‹ Histoire de la Religion représentée dans l'Écriture Sainte sous divers symbolesChapitre 9 sur 42 · LE CIEL ET LES ASTRES; LES LAMPES ET LES FLAMBEAUX · texte numérisé non relu

LE CIEL ET LES ASTRES; LES LAMPES ET LES FLAMBEAUX

ARTICLE h' Histoire de la Synagogue.

C'est une chose commune , dans rÉcriture sainte^ de représenter l'Église, ou le peuple de Dieu, par le symbole du ciel, de la lune et des étoiles. Dès le XY* chapitre de la GenesCy Dieu fait sortir Abraham, et lui dit : Levez les yeux au ciel j' et comptez lesétoileSy si vous le pouvez. C'est ai/iii, ajouta-t-il, que se multipliera votre race. Dès ce moment les étoiles devinrent la figure des descendants d'Abraham. Lorsqu'on aura vu la constance avec laquelle l'Écriture suit cette figure, peut-être sera-t-on porté à penser que ce n'est pas sans dessein qu'elle fait observer que le soleil venait de se coucher lorsqu'elle rapporte, six versets

plus bas, un sacrifice laystërleui d' Abraham, qui fut accompagné d'une vision prophétique qui regardait Tétat futur de sa race. La même promesse fut confirmée à Abraham et à Tsaacy dans les chapitres XXll et XXYJj et le même symbole des étoiles employé.

En entrant un peu plus dans le détail de cette figure y on reconnaît facilement que si chacun des descendants d'Abraham est une étoile, et si leur universalité forme un ciel, leur chef, selon la proportion des temps et des circonstances, doit tenir lieu du soleil. C*est en effet ce qui se vérifie dans l'un des songes de Joseph [Gen., XXXYII, 9). Il voit en songe le soleil, la lune et onze étoiles : et selon l'interprétation de Jacob, secondée par l'événement^ le soleil, la lune et onze étoiles ne sont autre chose que Jacob lui-même et sa famille.

Selon cette analogie , Joseph est pareillement un de ces astres promis à Abraham , qui vient communiquer sa lumière bienfaisante à TÉgypte lorsqu'elle s'y attendait le moins : les soixante-dix enfants de Jacob, qui vinrent avec leur père en Egypte , sont autant d'étoiles , aussi bien que leurs descendants qui s'y multiplièrent d'une manière si cxtrçiordinaire. Aussi Moïse a-t-il soin de le remarquer dès le premier chapitre da DeutéronomCj verset iO : Le Sei^ gneur votre Dieu , leur dit-il, vous a tellement multipliés^ que vous égalez aujourdhui en nombre les étoiles du eieL Et au X* chapitre^ verset dernier : Vos pères n^ étaient au nombre que de soixante^ix personnes lorsqu'ils descen-dirent en Egypte, et vtms voyez maintenant que le Seigneur votre Dieu vous a multipliés comme les étoiles du ciel.

On se voit donc obligé, si l'on ne veut point quitter cette allégorie, de regarder Ia nation des Israélites dans le désert, oomme une armée d'étpiles et comme un nouveau ciel que

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Dieu sT^t formé pour sa gloire; en sorte qu'on pourrait appliquer à cette nation ee qui est dit de TÉpouse des Can*^ tiques fch. 111, v. 6) : Qîii est eelle-ei^qui s^étévê du désert f et ^cb. YI , V. 9) : Quette est cefle^i qui s^avance comine fQHTore lorsqu'elle se lève , qui est belle eomme la lune, écht^nie comme le soleil^ et qui est terrible comme une ar^ mêe rongée en batailleT On sait que e'est Ttisage de rÉorltnre de regarder la multitude des étoiles comme une armée. V Ecclésiastique nous découvre ce que FÉcrilure nous a voulu marquer en employant oe symbole. Il Ikit, dans Fon ÎVn* chapitre, une comparaison du peuple d'Israël avec tous les antres peuples de la terre. 11 nous parle dans cet endroit de la manifestation de-la gloire de Dieu devant les hommes , et de la lumière qu'il leur communique lorsqu'il les instruit de sa loi (v. 7) . lia fait luire son œil sur leurs eimrSy pour leur faire voir la grandeur de ses ceuvres^ etc. C'est ainsi que les hommes deviennent semblables aux astres, lorsque venant A connaître les merveilles de Dieu, ils iont capables de communiquer à d'autres la lumière, en leur annonçant ce qui leur est manifesté, afin qu^ilspublias-^ %ent la magnificence de ses otivrages. Et appliquant aussitôt ces choses plus expressément à Israël, il dit que Dieu a établi des princes pourgouverner chacun des autres peuples ; mais Israêly poursuit-il, v. 18 eH6, est devenu visiblement le partage de Dieu même. Toutes leurs oeuvres sont en sa présence comme le soleil. C'était la loi qui avait été donnée aux Israélites préférablement aux autres peuples, qui les faisait briller comme de nouveaux astres dans le monde. Ils devenaient le principe d'un nouveau jour par qui^ dit l'auteur de la Sagesse (ch. XVIII, v. 4) la lumière incorrti])tible de votre loi commençait à se répandre dans le monde. La sagesse divine reluisait en eux [Deut,, IV , 6); mais elle pouvait

s'y obscurcir , ainsi que le remarque V Ecclésiastique dans le même chapitre que nous venons de citer. Il se sert, pour le faire entendre, de cette même comparaison du soleil dont il venait de faire une application avantageuse à Israél. Qu^y a-t'il de plus lumineux que le soleil? dit-il, v. 30, et néan-^ moins il souffre des défaillances : faisant entendre manifestement par là, que si Israël était un soleil et un ciel, ce ciel et ce soleil pouvaient éprouver leurs obscurcisse^ ments.

