TOUR II
Ruine de toutes les classes
4gg ' HISTOIRE DE LA RÉGENCE
venir, des lavnios dans les youx d'infortunées victimes de oe désastre, et a entendu leurs malédictions conlic letrang<.^r qu.
les avait ruinées". » . , i „ k,.;
Toutes les mesures, tous les artifices miagmcs par Law se basaient contixî la résistance d* l'opinion publique Hentes actions, comptes en banque, etc., tout devenait inutile. Pendant le mo.s d'août et le mois de septembre les particuliers ne vcrseren pas une somme de trente millions; dès 5c mois de septembre il fallut renoncer aux incinérations de billets. Law s abandonna au découragement. Des symptômes lui permettaient d entrev<ml'Issue tra-ique promise à l'auteur du Système. « Le dimanche ,"rptemb'e, jiur de la fête de Bezons, IMme Law] vint avec sa fillo se prom<.ner aux allées du Roule. J y etois ce jour-l.i écrit un maître des comptas, et je vis la populace qui, ayant ...connu la femme de La>v, la fit enfuir par ses menaces, ensuite poursuivit le carrosse à coup de pierres. La vigueur de s^ chevaux la fit évader. Le peuple ne parloit pas moins que de 1 assommer" .. L'avocat Barbi<^r se trouvait sur les lieux, a vu les mêmes choses et les rapporte avec la même sérénité satisfa. e ... Tous les laquais et la populace ont commence à dire : .. C est la hvree d. ce b... de gueux, qui ne paie pas les billets de dix livres! .. I^ cocher n'a eu qu. le temps de fuir, mademoiselle l-^v. a été blessé^'^ » On ne s'apitoie pas volontiers sur les ennuis de celui nui vous ruine et tous ces promeneurs inoftensifs savent que le billot de cent livres perd quarante-quatre pour cent, H» "" J donne plus d'argent nulle part, qu'on ne veut plus <|<^ b'"^»; dans le commerce, en sorte que le bourgeois est oblige de perdre la moitié de son bien, et avec l'autre moitié d acheter tout deux tiers au-dessus de sa valeur» Tout est doublé et on demande des prix dont on n'avait jamais entendu parler, la livre de bo, 2 ïe paie neuf francs au lieu de douze sols, et la livre de café dSx-huit Jrancs au lieu de deux francs dix sois Chacun mange son fonds" et regarde de travers la famille du financier.
" M Mnrinn. Hhloire firmnc^re de la France âepnh I7i5, in-R. Pari^. , I p 90 B.val raconte qu'on trouva, le ,6 d-Vombro, une femme e Irnis' ..nfanU égorgés el V mari p.^ndu. dnn, la ehambre six sols en monna.. et ?oo.ooo livres en billet» de banque. . rv.„i-,
"^ Le Valseur. Um et son système ;..(,.<.. par un ron/.mpora.r, j>.eo1as- Robert Piehon. maîtix- des eomp.esl, dan.s Com,p»...-r.nrfu.s rf. IMo<«i.<m.e des
sciences sociales et poliliqnes. jç,nçt. I. riAXT. p. i86. » Barbier, Joiirnaï. I. T. p. fifi: •"■ "■P<"""bre T720.
'* Barbier, Journal, I. 1, p. 66-67; >" sepl'-mbre 1750: M. de Caamartin à
Mme de Balleroy, 3 septembre, dans op. cit., t. II, p. 196.
" Barbier, Journal, t. I. p 59; aoiM 1720.
