I.a Synagogue représentée sous Tiuiage des lampes
On ne doit pas séparer de la grande parabole des astres et de la lumière ce qui se trouve dans l'Écriture sous le symbole des lampes et des flambeaux. Cela nous donnera lieu de rappeler encore quelques endroits où le symbole de la lamière en général est employé.
2tt) PREMIER SYMBOLE.
L'explication, qui est donnée dans TÂpocalypse, des sept chandeliers d'or au milieu desquels Jésus-Christ est présent, découvre ce que signifie le chandelier d'or à sept branches posé par l'ordre exprès de Dieu dans le tabernacle. Si chaque Église chrétienne est un chandelier qui luit devant Dieu, la Synagogue était un chandelier, et il convenait que le chandelier matériel destiné à la représenter marquât par ses branches déterminées au nombre de sept Tuniversahté de la nation , selon l'usage que l'Écriture fait ordinairement du nombre de sept. Les douze pains de proposition, placés d'un côté, représentaient les douze tribus sou8 de certains rapports ; et le chandelier à sept branches, placé de l'autre , les représentait sous d'autres rapports. Israël luisait devant Dieu , comme ce chandeUer luisait dans le tabernacle où Dieu résidait. Il était même ordonné (Nombr., YIII, 2) que le chandelier fût placé de sorte que ses lanipes jetassent leur lumière sur la table des pains de proposition. Cette table était au septentrion, et le chandelier d'or au midi. Il était ordonné dans le Lévitique, XXIV, 2, et Exode , XXYII , 20 , aux enfants d'Israël d'apporter de l'huile d'olive la plus pure, afin d'entretenir les lampes; c'était une image sensible de ce que les Israélites étaient obligés de faire , soit par la pureté des mœurs , soit par la fidélité à conserver les vérités dont ils étaient dépositaires.
On reconnaît combien l'établissement et l'entretien du chandelier était mystérieux , par le soin avec lequel Dieu le recommande. Ce culte y est-il dit au même endroit, se continuera toujours ^ et passera de race en race parmi les enfants d Israël. Aussi Abia, roi de Juda, reprochant à Jéroboam son apostasie, se glorifie d'avoir dans son royaume le chandelier d'or. iVoM5avon5, dit-il (II Paralip.y XIII, H), le chandelier d'or garni de sept lampes quon doit toujours
LES LAMPKB ET LKâ FLAMBEAUX. S7
Mumer au soir. CepeDdant le chandelier fut déplacé au temps de la captivité. Depuis la eaptivité y Antiochus , sans détruire le temple, enleva le chandelier d'or (I Machab., I, T. 23)y et les Maobabées le rétablirent et firent de nouveau luire les lampes (cb. lY, v. 50). Dès le temps d'Ezéohias, ce prince déplore Tinfidélité d'Achas sous qui le temple avait été fermé et les lampes éteintes (Il /^ara/tJD., XXIX^ 7).
David regardait Dieu comme la lampe qui éclairait ses pis (II Rois^ XXII| 28). Seigneur y vous êtes ma lampe ^ ieit vous^ Seigneur y qui éclairez mes ténèbres; et ce prince était regardé lui-même comme la lampe d'Israël. On craignait sa mort comme Textinction de cette lampe, cb. XXI, V. 17. On sait combien c'est une expression ordinaire dans i'Écritare d'appeler le prince destiné pour perpétuer la race de David la lampe de David.
Noos réservons à ce qui regarde TËglise certaines ap- (ilications particulières du symbole des lampes , nous contentant d'avertir ici que dans la prophétie de Zacharie, Zorobabel et le grand-prétre Jésus^ fils de Josédec, sont représentés sous l'image de deux oliviers qui fournissaient de rhuile à un chandelier d'or qui portait sept lampes [lacharicy IV, 2).
ARTICLE Vlll.
Formation de TÊgHsc.
Nous supposons comme un principe certain qu'un des sens des chapitres VII, VIII, etc., d'Isaïe, regarde la venue du Messie et la formation de l'Église. Le Prophète représente avec une grande énergie le danger qu'il y aurait alors de ne pas s^attacher au Messie , et le petit nombre de ceux qui s'y attacheraient.
â8 PREMIER SYMBOLE.
Il remarque qu'il y aurait alors une multitude de séducteurs et d'enchanteurs qui en détourneraient les hommes. Gardez-vous, dit-il, ch. VIII, v. 19, d'écouter ces enchanteurs. Ayez recours à la loi et à l'Écriture sainte, pour y lire le témoignage qu'elle rendra du Messie. Mais sachant qu'il y aurait des gens qui ne suivraient pas ce conseil| il y expose aussitôt ce qui leur arriverait : La lumière du ma-tin y dit-il, v. 20, n« luira point pour eux.... Ils jetteront les yeux au ciel et sur la terre ^ et ils ne verront qu'affliction^ que ténèbres f qu'abattement et que serrement de coeur ^ et qu'une nuit sombre qui les persécutera^ sans qu'ils puissent s^ échapper de cet abime de maux.
Il est clair par ces paroles que la lumière du matin devait luire au contraire pour ceux qui reconnaîtraient le Messie. Or par quelle voie devaient-ils le reconnaître ? Le Prophète l'a dit, en recourant à P Écriture et au témoignage des Prophètes. Les paroles des Prophètes étaient une lampe qui était propre à les conduire à la lumière du matin. C'est ce que saint Pierre dit expressément, II Pierre^ I, 19 : Nous avons les oracles des Prophètes ^ dont la certitude est plus affermie y auxquels vous faites bien de vous arrêter comme d une lampe qui luit dans un lieu obscur ^ jusqu^à ce que le jour commence à paraître , et que V étoile du matin se lève dans vos cœurs.
De là il parait que l'Église a été formée à la faveur de deux lampes, savoir Jean-Baptiste à qui Jésus-Christ donne ce nom, et les Prophètes à qui saint Pierre le donne aussi ; et l'un et l'autre ont conduit à Jésus-Christ qui est l'étoile du matin, car c'est le nom qu'il se donne [Apoc. , XXII, 16). Aussi est-il dit dans le même endroit d'haïe, ch IX, v. 2, en parlant de ceux à qui le Messie se manifesta les premiers : Le peuple qui marchait dans les ténèbres a ou une grande
lumière y et le jour s' est levé pour ceux qui habitaient dans U région de Pombre de la mort.
Jésus-Christ , dit saint Jean au commencement de son Évangite , était la vraie lumière. La lumière a lui dans ks ténèbres j et les ténèbres ne Font point comprise. Jésus- Christ est venu parmi les Juifs, et les Juifs ne l'ont point rmt. Voici de qnelle manière il leur parle ^ ch. XII da même Évangile v. 35 : La lumière est encore avec vous pour wpe*i de temps : marchez pendant que vous avez la lumiére; de peur que les ténèbres ne vous surprennent : celui jui marche dans les ténèbres ne sait où il va. Pendant que Wtt5 avez la lumière , croyez en la lumière , afin que vous noyez des enfants de lumière.
Isale, suivant toujours les mêmes idées, représente ainsi l'éiat des Juifs abandonnés de Dieu, ch. V, v. 30 ; Nous jetkrons les yeux sur la terre de tous câtésy et nous ne verrons que ténèbres et qu'afflictions, sans qu*il paraisse aucun rayon de lumière dans une obscurité si profonde. Voici, au contraire, comment il décrit, au chapitre précédent, verset 5 , Tétat de TÉglise naissante au milieu de Jérusalem sur la montagne de Sion : Le Seigneur fera naître sur toute la mmitagne de Sion, et au lieu où il aura été invoqué, une nuée obscure pendant le jour (pour mettre à couvert de lardeur du soleil) et t éclat dune flamme ardente pendant la nuit. Cet endroit renferme une manifeste allusion à la colonne de nuée et de feu qui servait de guide aux Israélites dans le désert: c'est-à-dire que Dieu accomplirait spirituellement en faveur de son Eglise ce qu'il avait opéré sensiblement en faveur des Israélites après la sortie de l'Egypte.