La figure tirée du ciel matériel n'était pas tellement em-» ployée à représenter l'universalité du peuple, que l'on n'en fit, selon les occurrences, des applications particulières. Les six cent mille hommes que Josué introduisit dans la terre promise étaient une armée de six cent mille étoiles ; Josué tenait au milieu d'eux la place du soleil. Dans la suite ce nouveau ciel s'obscurcit de temps en temps, et cela en deux nianières différentes; l'une, par les péchés du peuple ; l'autre, parce qu'ils succombaient sous leurs ennemis et qu'ils leur étaient asservis. On vit un de ces obscurcissements du temps de Barac et de Débora. Mais Débora nous apprend dans son cantique [Jug., V, 20) qu'il se trouva des étoiles qui gardèrent fidèlement leur rang, et qui combattirent contre Sisara. Ces étoiles sont ces braves d'Israël dont il est parlé au v.9 : Mon cœur aime les princes d'Israël; vous qui vous êtes exposés volontairement au péril. Ce sont ces dix milles combattants qui se rassemblèrent autour de Barac. Les autres Israélites qui ne vinrent point au combat étaient des étoiles qui avaient perdu leur rang. Ils profitèrent de la victoire de Barac. Tout Israël fut comme un ciel qui recouvra son ancienne splendeur ; mais ceux qui avaient marqué leur foi et leur zèle pour Dieu en s'exposant au combat, brillèrent parmi les autres comme le soleil.

C'est Débora qui le déclare en terminant son cantique : A 11151 périssent tous vos ennemis , dit-elle au Seigneur; mais que ceux qui vous aiment brillent comme le soleil, lorsque ses rayons éclatent au matin (v. 31).

La figure générale est rappelée dans le premier livre des Paralipomènes, ch. XXI. David entreprend de £aire le dénombrement de son peuple ; mais il se souvient de deux choses. Tune que ce peuple a été comparé longtemps auparavant aux étoiles y l'autre qu'il a été prédit qu'il serait innombrable comme les étoiles du ciel. Il croit respecter suftisamment cette prophétie^ en s'abstenant de faire entrer dans le dénombrement les enfants et tous ceux qui étaient an-dessous de vingt ans. Il les regarde comme une multitude d'étoiles moins remarquables que les autres, dont il réserve le nombre au secret de Dieu. Sans approfondir ici ce qn'il y a de répréhensible dans cette action de David , le lecteur est clairement averti que ce prince était au milieu de son peuple comme le soleil au milieu d'un nombre innombrable d'étoiles. Il était cet homme distingué d'une manière excellente , élevé au-dessus des ouvrages de Dieu, et en cela figure singulière de Jésus-Christ ; cet homme, dis-je, dont la gloire est décrite dans le YIIP Psaume : Quand je considère vos deux , qui sont les ouvrages de vos doigtSy la lune et les étoiles que vous avez affermies, je mécrie : Qu^est^e que l'homme ? etc. Vous l'avez établi sur tes ouvrages de vos mains. Vous avez mis toutes choses sous *e$ pieds. Les Ap6tres ont appliqué ce Psaume à Jésus- Christ , et Ton conçoit mieux avec quelle justesse cela se fait , lorsque Ton a médité Tapplication imparfaite qui s'en peut faire au roi d'Israôl, dont la gloire n'a été que l'ombre de celle de Jésus-Christ. Nous reviendrons à ce Psaume lorsque la suite de cette espèce de parabole nous aura con-

$ PREMIfiR SYMBOLE.

duit à Jésus-Ghrisii et bous trou verokis dans cette tuite rinterprétation du PNtume XYIIL

Si la délivrance de l'Egypte et l'introduction du peuple d'Israël dans la terre promise est, en langage figuré^ TétarblisseBient d'un ciel nouveau $ il est manifeste ({ue la captivité de BabyloUeeera robscurcissement et presque l'entière deskruotion de ce prenlier ciel y et le retour de la captivité en «era le rétablissement. On trouve des endroite des Prophètes^ en assea grand nombre, qui prédisent ces révolutions sous de telles imageil ; mais parce que les Prophètes , sous las mêmes paroles ^ ont prédit dans ces endroits des événements plus grands et plus spirituels, nous éviterons d'entrer sur cela dans un détail qu'il est bon à la vérité d'avoir dans l'esprit lorsqu'on lit les Pi^ophètes, mais qu'il est aisé de découvrir ) et nous réservons ces passages pour les événe* ments d'un ordre plus élevé auquel ils ont rapport.

Nous dirons néanmoins un mot de Daniel par rapport au premier sens de ses prophéties » aussi bien que de l'histoire d'£sther. Cette iidèle Israélite parut, dans le danger imminent de son peuple, comme un astre favorable. Mardochée la compare d'abord à une petite fontaine. Peu de personnes en peuvent tire^ de l'utilité tant qu'elle demeure en cet état; mais cette petite fontaine devint un fleuve, et se changea en suite en une lumière et en un soleil qui peut communiquer la lumière et la vie à des nations entières (Esther, X, 6).

Daniel , non plus que les trois enfants de la fournaise, n'avaient pas oublié que la postérité d'Abraham était figurée par les étoiles, comme on le voitcb. lU, v. 30. Daniel aperçoit en esprit dans les ch. YIII et XI les temps des Machabées; il voit Antiochus Epipbane sous l'image d'une bète cruelle , ou plutôt d'une corne qui s'élève jusqu'au