LES RUINES DU SYSTÈME
La baisse continue. Le .S juillet la cote était entre 62 et 65 livres pour le billet de 100 livres; après s'être relevée un instantau mois d'août, à 85 et 88 livres, elle tomba à la fin de l'année à 19, livres et, le 8 février 1721, elle n'était plus qu'à 5 livres". La monnaie étant dépréciée, le prix des marchandises avait naturellement haussé. Nicolas-Robert Piehon en fournit des exemples dans son livre de raison .< L'aune de drap noir, valant 18 à 20 livres en 1719 devait être payée en mai 1720, 100 à 120 livres; le foin 60 à 120 livres au lieu de 20 à 25; les bas de soie 3o livres au lieu de i5; les souliers 10 à i5 livres au lieu de 5, les fiacres prenaient r>o sous de l'heure; quant aux immeubles, telle terre de cent mille livres était vendue trois à quatre cent mille. 11 est •, remarquer avec Piehon que cette hausse des prix dépassait le taux de la dépréciation des billets; les vendeurs escomptaient la baisse future. Les ouvriers et les artisans ne voulaient travailler que -pour de l'argent et cependant « ils faiso.ent payer leur ouvrage trois et quatre fois plus cher qu'à l ordinaire parce nue leur loyer et tout ce qui leur étoit nécessaire pour vivre, leur coûtoiten "1720 trois et quatre fois plus cher quen 1719 • »
Déjà, après l'arrêt du ,5 septembre, créant de nouvelles rentes pour résorber les billets, Barbier gémit : « Grande désola ion dans le public! Tout le monde est ruiné, de quelque façon que lo" t t^i^rne. Il n'y a que ceux qui ont pris de l'argent en ^ndant leurs actions à mille livres, qui se trouven avoir fait toitun. Autrement, personne ne pourra échapper à la friponnene du Conseil. Pour moi j'ai gagné jusqu'à --«"^^ -'"^ ''J^^,!^; ne gagne plus rien pour avoir gardé mes actions .La désola >on augmenterons les jours dans Paris. Un arrê du Con-^^^ ^ octobre a donné le dernier coup aux bdlets dç ba^ju^^ Art i«- Ne pourront au i" novembre 1720 les billets de Banque être donnés 'ni reçu, en paiement fK^ur quelque cause et quelque
» . la marge de la page ,/.7 ^e son -.'-J,-- JJ^;, t^^J^îu'»:" Jour en mai .7-, o. p.ndant ^^ ^' ^^'l^:::^! p.r^ pour Paris O: tarif était gcn.rakment, et en mem< ';" P- ^ , i,.„ ,^ billet d.'
des se. écon. et soc. » , .. ,,,n
» Barbier, Journal, t. I, P- 72; 20 sepU-mbre 1720.
» lîarbicT, Journal, t. I, P- 1^\ '^ o^'o'"^' ''""■
Arrêt du 10 octobre
Aboliliou de l'agiol
4gg HISTOIRE DE LA RÉGENCE
prélcxto que oe soit que de gré à gvé .- Art. 2. Aucuns billets ne Lront r.^us que dans les bureaux du Ro.. Ix.s billets de cent, de cinquante et de dix livres qui ont encore cour, dans le conjmerce, disait le préambule, sont tombés dans un l el discrédit, qu'ils n'ont plus de valeur comme espèce... Le ,k.u de pa.emen s «ui se fait encore avec lesdits billets, ne sert qua empêcher la circulation de l'argent, et à soutenir le haut pr.x des denrées et marchandises... » A cet arrêt est joint un e a des bdlets de banque qui porte 2.696.400.000 livres de b-llets fabriques et ^07 3->-.46o livres de billets brûlés, restant 1.9S6.07-..0.0 livres . : Ik sont anéantis au i" novembre prochain, rei-iend Barb.er Oue de gens ruinés et qui n'auront plus de quoi vivre, n ayan pour tout bien que quelques billets reçus en •^"iboursemenli 1 est fort aisé à présent de deviner le but et la fin du Système. C'est un jeu de gobelets, lui a duré deux ans pour atfrer dans les (Offres du Régent tout l'argent du royaume. Depuis, il en a donne et rendu le moins qu'il a pu, et il garde le reste. Mais la m- ne de l'État vient de ce qu'en faisant sa main, il n a pas pu empêcher d'autres gens de profiter de l'occasion par les gains immenses qu'ils faisoient. Law doit avoir pays élranpr d^ «"mme« immenses. M. le Duc a pris tant qu'il a pu; M. le duc d Ant.n de même; des étrangers, qui ont tiré de la Banque ou leur remboursement de k Ville, ou leur gain sur les actions et quelques gro agioteurs fins et heureux; de manière que ce royaume, qui eto si beau et si florissant, il faut le réduire comme s il y avoit eu quatre ou cinq cents millions de moins en espèce car personne n a d'argent, iu ceux qui en ont le cachent. Voila bien a présent la justification du Parlement et la raison pour laquelle on 1 a
cloiffné". » , • ^ • ^ ««
L€S arrêts se succèdent si rapidement qu on a peine a suivre ce mouvement : 24, ^5, 27, ^9 octobre, i-, 8, i4 novembre, eto ils ne font que confirmer, élargir, aggraver la catastrophe la désolation continue, l'indignation éclate lorsque, sous prétexte de. remettre les choses à une valeur intrinsèque on réduit les comptes en banque aux trois quarts de perte. Dix mille livres
30 E. Le Vasseur, op. cit.. v A89 ; E. I^vasscur, Rec/.erch.s hf.fon^».. sur le système de Lan,, i854, P- .U et 2.4, cité d'après un .tat d antre, ch ffiv^^ fabrication total, d. ..736.54o.ooo livres do bilkts et un reste d. -^»--7J5....o rmvs. Forbonnais, op. cit., t. IT, p. 63., a donné les même, "-'-b^- ^^^ " l.ts brûlés, mais, suivant lui, il n'en restait dans la circulation que 85o nullions, quoique l'édil acx^usàt 1.169 millions. On ne «ût <lonc pas exartoment quel a été le total des émissions.
