‹ Histoire de la régence pendant la minorité de Louis XV [microform]Chapitre 72 sur 193 · oo. . .11 1 Kl · texte numérisé non relu

oo. . .11 1 Kl

" Le billet de 100 livres vaudrait le o^ mai, 80 1.; le i«' juillet, 75; le i»^ août, 70; le i«' septembre, 65; etc., jusqu'au i«'^ décembre, 5o livre*.

LA DÉCADENCE DU SYSTÈME

L'arrêl du

F. Véron du Verger de Foisonnais, op. cil., t. VI, p. Z^o.

quement : l'Étal, on réduisant par l'arrêt du 21 mai la valeur des billets de banque, se déclarait en faillite.

Mathieu Marais rapporte que Law dit à quelqu'un : « Vous n'entendez pas mon système. — Bon, dit l'autre, il n'est pas celui du A nouveau; il y a plus de trente ans que je fais des billets sans les payer. » C'était ce qu'on pouvait dire de plus amer et de juste sur l'arrêt du 21 mai. Tous les contemporains attestent l'effet qu'il produisit. « Le vacarme fut général et épouvantable », dit Saint-Simon; <( les cris furent universels » ajoute Duclos; ce fut, dit un autre, u une consternation générale », (( un bouleversement affreux » écrit Forbonnais. Des pamphlets contre l'Écossais coururent de main en main^\ des billds anonymes circulèrent, ainsi conçus : « L'on vous donne avis que l'on doit faire une Saint-Barthélémy, samedi et dimanche, si les affaires ne changent pas de face; ne sortez, ni vous ni vos domestiques : Dieu vous préserve du feu". » Des groupes menaçants se formèix^nt aux alentours de la banque; le 26, il y eut une assez vive émotion, on brisa à coups de pierres les viti^s de rhôtel Mazarin". Revenus à leur poste, les membres du Conseil de régence se plaignaient au Régent, Saint-Simon avec aigreur, le duc de Bourbon avec fureur. Pour l'apaiser, il fallut lui abandonner 4 millions". l.e Parlement prenait ses vacances de Pentecôte, il reprit ses séances le 27 mai et aussitôt les chambres s'assemblèrent. L'avis de tous fut qu'il fallait avoir raison de cet arrêt. On députa les gens du roi au Louvre. Le Roi, instruit par le maréchal de Villeroy, répondit qu'il recevrait toujours son Parlement avec plaisir. Ils allèrent ensuite au Palais-Royal, le Régent les reçut très bien, se déclara disposé à trouver un remède au mal présent », dit « qu'il y travaillait actuellement; qu'il ne serait pas même fâché de profiter des lumières de la cour et qu'il entrerait avec plaisir en conférence avec quelques personnes de la cour". » Law résistait encore, mais les bruits qui arrivaient et l'irritation populaire eurent raison de ôes protestations; le duc d'Antin montra au Régent qu'il fallait casser l'arrêt et plus tôt que plus tard". Le peuple s'miagmait que les chambres ne s'étaient réunies que pour condamner les directeurs de la banque à être pendus comme banqueroutiers

«* Saint-Simon, Mémoires, 1842, t. XXXIV, p. 102.

" Vie de Philippe d'Orléans, par M. L. M. D. M. i^ôb.

" .1. Buvat, Journal, cité par E. Levasseur, op. cit., p. 244.

" M. Cochut, op. cit., p. 1O2.

" Arch. du Parlem., Registres du Conseil secret, X, 8^27, 27 mai.

Lemontey, op. cit.t ch. IX.

LA DÉCADENCE DU SYSTÈME

frauduleux"; vers midi, le marquis de '^,Vrillière secrétaire d'État vint aur^oncer .u Parlement que 1 arrêt v^"»^ d -^ rPtiré En effet un arrêt du 27 mai ordonne que < les bil.els ce La^^e conUnueront toujours^'avoir cours sur IÇ ~ p.ed Il pour la même valeur qu'avant l'arrêt du 21, que le Roi a revo

"*"! L'arrêt du 27 mai était nécessaire, mais il ne pouvait pas

JIS.> ré i U. confianee. parée qu'il ne j^uvait faire que ee u. ^u 2.

'"^ '"'^ nW.t nas été rendu et publié. La France avait su, et elle ne

S-r,-':: :z^: i:i£ -X is

rtuiiic a la (...mi a„nK ^ j,,, „„,

"■"• ".r'irX'. l'tïï ;■.'.;:;• 'nîS». p.» .,,>.

moins (pie l(s poiieuis u actions;

-,^.lit nombre, l.s -"«'chis de vuU ^^^ ^,^.^^^^^ i,,

car le sonlimenl qui U;s aval I- --;.';; ,^^ j,i,i,j, ^ leur avait également portes a ne pas tonsdVL. -i

ava int^té donnés en payement et à se P;--;^: « ^^^P' ^: ui .loc nî^rrories des diainanls, de l or et ae i ai '"t'^irt^urdlilu 'c'étaient les rentiers et les créan- ^ \i /h n^ n'avaient pu trouver encore l'emploi des cap.r'" dLt rre^b^urs nent^ leur avait été imposé; c'étaient les taux dont le lemuom. avaient vendu aux réaliseurs

propriétaires, les negoc.anU ^ -''^^ ^^^ marchandises qui

'ririrfrdrt: t ïa^ire'éUit la mas. du pubUc. Par le claiont le laii ae i^m .c-,.^. de la vie commerciale, de

r >'xvi:n Sn "<.elr.":vi.iw, <«,m.^. <,»!, de,,,,»