LE CISL n UW AtnES. 7

dely qui déclare la fpaette à rarmëe des étoilesi qui ta fait tomber plusieurs , et qui les foule aux piads : // éieva m grande corne jusqu'aux armées du ciel, et il fit tomber les plus forts y et ceux qui étaient womme des étoiles y et il les foula aux pieds. {Daniel, YIII, 10.) L'Ange qui parlait à Daniel lui apprend, v. 24, que ces étoiles sont le peuple des sminls , c est*à-dire la Judée qu Antiochus devait ravager. Qui aurait pu imaginer que la corne d^un animal qui fait la goerre aux étoiles signifiât un roi qui faisait la guerre au peuple de Dieu? Cependant il est manifeste que le langage constant de rÉcrtture conduit là» Antiochus prévalut contre plnsieuredeces étoiles, il len fit tomber et les foula aux pieds. C^esi ce qui est exprimé sans figure^ ch. XI| v. 33 : Plusieurs seront tourmentés par Fépée^ par la flamme^ par la captif vité^ par les brigandages... Il y en aura d entre ceux qui seront savants qui tomberont en de gratidsmaux, est-il dit an verset 33| nfin qu'ils passent par le feu, et qu'ils deviennent purs et blancs de plus en plus. Il se trouva alors des hommes qui instruisirent le peuple et le soutinrent , et leur récompense, marquée au chapitre suivant, consiste en ce qu'i/s brilleront comme les feux du firmament , et qvCils luiront comme des étoiles dans toute l'éternité [Daniel^ Xll, V. 3).

U Ecclésiastiquey ch. L, v, 6, voulant faire l'éloge du grand pontife Simon ^ filsd'Onias, le compare d'abord à l'étoile du matin qui parait au milieu des nuages^ et ensuite à la lune et au soleil. En effet ce grand prêtre n'était-il pas au milieu du peuple, comme avait été autrefois le patriarche Jacob au milieu de sa famille : et parce que ce grand prêtre était animé de l'esprit de zèle , de sainteté et de lumière, il est comparé à la lune dans son plein , et au soleil dans wn éclat. En suivant le même langage , que pourrait-on

dire de Galphe, si ce n'est que c'était un soleil qui avait perdu sa lumière.

Formation de l'ÉgHse au milieu de la décadence de la Synagogue.

Il est temps de passer aux traits qui regardent le peuple nouveau et la race spirituelle d'Abraham. C'est à cette race spirituelle que convient avec plus de justesse le symbole du ciel et des étoiles. La Synagogue, par opposition à l'Église^ n'était que ténèbres. Mais l'état funeste où la Synagogue se trouvait y dans le temps de la venue du Messie , renfermait un accroissement de ténèbres, qui faisait que l'on pouvait dire que la Synagogue tombait de jour en jour dans les ténèbres : c'est ce qui se vérifie par les fausses maximes^ les abus, les fausses opinions et les iniquités qui se multipliaient de jour en jour. C'était , pour se servir de l'expression de l'Écriture, un ciel usé; et sans prétendre borner là le sens des passages que nous allons citer, on pouvait lui appliquer ce qui est dit dans le Psaume CI, v. 27^ que les cietix vieil" liront comme un vêtement, et que le Messie les changera comme on change un manteau. Et àsxïs Isa%e(Ly 9) : Je les vois se consumer comme un vêtement rongé des vers ; et quelques versets plus haut : J''envelopperaiy dit le Seigneur , les deux de ténèbres y et je les couvrirai comme dun sac. C'est le temps que Dieu avait choisi pour renouveler les cieux, ou si l'on veut, pour créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre, en formant l'Église. C'est pourquoi dans le chapitre suivant à^Isaiey Dieu le Père dit au Messie (Ll, V. 16) : nTài mis mes paroles dans votre bouche , et je votis ai mis à couvert sous f ombre de ma main ; afin que vous établissiez les cieux , que vous fondiez la terre y et que vous

disiez à Stan, e'est-à-dire à TÉglise : Vous êtes mon peuple. Ced a on rapport manifeste avec les derniers versets du Psaume CI. Seigneur , vous avez fondé la terre dès le com" menc^ment , et les cietix sont Poudrage de vos mains. Ils périront, mais vous subsistez dans toute f éternité; ils vieil-liront tous comme un vêtement. Vous les changerez comme «A habit dont on se couvre j et ils seront changés; maie pour roas , vous êtes toujours le même y et vos armées ne passe- Tont point.

An milieu des ténèbres qui croissaient de jour en jour dans la Synagc^e, saint Jean-Baptiste parut comme me nouvelle lumière. C'était, selon Jésu&-Christ , une lampe erdente et luisante [S. Jean^ Y, 35). Jésus-Cbrist parut immédiatement après comme un soleil , et ses disciples comme de nouveaujc astres. Mais la manifestation de Jésus- Christ s'étant &ite par degrés , il est représenté d'abord comme une étoile. C'est ainsi qu'il est désigné dans la célèbre prophétie de Balaam. Une étoile sortira de Jacob y uU rejeton s'élèvera d Israël (Nombres^ XXIV, 47). L'étoile que virent les Mages représentait Jésu»- Christ en ànnouçant sa venue. Malachie l'aperçoit sous l'image d'un soleil levant : Le Soleil de justice^ dit le Seigneur dans Malachie [IW^^^ <e lèvera pour vous qui cmignez mon nom, et vous trouviez votre salut sous ses ailes. Zacharie père de saint Jean reconnaît le Messie sous ces traits ; c'est un Soleil qui se lève, et qui vient éclairer ceux qui étaient assis dans les ténèbres de la mort (5. Luc, I, 78).

