CHAPITRE XLV
Law eoDtre Dubois
(Janvier-Juin 1720)
Dut'l de lord Slair et de Law. — Stair rappelé et disgracié. — Lord Stan- Iiopo et Dubois contre Law. — Triomphe du duc d'Orléans. — Tactique de l'Angleterre. — Elle cherche à entraîner le Régent. — Attitude de la Tur* quie. — Attitude de la Prusse. Avances de Pierre I®' au Régent. — Stanhope acharné à la perte de Law. — Sa disgrâce et son retour de faveur. — Rappel de Daguesseau. — Complot contre Dubois. — Dubois vise à l'archevêché de Oimbrai. — Il sonde le Régent. — Fait écrire le roi d'Angleterre. — Lord SUiir obtient la nomination. — Noaillee refuse la dimissoire. — Ordinatian per saltam. — Opposition de Law. — Retards apportés à l'Induit. — L'Induit est donné. — Préparatifs du sacre. — Le sacre de Dubois. — Dubois l'emporte sur Law.
Do jour en jour l'accord de Duboi§ avec Law faisait place à lii mésentente, prélude de la brouille. Entre autres torts, Law avait celui d'entretenir d'excellents rapports avec Torcy, le rival toujours redouté; pis que cela, peut-être visait-il pour lui-même au ministère. Lord Stair n'avait pas dû se faire faute d'insinuer à Dubois ce qu'il écrivait à Craggs : <( Considérez dorénavant Law comme premier ministre\ » L'inquiète méfiance qui avait présidé depuis quatre ans aux relations entre Dubois et Stair, semblait s'atténuer devant le péril que l'entente de Torcy et de l^w faisait courir à la politique de Dubois et à la prospérité de r Angleterre. Le patriotisme exclusif et hargneux de Stair lui montrait Law et le crédit français comme une menace et presque un attentat permanent à la grandeur de son pays et son insistance irritait lord Stanhope, moins pessimiste et assez justement satisfait du degré de puissance où sa politique avait élevé le royaume britannique. Grâce à lui, la dynastie de Hanovre était définitivement assise sur le trône d'Angleterre; le Prétendant végétait à Rome, les renonciations qui séparaient à jamais les
* Hardwicke Papers, t. II, p. 689 : lord Stair à J. Craggs, i«^ septembre 1719; ibid.y t. II, p. 593, 594; lord Stair à J. Craggs, 9 septembre 1719.
Duel
de lord Stair
et de Law
LAW CONTRE DUBOIS
^^ ' . A<Vry.ano s'aggiavaiont d'une guerre
couronnes de France el ^J;^^^^'''j;,%.,,i,cy. étaient ruinés, ,ntre ces deux royaumes t>»"'^ ;i"^ 7„; J^^,^, disparue, la la marine espagnole an.antu- ^^ -^",7,, „,,Jq,, de la marine
„,arine suédoise --"f*;;?,^ ^\,^^ J, de la n.er du Nord et de anglaise maîtres^^ de la ^ed. -ame, ^^^^^^ ^^. ^^^^^^^
■a Baltique, où la marnu- ^^^^^^^^ bien le prix qu'on ombrage. De *«™t.labk-s le.uHat, va nullement
avait mis pour les acquer.r et f^^^^^J einquanle-d.ux mil
du chiffre de la d^te l'f '^^^jf^; p, «geait pas cette ^ré- . lions de livres ^terbng. Lord Stan n. p „ 1^^^^ ^^ ^^^.^^ nité et ses -quiétudes nr.U.enUpe-e ^^^^.^^^^^^^ ^^.^^ autant que l'avaient ta,t ses <^';j'"';* ' j^J ,^,„ offert de rap- • Dubois. On a vu qu'à un '"^^^ f ;^;;^'^i„„ de l'entrée soknj.ler Stair% les incidents sou le ^s a J °- '; «.^^^^^^ ^,^ ,,i,,iié, ,elle de lambassadeur n avaient pu que co ^^^^^^^^
^s incursions -aladro. es sur le doma ne 1 J ^^ ^^.^^
<,ncore à l'aigreur que Stanhop ne pien P i ^^^^ g^^.^, ,^ de déguiser, en sorte que «"«^^"^^"V^;'/^^^^ Toujours pi^c-
,arti du Régent, ^^^^l^^^^'^-^ «--' ''T cupé des destmees de^ la Quad up ^^^ ^^^ ^.^^^.^^ .^,.^,j^
hope n'en concevait pa* la du t. en ^^^^
des' diplomates et des finanees. Lors de ^--^^Z-iir. bien en-
lété de .7x8. i» «v-^ ''''''''''Zn ;J Lril^^i-^^--' était ^mble Dubois et Law; un an plus tard leu^ a ^^.^^^^ ,
public et Dubois essayât de^don^ e cban^. ^,^^^^^. ^^^ .^ Stanbope : - My Lord Peteibo ou^n ^^^^^,^
fusse mal avec M. Law par le -" ^^^ '" ^'^f^^point connaisehez moy, d'abord qu .1 a este a Pa'. • « ,^ ^^„.
. ,ance que M. La^v soit mécontent de moi. et je
^'ts p:otesta,ions ne co-mpta..nt V^::X^:Jr^,^t^- ,uait la Banque et Law nonça « r au^Bc.ent.^^^ ^^
tendait comme ^^ 1^» --^^.„^^. ,,, ,,.., pays; dailleurs. pus indigne « tendant a niuu io scav les btmni«
l,ioutait-il, .. ce n'est pas d'au30urd^u que 3^ c. y^ ^ ^
intentions de M. Law P«"^ ;; '' ' :;, , .^Uement le Régent lui mettre. le Roy mal avec S.A.IL -^aiuie
' Public Record Oi/ice, France, vol. 35S , J. Lragg
vicr I7I9- , «n/. . Dribois à loril !>lunhope. Paris,
3 Pubiic Record 0//ice, Franc*, vol. 354 . D"bo.s
20 octobre 1719-
donnait raison, le comblait de remerciements' et Stair se croyait non seulement diseulpé maJs rentré en faveur auprès de son gouvernement jusqu'à ee que Craggs l'eût éclairé. « Si V. S. me demande mon opinion, j'aurais souhaité qu'après nous avoir dit si souvent que nous devions considérer Law désormais comme Premier Ministre, vous vous fussiez abstenu de l'attaquer ouvertement sans l'ordre du Roi à cet égard'. » Loin d'être calmé, Stair n'en est que plus (^xcité à dénoncer les relations de Law avec les membres du parti jacobitc'*, ses sympathies pour l'alliance espagnole et pour l'accord moscovite'. Véritable Gassandre, ^ il n'a que de sinistres |)rédictions à faire entendre et chacune de ses dépêches semble tinter le glas de la Quadruple-Alliance. Se croyant incompris, méconnu, il demande son rappel, car <( je pi^vois, dit-ïl, par le train (jue lies affaires prennent (que) je ne seray plus en état de pouvoir rendre aucun service au Roy dans
cette Cour' ».
La dépêche alarmante de lord Stair expédiée le 27 décembre stair arriva à Londres le i"" janvier 17P.0 au matin. A midi, le Roi ef'disgrLé donnait ordre à lord Stanbope de se rendre à Paris et de converser avec le Régent, avec* Dubois et avec Law. Le motif officiel du voyage était de s'entendre sur la conduite à tenir à l'égard de 'l'Espagne après la disgrâce d'Alberoni; on réalité les deux problèmes, l'un politique l'autre financier, allaient être approfondis.
Stanbope parti de Londres le 3 janvier, arriva à Paris le 9, et alla aussitôt faire visite à Law à qui il proposa des grâces et des faveurs pour ses proches parents. On ignore Taccueil qui fut fait à ces avances, mais il est certain que le premier ministre anglais promit au nouveau contrôleur général le rappel de lord Stair. Après avoir fait la même promesse au Régent et abordé l'affaire d'Es[)agne, Stanbope regagna Londres* laissant lord Stair suffoqué, abasourdi, puis violent et furieux s'abandonnant
^ Oxe.nfoorâ CasiU, Stair Papcrs, vol. III B : lord Stair à Craggs, Paris, II d<^mbro 1719.
^ The Stair Annah, vol. Il, p. 124 ; /. Craggs à lord Stair, Cockpit, 18 i^ - '^9) d<V4'nibi<* 1 7 1 9 .
"^* 11 pensionnait lo ïViMondanf, voir Lémontoy, op. cit., t. I, p. 826, note i.
^ Oxenfoord Castle, Stair Paper«, vol. II, p. 896 : lord Stair à lord Stanhope, Paris, 27 décembre 1719.
' Oxenfoord Castle, Stiiir Papors, vol. lîl B : lord Stair à Craggs, Parus, 7 janvier 1720; reproduite en partie dans The Stair Annals, t. II, p. i4i ; Hardwicke Papers, t. II, p. 602.
* Dannfeau, Journal, t. XVIÎI, p. 2o4, 210; 10 et 20 janvier 1720.