Selon la prophétie du vieillard Siméon , Jésus-Christ a été la lumière qui a éclairé les Gentils. C'est ce qui avait été prédit par Isaïe , ch. XLII , v. 6. Au chapitre LXII du
même Prophète, le Messie est représenté lai-mème sous Fi* * mage d'une lampe qui devait commencer à Jérusalem à ^ répandre sa lumière ; on lit , vA : Jene me tairai point en faveur de Sion , je n'aurai point de repos en faveur dé - Jérusalem, jusqu^à ce que son Juste paraisse comme une < vive lumière , et que son Sauveur brille comme une lampe ' allumée. Cette lampe, comme il est dit aussitôt après , est i vue par les nations et par les rois. A la faveur de sa lii-^ '. mière, chaque fidèle devient lui-même une lamt>e. Que votre lumière^ est-il dit dans le sermon sur la montagne^ luise devant les hommes {S. Matth.y \ y 16). Vous n^ étiez autrefois que ténèbres j dit saint Paul aux EphésienSy ch. V^ V. 8, mais maintenant vous êtes lumière en notre Seigneur: marchez comme des enfants de lumière. Et dans la P*épitre aux ThessalonicienSy ch. V, v. 5 ; Vous êtes tous des enfanté du jour. Nous ne sommes point enfants de la nuit ni dm ténèbres.
Ou reconnaît par cette suite d'expressions avec quelle justesse chaque Église dans son tout est représentée dans l'Apocalypse par un chandelier lumineux. Mais ceux qui sont les chefs des Églises participent encore d'une manière plus particulière au symbole de la lumière. Les Apôtfea, selon un endroit du sermon sur la montagne [S.Matth.^ V^ V. 15), sont une lampe allumée^ posée sur le chandelier pour éclairer tous ceux qui sont dans la maison. On reconnaît communément que les soldats de Gédéon ont été la figure des Apôtres et des prédicateurs de l'Évangile. On sait que ces soldats n'avaient pour toutes armes que des trompettes et des lampes qu'ils portaient dans des vases de terre [Juges^ Vil , 16). Saint Paul s'en fait l'application (II Cor.^ IV, V. 7). Après avoir dit que Dieu avait fait luire sa lumière dans le cœur des prédicateurs de l'Évangile , pour éclairer
lo hommes y Nous portons y continue-t-il^ ce trésor {Aq lunière j dans des vases <F argile. Une multitude d'apôlres, de docteurs, de prédicateurs, était donc un assemblage de lampes posées dans des vases d^argile , c*est-à-dire que c'était Tannée de Gédéon. Et selon ce qui vient d'être dit, l'Église entière est une armée de lampes. Elle est devenue à son toor le chandelier à sept branches, mais d'une manière bien plus excellente que la Synagogue.
État florissant de TÉglise suivi de malheurs.
n ne faut donc plus être surpris que l'universalité des chrétiens soit représentée, dans la parabole de l'Evangile, soos l'image de dix vierges qui tiennent chacune en main kar lampe pour aller au-devant de l'époux (5. Matth.y ch. XXV). C'est l'état où Jésus-Christ ordonne à tous ses disciples de se tenir (5. Luc, ch. XIT, v. 35) : Que vos reins soient ceints y et ayez dans vos mains des lampes ardentes ; et il les avertit en même temps de se tenir dans une attente continuelle. La suite de la parabole des dix vierges nous lait voir que tous n'accomplissent pas fidèlement l'ordre qni leur est donné. Il était ordonné aux enfants d'Israël de ibomir sans discontinuation de l'huile pour l'entretien du diandelier à sept branches ; mais beaucoup de chrétiens^ semblables aux vierges folles, laissent éteindre leur lampe laiate d'huile ; et ce désordre s'étend quelquefois à un tel point, qu'une Église, c'est-à-dire un diocèse, une province entière en est renversée. C'est la menace faite dans VApo^ talypse à l'Église d'Éphèse : Jésus-Christ menace d'ôler de sonUeu le chandelier qui la représentait [Apoc, II, 5).
Souvent l'Écriture se sert d'une manière spéciale du sym-
bole des lampes pour exprimer la dififérence qui se trouve entre les justes et les méchapts^ l^ lumière des justes, est-il dit {Prov., XIII, 9), donne la joie; la lampe des mé^ chants s'éteinàrà^ Et çhiXXï, y. 4 yf^i /ç^mpe dés méchants n'est que péché; et ch. XXIV, v. 20 : Les méchants nont point dfi^ér^nq^ pq^f H'a.yi^fir, et la.lafnpfid^s impiei^s'é'teindra ;.^ qu^ ji^t ç^'appUq^ier, jcomnje t^Qn^yq^jtjj ^veç j)j6* tesse apx.ylergeft^oUep. Il ^^t^jtde la fei^piie.fopte {firQV.^* XXXI,,,}8),| quç.5« /û^e ne ^ éteint point pendant la nuit ; et pu. ch^ XÎ^YI de, X^cçlésia^tiq^e ,. yersels 21 .et^^^ elle esj coqiparéÇj^p.prpiaier l^eu çté solei^l levant, et çQSif^tjd
d la lammgYii¥^\?W.l^^^^,^^l^^^^^ . ./ .
L'Éqritur^ noiis lait envisager de? temps heurepx.et ^es temps çji^)tiçju,rj^]ii:^^q4. ^e servit .du pièm^ sym()ole. 11 ^ très-patujLT^l ^'ftp^l^cjuçr^aux ten\{^ ]|;^ureiu d9^'%lis^ ce que Job dit dçjs jojurs qu'il regrettait : f^ui m accordera dHê^ tree/icçre comn^ef.alété autrefois^ Alors, dit-il, ch^ jp^IX, V. 3, la lampe d^.^eigneur luisait sur ma tête; et dcui^.les té?ièbresje n^qrç/f^i^ d la ltmt,r de la, Iwnière. ILdétes.^ au coptrairQ les pen^^ées deç impies, ch. XX^ v. 16 : Loin de moi lespeiiséçs ^es iinpies^ parce que leur lumière s'étein-dra y et qu'il fQp4ra sur eux un déluge de maux. VEcclé^ siaste veut que i'9n^prévoie les temps ténébreux -.Souvenezvous, dit-ij, ch. J^^.v. 1, de votre Créateur... avant rapproche des annéçs, dont vous direz : Ce temps me dé-plait; avant que, le soleil , la lumière, la Imu* et les étoiles s'obscurcissent , que les nuages se succèdent les uns aux au^ très. Et dès le chapitre précédent, verset?, après avoir remarqué combien la lumière est douce, et que l'œil se plall à voir le soleil, il veut que l'on se souvienne du temps ténébreux qui doit survenir : // doit se souvenir de ce temps de ténèbres.
Les devx Prophètes, dont le ministère est suivi d*un changemeut qui fait Toir FÉglise dans un éiat éclaUnt.
Nous avons déjà observé , Article III, que l'Église parait dans TApocalypse sons Timage d'une femme revêtue du solcU et environnée d^étoiles, et que cet événement est précédé et suivi, mais d'une manière différente, de grands obscurcissements. C'est à peu près dans le même temps que saint Jean aperçoit ces deux Prophètes si merveilleux da di. XI, y. i :Ce sont là, est-il dit de ces Prophètes, les deux oliviers et les deux chandeliers qui sont posés devant le Seigneur de la terre. Cet endroit a un rapport manifeste avec celai de Zacharie, ch. lY^ où il est parlé des deux oliviers plioés auprès du chandelier d'or à sept lampes. Et il est remarquable que saint Jean venait de rappeler, trois versets plus haut, l'idée du temple de Jérusalem, et surtout de cette partie où devait être placé le chandelier d'or à sept branches. Les deux hommes mystérieux de Zacharie étaient deux oliviers, et fournissaient de l'huile aux sept lampes du diandelier d'or. Il est manifeste que, selon le langage figuré, ils étaient eux-mêmes deux chandeliers. Dans l'Apocalypse il est dit que les deux Prophètes sont deux chandeliers et deux oliviers ; c'est-à-dire que, comme ceux de Zacharie, ils fournissent la lumière et l'onction à ceux qui sont destinés pour la recevoir ; et par conséquent qu'il faut supposer certains hommes ou certain peuple qui a le môme rapport avec ces deux Prophètes, et avec qui ils ont le même rapport que les deux oliviers de Zacharie avaient avec le chandelier d'or à sept branches.
