‹ Histoire de la régence pendant la minorité de Louis XV [microform]Chapitre 85 sur 193 · C. de Sévelinges, op. cit., t. I, p · texte numérisé non relu

C. de Sévelinges, op. cit., t. I, p

Arch des Aff Étrang., Rome, t. 697 :« Le Roi à U TrémoiUe, 4 jui'JIct 1719; Instructions à Lafitau, n juillet x^ig ' ■* '^"'^'^'

■■ p. Lafitau, HUtoire de la Constitution Vnigenitus, t. II, p. ,o4. suiv.

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de son litre d'archevêque pour adresser à ses ouailles sous forme de Mandement aux fidèles de Cambrai une explication de la Bulle rédigée à Uome, approuvée par le Pape, présentée au cardinal ^ de Noaillfefi*'. Dubois sentit l'inutilité et peut-être le danger qu'il y aurait à présenter à Clément XI deux projets trop semblables, il renonça au sien et laissa à Lafitau le soin d'appuyer l'un et, s'il n'était pas agréé, de reprendre l'autre". Outre ses instructions, Lafitau emportait mieux qu'un chiffre; Dubois et lui étaient d'accord sur un langage secret. Mme de Gadagne — c'était l'abbé — soutenait un vieux procès devant la Rote — le consistoire — et chargeait son homme d'affaires — Lafitau — d'y mettre fin en gagnant le président — Clément XI — et le rapporteur — cardinal Albani; — en échange de leurs bons offices elle les servirait en Avignon — à la Cour. —

Lafitau arriva à Rome le 25 juillet'* et obtint sa première audience le 4 août. Clément XI fit fête à l'enfant prodigue, se répandit en promesses, reconnut la convenance et l'opportunité de la nomination de Dubois, à qui Lafitau rendit compte de tout en ajoutant ses impressions personnelles. Le Pape baissait rapidement et sa succession s'ouvrirait sans tarder. La France y aurait son mot à dire si, d'accord avec le parti Albani, elle savait faire « briller au Conclave la lueur de l'argent et exigeait du Pape de finir l'affaire de la Constitution au gré du Régent". » Mais Clément XI pouvait durer quelque temps encore et son tempérament batailleur n'était pas terrassé par l'âge et la maladie, La politique de délais et de silence ne lui agréait pas, il lui préférait celle des coups rapides et éclatants, et ruminait la convocation d'un Consistoire où il accorderait les bulles aux évêques de Rayeux et de Tours tandis qu'il condamnerait la conduite et les écrits du cardinal de'Noailles^*. Lafitau fut plus heureux sur un autre point et obtint le rappel du nonce Bentivoglio*^ Il laissait

" Arcli. des Aff. Étrang., Rome, t. 697 : La TrémoiUe à Dubois, 25 mai 1719 : Mémoires sur un projet dont je lui avois insinué quelque chose par rapport à Vaf faire de la Constitution; Id., t. 698 : Projet d'instruction pas-

>ccueil

et projets

du Pape

torale, 6 juillet 17 19.

** Arch. des Aff. Êtrang., Rome, t. 697

** Arch. des Aff. Êtrang., Borne, t. 698 let 1719.

** Arch. des Aff. Êtrang., Rome, t. 598

•• Arch. des Aff. Êtrang., Rome, t. 698

•^ Arch. des Aff. Êtrang., Rome, t. 699

Dubois à La TrémoiUe, 20 juin

La TrémoiUe à Dubois, 25 juil-

: Lafitau à Dubois, 4 et 5 août

Lafitau à Dubois, 8 août 17 19.

; Lafitau à Dubois, 16 septembre

ProposilioD

de

nomioalioQ

in petto

à La ïrémoille le soin de soutenir son projet de Mandement et s'appliquait tout entier à la négociation du cardinalat.