Jésus-Christ déclare à ses disciples, dans le sermon sur la montagne, qu'ils sont la lumière du monde [S. Matth., V, V. I4j. De là parait avec quelle justesse saint Paul applique aux Apôtres et aux prédicateurs de l'Évangile l'endroit du Psaume XVIII, v. 4, où il semble d'abord qu'il n'est parlé

10 PRfiMlBA SYMBOLE.

que é9ê eieux matériels : Leur voix^ dit le Psaume^ «z reêêfUi par toute la terre , et leur par^ole s'est fait entendre f%êâ^ qu'aux extrémitéé du monde. Si les feux du ciel sont let Ap6tres, selon l'interprétation de saint PaUl, c'est doue Jé« sUs^Ghrist qui sera désigné dans le même Psadme sous l'i^ mage du soleil. C'est de lui dont il est dit : // a établi M tente dans le soleil.... Il sort plein d ardeur p0ut eourir comme un féant dans sa carrière . Il part de {extrémité du cielj et il arrive à l* autre extrémité (v. 6). C'est, encore Je* sus-Christ dont il est parlé dans le YIIP Psaume. C'est lui qui y dans un sens étroit et précis ^ est élevé par-dessus tous les ouvrages qui sont sortis des mtdns de Dieu j qui règne également et sur les cieux matériels^ et sur les saints figurés par les étoiles. Il n'est pas hors-d'œuvre de rappeler ici l'histoire de la Transfiguration, où le visage de Jésus-Christ parut aux yeux de ses disciples brillant comme le soleil (S. Matth., XVU, 2). Le Psaume LXXXVIII, v. 36 annonce ainsi sa gloire c Sa race demeurera éternellement ; et son trône sera étemel en ma présence comme le soleil, comme la lune qui est dans son plein ^ comme tes témoins fidèles placés dans les cieux. Les versets suivants donnent à entendre comment ces choses peuvent compatir avec les obscurcissements dont l'Église -est susceptible. Le même Psaume adressant la parole à celui qui en fait le sujet , lui dit (v. 16) : Seigneur^ le peuple qui sera assez heureux pour vous connaître marchera à la lumière de votre visage: c'est ainsi que les hommes marchent à la lumière du soleil matériel. Et au verset 12 : Les cieux sont à vous, ^t la terre vous appartient : vous avez fondé l'univers avec tout ce qu'il contient. On peut remarquer le rapport de ces passages avec ceux d'Isaïe qu'on vient d'entendre.

Saint Paul compare la lumière de l'I^vangile qui corn-

LE CVU» KT Um AfTILES. H

■Mfait à ae rdpiuidire dent le mwidey à la luinière que Dieu afiit créée au comtlieDoemeQt du monde. Le mime ûieu^ dit-il (II. Cor., lY^ 6), quia tommtmdé fue ta lumière mriit été iénèbrte , est celui qui a faii luire ea tlmrté dans me cœurs, afin que nous puissions éclairer les hemmes par ktmmaissmnce tie la gloire 4e Oieu, selon ^' elle parait en têem-Chtisi.

DuM TAj^ocalypee, lee évéqued sont représentés |iar le sfBbele des éloilee. Im $epi étoiles que Jé§utf-Ghrist tient éiBS WÊL main sont les sept Anges ou les sept é vaques des upt Éf lises {Apoe^ > I| âO). La multitude d^s évèques répHidus par tout le monde est donc une multitude d'étoiles ( et il en est ainsi A proportion des mmistres inférieurs et Béme des simples fidèles^

Noms avons réservé exprés un endroit de Jérémie qui ne peut avoir d'ap^oation à ce qui s'est passé pendant la dirée de la Synagoguey si ce n'est dans un sens imparfait et qui parait forcée mais qui convient très-bien aux cbrébeas qui sont la postérité de Jésus-Christ> le vrai David, et aux lé viles, c'est-à-dire aux ministres de la nouvelle loi. Cemme on ne peut compter les étoiles y dit le Seigneur l/ér.y XXXIII, 22)y ni mesurer le sable de la mer; ainsi Je multiplierai la race de mon serviteur David, et les lévites fui sont mes ministres. Cette promesse est accompagnée d'assurances par rapport A une durée indéfectible, qui nous ont fait dire qu'elle ne pouvait s'appliquer que très-impar-faitement à la Synagogue.

Saint Paul en parlant non-seulement au clergé de Philippes, mais aussi aux simples fidèles, leur dit : Vous bril- /ei, au miHeu cTune nation dépravée et corrompue j comme des astres dans le monde (Philip. ^ II, 15). C'est donc avec vérité que l'on peut remarquer que les nouveaux cieux

que le Messie était venu substituer à la place des anciens étaient déjà tout formés lorsque saint Paul écrivait ces pa^ rôles ; cependant les ténèbres dont ces anciens cieux, c^està-dire la Synagogue, étaient couverts, s'épaississaient de plus en plus.

Il n'y a personne qui ne remarque que dans les discours que Jésus-Christ tint à ses disciples sur les malheurs qui devaient arriver, il mêle ce qui regarde la destruction de Jérusalem avec ce qui a rapport à la fin du monde ; et souvent il a exprimé par les mêmes paroles des choses qui regardaient deux temps et deux événements si éloignés les uns des autres. Si donc on ne perd point de vue l'analogie que nous développons, il sera très-facile, sans préjudice des autres sens, d'appliquer aux temps qui ont précédé on suivi de près la prise de Jérusalem, ce que dit Jésus-Christ (S. Luc y XXI, 25) : // y aura des signes dans le soleil j dans la lune, et dans les étoiles. Et, [S. Matth.y XXIV, 29): Le soleil s^obscurciray et la lune ne donnera plus de lumière; les étoiles tomberont du ciely et les puissances des cieux seront ébranlées.

Cette même analogie fournira un sens très-naturel aux paroles de Joél citées par saint Pierre dans le II« chapitre des Actes y et un sens applicable à ce temps-là : Je répan^ drai monEsprit sur mes serviteurs et sur mes servantes. . . Le soleil sera changé en ténèbres et la lune en sang {Actes y II, V. 18, 20). Ce qui signifie que lorsque le Saint-Esprit devait être répandu sur les premiers fidèles, la Synagogue, comparée tant de fois au soleil, à la lune et aux étoiles, serait couverte de ténèbres. Jérémie voyait le peuple d'Israël dans cet état funeste lorsqu'il s'écrie [Lament.y II, v. 1) : Comment le Seigneur a-t-il couvert de ténèbres dans sa fureur la fille de Sion? Comment a-t-il fait tomber du

M ffè terre la fille <V Israël qui était si éclatantej et ne iesi'il point souvenu au jour de sa fureur de celle où il mtait mis son marchepied ? Cette expression : la fille d^Is^ reëiesi tombée du ciel en terre, est remarquable et peut ser- Tir à eu éclaircir d'autres semblables qui se rencontrent dans les passages que nous rapportons.

