CHAPITRE XI
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flOI) Histoire de France, tom. IV, p. 45ô-4r)4.
(102) Voyez la XX' dissertation de Ùucange sur Joinville, p. 257 de son édiiion. Par une juste estimation, il se trouve que le prix de la rançon de s.iinl Louis, celui de la rançon du roi Jean et de François 1^', sont à peu prés les mêmes , eu égard au temps et à la valeur intrinsèque des espèces On l'évalue à quatre cent mille besans , ou cinquante mille marcs d'argent , ce qui n'irait qu'à deux millions et demi , au plus, de notre monnaie.
(103) Nous croyons faire plaisir à nos lecteurs en donnant une esquisse biographique de la reine Marguerite de Provence. Dans la notice qui va suivre, nous omettrons les faits déjà signalés dans cet ouvrage , pour ne point tomber dans des redites , et nous passerons assez légèrement sur les détails des autres faits.
Marguerite de Provence, lille ainée de Haymond Bércnger, troisième du nom, comte de Provence et de Forcalquier, et de Bealrix, fille deThomas, comte de Savoie (I), épousa, comme nous l'avons vu , Louis IX, le 27 mai L334 , à la lin de la régence de la reine Blanche.
Sans avoir ces qualités qui rendent une princesse célèbre , Marguerite avait tout ce qui pouvait rendre un époux heureux. Elle n'eut guère d'autre ambition que celle de mériter l'estime et la tendresse du roi par un entier dévouement à ses volontés. L'aimer,
(i) Marguerite avait trois sœurs : Kléoiiore, femme de Henri III , roi d'Angleterre; Sance ou Sanclia , femme de Richard, cotnie de Coriiou.iillrs , frère du roid' Angleterre , élu depuis roi des Romains ; et Beatrix , feiniue de Charles de France , comte d'Anjou , roi de Sicile et de Nazies, it frère de «iiiut Lauïs, Ainsi les quatre princesses furent reines.
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lui plaire, faisait toute son occupation ; en être aimée, le but où se terminaient tous ses désirs. Ce n'est pas que Marguerite n'eût beaucoup d'esprit en partage el une grandeur d'ànie digne des héroïnes les plus vantées. Elle était loijalc el fine , dit un ancien auteur. Son éducation avait été cultivée avec beaucoup de soin, et les exemples qu'elle avait dans sa maison ne lui avaient inspiré que les plus grands sentiments. On peut dire qu'élevée a la cour du comte Bérenger son père , elle l'avait été dans le sein des arts , pui.'-qu'on remarque que la générosité de ce prince pour les gens de lettres et les poêles , qu'il entretenait à grands frais à sa cour, avait dérangé ses finances Mais elle connaissait ses devoirs et était persuadée que le premier de tous pour une femme est la modestie, et que moins ses vertus ont d'éclat , plus elles sont réelles. Elle trouva dans le saint roi un juste estimateur de son mérite.
Marguerite eut besoin lie toute sa cousiam e dans les adversités que Louis éprouva en Palestine. Le jour même qu'elle mit au monde Jean Tristan , on vint lui dire que les Pisans , les Génois et le peuple de Damiette étaient dans la dispt)sition de prendre la fuite et d'abandonner le roi. Son courage ne succomba point à cette nouvelle ; elle envoya chercher les plus abattus, et leur lit un discours capable de les détourner d'une résolution si funeste au parti des chrétiens . Au nom de Dieu , leur dit Marguerite , n'exécutez pas le projet d'abandonner la place, comme j'apprends que vous avez résolu de le faire. Si vous partez, que devient le roi mon époux? Que deviennent tant de généreux chrétiens qui ont accompagné le roi mon seigneur? Vous perdez tout par cette fatale désertion. Au contraire , en restant ici, en nous aidant à défendre cette place , la paix devient plus facile ; les Sarrasins, moins insolents, écouteront plus volontiers nos propositions, notre sort n'est plus si à plaindre. • Comme elle vit que son discours ne produisait pas tout l'elTel qu'elle en espérait , elle ajouta tout de suite : « Au moins, si vous oubliez ce que vous devez au roi , soyez sensibles au spectacle que présente à vos yeux une princesse accablée de tant de malheurs, une innocente créature qui les éprouve avant de les connaître. Attendez au moins que je puisse me relever de mes couches. • En prononçant ces paroles , elle ne pouvait s'empêcher de verser des larmes que lui arrachaient le sort du petit prince et celui du roi. Ceux auxquels elle s'adressait parurent enlin touchés , mais ils lui objectèrent l'extrémité où ils étaient réduits, lui dirent qu'ils étaient à la veille de manquer de tout , el qu'ils ne pouvaient rester plus longtemps dans Damiette sans y éprouver toutes les horreurs de la famine. A cela Marguerite les assura qu'ils n'avaient rien à craindre, qu'elle pourvoirait à tout sans qu'il leur en coûtât rien , et aux dépens du roi, qui les prenait dés ce jour-là à ses gages. Cette promesse rassura les esprits ; et tous lui dirent qu'ils resteraient s'ils avaient des vivres. Aussitôt Marguerite fit acheter tous ceux qu'on put trouver dans Damiette et chez les bourgeois , el les fit distribuer aux Génois el aux Pisans. Celte dépense , faite sur le compte el les deniers du roi, alla pour quelques jours à trois cent soixante mille livres , somme prodigieuse dans ce temps , où le marc d'ar-
gent allait à quatre-vingts sols on quatre livres seulement. La con» iluile (le la reine sauva peut-être le roi el les malheureux débris de son armée.