Lord
btanhope
et Dubois
aux récriminations sans s'interdire les grossières injures* Cette Tgrïce "usait en Franco un véritable -u'agernent et a j^.ne Lille annoncée par lord Stanho,K= que la Cour et la v lie en
uft. instruites", les lettres de -Pf ^f^-^^^^P^;^^ ^X"
^r.k rio mar^ et Dendant plusieurs mois l anibassaacur
Ttin" lex^^duô; dL'aSaires.'nais son rappel et sa dispa-
ttn mettaïnt fu. à de. procédé, d'une ---cU- dehb^r^ et soutenue que Dubois avait hâte de voir abandonner Dès le îloÏÏde février il réclamait à Londi^ un prompt départ de
" extmbr" ' diplomate dont l'aigreur menaçait d'un ecla Tui ^rTirrémédi.-:ble". La« était plus impatient encore, ayan pensHue le compatriote à qui il avait fait gagner « trois bons SuUons'"- », (sans parler d<- ce que len.ourage avait grappille )
'"L:rd's""r srccombait . la tâche, mais ses dénonciations veni-
.-- , nieu^ contre celui qu'il accusait d'avoir promis d élever la
t^^^ ^IIZ sur es ruines \ l'Anglo.erre et de la Hollande ne pou- ■ V enTmanquer de trouver des échos dans un Pay| P-fon^^-^ ialoux - comme il le serait d'un préjudice - de la prospérité dÏÏrui Le cri d'alarme fut entendu, répété, mais le cabinet angtispréféra à une campagne retentissante une guerre sournoL et'les coups fourrés de la banque et ^^ ^^^^^'^^^^^''l^ hnnP si rempli de bienveillance pour Law dans sa lettre au t^déimbret Dubois^ ne venait, semble-t il à P-- jue pour V recruter des complices mieux stylés sur la .ondiute a emr \ SZ mvl Stanhope qui à son dernier voyage a conseille a DubS d7se mettre au courant des finances d'Angleterre, pou. ^ueTous pui-iez faire voir à S.A.R. les défauts du système Sans iZel M. Law l'avait embarqué. Vous ne devez pas perd.e, .::« m'oment cet objet de vue, écrit ï>-touches à Dubois^ c e .. plus sûr et le plus noble moyen pour maintenir et augmenU r
. L. Wiosener, Le «<!ge„., î'abbé D.boi., et (es /.ngto, in-8, PnrU, .809.
'• "^J^ tr/a Cr„... .0 janvier ,„o. W.U .■• Hl. p. ,6o. Dongean.
-.t„V:.Y'^.Lct; \:Z^^. aons C. .. S.veU„«.. op. ^., t.
I, p. 3ii, 3i2. ianvicr i7?o, dans Correz\iOJ\i\ancf^ .
T n , » 11 n 216 • voir la Wlliv du ?.o f<'vnrr, ihuL, t. n.
^3 Bnval, J^''^'^^'^-^^' P/fo . ,^>. décembre 1710, dans Mahon, Wrtory i-» Lord ^ianhope à Dubois, 18 (-29) aewniDri, 17 y,
0/ Kmilnndy t. H, P- 38o.
LAW CONTRE DUBOIS
votre crédit, en abaissant celui de M. Law'*. » Le fidèle secrétaire et ami, panégyriste aussi de Dubois, l'honnête Le Dran, dit de même ': « Stanhope vint à Paris. Les Anglais marquaient leur inquiétude de la Compagnie des Indes et de certaines mesures de finances et de commerce. Dubois les tranquillisa. L'union fut définitivement affermie'*. »
Ainsi, dès le mois do janvier 17^0, Dubois guettait Law tn qui il voyait le futur surintendant, le premier ministre avec lequel il faudrait composer et sous les ordres duquel il faudrait servir. C'est que Law aussi avait ses vues politiques, opposées à l'allianoe anglaise, favorables à l'Espagne et à la Russie. A l'heure où Dubois sollicitait le départ urgent de Stair, dont la présence Il Paris excitait l'animosité de Law, Dubois redoutait un esclandre dont les suites seraient irréparables : « M. Law est fort altéré contre l'Angleterre. 11 a fait entrer M. I^ Blanc dans ses vues. Ils m'attaquent comme prévenu et favorisant l'Angleterre. Son Altesse Royale fort irritée pourrait se jeter en des extrémités''. » C'est dans de pareils moments que Dubois sentait le péril de sa situation et la nécessité du chapeau. Plus que par le passé, si c'eut été possible, il se jetait dans les bras de Stanhope, son génie tutélaire. Pendant le séjour du « Premier » à Paris il avait pu lui exprimer sa reconnaissance pour les effoits infructueux et esquisser le plan d'une deuxième campagne. En outre, il avait dû s'entendre avec l'anglais au sujet de la conduite à suivre en Espagne et dans la Baltique.
Avant son départ pour Londres, Stanhope avec Dubois et Pendtenriedter signaient une Déclaration à l'issue d'une conférence tenue au Palais-Royal; en conséquence ils signifiaient à Philippe V (( leur volonté de maintenir dans tous ses termes [la Quadruple-Alliance] essentielle à l'équilibre européen" ». Schaub l>orta cette pièc« à Madrid'' où il n'arriva que le 8 février'"; mais un courrier de Dubois à Scotti était arrivé dans la nuit du 24 au
Triomphe
du duc d'Orléans
»' Arch. des Aff. Etrang., Angleterre, t. 33i, fol. T^b^J^g : Dçstouches à Dubois, 3o mai 1720.
»'' Biblioth. Mazarine, n*» 2354 ; Vie anonyme de Dubois, p. 202.
*^ Dubois à Destouches, ik février 1720, dans C. de Sévclinges, op. cit., t. I, p. 3ii. ' /
'• Wien Siaatsarchiv., dans Wobcr, op. cit., p. 102 : Pendienriedter à VEmpereur, 22 janvier 1720.
»• L(^nfflet-Dufr('snoy, Mémoires (le la Bégence, t. IV, p. 86; Dang«an, op. cit., t. XVTTI, p. 210; 20 janvier 1720: W. Coxe, Histoire des Bourbonr d'Espagne, t. ITT, p .6.
" Arch. des Afj. Ëtrang., Parme, t. VI, fol. i4i : Landi à Dubois. 26 janvier 1720.
Tactique de l'Angleterre
5g HISTOIRE DE LA RÉGENCE
.5 janvier résumant la d^dsion p,WV PhiHp^^V ^^^^
n'avait P»- ^f ^ ^°"'"^" J J ' 'our" DuboS un succès qu'il
' •\^rS dfpVrnt.? o^;n.r,:^e so,V do triomphe pour lui était facile de presoniu ^^ longues résistancos.
^■'C« . ce ,ucc^ pe™n„, .^.'^H .bon. ;j/,;r— Zb,!;
nuis la diplomatie officielle d€ Dubois. ia ^^^d^";
pui^ id w^i'* * • „ \,, ii^onipTit OÙ la diso^race d AIDC-
mais la France nava.tr en Au on.en u ^^ ^-^ .^^^^,
T^N^^d ; r?ss:it .'^ COU.Ï à^ une politique belli^ueusç, lAngleterrnd espérait pas de provoquer la g-rre dans la bS Toutes ses démarches tendaient à grouper les pu.stnc? eontrri Russie et à procurer la répétition de ce qu é"al faU contre l'Espagne. A celle-ci la bataille de Passaro ava t Ltté sa flott.-, à celle-l' quelque action heureuse vaudra.t peutêtre un pareil désastre. T'i^rrlr»
Le buî étant identique, le procédé - changea p s L Angl. - .orre offrit la paix à la Russie comme elle 1 avait oftc te a 1 bs ::: L Mais ceïte Paix était humiliante pour ^^^^'^^^\^ posait pas moins que la restitution de R*-!^'-". ^J. ^".f ^^^^^^ Finlande de l'Esthonic et de la L.vonic, c est-a-dire le sacnJice a" onUes dues à vingt années de labeurs et de gén.e 11 semb 0 oue Pierre I" n'en ait jamais rien su, ses mm.stres n osèrent h propo er ce, conditions, il apprit seulement que la negoc.a-
rZt rœnpue et s'appi^ta à faire >« ^j-- «"^P^^t ïïn- U Livonie se vil inondée de Cosaques, kalmouks, Baskihi^, 1 An let rr Iquipa une flotte dans la Baltique et songea a attirer les plnais en Livonie au secours des Suédois Pedanl qu on dech-unerait Turcs et Tartares dans le sud de la Russie . jetait une cuvelle ligue, et formidable. .,ue l'Angleterre organisait e en ue d îaquell , elle faisait alliance avec la Suède alliance défensive, disait-on, bien qu'il n'y parût guère". La France sy trou-
» Arch. des Aff. Êtrang., Espagne, t. .^i, fol. 36 : ScoUl à DuboU, ,6
janvier 1720.
22 Arrh d^Alcala, liasse 2555. , „. ,
» Tl des Ali. Êt^ng., An«lolo,-r.. .. 3,6, fol. .ni : lord Slankope a
Dubois, 8 octobre 17 19. , r • . Tw^î»/. ilMliinro
»Ro,i.set, Actes el mgoeiations, .. 11. p. 476. -"v. • ^" '^„,^^:'' "^^
ontrc W« couronnos .1. In Gra,„l..-R.v..îrn<. ot .!,■ Su.NI., oonclu a Slo.kl.nlm.
le 27 janvier 1720.