'1 Barbier, Journal, t. I, p. 75; i'^ octobre 1720.
LES RUINES DU SYSTÈME
s€ trouvent réduits à deux mille cinq cents livres! On réduit aussi les actions de quinze et douze mille livres à deux mille livres d'argent et « tout le monde s'attend à la perte entière de tout le papi-er". » Les arrêts du 10 et du 24 octobre entraînaient la fermeture de la bourse ouverte dans les jardins de l'hôtel de Soissons; ce fût l'objet d'un arrêt daté du 26. « Il porte, dit Matnieu Marais, que la place sera fermée le 29. Les colporteurs disaient d'une voix douloureuse : « Agiot est mort, voilà son billet d'enterremenfM » Le 27 et le 28, on a continué d'agioter dans la rue de Grenelle et de donner de l'argent pour le billet... Le 29, dès le matin, le guet à pied et à cheval, les compagnies du grand prévôt, du prévôt de l'île, assistés des commissaires, cmt investi l'hôtel de Soissons, la place ou bourse, et les rues de (irenelle, d'Orléans et celle du Bouloy. La place a été fermée, on a chassé tous les agioteurs, on a emprisonné le malin, et, pendant tout le jour on a fait une garde exacte pour empêcher l'assemblée. Enfin, les rues sont demeurées libres », mais u la douleur des agioteurs, ajoute Buvat, s'est changée en une espèce de désespoir séditieux. Malgré la peine de prison et l'amende de trois mille livres, plusieurs s'assemblaient souvent aux environs de la bourse et y négociaient jusqu'à minuit; en vain la maréchaussée et le guet leur donnaient la chasse; ils s'attroupaient au coin des rues, sans se décourager, à la vue de leurs compagnons arrêtés^\ »
Force était aux honnêtes gens de s'adresser aux agents de change, mais il est aisé d'entendre gronder les colères accumulées contre un régime que chacun fait responsable de la ruine générale. Nicolas-Robert Pichon, maître des comptes, domicilié à Pans ne tarit pas en récriminations et en injures à propos de ce qu il voit et de ce qui le touche. Il accuse Law d'avoir ruiné toute la France • l'Église, par l'arrêt du 16 avril 1720; la Robe par le rembour^ment forcé des rentes sur la ville et sur particuliers en billets de banque; l'Épée, dont il a retardé, maigre 1 arrêt du 10 août 1710, le paiement des pensions jusqu'au jour ou 1 arrêt du 28 janvier ,7->.o lui a permis de le faire exclusivement en billets qui ne lui coûtaient rien; la Finance, en s emparant de «^ charges pour en gratifier la Compagnie des Indes; le Commerce et la petite Bourgeoisie qui ont subi une réduction consi-
« Barbier, Journal t. 1, p. 77-7»; oclohrv 1720. " M. Marais, Journal.