à l'excès comme les enfaiils, mais plus défiante encore quand sa premièac confiance a été déçue. La Banque et la Ck>mpagnie des Indes n'avaient plus et ne pouvaient plus avoir de crédit"'. Après l'arrêt du 27 mai, le Uégent parut abandonner Law et se livrer aux conseils du garde des sceaux d'Argenson: Le 29, l'administration des finances fut divisée en cinq départements. Pendant que les deux intendants des liiianccs, Fagon et La Houssaye, accompagnés du prévùl des marchands se rendaient à la Banque pour examiner les registres et vérifier l'a caisse. Il s'y trouvait 21 miHi<ms en espèces, 28 millions en lingots et 24o millions en lettres de change. Voilà qu'elle était la garantie de 3 milliards de jiapicr. En même temi)s le secrétaire d'État Le Blanc vint annoncer à Law qu'il était déchargé de ses fonctions et un lioslc de seize gardes suisses, commandé par le major Bezenval, s'installa, à toutes fins, dans son hôtel.

La disgrâce de Law ne remédiait à rien. « U y a, disait plaisamment l'avocat Barbier, un décret qui permet d'avoir chez soi tant d'argent qu'on voudra. Cette permission vient quand personne n'en a plus. .. En effet, tous les intérêts matériels avaient été atteints; toutes les classes de la société avaient été frappées; le trouble des esprits répondait au trouble des fortunes. De sourdes colères grondaient. L'avocat Barbier, qui possède des trésors d indulgence pourra bien écrire que jamais le royaume » na ete si riche ni si florissant; qu'il n'y a jamais eu un plus grand prince" » que le Régent, le mécontentement public trouve d'autres accents pour s'exprimer par la plume de Duclos « Jamais gouvernement plus capricieux, jamais despotisme plus frénétique ne se virent sous un Régent moins ferme. Le plus inconcevable des prodiges pour ceux qui ont été témoins de ce temps et qui le .^gardent aujourd'hui comme un rêve, cest qu il nen soit pas résulté une révolution subite, que le régent et Law r'aieit pas péri tragiquement. Us étaient en horreur; mais on se bornait à des murmures : un désespoir sombre e timide une consternation stupide avaient saisi tous les esprits; les cœurs étaient trop avilis pour être capables de crimes courageux. ..

Disgracié dans la matinée du 29 mai, Uw se présenta dans la soirée au Palais-Royal. I^ Régent refusa de le recevorr. Le endemain 3o, Law eut sort audience, '-Ç»^!/" ■''^^h^"^^^," ^'''^./^'^ contrôleur-général celui de conseiller d'État d epee, d intt=nd nt général du commerce, de directeur de la Banque. I^ 3i, la garde

•• J. Buvat, dans E. Levaescur, op. cit., p. 245.

A. Vuitry, op. cit., p. 364-367.

Barbier, Journal, 1867, t. I, p. i83.

Sentiment public

Hetour de Law

La foule

assiège

la banque

suisse quitta l'hùt<^l et, do o.> jn.ir le duc d'Orléans « continua de travailler avec lui sans sca cacher, et de le traiter avec sa bonté ordinaire" ». On assistait, sans surprise, à une nouvelle journées des dupes. DÂrgtnson fut disgracié, Daguesseau rappelé Law ayant la principale direction des affaires. Alors les arrêts se succèdent. Le i" juin, autorisation pout tous d'avoir plus de 5oo livres en numéraire; le 3, réduction à 200.000 du nombre des actions de la Compagnie qui est autorisée à demander à ses actionnaires un supplément de S.ooo livix?s par chacune des aoo.ooo actions conservées; le 5, injonction à la Compagnie d'émettre pour 10 milions d'actions rentières et /| millions de rentes viagères dont le Roi reste garant; le 10, création de •>5 millions de rentes nouvelles à deux et demi pour amt; le i4 rétrocession par la Compagnie de 9.5 millions par an; Ile 00' autre annuité de 18 millions. Le Parlement fit observer qu'il était injuste de payer aux rentiers deux et demi a '«^ P""L-e de quatre pour cent ciu'ils avaient droit de recevoir. Le Regcnt répondit, comme le fabuliste, qu'un bon tien vaut mieux que deux tu l'auras et deux et demi i)ayés régulièrement sont plus r.iécieux que cinq dont on ne voyait rien. Mais ce n'étaient la que des expédients impuissants à conjurer la crise. Les mesures violentes prises contre le numéraire en avaient fait porter à la banane mais elles en avaient fait exporter ou cacher davantage. Tout k- monde avait des billets, et, au lieu de faire pi'ime sur 1 argent. il« commença'ent à être dépréciées; les marchands, depuis plusieurs semaines majoraient leurs marchandises quand elles étaient pavées en billets. Pour les besoins quotidiens de 1 existence les achats minimes, on manquait de petite monnaie et on avait 'si peu de confiance dans le gouvernement et dans la Conipacrnie qu'on n'osait même pas leur prêter ces billets qui s avilissaient chaque jour. Quelques actionnaires crédules avaient consPuli à verser k supplément demandé de 3.ooo livres, la .nande majorité avait fait la sourde oreille et les 600 millions de billets restaient dans la circulation.' L'une après l'autre, toutes les mesures échouaient; la confiance était irrémédiablement détruite. ..'•« Après l'arrêt du 21 mai, la grande agitation qui régnait partout avait fait fermer les bureaux de la banque, ils ne se rouvrirent que le i" juin", mis on ne remboursa d'abord que les