On peut se souvenir ici de la peinture que fait d'Llie VEc-
34 PREMIER STMROLB.
c lestas tique (XL VIII, l) : Le prophète Élie s'est élevé comme un feu, et ses paroles brûlaient comme un flambeau ardent. Élie et saint Jean-Baptiste ont entre eux de grands traits de ressemblance , et saint Jean-Baptiste a été appelé par Jésus-Christ une lampe ardente et luisante {S.Jean,\^ V. 3S). L* Apocalypse, qui appelle les deux Prophètes dont elle prédit la venue les deux chandeliers, dit en parlant d^eux, quesiquelqu^un les veut offenser j il sortira un feu de leur bouche qui dévorera leurs ennemis.
On peut encore se ressouvenir que ce fut sous Uimage de langues de /i?u queles Apôtres reçurent le SainUEsprit. Les paroles embrasées qui sortaient de leur bouche sauvaient les uns et étaient la condamnation des autres. On pouvait dire d'eux^ dans un sens spirituel, qu'il sortait un feu de leur bouche qui dévorait ceux qui leur résistaient. Mes paroles, dit le Seigneur dans Jérémie (XXIII, 29), ne sont-elles pas comme du feu; et au verset précédent, les prophètes qui^ au lieu d^annoncer la parole de Dieu, n^annonçaient que le mensonge, venaient d^ètre comparés à Isi paille. Tels étaient devant les Apôtres ceux qui leur résistaient; tels seront devaut les deux Prophètes de V Apocalypse ceux qui les contrediront. Si quelqu'un, est-il dit [Apoc.y XI, 5), les veut offenser, il faut quil soit tué de cette sorte^ c'est-à-dire par le feu qui sortira de leur bouche.
Malheurs sur la grande Babylone.
Cependant les ténèbres se multiplient sur la grande Babylone et sur son royaume. Nous avons parlé du surcroît de ténèbres qui fut l'effet de l'effusion des coupes, comme on le peut voit, [Apocalypse^ XVI, iO.) Enfin la grande Ba-
byI(Hie est détraite an chapitre XYIII, et voici ce qui lui est dit^ y. 23: La lumière des lampes ne luira plus chez toi^ et la voix de F époux et ae t épouse ne s if entendra plus. Ces paroles ont un rapport sensible avec celles de Jérémie qui dépeint les malheurs de Jérusalem réprouvée et de la Judée avec les mêmes couleurs. Je ferai cesser parmi eux, dit le Seigneur {Jér.^ XXV, 10), les cris de joie et les chants de réjouissance, les cantiques de t époux et les chants de f épouse, le bruit de la meule et la lumière de la lampe.
Nous avons remarqué, en parlant du symbole des étoiles, que l'Écriture ne s'était pas tellement bornée à remployer pour figurer les hommes, qu'elle n'en eût aussi fait usage pour représenter les Anges. H en faut dire autant des lampes. Us sept lampes que saint Jean voit devant le trône sont les sept Esprits de Dieu {Apoc., IV, S).
(Suite.)
LtS TEUÎ AVEÛGLÉg OU CLÀlKVOTAItTS.
Élaide^ Juifs pendant la dorée de la Synagogue.
Le symbole des yeux ouverts ou fermés a trop de rapport avec celui de la lumière pour en être séparé. L'Écriture nous représente communément les Juifs comme un peuple qui était dans l'aveuglement. Gela s'entend toujours à l'exception des hommes privilégiés qui étaient chrétiens par avance. A l'égard des autres, on pourrait les regarder comme clairvoyants en comparaison des nations abandon*^ nées à leurs ténèbres ; mais par rapport à la lumière qui conduit réellement au salut et qui fait bien user de ce qu'on voit, ils étaient aveugles. Yotis avez vUy leur est-il dit quarante ans après leur sortie de l'Egypte {Deut.y XXIX, v. 2 et suiv.), tout ce que le Seigneur a fait devant vous en Egypte.., Vous avez vu devant vos yeux,., ces miracles et tes prodiges épouvantables. Et le Seigneur ne vous a point donné jttsqiûatijourd hui un canir qui etU de f intelligence, des yeux quipussent voir et des oreilles qui pussent entendre. Il élait expressément défendu aux Prophètes, comme on le
voit CD quantité d'endroits^ de parler clairement à ce peuple ; aacontraire, ror(|fc^«]fe|ip^Uitdpt:^^é^d^, couvrir de voiles tout ce qu'ils disaient, parce que le peuple ne devait pas sortir de son aveuglement.
Cet état d'aveuglement était la situation ordinaire des Juifs ; mais il était susceptible d'augmentation : c'est ce qui 4opfi^lfQ^;a«i|[/Aep ch. ^S^^YJ^I du
Deutéronome. Elles devaient s'accomplir en cas que les Israélites ne fussent pas fidèles à observer la loi ; v. 28 : Le Seigneur vous frappercnte' frénésie, d aveuglement et de fureur; en sorte que vous marcherez à tâtons en plein midi, comme r aveugle a accoutumé de faire étant tout enseveli dans les ténèbres, et'^iiè^^ôm ne réussirez point en ce que vous fitirez &iirffpriSf^.E\ {fJvit^ ^-.XXSl^iff) : Je vous punirai bientôt par Findigence et par une ardeur qui vous desféckern les yeux et vou& consumera^ Et aiLmème. chapitre do Deùtér:.^ T.:65^ioà il csi parié de L'étal* oùise trouverait ee pevple^' kmqu'^tt punitioni denses {»4ohéfi;iliseDait dis* pcnépunm les autres peuples;: K(^e4$rn!t|rk trtmverûz^, leur esl-îl dit, aucun repas.i.;-èar^le SeigineurvûûsidQni(iera un eamrto%qeurB agité de erainte\ des yeux languissants et une ême tout aàiméedems la douleur.
Kous^ a'entrarons dans aucun déiaiL par rapport à Taceeaipli8semei>t|>lusoa!£Qoin8ipair£&it quefces choses ont eu dans le temps de la captivité de Babylone/ ou dairale temps des autxés inalbeors passagers que la Synagogue a éprouvés. Nous remarquerons seulement en passant que cette prophétie s'est accomplie d'une manière terrible surSédéeias. il fat d'abord aveuglé dans son esprit, en sorte qu'il ne profita pas des conseils de Jérémie ; et il le fut ensuite dans son corps par ordre de Nabuohodonosor qui lui fit crever les yeux avant que de le faire conduire à Babylone.
B8 PREînER SYMBOLE (sUITE).
C'est ce qui avait été annoncé par avance par Ecéchiel et par Jérémie.
On peat tire un endroit à'Esdras (!*' Uvre, eb. IX, v. 8) ; il représente les marques de protection que Dieu accordait i son peuple au miUeu de ses malheurs, par cette expression : Pour éclairer nos yeux et pour nous laisser un peu de via dam notre esclavage. On trouve la même expressiop appliquée à peu près au même sujet dans Baruch (cfa. I, y. i2) : Que le Seigneur nous donne la force, et qu'il éclaire nos yeux.
Venue du Messie ; efiei dont elle a été suivie^ soit par rapport à ceux qui ont reçu le Messie, soit par rapport aux Juifs incrédules.