Od entendra maintenant avee facilité ce que Zacharie a voolii dire en entremêlant dans une prophétie où il est cérlÛDement parlé de la venue du Messie^ de sa mort/ de son tseension, etc., ces paroles du chapitre XIY, v. 6 : En ce temp^-là on ne verra point de lumière. Et au verset suivant : // y aura un jour connu du Seigneur, qui ne sera ni jour ni nuit; et sur le soir de ce jour la lumière parai-ira. C'est ainsi que nous est représenté l'étrange obscurcissement de la vérité qui arriva dans le temps de la mort de Jésus-Christ. Les ténèbres sensibles qui parurent à la mort de Jésus-Christ étaient l'image de la même chose. Mais la hmiière de la résurrection, et ensuite celle qui résulta de la formation de l'Église par l'effusion du Saint-Esprit, perça promptement ces ténèbres : Et sur le soir de ce jour la lumiére paraîtra.

Que si l'on voulait, sur le modèle de toutes ces expressions de l'Écriture^ raconter en langage figuré le sort des Juifs rejetés parce qu'ils avaient rejeté le Messie, que pourrait-on dire autre chose, sinon que Dieu a exercé sa justice sur les étoiles, qu'il les a amassées et liées ensemble, qu'il les a précipitées, qu'il les tient comme dans une étroite prison. Mais parce qu'on sait que les Juifs se convertiront an jour, on serait obligé d'ajouter que Dieu se soûviendi*a d'eux longtemps après : qu'ainsi il faut distinguer deux visi- Jtes à Végard de ces étoiles, une première de colère et une autre de miséricorde qui suivra longtemps après ; et c'est

14 FREMIBR STMBOLK.

furéoisément ee qae dit Isale> ehapitre X^V, v. SI etSS 3 ^ En ee iemps'là h Seigneur viniera dam la oolère ie& àrméeê > ^en haut qui simi sur les deux, ei les rois du monde qui ' sont sur la terre ; et les ayant ramassés et liés ensemble ^ e^mme un faisceau de boiSj il les jettera dans le lac (ou dans Tétang) où il les tiendra en prison ; eê il les visitera longtemps après. Et dans quel temps la première visite arriverait-elle? Dans le temps de la ?eiioe du Messie, Ce qae le Prophète ajoute le marqae dairement dans les paroles qai suivent : La lune^ dit-41| rougira^ et le soleil sera tout oish cuvci, lorsque le Seigneur des armées aura établi son régne sur la montagne de Sion et dans Jérysalem^ et quHl aura signalé sa gloire devant les ancieiu de son peuple. Ne poup* raii-on point penser que Job aurait eu en vue quelque ehose de semblable à œ qui est prédit par IsaXe sous le symbole des étoiles enfermées dans un lae, lorsqu'il dit de Dieu ; C'est lui qui commande au soleil, et le soleil ne se lève point ; et qui tient les étoiles enfermées comme sous k sceau [Jobf IX, 7).

Malheurs et obscurcissements qui ont suivi la naissance de TË^Iise. Nonobstant ces malheurs, l*ÉgIise parait dans sa plénitude.

Si Ton compare 1 -^tat de TÉglise depuis la venue de ié^ sus-Christ avec eelui de la Synagogue, on reconnaîtra que par la substitution de Tune à Tautre s'est accompli cet endroit dlsale, (XXX, 96) : La lumière de la lune deviendra comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera sept fois plus grande^ comme serait la lumière de sept jours etisemble , lorsque le Seigneur aura bandé ta plaie de son peuple y etquil aura guéri la blessure qu il avait reçue.

LE CIEL ET LES ASTRES. iS

Ccft pourquoi on applique avec raison à TÉglise le cha* pitre LX da même Prophète, versets f et suiv. ? Levesr MHS, Jérusalem^ reeeveM la lumière; car voilà que votre lu" mihe e$i venue j et que la gloire du Seigneur s^est levée mr vous. Les ténèbres^ il est vraiy couvriront la terre et une «Ml eomire enveloppera les peuples; mais le Seigneur se Heerm sur vauSy et ton verra sa gloire éelater au milieu de TOUS. Les nations marcheront à la faveur de votre lumière^ et ks rois à I0 splendeur gui se lèvera stêr vous.

Od & dono va dans le monde depuis la formation de rÉçlise ces nouveaux cieux dont parle Isale, ohapltre LXV^ T. IT : Je nCen vais créer de nouveaux cieux et une terre mmvelle. Cependant cela n'empéehe pas qu'il ne soit de* flMuré des ténèbres sur la terre ; et dans PÉglise même il arrive des obscurcissements qui font tomber des étoiles et leur font perdre la lumière. Il y avait dès le teinps de saint Jade de ces astres malheureux qui ne conservaient pas le nng d'honneur qui leur avait été destiné; ils étaient \% lionte et le déshonneur des festins de charité que les ohré^ tiens faisaient entre eux. Saint Jude, v. 13, les appelle des étoiles errantes^ auxquelles une tempête noire et ténébreuse «/ réservée pour f éternité. Chaque hérétique, chaque séducteur qui s^est élevé contre la vérité, soit dans la commu* nioD extérieure de TËglise, soit hors de sa communion, est OD de ces astres errants. Gérinthe et Ebion, Novat, Donat, ihus, Photin et tous les autres semblables sont des étoiles, oaqui avaient perdu la lumière, ou à qui il ne restait plus qu'une lumière trompeuse. Lorsque ces docteurs d'erreurs ont entraîné avec eux des diocèses et des provinces, en un mot des portions considérables de TËglise, ce sont autant de portions des cieux qui se sont obscurcies. C'est un certain nombre d'étoiles que Satan a entraînées et a fait tom-

16 PREMIER STMROLE.

ber 4ucial. Mais si les scandales ont été de telle nature que plusieurs même d'entre les fidèles qui sont demeurés dans la communion de TÉglise aient été induits en erreur, ou que la connaissance de certaines vérités leur ait été soustraite, aloES^on pourra dire que les étoiles, sans chamger de place, cutt'pesâu une .partie de leur lumière. En un mot, on conçoit qu'ilserait aisé de faire Thistoire de TÉglise, depuis les Apôtres jusqu'à nous, en se servant de ces symboles.

