LX1II
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duite au brio^andagc"'. En Languedoc tout semble prêt à périr"*; tn Maçonnais, en Dauphiné, en Provence, les moins malheureux se nourrissent d'avoine, les autres d'herbes cuites sans sel"' Au nord, dans la chàtellenie de Bouchain, voici le tableau que trace l'Intendant : a II n'est pas seulement l'esté une paille dans aucun village; non seulement la récolte y a manqué, mais encore les mars qui étaient en terre et les fourrages ont été entièrement enlevés jusques à la paille, ou, pour mieux dire, jusques aux chaumes qui couvraient les maisons, dont quantité ont été renversées et démolies, les bestiaux pris, et les chevaux presque tous péris par les corvées continuelles, depuis dix-huit mois et le défaut de nourriture. Enfin, pour comble de malheur, les maladies sont venues, et la mortalité a été tout l'hiver et est encore à un point qu'il est mort plus d'un tiers des habitants"^". »
Partout se présente le même spectacle : en Autunois, les pauvres « la peau collée sur le dos'" »; dans le Bordelais, les paysans (' foibles et languissants, le visage pale, décharné'"' »; en Bourgogne, des enfants de quatre à cinq ans broutant l'herbe dans les prairies comme des moutons"'; ailleurs, des adultes pâturant comme les bètes, leurs visages décharnés pâles, hvides, noirs, leurs corps ehancelants faisant peur aux plus résolus '" ». Paitout (( on voit les gens s'affaisser, littéralement morts de faim'^'' »; le chevalier de Laubépin compte trente-deux cadavres gisant en travers ou bien rangés le long de la grand'route depuis Roanne^**. u L'Estat dans lequel est tombé ce royaume est si triste de quelque côté qu'on le considère, écrit Saint-Simon au mois de janvier 171 2, qu'il n'est point de françois, capable de quelque ré-
"' M. Varchevêque de Sens au Contrôleur général, 5 mai 1709, ibidj t. m, p. i44, n. 399.
"* Lettre de Vévêqiie de Carcassonne, 18 avril 1709, ibid, t. III, p. i3o, n. 378; L. Chariwinlier, Un évêqii^ de Vancien régime, 1899, p. 119-12^.
"" Uévêque de Mâcon au Contrôleur général, 2 juin 1709, ibid, t. III, p. 125, n. 364*
^''" M. lie. Bernièrcs, intendant en Flandre, au Contrôleur général, 22 f-évrier 1710, ibid., t. IH, p. 273, n. 70C.
^*^ E. Martèiic et U. Durand, Voyage littéraire de deux religieux bénédictine, ln-4°, Paris 1717, p. i64.
^^^ M. de la Bourdonnaye, intendant à Bordeaux, au Contrôleur général. Il mai 1709, op. cit., t. III, p. i52, n. !^^o.
'*^ Lettre -ie M. Carré, procureur général au Parlement de Dijon, 4 maj 1709, dans Correspowiance. t. Il, p. i36, n. 383.
^** RcDue des Société savantes, 1890, p. 24O.
^*' Madame, Correspondance, édit. Jaegté, t. II, p. 35, septembre 1709.
^** Dangeau, Journal, t. XVI, p. 4o3-4o4 et 4ii note.
fleclion qui n'en ait les cniraillcs éiixucs et point d'estranger raisonnable en qui la pitié n'ait succédé à la jalousie de la nation. Non seulement il est vray de dire qu'il ne luy reste aucune partie saine, mais la vérité veut encore qu'on ajoute qu'il n'y a plus rien que d'entièrement méconnaissable'^^ »
Sous l'excès des maux il ne reste à la nation qu'à succomber sous les coups. I^s émeutes se multiplient'^*, des rumeurs perfides circulent. « Tout est à craindre des peuples qui meurent de faim et qu'on prend soin d'exciter, écrit Mme de Maintenon; ils disent que le Roi enlève tous les blés et s'enrichit en les leur vendant bien cher'^\ » La coalition espère, par ces mensonges, détacher le peuple du Roi ou du moins ébranler la fidélité et rendre impossible la résistance au dernier effort qu'elle prépare pour désarmer son vieil adversaire, démembrer le royaume et réduire la France « si bas que les enfants des enfants n'auraient même pas la tentation de s'en l'élever ». Alors ce ne fut qu'un cri d'indignation et de vengeance, ce ne furent que propos de donner tout son bien pour soutenir la guérie, et d'extrémités semblables pour signaler son zèle. En un mot, les choses en vinrent à un point si extresme qu'il ne dut plus estre permis de penser qu'à la patrie'**". Mais voici que par un de ces renversements qui ne se voient qu'en France, la guerre maudite, fatale, qui avait conduit le royaume au bord de l'abîme, allait se transformer en victoire soudaine, triomphale, conduisant à une paix glorieuse et profitable.
C'est pendant ces jours d'angoisse patriotique qui séparèrent la mort tragique du duc de Bourgogne de la victoire de Denain, au mois d'avril 171 2, que « tapi » dans son <( trou d'entresol » de Versailles, Saint-Simon, brisé par la douleur mais s'oubliant luimême et la perte de ses espérances pour ne songer qu'au bien public, eut l'idée d'écrire à Louis XIV une lettre anonyme, comme avait fait Fénelon, dix-sept années auparavant'^\ C'est un
'**' Projecis de reslablissement du royaume de France, dans Ecrits inédits de baint-Simon, publiés par P. Faugère, in-8, Paris, 1882, t. IV, p. 193.
*'** A. de Boislislo, dans Revue des Questions historiques, 1903, t. LXXIII, p. 5oi-5o9. •
"• Mme de Maintenon à la princesse des Ursins, dans Recueil Bossange, t. IV. p. 288.
*"• Projects de reslablissement, p. 194.
^*^ Anonyme au Roy. dans Ecrits inédite, t. IV, p. 10-59 et pour la discussion de 1*1 uthenticité : Avant-propos, p. I-XV. L'autour dit au début : <« Te sr.iis q\w Vostre Majesté ... on a reçu assez souvent en sa vie, n'a pa? laissé souvent aussi de les lire. »
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INTRODUCTION
INTRODUCTION
duit€ au brigandage"'. En Languedoc tout semble prêt à périr"*; en Maçonnais, en Dauphiné, en Provence, les moins malheureux se nourrissent d'avoine, les autres d'herbes cuites sans sel"' Au nord, dans la châtellenie de Bouchain, voici le tableau que trace l'Intendant : « Il n'est pas seulement resté une paille dans aucun village; non seulement la récolte y a manqué, mais encore les mars qui étaient en terre et les fourrages ont été entièrement enlevés jusqucs à la paille, ou, pour mieux dire, jusques aux chaumes qui couvraient les maisons, dont quantité ont été renversées et démolies, les bestiaux pris, et les chevaux presque tous péris par les corvées continuelles, depuis dix-huit mois et le défaut de nourriture. Enfin, pour comble de malheur, les maladies . sont venues, et la mortalité a été tout l'hiver et est encore à un point qu'il est mort plus d'un tiers des habitants"". »
Partout se présente le même spectacle : en Autunois, les pauvres (( la peau collée sur le dos"'^ )>; dans le Bordelais, les paysans (' foibles et languissants, le visage pâle, décharné''^" »; en Bourgogne, des enfants de quatre à cinq ans broutant l'herbe dans les prairies comme des moutons""; ailleurs, des adultes pâturant comme les betes, leurs visages décharnés pâles, livides, noirs, leurs corps ehancelants faisant peur aux plus résolus ""** ». Paitout (( on voit les gens s'affaisser, littéralement morts de faim"^ »; le chevalier de Laubépin compte trente-deux cadavres gisant en travers ou bien rangés le long de la grand'route depuis Roanne"*. u L'Estat dans lequel est tombé ce royaume est si triste de quelque côté qu'on le considère, écrit Saint-Simon au mois de janvier 171 2, qu'il n'est point de françois, capable de quelque ré-
'*' M. Varchevêque de Sens au Contrôleur général^ 5 mai 1709, ibiti, 1. m, p. i44» n. 399.
^^* Lettre de Vévêque de Carcassonne^ 18 avril 1709, ibid^ t. III, p. i3o, n. 378; L. ChariKîriticr, Un évêqu^ de Vancien régime, 1899, p. 119-124-
"• Uévêque de Mâcon au Conirôlear général, 2 juin 1709, ibid, t. lll, p. 135, n. 364.
"" M. tle. Bernièrcs, intendant en Flandre, au Contràleur général, 22 février 1710, ihid., t. IH, p. 273, n. 706.
^** E. Martèiic et U. Durand, Voyage littéraire de deux religieux bénédictine, ln-4°, Paris 1717, p. i64.
^*^ M. de la Bourdonnaye, intendant à Bordeaux, au Contrôleur général, Il mai 1709, op. cit., t. 111, p. i52, n. 4io.
'" Lettre -ie M. Carré, procureur général au Parlement de Dijon, 4 maj 1709, dans Correspondance, t. Il, p. i36, n. 383.
^" Reoue des So'dété smmnteji, 1890, p. 246.
"* Madame, Correspondance, édit. Jaegîé, t. II, p. 35, septembre 1709.