LAW CONTRE DUROIS
/Viiiniird'hui disait le préambule u impliciternent -rnï^- ; Au^o^i. d hu ^ P^ ^^ ^^
q^i'a'd^^ignÏ'tchrrg" de ses ordre M. de Campredon que ce t,aité a été concl"^'^ » .^.^ personnellement au Ré- K"ech^erc^^
^r^ ..ilTander de concourir aux moyens d'entraîner le ,e «égeoi "'"."' '7 '«Surci envoyait alors à Londres son ministre, ,0. de Pologne . .^-Ç'"' ^ /"J^^ ,^ g.^e contre la Russie pourvu Flei..iug,quM.fritlecmeous^dela ^^^^^^^^ ^^^ ^^^^^^.^
,,u on lu. versât d > a, g^. ^ ^^hope'approuva et pria le Régent r, leur rm et a sa pot taq e^ Il , ai expédia un sieur Lecoq,
'a^/rnlTe'\- fuS e"s:x: ÏLondres", 'mais le duc d'Orléans ca vinistc 'e'""''^^ , .^ toutes les instances les plus
mïs^nt ? r p ndU au 'roi d^Angleterre que -, la nécessité e .ôurvot ailx engagements où le Roi est entré avec Sa Majesté 'laTuîe raison qui suspend, quant à présent, ce qu il desi- "ra^^^ pouvoh ain-'pour marquer à Sa Majesté la confiance par- ;; -.e danfla solidité'de ses projets et pour en partager les evene-
"Xmr: :";o,:;ant nen gagner protita de la mort du résident de sàxê r Paiîs pour confier les affaires de son gouvernement Î un tout jeune d^lomate, Charles-Henri de Hoym t-s elegan l riluît, très nLdain et capable d'exercer une -'-;;;-" sur l'entourage du Régent. Hoym reçut P^'' '"^ ;r^";"^i;;'^ décider la France à soutenir la Saxe contre ^a Ru - de lor son dessein fut de détourner sur la Saxe << les libéra ites que deDurm siècle la France taisait à la Suède, incapable desormaUdeTui servir- ... Outre ce jeune Chérubin, Auguste II enrvait à trin un vieux soldat, le général Wackerbarth pour "nouer avec la Cour de Prusse et retirer à la France tout pre-
:: rrlr^/f-kL" .:' ASele.., ,.. 3,, = ^ol. ., : Oeorges .V „„
"'ri: VrhZ'vie''<îr Cnarles-Henry Comte de Hoym, .6o4-.736. in-8,
Paris, 1880, t. L p. 67, note 2 Deslouches à
» Arch. des Ajj. Ëtrang., Angleterre, t. 827. lo'- "»' '■'^
""ttc^' r^r^TX.?\Vter., t. 3.7, fot. .8 : . «..en. a Oeor-
^"/L^E:«o^«>nt dat^. de Leipzig, .8 avril ,7.0; J. Pict,o„, op. cH., •
'• '.' L'h.' de Dresde, t. 646. I : Répons, du comte d'Hoym à «es instructions, b'ipzijî, 29 avril 1720. •
Altitude
de la
Turquie
LAW CONTRE DUBOIS
Altitude de U Prusse
"^''^- , X. f„t certain il sufFirait d'obtenir le concours
Pour que le succès f»^» (f J^'^ ^es moscovites sur les côtes de
des Turcs qui occupera.en les « ^^^.^^^ ^j^^^ ^^, ,3 pa,x.
la mer Noire; mais les Turcs ne s ,^^^
Le traité de Pf---^^.^ -^.^nt ur ét'^t indi'spe-able». Us
et un repos de Pl"f "^„;""J':J' u'à un* sort, de renoncepousseraient la condescendance u^qua^ j ^^ ^^^^^
Lnl ainsi qu'en tén-Jg-; „" X,," -'''-^'''^'^"^' '^'""' '"'' écrivait le marquis de lionnac. laisseront, quoi
pour éviter la g--/- J«^ ^^^r^" en Pologne et empêcheque fassent les Anglais, faire la „ l'ambassadeur de
Lt le Khan des Tatars de ^e" mele,^ > ^ ^^^^^ ,^^.^^,
Hollande, Theyls, -<^-"«;^^!''sa'Ma esté Wenne.... jusque-là d'avis de ménager l'amitie de Sa Majesté ^^^ ^^^^
même qu'on dcyait fermer le^ y ux sur J^^ ^^ ^ ^^^.^,^ ,
vites en Pologne". Bonnac et ^^^eyls «PP j^ s'efforçait
cette politique opposée à celle de 1 Angleterre q ^^^^ ^^^
de faL le jeu ^^^ Alleman s .t- j -//,^,";„,,anlinoplo une Turcs contre le Tsar ■ ^^iTJie et y demeurait attaché aux situation presque .^J"^^'^"^^";^ ^'J.^^^ c'en fut assez pour maxime, de la -■^-^''%X7cTJnX?-rson.e^ diplomatique que Stanhope, qui avait bouleverse "oi P ambassadeur
dans les Cours du Nord, demandât eiap^^ ^^^^
ou qu'il se conduisît mieux » ^^2\eZ7^,^ attendait de lui. T,Mté nar Dubois prit bonne note de ce qu
SX.. .b»,u^„. c. <>«;;.7 ';:'«* que Bonnac A Berlin, Roltembouig se montrait piub
r» iiL. ;n ^ Berlin, iS55-i886, » Droysen, GescMchfe der Preu.si.chen PoUUk m-S,
t. IV, 2' partie, I, P- ^8^- ,^ ,,„ ori^-K «...s Louis XV. U »ms-
,io„ du marquis de V;«-eu«e>,.^.74j -'"-«. P"' ^^^ ^ ,3 ^ „„„„„, ,
» Arch. des. Ail- Ctrang., lurq.no. l bi, 101 Louis XV, 5, =5 juin et M jmUel j^7.9. ^^^.^^^^ ^^, os,m.nisç/,en Reirhs.
« Theyls, Mémoires, dans ^inKeiM.11,
t. V, p. 584. . . t A, fol 277 : Bonmc à Louis XW
^^ Arch. des A//. Étrang., Turquie, t. 61, fol. 277
28 ianvk^r 1720. ^ , ^ » îiofi fol io4 : lord Stanhope à
".^rch. des A//, «'-^^v/f ^^^^io ' ll\l Oelrhe. à Ouho.s. .6 Dubois, 8 octobre 1719. ''"^••/. „;,'",ie plainte* Iri's vive, de Stanl.ope. j„i„et. . août ;7-, — an d. " -^«^P^^ ^, ^^^^.^^ ^,„,,„, p. .3. 3» E. Bourgeois, Le becrei ae i^u , ^
. Constantinoplè. Rott^mbourg Y --it de son mieux les^ Anglais et avait «u déterminer le rot de Pi us^ ^^ ^^^^ ^.^.^ Ion beau-père Georges P' a Hanovre^ Au ^^^^atoire
F.édéric-(;.nllaume ^ f jessa ^Isar une ^^^^^^ ^^ ^^^^^
,,digée par W-two^h et «^«^ ^^^^^^^^^^^^^ inquiétaient toute
y Lisail-on, ses exigences a l^g»--^ .^^^ ^„ i^, où la Suède lEurop<. au moment «" ' "^'^^" ^^ ^^^^^ les grandes pu.s-
avait retrouvé de "«""^f "f^/J^'' °u, .établir le repos public -nées avaient pm l urs mesures P ^^^^ ^^^^^ ^^^^ ^^
,lans la ^hn''K>nle • > L''^^«^^\f ^'est ^^^^^3 dit-il, que la voyé pruss.en Scbl PP<^bach ^ . , (.^^gieterre et à la
Prusse se sépare du Isai, si cm J ■ ^^^^ plongea
Suède il la traitera en ennemie ». et cet av ,, roi de Prusse dans "- -e perp exit^^ • - ^^^ ^^^^ un traité d'alliance avec la »ue£>e ^i- «' J . au Tsar une déclaration de "«";'''' 'orage se former contre lui et Pierre r n'en voyait pas "^.^^^J^J^L découvrir tous il était assez perspicace e assez «"««'8" l* ^. dès lors, les symptôme. :;;"-,X^rfr nco-angfai- lui apparaissait
'""■ '^e''nova ■ soUde autour duquel îamoncelaient d'autres comme le noyau suuuc au -i ianvier 1720, il
convenants et de vigoureux appe^. ^^^^^^lUde dem'anchargea son m.n.strc a P»"*' '^^^ . „ ^^e déclaration par
''\'^' .::j;'::rs;Tc"n'a^in engagement ni direct ni écrit portant qu( ^.1V1.1.VJ. . aucun
indirect avec la Reine et la couronne de S^^^;^^'^ aut,^ de ses Alliés contraire ou oppose au ^«^'^'^'^V^^/déclarait on sénaré du traité d'Amsterdam. .. De plus le '«'ir "
savo'r à n'en pouvoir douter, la part que l*^ «"^^^^ j" ^"^
va en! prise au'x traités du Nord et '<>--- ^VcfoÏri au C ^A^^^ l Pour toute réponse, Dubois laissa La MarcK ou 1 d ÏÏr la méïuinrirFrance. Le Marck n'avait pas oublie ses 1 opi^sTrÏ contre l'Angleterre il s'empressa donc de pro- Toïr à' Pierre 1" une alliance entre la France, la Suéde l Borgne et Tes puissances protestante à l'exclusion de lAngle^
nre. Rien no convenait mieux au Tsar qui «"^^ .^^P^^;;," plénipotentiaiix. porteur d'une lettre destinée au duc dO.leans .