Dès sa première audience il en avait tiré de vagues assurances; peu après il lui fallu reconnaître que le Pape l'avait joué : une de ces rumeurs, dont lorigine se retrouve sous fornie d a.erlisscment beaucoup plus que d'indiscrétion annonçait une promotion prochaine de cardinaux dont feraient partie doux prélats français. M. de Gesvres archevêque de Bourges et M. de Mailly archevêque de Reims. Dubois comprend à demi-mot et avertit son confident que <( si son affaire n'étoit pas jugée dans la présente Rote, [Mme de Gadagne] retirerait sûrement sa procuration". » Le confident se rend à Castel Gandolfo, où le Pape prend des vacances, et obtient l'assurance que Dubois sera nommé au prochain Consistoire, mais in petto; au besoin Clément XI en prendra l'engagement écrit et Lafitau le mande sans tarder : « J'assure de la part dé Monsieur notre Premier Président que si Mme de Gada. gne fait à ses juges le plaisir qu'ils en attendent, son procès finira certainement dans la séance, et qu'un des articles qu'elle souhaite sera ^formellement inséré dans l'arrêt, le tout sans aucune ambiguilé". » Dubois déçu ne perd pas cependant l'espoir de réussir, il répond à Lafitau : « Mme de Gadagne, ma cousine vous prie de ne rien oublier pour faire en sorte que son procès soit terminé définitivement à la première séance, parce qu'autrement elle est déterminée sans retour à ne plus poursuivre ce jugement à la Rote. Elle croit devoir à son honneur, à ses intérêts et à son repos de prendre cette résolution et de ne pas employer à chicaner et à essayer des subterfuges sans fin un temps précieux qu'elle peut employer très utilement à profiter des avances qu'on lui a faites pour un accommodement dans lequel sans faire aucune injustice à ses associés, elle peut trouver des avantages certains. Elle vous prie donc de déclarer qu'elle aime autant perdre son procès que d'obtenir seulement une sentence interlocutoire dans laquelle elle ne fût pas nommée et qui ne fût pas signée aussitôt qu'elle sera rendue^». ,, L'insuccès netait pas imputable à Lafitau et, avec cette lettre, Dubois en expédiait une autre annonçant à son chargé d'affaires sa nomination à

.n!Jr\ "^Z ^v' ^''•"'^^•'.ï^^^"^-^ t- 599 : Dubois à Ufitau, ,9 «^piembnî 1719, C. de Sevelmges, op. cit., t. I, p. 23i.

*' Arch. -des Aff. Étrang., Romo, t. 600 : Lafitau à Dubois, 1^, 7 cl 3i oclobre 17 19.

'« Arch des Aff. Étrang., Rame, t. 600 : Dubois à Lafitau, 8 novembre «719; C. de Sevelinges, op. cit., t. I, p. a8i suiv.

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LE CHAPEAU DE L'ABBÉ DUBOIS

l'évêché de Sisteron'* : <( Dans le temps que vous travaillez, lui disait-il, pour la religion, le Saint-Siège et pour l'État, il ne seroit pas juste de vous laisser exposé à la malignité de leurs ennemis et de tarder plus longtemps h vous affranchir et à rendre justice à votre mérite... » Les autres agents n'étaient pas moins bien traités : le P. Désirande, théologien du Pape, accepta cinquante pistoles en espèces''; l'assesseur et le commissaire du Saint-Office avaient un moment embarrassé Lafitau qui les jugeait inaccessible à rargeTit'\ ils s'humanisèrent et le premier s'accommoda d'un bureau couvert de plaqueis d'argent ciselé, deux flambeaux d'argent, une tabatière, un flacon de vermeil et trente-cinq i)isloles; le deuxième accepta deux tableaux encadrés, un bénitier de vermeil et vingt-trois pistoles, en outre on remplit ses armoires de dix livres de chocolat, dix livres de tabac d'Espagne, soixante livres de siicre, quatre-vingts livres de chandelle'^; Massei, .qui visait à une nonciature, se contenta d'un couvert, une coupe et des salières d'argent avec dix pistoles, plus neuf pistoles à partager entre son secrétaire, son valet de chambre et sa cuisinière". Le neveu du Pape, don Alexandre Albani, écrivait Lafitau, <( commence à être affligé de ce qu'il n'a rien touché en dernier lieu, il souhaite extrêmement qu'on y remédie le plus tôt possible'\ » Dubois y consentait, mais connaissant la conduite privée de Don Alexandre exigeait (( un marché particulier avec lui dans chaque affaire particulière". » Pour son frère, le cardinal-neveu, Dubois ne lésinait .pas autant et lui destinait une miniature du Régent dans un cadre de cristal et treize pistoles'"; ajoutant que le duc d'Orléans serait toujours prêt à donner au prélat « les marques les plus généreuses de son amitié''. (( Le cardinal Tolomei refusa longtemps une montre à répétition, puis succpmba et presque aussitôt la rendit

" Arch. des Aff. Êtrang., Romo, t. 600 -.Dubois à Lafitau, 8 novembre

" Arch. der Aff. Etrang., Rome, l. 600, fol. 260 : Mémoire de Lafitau,

4 novembre 17 19, acquitté par Dubois.

'' Voir note 72.

" Ibid.

'* Arch. des Aff. Etrang., Rome, t. 600 : Lafitau à Dubois, 10 et 24 octobre

" Arch. des Aff. Étrang., Rome, t. Sqc» : Dubois à Lafitau, 3 octobre

^* Voir note 72.

^* Arch. des Aff. Étrang., Rome, t. 599 : Dubois à Lafitau, i3 décembre

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