'*• Dangeau, Journal, t. XVI, p. 4o3-4o4 et 4ii note.
flcction qui n'en ait les eniraillcs émues et point d'estrangcr raisonnable en qui la pitié n'ait succédé à la jalousie de la nation. Non seulement il est vray de dire qu'il ne luy reste aucune partie saine, mais la vérité veut encore qu'on ajoute qu'il n'y a plus rien que d'entièrement méconnaissable^*\ »
Sous l'excès des maux il ne reste à la nation qu'à succomber sous les coups. Les émeutes se multiplient^**, des rumeurs perfides circulent. « Tout est à craindre des peuples qui meurent de faim et qu'on prend soin d'exciter, écrit Mme de Maintenon; ils disent que le Roi enlève tous les blés et s'enrichit en les leur vendant bien cher"*. » La coalition espère, par ees mensonges, détacher le peuple du Roi ou du moins ébranler la fidélité et rendre impossible la résistance au dernier effort qu'elle prépare pour désarmer son vieil adversaire, démembrer le royaume et réduire la France « si bas que les enfants des enfants n'auraient même pas la tentation de s'en relever ». Alors ce ne fut qu'un cri d'indignation et de vengeance, ce ne furent que propos de donner tout son bien pour soutenir la guerre, et d'extrémités semblables pour signaler son zèle. En un mot, les choses en vinrent à un point si extresme qu'il ne dut plus estre permis de penser qu'à la patrie"". Mais voici que par un de ces renversements qui ne se voient qu'en France, la guerre maudite, fatale, qui avait conduit le royaume au bord de l'abîme, allait se transformer en victoire soudaine, triomphale, conduisant à une paix glorieuse et profitable.
C'est pendant ces jours d'angoisse patriotique qui séparèrent la mort tragique du due de Bourgogne de la victoire de Denain, au mois d'avril 171 2, que « tapi » dans son <( trou d'entresol » de Versailles, Saint-Simon, brisé par la douleur mais s'oubliant luimême et la perte de ses espérances pour ne songer qu'au bien public, eut l'idée d'écrire à Louis XIV une lettrç anonyme, comme avait fait Fénelon, dix-sept années auparavant"'. C'est un
'*^ Projects de resUiblissement du royaume de France, dans Ecrits inédits de Saint-Simon, publiés par P. Faugère, in-8, Paris, 1882, t. IV, p. 193. *** A. de Boislisic, dans Revue des Questions historiques, 1903, t. LXXIfï,
p. Soi -509. •
^*' Mme de Maintenon à la princesse des Ursins, dans Recueil Bossange,
t. IV. p. 288.
*'• Projects de restablissement, p. 194.
"* Anonyme au Roy. dans Ecrits inédite, t. IV, p. 10-59 et pour la discussion de l'anlhenticitiS : Avant-propos, p. I-XV. I/aiitour dit a" début : 0 Te sçais qiio Vostre Majesté ... en a reçu assez souvent en sa vie, n'a pas laissé souvent aussi de les lire. »
iNtRODUCTION
iNTRObUCTÎON
des ouvrages qui font le plus d'honneur à celui qu'on cro/viil capable d'entendre d'aussi dures vérités"\
Votre État, lui dit-on, « vous le sçavez, n'a plus de ressources; à peine sous l'ombre de Yostre Majesté se peut il soustonir contre vos ennemis ». Les trois ordres « qui forment le corps de vostre nation » sont dégénérés. Le clergé « ne retrace en rien l'idée ny en général ny en particulier de cette ancienne Église gallicane si fameuse, si lumineuse, et dont les commencements de vostre règne ont vu éteindre les restes »; à un épiscopat médiocre répond un corps sacerdotal « tombé dans une abjection de pédanterie et de crasse qui ll'a tout à fait enfoncé dans un profond
oubli. »
La noblesse ruinée, ignorante, amoindrie, « avilie et confondue avec le plus bas peuple par des mésalliances honteuses pour avoir du pain )>, des propriétaires absents de leurs terres ou bien, s'ils y résident, à peine distincts des paysans.
Le tiers-état <( tombé en général dans le mesme néant que les deux premiers corps ».
Des magistrats « contents de sçavoir juger les procès » et qui « s'en acquittent comme ils peuvent », en sorte que « la magistrature est généralement tombée dans le mesme abisme qui enfouit le clergé et la noblesse. Pour ce qui est du reste du tiers- État, sièges subalternes, corps de ville bourgeois, la misère, la mécanique, la grossièreté les a tous ensevelis sans éducation et sans étude que celle de vivre au jour la journée avec un pénible travail, de là on peut inférer ce que sont les artisans et les paysans de la campagne. »
Le royaume est dévasté par l'administration. « De degré en degré, de nécessité en nécessité, vous en êtes venu à des impôts sur les choses saintes, sur les sacrements de l'Église... Avec une guerre presque continuelle, vostre peuple, Sire, a esté affligé depuis peu de deux fléaux qui peuvent trop véritablement porter le nom de famine et de peste... Tel est le fruit de soixante et dix années de règne... Attendez-vous à changer la forme d'un gouvernement si ruineux, que la matière, c'est-à-dire le royaume ait manqué et qu'il n'y ait plus de monarchie....»^ Quel compte, Sire, et pardonnez à ma tendresse pour vous si elle s'échappe,
^" « Vous pensez, Sire, h une régence, à luy former un conseil ... de quelque manière que vous ayez regardé toulte voslixî vie les Estais généraux du royaume vostre ancien sentiment change dès que les exemples ... vous monstrent que le? meilleurs et les plus autentiques dispositions des Rois n'ont rien de solide après eux sans le concours des Estais généraux; en un mot \ostre Majesté pense à les assembler. »
quel compte qu'un règne de soixante et dix ans pour soy tout seul en touttes manières, et jusqu'aux adversités mesmes par lesquelles Dieu essaie de vous rappeller à luy; quel compte que tant de fleuves de sang dont vos ministres vous ont fait inonder l'Europe; quel compte que tant d'autres déluges d'un sang d'une autre espèce mais non moins réel, je veux dire tant de trésors que ces ministres vous ont fait répandre, et qui vous ont réduit à force d'en répandre, de les rechercher jusque dans les os de vos sujets, dont la nudité et la défaillance rend les champs incultes, tarit l'espèce du bestail et ne laisse plus en proye aux durs exacteurs des impôts que les restes de leui's maisons délabrées dont ils démontent la charpente pour être vendue à vil prixl Ce ne sont point, Sire, des ligures et des exagérations. Et si Vostre Majesté les regarde comme telles, autre compte, Sire, plus terrible que tous les autres que vous vous préparez, puisque vous répondrez de ce que vous ignorez comme de ce que vous connoissez, puisque la vérité ne fuit point les Rois qui l'aiment et qui la cherchent; et puisque ne remédiant pas à ce que vous sçavez, vous remédierez bien moins encor à ce que vous ne sçavez pas, peut estre à ce que vous ne voulez pas apprendre, très certainement à ce que vous avez mis en estât qu'on n'ose et qu'on ne peut vous dire. »
Entre l'hiver de 1709 et l'été de 17 12, la France toucha le fond de l'abîme, mais aussitôt la paix rétablie, elle retrouva une apparence de prospérité. Quelques jours avant la mort de Louis XIV, lord Stair écrivait au premier ministre Stanhope : « Ce royaume tombe en ruine. La capitation et le dixième qu'on vient d'imposer sans terme, achèvent de le perdre; et le peuple est avili par la servitude à un point qu'on ne saurait concevoir"^. » Allons donci Jugements d'étrangers incapables de recourir à ces notations subtiles, à ces analyses délicates que réclame le caractère de la nation française.
L'oeuvre monarchique de Louis XIV ne demande pas une moindre pénétration pour être appréciée avec justice. L'institution qui avait succédé à la féodalité et incarné l'unité nationale dans la personne royale n'avait pas desservi la France, elle l'avait agrandie, unifiée et asservie. A l'intérieur, la monarchie avait épuisé les ressources financières, dilapidé les forces morales, tari les richesses, inspiré le goût et le besoin de la dépense sans inculquer Iles méthodes qui eussent produit des sources nouvelles et plus abondantes de prospérité agricole, commerciale et indus-
"' Oxenjoord Castle, Stair Papers, Lord Stair à lord Stanhope, 21 juillet 1716.
INTRODUCTION
trielle. Le despotisme laissait la France épuisée '^^^^ économiqut. Au point de vue religieux, il la laissait decHiice oar de qu" relies, des rancunes et des haines, moins pacihee qu au temps d^Si 1 ; on sorte .,uelk ne mangeait pas a sa a.m ene pria^^^ pas à sa guise. Jamais elle navait été plus iK.n.tre« Ïe "aUicanisfne, plus férue de jansénisiiK-, qu'au moment ou on lui imposait lullramonlanismc. A lextéricur, le prestige de la Fiance un moment obscurci, brillait de nouveau, ^^^^-f"^^'^ Î culées et tracées par une ceinlui* admirable de . ortere^e
vaïent pris presque partout ^^^ ^^^f^^^^^'ZeÎ^^'':^. dans son attitude de défenseur de la France, face a 1 Europe, (p . lou s XIV conserve sa durable grandeur. Trop souvent orgueilleux violent ou injuste, il fut alors inspiré et soutenu par le souci de la dignité et de la grandeur du pays. •
in lui a contesté le mérite davoir été l'inspirateur du siècle qui porte son nom; il en fut le régulateur et, pour ainsi parler, le lopriétalrc, tant ce siècle est inséparable de celui qui 1 accapara, le modela, le présida en vue de lui-même pour la postérité. Grâce à l'égoïsme de ce superbe ordonnateur, la Hance fut pendant un demi-siècle linspiralrice et la dominatrice de lEurope. e. l'âme de la nation fut conquise à ce Uoi .lont les paroles et les gestes exprimaient tout l'orgueil, toute la li.-rlé que chaque Français ressent à la vue des autres peuples. Elle lu. pardonna tout, lui permit tout parce q.ù-lle l'aimait trop pour ne pas sen «r que lui-même l'aimait aussi. C'était pour quelle fut la plus grande, la plus illustre et la plus belle qu'il jelMil en prodigue, son sang et son or dans le gouffre des guerres et des bâtiments. Un instinct profond de ces exigences cruelles faisait tout accorder, sans marchander, par le pays au maître qui parlait, qui agissait avec tant de dignité, de bonne grâce et de courage qu il ajoutait quelque chose au sentiment de joie et à l'intime satisfaction qu'éprouvait chacun de se savoir si noblement servi et si magnifiquement représenté.