Passons au temps de la venue de Jésus-Christ; c'est alors que Faveuglement des Juifs fut porté à son comble, pendant que la lumière fut communiquée, premièrement à ceux que Jésus-Christ daigna éclairer parmi les Juifs, et secondement aux Gentils. C'est le caractère propre du Messie de rendre la vue aux aveugles. Dieu viendra lui-même ^ est-il dit [haïe, XXXV, 4), et il vous sauvera. Alors les yeux des aveugles verront le jour, et les oreilles des sourds seront ouvertes. Et au di. XLII, v. 6, voici ce que Dieu le Père dit à son Fils : Je vous ai établi pour être le récotvciliateur du peuple et la lumière des nations; pour ouvrir les yeux aux aveugles, pour tirer des fers ceux qui étaient enchaînés. Et au v. 16 : Je conduirai les aveugles dans utte voie qui leur était inconnue, et je les ferai marcher datis des sentiers qu'ils avaient ignorés jusqu alors. Je ferai que les ténèbres devant eux se changeront en lumière, et que les chemins tor tus seront redressés.
Lorsque Jésus-Christ a renda la vue du corps à divers tTeugles, qu a-t-il fait autre chose, sinon de figurer, par ces bienfaits passagers et d'un ordre inférieur, ce qu'il faisait d^mie manière bien plus excellente par rapport à ceux à qui il ouvrait les yeux de Tàme ? On insulta autrefois à David, lorsqu'il mit le siège devant Jérusalem dont il devait bire la capitale de son empire, et on lui dit par moquerie qu'il n'entrerait point dans ce lieu qu'il ne fût devenu vainqueur des aveugles et des boiteux. Il le devint en effet, o(»nme on le voit, II. Rois, Y, 8, et par une suite de cette vîctmre emportée sur les aveugles et les boiteux, il se rendit maître de la forteresse de Jérusalem et voulut qu'elle portât son nom. David prit son logement dans la forteresse, et il rappela la ville de David.
Lorsque le Messie, fils de David, parut dans le temple, des aveugles et des boiteux vinrent à sa rencontre ; mais il y en aTait de deux sortes -.les uns étaient aveugles et boiteux dans Tordre spirituel, et les autres dans l'ordre corporel. Il ne combattit pas contre les derniers, mais il les guérit (5. Matth., XXI, 1 4) : Alors des aveugles et des boiteux vinrent à lui dans le temple, et il les guérit. C'est ainsi qu'il prouva que c'était avec raison que le peuple et les enfants mômes le reconnaissaient pour le fils de David par excellence ; mais les princes des prêtres et les scribes, qui étaient présents, ne furent point guéris de leur aveuglement spirituel. La conquête que fera Jésus-Christ de la nation en corps est réservée pour le moment où il leur ôtera leur aveuglement et, si cela se peut dire, leur claudication. Jusque-là ces aveugles et ces boiteux s'opposeront au règne du vrai David sur ce peuple. Saint Jean observe que quoique Jésus-Christ etit fait tant de miraclesdevant lesJuifSyilsne croyaient point en lui {S.Jean, XII, 37). Et au verset 39 : Ils ne pouvaient croire, parce
40 PREMIER SYMBOLE (sUITE)}
quisaîe a dit encore : Il a aveuglé feurs. yeux et il a en-' durcileurcœurj de peur qu\h ne vûientdes yeux et ne comprennent du cœur, et que venant â 9» 'Convertir, je- ne les guérisse. Les Juifs étaient donc abrs tels que Jérénûe les dépeint : Écoutez, peuple insensé^ quittes sans ententhr ment et sans esprit, qui avez des yeux et ne voyezpas^i^fmi avez des oreilles et n'entendez point [Urémie, Y, 21). %^
€eux qui «usaient dû édairer les autres ^étaieIlt le prin^ cipe et les auteurs du laal. ! Jérusalem fut livrée à ses enee^ misy c'est-à-dire au démon ennemi du règne de Jésus-Chrisk^ à l'erreuD et au péohé^ à cause dès péchés de se&ppephètes<et det iniquités de ses prêtres^ qui ont répandu mi milieu éP elle i le sang\ des jtcates{{Lament.,, ÏVy 13). Usent erré dans Je3rires/))OQ3rsuit Jérémie'^ Comme des aveugles i Et aa ehilpitto' suivait : La, oouronne est tombée de notre tète : malheur A^ nousf parce que nous , avons péchés C^est pourquoi natre cosuar est devenu triste, nos yeux ont été couverts de ténàiresy i parce que le mont de Sian a été détruit et- que les renards\y courent en sûreté [Jbid., \, 16). I$aXe. dépeint les maitf . heurs des Juifs sous les mêmes couleurs. Ce fut dans le temp» de la venue du Messie, plus qu'en tout autre temps, que les sentinelles se trouvèrent toutes aveugles (Içaïe, LVI, 10)» Ils sont tous dans r ignorance. Ce sont des chiens muets^%» Les pasteurs mêmes n^ont aucune intelligence; chacun se détourne pour suivre sa voie. Voici en quels termes Jésus- Christ parle des Pharisiens (5. Matth., XY, 14] : Laisses^ les, ce sont des aveugles qui cmiduisent d autres aveugles.
Après la condamnation du Messie par le grand-prêtre, il. se fit. un accroissement de ténèbres. Il parait que c'est du grand-préti^eet de ceux qui se succédèrent les uns aux autMs dans cette dignité, depuis la condamnation de Jésus- Christ jusqu'^ la destruction de Jérusalem^ que s'entend le
LES YEUX AYTOGLÉB OU ^OJUftVOTANTS. 41
dersier Torsei do^ehapifi^^XI de Zàchari&v: O pasteur, 6 idalej ^wd €dHxndonne le trmipeauf fép^e^^iombera^ sur son èïïms^ sur s&n^œil ^fûiêt^soniras dwiendra^ut^sec, et smml\irmâ s^obscnteira^ét Ser^toubaH ideUénèbrèsy Ia injjgntii gpénéial éprouva alors Q^^.:étaii pï^édhpar So^ phonie (I^ 17^ : Je frapperai les homa^^es^de^^plaieSy et ils marchetànt^comme^ des' ave^ffJes^^ ^paree \ gt^ils'^ont péché cmOPS lé SéiftfUur :: teuf sang set^arépandta comme larpousâènçet'ieurstarpk mJorU'BeBoràiîoij^èè ehjtipQds^Qfhme du fmsierj ^i '?*.•;:. .»ml:':'3 iji'MLi'-.în". r.*.'îir''b ).«.». -.••fb-» - - ■ -
Tovs QjBS iBidheiirs' ioinbèrant sur kfi JpifiB 'pareeque rÉcrikire sainte étaîtpotir eux oouvette ^'^nn ^ile^ opmme le femarqoe âaîni PauU |C/éUit>d^eiiià cp^il^^taii prédit, sdoDileiDéiDeiÂpôtrej daasle l^i LXVHI; ^Blvi^qnae /e2^r5 yeux seraient frappés d aveuglement ;. : etv eela^ pa^ce qn^ils or a'étaieut point laissé et^]ldnp^pa]r;les^«^^ et
les homiliaiions da Medsie et ^^efies- disciples ; ils n'a«^ Tiient' point compati à .lenns souffratioes: Saint Paul leur apidique eaoonf ITendirdit dol }(XIXrch\ d'Isate, ^. ify.t Le Seigneur ta>tépandfe^sur^t>tts'umesprU d^^tssaupisse^nent; il mus- fermera Jes yeux ç Uvouvriraduti vàile vos prophiêes'i et iuâs j^rinces guiv^nt des visions; et toutes les visions Âes vrais prophètes vous seront tomme les paroles imn livre fermé anee^ des sceaux,- qu^ on donnera à un heminé ^ui sait lire en IvidUsant : Lisez ce livre; et il refendra : Je né Wphiis, parte gu'il est fernïë. Et on domiera le livre à im hommeguine sait pas lire; on lui dira: Lisez ;ei Urépondrar. Je né 'sais pas' lire. ^
€*est ainsi .qu'ili sont tombés dans la malédiction du XXVUli eià. du J^utérei^iome Aofiïihale leurifait PapplicatioB^ eb.iLIX^'Vjdw €ar seloniuii des sens cjui convient à cet endroit, c^«st att »nofh dos Juifs qu^il parle en ces
42 PRIMIER SYMBOLE (sUITB).
tennes : Nous attendions la lumière, et nous voilà dans les ténèbres; nous espérions un grand jour, et nous mçirchanê dans une nuit sombre. Nous allons comme des aveugles le long des murailles (o^est l'expression du Deutéronomé)^ nous marchons à tâtons comme si nous n avions point d^yeux ; nous nous heurtons en plein midi comme si nous étUm$ dans les ténèbres, nous nous trouvons dans t obscurité comme les morts.