" Sainl-Simon, Mémoires, l. XXXIV. p. io3, édit. Chéruel, t. XI. p. 3oî-

" Buval. Journal, i" juin.

LA DECADENCE DU SYSTÈME

billels de 100 livrée et bieiilôl (pie ceux de 10 livres; enfin on léduisit ce remboursement aux heures di- la matinée sous prétexte que, dans la journée, des commissaires du Conseil vérifiaient les caisse*. Les ouvriers, les petits marchands ne pouvaient supiiorler une perle de 3o ou .'^r) |)our cent, assiégeaientjour et nuit l'hôlel Mazarin et encombraient les rues voisines de leur foule compacte. « C'était une mullitude aussi nombreuse, aussi [U'cssée, aussi ojiiniàtre que celle qui, aux bciiux jours du Système, était accourue pour se dis|(ufer ses faveurs. Mais alors (lii venait, volontairement soutenu par l'espoir du gain et trompant l'impalience de l'attente jiar des rêves d'or. Maintenant, relaient la misère et la faim (pii poussaient tant de malheureux ruinés par le Système; ils venaient, tenant à la main le billet iiu'on leur avait donné pour prix de leur travail, demander non la richosse mais du pain, lis passaient des nuits entières à attendre que le bureau fût ouvert, cl (pi'ils pussent, en pénéliant les premiers, obtenir de quoi manger le lendemain". » A deux heures «près minuit, l'avocat Barbier passe rue Vivienne, » il y avoil déjà dit-il une douzaine de personnes assises |)ar teiw a la porté du jardin ». Dès le matin la foule s'entasse. « C'est écritil dans son Journal, le •.» juin, une tuerie affreuse". » « Le .S juin, nous apprend Buvat, il y eut deux hommes tués el deux femmes élouffées dans la foule, à la banque, tant il y avoit de monde pour recevoir 100 et no 1. au plus pour la valeur d un billet de ,00 livres avec un d.- .0 livres. Le 5, il y eut un tapage épouvantable, des épées tirées; 1..S soldats mirent doux fois la baio,.- .ette au fusil, Jt il ne faudrait ri..n pour mettre e feu dans une «éditi.m. » « 11 n'y a pas d.- joui^ où il n'y ait quelqu un d elouffcN affirme Barbier, et, dans cette ville de Pans qui est immense, a peine v a-t-il un sou pour fournir à la dépense de bmiche. >.

le-' les guichets se refermèrent, toujours a cause de la vis te de caikses,^et on annonça qu'ils rouvriraient le ..^ Ce jon^- a dit Barbier, il y avait une si grande foule de gens de a porn.la e ,,ue plusieurs en furent étouffés et foules aux pieds. Peu s en t..l Il qu je ne fusse de ce nombre. « Malgré la P---^-'^ Pf^^; * > f„.^onf m«i ronris k i'>. : on afficha que ses

iiipnts on osnècos no fiiront pas upus i^ » • »

HKHîs on ospc ^ quarti^^r, rec<^vraient du

commissaires du C.hatolot, aans tnaij , ^,,'îU rmine-

numéraire pour changer les billets de lo livres et qu ils coupe

six ou sept morts iHouffôs, ecras«'s. ^

TOMK II.