Du dessein de ce livre.
Cette majestueuse monarchie ne devait survivre à Louis XIV que trois quarts de siècle, et dès le lendemain du jour où le Roi eut cessé de vivre la ruine de l'institution se précipita. Ce ne fut d'abord, en apparence, qu'une révolution de palais; en réalité
Introduction
Uvif
c était le début de la Révolution française dont la Régence fut le prologue. Si la Régence ne fut pas « tout un siècle en huit ans"* », elle ouvrit à ce siècle un théâtre et lui traça un programme, car pendant ces huit ans elle fit, dans tous les sens, l'essai d'une révolution. Du long règne rempli de travaux, chargé de gloire, on ne sentait plus depuis trop d'années que la contrainte et les misères; la mort du vieux monarque, l'avènement d'un enfant à la lisière parurent la promesse d'un immense soulagement. On s*ébroua, on entra « avec un mélange de joie et d'effroi dans l'inconnu, et, suivant l'usage, pour mieux s'étourdir, on s'y précipita"\ » Ce fut une ivresse de liberté, une frénésie de critique, une jactance, une fanfaronnade, une provocation et comme un pavoisement de paradoxes. Après un silence de plus d'un domi-siècle, les plus plates sottises semblèrent ingénieuses et charmantes, chacun eut son mot à dire, son conseil à donner, son blasphème à lancer. Les vieux courtisans, domestiqués par une soumission trop ancienne pour être si rapidement secouée, branlaient la tête. <( On peut désormais tout croire, disait l'un d'entre eux"*, les plus grands malheurs peuvent arriver. »
Tout de suite, la grande explosion de la Régence dévia en libertinage et, par sa violence, mit sur les dents la première génération révolutionnaire. Entre la politique et la débauche le choix fut bientôt fait; les longues années de misère et de dévotion qu'il avait fallu subir laissaient place à une fringalle de plaisir, mais fringale à en crever, et plusieurs, Dubois, le Régent, sa fille Rerry, la duchesse d'Albret, d'autres encore, restèrent sur le carreau. A une hypocrisie méprisable succéda une impudence furibonde, ie besoin et la joie du désordre autant pour jouir que pour scandaliser. Ce qu'on avait estimé modération sembla timidité, on cessa de se dire (( libertin » pour se proclamer « incrédule ». En religion, le ricanement; en morale, le cynisme; en politique, le mensonge, devinrent la règle dont il y eut courage, et parfois péril, à s'affranchir. Au sein de cette fermentation, de ce bouillonnement, tout s'altère et se transforme : l'art, la Httérature, la mode, les mœurs; d'anciennes pratiques se dissimulent : la piété, la ferveur; des notions nouvelles s'affirment : la tolérance, l'indifférence; une conception inconnue surgit et s'impose : le crédit.
"* Michckt, Histoire de France, t. XVII, Préface.
"' Ch. Aubertin, L'esprit public au xviii® siècle. Etude sur les Mémoires et les Correspondances politiques des contemporains, 1715 à 1789, iti-8, Pdiis, 1873, p. 52. ~ ^
"' Le duc d'Antin.
INTRODUCTION
INTRODUCTION
LXU
Tout cla achemine le royaume ve^ ^^^^T^l
avinlu es polUques où s^- précipiteront l.urs -■-;- J^f ^ '' t r":"., et faute d'avou- cette audace, ils s.n.b-.urbent dans l
""îàStscence s'én^oussera. el de cette ivresse libérale il semblfque rien ne subsiste qu'une lassitude ^ns -P-^^ Pc.. H^nt ks années de convalescence que ménage le ministère du cardina de Fleury. Mais si le pétillement est tombé, le mouvement ^rsiste et i transmet; les observateurs P?-P';=«^!^ ."^,,, J,. mSenncnt pas. Quinze années d'un repos bien «i=^ant pou. S sont au point de vue de« idées, comme une lente et sure ntb2n, eo^me une sourde et continuelle pénétra ion des audaces émancipatrices qui ont apparu pendant la R»^?^"«= ^^« rappel des protestants, la suppression des jésuites, la convoca Sn di États-Généraux. Voilà, dès 17.5, le programme qui s'achèvera au seuil de la Révolution.
€e qui était à p.in. moins hardi de la part du Régent c était l'affectation de prêter l'oreille à l'opinion publique et la prorZsl d'en tenir grand compte. Si la Régence évoque principakment le .souvenir d'une licence effrénée et d'un agiotage eho^^^^^ c'est un motif de plus de rechercher par quel biais un gouverne ment tellement décrié et inconsistant a pu avoir une politique capable d'engager les destins de^la France et 1'^;^^^^/!; ^ .T^ chie. C'est que, .sous un régime despotique, les affaires étant livrées à un seul individu, si celui-ci se rencontre intelligent, aventui^ux et sceptique, l'État recevant sans résistance 1 impulsion donnée s'en ira, à la dérive, vers les écueils. En Uvrant à une Cour judiciaire les attributions politiques auxquelles elle n avait
aucun droit et dont le feu Roi l'avait dépouillée, le Régent faisait plus que d'acheter le vote qui lui livrerait le pouvoir, plus que d'offrir au Parlement l'occasion impatiemment attendue d'une éclatante revanche sur l'oppresseur qui avait su le réduire au silence, le Régent ouvrait une voie à l'opposition qu'il lui faudrait bientôt combattre et réduire en recourant à des procédés non moins énergiques que ceux de Louis XIV. L'alternance presque régulière des remontrances et des exils du Parlement au cours du xviii® siècle est le meilleur commentaire de l'imprudent compromis qui, au cours des ^négociations secrètes entamées par le Régent pour aboutir à la caution du testament ^e I^uis XI V^ a restauré le droit parlementaire en face du pouvoir monarchique et dressé l'arrêt de la Cour par dessus la volonté du Roi. A partir du 2 septembre 1715, le Parlement ne cessera de mettre en échec l'autorité royale et, de concession en concession, l'acculera à la nécessité de recourir aux États-Généraux, dont la convocation donnera le signal de la Révolution.
Dès l'audience de rentrée, à la Saint-Martin de 1715, Daguesseau proclamait la nécessité de la participation des citoyens aux affaires publiques, faute de quoi, ils (( regardent la fortune de l'État comme. un vaisseau qui flotte au gré de son maître, et qui ne se conserve et ne périt que pour lui"'. » Serons-nous donc réduits, demandait-il, à chercher l'amour de la patrie dans les États populaires? » Moins de deux années plus tard, l'édit de juillet 1717 rédigé par le même magistrat, envisageait' le cas où l'extinction de la dynastie régnante livrerait la forme politique à l'élection populaire'". C'est comme une prévision lointaine des discussions qu'entendra la Constituante.
C'est ce premier éveil des esprits à la pensée d'un état politique et d'institutions sociales différentes de c- qui existait qu'on entn-prend de raconter ici. La Régence est le prologue de la Révolution et, à ce titre, elle a paru mériter une étude minutieuse. Période de transition, elle liquide tout un passé et sème les germes d'un avenir. Mais l'avènement de la démocratie se fera atteindre longtemps encore parce que les calamités de la fin du d.inier règne n'ont pas altéré encore le tempérament politique de l'ancienne France. Les impertinences qu'on signalera sur le
"" Fr. Monnicr, Le chancelier Daquesaeau, sa conduite et ses idées poUtiques aiec des documents nouveaux et plusieurs ouvrages inédits du chancelier,
in-8, Paris, i85o, p- i53.
"• Isambert, Recueil des anciennes lois françaises, t. XXI, p. il'i-i48 ' f^^^ du 2 juillet 1717; voir M. Marais, Journal et Mémoires, t. II, p^ 210, 6 juillet 1717.