Conversion des Gentils.
Si Ton s'attache à Tinterprétation que saint Augustin donne, livre XVI de la Cité de Dieu, de Thistoire de Jacob qui enleva la bénédiction destinée à Ésaû, c'est ici qa*U faudra placer cette histoire. Isaac, à qui la vieillesse avait fait perdre la vue, représente la Synagogue qui était encore dépositaire de la Loi et des Prophètes. Dans cet état elle croyait bénir un peuple et elle en bénissait un autre. £Ue croyait que les bénédictions qu'elle récitait d'après les Prophètes regardaient la multitude des Juifs qu'elle avait sous les yeux; et ces bénédictions regardaient la multitude des Gentils qui entraient^ ou étaient près d'entrer dans l'Église. Les Gentils et le petit nombre des Juifs qui crurent en Jésus-Christ étaient Jacob, selon que l'Apôtre nous l'a appris, et les Juifs étaient Ésati. La Synagogue aveugle ne comprenait point ce mystère ; et sans qu'elle le voulût, le peuple nouveau enlevait au peuple ancien les bénédictions prononcées par la Synagogue.
C'est ainsi que la lumière qui ne fut point reçue des Juifs passa aux Gentils. La promesse contenue dans les Prophètes que la lumière serait donnée aux aveugles s'accomplit sur
eux, leur temps était venu. Jésus-Christ voulut figurer d'aoe manière spéciale leur conversion par la guérison de Faveog-le-né. Nous n'en déduirons pas ici les circonstances. Jésos-Chiisty après avoir opéré ce miracle, explique luimême ce 'qu'il signifie {S. Jean, IX. 39) : Je suis venu, dit JésQS-Chrîst, dans ce monde pour exercer un jugement, (f/ht que ceux qui ne soient point (c'est-à-dire les Gentils) raient, et que ceux qui voient (c'est-à-dire les Juifs) devienwnt aveugles. Ces paroles donnèrent lieu à des Pharisiens qui étaient présents de demander s'ils étaient aussi aveugles; et Jésus-Christ leur fit entendre par sa réponse qu'il aurait été avantageux pour eux qu'ils eussent été de ces aveugles à qui la lumière devait être rendue, mais que ce ^ empêchait qu'ils fussent guéris, c'est qu'ils ne con- ■ainaieot pas leur aveuglement et s'applaudissaient au flootiaire de leur lumière.
Saint Pftul, destiné par la prédestination divine à servir d'instrament à la conversion des Gentils, fut frappé d'un afeoglement passager, et fut guéri ensuite par l'imposition des mains d'Ananie ; comme pour représenter par son aveoglement celui des Gentils^ et par sa guérison leur confersioD. CPest Dieu, dit ce saint Apôtre en parlant aux Colomens, qui, en nous éclairant de sa lumière, . . nous a arrachés de l4g puissance des ténèbres, et nous a fait passer dans k royaume de son Pils bien-aimé [Colos., I, 12). Et saint Pierre parlante ceux qui autrefois n'étaient point le peuple de Dieu, et qui étaient devenus son peuple : // vous a appelés, leur dit-il, des ténèbres à son admirable lumière (/. Pierre, II, 9). Dans la parabole des conviés rapportée dans l'Évangile {S. -Luc, ch. XrV), ceux qui avaient été invités au festin ayant refusé d'y venir, le maître du festin chargea son serviteur d'en amener d'autres : les
44 PREMIER SYMBOLE (sUITE). ^
aveugles^ les boiteux se trouvèrent au nombre de ceux qui furent amenés.
Gbrétiensqui retombent dans raTeuglement.
iPâtmitksHchiiitiena^jdtipent pepclre,)ailumiàre'eiiBtola»4 \ bev dans Taveuglement j sdit que ce chaD^eiiieiit soit >at>evfai j pafxles hommes, soit qu'il ne soit connu\que de Dieu.G^'etfe j ce queM'oftvoit^ par exemple, de Tun des Anges dei^wf^' Églises ^eTApocalypse.. Vous ne savez pas, iai^BiHl4i%^ chilU^i Y. llylipievous ^t«5at)eu^/«>; c'est pourquoi' >o«' Tave^tit du besoin qu'il a d'appliquer un collyre Sfc liM ycoxyiafifi^de-VoÎD €lail?i'Cecl^£aîtiVoir ique lesinMiiaC6Si{hî ^%t JmisABiHslBJ)eutéroname et dans les Prophète» jsoni dussL àiâraindi'e pour les chrétiens.' Chacun d'entre eux/ pour prévenir l'effet de ceà menaces à son (^gard,* doit dite à Djea avec David : Éclairez me^ yeux^ afin • qii^ je ne in^endorrke Jamais dam la m&rt ; de peter que mon ermemi ne dise : J'ai m r avantagé sur lui [Ps. XII, 4)*
Mon-cseulemeDt chaque fidète en particulier peut tomber dans l'aveuglement; mais ce malheur peut encore arriver à ceux qui conduisent les autres) et il peut arriver à- celix qui sont conduiftk de tomber entre les mains de guides aveugles qui les mteent dans la voie de perdition. Car cette parole ne r^egarde pas moins les chrétiens que les Juifs : Vn aveugle peut^il conduire un autre aveugle? Ne toikbe^ ront'ils pas tous deux dans le précipice ? (S. Luc, VI, 39.) Si l'on avait fixé le sens figuré de Thistoire du grandprêtre Héli, on reconnaîtrait aisément en quel endroit doit être placé son aveuglement, qui était la suite de son grand àgo.
SaÎDt Paul nous apprend que les Juifs sortiront un jour diknrâvenglemènf, eiqse Fintelligence ded saidtes Éétitncs leur seM donnée (Il.Corij III^ 1 K) j Jwqu^àeetie heure , i hnqu'on leur lit Moim, ih eni uh voile sur lecœw; mais) fmmd leur tcsùr-sè* tauîifwm vers leSeigneùr, ahrs levoilemura éié. Et dans le XI* ch. de VÉpiirèauss 'Momains/Cfii oe même Apôtre envisage la race des Juifs daiiÈ sa toithflité, idiïqà^uniëpariiedesJtdfs est ttmibéedansf^veHghfnenij^ oa^tM cpie l^Venglemeiifest tdmbé- sur Isràôliquaotà ooe partie': Gtkcitas €a> parte contigil inIsf^aeJ(\ReinJyXiy 25); et il ntÉirque uta^certaiii terme jusqu'où doîi durer ^eei nfdg^i^kieÀi, après lefqaeL/mi^ Israël sera éauvé.- Ooram^f niteroy lorsque saint Paul écrivait ces bhoads pour la pre-* mièie ibis, que cet aYeugleroent qui ne regarde la nation que selon une çefc'feine partie^ dût Fenvélopper en côrps^ peodaiii une si longue stiite die lùècles ? Mais enfin ce tenips doit finir, et la lumière succédera à l'aveuglement.