Avance de Pierr« l*^ au Kéfcnt
" Droysen, op. cit., l. IV, 2« partie, I, p. 279.
*o DroYsen, op. cit., t. IV, 2« partie, I, p. 279, 295.
- Eres de to Société Impériale d^Hi.to.re de Russie, t.
XL, p. l^r •
Arch. des Alf. Êlrang., B««ie, t. lo. fol. 99 : Pierre ," au Régent, .9 mai 1720.
suiv.
. .oL^^ji ^ ..
LAW CONTRE DU ROIS
I. ., montrait toujours ^^^^ pi^lXt^Z^^ à rexception de la Fmlande e d une pa t^ d ^^ ^^
les provinces -"^IJ-:;/^:' u fa r^Tavl les avantages parti- France et priait le Régent de lui idu commencement
culiers qu'il souhaitait. Dubois ^°"l^«. '^""'^^'^^^/^ren parois-
de l'amitié d«> seul» AHm qui ""'» !u'?>«">'^'; I
de. .„g.,gemen., ,ue "'»■'• "Xilur.ir.û" » lieiUUo™ He
"''" "' ri:f piT„r '■„^.o?i:r.:=;t;L"';: ->~i.ï
V ' wTa Trte Au mois de janvier, Stanhope avait essaye
trô eur général a toute extremiie ou nourrait
i^rre" » Dubois était pleinement gagne a tout ce qui po»»'^ Ï faire conUe Law, mais celui-ci conservait une partie de^^on
du Ré.en,. „ Appli.,..™' 17.1.7, 'ZoZZir^l^!?- .
de Dubois, d'Argenson H Le Blanc l accabla et lui fit retirer
« Arch des Aff. Êtrang., Russie, t. lo, fol. io3 : Dubois, Obren^tfons sur XJdeS. A. R. 'dan« A. Rambaud, Instractions. R.s.e, t. H, P-
^^^" Ïn^eau, Jourru.1. t- XVIII, p. .58, ^^7 -.rs 17.0^ ^^^^ , ^^
« Arch. des Afj. Êtraug.. Angkleric', L 660, loi. 200
^oi,<5, iç) mare 1720. . p ^^j, ^ Deftouchfis,
*« /Irch. dc5 Aff. Étrang., Angleterre, t 33i, fol. 59 • '^«"^
3 mai 1720.
Rappel de Daguesseau
,e cnliôl. 8é„é,..r. U. A;f;t,iîrr»î„i:.;.%ui'SH
irait* de Londres" » contrôle, mais le jour llJ^\%Z
L'arrêt du 27 ma. mettai La^ ^Ttat d'épée, avec l'inspection de laveur ,,me il ^l»^-TtTB?nque cf néU^tdonc qu'une demict direction générale de la 6»"^^ .^ » D'ailleurs Law ne
victoire et surtout ""«^^ J'^^^^J^d" L comme au temps de s'abandonnait pas, j^^l^^^^'J^P";;!: , ^ avait de grands mouvesa faveur" et le public «^vait qu <^ y ^aw, à qui,
suivant le mot de M. '^'^^ *'*'"",__, p^g à aboutir; le 7 JU'"' Ces grands niouvements "^ ^^^^^Jj'/^/J,,. allait être marqué Law était .•établi dans sa charge et son ret ^^ ^^ ^^^^^^.^^ ^^
par des vengeances. .^^.^"^ « f,«;;^;^,i^; Daguesseau exilé à Fresne Conflans rendirent visite «" ,^^«"'^X!' ' ^^e^t^ considérables" ». . „ et on s'attendit à ver quelques -^ha^g^^/^; ^onflans à Fresne U 7, le duc ^O-léans envop le '-f -.^^^^^^.j, ^^, tous les pour en ramené, le chanct nei .
gens de bien". » d'Argenson lui redemander
Dans la journée, ^f «'^^^î^^^.^tns D^Argenson les rapporta
les sceaux de la par ^u duc dOdeans. l^ . ^^ ^.^.^^.^^
,e soir même, au Pal^-^l^^^^'J^^^if, ,Z les Jésuites de la rue de l'air le plus tranqu.Ue et se retira cne ^^ -p,.,,,.
Sainl-Antoin.- et ^'^T'' .''^'^ZoL- \el s casmes" et biennol, poui-suivi par l'ironie des salons , les
"' Ui..l)iii-. Jo«rnttl. t. I, P- .^6-3- : "'»' 1^'".. jj, . Oeslouclu'^ à Dubois. " Arch. de. Ml. Ètrang., Angleterre, t. 33o. fol.
8 juin i:-'"- , , ,„ ,. ^„: ,,20, diins Le.'i correspondants, t. II.
" M. de Balleroy à sa femme. 3i mai 1720. " .
'' -11' Biilbù-r. Journal, t. I. P- ^7 ■ *",•""' ''^,fi. :„;„ ,,20; M. de Balleroy « - M. Murais. Journal el Mémo,res. ij. P- ^69. jmn ;
«, lemme. 3 juin. op. cU., t^ H, P- ^ " DansiMU. Journal, I. XMll. p- -H'J . .1 " /bi,l., l. XVn. p. ^00-' 7 J'"" ''■•"•, „ ,.„. , j„in .7^0-
... M. M--/--;Vxïnrr3oo; B i"-.n'. «-.. Journal, t. I, p. 98; ■"' Diingcau, Journal, t. aviu, p. ^^^^ ^ j
7 iuin 17^'f^- , ,. ,^ R/,77^rnv lo iuin 1720, dans op. cit.,
■" M. Caurmirtin de Boissy à Mme de B«" oy- ^ J ^ gain.-
Simon! 4dd;(ion.s .-.u Journal de Dangean, t. XVlll. P 99 .
r.hérnel. ,S58, t. WIII p. iQ-^o- ^^^^j^ ;„„,„„,. ,. i, p. ,oa.
" Barbier, Journal, t. I, P- «2-»*' J""" '' juillet.
LAW CONTRE DUBOIS
Complot contre Dubois
tôt les invectives de la foule". Le chancelier Daguesseau, arrive c^ Paris le 8, à deux heures après minuit à l'Hôtel de la place Vendôme fut conduit à neuf heures du matin au Palais-Royal où le Régent lui rendit les sceaux, l'embrassa avec toutes les démonstrations les plus fortes de joie et d'amitié. Ensuite ils eurent une conférence dans l'embrasure d'une feneti-e à la vue de tout le monde et Law y fut en tiers. Le chancelier' sortit avec la cassette des sceaux que portait un gentilhomme, il fut accueilh par les acclamations de la foule. Peu après, le Régent le conduisit saluer le Roi au Louvre. Villeroy prit la parole : « Le Roi, dit-il n'a jamais signé d'ordre et n'en donnera jamais qui lui fasse plus de plaisir que celui de votre rappel. A présent que vous êtes à la tête des affaires, Sa Majesté espère que vous travaillerez à les rétablir. » Le petit Roi ouvrait de grands yeux et garda obstinément le silence. (( Comment trouvez-vous le Roiî> » demanda le chancelier. — « Je trouve qu'il se porte bien », lépondit le chancelier. — <c Combien y a-t-il que vous n'avez vu Sa Majesté? » — (( Il y a un an et demi et je la trouve crû de toute la tête. » Daguesseau baisa la main de l'enfant et se retira. Alors ce furent les visites et les compliments. « Toute la France, crrands seigneurs, gens de robe et d'épée » vinrent à l'hôtel du chancelier devant lequel stationnait la foule, prête à l'acclamer. (. Tout Paris, dit encore Mathieu Marais, est charmé de le revoir et content de voir le garde des scea'ux chassé". » Ces sentiments ne dureraient pas longtemps. « Tout le monde, écrira bientôt l'avocat Barbier, croit que le chancelier est livré à la Cour et qu'il deviendra aussi méchant que les autres. On afficha la nuit a sa porte, en grosses lettres, un fort joli mot** :
Et Homo factus est.
Law n'était pas satisfait encore. D'Argenson ne succombait pas, il battait en retrait* laissant son fils lieutenant de police, voyant en cachette le Régenf\ laissant supposer une entente secrète entre le prince et lui". Law en prit ombrage. Bientôt on apprit que M. de La Vrillière, seci^taire d'Étal, s'était rendu à la
" Barbier, Journal, t. I, p. 127; 10 mai 1721.
" M. Marais, Journal et Mémoires, t. I, p. 272; 8 juin 1720.