INTRODUCTION
Z. XV cVst li. que .0 nKsur. le prcsiige eicore «nUer de Id molchi; UÏ R^nce dle-mCme ne parviendra pa, a le de-
truire mais elle l'aura ébranlé. ♦r^ i:4*x
PoUtiquc intérieure et étrangère, finances, diplomatie 1 ttéfomique Ré-encc a laissé partout sa marque et on
S":;.™H «r/urpris .i on » "PHM- ^Ï' -e'"d°„t
.; rn.ntes au sortir dune longue angoisse et a la veille aune nlus Cue to' ur, la nation vécut et vibra plus bruyammen et lu: vu:, comm; pendant une crise de croissance. I^pVa pénétrant historien de celte époque I^emontey , a f aU observer . ^offp npriodp de di\ ans pondant laquelle la France lui guu îe'e par les choS des deux'branchc collatérales de la maison Séante se fait remarquer par une prodigieuse varie edevenemens et par un jeu de passions qui intéresse sans relâche ob- ™teur"' .. Ces événements fourniront la matière du presen ïv^ il serait superflu d'en parler ici. Depuis le temps ou vécut Tr^'aiUa Lémo^tey, cet.e histoire qu'il avait écrite apr s de recherches considérables et avec un art délicat, a «te «b^rd^e ^ différentes reprises suivant des points de vue varies. L œuvre dl Sontey 'conserve son mérite, étant de -11- qu'on co^rig, qu'on complète, mais qu'on ne supprime pas. Cî-^c œuvre fut, maK^ré son éclat, presque éclipsée dès son apparition par 1* PJ^" Seux récit du pi'mier historien de la T^égence, le duc de Saint- Simon. Les célèbres Mémoires n'étaient connus alors du public que par des extraits iaits « sans discernement, sans liaison, sans îucune vue. historique ». Depuis cette époque, les éditions complètes, révisées, commentées se sont succédées consacrant le meîitc littéraire de l'écrivain et multipliant les exemplaires de son ouvrage historique au point de rendre la lutte quasi impossible
contre ce charmeur. ,
Inimitable portraitiste, Saint-Simon n'était pas plus apt^ à entendre les grandes affaires qu'il n'était propre à les raconter îl Tlaissait prendre à tout ce qui était superficiel et ne pénétrai pas au-delà. Les absurdités ne lui coûtent rien pourvu quelles servent ses haines et satisfassent ses vengeances; cest un artiste
»» F -E Lomontov, Histoire de la Hégence et de la minorité de Louis XV jusqu'au ministère du cardincl de fleury, in-8, Paris, iSSa, t. I, p. 2.
INTRODUCTION
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ce n'est, à aucun degré un historien. Rapproché par sa naissance, mêlé par ses relations mondaines à tout ce qui composait alors le personn(»l dirigeant de l'État, il a amassé des notes qui servirent à la rédaction de ses Mémoires et prodigué une correspondance qui dura toute sa vie. Lémontey, qui en avait eu connaissance, n'avait pas manqué d'observer qu'elle « offre à l'historien un aliment plus pur et plus substantiel » que ses autres écrits rédigés à loisir; « quelquefois elle explique ou rectifie les injustices des Mémoires. Au lieu de réminiscences équivoques, on y entend, pour ainsi dire, en présence des faits, le langage de l'hoînme vrai et du citoycm courageux^*". »
Mais la correspondance de Saint-Simon entrée presqu'entière v\ très volumineuse aux archives du ministère des Affaires étran- gères, au début du xix^ siècle=^'S y a été l'objet de prélèvements si considérables qu'elle n'est plus représentée aujourd'hui que par un nombre de lettres insignifiant. Les investigations de M. de Boislisle n'ayant pu venir à bout de découvrir le sort éprouvé par ces pièces, que certains étaient fort intéressés à faire disparaître, il semble illusoire désormais d'espérer la confrontation souhaitée par Lémontey. On peut toutefois prendre une idée des conséquences qui s'en seraient dégagées en se reportant à l'essai dans lequel l'historien d'une autre régence, P. Chéruel, montra, à l'aide de quelques débris de cette correspondance l'improbité systématique avec laquelle Saint-Simon a dénaturé les événements, calomnié les individus, altéré la vérité afin de satisfaire ses rancunes et de composer son propre personnage aux yeux de la postérité"'. Atteint d'une sorte de graphomanie, Saint- Simon avait conservé lui-même cette correspondance compromettante pour sa mémoire; il semble avoir été de ces hommes qui ne se résignent jamais à supprimer rien de leurs papiers et les dernières années de sa longue vie furent occupées par la rédaction de factums, le classement de sa correspondance et la composition de ses Mémoires. Ceux-ci n'étaient que 'le développement des notes dont il avait enrichi un exemplaire intei folié à son usage du Journal de Dangeau. L'existence de ce Journal dont les copies étaient assez nombreuses et l'original hors d atteinte préoccupait Saint-Simon pour ^a réputation future. Il écrivit ses Additions de 1734 à 1738; s'y mit en scène à la troisième per-
"• A^'^Baschct^ ■ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de »«
manuscrits, in-8, Pion, 187^ ^ ^. . • ^ .Q«<t
"« P. Ch€niel, Saint-Simon et Vahbé Dubois, dans Bévue historique, 1876,
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INTRODUCTION
sonne et fit un effort niériloiro pour se montrer exact impartial, SriLue Ce p«-mier travail t.-rminé, il dut réfléchir que le "ma ferait L chemin indépendamment des AMitù^ns, que ceUe^-ri ne controbalancerai.nt pas rimpres.ion produite par le Journal et de iTio à i7'i6, il rédigea ses Mémoires.
Siérait un' travail instructif démontrer la déformation subie par les additions à leur entrée dans les mémoires. H est difficile d'imaginer le même homme racontant le même fait a une iVzaine d'années de distance et émettant des jugements s. Tvers d'esprit et de ton. L'anecdote se t.ansforme, s arrange s^Lt elle se complète et s'envenime; la perfection ht era.re y gac^ne parfois, mais l'effort intense de l'auteur «e révèle à la recherche d'un eft.t plus saisissant destiné à impress.onricr les ecTeur. 11 songeait à eux en annotant le Jourml le complétant, r orrigoant et «'imposant un énorme travail de tables pour s en rendre F'usage très facile. Aussi lorsqu'il a composé les Mémoires. Saint-Simon ayant ses notes prises dès 1694, ses généalogies, ses jactums sur les bâtards, les duc, le bonnet, etc., a eu devant ui toujours ouvert, sans cesse consulté, son exemplaire annote du'jouL(, comme une base chronologique certaine, un eyocateur continu commode, lui permettant de donner a son récit l'apparence d'avoir été composé sous l'impression des événements. 11 suit la trame, parfois emprunte des mots, des phrases entières à Dangeau, dont il se moque et qu'il dénigre avec persistance comme pour détourner son lecteur de s adresser a ce loyal
chroniqueur . . *, c • » c- ^r.
« Toutes les fois que nous avons vu contrôler Saint-bimon,
sauf une, nous l'avons toujours trouvé dans le faux dans 1 exa-
gération, dans l'erreur ou dans le mensonge. » O jugement
rigoureux des éditeurs de Dangeau n'est pas démenti par les edi-
- teurs de Saint-Simon. Chéniel montra Louis XIV et sa Cour vengés du dénigrement frénétique d'un « avorton », d'un « roquet », car c'est ainsi que le dépeignent ses contemporains'*\ jaloux, hargneux, et assez peu intelligent; il montra aussi, après Ch. Aubertin, Saint-Simoii ami et flatteur de l'abbé Dubois dont l'astre se levait alors'*^'. Boislisle soumit les Mémoires à une révision d ou la réputation du duc et pair sort en piteux état, médisant, calom-
"3 Eudore Soulié et Louis Dussioux, ?iote sur la date des éditions de Saint- Simon, dans Journal do Diuigcau, i«%o, t. XVII, p. A^7-'»0f>-
"" Hecueil Maurepas, XIII, Aoi, dans Journal de Dangeau, t. X\I1,. p. ^97.
note.
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Ch. Auberlin, VEsprit public nu xyu!* siècle, in-8, Paris, 1873.
INTRODUCTION
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niateur et pour tout dire en un seul mot : menteur. Et nonobstant les démonstrations accablantes, Saint-Simon conservera longtemps son prestige d'historien de la Régence.
Lémonicy y aurait plus de droits. « Son livre est de ceux nui ne périront pas"'. » Il offre les qualités solides et les défauts trop apparents do l'ancienne école historique. Une enquête étendue et approfondie forme la base de ce récit brillant, elle a suggéré des vues justes, des explications parfois certaines et toujours vraisemblables des problèmes politiques, une exposition lucide d'événements enchevêtrés; mais c'est comme à regret que l'auteur fait connaître les autorités sur lesquelles il s'appuie, on sait que les archives des Affaires étrangères lui furent largement ouvertes, peut-être a-t-il eu connaissance des papiei^ de Simancas"', il faudra de plus minutieuses recherches pour 1 établir. Composé sous le premier Empire, à partir de 1808 et destine r, faire partie durte Histoire de France sous le règne de Louis AV et de Louis XVI, son livre ne pouvait satisfaire la censure du .Touvernement de la Restauration, il lui fallut attendre les premiers jours de la monarchie de juillet. Mais c'était alors une œuvre i.osthume. le maniaque et critique Lémontey était mort en i8''.V" Cependant son livre était achevé et on y retrouve, avec le fruit dimnienses lectures, les qualités d'un esprit caustique et d'un sceptique. En toute occasion l'auteur s interdit d'épargner l'ancienne dynastie, partout il rech.-rche les occasions de lancer ses épigran.mes sur l'Église et son cierge. Papes, cardinaux, prélats de tous rangs sont malmenés avec une verve et une malice qu'on ne peut applaudir et qii on hesite a blâmer, tant ceux qui s'attirent ces piqûres semblent parfois s y être maladroitement exposés. Mais qu'est-ce cela en comparaison des diatribes de Saint-Simon, de ses fureurs ép.lept.ques a la vue ou au souvenir d'un Novion, d'un Mesme ou d .m Dubois. En re Lémontey et Saint-Simon il existe la même distance qu entre
une malice et la perfidie. . v. a^.