Cesi done avec un li%itime fondement !que 1-op appH-»qnera à oè peuple le 8* verset du chi XLIU àUsaïe : Faites wrtir dehors (pour le délivrer) un peuple qui était aveugle, qwngii^il eût des yeux; qui était sourd, quoiqtiil eût desi fireilles. Et au ch. précédent^ v. 18 : Écoutez, sourds i nveufjteêj ouvret les yeux et voyez. Qui est f aveugle, sinoti Isn*l mon serviteur? Qui estle sourd, sinon celui àqùifai em»yé fxes Prophètes? Qui est l'aveugle, sinon oklui qui, lest vendu lui-^même ?'Qui est Ctf^veugle, sinon le serviteur du Seigneur? Vous^ ô Israël^ qui voyez tant de choses^
46 PEEMIER SYMBOLE (sUITe). Hi
tC observez-vous point? Vous qui avez les oreilles ouvertes^ t|0 n^entendez-vous point ?
Mais pourquoi Dieu a-t-îl permis qu'un peuple qu'il ai- lîi mait tombât dans un si étrange aveuglement? Voici la rJi réponse dans le verset suivant : Le Seigneur a voulu choi- t sir son peuple pour le sanctifier, pour rendre sa Loi célèbre ^ et pour en relever la grandeur. Ce verset renferme le mémo x sens que deux versets du eh. XI de VÉpitre aux Romains,, i verset 1 1 : Sont- ils donc tombes de telle sorte que leur chut0, j soit sans ressource ? A Dieu ne plaise, etc. £t au verset 25. is . Une partie d^ Israël est tombée dans l'aveuglement ,^ jusqu'à , ce que la multitude des nations soit entrée dans F Église, et, , qu'ainsi tout Israël soit sauvé.
Yoici donc ce que dit l'Apôtre : Les Juifs sont-ils tombes de sorte que leur chute se soit terminée à leur chute mèmet Non, répond saint Paul, car premièrement elle a donné lie» à la conversion des Gentils ; secondement elle se terminera à la conversion des Juifs mêmes. C'est ce que dit Isaïe, Diea a permis que cela arrivât ainsi, afin que cela tournât mi jour & la sanctification (l'Israël, et afin de manifester les mystères profonds qui sont cachés dans sa Loi, dans les Prophètes, dans les saintes Écritures. On pourra dire de ce peuple, lorsqu'il sera converti, ce que Balaam disait de luimême [Nombr., XXIV, 4) : Voici ce que dit celui qui entend les paroles de Dieu, qui a vu les visions du Tout-Puis^ sont ; qui tombe, et qui en tombant a les yeux ouverts» Balaam parait faire allusion à sa chute lorsque son ànesse tomba sous lui : cette chute lui ouvrit les yeux pour voir ce qu'il ne voyait pas auparavant. Saint Paul aurait pu dire de sa chute, lorsqu'il fut renversé en allant à Damas : Je suis tombé; mes yeux ont été frappés d'aveuglement; et ma chute et mon aveuglement m'ont conduit à la véritable
LES YEUX AVEUGI-É8 Olî CLAIRVOYANTS. 47
bmière. Aiasi parlera la nation des Juifs après sa conversion.
Noos n'avons fait que suivre saint Paul dans le ch. XI de VÉpUreatix Romains^ lorsque nous avons appliqué aux Juifs le 10* verset, etc., du ch. XXIX d'Isaïe, où il est prédit qu'ils tomberaient dans l'aveuglement, et que l'Écriture sunte serait pour eux un livre inintelligible. Or, selon le même Apôtre, cet aveuglement cessera. On a donc droit d*appliqoer à ces mêmes Juifs le verset 18 du même chapitre d'Isale : En ce temps-là les sourds entendront les parôles du livre, et les yeux des aveugles sortant de leur nuit ftQsseroni des ténèbres à la lumière... Cest pourquoi le Seigneur y gui a racheté Abraham, dit à la maison de Jacob : Jacob ne sera plus confondu, son visage ne rougira plus. Mais lorsqti^il verra ses enfants j qui sont les ouvrages de mt$ mains, rendre au milieu de lui gloire à mon saint nom, Uhénira avec eux le Saint de Jacob, et il glorifiera le Dieu ilsraêl; et ceux dont P esprit était égaré seront éclairés^ et fef murmurateurs apprendront la loi [Ibid. v. 22 et suiv.). Israël aura donc part alors aux bénédictions du ch. XXXII d7wi>, V. 3, et ch. XXXIII, v. 17 et 20, que l'on peut lire en ces endroits.
Tout ceci fait comprendre avec quelle justesse la race d'Abrahanni peut s'approprier ces paroles du VII« ch. de Michée, v. 8 : O mon ennemie, ne vous réjouissez point de ce que je suis tombée ; je me relèverai après que je nu* serai assise datis les ténèbres : le Seigneur est ma lumière. Je porterai le poids de la colère du Seigneur, parce que j'ai péché contre lui, jusquà ce qu il juge ma cause et qu'il se déclare pour mai. Il me fera passer des ténèbres à la lumière; je contemplerai sa justice. Mon ennemie le verra, et elle sera couverte de confusion^ elle qui me dif maintenant : Où est
48 PREMIER SYMBOLE (sUITe).
le Seigneur votre Dieu? Mes yeux la verront, et elle sera foulée aux pieds comme la boue qui est dans les rues.
Dieu lient souvent les yeux des justes fermés sur de certains objets pour les éprouver, et les leur ouvre pour les consoler.
Nous n'avons considéré jusqu'à présent le symbole de Taveuglement que comme un symbole très-funeste, c'est-àdire comme l'image de l'aveuglement de l'àme, et d'un aveuglement de telle nature qu'il fasse perdre de vue les choses nécessaires au salut. Mais l'Ecriture en fait quelque* fois un autre usage. Dieu cache souvent aux justes des choses qui leur causeraient une extrême consolation ; leurs yeux sont fermés pour un temps. Ils ne tombent pas dailb cet aveuglement qui fait perdre la justice ; mais ils sont dans l'affliction, ne voyant pas distinctement le terme où Dieu les conduit ; ils éprouvent des alarmes et des inquiétudes, jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu de leur manifester ses desseins. Dans le môme Psaume LXVJII où le Prophète demande en parlant des Juifs, selon saint Paul, que leurs yeux soient frappés d'obscurcissement, il se représente luimême comme un homme dont les yeux sont languissants (v. 4) : Mes yeux se sont épuisés à force de regarder vers le ciel dans [attente et F espérance où fêtais que mon Dieu vînt à mon secours. Et au Ps. LXXXVII, v. 9 : Mes yeux se sont presque desséchés d^ affliction.
C'était l'état où se trouvait Tobie lorsqu'il fut réellement frappé d'aveuglement. Si l'on trouve dans son histoire un sens figuré, il sera très-aisé d'expliquer ce que signifie son aveuglement et sa guérison. Dieu, après l'avoir longtemps éprouvé, le comble en un instant de consolation : 1^ Il
recouvre la lamière du jour ; 2"* il reçoit son fils pour qui il eomoieDG&it à être dans Tinquiétude ; 3"" il reçoit avec son fils une épouse digne de ce fils et digne de lui, qui lui annonce que sa race sera perpétuée ; 4* il reconnaît que tout cela est opéré par Teffet d'une protection spéciale de Dieu qui a envoyé son Ange, etc.
Jonathas, fils de Saûl, après avoir remporté par un effet de sa foi une victoire miraculeuse sur les Philistins, se troufint dans la défaillance, il étendit le bout d'une baguette fn*il tenait dans sa main, il la trempa dans un rayon de niel et ses yeux recouvrèrent la lumière (/. Bois, XI V, 27).
Le roi de Syrie ayant envoyé une armée pour se saisir du proi^iète Elisée, le serviteur du prophète en fut saisi d'effroi ; Elisée ne fit autre chose que d'adresser sa prière à Diea : Seigneur, ouvrez-lui les yeux afin qu'il voie. Sa prière futexaucée, et le serviteur vit aussitôt une montagne pieine de chevaux et de chariots de feu qui veillaient à la girde d'Elisée. Alors Elisée demanda un miracle opposé ptr rapport aux Syriens : Seigneur, frappez-les et aveuglement. Et le Seigneur les ayant frappés d'aveuglement, Elisée les conduisit sans qu'ils le sussent à Samarie. Lorsqu'ils y forent, Dieu leur ouvrit les yeux à la prière du prophète (/K. ^ow, ch. VI).