*« Barbier, Journal, t. I, p. U ; 2 juillet 1720. M. Mar«i.s op. cit., t. 1,
p. 3oS. Tf »; Q • »
«» M. de Balleroy à sa femme, 2/1 juin, dans op. cit., l. II, p. 170; î^a»"^"
Simon, Additions au Journal de Dangeau, t. XVIII, p. 299. •= Le marquis d'Argenson à Mme de BaJleroy, 37 juin, dans op. cit., l. Il,
Madeleine du Traîsnel et que le j«"n^f ^''^'^"^«".tnHVlS icié et remplacé"; M. de Trudain*, prévôt des marchands 1 était ff^ aussi"; les quatre frères Paris, exilés en Dauphiné"; plusieurs autres étaient frappés et « toutes c.-s mutations prouvaient mcontestablement que Law était mieux que jamais dans Icsprt du Hégent'". .. L'abbé Dubois échapperait-il à la vengeance de Law? U contrôleur général ne manquait pas de complices dans 1 assaut qu'il menait contre le secrétaire d'État des affaires etraneères Le duc de Bourbon croyait conduire l'intrigue bien quil ne fut capable d'autre chose que de la faire manquer, Valincour groupait des recrues et s'adressait à Saint-Simon : « Il me semble, lui écrivait-il, que ce qui vient d'arriver a M. le Chancelier devroit rapprocher et réunir pour jamais deux personnes qui se conviennent si fort l'une et l'autre par leur vertu eurs manières de iienser et leurs sentiments pour le bien de 1 Etat . Saint-Simon feignit d'autres préoccupations; à l'en croire il nelait venu à Paris que rappelé par la santé de sa femme. Le 12 juin cependant, il sollicitait une audience du Régent, car « le point des points, disait-il, est d'ôter l'abbé Dubois. Il ne faut compter sur rien s'il demeure. On peut compter que le fort et le faible seront employés de ma part sous toutes sortes de faces. » Il pria nettement le prince » de renvoyer son ministre à Cambrai », et employa « tous, ses moyens pour renverser cet honnête homme tandis qu'il étoit ébranlé". ». H croyait toucher le but : « Je l'ai cru perdu l'autre semaine et encore celle-ci". » Voyons où il en
Le cardinal de La Trémoille était mort à Rome, le 9 janvier i7?!0, « assez méprisé et à peu près banqueroutier ». Il avait cependant en traitement, pensions et bénéfices des sommes
" Barbier, Journal, t. I, p. 43; juilh't ; Danfjeau, Jounwl. t. XVIII, p. 3o8 ; 26 juin: M. Mnmis op. cit., t. I, p. 3o8 ; M. de Balleroy à sa femme, 3 juillet, op. cit., t. II, p. 176- T O M
** Bnrbier. Journal, t. I, p. A5 : Dansrrni. Journal, t. XVTIT, p. 309: M. Murais, op. cit., t. I, p. 3o4 ; M. de Balleroy à sa femme, dans op. cit., t. II,
'•'' Barbier, Journal, t. T, n. 13: Dan.^'.'ni. Journal, t. XVTTI. p. 3no : M.
Marais, op. cit., t. I, p. 3o5 ; Buval, Journal, t. I, p. m; M. de Balleroy à
sa femme, daiLs op. cit., t. II, p. 179.
** M. de Balleroy à sa femme, 3 juillet, dans op. cit., t. I, p. 178-179- «' Va/inrour à Saint-Simon, 9 juin 17510, dans K. Bour^reois, op. cH.,
•• Saint-Simon à Milloin, i5 juin T720, dans A. Barbet, Le duc de Saint- Simon, son cabinet et rhistorique de ses manuscrits, in-8, Paris,. 187A, P- 421-422; P. Cbéruel, dans Bévue historique, t. I, p. i49' ^^^^ ^•
^^ Saint-Sinion à Milluin, i'5 juin 1720.
Dubois
vise à l'archevêché de Cambrai
important(vs. « Son ignorance, ses mœurs, l'indëcencc de ^ vie, sa ligure étrange, ses facéties déplacées, le désordre de sa conduite, ne purent être couverts [)ar son nom, sa dignité et son emploi, la considération de sa soeur la fameuse prineesse des Ursins » qui avait imposé sa [)romotion. (( C'étoit un homme qui ne se soucioit de rien et qui pourtant craignoit tout, tant il étoit inconséquent, et qui, pour plaire ou de peur de déplaire, n'a voit sur rien d'opinion à lui'". » Cette mort faisait vaquer le plus riche archevêché. Cambrai, estimé à ceht cinquante mille livres de rente; Dubois en fut tenté. Apres l'échec de la campagne pour le eardinalat, il voulait sa revanche; cet archevêché encore illuminé de la gloire de Fénolon, ce bénéfice dont Topulence permettait tant d'entreprises, ce poste qui créait son titulaire prince d'Empire était un degré providentiel pour s'élever au cardinalat.
Il sonde ((.Quelque imprudent qu'il fût, quel que fût l'empire qu'il
iei;égeni .^yç^\i ^^h sur son maître, il se trouva fort embarrassé et masqua son effronterie^ de ruse, il dit au duc d'Orléans qu'il avoit fait un plaisant rêve, et lui conta qu'il avoit rêvé qu'il étoit archevêque . de Cambrai. Le Régent, qui sentit où cela alloit, fit la pirouette et ne lépondit rien. Dubois, de plus en plus embarrassé, bégaya et paraphrasa son rêve; puis, se rassurant d'effort, demanda brusquement pourquoi il ne l'obtiendroit pas; Son Altesse Royale de sa seule volonté pouvant ainsi faire sa fortune. Le due d'Orléans fut indigné, même effrayé, quelque peu scrupuleux qu'il fût au choix des évêques, et d'un ton de mépris, lui répondit : (c Qui! toi, archevêque de Cambrai! » en lui faisant sentir sa bassesse et plus encore le débordement et le scandale de sa vie. Dubois s'étoit trop avancé pour demeurer en si beau chemin, lui cita des exemples'' », mais comprit que l'affaire était à reprendre. Il n'hésita pas à adopter la méthode qui lui avait réussi déjà pour vaincre la résistance du prince, l'intervention des diplomates étrangers. Cette fois, pour gagner du temps, après avoir chargé Destouches d'agir à Londres auprès de Stanhope, Dubois mit en campagne l'ambassadeur imt>érial, M. de Pendtenriedter qu'il avait sous la main.
^» Snint-Simon. Wmoir^.^. ôrlit. Chf^mol. T.S58, t. XVÎII, p. SSq : A(h1itions au Journal de Dangeau, t. XVIII, p. 210. Lafitau n*en écrivait pas moins à Dubois le 10 janvier : Dieu vient de nous enlever Mgr le card. de la Trcmoille qui a vécu et est mort comme un prédestiné. Arch. des Aff. Eirang.,
Rome, 606, fol. i34.
'' Public Record Office, Frano<% vol. 36i : lord Stair à J. Cragg% Paris, a5
janvier 1720.
LAW CONTRE DUÈOIS
Aussitôt informé, celui-ci demanda audience au Régent et posula l'archevêché vacant pour Dubois. 11 motiva son intervention [lar ce fait que la plus grande partie du diocèse était située hors le France, dans les terres de l'Empereur; ainsi Dubois se trouveliJîit en mesure d'entretenir l'harmonie et la bonne intelligence (ulre les alliés. Lo Hégent l'écouta sans le décourager et au sortir klu Palais-Hoyal, l'ambassadeur impérial se rendit chez lord Stair le priant d'obtenir l'intervention personnelle de Georges P^ Stair rendit compte à Dubois qui stimula l'ardeur toujours prête de [Destouches, pendant que le ministre impérial à Londres ne voulut pas moins faire que son collègue de Paris et donna lecture au roi d'Angleterre d'une lettre de Pendtenriedter qui produisit l'effet désiré^ \ Moins heureux ou moins respecté. Destouches, que le Roi admettait à une sorte de familiarité, n'avait recueilli qu'un éclat de rire : « Sire, lui dit-il, je sens comme Votre Majesté, ia singularité de la demande; mais il est de la plus grande importance pour moi de l'obtenir. — Comment veux-tu, répondit le Roi en continuant de rire, qu'un prince protestant se mêle de faire un archevêque en France.^ Le Régent en rira lui-même et n'en fera rien. — Pardonnez-moi, Sire; il en rira, mais il le fera; premièrement par respect pour Votre Maj(*sté; en second lieu, parce qu'il le trouvera plaisant. D'ailleurs, l'abbé Dubois est mon supérieur; mon sort est entre ses mains; il me perdra, si je n'obtiens de Votre Majesté une lettre pressante à ce sujet : la voici toute écrite, et les bontés dont Votre Majesté m'honore me font espérer qu'elle voudra bien la signer. — Donne, puisque cela te fait tant de plaisir », dit \v Roi et il la signa". La voici :
« IvC S*" de Pendtenriedter m'a fait savoir que vous aviez à disposer de l'archevêché de Cambrai, et m'a fait remarquer que dans l'incertitude d'obtenir un chapeau de cardinal pour M. l'abbé Dubois, ce bénéfice feroit le même effet et lui donneroit la considération et la seureté que tous vos aliez lui souhaitent par reconnoissance et pour le mettre en état ide contribuer longtems au maintien de la bonne correspondance. D'ailleurs l'Empereur, l'An- ^ gleterre et la'Hollande ont un intérêt égal qu'il y ait à Cambrai t un sujet prudent qui ait à cœur d'entretenir la bonne intelligence I entre ces puissances et la France, de sorte que vous épargneriez beaucoup d'inquiétudes, et peut-être des inconvéniens si vous y placiez un homme dont nous connaissons toutes les bonnes intentions et la sagesse. L'amitié avec laquelle vous avez receu
" Duclos, Mémoires secrets, in-8, Pari«, i.Sfi^, t. II, p. 67; il tenait ce récit, jde Destouches lui-même.