On ne saurait compter Duclos et Marmontel au nombixj de historiens de la Régence. Duclos était breton, c est dire qu il
"• A. Bciiarittart, Philippe V e.i la Cour de France, in-8, Paris 1890, I. TI,
*■ '•'«^<< l'ni appris qno six cents volmnos de documents originaux q..e .rnct,.vais à pofne de compulser, avaient pa.sé vntre les mains des puissances dont Paris a%eçu les arm.V-s à la fin de mars ,8.4. » P. I>=montey, op. et.,
'■»• Vme I^normant], Madame Rtomier, les amis de sa'jeunesse et sa ■ correrpondance intime, in-8. Paris, 1872, préface.
INTRODUCTION
-, 1 = ^'ambition que de movcns et la prétention à une avait p us d arnb. .on q, ^^^^.^^ ^^^^^^ ^^ ^„
^ii'iin -^hipcré élégant et suspect Quant a ce qu ou <i nouveau ^7" ^^ ^V^'l^oires de Duclos .. elle est nul e. et nomme « la valeu, dc^ rn ^ . , ..^s anecdotes,
vo,c. pourquo,. ^ pai t qu Ique ^^^1^^ ^ ^^ ^^^^
; ; nm»; "s «; u-.; d..esp J dVn aPP-he. I^J^los semb^ In/, d'un sens qui lui fait choisir, parmi les récits de Saint-bimon, es pt invra?semblables; alors que Lémontey n'a pas^man- , ^« T.oiP n la fable « de la restitution de Oibrai-
Tr^ ^nirpV; 'av^e^^oVd'A^^^^^^^^^ pour le marquis de Lou- • i;»" Au point de vue historique, les Mémoires secrets ne.isnt pas et cVst presque en avoir trop dit que de leur avoir con- :c;/r;:ra,rrphel au point de -J «Héraire ils ne s^^^^^^^ nent pas la comparaison avec le modèle dont ils s '"^P"^^"; J îa bile de Duclos semble fade à qui a goûté au fiel de Sa.nt-
^'uÏmble superflu de rien dire des histoires de la Régence par 11 semoie suptuiu u^, méritent à peine
Marmontel"' et par Capefigue , dont les titres meriiti y une Place dans une liste bibliographique.
LTùI des Mémoires était «i général au xvm' siècle quon doU sSndre à rencontrer une littérature nombreuse sous ce Ît e () rqueluns ont été l'objet d'éditions -ffisamment critiaues pou? que leur texte soit invoqué avec assurance. Dan ce nSreTs Mémoires du maréchal de ViUars tiennent une place distinguée. Venus par voie d'héritage dans la famille de Vogue
... P.-E. Lémonlcy, op. oU., t. II, p. i,i-if, V- BUard, f a ^-s.ion d« nhmlfar fn?o-i72i-), dans Bévue des Questions historiques, t. L^"' P-'^W"' '"- 'ï ^^^Z^De la valeur .les « M.'moi... secrets » de Dac os dans Vémoires de VAc.démie de MonipelUer, ,870-187». »• V, p. =45 swv. , U le Toute D..ote. sa vie et ses ouvrages, Bordeaux 190=. P' ,''•': r'pari,
"■ Marmontcl, Hisfoire de la régence du duc d'Orléans, > vol. in-8, Pan,.
' -•/'r^tt^.:'phili,.pe d'Orléans, Figent de France, , -1. in-8 Pan, ,838. A HouSe; Michikt; F. Funck-Brontano, U Régence (.7i5-i7>3). in-4, Paris, 1909.
INTRODUCTION
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îh forment un document souvent utile à consulter dans 1 édition du marquis de Vogué"'. Us Mémoires du marecha de Noa. les n'ont pas été repris depuis l'édition de 1776 par l'abbe M 1 Ilot; depuis les papiers du maréchal encore conserves a la b.bhofheC^' du Louvix^ ont péri en 1871"». Nous parlerons plus loin aes Mémoires du duc d'Antin. Les Mémoires du maréchal de Rerwick cessent de lui appartenir depuis l'avènement de Louis XV et sont ll'œuvre d'un faiseur. Les Mémoires du maréchal de Tesse renferment quelques pièces utiles qui semblent encadrées dans un récit auquel le maréchal n'a eu aucune part .
Le« Mémoires de Torcy sont d'une qualité très différente. Ils ,ont conservés à la Bibliothèque mtionaJe, manuscrits français, supplément 10670 à 10672, et forment trois volumes in-foho, 60US ce titixî : Mémoires diplomatiques concernant Jes affaires étrangères de «'Europe dans les premières arguées qm smmrent la rZrt de Louis XIV, d'après les correspondances secrètes. Ces Mélir^s fuient rédigés par Torcy, de X7x5 à H^S, communiqués par lui à Saint-Simon. « J'ai puisé, dit celui-c, le detai L récit que j.'ai donné depuis la mort du Ro .. Je les ai abrèges ol n'ai rapporté que le nécessaire. Mais ôe qm s est passe en 1718 „,'a paru si curieux et si important que j'ai cru devoir non pas Ibré^er ni extraire, mais m'astreindre à copier fidèlement lout"' .. C'est un admirable recueil de correspondances diplomatiques d'Italie, d'Espagne, d'Allemagne, de Suède dont Torcy eut connaissance après sa sortie des Affaires étrangères grâce a sa charge de direcleur et, plus tard, de surintendant de la pos e iutre le secret de la poste, Torcy avait la haute main sur tous le correspondants plus ou moins avoués que la France entretenait
' A*«-s Mémoires s'ajoutent ceux du prince de Cfamare^ conservés au British Muscum"\ ceux du marquis de San-Felipc,
«" Vilhrs Mémoires, édit. do Vogué, t. IV-VI, (1894).
-.lÔÛu Paris. Les' papiers de Noailles à la^Bibiio.hJ.ue du Lou.re, dé.
pouillement de toutes les pièces, 2 vol in-8, ^"";' 'r'j'. .Ures lu ma-
■'"" On a d.'puis public sa correspondance : De RambuUau, Lettre»
'"^■f ^1^:10^ m":Ù. 2: in... (.905), t. V.II. p. 3,0; E. Bourgeois, ,.„ eo»rra;"" de Saint-Simon el de Torcy, dans Rewe historique ,906, t.
^^!uish Muséum, State papers, 8766, Memorie «J""* .«°'%T t''-n!. ^eT .4n.o.Wo Gfadfce Principe di Cellamarc. --"-'"•; 3"^ /^''^/SoK sabella farnese, C.enliluomo délia Caméra ed Ambassuidore dri Re F.i.ppo
nella Corte di Francia.
INTHODUCTION
LXxvit
^x^^, INTRODUCTION
connus depuis 1756^^*,; €€ux de Louville=^^ enfin ceux du comte de Bothmar"'. Il y faut joindre les chroniqueurs.
La place d'honneur appartient à Dangeau, dont le Jourrml se poursuit depuis le i^"" septennbre 1715 jusqu'au 16 août 17:^0. Ce précieux monument d'un courtisan attentif, avisé, homme d'honneur et de sens rassis est un guide excellent dont la privation reste sensible malgré les suppléants qui se sont rencontrés"'. Ils sont là quelques bourgeois de Paris l'œil ouvert sur ce qui se passe, écrivant chaque soir, avec un zèle qui ne se dément pas Thistoire contemporaine dont l'écho est parvenu jusqu'à eux. Ceuxci sont les historiographes du Tiers-État, interprètes discrets mais avertis d'une opinion avec laquelle les gouvernants sont réduits à compter. Le regard de Dangeau s'égarait rarement sur Paris, celui dos bourgeois chroniqueurs ne dédaigne pas de plonger dans le château, mais s'attarde et s'amuse au spectacle •de la'' rue, du carrefour, do l'église, des galeries du Palais, de la Sorbonne, du quartier latin et du carreau des Halles. Ceux-ci sont, au xvnf siècle, les premiers reporters. Perdus parmi les classes laborieuses, ils en recueillent les voix, en traduisent les bruits, en interprètent les sentiments.
Le premier que nous rencontrons est un copiste, employé au département des manuscrits de la Bibliothèque du Roi et appointé cinquante livres par mois, Jean Buvat. Caîligraphe émerite, qui grelottait dans sa mansarde et vendait ses meubles l'un après l'autre afin de manger à sa faim, Buvat oubliait ses maux en écoutant M. l'abbé Bignon ou M. l'abbé Sallier et, de retour dans son galetas écrivait ce qu'il venait d'entendre. « Il lui serait
276 ^ffirr^oiffis pour servir à rhhtoire (VEspagne sous le règne de Philippe V depuis ifioo j'urqu'en 1755, trnd. ck Mnudave, 4 vol. in-12, Amstonlnm (Paris), i-5f> of l'aitir'o de Woiss sur cv\ oii\Tajr<- dans Biographie universelle (Michaud), t. XWVII. p. ^S'i (!(s Mémoires founnill.'nt d'inoxaclitiides).
2'' Mémoirer. secrets sur rétablissement de la maison de Bourbon en Espagne. 2 vol. iii-S. Paris 181S. Sous V titre de Mémoires c'est une compilation dont l'autour est le comte Sci pion du Rouro, faite à l'aide des quatre volumes infolio de la correspondance du marquis de Louvillc, conservée au château de Louville et du recueil de Lettres relatives à Philippe V qui appartient au duc de la Trémoille.