** Buvat, Journal, t. IL
Opinions sur le
Système à Paris
dérable sur les billets au-dessous de cinq cents livres faut« de Pouvoir Prouver quils venaient des i^n^boursenicnts du Roi. ^ Zr arrêt"7les ventes au rabais, Law fil décider que les souscripteu "devaient rapporter à. la Compagnie le non.bre d actions ?Z kquel ils étaient inscrite afin de les faire timbrer. Auss.to Zs S Barbier. « on se por,. avec une ^o^j-^^^-^/ï^^; Banque les actions, on ^l^^l^;:^:^^^J:J:Z. de nouveaux délais . \^,^^^\^]^^\^ ^^ „,,enibre porter n.es rraXs^trsu;'eto\:erdigné; ...les soldats menaçaient fo^t le nZde. J'y arrivai à huit heures du matin j entrai dans a Lanrcour, où les honnêtes gens étaient engloutis dans le Th. de la canaille- les officiers des cours souveraines, les Tvaiers d sTt-Louis en habits brodés y étaient entasses vL tous les coquins ou malotrus; ...on voyait tout autour aux fJnêtres des appartemenls.. des femmes fardées et des petits m^îS. qui ?i^.ent et ..gardaient ^a f^?^^^::^^ confus de porteurs d'actions qui attendaient pai grâce qu on
vînt leur livrer passage. foUant sem-
„ Il V eut même à une fenêtre dos gens, qui on faisant sem bl n dl s^ r^cer la bouche, furent assez insolents pour jete auelqiÏ ïouttes d'eau sur ceux qui étoient dessous; cela exe.ta Te ^de rumeur, la populace menaça de casser les -tre-^»soldats avaient fait ranger tout le inonde un a un le long du
trand escalier, et ne souffraient pas que quelqu un se mit tn grand escami, ^^^^ ^^^^^^ ^^ annonça
Son venu d'ouvrir a ;;rt; de la'salle... J'étois précédé et suivi de "r dont la plupai'à la mine, je n'aurai pas voulu fane iTm.T Après avoir attendu plus dune heure, n ayant . ^:^r : mohÛ'pT; du quart de l'escalier, ^J^^^^^^^ îayant aperçu dans la cour un commis, ancien camarade inW^l ie le priai de me ménager quelque entrée, collegel je le puai o ^^ sentiuel-
« Ce commis me dit qu u eioii luuiuc „„..aif la
;r,ùèTm S°nc.nr srord,c p*i,; .. .onn„„ lui pa* rr en .cm» ,>,i ,. Po-^en. ,i M» de m. a,.c,* n^
nue sur cette assurance, appuyée de 7 1. 10 s., oe va ei m nar un escalier dérobé à une porte secrète que la sentinelle m ou- ' i7au5tôt...; je me trouvai U,ut dun -"M-« J^^^ ^f^ au milieu d'une bonne compagnie, qui s entretenait en i.ant
» Barbier, Journal, t. 1, p. 79-8°; »<^l"bre 1720. '
LES RUINES DU SYSTÈME
ceux qui se morfondaient dans l'escalier... De ce salon j entrai de plain pied dans le cabinet aux bureaux, j'y déposai mes deux actions et signai sur le registre mes deux noms de baptême, mon nom et ma charge. Et après avoir rentré dans le salon... au bou duquel il y avoit un escalier dérobé... cet escalier me conduisit très commodément dans la grande cour; et je sortis au phas vi e d'une maison si funeste à tous les honnêtes gens .- Comme la plupart des Français de ce temps, Pichon associe l'Angleterre aux Sédictions qu'Us jettent à l'aventurier. Ils ne sont pas eloign^ de penser à quelque mystérieuse manigance dont Law n aurait été quTl'exécuteur. en sorte que « les Anglais lui ont pardonne îeurruines [personnelles] en faveur de la ruine générale et irreparablcs Qu'il a causée en France". »
I es^ facile de juger des sentiments de tant de mUliers de
fanil^ pa ces nite^s transcrites dans un livre liturgique par
rSre d'Angers". Le « perfide Anglois », inventeur du sys-
t^ne a [été toute la France dans la désolation ..; car .< on abri-
,uà en vertu de dive.-s arrests du Conseil d'État pour 2 mdliards
00 niilUons de billets..., sans y comprendre ceux que ce sce-
i„„vre France ^ ,„„;, par plusiou,-. beaux projete. leU
.u'i S ;elra""c*;,nes Une;-.-""' j;; ^E' ". ïéparaUon de» grand, chemin, qu, de.o.enl «..r. J».d« d
J,^ ,<^^ c. P''f '„f i:^;-:*rp» rn«r h™ ,ue'ce.
i:?;:r,rrrairrâ"b,?-nn:'"..i . ^ .* ,-, ...pi..
;r;p™;/ïï7,r--uL';- da^ir dr^iJ-ae c» c..ncier. ,,e
J T r,.n iunp nar un contemporain, dans .. E. Le Vasseur, Le système de ^«' .J^-P". " , t. CLXXI, p. i^i- Compte-rendu de IMoad. des se. nu>r. et pol.t., .909,
" IhiA., p. 5o3. ,r„nrè' an chroniqueur angevin, da.ns
» Ch. Urscau, La banque de L««), d «P;;- "".„..,• 's. - Section des Bulletin du Conùté de. tr«vaa. '''«'«".'Ï'^^^/V ,-..7. L'a»teur est celui sciences économiques et socia U-s, iÇ,o" '9"'^''„„r „. René Lehorcau, «eur dn ,. Cérémonial de l'Êghse '* '^"fl "' ^^''^P^^fe^ ,., mosme église », con- ,|n Fresne, nrestre-m«ir<-chapela.n .l,- Rue (.h.vre, en serve à la bibliothèque de l'évêché d'Angei..