TOMR III 1^
Kail écrire
le roi d'Aa-
glelerre
Lord Slair obtient la nomination
ma lettre au sujet du chapeau de ea.diual me fait espérer que
tr rrf rr 1^ r::ai::%ue\:,o„ e.pre^n.nt dans i occasion ist l'effet de lallaehement s.ncere que j a. pour
J014. dVLu liiK^u. \,.rnp do cotte Icttic, lord btaii
cela pour voIihî satisfaction . » Aime ae c( ul ici , ccid puui , ,w .,* 1^ A fpvrirr i7*»o. L instant €tait pro-
^e présenta chez le IVegent, le 4 ftviici ^ / -«• ' philino^ V
nice- on venait d'apprendre Tacc^ssion dehnitive de 1 hilipp^ V pice, on vLua i I allusion et ajouta que cette
* . c. M"! vl..l. » U. «.ce ? - Ahl .il n« l.-"' I» •• «'^'
icpi il > "H" j. 1^1 , e<-lui-l« qui osera
TZ^:l r; .'-:;:,:! .: .avoir? et .. tient-H qu'à cela encore le fô s^' - Eh bien! .,ui? dit le I\ég..nt. - Votre prenne.- aumôn" ni est à dehors il ne denunulera pas nùeux je m en vais r lui'dir: .. Il sort, tire lévèque de Nantes à 1-. hu d.t qu J la Cambrai, le prie de le sacrer, qu, le lu. pro,net a '"^t'^^J'J^*^^;
caracole, dit que laffai.e est ^^ «•. .':f/''-;>^Von s'en v" dîn scelle la promesse à ne s'en plus dédire . » Pu'S on s en va a rsainlcioud, la Fare, Bra.vcas. Noce et le Régent dans m d od.niuu ■ égaver la conversation, d.t .
carrosse. Tout-a-coup, .^oce, pou. eg.ij n,.hnU veut être
.. Monseigneur, on prétend que ce coquin de D"bois veu eU^ archevêque de Cambrai? - Gela est vra., répondit le pnnce,
" Pumc l^econl 0//.ce, Franco, vol. 36, : Georges /" «a Bégcnt, Saint-Ja- ""?; ,t.i:elTrjn. .. 30 janvier .,.o, dans C. de SéveUn.e,. op. cit., t. I, p. 297. . J ^
'■: rr^rs.^ ""^•r-vorao; : ..a sL a .r. s..,.ope, v.
™;^ L!rS.rM.f-ire. .-dit. r....n.o,. .S58. t. XVII, p. i..
LAW CONTBE DUBOIS
of cela peut convenir à mes affaires. » On se tut'*. Dubois rejoignit les soupeurs et pendant le repas, le Rcgent dit : u J'ai nommé à l'archevêché de Cambray; je ne crois pas que Dieu m'en sache beaucoup de gré, car j'ai nommé le plus grand coquin, le plus grand athée, le plus grand scélérat et le plus mauvais pi-etrc qu'il y ait au monde. » L'abbé sans attendre qu'on le nommât, se leva, alla baiser la main du Régent et le
re merci a'*. »
Dubois ne fut pas moins reconnaissant aux solliciteurs d'Angleterre et remercia avec effusion le roi Georges, les lords Stanhope et Sunderland'". Dès le 6 février, il lit charger Lalitau, chargé d'affaiix>s à Rome, de demander au pape l'induit nécessaire pour la nomination"*'. La nomination était ébruitée et faisait « un étrange bruit" ». Il fallut se précautionner et mettre en état de recevoir cette éclatante dignité. L'abbé n'était pas dans les ordres, il s'agissait de conférer la prêtrise à l'homme le plus taré de France. Les contemporains pensaient avoir tout vu, ils ne laissèrent pas d'être surpris; ils se croyaient blasés en fait de turpitudes et on allait leur montrer qu'ils avai(*nt h peine effleuré le scandale. Dubois avait songé à se faire ordonner dans la chapelle du Palais-Royal, mais il lui fallait l'autorisation de l'Ordinaire. Massillon, évéque de Glermont, l'alla demander au cardinal de Noailles, il n'en rapporta qu'un refus. « Les vices d'esprit et de cœur et les mœurs si publiques de l'abbé Dubois lui éloiont connus. Il eut horreur de contribuer en rien à le faire entrer dans les ordres sacrés. H sentit toute la pesanteur du nouveau poids dont son refus l'alloit charger de la part d'un homme devenu tout [)uissant sur son maître qui sentiroit dans toute l'étendue l'insigne affront qu'il recevroit et quelles en seroient les suites pour le reste de leur vie. Rien ne l'arrêta, il refusa le dimissoire pour les ordres avec un air de douleur et de modestie sans ([ue rien le pût ébranler, et garda là-dessus un parfait silence". »
" Duclos, Mémoires secrels, i8«6.4, t. II, p. 68; il tenait cette anecdote du maréchal do La Fare.
'• Le chev. de La Cour à Mme de Balleroy, 3 juin 1720, dans op. cit., t. Il, p. 1C9.
"" Du1>ois à Destouclies, Paris, 5 février 1720, dans C. de Sévelingcs, op. cit., t. I, p. 299.
'^ Canibi-ai, conquis par Louis XIV, en 1C77, restait soumis au Concordat en vigueur en terre germanique ; la nomination nécessitait un induit.
«= Saint-Simon, Mémoires, cdit. Chéruel, i858, t. XVII, p. 422.
" Ibid., l. XVII, p. 423.
Noailles
refuse le dimissoire
UISTOlKli DE LA RÉGENCE
LAW CONTRE DUBOIS
ordioation II fallut se tourner ailk-urs. Massillon ne laissait pas que dofp^saUum j ij. elques prises à la calomnie, ou à la médisance . p.que de son échec, il offrait ses services, mais Clormont en Auvergne «tait iroi. loin. Dubois se rabattit sur un ancien protecteur de l.alitau, Ik-zons, transféré depuis peu de l?.udeaux sur le siège de l^o"«"- Ce dernier diocèse poussait des pointes jusqu auprès de Pans, vLhevêque accorda le dimissoire et, sous P-texte des ^aï aires dont il était chargé, Dubois partit un matin, pour ^^ha leloup dans le vicariat de Ponloise à quatre ou cinq lieues de Pau., pour Y recevoir tous les ordres mineurs et le sous-diaconat, des mains de Tressan, évèquc de Nantes et premier aunionier du duc d Orléans (samedi 24 février)". Le 1,-ndemain dimanche, .1 reçut le diaconat et huit jours plus tard la prêtrise (3 mars). Ce fut 1 affaire d'une matinée, au retour il se rendit au Louvre et se présenta uu Conseil de régence". On fut surpris de ly yoxv arriver. Il n avait pas perdu d.- temps en actions de grâces. Il venait, a ce que •iit plaisannuenl le duc de kazarin, de faire sa première communion Tout le monde se trouvait dans le cabinet du conseil, mais encoi* debout et épars. Quand labbé entra quelques-uns se récrièrent, il tourna la tète .et voyant le prince de Conti venir a lui. ricanant, de ces ordres, de ce sacre, et qui fit un pathos avec tout lesprit et la malignité possible. « Dubois (pii navait pas eu l 'ustant de placer une seule parole, le laissa dire, puis répondit froidement que, s'il étoit un peu plus i.isliuit de 1 antH,u.te. .1 trouveroit ce qui l'étonnoit fort peu étrange, puisque lui abbe ne faisoit que suivre l'exemple de saint Ambroisc. dont il se mit a raconter l'ordination qu'il étala. C^tte impie citation de sain Ambroise courut bientôt le monde avec l'effet qu'on en peut
penser". »
Cette comédie sacrilège de l'ordination n'avait pas même comporté la messe célébrée par l'ordinand, Dubois s'étant réserve de la dire pour la première fois le jour de son sacre, après qu il aurait reçu les bulles de Rome; en attendant, il se faisait instruire par son neveu, chanoine de Saint-IIonoré, dans une chambre de
" Nous n'adoptons pas ce qui sV^t ait alors contre Massillon, nous le rappolons seulement. U-. laU.nl chez lui s'élevait plus haut que le caractère; ver M. Marais, op. cit., t. I, p. ■^1^; Les ConespondanU de la marquise de bal- ■ leroy, in-8, Paris, iSSIl, t. I. i>. «m, ■v.'.-'..
«= Dangeau, Journal, t. \vill, p. 24o ; 2-, février .720; Dorsannc, Journal,
iibi, t. I, p. 5oQ. , ^. ,,, •
- \y.un Journal, t. XVIIT, p. ./,6 ; 3 nmrs 1720; Saint-Simon, Mémoires,
édit. Chéruiil, l858, t. XVII, p. 424- ;; , , , :;
^^ Sainl-Sinioii, Mémoires, cdîl. Chérucl i858, t. XVII. p. AaA-AaS.