2" Memoiren des Grafen von Bothmar iiber die Quadrupel Allianz, (aux archives de TIanovre; voir J. VVeber, Die Quadrupel-Allianz vom Jahre, 1718, in-S, Wien ÎS87, préface), publiés par R. Dœbncr, Forschungen zur deutschen Geschirhte'. Gotlincren, 1886, t. XWL p. !>t<)-26i.
2" G. Roissier, Saint-Simon, in-12, Paris, 1S95, p. 87-09 : Saint-Simon et Dm^eau. On mentionne ici le Journal inédit du duc de Croy (1718-1784), édit., Grouchy et Cottin, in-8, Paris, i()or)-i()07 : Ce tome I, va de 1718 à 1761 et ne s'astreint à la forme de journal qu'à une date postérieure à la Régence.
facile, à l'entendre, de se livrer à des réflexions politiques, mais il faudrait être en pays de liberté. » Il s'interdit donc les réflexions, et même il passe sous silence certains faits où il lui faudrait montrer le gouvernement en conflit avec ceux que le copiste entoure de confiance et de respect : les appelants et les magistrats; à telle enseigne que Ile lit de justice du 26 août 17 18 est passé sous silence. Il faut dire adieu à la bellle régularité des articles quotidiens de Dangeau, ici le désordre prévaut, des jours sont omis, d'autres sont désignés sans précision et l'édition complique ce désordre jusqu'au gâchis''*^ Quoiqu'il en soit, Buvat a voulu, et peut-être cru, faire œuvre historique. Son Journal s'ouvre et s'achève avec les dates extrêmes de la Régence qu'il considère comme une période distincte.
Au contraire Marais et Barbier entament un Journal le jour cù leur vient cette fantaisie. Ocux-ci occupent un rang social plus relevé. Marais est un bourgeois lettré, ironique et frondeur, plus conservateur en politique qu'en religion. 'Cependant, même en politique il n'obéit qu'en critiquant, il est vrai qu'il critique en souriant. Fils d'un procureur au Ghâtelet, avocat, très répandu parmi la société parlementaire, il en partage les préventions et les aversions. Parmi la génération philosophique du xvni® siècle commençant, il occupe un rang estimable : ami de Boileau, biographe de La Fontaine, admirateur intransigeant et correspondant assidu de Pierre Bayle, défenseur du jeune Arouet, lié au président Bouhier, Mathieu Marais est un observateur avisé mais prudent qui estime qu'« il ne faut pas écrire contre ceux qui peuvent proscrire"* ».
Buvat et Marais reproduisent sans se lasser tout ce qui leur semble digne d'être consigné dans leurs journaux : anecdotes, chansons, bons mots, scandales, cérémonies, tous ces riens fugitifs que la vie fait éclore, qu'elle colore, parfume et emporte sans laisser d'autre trace que celle d'une mention rapide dans le carnet d'un observateur. Barbier, autre avocat, n'a que vingtcinq ans au début de la Régence et ouvre son Journal au mois
*" Journal de la Régence (171 5- 1723) par Jean Buvat, édit. E. Campardon, 2 voi. in-8, Paris, i86d; par exemple l'éditeur intercale en juin 1717, (p. 278-281), trois pages qui se rapportent aux événements de juin 1718; il insère en décembre (page 348) un cAénement du mois de janvier précédent.
^^^ Journal et Mémoirec de Mathieu Marais, avocat au Parlement de Paris sur la Régence et le règne de Louis XV, édit M. de Lescure, in-8, Paris, 18G4. Apre- le li». de justice du 2 septembre i-iô, on passe au 17 juin-io septembre 1717 (p. 206-241) et de là au mois d'avril 1720 où commence le Journal (p. 24a).
' £^j^,ji INTRODUCTION»/
d'avril 1718, le jour de l'incendie du Petit-Pont. Dès lors, il aura les yeux ouverts sur tout ce qui survient dans la comédie humaine, jouée sur la scène de Paris. ' Barbier est du nombre de ceux qui n'osent pas toujours dire leur avis à voix haute, même à voix basse, mais qui en ont un et qui plutôt que de ne pas le dire du tout préfèrent l'écrire et font de leur journal leur conlident. Selon lui ce il faut faire son emploi avec honneur sans se mêler d'affaires d'État sur lesquelles on n'a ni pouvoir m mission^^'*' », car (( en général, il est toujours dangereux à un sujet de jouer avec son maître; il ne faut pas jouer de son mieux, crainte (lu'il ne se fâche et qu'il ne jette les cartes au nez"^ ». L'esprit frondeur de Barbier se donne carrière sur deux pomts : la religion et les finances. La dilapidation des deniers publics l'indigne : u Notre pauvre argent! )> soupire-t-il; la politique uhramontaine le met en gaieté, on a ici lavant-goût des hautains sarcasmes du voltairianisme dans sa fleur : les cardinaux en conclave (( se débattent crochetoralement'*' » ou bien « le pape fait un tour de calotte"^ ». Ce n'est encore que le voltairianisme
en boutons. , .
C'est aussi un Journal que tient l'abbé Dorsanne, secrétaire du Conseil de Conscience, mais le plus diffus, le plus inextricable des jouinaux==^\ \illefore'" a tenté de l'élaguer et l'opération vaudrait d'être reprise non pour supprimer mais pour canaliser une source trop copieuse et que son volume rend trouble et rebutante. Les notes du président de Blancmt^snil ne font que confirmer ce récit chaotique qui est à l'histoire composée par Lafitau"*, ce que la loyauté abrupte et dénigrée est à la fourberie satisfaite et récompensée. Comme Dorsanne, Jean Buvat, Mathieu Marais et Barbier, et Saint-Simon lui-même, tous sont jansénistes; d'ailleurs, à les entendre, l'opinion publique est janséniste, et ceci
n'est que trop vrai.
De sorte qu'il est impossible de faire l'histoire de la Bégence
2" Chronique de la Uégence et du règne de Louis XV (1718-1763) ou Journul de Barbier, iii-12, Paris, t. H, p. 32; février 1728.
2" Barbier. Journal, t. V. p. 274.
-•"^ Barbier, Journal, l. I, p. 358.
'" Barbier. Journal, t. II. p. 70-
^^* A. Dorsniine, Journal, contenant tout ce qui s'ed pa^'isé à Borne et en France darts 1 affaire de la Constitution Unigenitus; avec des anecdotes pour connôîlre les intrigues et l' caractère de ceux qui ont demandé Ia dite conrtiiuiion, 1 voi. in-4^, Borne (Paris), 1753.
=" Ano.cdotcs ou mémoires secrets sur la Constitution Unigenitus, in- 12. 1783, [pcr J F. Boiirgoing de VilleforeJ.
'" LafitttU, Histoire de la Constitution Unigenitus, 2 vol., Avignou, 1737.
INtboduction
UxtJf
sans prêter longuement attention à la querelle religieuse qui déchirait l'Église et partageait les esprits en partisans et adversaires de la bulle Unigenitus. Chose surprenante, s'il est permis ù l'historien de contester le patriotisme du Bégent, la moralité do Dubois, la probité de Law, la loyauté de Cellamare, lui sera-til défendu de mettre en doute la modération de' Clément XI et l'opportune intervention des Jésuites, de rendre justice à Noailles et de rendre hommage à Jean Soaiien. Aucune décision canonique ne le lui interdit, assurément, mais l'indulgence apitoyée, moins que cela, la vérité rigide est dénoncée comme une complicité janséniste et un reproche détourné à l'adresse de ses vainqueurs. A ces appelants si orgueilleux dans leur intransigeante conviction, refusera-t-on même la justice, même la pitié! Vaincus supprimés, disparus, évanouis, encore veut-on qu'ils soient oubliés; à ce prix seulement il sera permis de ne plus les maudire. Dans une querelle aussi passionnée et aussi prolongée que celle dont nous racontons la crise qui précipita l'issue, nous croirions oiseux de chercher à ressusciter des polémiques depuis longtemps abandonnées, aussi bien que de préjuger l'issue du conflit si l'Kglise de Bome n'avait compté au nombre de ses partisans la Compagnie de Jésus. De même que les jansénistes, qu'ils accablèrent, les jésuites ont trouvé des panégyristes pour célébrer leurs prouesses, glorifier leurs méthodes, applaudir à leurs stratagèmes; on peut, à deux siècles de distance porter sur la lutte et les lutteurs un jugement moins favorable; nous avons cru ne devoir à tous que la vérité, plus amère parfois que le
dénigrement. , .