Bien que nous nous éloignions nn peu de l'iiisloire particulière de la reine, nous ne saunons nous empèLher de rapporter ici la formule du serment que les Sarrasins imposèrent au roi, en renouvelant le traité fait avec le dernier sultoii , qu'ils avaient euxinômes massacré. Ils jurèrent que s'ils contrevenaient à la parole et aux promesses qu'ils faisaient au roi, i/s voulaient être honnis el dcshonorvs comme ci-lui qui, par son pèche , vu en pélerinaije à la Mecque la tête nue; comme celui qui laisse «n femme . et puis aprét la reprend; et comme le Sarrasin qui manqe la chair de pourceau (1). Ils ne pouvaient, dit-on , s'engager par des serments plus sacrés. Celui du roi fut que s'il ne tenait pas ce qu'il promettait, il voulait être sépare de la compaijnie de Dieu et de sa di'ine mère, des douze apôtres et de tous les saints et saintes du paradis.
Les Sarrasins, qui ne connaissaient pas assez la piété du roi , exigèrent qu'il ajoutât : Qu'il consentait à être réputé parjure, comme le chrétien f/iii a renié Dieu, son baptême et sa loi, et qui, en dépit de Dieu , crache sur ta croix et la foule aux pieds.
Cette formule était sans doute de l'invenlion de quelque chrétien renégat. Louis y résista beaucoup , quoiqu'elle n'eiit rien de plus fort que la première partie du .serment. Cependant il est à croire qu'il s'y soumit.
Avant de rendre Daraielte , la reine sortit de la ville , se retira sur la flotte que les chrétiens avaient au port de cette ville, bien (|u'elle ne fût pas encore en état de quitter la chambre , el se rendit a .Acre pour y attendre le roi qui devait l'y rejoindre : il n'y arriva que six jours après , et ce ne fut qu'a leur réunion que les mquiétudes de la reine cessèrent. Après tant de malheurs , auxquels il semble que l'humanilè devait succomber , Louis prit le parti de rester en Egypte et d'y remettre une nouvelle armée sur pied.