Opposilion de Law
.on appartement où il avait fait dresser uno espèce d autel On l'entendait jurer et sacrer, suivant son habitude, on apprenant de mémoire les versets de l'introït : c< Mordieu, j<' n'apprendrai
r ;aniais ce b de verset-là«^ » Simple distraction entre de plus
iraves soucis! Law n'abandonnait pas la lutte contre le prestolet,
n s'associait Le Blanc, ministre de la guerre, al.n de le faire
exclure du Conseil sous prét<'xte que la dignité archiepiscopa e
était incompatible avec les occupations ministérielles. Dubois le
.avait et portait ses plaintes à Stair. A l'entendre, il ne s en met-
; tait pas autrement en peine, si ce n'est qu'il voyait que c(^s mes-
î sieurs allaient embarquer le duc d'Orléans dans des ii^^sures qui
I le perdraient et l'État en même temps; mais lu., 1 abbe etai
f obligé de se contenir et de tout m avaler », jusqu'à ce qu il lut
en possession de l'archevêché'".
Ce n'était pas chose facile. En sollicitant l'induit nécessaire, le Régent avait fait savoir au Pape qu'il était nécessaire « de cimenter les fondements de l'union étroite et de la correspondance parfaite qu'il était si nécessaire de conserver entre le chef et l- i\U aîné de l'Église". » L'instruction envoyée à Lafitau s'efforçait de pallier la réputation infâme de Dubois en le représentant comnio constitutionnaire. « Vous connaissez par vous-même quelles sont ses dispositions par rapport à la bulle Unigenitas. L'application qu'il apporte sous mes ordres à la faire recevoir dans tout le royaume... est un bon garant de la conduite qu'il tiendra. Tous ces motifs doivent dissiper entièrement les inquiétudes
" Buvat, Journal, t. II, p. /|3, mars 1720.
•«» M. Marais, Journal et mémoires, t. I, p. 576, .piin 1720. Un hagiographe a WuU' (Ip ti-ansfornKT <M't /-piso.lo do la vie d- Putois <^.n récit dVdifioation. Le rrfus dn .Mi'diual do Noaillcs osl « nn prolongement de la querelle » de la bulle, ci»r il « ne connaiss;»it guère ces scrupules de conscience «. Cet hagiographc ignore qu'on donne le nom d'inlroït aux versets réeités au pied de raulel, vl qu'une nwss<' d'ordination extra tempora n'e^st pas \mc expression, dépourvue de sens; il pivn<l Barbier pour un anecd()li<>r et M. MaTais pour un panipblétaiiv, il prend 1h> premier pour le second, étant avocats tous deux; enfin, il convoie Dubois se préparer <( jrar qiielqiK's jours de prière et de réflexion )) à la couf^VraLion épiseopa.le, et il omet de dire que cette retraite fut préebév par la T«Miein, fni maîtresse; voir P. -M. Masson, Une vie âe femme au XVIir siècle, Mme de Tenci/i, ir)Sj!-i7.'i9, in-i>, Paris, 1909. C'est sans douW \mT inadverlaïK-e ( ?) qu'il laisse <'nlen<lre que DikIos invente les propos qu'il pivl4' à Oeslouciies, alors que Duelos é<-rit dix lignes plus bas qu'il les lirnt (!<• l>esl(Mii'li;'s lui-n»*rue.
•» Hardwicke Papers, t. II, p. 608 : lord Stair à J. Craggs, Paris, 28 février
•» Arch. des Aff. Étrang., Rome, t. 606, fol. 271 : Le Régent à LafitaUy G février 1720.
Retards
apportés à
l'iadult
que le Pape auroit pu avoir sur les sentimentsdu sujet". .. Dubois renchérissait sur ce plaidoyer. « U nom de celui que S .A. h. destine à cet archevêché, écrivait-il, pourra lever, je m en flatte, toutes les inquiétudes du Pape", et il parlait de sa nonuna^.on comme « du plus grand fléau » qui pût atteindre 1« /«;««" ^"^; . Malgré l'extrême impatience qu'avait Clément XI de hâter le triomphe de la Constitution, les garanties que lui présentait un pareil candidat ne pouvaient le convaincre, il atermoyait, il lambinait et Dubois s'irritait, il écrivait à l.afitau. .. On a ete fort surpris que vous ayez fait partir de Roine votre courrier sans qu'il fut chargé de l'induit. Vous deviez duc ou faire due a ba Sainteté que vous ne pouviez vous résoudre à lui rendre ce mauvais office que de renvoyer les mains vides un homme que le Roi vous avait dépêché pour demander une ^racc qu on ne doit pas lui refuser et qu'il est extraordinaire de différer..^ Le délai du Pape est étonnant surtout dans le temps que S A. U. se donne des mouvements incroyables pour les intérêts du Sa.nt- Siè-e et que je travaille avec un zèle (pii est remarque de tout e monde" » H iai^pelail la maladroite provocation qu avait ete la promotion de M. de Mailly au cardinalat. Dix jours plus tard, nouvelles récriminations sur un ton plus chagrin encore. « i^ y avait-il pas Heu d'être surpris qu'on mit le marché à la main pour un induit que le pontife n'est pas en droit de refuser.. Pourquoi le Pape veut-il nous ininoser des conditions sur tout ce que nous lui demandons, et n'en recevoir aucune sur tout ce qu'il exige de nous? Si donc le courrier qui part aujourd hui revient sans porter l'induit, <m peut chercher à Rome quelque autre nui les serve". » Cette humeur hargneuse, ces n»en«ces à peine déguisées, donnaient la mesure de l'imi.atience de Dubois qui à la nouvelle (pie la santé du Pape déclinait, écrivait a son compère • « Si Dieu nous |.rivait de Sa Sainteté, dans quels inconvénients ce malheur nous jetterait par le délai de l'induit et à combien d'accidents je serais exiiosé''! »
•= Arch. des Aff. Êtrang., Rome, t. 606, fol. 27' = Le Bigent à lafitaa,
^^'"'^ArcL 'd^AJI. Éirang., Rame, t. 607. fol. 43: : Dubois à Lafilau, 19 fê-
"if ^Vch°'</es Alf.Étrang., Rome, t. G07, fol. 6o: D.if.ois à LajUnu, 28 fé-
"«'.ir'ch!' des Aff. Êtrang., Rome, t. 607, fol. iM : Dubois à Lafitau,
«« Arch. de.. Ajf. Êtrang.. t. 608, fol. 83 : Dubois à Lafiiau 2^ m.irs 1720 «^ Arch. <ie, Ajj. Éirang., Rome, l. 608, fol. 87 : Oahois a I.afdau 2^ mars i7?.o.
LAW CONTRE DUROIS
Devant le public, il dissimulait ces inquiétudes. .< Le 3 avril, Unduit, écrit Jean Buvat. M. l'abbé Dubois, nommé à l'archeveche de Cambrai, ministre et secrétaire d'État, favori de M. le Régent, donna splendidement à dîner à M. le maréchal de \>lleroy, a M le maréchal de Tallard, à M. le maréchal dEstrecs, a mi^rd Stair ambassadeur d'Angleterre, à M. Hop ambassadeur de Hollande à l'envoyé de l'Empereur M. de Pendtenriedter et a d aut«.s Ministres étrangers, où rien ne fut épargné pour a bonne chère et pour la délicafsse des mots. Parmi le fruit qu, fut servi, il V avoit des poires de bon chrétien qu'on assurait avoir coûte quinze et vingt francs Ha pièce". >. Le 5 avril l'induit fut accorde . Clément XI ne s'y était résigné qu'après avoir consulte 1 ancien nonce Bentivoglio; celui-ci prononça : digmssimus, et 1 induit lut «i.ué « en considération de Dubois, était-il dit, et pour 1 amour de lui'". "Tant il est vrai de dire que l'amour est aveugle!
Le ,/, avril, l'induit arriva à Paris"'; les bulles, le pallium et Prep-Ws In aratis vinrent un mois plus tard'" et le sacre fut fixé au dimanche 2 juin'", mais une indisposition le lit retarder de huit jours. Ce sacre — que les petites gens appelaient un massacre'" — était la fable de tout Paris. Us polissons s'étaient emparés du mot du duc de Mazarin sur cette première messe qui serait une première comuiunion'". certains attribuaient à l'évoque Tressan cette autre épigiamme : « Ne lui faudrait-il pas aussi le baptême? » La rue iiv<ilisait d'esprit avec les salons. Une dispute s'éleva entre le laquais de Dubois et celui de l'archevêque de Reims, ils disputaient de la ,)ré6minence, des prérogatives de leurs, .maîtres. Le laquais de l'archevê<iuc de Reims disait : « Tu es un plaisant faquin; ton maître n'est qu'un archevêque, le mien est archevêque, duc et pair, et de plus sacre les rois. — Beau privilège! réplique l'autre, en cinquante ans un archevêque de Reims sacre un roi et l'ar-
" Buvat, Journal, t. I, p. 7"' ^ •'"'"' ^^^''■
» Arch. des Aff. Êtrang., France-, Mémoires et Documents, i570, fol. 172-
"■'»'" Arch. des Aff. Êtrang., Rome. t. 610. fol. io3 : Lafitau, à DaboU,
17 avril 1720.
»»' Dangeau, Journal, t. XVIII, p. 268. i4 mai; Buvat. Journal, t. I, p. 72 ! .
i.'i mai 1720. •" Dangeau, Journal, t. XVIII, p. 289, 17 mai; Buvat, Journal, t. 1, p. »i>;
ifi mai 1720.