in

tir

L*agiolage à la place Vendôme

raient les billets de loo livres en billets de lo livres. Alors la foule se transporta chez les commissaires, surtout les jours de marché. Au milieu de juin ce il y a un corps de garde dans chaque marché : on n'entre qu'avec peine chez les commissaires, ils ne pavent à chaque personne que trois petits billets de lo livres; on \ie coupe plus les billets de loo livres qu'à la banqu^.\ où il y a une presse à s'étouffer. » Pour parvenir au bureau, il fallait passer « dans une enfilade longue d'enviixm sept ou huit toises entre le mur et une barricade de charpente... U est bon de remarquer que plusieurs ouvriei^ et artisans, maîtres et compagnons des plus robustes, se portaient sur cette barricad;\ et pour gagner leur rang se jetaient comme à corps perdu du haut de la barricade dans la foule de ceux qui étaient dans l'enfilade, et en se jetant de la sorte augmentaient la pre&se et culbutaient quelquefois les moins robustes qui, pour pouvoir se relever, se trouvaient foulés aux pieds de ceux qui poussaient toujours successivement malgré les cris qu'on entendait sans cesse : tant il y avait d'empi-essement pour aller de cette manièi^ chercher le payement d'une misérable pistole au péril de sa vie... 11 faut aussi remarquer que dès trois heui^s du matin la rue Vivienne se trouvait remplie de monde d'un bout à l'autre qui parlaient de tous les quartiers de la ville et des faubourgs les plus éloignés, afin de pouvoir être des premiers à l'ouverture de la porte du jardin de l'hôtel Mazarin et à l'ouverture de la barricade quand il plaisait aux directeurs de la Compagnie des Indes et aux commis de se trouver dans les bureaux de la galerie pour . faire le pavement qui ne commençait qu'à huit ou neuf heures du matin jusqu'à midi ou une heure après midi; au sortir de laquell.^ galerie tous eeux qui avaient reçu une pistole, se jetaient la plupart dans un cabaret pour y avaler quelques verres de vin pour se remettre les sens demi-perdus et pour s'essuyer la sueur qui pénétrait tous les habillements comme s'ils fussent

sortis de la rivière. » j» ♦

Mathieu Marais observe le i4 juin que <( la disette d argent (St affreuse dans les familles. Personne n'a une pistole chez soi... Jamais, de mémoire d'homme ni d'histoire, on ne s'est vu en cet ^tat », — (( On ne paye pas à la banque et on ne payera pas. Vous pouvez juger du prix des denrées! » écrit M. de Caumartin. Pour ajouter au désordre, les spéculateurs chassés de la rue Qiiincampoix, expulsés de la place des Victoires, étaient venus, à la fin du mois de mai, tenir leur bourse dans la cour de l'hôtel Mazarin. Leur affluence gênant le service, ils furent invités, le

LA DÉCADENCE DU SYSTÈME

rCr

juin, à se transporter à la place Vendôme. La spéculation

se ranima : la Compagnie ne rachetait plus ses actions, et leur réduction à ^too.ooo donnait à leur valeur nouvelle une incertitude favorable à l'agiotage. En quelques jours, la place Vendôme iHât l'aspect d'une foire. « H y a des tentes tout le long de la place » dit Buvat. Des traiteurs, des cabaretiers, des marchands de toute espèce dressèix?nt leurs tréteaux ou leurs échop- [>es. (( Cela ressemble, disait-on, au campement d'une armée. » Et les curieux, les badauds, les plaisants nommaient cet établissement (( le camp de Gondé ». Des placards faisaient connaître que le duc de Bourbon étiit généralissime, la droite commandée par le maréchal d'Estrées, la gauche par le marquis de Mézières, la réserve par le duc d'Antin, Law était médecin, l'abbé de Te'ncin aumônier, mesdames de Prie, de Sabran et de Parabère figuraient comme vivandières. Vers le milieu du mois de juin, les actions se négociaient en baisse à 4.?.oo livres seulement. Comme les billets n'étaient pas remboursés à la banque, leur conversion en numéraire devint, place Vendôme, l'objr't d'un trafic que la police voulut empêcher. A la fin de juin, plusieurs agioteurs furent emprisonnés pour avoir fait perdre 25 ou 3o livres aux billets de loo livres.

Cet agiotage ne ressemblait plus à celui de la rue Quincamr.oix On ne se réunissait plus maintenant que pour parler de la baisse et pour cédc^r ses actions à vil prix. Le chancelier Daguesseau se fatigua de la comédie qui se jouait devant ses fenêtres Law trouva qu'elle embarrassait la voie publique et gênait la circulation, aussi, le 3i juillet, les spéculateurs reçurent défense de se réunir place Vendôme. <( Le prince de Carignan, plus avide d'argent que délicat sur sa source offrit son hôtel de Soissons » et <( tout autour (du jardin) on fit des loges, toutes égales, propres et peintes, ayant une porte et une eroisée, avec le numéro au-dessus de la porte^. Il y en a cent trente-huit nous dit Barbier, avec deux entrées, l'une rue de Grenelle, et l autre rue des Deux-Écus. Des suisses de la livide du roi aux portes, .t des corps de garde, avec une ordonnance du roi, pour ne laisser entix^r ni artisans, ni laquais, ni ouvriers. » Les agioteurs y végétèix^nt jusqu'au 20 octobre, jour de leur dispersion defi-

Ces derniers efforts de l'agiotage ne pouvaient rendre la vie et le mouvement à des valeurs discréditées. Au début du mois

■ " N Bonnmv Descrlnthm hMoriques cl topographiqaes de Vhôtel de ,nisrL Zn7mioire de VAcoA. royale des In.cr. ci Belles-Lettres, ^49- 1-51, t. XXIII, p. 2&J.; Rarbier, Joiinml, t. I, p- .^«..

