‹ Histoire de la régence pendant la minorité de Louis XV [microform]Chapitre 86 sur 193 · TOME ni · texte numérisé non relu

TOME ni

T»rcy évente la correspondance

au tentateur" Enfin, le Pape lui-niùmc n'était pas à l'abri « Sa passion, écrivait Lafitau, est de se faire une Bibliothèque" .. 1- insinuation sera entendue.

Lafitau soutient son personnage, car il est entendu entre les deux complices qu'il ne fait rien que de lui-même et sans l'aveu de Dubois, à qui il écrit : „ Votre Excellence m'encourage à lui parler d'une affaire dont je l'entretenais mal volontiers à cause du peu de part qu'elle y prend" ,. et Dubois de répondre • Si Mme de Gadagne gagnait son procès et que son jugement pût être publie, je crois que le solliciteur d.'vrait écrire au vice-légat d Avignon (le Régent) pour lui demander excuse d'avoir poursuivi cette affaire sans avoir reçu ses ordres, et s'excuser sur ce que le juge lui-même (le Pape) lui avoit conseillé d'agir et de ne dire a personne que ce fût par son conseil". ,, Or quelques mesures que prit Dubois pour cacher son intrigue, Torcy dépistait tout par le secret de la poste; il fut frappé de ce style énigmatique, et comme il voulait peu de bien à l'abbé, il avertit le duc d Orléans avec sa mesure accoutumée, que si cet abbé travaillait pour son chapeau de l'aveu de S. A. R.. il n'avait rien à dire; mais que, dans l'incertitude il avait cru de son devoir de 1 avertir de ce qu'il en voyait. Le duc d'Orléans se mit à rire '< Cardinal, ce petit faquin! vous vous moquez de moi; il n'oseroi t y avoir jamais songé. ,, Et sur ce que Torcy insista et montra les preuves, le Régent se mit en colère, et dit que. „ si ce3it impudent se mettoit cette folie dans la tête, il l feroit mittre dans un cul de basse-fosse" „ La lettre du i4 novembre fuî

« Mgr le Régent a su, je ne sais par où que dans vos lettres il était parle souvent d'une Mme de Cadagne. ave. un jargon ^.eem

RoTale"! En"' •-'* ^" ''T'''' "«^ ''^ P^^ ''' ^"^ So2 Al s^ Royale ,. En conséquence, il recommandait à son agent de gar-

fu 1 ", i°''^"" ""^ dhpo.ev.H pas d'une occasion su e

lu. prescrivait dans sa première lettre de renouveler ses excuse^

et maigre la défense expresse de Dubois! « Je persiste à penser

" Arch. des Aij. Êtrnng.. Ronir. I

" Arch. des Ail. Ètrang., Rom. I. 6001 '719-

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ArcK des Aff. Étrang., Rome, t. 600 \'/rch. iles Aff. Êtrang., Roin<?, t. 600

Saint-Simon, Mémoires édit. Chérut^î, t. XVIII, p. 126,

: Lajitau à Dubois, 3 oclobro Lafitau à Dubois, 27 novembre : Lafitau à Dubois, 3i octobre Dubois à Lafitau, iH novembre

LE CHAPEAU DE L'ABBÉ DUBOIS

(ju'il faut que le procès de Mme de Gadagne soit jugé dans la première séance et l'arrêt prononcé publiquement, ou qu'elle renonce :\ tout jugement. Si elle ne peut obtenir ses sûretés d'un côté, il faut qu'elle les prenne de l'autre. Elle aimeroit mieux sans comparaison] celles qui peuvent venir du côté de Rome, que es plus grands établissements qu'on puisse lui procurer ici; mais en attendant inutilement ce qu'elle aimeroit le mieux, il ne seroit pas juste qu elle perdît l'occasion de se mettre à l'abri de tous les événements dans ce pays-ci*^. »