C'est une espèce de merveille que les frères de Joseph le voyant à tant de reprises, lorsqu'ils vinrent en Egypte, oe le reconnussent point, et qu'il ne leur vint pas dans l'esprit la moindre pensée que ce pût être Joseph. C'en est une antre que les disciples d'Emmaûs ne reconnussent point Jésns-Christ. Leurs yeux, dit l'Écriture, étaient retenus, en sorte qu'ils ne pouvaient le reconnaître (S. Luc, XXFV, 16). Duis l'une et dans l'autre histoire, c'était une épreuve qui le termina à une grande consolation. Nous y voyons que
80 PRBMIBR STMBOLB (sUITB).
Taveuglement est susceptible de bien des degrés difiEérents. On peut avoir les yeux fermés et ne point voir le visage de celui à qui on parle ; on peut les avoir ouverts, apercevoir tous ses traits et ne pas le reconnaître; alors on voit chaque trait du visage en particulier, et Ton ne fait pas attention au tout qui résulte de leur assemblage.
ARTICLE Vil.
Avenglement des méchants autre que celai de leur malice, et qui en est la punition.
Les méchants ont aussi été frappés d'un aveuglement de ce genre. Nous venons d'en voir un exemple dans la per^ sonne des Syriens que le prophète Elisée conduisit sane qu'ils le sussent au milieu de Samarie. Les habitants dé Sodome furent frappés d'aveuglement par les anges, en sorte qu'ils ne purent plus trouver la porte du juste. Loth* Cet aveuglement était, comme on le voit, différent de l'aveu**' glementde leur cœur qui faisait leur méchanceté. L'un était une juste punition de l'autre, et servait à préserver le juste en empêchant qu'il ne tombât entre leurs mains.
L'aveuglement, dont il est parlé dans les trois passages que nous allons rapporter, a beaucoup de rapport avec l'aveuglement des habitants de Sodome. En ce jour^ld, dit le Seigneur (Zach., XII, 4), je frapperai d étourdissement tous les chevaux et de frénésie ceux qui les montent. Je tien^ drai mes yeux ouverts sur la maison de Juda, et Je frap^ peraid aveuglement les chevaux de tous les peuples. Et au oh. XIV, V. IS : Voici la plaie dont le Seigneur frappera toutes les nations qui auront combattu contre Jérusalem : Chacun deux mourant tout vivant verra son corps tom-* ber par pièces, leurs yeux pourriront dans leur place natU"
LES rmJTt AVFrOLÉS OtJ CtAfHVÔtANTS. 51
ftlk, et letir langue séchera dans leur palais. Le troisième fÊsmfe, que Dons ayons déjà rapporté plus an long, eàt an I^cbap. de Saphonie, v. il : Je frapperai les hommes dé plaies, et ils marcheront comme des aveugles, parce qu'ils mi péché contre le Seigneur : leuf sang sera répandu C9mme kt poussière et leurs corps fnorts foulés aux pieds amme du fumier. Il est manifeste que ces t^oJà passages «DDODcent un surcroît de ténèbres et un degré d'aveugle** ment extraordinaire. Il sera aisé de placer ces passages lorsqu'on aura fixé les divers sens que peuvent avoir So* pbonie et Zacharie;' c'est-à-dire que, dans la suite de la ^nde parabole, on placera autant de fois ces passages que Ton aura reconnu que ces deux Prophètes ont en vue dé différents événements qu'ils prédisent sous les mêmes pa**' FDies. L*bi8toire de Sodome aidera à le bien faire, puisque cette histoire figure trois fois la consommation du mystère d'iniquité : i* chez les Juifs à la naissance du christianisme , 8* an milieu de la grande Babylone de l'Apocalypse , ap* pelée en esprit Sodome et Egypte; 3* dans le monde entier lorsque le dernier jugement arrivera.
ARTICLE VIII
RécapituLiion. Comparaison de ^etle parabole avec la précédenle.
Nous avons vu l'état des Juifs : en tout temps ils ont été aveugles au milieu de la lumière ; mais leurs ténèbres se sont accrues, et de degré en degré sont montées à leur comble. A la venue du Messie, l'Écriture Mainte qu'ils n'ont jamais entendue est devenue encore plus obscure pour eux, j«qne-là qu'ils la font servir pour autoriser leur révolte contre Jésus-Christ. Les nations y lisent les preuves de la nHÊiM du Messie, et disent aux Jutf^ : Lisez et voyesiS;
Î52 PREMIER SYMBOLE (sUITe).
et les Juifs répondent : Nous ne pouvons lire ; et si nous lisons, nous ne voyons point ce que vous voyez. L'aveuglement a commencé par leurs chefs, et s'est communiqué au corps de la nation. Depuis dix-sept siècles ils marchent à tâtons en plein midi comme les aveugles, selon la prédiotion qui leur en avait été faite dans leDeutéronome. Cepen-^ dant les nations nées dans Taveuglement ont été guéries, elles ont passé du royaume des ténèbres & celui de la lumière. Les yeux de TÉglise de Jérusalem ont été ouverts sur ce grand événement et sur la manière dont il s^esi opéré. Cette Église persécutée et affligée en a été consolée, et elle a reconnu que c'était par cette voie qu'il plaisait à Dieu de la rendre féconde. Il est arrivé de l'autre part que la Synagogue aveugle a béni un peuple lorsqu'elle croyait en bénir un autre. Mais ce qui est plus étonnant, c'est que l'Église de Jérusalem a éprouvé la même surprise.
A peine l'Église a-t-elle été formée que quelques-uns de ses membres sont tombés dans l'aveuglement ; et l'on ne peut pas désavouer que ce malheur n'ait augmenté dans la suite.
Les Juifs un jour seront tirés de leur aveuglement ; le voile qui les empêche de lire dans l'Écriture sainte ce qui y est écrit leur sera ôté.
Au temps marqué de Dieu, la fin du monde viendra. La multitude des impies attaquera les justes désignés dans TLcriture sous le nom de Jérusalem , autrement le camp des saints, la ville chérie de Dieu ; alors ces impies seront frappés d'aveuglement, comme le furent autrefois les habitants de Sodome.
On voit que cette parabole, tirée des yeux aveuglés ou clairvoyants, se réunit d'elle-même et par sa nature avec celle des astres, de la lumière et des lampes. Nous les avons
poar aider rimagination et la mémoire ; mais en iesréfiiiissant, elles se perfectionnent et s'entr'éclaircissent réciproquement. L'une supplée à Fautre ; Fune entre en de eertains détails négligés par Fautre ; Fune dit clairement et précisément ce que Fautre ne marque que d'une manière plus oonfose et plus obscure. En un mot, Fon a une histoire plus complète de la Religion en les réunissant, que lorsqo'on s'attache à une seule.
La Synagogue est un ciel formé de la main de Dieu au milieu du monde. Les Juifs brillent entre les autres peuples tomme le chandelier d'or posé devant Dieu . Cependant en comparaison des chrétiens, ce sont des aveugles. Lorsque JésQS-Christ vient, la Synagogue est un ciel usé. Sans parkr des Samaritains et des sectes ouvertement séparées de la Synagogue , que Fon pouvait regarder comme autant d'étoiles de cet ancien ciel qui avaient perdu leur rang, ceoz qui composaient la Synagogue étaient enveloppés d'épaisses ténèbres. Le soleil, la lune et les étoiles avaient perdu la plus grande partie de leur lumière. Les lampes du sanctuaire ou s'éteignaient, ou étaient déjà éteintes. La multitude du peuple était des aveugles, et les conducteurs étaient d'autres aveugles. Après que le Messie eut été rejeté, l'aveuglement redoubla. L'œil droit des Pontifes perdit entièrement sa lumière. Les étoiles tombèrent, comme on voit tomber les figues lorsqu'on secoue le figuier. Ces anciens cieux furent roulés comme un livre. Enfin, ce cpi avait été un ciel se changea en un étang de feu et de soufre ; les étoiles ramassées et liées ensemble, comme un laisceau de bois, ont été jetées et renfermées dans un lac, jusqu'au jour de la visite qui ne doit arriver qu'après un
très-long espace de temps.