et à l'hôlel de Soissons

Kembourse-

ment d«s

billets en

juillet

sédition du n Juillet

do juillet, les guichets de la ban.,ue restèrent fermés « et il y a loule appa-ence qu'on n'ouvrira pas encore ^^^^'\;;^^^^^:, U- % M de Caun.arlin. Les mêmes in<iuietudes. les nieine> coiens u 'le n'ois précédent reparurent. FV nouveau, les con.u.tssano 'vaient été chargés de remb..ur*er en nu.nera ^^^^^^ ,0 livix^s. . Ils ont tous les jours chez eux, 7»*,, '' "'.^ j;,;*',^ .ne garde de soldats avec des sergents; et elle est «".lu les i.ne g.mi<^ " présent comme de petits mi-

■n^nt narc^ nu'on ne donne que 10 livres a la populace . ei c e . ne uee le' mercredi et le Lunedi. Personne ^«-"ventent n a logent et il semble <p.ou aille demander ^^^^^^^^ T.our cela il fallait s'attendre au pis. «l-a porte des comm.ssaues Ts'o vîa qu'à .noilié, alin que les solliciteurs n'entra.sent que Vun Zès 'autre et il n'y pénél.ait que les plus robustes » Le CuilK- I Parlement envoya «ne députation a,. Régent pou r '/ni ndr de la fermeture dV la banque e. du manque complot d'..irt.e prince la renvoya disant qu'il ne pouvait mieu^ a e" Elle revint l'après-dinée; le Régent refusa de la r^cevo elle insista disant qu'elle ne s'en retournerait p s. l;|-dessus l'introduisit et s'entendit di.* qu on ^onneiatt de a.g.nt^ ., Quand? » demanda-t-elle. .< Ah! quand, <iuand. quand, je n'en sais rien; c'est quand je pourrai". »

Place Vendôme, l'argent se vendait pour «^- billes dep trente jusqu'à quarante ,>our cent de perte, nonobstant un and, la Cour des Monnaies défendant cette usure, a peine de Jalèis Chez les huit commissaires on distribuait chaque ,ou d: marché entre vingt e, vingt-cinq mille ivr^ d argjM. et on comptait les billets de cent livres en billets de ^'^ ''Y,;!',, .^;, jK>ste de soldats aux Gardes, commandé par un sergent, d end eur maison, et ce poste était triplé les jours des payements. « lis ^t h présent comme de petits minis...s, écrit l'avocat Barbier car les magistrats et les gens de la première H" '''^ J^* ,^^ prier en grâce de leur garder sur leur payenjent '-"' -^"-^^ Lrce au'on ne donne effectivement qiie dix livres a toute la rulac et c'est une tuerie le mercredi et le samedi. Personne «Lte^it n'a d'argent, et il semble qu'on "ine leur eman dor l'aumône. U n'y a pas de circulation de 1 argent et .ne reparaît plus; chacun le garde et cherche à dépenser [en] bill.t.

" M. Marais, Journal et mémoires, in-R, Paris, ,86S, .. I, p. 3.7; 6 juilia

L\ DÊCADENCK DU SYSTÈME

C(*ux-mêmc qui ont gagné aux actions, et à qui le fond n<? coûte ri^n, font acheter de l'argent dans les provinces, à vingtcinq pour cent de perte; la veille d'une diminution où k peuple cherche à ne pas perdre, ils le gardent et, de cette manière tout Targeni se resserre et la Banque s'épuise sans qu'il y rentre un sol pour les droits du Roi, que l'on paye en billets''. »

Dans cet embarras il fut décidé, le 8, de payer à la Banque un seul billet de dix livres à chaque porteur; le' 9, on ouvrit la iK)rte de la rue Vivienne dans les jardins du Palais Mazarin, donnant accès dans la galerie où étaient les bureaux^". Quand le jardin était renq)li, on ne laissait plus entrer personne et on expédiai! ceux qui étaient dedans; cela faisait i>erdi^ toute la iournée à de pauvres gens. Arrivé aux bureau>L, tout porteur 'recevait dix francs pour un billet de dix francs et n'en pouvait faire paver plus d'un seuF'. Ainsi, disait-on, non sans amertume, voilà la Banciue royale ouverte, à une pistole par tête et

à pique-nique''. » 1 i n , ^^

Le 10 la Banque avant été ouverte pour payer les bdlets de dix francs, on ref< rma la poih^ dès cpie la cour fut remplie. Ceux qui n'avaient pu pénétrc^r voulurent forcer la porte et jetèrent miantité de pierres par dessus le nmr à ceux du dedans, qui, de leur côté, rejetèrent les pieri-es au dehors, se blessant les uns l<.s autres. Pour en fmir, la foule tenta d'enfoncer la porte de la Banque percée d'un guichet à jours; la garde établie dans la cour, voyant qu'elle avait tout à craindre, tira un coup de fusil par le guichet, une balle j<'ta à terrc^ un cocher et une autre balle cassa l'épaule d'un manifestant. Le peuple crut mort ce cocher, . ouleva son corps en criant : . Au Palais-Royal », et se dirigea en cohue d. quatre milk braillards escortant le cadavix.. Ma celui-ci ressuscita et demanda un confesseur, la charme eta.t rompu on le posa à terre et tout se dissipa^. On ouvrit plusieurs r^" Banque dans les mêmes conditions et il l^ ^;^ fois plusieurs p<. sonnes étouffées. La bande qui s était achemi- "e -es le P lais-Roval, après s'être dissipée, ne tarda pas a renu r "ans la rue Vivienne <ui la porte enfoncée avait e te promp- :!I::;;t retable avec de grosses planches barrées. A - 1- P--