Les allaires semblaieni jirendre une faie pins heureuse, les chrétiens proniaieni des fautes pissées et de la division des inlidèles, lor-;que le roi apprit la nouvelle «le la mort de la reine lîlanclie. Louis fut exlrèmenieul sensible à celte nouvelle. A l'égard des dispifiiiions de la reine, tout annonçait qu'elles devaient être bien ilitlérentes. Cependant une de ses dames, que Joinville appelle madame Marie de bonnes Vertus , vint prier ce seigneur de passer auprès de la reine pour la con«dcr, jiarce qu'elle nunoiturt deuil merveilleux , lui dit cette dame. l,e sireile Joinville. élantpassé dans son appartement, la trouva efîeclivenient dan< une grande tristesse et fondant en larmes II ne put s'empêcher de lui dire, avec la louable sin'éritè du temps , lyïil esloit bien vrai qu'on ne deviiil mie croire finmr à pleurer. Marguerih-, aussi sincère, lui répondit que i e n'était pas la reine mère qu'elle pleurait, mais ijue le sujet de sa douleur était celle à laquelle se livrait le roi son >eigncur, l't l'inquiétude où la mettait la princesse Isabelle sa lille ,
(i) Joiuvillc, Lb.>|>. XLii,
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qu'elle avait l.iissf-e en France entre les mains des hommes (1). La reine se consola donc aisément de ce malheur. Il était impossible que le roi restât plus longlemp-; l'ti Terre-Sainte ; l'Etat demeurait sans chef; sa présence, ilepnis longtemps nécessaire en France, devenait indispensable par la iiiorl de la régente. Le départ de Louis Tilt ilonc résolu, et le sire de .loinville , qu'il honorait de son amitié et de sa confiance, fut cliaraé de ronduii'e Marguerite et ses enfants (2) à Tyr, à sept lieues d'Acre, où le rendez-vous fut donné. La route était dangereuse: il fallait passersur les terres des ennemis aux environs de Itamas , capitale de l'Egypte, avi;c la(]uell(! on était toujours en guerre, et l'on ni' pouvait faire de grandes traites avec une princesse accotupagnéi^ de deux (enfants à la mamelle, dépendant le brave loinville arriva heureusement à Tyr avec le dépôt précieux dont il était chargé. Le roi rejoignit son épouse, et tous les deux partirent d'Acre et s'embarquèrent la veille de la fête de saint Marc (I2!j avril t2.")4 ), jour de la naissance du roi. La navigation ne fut pas sans péril. La princesse en allronta qui épouvantéreiii les guerriers les plus déterminés.
L'auteur de la vie de saint Louis ( Joinville) remarque que , dans l'ile de Chypre , la reine resta sur un vaisseau bri-^é par la tempête, et en si mauvais état , qu'Olivier de Termes , qu'il appelle le plus vadlanl el hardi chevalier qu'il cunnûl oncques en la Terre-Sainte . n'osa y rester et se lit desccmlre à terre. Ce danger fut suivi d'un autre, où la reine eut recours aux vieux; mais une remarquée faire en cette occasion, est la soumission et la crainte tendre el respectueuse que montra Marguerite pour le roi son mari. Elle vint pour le chercher dans sa chambre , où était .loinville seul avec le connétable (jilles lirun. iN'e trouvant point son époux, elle dit à .loinville qu'elle le priait d'engager le roi de faire un vœa à Dieu ou à .ses aainls pour leur iiclivrance Joinville lui ayant proposé de promettre , dans cette intention , le voyage à Sainl-I^icolas de Varemje ville , elle lui répondit qu'e//e le feroil bien volontiers , mais qu'elle apprdliendoil que le roi ne le trouvât mauvais cl ne voulût ^'acquitter lui-même du vœu en personne. Aussi se conlenta-t-elle de promettre à saint Mcolas u»e ne/" '' •'"'gent du poids de cinq marcs (.3) , et pria même Joinville, qui s'engagea au voyage, de lui servir de plenje , c'est-à-dire de caution , auprêsde saint Nicolas, comme si elle n'eût pu se (latter de faire certainement et par ellemême une dépense d'environ dix livres.
(i) Isabelle de KranC'-, liée avant le dé|iart t!u roi, fut depuis femme de Thibaut II , roi de Navarre.
(î; Jean, dit Tristan, et Blanche la jeune, née .i .laplia, en Syrie, l'an
'î) En prenant le poids de marc pour In demi -livre, h douze onci'S la livr^, DU dix oiiees deux tii rs du poids dn in:ire actuel, il s'y trouvait dix pièce» qu'on nuinniait sols, chacune deiiiueltes valait douze autres pièces noiiinéei ileiiiers , c'esl-à-dire cent vln^l i)e:iicrs au niarc , uu dans les cinq onc, s un ti>-rs d'argent. .Si on le pri^nd |ii.iir la livre, comine c'était l'usage , c'était le double, deux cent <|uaranle deniers, ou vingt pièces ou sols , qui, à cause du titre, pouvaient valoii vingl de nos écus de six livres, ou cent vingt livre>.