Une autre source moins abondante que les Mémoires et Journaux se trouve dans les Correspondances, Si elle se réduisait à celle de Madame, mèi^ du Bégent elle n'offrirait guère que des ordures, des extravagances et des ragots de la plus médiocre qualité.' Plus variée, sans être telle qu'on la souhaiterait, la cori>espondance de la marquise de Balleroy nous a conservé un exempK de ces nouvelles à la main, écrites sans apprêt et souvent sans assez de scrupule, qui apportaient à la province le^ rumeurs du grand Paris, matière pittoresque sur laquelle s'exerçait l'imagination du lecteur, mais trop souvent aussi celle du correspondant émerveillé par le joli spectacle qui se déroule devant ses yeux. En adressant cette pâture à la jeune marquise, un de ses informateurs lui écrit : <( Qu'en dites-vous, Madame, de la situation présente .î> Ne fournit^Ue pas assez d'événements pour amuser dans la campagne .î^ On n'a jamais vu la roue de la Fortune tourner avec tant de rapidité. » Mieux informée est um
i^MP
Introduction
rirent l'aiitpiir à ses entrées à la Couî oorrespondance anonyn e d U ^^^^^^^^^^ ,.^„ ,,, ^
et QUI saisit au passait, uicn v^ vpiifi^^r
et celles d'Albcroni. -„:.,, „| un ordre chro-
ni. .*<,-, M de Sévci nsos avait publio suiv.ini un o uit i Des uSi.., M. ac . tvu « j niémoires de Dubois jadis
nologiquo, une -^/j!, . ^"'^^^tÎu "ur testainenlaire. Celui-ci onlapossessiondoLeD an sonixt-c ^ „■ Gérard de
les avait donnés en gu.se •\,'-''J""4;,j;:,3""ce3 pièce, avaient Hayneval, de qui les tenait M. de ^^^^1^-^]?^.^ ^^ y^fl^ires été extraites des n-gistres conserves au """ f"^ ^IJ j^ , „. ! - .„= . Pnnds d\n<'lelene, tomes 277 et 278 (DuDois, 1, n, étrangères : l-onas a.\iipi«<ii , .",,, „, ponds d \nglc-
rnifiV Fonds de Hollande, tomes .'^10 et 3ii et "^''"f» " •^"'^ . ;jn.e;ton"s 300 à .o.S (Dubois, H,. Hl. IV, V; .7.7); Fonds de
''Temiis cette époque, Lémontey, Ch. Aubertin. le P. Bliard et M Em Bou-eôs on consulté et tiré le plus heureux parti de îe«e riel^ on°s .ondance qui, au début, est l'œuvre exclusive de l'.bbé A n,esu 0 <,uo son influence satrerinit, ses vues s etennt t ;a correspon'dance prend un dévelo,>,>ement qui rend nécessaire le --o;.;^^ aux seci^tai... A pa.^ "^ ::';Z
Si ;ir laT;. ;.;-re"t 1:1.^.. r-sée e. le plus souvent
exïrts Wu^^ c '« ^'.e de lui; Destouehes, <^hayigny Pe -
M Te Drui et le ...vu D.ibois se relayent pour ten.r la plume
ou 'la d?cV ■ du n î.re. Les archives ont conservé les témoins
innombrable de Vactivité de Dubois : papi.-rs, lettn-s, rapports.
X"tf obtt de .cherches n.éthodiques au c^,urs de ces
dernières années, de la part d'un h'^g-^^^'''''^;.'. ^...L M Èm vue d'un punégvriq.ie et de la part dur. h.^t.men. M^ tm. Rour-'ois en vue de l'examen de la pol.t.que de la Régence^ Ceiem"; a fait connaître les fonds auxquels il a recouru aux Archives des Affaires étrangères. , . .• j^ v^kka
Fonds AnqJeterre, tome .77. fol- ='« ^ Instructions de labbé Dubo"s allan? à la Haye, jusqu'au tome 345 contenant les Instructions données à Chavigny, le 3 août ijaS.
Fonds Hollande, tome 3io au tome 335; principalement pour Ha période octobre 1716 à janvier 1718. , . . , , ^^„,
Fonds Espagne, tome .49 au tome 33o; principalement pour
%:n"fp^-;i;" t»- fs au tome 70; correspondance relative aux affaires du Nord.
Introduction
Fonds Russie, tome 7 au tome i4; en tenant compte des pièces dispersées dans les fonds Hollande, Prusse et Suède.
Fonds Home, tome 586 au tome 6i5; qui fournissent en partie le tome IP du recueil de M. de Sévelinges.
Fonds Turquie, tome 61 au tome 65; fonds Portugal, tomes 54 et 55; fonds Gênes, tome 6; fonds Panne, tome 74; fonds Venise, tome 174; fonds Saxe, tome P' et suppl.; fonds Pologne, tomes 170 et 171. Le fonds Autriche n'offre pas l'importance présumée d'après les intérêts dépendant de cette Cour où la France, à cette époque n'entretient qu'un représentant officiel dont l'insignifiance est complète. Tout ce qui importe de traiter à Vienne est confié aux envoyés de l'Angleterre, Stanhope, Schaub ou Saint-Saphorin. A ces fonds distincts il faut ajouter certains fonds spéciaux des mêmes archives désignés sous le nom de Mémoires et documents, recueils de pièces de toute sorte utilement groupées, quoiqu'un peu au hasard. On y rencontre aux tomes 48 1 à 484 de France, toute la correspondance de Dubois relative au Congrès de Cambrai; aux tomes 3 12 et i25i les pièces ayant trait au choix d'un confesseur jésuite pour Louis XV; aux tomes i25i à i253 quelques lettres et documents de D.ubois désireux de devenir et de rester premier ministre; enfin au tome i233, fol. 3oo, un fragment d'un Journal de la main du Cardinal, dont M. Em^ Bourgeois signale une autre trace dans le catalogue à la vente Trémond, en i852 : fragment autographe de son journal qu*il tenait pour lui seul. C'est une manière de réquisitoire contre Torcy et d'autres adversaires.
Au Dépôt de la guerre, se sont égarées quelques lettres à Ber- >\ick, commandant l'armée française en Espagne, en 17 19; quelques autres sont signalées dans des collections privées.
11 faut revenir aux Archives des Affaires étrangères pour mentionner divers recueils auxquels la politique de Dubois n'est pas moins redevable. Dans le fonds Mémoires et Documents, le tome 87 d'Espagne contient un Mémoire de M, de Montucla sur les négociaiions de la Quadruple Alliance et celles des années suivantes, et dans la même série les tomes i4o-i43 renferment un important travail sur les Négociations de la France pour le rétablissement de la paix entre la maison d'Autriche et la branche de Bourbon établie en Espagne, par le premier commis Le Dran; où il examine différents points qui ont dû être débattus dans le cabinet de Dubois hanté par la pensée de regagner à la France l'alliance espagnole afin d'écarter le principal obstacle à l'obtention du chapeau. Le Dran traite i*" la question de la^réconciliation entre l'Espagne et la maison d'Anjou; 2° celle du rapproche-
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tjcixîi INTRODUCTION
ment entre les branches d'Anjou et d'Orléans par les mariages
"al-espagnols; r enlin, celle de rétablissen.ent des Bourbons
'"o^nf les Mémoires et documents, les tomes 445 et 457 de Franee. contiennent Cen double) des Mémoires contenant quelnues observations sur les anecMes les plus importâmes qa il a ecacUlies dans différentes négociatiom depuis l'ji. jasquau mois de mai 1736, cet il n'est autre que Chavigny, le collabo- "teur as^u et luc'ide interprète de Dubois. L'autre eoUaborateur du cardinal, Le Dran, écrivit de sa main et donna a un ami un volume d^Anecdotes sur Vélévation de Vabbe Dubois aux premières dignités de VÊglise et de TÉfaf, in-^, 17.5. Trouve dans l'inventaire de l'abbé de la Ville (guillotiné le 12 fruetidor an II ) le manuscrit relié en veau brun échut, sans nom d auteur, a la Bibliothèque Mazarine (in-4% H 2354) sous la rubrique : Vie du cardinal Dubois. Aubcrtin l'avait signale le P Bliard en a tiré parti Le commis Le Dran, le vicomte de Seilhac et le F. Bliard ont présenté avec plus de conviction que de succès le panégyrique de leur (( grand homme » en qui le premier chérissait un bienfaiteur, le deuxième un compatriote et que le dernier présentait à ses lecteurs comme le marteau de 1 heresie.
11 va sans dire que les recueils contenant la correspondance de la diplomatie officielle, celle de d'Huxelles, de Châteauneuf, d'iberville, de Saint-Aignan ne peut pas plus être négligée que les recueils cV Instructions données aux ambassadeurs et ministres de France et publiés, depuis i884, par la Commission des archive.^
diplomatiques.
L.i période historique comprise sous le nom de Régence est certainement une des plus favorisées de notre histoire moderne, car outre le travail auquel s'est astreint M. Em. Bourgeois dans les pièces d'archives qui viennent d'être énumérées, nous possédons les résultais de longues et fructueuses recherches faites en Espagne, vers 1890, dans les archives d'Alcala et de Simancas dont la substance a passé dans le tome deuxième de l'ouvrage consacré à Philippe V et la Cour de France. Malgré l'épisode eonnu sous le nom de « conspiration de Cellamare », la correspondance de cet ambassadeur avec le ministre d'État Grimaldo offre peu d'in térêt. Saisie lors de l'arrestation de l'ambassadeur elle n'est plus jamais sortie des archives des Affaires étrangères. Les Memorie délie cose accadute au même personnage sont conservés au Bristish Muséum et n'apportent que des informations de même ordre : nouvelles mondaines, disputes de rang et d'étiquette, pétition de la noblesse, affaire des légitimés. Cependant, le i3 août 1720,
INTROniJCTrON
LXZXIII
rentré à Madrid, Cellamare composa, à la demande de Grimaldo, un long récit de la conspiration avec les noms et le degré de responsabilité de chacun. On lit par dessus ces mots : Reservada solo para V, Mag, y la Reyna (Sobre pedir à Chelamar una lista de los personages franceses que seguian el Partido espanol, en tiempo de la Regencia""). Archives de Simancas, Estado, liasses, 4320, 4323, 4326, 4329, 433i.