• > „i„.,,.r.ii- /^i une br o-ade d invalides comman recommencèrent a pleuvoii ei uiu uiie'iu>

•• Barbier, Jo,n,wl. t. T, p. .',6-.',:; juilW 17^0- p,|,nincs'

'• Galerie occupée <I<- no« jours par lo , <..partem n.^ ,1< s Es mpes.

" Barbier, Journal, .. T. P- .^o;.Buva,. "";""';.'• ";,P„'f,,,,i, ;„,,„«(,

" M. Mnr,ii*, Journal ef we.nwires, t. 1, p. 20, 0 Jvhik.,

i. n, p. III. . .,1 .

- M. Marni., op. cit. t„ T. P- ^o ; 10 jmlla 17^0.

.Tir v

LA DÉCADENCE DU SYSTÈME

,lée par un sergent tenta une sortie à la baïonnette, puis rentra se nLttre à labri. La rue fut toute dépavée 1^ P''^-.,^^ "," témoin, volaient comme la grêle, toutes les fenêtres étaient bu-

^Tl'ii, on ne fit que couper des billets de cent livres en biliets de dix livres; le .2 et le i3, on paya seulement a 1" BanqiH, la valeur d'un billet de dix livres à chaque part.cuhei, e il y avd .ne si grande foule que plusieurs furent étouffes ;» P-t'"-' P ' s en fallut, écrit Buvat, que je. ne fusse du non.bre , .1 pa.a.l^ en effet, s'y être rendu chaque jour; les personnes de condition

; ont;ntIient d'y envoyer leurs g-«''-/-^-,V;;rParl - Chancelier réunissait un grand nombre de membres du Paile ment a leur proposait l'enregistrement de tous les arrêts rendus lur le fait de la Banque et de la Compagnie des Indes. On refusa Le chancelier dit que le Bégent se plaignait de ce qu .Is iTosa^ent à tout ce qu'ils voulaient faire; on lu, répliqua que l'État était accablé de dettes. Alors Dagucsseau suggéra tro s oluUons R-ourir aux rentes de la ville; Établir un eomp e ouvert en banque à Paris et dans tout^ les villes ou 1 y a monnaie Accepter un vcautionnement volontaire des M.ss.^s.piens "ù; une s^mme de six cents millions. A cela on objecta ^ Ts lentes de la ville se remplissaient peu; le compte ouvert était un expédient pour prendre l'argent après les billets et rien rendre k cautirnne.nent n'est rien dan. les personnes mais dans 'argent et La^v, à lui seul, pondait des fonds en terres pour plnï de six cent mille francs de rente. 11 le fallait chasser avan oute autre chose. U conférence se termina sans amenite , et loi^ue les magistrats mi«.nt leu,^ collègues au courant de ces l'ï^sition, oncles jugea périlleuses, inacceptables et on demanda d'un commun accord le renvoi de Law .

Le i4 on agiota « sans respect aucun pour la solennité » du dimanche", les actions étaient à 4.700; le 15, à 4.5oo; le .6, on afficha qu'on recevrait trois actions qu'on payerait pour la valeur de deux, à moins que les porteurs ne préférassent verser trois mille livres en billets de banque pour l.>s convertir en

" I n„v->t Jourml, t. n. p. 112; E. Lcvasseur, Jmw et son système jugéi par un clfemJZ™ <'»"« 'con^te-rerula „e VActémie ^rs srin,ces morales el politiques, 1909, l- f'-LXXI, p. 485-'l86. ,,,„<<> v,

" Buvat. Journal, t. Il, p. 105-107; narl..,.r, Journal, l. 1, p. 48-^i

» Buvat. Journal, t. Il, p. .12-1. 3; E. Lovass....r. op. cit., p. 4S5-.|86. .

" M. Marais ,op. cit., t. II, p. 32i-3.î3: i3 juilkt 1720.

'• M. Marais, op. cit.. t. I, p- 333-32'i: i '1 j"ill<l '720-

" M. Marais, op. cil., t. I, p. 323; i4 jnilltt 1720.

actions nouvelles"". On paya dix livres deux sols six deniers par billet de dix livres; les directeurs de la Banque ayant bien voulu sacrifier deux sols six deniei^ pour éviter l'embarras qui n'aurait pas manqué d'arriver si chaque particulier avait été ohi'gé de rendre deux sols six deniers avec un billet de dix livres, la plupart n'ayant peut-être pas un sol dans leur poche"'. Celte condescendance s'expliquait peut-être par l'attitude intransigeante du Parlement qui, à toutes les propositions répondait en demandant qu'on lui livrât Law".