L'Apocalypse, dont le caractère est d'appliquer à des événements quidevaient suivre la venue de Jésus-Christ un très-grand nombre de prophéties contenues dans les anciens Prophètes, prédit plusieurs événements sous ces symboles. ^SainlJean voit dans le YP chapitre^ v. 12 et 13, le soleil devenirnoiT' comme. un sac de poil; la lune devint comme dui8anff)^^^'les étoiles du ciel tombèrent sur la terre^ comme lorsque le figuier étant agité par un grand vent laisse tomber ses figues vertes. Le ciel se retira comme un livre que ton roule. On ne doit pas être surpris de voir ici les deux comparés à un livre : en effet, cela exprime-t-il autre chose que ce qui est dit dans le XYIII^ Psaume^ que les deux annoncent la gloire de Dieu de toutes parts; c'est un livre où tout le monde peut lire. Ceci a rapport à l'ouverture du sixième seeau^ Saint Jean parle ensuite des sept trompettes, et entre dans un plus grand détail des malheurs qu'il avait d'abord envisagés d'une vue plus générale. Il entremêle diverses figures pour prédire ces malheurs. Le troisième malheur est ainsi décrit {Apoc, VIII, 10) : Le troisième Ange sonna de la trompe t te ^ et une grande étoile ardente comme un /lambeau tomba du ciel sur la troisième partie des fleuves et sur les sources des eaux, etc. Ufi grand nombre d hommes mourut pour avoir bu de ces eaux devenues amères par la chute de rétoilc.

LE aSL ET LES ASTRES. 17

An son de la quatrième trompette, ce ne sont point les étoiles qui tombent, mais le soleil, la lune et les étoiles ayant été frappes dans leur troisième partie^ la troisième partie de tous ces astres fut obscurcie^ et le jour fut privé de la troisième partie de sa lumière^ et 'la nuit de même.

Lorsque le cinquième Ange sonna de la trompette, saint Jean vit une étoile qui était tombée du ciel sur la terre; la clef du puits de F abîme lui fut donnée y elle l ouvrit, et il s'éleva du puits une fumée semblable à celle (Tune grande fournaise; le soleil et F air en furent obscurcis. Ensuite U sortit de la fumée du puits des sauterelles qui se répandirent sur la terre.

Dans le chapitre XII, v. 4, saint Jean voit le grand dragon, Tancien serpent, qui entraine avec sa queue la troisième partie des étoiles du ciel, et les fait tomber sur la terre i

Au milieu de tous ces obscurcissements et de ces altérations arrivés dans lescieux, saint Jean voit un prodige dans le âel, une femme revêtue du soleil, qui avait la lune sous ses piedsy et une couronne de douze étoiles sur sa tête. ■Apoc.y XII, i.) M. Bossuet a observé la ressembJance de cette image avec le songe du patriarche Joseph, et il ne doute point que cette vision ne représente ici l'Église dans un grand éclat. C'est pourquoi dans le sens qu'il suit en interprétant l'Apocalypse, il dit que c'est l'Église victorieuse du paganisme, telle à peu près qu'elle parut au temps de Constantin. Si Dieu doit un jour rappeler les Juifs, et consoler et enrichir l'Eglise par leur retour, on ne peut disconvenir que cette image ne soit très-propre à représenter l'Église telle qu'elle sera alors. Je ne suivrai pas ici les rapports que cette femme mystérieuse peut avoir par d'autres circonstances avec d'autres endroits de l'Ecriture.

18 PREMIER STMROLE.

Cependant saint Jean continue à peindre par diverses images le règne de Jésus-Christ, la vicloire de ses saints et les plaies dont la grande Babylone fut frappée, elle et son royaume. On observe une différence entre ces plaies et les malheurs qui suivaient le son des trompettes ; c'est que les malheurs annoncés par les trompettes n'étaient que partiels, au lieu que ces dernières plaies se font remarquer par leur universalité ; elles tombent sur Babylone, sans qu'il paraisse rien d'épargné. Par exemple, on a vu au son de la quatrième trompette, le soleil, la lune et les étoiles perdre seulement la troisième partie de leur lumière ; au lieu que lorsque le cinquième Ange, au chapitre XVI, ré[»nd sa coupe sur le trône de la bète, son royaume devient ténébreux, sans qu'on parle d'aucune partie de ce royaume où la lumière soit conservée.

Suite du même sujet.

' Les prophéties que nous venons de remarquer dans l'Apocalypse autorisent à croire que divers traits semblables, qui se trouvent dans les anciens Prophètes, ont leur application aux temps postérieurs à l'avènement du Messie. Pourquoi ne penserait-on pas, surtout si Ton en avait d'ailleurs des fondements solides, que ce qui est dit dans Joël d'un obscurcissement causé par une armée de sauterelles a rapport à l'événement prédit dans l'Apocalypse sous le même symbole des sauterelles? Celles de l'Apocalypse parurent, et le soleil et r air en furent obscurcis. Le jour que paraissent celles de Joël est un jour de ténèbres^ un jour de nuages et de tempêtes [Joël, II, 2). La terre y est-il dit, V, 10, tremblera devant ces sauterelles ^ les deux seront

Skranlésy le soleil et la lune siéront obscurcis^ et les étoiles retireront leur lumière. Nous avons déjà appliqué ce qui est dit de robscurcissement du soleil > de la lune et des étoiles dans le chapitre suivant du même Prophète, à Tobscoreissement arrivé parmi les Smts au temps de la formation de FEglise ; et, en faisant cette application^ nous avons été conduits par saint Pierre. Mais si l'on prend la peine de comparer tout cet endroit de Joél avec la fin du XIY* chapitre de r Apocalypse, et les versets 8 et 10 du XYP chapitre, on reconnaîtra que PApocalypse £L renouvelé la prophétie de Joél, et nous a appris qu'elle devait avoir un second accomplissement.