Le ton de cMe letlre et les sûretés dont il était fait i..ention s'ex- Méprise de pliquent par le nouveau tour que prenait la bienveillance de l'An- !*»n*erveBgleterre. Dans sa lettre du 8 novembre à Lafitau, Dubois nom- ''''"*"^^*'''' mait un de ses anciens partenaires dans les négociations de Londres. « M. de PendtcMiriedter, mon artii particulier. Il a, ajoutait-il, une grande influence à sa Cour". » Ce nouvel allié toutefois montrait plus de circonspection que son collègue à Paris, lord Stair. Le 10 octobre celui-ci avait écrit à Stanhope que Dubois était toujours féru du chapeau et priait son vieil ami de lui continuer ses bons offices à Vienne, pour y obtenir à tout le moins de la Cour impériale qu'elle fit savoir à Rome qu'elle ne soulevait pas d'objection et n'exigerait aucune compensation si Dubois était nommé. Mais, ajoute lord Stair, (( il y aurait un autre moyen de procurer le chapeau à l'abbé, et qui, à mon gré, serait le phis propre à réussir; je veux dire que si les choses tournent bien, comme probablement elles ne manqueront pas de le faire, conformément au système de la Quadruple-Alliance, ce serait que le Roi prît celte occasion de recommander l'abbé au Régent pour la nomination de la France, comme une marque de sa faveur envers l'homme qui lui aurait rendu un service si éminent. Je me flatte que le Régent ne repoussera pas la requête du Roi; et en même temps, je crois qu'il sera très difficile d'obh nir son consentement par aucun autre moyen. » Dans un post scriptum, Stair ajoute qu'il a vu l'abbé qui approuve cette suggestion et désire que Georges V' recommande à M. de Senectère, quand il se rendra en France, de parler de sa part au Régent en sa faveur, ou au seul Régent en prenant garde que l'abbé continue à ignorer tout ce qui se manigance à son profit". »

" Dubois à Lafitau, 29 novembre, dans C. de Séveling>es, op. cit., t. I, p. 277-291.

Arch. des Aff. Etrang., Rome, t. 600 : Dubois à Lafitau, 8 novembre

" Public Hecord Office, France, vol. 354 : lord Stair à lord Stanhope, 20 octobre 1719.

Lciire de Georges 1'''' acquiesce à celle manœuvre qu'on lui propose et Georges I r j^ ^er novembre, il écrit de Hanovre à l'Empereur qu'en raison rEm|icreur de l'indlsposilion du Pape qui pourrait avancer la promotion de cardinaux, il communique « une idée essentielle pour l'avancement de l'intérêt commun » afin que l'Empereur <( puisse sans perte de temps contribuer par ses offices à Rome à la faire réussir. Il est à présumer que le Régent de France recommandera l'abbé Dubois au cardinalat. Or cette diofnité avant enhardi Alberoni à entreprendre et pousser avec tant d'opiniâtreté ses desseins pernicieux, il me semble qu'il seroit juste et prudent d'en récompenser et soutenir le courage d'un autre ecclésiastique, dont le ministère a si fort contribué à l'Union formée par la Quadruple-Alliance, et par conséquent aux suites heureuses qui en ont résulté, tant pour la cause commune que pour \es intérêts de V. M. Imp. et Galh. en particulier. Si elle pensoit là-dessus comme moy j'espère qu'elle fera témoigner au Pape que la promotion de l'abbé Dubois lui sefa agréable..." » Slanhope transmit cette lettre à Saint-Saphorin en lui expliquant qu'il la devait remettre en mains propres vt y ajouter les explieations orales indispensables pour en assurer le bon effet : (( M. l'abbé Dubois souhaite le cardinalat autant pour sa sûreté que par ambition; et TEmpereur doit mieux aimer l'y aider que de le réduire à le rechercher par un canal où les Alliés ont moins leur compte". » Il fallait que le comte du Bourg, ministre de France à Vienne ignorât tout, et aussi que la Cour impériale ne perdît pas de temps.

Saint-Saphorin, reçu en audience par l'Empereur, le i3 novembre, s'acquitta de sa mission avec une belle ardeur. Il montra combien il serait avantageux que l'abbé lui eût l'obligation de cette dignité suprême et, en eas d'échec, on s'y prendrait de façon que la responsabilité tombât sur l'obstination malveilllante du Pape. Le roi d'Angleterre avait eu maintes occasions de se plaindre des machinations pontificales, il s'était tu uniquement par égard pour son allié impérial, préférant employer la flotte anglaise dans la Méditerranée dans l'intérêt de Charles VI plutôt que de la faire servir à châtier Clément XI.