A Angers ri ailleurs
clergé et les ÉtaU y profilèrent en apparence par la réduction L Lt^s qu'ils dévoient, qui fut faite dabord à trois pour cen . ^ensuite à deux pour cent, c'est-à-dii^ au denu-r c.nquan .. Mais dans la vérité c'estoit pour eux une pure porte. PU'«q"e '•' particuliers et les compagnies qui composent ces ^-"ds cwp^^ e qui en étoient créanciers furent par là précipitez dans une ru.nt
*°*ftes hôpitaux, les fabrices dos pa«,isses. les commnnauléz
ecclésiastiques séculières et régulières, surtout .^llos dç-s les, o
tant d'autres personnes, qui n'avo.enl pour tout bien (p.c des
entes constituées furent réduites à l'indigence par 1 an.or Us.-^
ment qui leur en fut tait en cette malheureuse monoye, que ha
Majesté fut ensuite obligée de décrier au premier "«^""br;; ' 7--
ILe chapitre de Saint-Maurice a réduit au den.or tHUI.-l. ..>
lo ooo £us qui lui étaient dus par le clergé... U boar.o dos
^n^rsaires^y est pour 70.000 '--]" ■ 1- P»- ^^^^Z^ ceux aui purent faire consentir leurs débiteurs a réduire leuis ZLZ lenier 5o : ils perdoient par là trois cinquiesines doMeur bien; mais ceux qui furent remboursés en billets on ,.c,dront
selon toute apparence le total. , . . . . j i'HAi^>1
„ De là vint la nécessité où furent les adm.nislratours de 1 Hotel- Dieu d'Angers, lorsqu'ils se virent chargez de plus do 3oo.ooo . ^"papier,'de iéduir'o leurs malados au nombre de -nt^quo^. e t>ar sa fondation le nombre n'en soit point limite, et que tout h mLde même les étrangers, y dussonl être ,x.çus sans distmc- Tn. On avait vu jusqu'à cinq cent un pauvres dans cotte magm-
''Tl'hôi^rrdos Renfermez do la même ville souffre encore plus^ P'aiant aucun bien de fond; et se voiant chargé de .00.000 1 ei^ biS k nombre de ses pauvres fut diminué de plus do cent, et on était à peine en état de donner du pain à ceux ^^jf--^ < li monastères de Sainte-Catherine, du Galv-ire, de la Fidélité de la dite ville eurent plus de part que les autres a cette desoaUon et o^a out lieu de'craindre de voir ces saintes filles dans a né^eli^r d'aller chercher dans le monde le pain quelles no troûîSnt pas longtemps chez elles, si la Providence n y pourloirnar auelque moyen au-dessus de la prévoiance humaine.
irCaTm^^tes serlnt obligées d'.. aliéner leurs fonds, les reml JurTements qui leur ont été faits on billots de banque es on IduTs en cet état. .. l-es Cordelières de ^aint-Floren -le-> ,e. .. ont été remboursées en billets de banque, de 14.7^0 1.
LES RUINES DU SYSTÈME
» Noie de Lehorcou au livre VI de son Cérémonial.