Dans la nuit du i6 au 17 juillet, des trois heures du matin, la lue Vivienne débordait d'une foule grouillante, venue de tous les (juartiers et des faubourgs les plus éloignés alin d'être des premiers à l'ouveiiure de la barricade vers huit ou neuf heuies du matin. Ce matin-là douze ou quinze personnes furent étouffées dans une enfilade longue de sejjt ou huit toises entre le mur et une barricade de charpente. Plusieurs ouvriers et artisans hardis et robustes, postés sur cette barricade se jetaient de là sans aucune pitié dans la foule, culbutant, écrasant des êtres plus faibles qui fléchissaient et ne se relevaient plus. Les autres devaient prendre patience jusque vers midi ou une heure avec la perspective de recevoir une pistole et de se précipiter de la dans un cabaret parmi les vociférations, les bourrades, et tout h. répugnant appareil d'une multitude luttant pour son existence Ceux qui n'avaient pu gagner la barricade et piétinaient dans l'enfilade ne couraient pas un moindi^ danger. Beaucoup d'honmies s'étant avisés de grimper sur les ruines des maisons (,ue Law avait fait abattre rue Vivienne se coulaient a califourchon le long du mur du jardin du palais Mazarin et P^^ le moyen des branches de quelques marronniers sautaient dans l enfilade, au risque de culbuter (^t d'étouffer ceux qui s y trouvaient aupa-

r'ivant"

'cette' nuit-là, quinze mille êtres humains s'entassaient rue

Vivienne et avant cinq heures du matin, ^ize personnes avaient

,>,.,.du la vie. L'a foule se désagrégea à la vue dos -^-r.^; on .m

.nrf. e.ina Ic lon" de la rue Vivienne; à six heures, on en porta

ois à a port du Palais-Royal. Tout le peuple suivait en fureur;

s ou^n-nt -trer dans le Palais-Royal que l'on ferma de tous

côtés. La multitude criait : « Le Régent! Le Régent! .- on lui

'« Buvat, Journol, t. II. p. 108 ; 16 juillot.

•■ Buvat. Journal, t. I, p. io5; 16 j'nUet .'7.>°-

" M. Marais, op^ f ''■ ' ' ^^^'l^V^n^. .-touff..; Ba„<..,y, " Buvat, Journal, t. L P- iob-107 . aoim. '» J op. cit., t. H, p. i83, quinz.; Marais .t Bnrb.er : ^u..

:f#-Êk

45g inSTOIRK DE LA RÉGENCE

rénondit qu'il était à Bagnolct; le i.€ui.lc nen crut rien, cria : ;:S nest'pas vrai! Il n, a .,uà .nettre 1. feu -^ ^"f- -"^ on le trovivera bientôt. .. Cétail un tapage affreux. Une bande .^^ détacha et iwrta un cadavre devant le Louvre sou. les fenêtres du £ Srarécha, de Vi.lero> lit donner cent livre, aux en^u tiers qui s'éloignèrenl. Une autre bande donnait 1 a.>dut a 1 hol. 1 d aw brisait U-s vitres et se dispersait à la vue de« Su.sses L . Palis-Uoyal .estait cerné par la foule hurlante. Le Regen venait de se lever, on l'habillait et, pendant ce l-'"I« '»;'« ., blanc connnc sa cravate et ne savoit ce qu .1 ;-":"<-,; ,^ n'osait pas montrer les uniformes de peur d nriter la foui. Ho hTnIir officier aux gardes, fit entrer cinquante soldat, en nb r.urJe^ . Ensuit: un officier pénétra avec vingt mous- ; e ire^ en unii'orn.e. Quand on s,d aux Tuileries ce qu. se pasaf au Palais-Roval. on fil un détachement des compagnies en ta.de chez le Roi, elles demeurèrent quelque temps au l'ala.s- Hoval d'où le Régent les renvoya peu après . . d •

lu ces entrefaites, le duc de Tresmes. gouverneur de Par.s était arrivé, il entra et se mil à un balcon pour haranguer; ,1 ne

pu d autre chose sinon : „ Hé, "----•---•"f .^'* :; "l m.e cela^ messieurs, niessieurs! » et s'en fut. Tout le peupl< ^our son carrosse,' il je.a de l'argent, même d. lor et e. ses

nranchettes déchirées. Le Rlano. *--t«'>-*^/ f ^.t déS" se alissa dans le palais grâce à une escorte de gen> digu.ses.

nls :'étre concelté avec La Vrillière, tous deux par en r bAiUemenl d'une porte se jetèrent pann. la f"'"'''- .':"'. f*^;"' dont le mari venait d'être étouffé à la Banque sa.s.t Le Blanc

Ta ravale disant qu'après avoir perdu son man elle n avait ; lus rien à perdre; Le Blanc eut de la peine à se dégager et, avsan quelques honnnes robustes, leur dit en mon ran les ca- Tvles: « Mes enfants, prenez ces corps, portez-les dans un église et iM^venez promptement me trouver pour être payes. » 11 fut obéi sur le ehan.p. Vers neuf heures on ouvrit .^ poiles des cours qui furent, à l'instant, remplies de qua re a cinq mil.e personnes, en larmes, lune réclamant son man, au re son peve

ou son frère, même eelle-s qui ne cherchaient qua s étourdir de

leur affolement, car on ne savait plus ce qu on désirait : point ' de billets qui ne valent rien; point d'arg.'nt qui perd tous les

jours. . .