Ces mêmes archives conservent, liasse 4327, la correspondance de dom Feliz Cornejo, secrétaire de l'ambassade d'Espagne à Paris, de 1715 à 1717. En outre, les liasses 433o, 434i, 4344, 4347, 4352 et la liasse 2733 des archives de Alcala de Henarès sont remplies de la correspondance de Laulès, (( cet Irlandais qui rétablit les relations diplomatiques entre la France et l'Espagne après la guerre de 1719. Toutes les lettres de 1720 et 1721 semblent destinées à envenimer la haine de Philippe V contre le Régent et à lui faire illusion sur les dispositions de la France; on exagère les moindres désordres et représente le gouvernement du duc d'Orléans comme toujours prêt à crouler. Les lettres de 1720 ont un intérêt particulier, grâce aux faits précis qu'elles rappoitent sur le luxe insensé, la cherté prodigieuse de toutes choses à Paris, aux beaux temps du système de Law, et les perturbations de toutes sortes qui en suivirent la décadence"". »
Enfin les archives de Simancas comptent vingtnsept liasses de pièces, 7513-7539, relatives au Congrès de Cambrai.
A ces documents viennent s'ajouter ceux dont W. Coxe a eu connaissance et qui lui ont servi à composer son Histoire de VEspagne sous les rois de la maison de Bourbon, dans laquelle il a inséré nombre de lettres du Biibb, qui représenta l'Angleterre à Madrid pendant le ministère d'Alberoni.
Le nom de ce ministre nous transporte d'Espagne en Italie, car il faut reconnaître (( qu'au moins pour le temps où Alberoni a été le maître de l'Espagne, sa correspondance n'abonde pas en renseignements neufs ou intéressants ». C'est que Alberoni avait substitué à la via de Estado la via reservada qui aboutissait directement au cabinet du Roi. Il faut donc chercher en Italie toute la correspondance privée et une partie du journal d'Alberoni conservés à Plaisance et publiés par M. Em. Bourgeois, en 1893, sous le titre de Lettres intimes de J.-M. Alberoni adressées au comte J. Rocca, ministre des finances du duc de Parme, A Naples où sont venues les archives des Farnèse, dès
'" A. Bt'udriîlart, op. cit., l. TI, p. 579-583. "" i6W., t. II, p. II.
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11 va sans dire que les recueils contenant la correspondance do la diplomatie officielle, celle de d'Huxelles, de Chateauneuf, d'IberviUe, de Saint-Aignan ne peut pas plus être négligée que les recueil .X Instructions données aux ambassadeurs et ministres de France et publiés, depuis i884, par la Commission des archive.^
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L.I période historique comprise sous le nom de Régence est cerlainement une des plus favorisées de notre histoire moderne, car outre k travail auquel s'est astreint M. Em. Bourgeois dans les pièces d'archives qui viennent d'être énumérées, nous possédons les résultats de longues et fructueuses recherches faites en Espagne vers 1890, dans les archives d'Alcala et de Simancas dont l8 substance a passé dans le tome deuxième de l'ouvrage consacre à Philippe V et la Cour de France. Malgré l'épisode connu sous le nom de a conspiration de Cellamare », la correspondance de cet ambassadeur avec le ministre d'État Grimaldo offre peu d'in térêt Saisie lors de l'arrestation de l'ambassadeur elle n'est plus jamais sortie des archives des Affaires étrangères. Les Memorie délie cose accadute au même personnage sont conservés au Bristish Muséum et n'apportent que des informations de même ordre : nouvelles mondaines, disputes de rang et d'étiquette, pétition de la noblesse, affaire des légitimés. Cependant, le i3 août 1720,
INTRODUCTION
LXXZlll
rentré à Madrid, Cellamare composa, à la demande de Grimaldo, un long récit de la conspiration avec les noms et le degré de responsabilité de chacun. On lit par dessus ces mots : Reservada solo para V. Mag, y la Reyna (Sobre pedir à Chelamar una lista de los personages franceses que seguian el Partido espanol, en liempo de la Regencia"'). Archives de Simancas, Estado, liasses, 4320, 4323, 4326, 4329, 433i.
Ces mêmes archives conservent, liasse 4327, la correspondance de dom Feliz Cornejo, secrétaire de l'ambassade d'Espagne à Paris, de 1715 à 1717. En outre, les liasses 433o, 434i, 4344, 4347, 4352 et la liasse 2733 des archives de Alcala de Henarès sont remplies de la correspondance de Laulès, (c cet Irlandais qui rétablit les relations diplomatiques entre la France et l'Espagne après la guerre de 1719. Toutes les lettres de 1720 et 1721 semblent destinées à envenimer la haine de Philippe V contre le Régent et à lui faire illusion sur les dispositions de la France; on exagère les moindres désordres et représente le gouvernement du duc d'Orléans comme toujours prêt à crouler. Les lettres de 1720 ont un intérêt particulier, grâce aux faits précis qu'elles rapportent sur le luxe insensé, la cherté prodigieuse de toutes choses à Paris, aux beaux temps du système de LsiW, et les perturbations de toutes sortes qui en suivirent la décadence"". »
Enfin les archives de Simancas comptent vingt^sept liasses de pièces, 7613-7539, relatives au Congrès de Cambrai.
A ces documents viennent s'ajouter ceux dont W- Coxe a eu connaissance et qui lui ont servi à composer son Histoire de VEspagne sous les rois de la maison de Bourbon, dans laquelle il a inséré nombre de lettres du Bubb, qui représenta rA,ngleterre à Madrid pendant le ministère d'Alberoni.
Le nom de ce ministre nous transporte d'Espagne en Italie, car il faut reconnaître « qu'au moins pour le temps 011 Alberoni a été le maître de l'Espagne, sa correspondance n'abonde pas en renseignements neufs ou intéressants ». C'est que Alberoni avait substitué à la via de Estadx) la vi4i reservada qui aboutissait directement au cabinet du Roi. Il faut donc chercher en Italie toute la correspondance privée et une partie du journal d'Alberoni conservés à Plaisance et publiés par M. Em. Bourgeois, en 1893, sous le titre de Lettres intimes de J.-M. Alberoni adressées au comte J. Rocca, ministre des finances du duc de Parme. A Naples oii sont venues les archives des Farnèse, dès
■'• A. Bt'udrîîbrl, op. cil., t. II. p. 579-583. "" Ibid., l. II, p. II.
INTRODUCTION
.,38. on Ut dans les liasses ^o^^^^^^^ rCnTe'.
dl nombreuses lettr^ du cardina^ e des «^.^^^^^ ,.^„, ,,„,e-
Enfin M. A. f-J^'^f^Jp?^ Potées mais non signées formant tion de minu e ou d« copi^^ d'Ormond. relatives aux
une. suite de lettres d ^Iberoni au Bretagne. Elles
deux expéditions de i7'9 ^.^ etctlentTa part de l'Espagne
sen.Doebiier sont dans ce cas ^^^^ enferment la pre^-
En Angleterre, deux sencs ae négociation qui
que totalité des pièces ''^''''\'' ,1 ^,1^^^^ ^^Mic Record Lupa les premières années de la ^e^enc • le^^^^^ ,^ -
Office et les papiers de «J^ Stair^^J^^ ,^ volumes 346-369 et fonds Fra.ce de 'J'^^ '^ '7^ J-^e^^ ^^,^„^, ^ f,„ds Ho/il faut consulter, pour la peuuuc \. , , ^arti Dour son
land et Germany. Lord Mahon en ava^ ^'^j^^to te'peaoe o/
Vemilfes I7i3-i783 et avant lu. W^ ^oxe ^'"[^ jers de 0/ the life and <^rninlslraUonof s.J^ ^f £*^^^j^^ ^ ^i^re de
lord Stair conservés a «-"J^/'^g ^JÏ^^Xk Tf isceUaneou, State plusieurs PubLcafons D abo. d § Hardw , ^^ ^^^^^^ ^^ ^^^.^
Papers from looi «o 'T^e, en i/T^- ^^^^j^ ^n
et sa correspondance avec Craggs, de i7'7 « ^7^ Correspono p; ^r^v,n Miirrav Graham publia The Anruiis ana v>o./ op
F-Se!^^^^^^^
ÏSSutote^ rAn^I d'après .. sources 5r«-g^. 'o. seules qui paraissent avoir été connues par 1 auteur. Celui c. a «or ?s?ïôin l'exclusivisme à l'égard des documents non angla s Tu'U n'a même pas recouru au Joarru.1 de Dangeau pour certaines vérifications chrondlogiques élémentaires.
Cett« énumération détaillée et, "^j^"'«^"«',„^°";7J^'" J,ii eente une vue d'ensemble des sources docuinentaires auxquell^ TauJur a recouru; il n'y faut voir ni une bibliographie de ,h.sioire la Régence ni autre chose qu'une première initiation pro i"! au lecteur et comme un fil placé entre ees mains pour se
«" Jbid., t. II, p. :ï4.
INTRODUCTION
guider dans Tétude d'une période historique. La table des matières permettra, au moyen de l'ordre alphabétique, de retrouver les titres des ouvrages cités. Ces titres ont été presque toujours transcrits entièrement ou abrégés de façon à demeurer reconnaissablés, cette méthode a semblé préférable à celle des renvois devenus énigmatiques sous prétexte de brièveté. On s'est interdit, sauf quelques très rares exceptions, la transcription en note de citations, souvent curieuses et utiles, mais encombrantes et onéreuses. L'illustration du texte par des estampes du temps a dû être abandonnée pour les mêmes raisons.
Tel quel, ce livre contient, dans notre pensée, le premier chapitre d'une Histoire de la Révolution française,
H. Leclercq.