contrats do constitution provenant des dots qu'olles avoient eu ». Les religieuses du même ordre, établies à La Flèche et à Chàteau-Gontier, furent réduites à la misère. « De toutes les communautés établies à Saumur, la Fidélité a le plus à souffrir. Leur revenu consistait en rentes hipothécaires, dont les principaux leur ont été remboursez en billets de banque, que ces religieuses ont presque totalement perdus par la confiance qu'elles ont eu aux perstmnes qui avoient bien voulu s'en charger. Ces disgrâces ont ré<luit cette communauté dans une très grande disette. Des personnes charitables, touchées de leur état et remplies do commisération, leur ont procuré dans les premiers temps des secours capables de les soulager, mais ces socoui-s ont cessé. » Les Ursulines d<- la même ville <c ont pareillement souffert des remb<-. moments considérables en billets de banque dont elles ne tirent qu'un revenu médiocre ». La Visitation « a moins souffert... par la précaution qu'elle a eu d'en placer une partie et de suivie exactement les débouchez qui ont été indiquez"]. »
„ Us autres provinces ne furent pas plus épargnées que la nôtre " Le Conseil du Roy est occupé depuis un an a chercher 1,^ moyens de réparer tant de maux, mais ils paraissent sans remède" à presque tous les membres de cette auguste compagnie, «lui pensent à les adoucir plutôt qu'à les guérir. » Et les doléances
ronlinuent. , . . /^^,^o
Law stupéfait, assistait à l'écroulement de sa vertigineuse construction, essayant encore de tenir tête et de faire belle contenance" usqu'au jour où il dut céder et disparaître. Ses ennemis et il s'ei trouvait dans ce nombre qui n'étaient pasj^s victimes - l'eussent voulu voir à la Bastille; Daguesseau V.lleroy. Villars comptaient parmi les plus échauffés. ^^^-^^^'-^^ Ré-ent une promesse d'arrestation", ce qui équivalait a lenga
*» Ch. Urseau, op, cit., p- i^^^ nou a, <> "i
^° ^^* . .^ j r«... /. nr]pnn^ I'tt'^o') dans Bulletin
^' Voir C. l>loch, hjjus au .s.> i sciences économiques
uriVÈÏln de Bordeaux, da,„e même --"' X'; PJ^^'^e La., Pour les bilkU de la banque, voir Amtmann, BMet de ta banque de La , „L dat BuL/m de ta SocUK- archéologique .le «O'''^»-- ■««;; ^ ^J^ TXX; C. eaux, Ar^cien. billets de banque et '«'--^'^;/'* " ""'^^'l nais. Bulletin de ta Société d'agricaltare, sciences et arts d Agen, I9Ç7.
™'r£-.:';<;:rna,, t. I. p. e., ao^t ,,,0; Caun.artin de Boissy . Mme de Balleroy, 20 septembre 1720, dans op. cit., t. U, p. 202. -
• " Villars. Mémoires, coUect. Petitot et Monmc,-que, l. 1. -P &t>.
Départ de Law
cernent dune disparition prochaine. Dès le 7 décembre le linancieTavait demandé et obtenu la permission de «e retirer . Le ./, n sortit de Paris pour se rendre dans sa terre de Guennande en Br r yant reçu L adieux de tout, la Cour, « cax il est toujouj. en faveur" ». La marquise de Prie, maîtresse déclarée de M. le Duc fut le chercher chez lui", en carrosse, et l'accompagna ?usau'rAuxonne d'où Law partit dans un de ses carrosses a lu. iom Gue."ande". « Je suis ravi, dit le Régent, que cet honm.e « il éloiffné de moi" »; ce fut tout ce qu on en obtint.
Ïe duc d'Orléans et le duc de Bourbon souhaitaient vo.r au loin cet ami devenu compron.ettant. Une partie du jo. e av.u Pt^ soulevée par Saint-Simon qui avait assiste a- une scène 1res tlve au Gons. -1 de Régence où il fut question du départ de 1 aven- TrL" le procès-verbal de cette séance du .6 janvier .7.. a e.e retrouvé et rapporte en détail l'altercation.
irL'.'ent ouvrit la séance en disant : Nous avons aujourd hu. une ^ftarrfhnportante dont M. de la Houssaye (c'étoit le nouveau "ontr ôleur-rnéral) va rendre compte. Aussitôt le duc de Bourbon 5écà^ qu'il avoit 1.584 actions dont 84 ne lui appartenan pas. ma s qi^n fai^it le sacrifice des quinze cents aut.^ et qu .1 es auroit appoS pour les brûler s'il avoit connu l'objet de la reur^r Law, dit-il étoit l'homme du Roi; ses «f s nc^ Pjuv^e . "n<^ager la Compagnie des Indes, que le projet de la Hou^aye constituait débitrice des billets de banque en .^'-"'"''«"^^ ;j;;'"„^ nu'il » n'y avoit eu des arrêts que pour 1 émission de douze ^..n s millions It que, cependant, il y en avoit dans la circulation p^us "edrmiSe s^pt'cen.s millions. La Co-pagn. ne pouvo. et. rendue responsable de ce fait. Le Régent répondit que • «««a^"»
rMÎ.ravoiU.é ér^^^^^^^^
que même après ar^e du .1 ma. ^^ ^^^^ ^^^^ ^^.^^ ^^^
3ù pour "Sauver" valider après coup par arrêt -tte em.s.om 1- .< Donc, dit M. le Duc, c'est par votre ordre qu . avo.t fa.t,
« M de BalUroy à «. /erame. 9 décembre ^■,.o, dan. op. cit., t. I, p. =.6. r. TJ^';JrA"LLl\V:L'^son\ru^o, d.n, U Ciié. Bulletin .le
""'.^'^me a Mme de Balleroy, .8 décembre, dan. op. cit.. t. H. p. -fi. « Ibid., t. Il, p. 217.