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Les deux augustes époux arrivèrent enlln à Marseille , avec les deux petits enfants, après trois mois de navigation, le 11 juillet 1254. Tandis que Louis, de retour dans ses États, s'y occupait tout entier du soin de les réformer par ses exemples et par ses lois , Marguerite, entièrement livrée, aussi bien que son époux, à la piété , en donnait les niaïques qui étaient en usage de son temps : elle faisait construire des monastères, on secondait Louis dans ses projets de fondation ; elle faisait des pèlerinages, cherchait des reliques , faisait faire des châsses, etc. Louis, pensant à son salut avec une sorte de frayeur sur ses obligations, voulut descendre du trône ei embrasser la vie religieuse. La reine eut assez de crédit sur son esprit pour le conserver à ses sujets, qui le regardaient comme un bon père de famille gouvernant ses enfants avec amour et tendresse; Marguerile lui lit comprendre qu'il se devait à l'État dont il faisait le bonheur , et elle fut écoutée. La France lui dut son roi et le modèle des souverains. Dans cette princesse, la pureté du cœur, l'innocence des mœurs, la simplicité de la foi , donnaient un prix réel à ses actions. Le sire de Joinville, qui nous a laissé un tableau si naïf et si précieux des mœurs de la cour de saint Louis , rapporte un trait qui caractérise admirablement la simplicité du temps (I).
Ce seigneur avait demandé au roi la permission d'aller faire un pèlerinage à Piolre-Dame de Tourloase ['2). Il l'obtint, et fut chargé d'acheter différentes élofl'es dont le roi avait dessein de faire présent aux Cordeliers à son retour en France. Il s'acquitta de sa commission. Le souverain du fiays lit beaucoup d'honneurs au sire de •loinville, et lui lit don de quelques reliques qui furent apportées au roi avec les camelots ou étotfes i]ue Louis avait demandées. Enachetantces étolfes , Joinville en prit aussi six pièces pour les offrira la reine. Il les lui envoya effectivement par un de ses chevaliers. Marguerite avait appris que.Ioinville était de retour et qu'il apportait des reliquesdeTripoli. Voyant entrer le chevalier avec un balloldans son appartement, elle alla se mettre à genoux devant le ballot, pensant que c'était les reliques en question.
Le chevalier porteur du paquet, qui ignorait le motif de l'action de la reine, s'agenouilla lui-même, regardant Marguerite sans pouvoir parler. La princesse le voyant dans cette posture lui dit de se lever , en ajoutant avec une pieuse bonté , « que ce n'était pas à lui à s'agenouiller, ayant l'honneurde porter de saintes reliques. — Des reliques, Madame, reprit le chevalier étonné, je n'en porte aucune. C'est un paquet de camelots que le sire de .loinville vous envoie. » Alors la reine et les dames qui l'accompagnaient se mirent à rire. « El, dit la royne au chevalier (je me sers des termes de Joinville), mal jour soil donné à vostre seigneur quand il m'a fait agenouiller devant ses camelots. »
Après qu'il eut résolu de passer une seconde fois en Terre-Sainte,
(i) Cli.Tpilre Lxxv de l'édiliott de l'oilicrs.
(>) Elle «'tait révérée à Triple dit .loinville; cVslà-dire à Tripoli de Syrie, port de mer d'Asie, sur la Méditerranée.
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et avant son départ de France, au mois de juin 1270 , il aurait pu donner la régence à la reine (1) : m;iis il nomma pour l'administration de l'Elal Matthieu de Vendôme , abbé de Saint-Denis , et Simon de Clermont, sire de Nesle. H était accompagné de trois de ses tils : Fuilipi'î;, qui lui succéda; Tristan, qui mourut dans cette croisade; et Pikrbe, comte d'Alençon. Le second voyage du roi lut encore plus malheureux que le premier, puisqu'il y périt au lainp devant Tunis, de la pcsie qui se mil dans son armée, le "■l't août de l'an 1270 , peu de temps après son arrivée.
Maiguerile fut sans doute aussi sensible qu'elle devait l'être à la mort d'un époux dont elle avait été conslanjment aimée, et qu'elle avait toujours ndélement chéri. Philippe, surnommé le Hardi, son (ils, qui l'accompagnait, lui ayant succédé, Matthieu de Vendôme et le seigneur de Nesie furent continués dans l'administration des alfaires pendant l'absence du nouveau roi. Nangis leur donne, en cette occasion , le nom de fiarcles cl bailUsIfes de l'Elal (2).