C'est au milieu de ces malheurs que saint Jean-Baptiste
S4 ?IM(I|U& SYtfSOU; (S(]ITiK)«
parut comma une lampe ardente et luisante. Le Meiaia fut moatré d'abprd oomme une étoile, ensuite comme le soleil dans sop lever; les Apôtres et leurs successeurs oomme des étoiles; chaque fidèle comme un astre. A mesure que quelqu^uA croyait eu Jésus^Christ, c'était un aveugle à qui la vue était pendue» et une lampe qui s'allumait.
La lumière eut ses accroissemeuts, Un degré de lumière qui survenait de nouveau découvrait des merveilles qi|e i'ou u'avait jamais envisagées. Les Gentils, réunis à l'Église de Jérusalem par leur conversioq, rendaient visibles dans l'économie des desseins de Dieu des traits que Ton n'avait point encore aperçus. L'Église fut consolée et soutenue par de nouveaux rayons de lumière. Les saintes Écritures qaî brillaiept pomme une lampe exposée devant des yeux olaiiv voyants, s'éclaireissaient de plus en plus pour les chrétiens, pendant qu'elles devenaient plus obscures pour les Juifs.
Enfin les nouveaux cieux que Jésus-Christ était venu créer furent formés par la multiplication des pasteurs et des peuples fidèles. Mais ces nouveau]^ cieux commencèi^ent à souffrir des [altérations. On a vu dans la suite des siècles plus ou moins d'étoiles quitter leur rang, d'autres perdre leur lumière et devenir ténébreuses. On a vu des chandeliers, c'est-à-dire des Églises entières transportées hors de leur place. On a vu parmi les chrétiens des guides aveugles, et d'autres aveugles trompés par ces guides. On a vu, pour suivre le même langage, de grands ébranlements dans les cieux, les étoiles tomber en foule. On a vu certaines étoiles tomber sur les eaux, comme il est dit dans l'Apocalypse, .et leur copnmuniquer une amertume qui cause la mort; d'autres étoiles prendre en maiq la clef de Tablme, l'ouvrir, et il en est sorti une fumée semblable à celle d'une four-
LES TKUZ AVBUGLÉS OU CLAIEVOTANTS. JI5
; le soleil et l'air en ont été obscurcis. On a vu le soleil, kkme et les étoiles frappés en partie de ténèbres, et le jour et la nuit perdre une partie de leur lumière. On a vu des eomes s'élever, combattre contre les étoiles, en faire tomber du ciel et les fouler aux pieds. Les vierges folles lesont trouvées mêlées avec les vierges sages dans le lieu destiné pour attendre la venue de TÉpoux ; leurs lampes f'éteignaient, parce que l'huile leur manquait. Le nombre de ces vierges folles s'est multiplié , et le terme et la menre de c^es malheurs sont connus à Dieu.
Cependant les justes, au milieu d'une multitude d'aveu* gles que leur aveuglement conduit au sommeil de la mort, éprouvent souvent quelque chose de semblable & l'aveuglenent de Tobie ; et en même temps l'aveuglement du grandpètre Héli se retrace en d'autres personnes.
Le temps de la lumière viendra. Le voile qui couvre les jewL de l'ancien peuple sera levé ; deux chandeliers seront posés; deux oliviers plantés de la main de Dieu fournifont perpétuellement de l'huile à un chandelier d'or à sept lampes. Les yeux des aveugles verront; ils liront et entendront le livre qui jusque-là avait été scellé pour eux. Un nouveau ciel paraîtra dans sa splendeur ; et le malheur de l'extinction entière de toute lumière ira se consommer d'un aatre côté. Là. le royaume de la béte deviendra ténébreux ; le soleil tourmentera les hommes; et les hommes frappés d'une chaleur brûlante, au lieu de faire pénitence, blasphémercmt le nom de Dieu. Ils continueront de faire la guerre à Dieu et à ses saints, et ils seront frappés d'un dernier degré d'aveuglement. La grande Babylone sera condamnée, et la lumière des lampes ne luira plus en elle.
La fin du monde sera sans doute précédée d'autres obscurdasements. On verra encore la lumière des lampes s'éteindre
56 PREMIER SYMBOLE (sCITE).
et s'obscurcir : on verra les étoiles tomber comme les figues lorsqu^on secoue le figuier. La plaie de Taveuglement, dont furent frappés les habitants de Sodome^ se renouvellera danS' ht plus grande étendue qu'elle doit avoir, et avec les cireonsfances les plus funestes. L'Antéchrist promettant aux hommes les plus vives lumières, et venant se placer à la tète de tous les séducteurs, répandra les plus épaisses ténèbres, opposera & la vraie lumière les voiles les plus sombres. Jésus-Christ, comme l'étoile du matin, viendra au secours de ses élus opprimés et en danger d'être séduits. H détruira l'impie par le souffle de sa bouche, et le perdra par l'éclat de sa puissance. Il jugera le monde. Tous les saints entreront dans le royaume de Dieu ; ils brilleront comme des étoiles et comme le soleil dans l'éternité ; et les paroles des Prophètes, qui promettent de nouveaux cieux, recevront leur dernier et leur plus parfait accomplissement. Telle est l'histoire des desseins de Dieu qui se découvre en réunissant la suite d'un petit nombre de symboles qui ont un rapport sensible les uns avec les autres. Cet exemple fait entrevoir de quelle manière l'Écriture sainte est composée. On pourrait tirer de cette parabole, ainsi que de la précédente, diverses instructions dogmatiques et morales. Y a-t-il rien par exemple qui soit inculqué avec plus de soin dans l'Écriture, sinon que Dieu est l'auteur de la lumière, que sans lui les hommes ne sont que ténèbres, que c'est lui qui discerne entre l'aveugle et le clairvoyant, et que les degrés d'aveuglement aussi bien que ceux de la lumière dépendent de sa puissance et de sa volonté [haïe, XLV, 6) : Je suis le Seigneur, et il w'y en a point d'autre : c^est moi qui forme la lumière et qui forme les ténèbres^ qui fais la paix et qui crée les maux. Et dans V Exode (ch. IV, v. H ) : Qui a fait la bouche de l'homme ? Qui a formé le muet et le sourde
celui qui voit ci celui qui est aveugle ? If est-ce pas moi, iitk Seigneur (Prov., XX, 12) : V oreille qui entend et F œil fm voit sont deux choses que le Seigneur a faites. Voici ce que dit Job en parlant des changements que Dieu opère pvmi les hommes en abaissant Tun et en élevant l'autre lin,22 etsuiv.) : // découvre ce qui était caché dans de fn^fondes ténèbres, et il produit au jour t ombre de la muft. Il multiplie les nations et les perd, et les rétablit offès leur ruine. Il change le cœur des princes qui sont établis sur /es peuples de la terre : il les trompe et les fait marcher inutilement par des routes égarées. Ils iront à ta* tons parmi les ténèbres^ au lieu de marcher dans la lumière du jour ; et il les fera chanceler à chaque pas, comme sHls étaient ivres. C'est afin de délivrer Israël de ces malheurs ({oe Barucb lui parle ainsi (ch. lU, v. 10 et suiv.) : D'où tient, ô Israël, que vous êtes présentement dans le pays de tôt ennemis ? que vous languissez dans une terre étrangère, que vous vous souillez avec les morts ?... C'est parce fa vous avez quitté la source de la sagesse.. . Appreniez où pt la prudence, où est la force, où est f intelligence, afin (pie tous sachiez en même temps où est la stabilité de la vie, où est la vraie nourriture, où est la lumière des yeux et la paix.
LES £P0USB8 FIDÈLB8 ET LES INFIDÈLES.