Law parut vers dix heures, Law « avec son impudence an-

«^ Barbier, op. cit., t. T, p. Ao ; Dnn-onn, Journal t. XVIÎT, p. Sa:.; 17 juillet 1720.

LA DÉCADENCE DU SYSTÈME

glaise » comme dit Mathieu Marais. I^s Anglais ne crient pas et mordent, avait-il coutume de dire; mais les Français crient et ne mordent^ pas. En passant dans le petit marché des Quinze-Vingts, une femme se jeta à la portière de son carrosse ( t se fit traîner, réclamant son mari qui venait d'être tué. 1.1 lui offrit de l'argent. « Non, je veux mon mari! » criait-elle. Le cocher enleva ses chcwaux et l'aventuric^r arriva au Palais-Royal plus pâle que la mort. Il n'en sortit plus de dix jours, mais renvoya son carrosse (jui fut reconnu et qu'on laissa sortir de la grande cour. Dès qu'il fut dans la rue on brisa les glaces, on enfonça le panneau du fond, le coch<>r grommela qu'il faudrait faire pendre quelqu'un de ces Parisiens. Une femme saisit la bride et cria : „ B ' s'il y avoit quatre fenmies comme moi tu serois déchire dans ïe moment. » 11 descendit de son siège et dit : ce Vous êtes des canailles! » On le bouscula, on le jeta à terre, il eut une jambe cassée et fut laissé mourant. Quant au carrosse il fut brise,

rompu et détruit. ^ , . , . *

De la eour du Palais-Royal, le Premier Président avait vu cette exécution; il en rendit compte au Parlement sous cette forme bouffonne, cju'il affectionnait et qui choquait si fort dans sa bouche :

Messieurs, Messieurs grande nouvelle

Le carrosse de Law est réduit en cannelle.

Vers midi le calme était revenu. Le Régent affectait la tranquillité et mettait cette échauffourée au compte^ de quelques

^'Sa'It ce temps, les chambres du Parlement étaient assemblerpour recevoir un édit par lequel le Roi ^^^^^^^g de la Compagnie des Indes de payer pour six cents millions de bUlets de banque pendant six mois, à condition <i'^^tre 7-^perpétuelle avec quelques privilèges commerciaux, ^yj^'l^' reieté par trois raisons. La première qu'on ignore la quanti e S billets et le soulagement qui résultera. La ^----^^^^^^^^^^^^ romnaanie s'oblige mais non pas les directeurs en leur per so3 ft"';n i:u/biens. La troisième que cette <>Pér^;on cou lera neut^^^tre cent millions. En conséquence, le Roi était sup pHe' n^ler son édit. Dans l'après-midi, le président Portail,

,0,; Bn.Mor, op. ci, t. I. p. i»"^,;., '^•;7 ' T' II p. 8^.8 '.Madame ^ M. de Balleroy à si femme. 17 J"ill'-t. "P./".;,., "' ^ , t II, p. ^53-25.'. /« mngmve lonis.: .8 .i,.ni..|, .Inns op. cf., ed.l. Bruncl. n, P

^g HISTOIRE DE LA RÉGENCE

les abbés Pucelle et Menguy se '^^"^irent au Palais-Royal donner les raisons du refus de la Compagnie. Le Kegent « païut fort piqué .. et répondit « qu'ils eussent à pi>endre leur partj, prompîement, sinon que le sien étoit tout pris ..;^et » on craint, disait Dangeau que cela n'ait de fâcheuses suites ». .....

dLs lîprès-dînée, on afficha à la Banque q" attendu le tumulte arrivé, on ne payerait point et on "*= couperait po.n de billets jusqu'à nouvel ordre. Le soir une ordonnance du Ro. interdit les attroupements et rassemblements « a p^ine de deso- Ssance et d'êt.e punis comme perturbateurs du repos pu- S' ,, Et dès le lendemain i8, « j'ai passé à deux heures après minuit dans la rue Vivienne, écrit Barbier , il Y --t de^f^:".douzaine de personnes assises par terre a ^^ Pore du jardin . Ce iour-là le Régent réunit le Conseil, exposa « letat des chos(S Ïne°cessi'é de prendre promptement un parti », et proposa lex.l du Paient à Blois; le chancelier Daguesseau suggéra Pontoise, considéré comme moins rigoureux.

. . JL '-^^ ♦ T rk '^o.S-'^9o • BarbhT, Journal, t. ï. " M. Marais, Journil et mtnoires, t. 1, p. i2.> 529 , i^.nm

p. 5o; Dangeau, JoarmiL I. XVIII, p. 323. 8" M Marais, op. cit., t. l. p 33o.

HarhiiT, Juamnl, t. I, p 5o

Page 1