N'en serait-il point de même des deux passages suivants, l'un d^AmoSj ch. VIII, y. 9 : En cejour^là le soleil se couchera en plein midij et je couvrirai la terre de ténèbres lots^i elle devrait être pleine de lumière; ou bien à la lettre, au Jour de la lumière. L'autre passage est de Michée, ch. III, V. 6 : Vous n^ aurez pour vision qu^une nuit sombre, et pour révélation que des ténèbres. Le soleil sera sans lumière à F égard de ces prophètes^ et le jour deviendra pour tux une obscurité profonde.

Les maux de la Judée et de Jérusalem, telle qu'était celte Tille du temps de Jérémie, étaient-ils le seul objet présent aux yeux de ce prophète, lorsqu'il comparait son état au chaos dont il est parlé au P' chapitre de la GenèsCj ce qui se reconnaît par les termes de l'hébreu : Ils n ont point y dit Jérémie, ch. IV, v. 22, d* intelligence pour faire le bien, fat regardé la terre, et je n'y ai trouvé qu un vide et qu\in néant. J' ai considéré les deux, et ils étaient sans lumière... La terre fondra en larmes, et les deux se couvriront de deuil (v. 28).

U iaadrail sAToir ce que les Prophètes ont voulu figurer

par Babylone et son roi, par le roi d'Egypte et par l'Idnmée, pour fixer le sens des endroits que nous allons rapporter. Nous laissons au lecteur à en faire la comparaison, soit avec les passages de TApocalypse, soit avec ceux que rÉcriture elle-même nous a expliqués. Isale, dès son XIIP chapitre, prédit la ruine de Babylone, et voici quelquesunes des images qu'il emploie; v. 10 : Les étoiles et les astres du ciel ne répandront pltts leur lumière : le soleil à son lever se couvrira de ténèbres, et la lune n'éclairera plus. Et au V.13 : J^ ébranlerai le cielj et la terre sortira de sa p/ûce. Voici les paroles qu'il adresse au prince de Babylone, au chapitre suivant, v. 12 : Comment es-tu tombé du ciel y Lucifer qui paraissais si brillant au point du jour.., toi qui disais en ton coeur : Je monterai au ciely f établirai mon trône au-dessus des astres de Dieu , je m'assiérai sur la montagne de l'alliance^ etc. Voici ce que dit le Seigneur dans Jérémie, ch. LI, v. 53 : Quand Babylone serait montée jusqu'aux deux y et qu'elle aurait affermi son trône sur les lieux les plus élevés, je lui enverrais néanmoins des gens qui la renverseraient par terre.

Lorsqu'Ézéchiel annonce la] destruction du roi d'Egypte, voici ce que le Seigneur dit à ce prince, ch. XXXII, v. 7 : T'obscurcirai le ciel à votre mort, et je ferai noircir ses étoiles. Je couvrirai le soleil d'une nuée, et la lune ne répandra plus sa lumière. Pour peu que l'on ait d'idée de la justesse et de l'exactitude de l'Écriture sainte, on se convaincra aisément que les malheurs de Pharaon et la ruine temporelle de l'Egypte ne sont pas l'unique objet qu'elle ait en vue lorsqu'elle emploie de pareilles expressions.

Venons à ce qui est dit au chapitre XXXlVd'Isaïe. Après avoir annoncé un grand carnage des nations : Toutes l^s

éioiies du ciel y dit leProphèie^ v. 4, seront comme latiguissantés; les cieux se plieront et se rouleront comme un livre; tous les astres en tomberont comme les feuilles tombent de la vigne et du figuier. Isaïe applique aussitôt cette prophétie à ridumée : Car mon épée (c^est le Seigneur qui parle) s'est enivrée de sang dans le ciel; elle va se décharger sur ridumée. H est bon en premier lieu de se souvenir que les Iduméens, descendants d'Ésaû, sont un peuple qui porte singulièrement le caractère de rival du peuple d'Israd. En second lieu, si les Iduméens sont des étoiles, si Tépée du Seigneur s'est enivrée de carnage dans le ciel en les mettant à mort, on ne verra peut-être qu'avec quelque étonnement une nouvelle image que le Prophète met en ceavre aussitôt après j y. S: Le jour de la vengeance du Seigneur est venu, et le temps de faire justice à Sion. Les torrents d'£dom se changeront en poix, la poiLSsière s'y changera en soufre , et sa terre deviendra une poix brûlante. Son feu ne s'éteindra ni le jour ni la nuit^ sa fumée ^élèvera jusque dans Véternité; c'est-à*dire que toute ridumée se changerait en un étang de feu et de soufre. Ainsi le Prophète présente ici trois idées : l^* un ciel détruit ; 2* Sion favorablement traitée ; 3"* les ennemis de Sion engloutis dans un étang de feu et de soufre.

Dans rApocalypse on voit dans tous les endroits que nous avons cités : 1*" un ciel détruit ; 2° on voit, ch. XIV, TAgneau sur la montagne de Sion avec ses saints qui chantent le cantique nouveau^ et, comme il est dit au ch. XY, le cantique de Moïse et de P Agneau; 3^ dans les ch. XI Y, XIX et XX, un étang de feu et de soufre où sont jetés la bête sur qui avait été assise la grande Babylone, avec elle le faux prophète, ensuite le diable et généralement tous les méchants. U Apocalypse dit, ch. XIY, v. H, que la fumée

des tourments que Ton souffrira dans cet étang de feu s'élèvera jusque dans les siècles des siècles ; ce qui est coaforme à l'expression d'Isaïe.