Parlant d'ordre de son gouvernement, Saint-Saphorin fît entendre des menaces si le Pape tolérait le Prétendant à Rome, ou

Commentaire (le Sailli- Saphui'iii

" Public Record Office, G<^rmany, vol. 2i3 : George /" à Charles V7, Hanovre 21 octobre (^i*"^ novembre) 1719.

"' Pablic Record Office, Germany, vol. 2i3 : lord Slanhope à Saint-Saphorin, Hanovre, 4 novo-mbre 17 19.

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LE CHAPEAU DE L'ABBÉ DUBOIS

s'il faisait un cardinal à sa nomination. 11 pria l'Empereur de lui faire de sérieuses remontrances pour l'empêcher de s'abandonner à tout ce que lui suggérait Alberoni et le Prétendant. l'Empereur promit de donner des ordres au cardinal del Judice pour qu'il. s'employât à faire obtenir le chapeau à Dubois. Cependant il réserva ses droits à deux chapeaux qu'il prétendait comme empereur et souverain des Espagnes; il promit de s'entremettre à propos du Prétendant'". Vagues promesses qui ne trompaient personne, pas même celui h qui elles étaient adressées car, remarquait Saint-Saphorin (c la Cour de Vienne n'a pas la coutume de s'opiniâtrer pour autrui. »

Mis au courant de ces démarches, Dubois manifesta une vive i^econnaissance, et insista sur la nécessité d'agir directement sur , le Régent. Il revint à l'idée d'une lettre autographe apportée par M. de Senectère, remise et commentée par lord Stair dont l'insistance savait parfois entraîner sans convainci^. Georges P"" • se montrait d'une complaisance sans bornes. Rentré de ses États de Hanovre à Londres le i4 (25) novembre 1719, il écrivit le jour même la lettre suivante :

<( Mon frère et cousin, M de Senectère vous rendra compte de la confidence que je lui ai faite d'une chose que je souhaite depuis longtemps et que je crois convenable à \ ous et aux alliés. Nous devons cette reconnaissance à la personne dont il s'agit, et cette mortification à nos enemis. Ne pouvant pas le faire par moi-même, je ne veux plus différer de vous exhoMer à nous acquitter. Si vous y pensez vous-même, je vous prie de n'avoir aucun égard à la modestie de la personne, mais aux services importants qu'il nous a rendus. En mon particulier, je vous en serai obligé, comme d'une marque d'amitié essentielle que je vous demande de tout mon cœur". » On aurait lieu d'être surpris qu'un allemand sut composer cet adroit billet, si on r.e savait que, rédigé tout entier de la main de Dubois, il fut transmis par lord Stair, de sorte que le roi d'Angleterre n'avait eu qu'a le copier et le renvoyer'^

Le couf) porta, nous appn^nd lord Stair, qui présenta la lettre au Régent et, avant que de sortir de son cabinet, en tira parole qu'il ferait toutes les démarches nécessaires pour faire réussir

»" Public Record Office, Germany, vol. 21.S : Saint-Saphorin, Vienne, 16

novembre 17 19.

'» Arch. des Aff. f:trang., Annfleterre, t. 828, fol. 432 : Georges /«'' au liég^ni, C. de S<Welinj]^es, op. cit., t. L p. ^^87.

'- Public .Record Office, Franee, vol. 354 : lord Stair à lord Slanhope, Paris, i/i novembre 1719.

Lettre (lu roi r Angleterre

Letlrrt

(iu Héj^enl

les prétentions de l'abbé au cardinalat. « Mons*" k duc d'Orléans, écrit-il, ayant leu la lettre du Roy m'a dit que je savois bien qu'il n'étoit pas fort amateur des cardinaux en France, mais qu'il n'y avoit pas moyen de refuser quelque chose au Roy et qu'il étoit persuadé qu'il n'auroit pas lieu de se repentir de sa complaisance en cette occasion'\ » Quand ils reçurent cette dépêche, lord Stanhope et lord Sunderland, (jui venaient d'apprendre d'autre part les dispositions favorables de l'Empeix^ur ne purent contenir leur satisfaction et l'exprimèrent chaleureusement à Destouches, qu'ils rencontrèrent à la Chambre des lords'*; le Roi lui-même, eroyant l'affaire faite, en témoignait sa joie très

vive

Le jour même oii lord Stair rendait compte à sa Cour du succès obtenu, le Régent tenait parole et écrivait à Clément XI :