LES RUINES DU SYSTÈME
me
— « M. le Duc : C'est vous qui me les avez remis. Je ne vous les avois pas demandés : on m'en a accusé dans Ile public. Ce fut • . vous-même qui me donnâtes les passeports desquels je ne vous
avois jamais parlé. ,,,.-..„
— « Le Régent : Si je l'ai fait sortir, c'est qu on m a dit que
sa présence en France ruineroit le. crédit". » ....
Le 21 décembre le bruit se répandit que Law passait dans les pays étrangers. M. le Duc donna deux chaises de postas a deux .laces et chargea M. de Sarroberl, son capitaine des chasses de Lduire Law à la frontière de Flandre, le jeune fils du fugitif était Zs la deuxième chaise; quant à celle qu'on nommait Mme Law, Île continuait à habiter à Paris, rue du Colombier, pour vendre les meubles et payer les 1.700.000 livres de dettes cr.ardes. Law Tdans tous les cabarets de la route entendait parler de la ruine ùtïit p" is et la France; ces gens qui ne croyoient pas s. proche d'eux disoient qu'il falloit pendre ce coqum-la et que sib î. lenoknt ils l'ét angleroient-. » Il gagna Valenc.ennes ou •Intendant de Hainautd'Argenson, le mit quelques heures en éJ^t d arr"estilon. puis.' relâché, il passa la frontière. Dès ce mo-
"T"' ' " raÎsvmï^ir^r'répisode d'hallucination plus „,.„,,„ f '"leTÏÏ FrI. e qu"teTa été la'eatastrophe des assignats à - ^y-uiieste " l; F""^y"^ ;, do Mirabeau, l'-. Ami des hom-
1ns on bil-ixT^angage a comparé la perturbation économes », dans son Diza..v '""ë s ' l'Ancrleterre elle-même
niique soudaine, u,niverselle de '7^o - ^ar l An 1^^^^ p,oduisanl .n subit le conti^-coup - a uiie .- -"-- ^;, ^^^'^,,^1 , ,,^^. l'abolition de toutes les dette -L mare ha a ^^
que Pl"---,-XaiT ;:.;;;;■■ de "nouveaux bâtiments, qu'on observe « qu «." «'^^^ ' ' j^ ^m^^ que dans la campagne, que répara t les anciens tant dans les vuu.* m \^r<=.n\ie en i724,
#^...^ i,inp<i oar un contemporain, dans .« E. I. Vasseur U. et -;j'^^t ^^.^X/'poUU,., 1909, t- ^LXXI, Compte-rendu des séances de l Atml. des
p. 5oo-5oi. '
«» /bid., p. 499- , , ,^^ fînnnrlères Law 1715-1720; Assi-
M G. Bigot, Le,, qran^e^-f;XyrrrBaHe«mde>.W(4<i'«--
yn«(s, .790-1796; '^"'O" ^TTKT.rmT\\l, P- 17-386.
''t™;£/M.;r:'S-cUée.t.in,p.../i.
