomnaln es réduit tous les jours encore par des désertions nom biuses un chiffre d'habitants dérisoire - cinquante en 17.6 rnTpr -saue la moitié étaient des officiers ou des employés -. et pou ruronn,.r le tout, l'état moral de la colonie peut-être pire que sa détresse matérielle. « Les chefs s'ignoraient entre eux^ ulomciers ignoraient le gouverneur et tenaient « de« discours si sédWeuv que jan.ais chef de révolt* n'en avait tenu de semlaïie quant a'ux soldats ils battaient impunément leurs officiers. La cilonie étaient plongée . dans un désordre horrible », et di le début de ,7,6, Crozat sollicitait le rappel du gouverneur La Mothe-Cndillac' et de l'ordonnateur Duclos; le gouvernement

accéda à sa demande. r^ ^ . j-

Uolnseil d.- Marine, inspiré par le comte de Toulouse et dirigé par le maréchal d'Estrées, ne pouvait méconnaître 1 impor-

tancTde la Louisiane, il priait donc le ^--^^Y\ ^SlrTie seulement de soutenir l'établissement, mais de k fortifier et de 'augmenter autant et le plus diligemment qu'.l sera possible » non Tcal de .ses richesses mais à raison d'un avantage M^eu ^U-e plus important que l'or et l'argent ... Par sa situation la r.ùli'ne constitue ..une espèce de garde avancée sur ^osJ^^ nies anglaises .. qu'elle est « en état de brider et^ de contenir auand if en sera besoin ... Sa possession nous permet de défendre Tcani conti. les intrigues anglaises qui P-3^«-^.;f ^-; rhasser de tout le continent de l'Amérique .., en même temps ;uX barre le chemin du Nouveau-Mexique aux Anglais qm mettaient tout en usage « pour avancer jusque sur a rivière r M stJ^i ... Le Co;seil de Marine P-posait IVnvoi de nou^ velles troupes et, annuellement, l'envoi de cent faux-saumcrs Itde cent filles éevécs dans les hôpitaux dès leur enfance ...

lis

Xrch. des colonie. C" Louisiane; Correspondance générale, t. IV, p. 5.'i-64, 73-73- ••Ht XXXVm fol. 88, 3a6 : le Conseil de

vivres, d^s munitions et des marchandises, quatre nouvelles compagnies d'infanterie et de nombreux colons''". A leur arrivée (mai 171 7) Lespinay et Hubert trouvaient la colonie dans « une confusion et un désordrtî inexprimables'"' et ils envoyaient en France des appels désespérés de secours*". Crozat n'était plus en mesure d'y suffire. Taxé par la Chambre de Justice à la somme de 6.600.000 livres'"", il se retirait de l'entreprise coloniale, et en janvier 1717 remettait tous ses droits au Roi'^^ ». Pour la Louisiane elle-même il n'en était que teuqjs. En poursuivant surtout la découverte de mines et l'établissement de rapports avec le Mexique, Gr^izat avait achevé de ruiner le domaine qu'il se flattait de laisser « en état de devenir un très grand objet'" ». Les colons, réduits à la dernière misère ne songeaient qu'à l'abandonner'^" et les sauvages, laissés sans marchandises de traite, étaient « sur le point de nous échapper » au risfjue « de notre destruction totale'" ». On com|)rend donc que le Conseil de Marine n'ait pas insisté auprès de Crozat pour hii faire garder la Louisiane. Persuadé qu'il était <( très avantageux au bien de ''État de soutenir cet établiss(*ment par beaucoup de raisons essentielles connues de tout le monde », mais aussi que pareille tâche étoit trop considérable pour... un seul particulier », il proposait en janvier 171 7 de <( choisir une compagnie assez forte pour soutenir cette entreprise"'* ».

Il ne manquait pas d'esprits clairvoyants dès lors pour remar quer que « toutes l(*s compagnies étaient tombées » et que les colonies avaient pi()s[)éré à partir du jour où elles avaient vé>"U

'=»« Arch. des Colonies, sôri<» R, t. XWVm, fol. 85, 86, 102, i33, 298-299; C'', corrcsp. générale, t. IV, p. S'fi^-Sfi/i.

^^^ Arch. des Colonies, C^^ Louisiane, Correspondance générale, t. I, p. /17-48 : Mémoire sur la situabion dv la Louisiam' à l'arrivée dv M. de Lespinay [par Hubert?].

^^^ Arch. des Colonies, C^^ Louisiane, CorresfKtndnnce générale, t. V, p. 27- 28: Lespinay et Hubert au Conseil de Marine.

'^^ .]. Ruvat, Journal de la Régence, L I, p. 196.

'*-* Arch. des Colonies, Amérique du Nonl, Postes de la Louisiane, fol .ï44 : Mémoires de Crozat au Conseil de Marine, janvier 1717.

*^^ Arch. des Aff. élrang., Amérique, Mémoires et Documents, t. ï, fol. 289 ': Mémoire de GrozaI servant à rint'clHfrenee <hi <ompte de ee qu'il cédait an Roi à la Louisiane.

^'* Arch. des Colonies, C* Louisiane, Correspondance générale, t. ÏV, p. 391-392, 395-396 : Duclos au Con.'-eil de Marine, 3 juin 1716.

^-' Bibl. nat., ms. franc. i2io5, p. 19-20 : Mémoire du missionnaire de Maire au Conseil de Marine, i®*" mars 171 7.