« Très-Saint-Père,

(( Il y a longtemps que je diffère de demander à Votre Sainteté une nouvelle manjuc de bonté et d'amitié qui me; seroit aussi sensible qu'aucune autre que j'aie reçue. Elle sait que l'abbé Dubois a ma principale confiance dans les mesures que je continue de prendre pour procurer le rétablissement de la paix de l'Église; que les dispositions prochaines à la tranquillité générale de l'Europe qui sont le fruit des négociations que je lui ai confiées me mettent en état d'avancer ce grand ouvrage auquel il peut encore beaucoup contribuer, et qu'il a toujours agi avec toute l'application et tout le zèle possible pour les avantages réciproques du Saint-Siège et du royaume, aussi bien que pour la gloire de Votre Sainteté. La place qu'il a remplie auprès de moi, les ambassades dont il a été revêtu et son élévation au ministère des Affaires Étrangères sont, Très-Saint-Père, autant de progrès qui ont pu l'approcher de la dignité de cardinal, que je supplie très instamment Votre Sainteté de lui accorder dans la premièie promotion. Si Votre Sainteté veut bien avoir égard h ma prière en faveur d'un sujet pour qui j'espère la trouver favorablement disposée, elle me donnera de nouveaux moyens d'avancer la snlisfaction de Votre Béatitude, et de dissiper ce qui pourroit

\ : lord Stair à lord Stanhope,

Public Tiecord Office, Franco, vol. Paris, 29 novembre 1719. »

^^ Arch. des Aff. Êtranq., AnnrlcU^rrc, t. 327 : Destouches à Dubois, 3 décembre 1719; €. de Sévclingt^, op. cit., t. I, p. 293.

^^ Arch. des Aff. Êlrang., Anî^leterre, t. 327, fol. i^S : Destouches à Dubois, i4 décembre 1719.

LE CHAPEAU DE L'ABBÈ DUBOÎS

encore entretenir le trouble dans l'Église. Je ne veux point faire valoir la considération attachée à l'autorité que j'exerce, ni les raisons que je pourrais avoir de demander à Votre Sainteté, au nom du Roi, une compensation, des places qu'Elles a accordées à d'autres puissances dans le collège des cardinaux. Je ne veux devoir la grâce que j'attends d'Elle en cette occasion qu'aux bontés dont elle m'a si souvent renouvelé les assurances, et que je me flatte qu'Elle voudra bien me continuer''. » Il est presque superflu d'ajouter que -cette lettre du Régent, comme celle du Roi d'Angleterre, avait été rédigée par Dubois.

Le cardinal de La Trémoille avait mission de la présenter au Pape Clément XI (( et de n'oublier rien de ce qui peut le toucher..., de ne négliger aucun des moyens qui peuvent assurer et avancer l'effet de ce plaisir". » Dubois joignait ses instances à celles de son maître, s'estimant « heureux que S .A. R. dépose entre les mains de Votre Excellence l'excès de bonté qu'Elle a pour moi, et qu'elle lui confie le soin d'obtenir la grande distinction qu'elle veut me procurer'*. » Par le même courrier il prévenait Lafitau qu'il persistait « à penser qu'il faut que le procès de Mme de Gadagne soit jugé dans la première séance, tt rari-et prononcé publiquement, ou qu'elle renonce à tout jugement; si elle ne peut obtenir ses sûretés d'un côté, il faut qu'elle se les procure de l'autre. Elle aimerait mieux, sans difficulté, celles qui peuvent venir du côté de Rome que les plus grands établissements qu'on peut lui procurer ici. Mais en attendant inutilement ce qu'elle aimerait mieux, il ne serait pas juste qu'elle perdît l'occasion de se mettre à l'abri dans ce pays-ci''. »

Ainsi engagée, patronnée, soudoyée, la candidature semble devoir aboutir à une nomination. Cependant à l'heure même où, à Paris, le Régent écrit au Pape, à Rome, Clément XI tient un consistoire et déclare dix nouveaux cardinaux, parmi lesquels Dubois n'est pas nommé. La nouvelle en arriva à Paris le 9 décembre dans la soirée et elle éclata le lendemain'"". La stupéfaction fut générale d'apprendre que les deux prélats français choi-

*« ArcJi. des Aff. Êtranq., Borne, t. 600 : le Bégent au Pape, 29 novembre 1719; C. de Sévelinges, op. cit., t. I, p. 291.