Marguerite prit le parti de la retraite. Les actions de piété et les fondations de monastères et de maisons religieuses l'occupèrent. Elle fonda l'hôpital de la Barre au faubourg de Château-Thierry, et un autre au faubourg Saint-Marcel de Paris; donna, en 1294, aux Cordelières de ce faubourg, sa maison royale située prés de leur monastère , à condition que la princesse Blanche , sa lille , eu aurait la jouissance pendant sa vie. On la voit cependant , en 1278, occupée de ses prétentions sur la Provence.
Livrée tout entière à la piété , elle mourut dans la retraite qu'elle avait choisie au couvent des religieuses Cordelières, dites de Sainte- Claire, qu'elle avait fondées au faubourg de Saint-Marcel. Suivant son épilaphe (3) , qu'on lit à Sainl-Denis sur une tombe plate de cuivre jaune devant le grand aulel, la mort de cette princesse est datée du 21 décembre 1295. D'autres la datent du 20 ; mais Mézeray, qui date du 25 décembre 1285, se trompe certainement (4). Elle rendit saint Louis père d'une postérité aussi brillante que nombreuse, ayant eu onze enfants: 1" Louis de France, né le 21 septembre 1243, mort sans alliance à Paris en 1259, fut inhumé dans l'abbaye de Royaamont. 2° I'hili|ipe , dit le Hardi, successeur
(») Saint Louis partit de Paris au mois de mars 1269; passa à Ctuny les fêles de Pâques, <|ui celle année était le i3 avril , el, suivant l'ancienne manière , le premier jour de l'année i 970 ; alla ensuite à Lyon , et de là à Aigues- Morles , d'où il ne partit qu'à la fin de juin 1 J70 , après environ deux mois de séjour. (L;.urièrc, tables chrunclogiques des ordonnances, p. 3o.)
(2) Noms qu'on donnait alors auj tuteurs , et qu'ils ont dans la plupart de nos coutumes. On disait aussi bail. <i Le mari est bal de sa femme. Tenir le royaume en bail,» dit la chronique de Klandre, cbap. T09. De là les noms de bailliage, bailli, baîle.
(3) Ici gisl la noble royne de France Marguerite, qui fut femme de monseigneur S. I.oys , jattis roy de France ; qui trépassa le mercredi devant Noël , l'an «le rincarnilioa de Noire-Seigneur, M. CC XCV. Priez pour son âme.
(4) .'\brrgé (bronnl )sii|ue, p. 4? t . édit. de 1676. Gaufridy, qui l'a suivi , a (ail la même faute. ( Hisl. de Provence, t. 1 , liv. v, p. iX5.) Elle a aussi été commise par M. le président Hénault , abrégé cbron , p. 17Î, in-S», de la trnisième édition.
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de saint Louis. 5° Jean, mort eufaiil en 1247 , inhumé à l'abbaye de Royaumonl (1). i° Jean , dit Tristan ou de Damietle , où il naquit en 1250 , victime de la peste au camp de Tunis, mourut sans postérité, le 3 août 1270. 5° Pierre, comte d'Alençon, raorlà Salerne le G avril 1283, inhumé aux Cordeliers de Paris, n'eut de Jeanne de Chàtillon que deux princes, morts enfants avant leur père 6' Robert de France, comte de Clermonl , tige de la maison royale de Bourbon , maison déjà célèbre, et de laquelle Robert épousa l'héritière, Béatrix de Bourbon , tille d'Agnès de Bourbon et de Jean de Bourgogne, 7» Blanche, morte âgée de trois ans en 1243 , inhumée à Royaumont. 8° Isabelle, née le 2 mars 1241 , mariée à Thibaut II, dit le Jeune , roi de Navarre , morte sans postérité en 127! , inhumée aux Cordelières de Provins. 9° Blanche, née à Japba en Syrie, l'an 1252, fondatrice, avec la reine sa mère, des Cordelières du faubourg Marcel, où elle mourut le 17 juin 1320 10" Marguerite , première femme de Jean I"', duc de Brabant , morte vers l'an 1271 . Il» Agnès, mariée en 1279 à Robert II , duc de Bourgogne, morte en 13"27, mhumée à Citeaux.
(104) iN'ous nous sommes servi, pour rédiger ce chapitre , de VHistoire de saint Louis , par Jehan de Joinville ; — de VHistoire des Croisades , par M. Michaud ; — de VHistoire de France . par M. Michelet; — et de la Vie de saint Louis , par M. l'abbé Velly (tomes IV et V de son Histoire de France).