**" Arch. de la Marine, B* Délibération du Cons<Ml de Marine, t. XIX, fol. /i6 ; i3 janvier 171 7.

LE SYSTEME DE LAW

hors d« la tutelle des compagnies"'. Mais celles-ci avaient tou^ iou,« eu le défaut detre trop limitées, on pouva. remédier au mal .-n fondant une compagnie dans laquelle entrerait « pour nin.i d:.e tout le royaun..:"" ... I .w guettait cette P-o^c qm ku sembla à .la mesure de se. appétit; „« voulail-.l pas que la nation ^Uè e devint .. un corps de négociais dont la banque sera t rèaLse ,. et, à cet effet' la banque produirait le crédit en multipliai.l U- numéraire penJ.nt que la <^-"P''f"''',:;;^^''^"^^;j;' ^ c édil en utilis.nl l'argent do l. banque. 1 l"\^*^»f ^"^*^^\;^ main sur une contrée assez riche pour alimenter le commerce

u loyale, et la Ix>uisiane s'offrit à lui. Il entrevit 1 avenir d une position stratégique de cette importance dans la conque te écroiCue de l'univers. Outre les richesses presque inepu sab es du sous^ol, la fertilité inestimable d'un sol vierge, loxploiiaUon de forêts immenses, la Ix>uisiane mettait en commum-

aSn avec le Canada, au sud elle formait -Y'fjTLZTZ où chaque fleuve conduisait vers un centre destine a former un

'^^véSltl^r^rTais on abandonnait dès maintenant à la u . Tout y elail a créer, umi© wn i „„ r-onQ/Ia cpIIp Compagnie

compagnie concessionnaire, la traite des castoi-s au Canada celle ^,^^^.,,„^ Lnèfres »ur la côte de Guinée, vacantes en ce moment; enfin rlr diSrnuler le véritable objet on adopta le nom deCompor S d'OcJid" n< Elle fut instituée par lettres patentes (fin août • r,) lui c^o dant pour vingt.inq ans le -o-pole du com- ZL à la Louisiane et de la traite des castors au CanaJ- » P^J^ TJlMé la propriété de « toutes les terres, costes, ports havres

Ï,„" to et marchandise, «.ieal exonérée, de dral d entrée et de

d'Occident, 1717- „ ^. , ^ ...... ^^;#- déclarations, arrêts, ré-

„;:.r;'i.r;'L:: rrz, -: s:;;." -i» ,^. o,„»».,.. ....

nais, op. ce., t. V p 5.. .74 .E- Da.r , ^^^^ ^ ^^^

écrits et les opérations du sysieme, eu i^

if-

sortie. Les produits du cru n'acquitteraient pendant (Hx: ans dans les ports du royaume que la moitié des taxes frappant ceux des îles d'Amérique. Enfin le Roi lui faisait don de tous les forts, magasins et bâtiments appartenant au Domaine, comme des vaisseaux et effets laissés par Crozat à charge pour elle d'y transporter au moins six mille blancs et trois mille noirs.

Ces lettres patentes furent bientôt complétées par un arrêt du Ck)nseil, accordant à la Compagnie une nouvelle faveur. A sa demande, le pays de l'IHinois, détaché du Canada, fut incorporé à la Louisiane'"'. 11 paraissait de la dernière conséquence pour l'État d'attribuer à la Compagnie les mines d'or et d'argent des Illinois (( dont on avait des raisons solides de croire qu'elles étaient aussi abondantes que celles du Mexiipie"'. Ces mines, disait-on, sont (( l'objet principal de l'établissement et le plus capable d'augmenter la colonie... la France court risque de manquer sa fortune, si elle tarde plus longtemps h user du riche présent de la nature, que sa négligence ferait passer aux Anglais. » Et la réussite paraissait d'autant plus certaine qu'on allait disposer de ressources immenses.

Le capital était de cent millions, réparti entre deux c^nt mille actions de cinq cents livres, payables en billet d'État, fournis pour la plupart par \a banque et non en argent; or les billets perdaient alors près de 76 pour cent. Le paiement des actions en billets d'État était avantageux au Trésor et avait été imposé à la Compagnie, mais il mettait celle-ci dès son début dans une situation difficile. La colonisation de la Louisiane exigeait un apport considérable de capitaux, or la Compagnie ne pouvait employer que les quatre premiers millions qui lui seraient payés, le revenu des autres années devant faire partie du dividende et être invariablement partagé entre les actionnaires. On put donc dire que Law engageait l'affaire sans capital — les quatre millions seraient plus tard réduits à trois — car, une fois déduits les frais de premier établissement, que restait-il pour subvenir à ceux de la* culture, de l'industrie, du commerce jusqu'au jour où viendraient les bénéfices. De plus, sur les deux cent mille actions il s'en trouvait douze cents de cinq mille livres qui se i)retaient dif-

^ R 'f yyy'iY^^r'?^ ^' ^'""^'^ ^'' ^"'^"^^^^' ''"''''' LI, fol. 19. et sen. R t XXXIX, fol. ^Bg : requête de la Compagnie et arrêt du Conseil du 27 septembre 17 17. v^nocu uu

;** Arch. des Aff. étrang., Amérique, Mémoires et Documents, fol 228 28A mémoire, avril ,717; fol. 3o5-3o6, 3„ : Rapport du duc de Non il L,

LE SYSTÈME DE LAW

très large au tral.c du pap.o La b nqu^^^^^^^^ ^^ ^^ ^^^^^ gros actionnants de l'î.,^°"^Pff "'t,,,^, „ de pi^ndre intérêt »

t ''''Tf<i:LTTj:J^re^^^^^ coLnir les billets dans celle d Occideni, eue / . j ^ial (4.5oo.ooo ii-

d'Étal forn.ant >':«,/'«'V^l"'»'-^^/;^"„^7,tn?e d'Occident.. Leur vres) en neuf mille actions de a J.;«^l';fJ^.^,i^ .^^^^^^ ndée

•„t;^« offrait une coordination si exdcv. iju lu». <= association cniaii une c n-marque et donna à l'ensem-

Système de Law,

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