'»" Danjroau, Journot, t. XVIII, p. 297, i" j"in 1720. "" M. Marais, Journal et Mémoires, t. I, p. 276- '" Barbier, Journal, t. I. p. 89. juin 1720.
Lo sacre de Dubois
72 HISTOIKE UK LA RÉGENCE
chevr-quo de Cambrai, mon maître, sacre Di.-u '""^ J^"; JT.'"';; On n« se divertissait pas moins de cet étrange b.llet d mv.la-
'^""vlsêles prié de la part de M. l'abUé Dubois, cifvaritpréceptewr de M. le dm d-Ovléans, mlmslre et secrétaire dEM nomme par le Roi à Varchevêchc de Cambrai, de lut /<"'] « ''T neur d'asshter à 'a c.:n'monie de son sacre, qui se Jera dimanche c, juin 17.0, « neuf heures préeises du matin, dans legise de l'abbaye royale du Val-de-Gràee, faubourg Sawt-Jacques. ■ Le Régent, qui s'anmsait à bourrer son n.nuslre de eoups de pied dans le derrière quelques jours avant ce sacre, 1»' <J'*«'„t qu'il n'enverrait pas à Rome pour avoir battu un pre re ind.gnc H ne voulait pas assister au sacre. Saint-Simon l'éta. venu trouver Ja veille et lui avait dit couragousenieni qu y a 1er -. ceto.t, à la vie que tou-, deux menaient..., s'aller moquer de Dieu et de la religion dans ses plus saints mystères et dans la plus auguste eérémonie, à. la face de l'univers. Le j.rinee, n.algre la promesse faite à Dubois, se laissa persuader et promit qu d niroit point. La nuit suivante, il cou.ha avec Mme de Parabcre chez lu. au Palais-Roval; il lui conta la conversation de Samt-S.mon et dit qu'il n'4roil point au sacre. A cela Mme d.> Parabère répondit que Saint-Simon avoit grande raison, mais que pourtant .1 n-.t, et qu'elle le vonloit ainsi. Dispute entre eux deux, la maîtresse ne démordant point, mais sans alléguer aucune raison; le duc d Orléans la pressa tant qu'enfin elle lui dit qu'il n'y avoit pas quatre . iours qu^^He étoit raccommodée avec l'abbé Dubois, qu .1 savoit minute par minute qui il voyoit, et tout ce (piii faisoit; quil ne manqueroit pas de savoir aussi, des en se levant qu ils avoieut passé la nuit ensemble, et que n'allant point le matm a son sacre, il ne douteroit jamais que ce ne fût elle qui 1 en eut empêche; qu'il en seroit outré contre elle; qu'il feioil si bien qu J 1^« b>:«"'lleroit tous deux, et qu'en deux mots elle vouloit qu A fut a son
saci^e, et, en effet, il y alla"" » , • . 1 ,' i„
Tout y parut également superbe et choisi pour faire éclater la faveur démesurée d'un ministre éperdu d'orgueil et d'ambition sans bornes. U Val-dc^râce fut choisi comme étant un monastère royal, le plus magnifique de Paris et l'église la plus singu-
.0. Le chemlUr de la Conr à U, nu,rq„he de Balkroy S juin .7.0. <h^ Les correspondants, t. Il, p. 169; Barbier, Journal, l. I, p. S9. J"'" ''^°- >"' M. Muais, op. cit., t. I, p. ^76-
"»' stinl.Sin,on, AdJU. au Journal, l. XVIII, p. 3o.-3o. ; Mémoire., édil. CliénvH, iS5S. I. Wll. p. fi:>(-h>).
LAW CONTRE DUBOIS
n osa el.u ne, et de «lass ^^^^ , ^.^^^^.^^ ^^ beau-
scandale, bf "'■'^^t " ;';7;;^- de bien de tout parti. Les
coup dans le monde, «" - ^e gens ^^^^^.^^ ^^^^ ^^^^^
lllr^t^'urfol: d'iCiîbiiité de/en dis,.ser et de ref^ ser"" L'église fut superbement parée, « toute la Hai^oe » sy rôuva''- iH^rsonne n'osant hasarder de ne s'y pas montrer. 11 y èTdes û- bunos à jalousies pi^parées pour le« ambassadeurs t ;arern;;:^s"tres protestants. 1. y en eut "- ^^^e '^ rnag^ fique pour le duc d'Orléans et son fils c duc d« Cha. re q" U y meni 11 V en eut pour les dames et le monastère fut itteiale mente vlhîet livîé à un désordre qui dura toute la journée, "; e g ani nombre de tables qui furent servies pour tout s^ba er'ne de la fête et pour tout - q- «'Y voulut^ ourrerL nemiers g.-ntilshommes de la chambre de M. le duc dOileans H se m^miers officiers firent les honneurs de la cérémonie, plac "ntks gens distingués, les reçurent, les -"''--";'/;;^^ ^^^ 1res de ses officiers prirent les mêmes soins a legaid des gens moin considérables, tandis <,ue tout le guet et toute la police etcut occupée à faire aborder. ra.nger, sortir les carrosses sans nombre avec oui l'ordre et la commodité possible. Pendant le sacre qui fut „eu décent de la part du consacré et des spectateurs, surtout en • ortant de la cérémonie, le duc d'Orléans témoigna «a «atisfac^ lion à ce qu'il trouva sous sa main des gens considérables de la i.,.ine <n.'ils avoient prise. Tous les prélats. les abbes distingues, et qua'ililé de laïques considérables furent iiiyités pendant la cérémonie par les premiers officiers du duc d Or eans a dmei au Palais-Royal où le festin fut servi avec la plus splendide abondance et délicatesse, apprêté et servi par les officiers du Régent et à ses déi)ens"^ Dubois reçut de son ancien eleve un anneau pastoral de la valeur de quarante mille écus. La populace but et mangea, elle aussi, à tables ouvertes dans la rue Saint-
•Tacques.
Du sein de cette apothéose. Dubois surveillait son ennemi et travaillait à le perdre. Le parti de Law se composait de princes du sang enrichis par l'agiotage et d'hommes de la vieille Cour
"" Saint-Simon. Mémoires, t. XVII. p. /i3u.
'■' M. M:iniip. Journal et Mémoires, t I, p. 27»; Saint-Simon, Mémoires,
édil. CIk'iucI, i858, t. XVII, p. M2.
»" S;iinl-Simon, Mémoires, t. XVII. p. 433.
Dubois
l'emporte
^ur Law
74 fflSTOIRE DE LA RÉGENCE
hostilles à la politique anti-espagnole. Des repus et des évincés. Dubois comprit que raniitié anglaise lui avait donne, sauf le cardinalat, tout ce qu'il en pouvait attendre, il revint aux « vieille Cour .., se rapprocha des h-gilinics, donna des espérance à TorcY et à dlluxelles. Ce fut l'affaire de |>eu de jours. Une semaine après le sacre, Saint-Simon é.rit n'avoir jamais vu à quel point l'ancienne Cour est maintenant liée au Garde des Sceaux et à l'abbé Dubois, et eux aux bâtards qui est l'angle qui l<;s ""'t-.- Dubois avait une autir r. ssource. l'amitié du Uégent, qu. le lonait au courant des démarches les plus secrètes tentées auprès de lui « Il a eu la bonté, écrit Saint-Simon, de lui raconter de point en point tout ce que je lui ai dit, tant pour l'empêcher d'aller à son sacre que pour le renvoyer à Cambrai ». Villeroy, oui conseillait de cacher certaines ouvertures de peur que Dubois ne les communiquât aux Anglais"', était trahi de même. La cabale de Lavv n'en était que plus impatiente de réussite; du !•> au 17 juin elle lenta les derniers efforts. Elle se réunissait chez le duc de Chaulnes. liis du due de Chevreuse, ami intime de Saint-Simon; on s'y réparlissait les r«l..s. Saint-Simon, toujours a lavant-garde obtint, le 16, une audience du Uégent qui 1 écouta avec bienveillance, l'encouragea, sourit finement lors.pi il parla de Dubois le « ministr.> des étrangers, l'allié de la vieille €our.., le laissa dire et le remercia. Au sortir de cette entrevue Saint- Simon chanta victoire, il se trompait fort. Le Régent était résolu des lors de garder Dubois, de sacrifier Law"' et de revenir a l'alliance espagnole. Le iç, juin, la victoire était gagnée, Dubois écrivait à Deslouches : .. L'intérieur est encore plus partait que les apparences'". »
"3 Painl-Simon, same.Ii i5 juin 1730, voir E. BoiirRoois, op. cit., p. 200. ■" Saint-Simon, sani.^li '.5 juin 17:20, dix h<-ur,s <lu ^o.r; ib"'-. P; 200. Il' Frnq'^'rnl '>- ./onrrv,/ ,1e Pulmis ifi juin 1720- (V''""- ''« F'^'"'""'-
Catalogue Lavcrdot, p. 852). „„„:•
.- !)anî<.an. Journal, t. XVIIl. v. .So, : ,0 jnin 1720 : « M. Uw paroU
être mieux que jamais avec M. le duc d'Orléans ». „ , . . r,
." Trch. V, 4//. Etrang., Angleterre, t. 3Si, loi. 180 : Duho.s à Des-
touches, 19 juin 1720.