"* Arch. des Aff. Êtrang., Rome, t. 600 : ie Bégent à La TrémoilU, 29 novembre 1719.

•" Arch. des Aff. Etrang., Rome, t. 600 : Dubois à La Trémoille, 29 novembre 17 19.

•• Dubois à Lafitau, 29 novembre 1719, dans C. de Sévelinges, op. cit., t. L

'''° Dangeau, Journal, t. XVÏIÏ, p. 170; Additions de Saint-Simon, ibid.,

Kchec de Dubois

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sis par Clément XI étaient M. de Gesvres et M. de Mailly. La nomination de ce dernier semblait une bravade et presque une insulte, puisque le gouvernement français avait formellement exclu ce singulier personnage*". Le choix du nonce Bentivoglio dont la maîtresse et la fillette était la fable de tout Paris'"% soulignait encore la malveillance de ces choix auxquels la Cour romaine ajouta un procédé désobligeant par l'envoi à M. de Mailly de la nouvelle de sa promotion et de la calotte rougc^"\ Dubois dévora 1(^ contretemps et exhala sa mauvaise humeur dans une lettre à Stanhope : ^( Voilà mes plus grandes es|)érances a vau-l'eau*"' » et il lit entendre une sorte de menace à Lafitau : « C'est la plus grande offense que le Roi ait reçue depuis sa minorité, et cela au moment où le Régent travaillait à ramener les évêques au Saint-Siège *"'' . » Lafitau ne s'émeuvait pas pour un échec qu'ill entrevoyait réparable vu l'état de santé de Clément XL Sept jours après la promotion, il pronostiquait la mort prochaine du Pape : « Le président pense efficacement à se démettre de sa charge. Je ne crois pas la chose fort éloignée. Si Mme de Gadagne veut continuer à honorer son agent de ses ordres, il tâchera de faire en sorte que le nouveau président n'entrera pas en charge qu'il n'ait auparavant signé toutes ses prétentions. » C'était tout un programme, mais Dubois ne ressentait pas moins vivement son échec et l'incertitude de sa situation. Consolations et promesses, d'où qu'elles vinssent, de Lafitau ou de Stanhope *"' , pouvaient difficilement tempérer l'amertume que l'abbé ressentait lorsque le Régent, pour lui faire sentir le peu qu'il était, l'obligeait à travailler sous ses yeux avec deux hommes qu'il haïssait comme des rivaux possibles : Torcy et John Law^"'.

*"* Arch. des Ajj. Êlrnng., Rom<^, t. 5oo : Dubois à La Trémoille, 3 octobre 17 19.

^"- Saint-Simon, Additions au Journal de Dangoou, t. XVIII, p. 177; Dul'Ios, Mémoires secrets, in-S, Paris, i7()i, l. I, p. 109.

^"^ Danjrcau, Journal, t. XVIII, p. iS3; i.^ dt-iv-mbre 1719; M. Caumartin de Boissy à Mme de Balleroy, lO dpcnthri', dans Les corresiumdnnts de la marquise de Balleroy, 16 d<Vombrt', t. H, p. 90-91.

^"^ Arch. des Ajj. Êtrancj., An-^'lctorrc. t. 3^7 : Dubois à lord Stanhope, 18 décembre 1^19.

'"^ Arch. des Ajj. Etrang., Rome, t. 601 : Dubois « Lajitau, 12 décembn-

^"^ Arch. des Ajj. Eirang., Rome, t. Goi : Lajilaa à Dubois, G décembre

'»' Arch. des Ajj. Etrang., Angleterre, t. 327 : Stanhope à Dubois, 29 décembre 17 19.

^"« Public Record Ojjice, France, vol. 354 : lord Stair à lord Stanltope, •jr: décembre 171 9.

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