le prix de main-d'œuvre à ceux de leiXKiut antérieure au Systèu.e. l'Intendant de Provence, M. Le Bret, proposera l interdiction pendant un an de toute construction nouvelle, moyen décisif, Lion lui, de ramener aux travaux agricoles une multitude de ceux qui les avaient délaissés pour embrasser les professions plus lucratives de menuisier, serruriers, maçons, charpen-
Tout n'était pas faux dans ce qu'avait, dit Law pour .^egagm'r la confiance au moment où elle commençait à fléchir : .. Quelle condition, quelle profession, ne s'est point sentie des r.chesses éclœes dû nouveau Système? L'officier d'épée ou de robe touche
marchand et l'ouvrier ne peuvent suffire aux demandes des ach leurs; le menu peuple, ceux môme qui par la bassesse de leur fortune ne sont, pour ainsi dire, d'aucune classe, -s. enfin trouvent à vivre, à gagner, à s'enrichir. Parmi les defianU même, les déclamateurs. les aveugles ou malmtentionnes cc^nibien Y en a-t-il qui étant débiteurs, se sont tires de l oppression de leurs créanciers! Combien de créanciers ont recueilli des dettes désespérées!... Il n'y avait plus de banqueroutes en France, l'industrie et le commerce étaient rétablis, les manufactures augmentèrent dans la proportion de deux à -nq- Les terres qu avaient été en friche depuis longtemps furent cuU.vees. toutes les mains travaillaient; on retirait les pauvres des hopitau. Ir les employer..." » Tout cela, en effet, s'était vu, et pai^o même quelques traces en subsistèrent. .. L'État aussi, s e ai cru débarrassé de l'éternel, de l'obsédant «ouci d argent et avait PU se lancer dans des entreprises que sa pénurie Im avait Zu'lrs interdites; des travaux publics avaient été commen^ cr d'autres projetés; la Compagnie avait réellement donne quelque impulsion à la marine, au commerce, commencé a colo-
niser 1& Louisiane.... ^ ^ ux ^.^w^*
us !. C«s avantages - et quelques autres -- î"-"/ .^^^^•; '" ^
accapareur, ,^. gj la part du mal resta, à tout prendre, infiniment plus "*""""' grande que celle du bien. On vante le profit que tira la classe la- Euse'de la hausse générale des prix conséquence de la muU plication du papier et de l'augmentation des espèce qu su, vécut, comme il arrive souvent, aux causes qui lavaient fait n.u- Z et qui permit aux ouvriers journaliers, domestiques., de louer plus chers leurs services; mais cette hausse des prix un
LES RUINES DU SYSTEME
" Arch. des Aff. Êtrang.. Fi-nnoc. vol. isSg.
" Bibi. nal., ms. franc. iii53 : M<'moirc de Uiw.
infligea à elle-même, pendant l'agonie du Système et eiisuite, les plus cruelles souffrances". » Dans une lettre du 20 août 1720", le lieutenant général de police de La Rochelle, décrit en termes pathétiques l'horrible misère des classes pauvres, accablées par une augmentation des deux tiers et des trois quarts sur toutes les denrées de consommation. Les pauvres mouraient de faim, les bourgeois, naguère aisés, vivaient dans la gêne. Les billets n'étant plus payés depuis le mois de juillet 1720, depuis ce moment ceux qui avaient obéi aux ordonnances dé])ensai.nl en quelques jours le capital d'une année. A l'époque de la fermetui* de la Banque, les marchands ne recevaient plus les billets de .0 livres que pour quarante sous" et cette disproportion allait en augm.-ntant. Au mois d'avril 1721, on ne donnera que 6 1. 10 s. d'un billet de 100 livres et 55 1. d'un billet de i.ooo livres , aussi i^marque Barbier « sans avoir ni joué ni perdu, je n ai plus auiourd'huidc quoi donner les étrenncs aux domcstiqes. « L année suivante, 1722, il dira encore : u Personne n'a un sou, et (pour preuve) hier, jeudi gras, il n'y a pas eu de bceuf gras. ..
Le nouveau contrôleur-général. Le Pelletier de La Houssaye, partait du principe qu'il fallait distinguer les actionnaires de bonne foi et les agioteurs, attcind,^ ceux qui avaient vendu à des prix énormes, remonter à l'origine des biens et rendre a chacun l'équivalent de sa fortune première. Il fallut, dans ce but s'engager dans une opération interminable. Cinquantequatre bureaux composés de plus de cent commissaires du coniil et de deux mille commis furent installés au vieux Louvre i procès-verbal constate que des feuilles de liquidation furent délivrées à 5n.oo9 déclarants. Une nouvelle opération survint, on s'abandonnait aux mystères de l'administration, a ses lenteurs perfides et la misère allait grandissant. Les 511.009 déposants ne représentaient pas la totalité ^es victimes du Système car certains porteurs de billets se raccrochaient obstinément a des espérances illusoires; il s'en trouvait encore un, eii 1791. pour inviter le Comité des finances à remettre en circulation les Wllets de la banque de Law afin de fortifier le crédit des assignats! Il est plus important de rechercher dans ce "ombre de 5i..ooq porteurs, la diffusion en province des titres de li Compagnie eî, de la banque. Le nombre des déclarants parisiens fut
'»• M. Marion, op. cit., t. ï, p. loo-ioi.
*' Arch. nat.y G^ 344- o« ♦ tv n ^^
" Duhautchamp, Histoire du Système des timnces, i-j^. t. IV, p. ôô.
*• Buvat et Barbier, Journal, avril 1721.
Nombre des victimes du Système
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Misère pubUi)ue
Démorulisa-
tion des citoyens
ifi" r^hù des déclarants provinciaux de 369.744. Les de 107.936 , <^'"',''^^/^,^ .^ tard des lieux affligés par