Je me souviens d'avoir fait dans Tarticle II de cet écrit une application de certains versets du L* chapitre d'Isaïe au temps où le Messie est venu sur la terre. Mais comme îl parait par le commencement du même chapitre qu'il doit aussi, en suivant un second sens, être appliqué au temps de la conversion des Juifs, nous ferons ressouvenir ici de ce verset où il est parlé d'un ciel obscurci : J^ envelopperai les deux de ténèbres^ et je les couvrirai comme dun sac (IsalCj L, 3). Ce second sens, selon la méthode ordinaire de l'Écriture, doit, comme on le sait, être dirigé parle premier. Ce sont ces sens que l'on peut appeler parallèles, parce qu'ils se suivent, et que bien loin de s'entre-détruire ils se soutiennent et s'éclaircissent réciproquement.

Église du cieK

La race d'Abraham est figurée par les étoiles. Mais Abraham a deux races, Tune purement charnelle et l'autre spi-^ rituelle. Aussi avons-nous vu que l'Écriture fait un double usage de ces symboles par rapport àr Tune et à l'autre de ces deux races. La Synagogue était un ciel orné d'étoiles en comparaison des nations idolâtres : l'Église est un ciel en comparaison de la Synagogue. Or l'Église peut être considérée en deux situations différentes, savoir telle qu'elle est sur la terre, et telle qu'elle sera dans la gloire. L'Écriture s'est encore servie des symboles du soleil et des étoiles pour nous représenter l'Église glorieuse dans le ciel. Daniel nous a déjà fourni un passage où il dit, cb. XII, v. 3, qu'après

la résurrection, ceux qui auront soutenu et éclairé les autres dans les grandes tentations de cette vie luiront comme des étoiles dans toute F éternité. Il est évident que ce passage ne peut avoir de sens parfait que par rapport à l'autre vie. C'est ainsi que Jésus-Christ déclare dans saint Matthieu , ch. XUIy V. 43, que les justes brilleront comme le soleU dans le royaume de leur Père. Le soleil^ dit saint Paul (I Cor.j XY, 41), a son éclat y la lune a le sien et les étoiles ont le leur; et entre les étoiles Pune est plus éclatante que f autre. Il en arrivera de même dans la résurrection des morts.

Lortqoe saint Jean voit, dans l'Apocalypse, la nouvelle Jérosalem, qui n'est autre que l'Église dans la gloire, il voit d'abord de nouveaux cieux et une nouvelle terre. La ville sainte était environnée de la clarté de Dieu, et f astre qui (éclairait (Apoc., XXI, 11) était semblable à une pierre précieusej à une pierre de jaspe, transparente comme du cristal. Cela n'empêche pas qu'il ne soit dit (ch. XXII, v. 5) ; // n'y aura plus là de nuit ; et ils n^ auront point besoin de lampe, ni de la lumière du soleil, parce que c^est le Seigneur Dieu qui les éclairera, et ils régneront dans les siècles des siècles.

Nous ne dirons rien ici des Anges, quoiqu'il y ait un très* légitime fondement de croire que l'Écriture les ait souvent désignés sous l'image des astres et des étoiles^ comme au livre de Job (ch. XXXYIII, v. 7), où Dieu dit que les astres du matin prononçaient ses louanges lorsqu'il posait les fondements du monde, et qu'alors tous les enfants de Dieu témoignaient leur allégresse.

Récapitula lion des articles précédents.

Si Ton considère maintenant d'un coup d'œil la snite des événements qui viennent d'être successivement i*eprésentéSy on apercevra une histoire suivie de la religion. Les divers passages, à mesure que l'on sait les placer dans leur place véritable, forment une parabole étendue qui s'explique d'elle-même. Jacob est un soleil, ses enfants sont des étoiles. Ces étoiles se multiplient sous Josué ; sous David, c'est un ciel complet. Ce ciel souifre des altérations. Il est presque entièrement détruit au temps de la captivité de Babylone, et ensuite rétabli. Une bête furieuse^ dans la personne d'Anliochus, attaque les étoiles, en fait tomber du ciel, les foule aux pieds. La nation est rétablie dans un état plus tranquille. Ce ciel était un livre qui annonçait aux hommes la gloire de Dieu ; mais il perd peu à peu sa lumière, il vieillit, et est roulé comme un livre. Mais avant que ce funeste événement soit consommé, Jésus-Christ parait d'abord comme une étoile , ensuite comme un soleil. Ses disciples sont des astres. Les premiers cieux se sont usés comme un vêtement; il en succède d'autres incomparablement plus brillants, qui sont l'ouvrage des mains du Fils de Dieu. Mais ces cieux ne sont pas inaltérables dans toutes et chacune de leurs parties; Dieu permet qu'ils éprouvent certains obscurcissements. Cependant Jésus-Christ veille à la conservation de son ouvrage. Après une suite de malheurs, il fait paraître l'Eglise, que lui-même éclaire de sa lumière, avec une couronne d'étoiles dont le nombre est complet. Divers événements s'accomplissent. Enfin le temps marqué pour juger le monde arrive ; et alors s'accomplit dans son dernier sens

ce que Jésus-Christ a dît de la chute des étoiles et de Tobscurcissement de la lune et du soleil. Jésus-Christ descend du ciel : le monde finit, l'éternité succède. < Là les saints, oHume autant d'astres brillants y forment un ciel qui n'éprouvera jamais ni retranohement ni altération.

Od pourrait joindre ici quelques passages où les étoiles désignent asseat clairement les justes ou tes élus, comme au ch. XL dVsoie, v. 126; et dans Baruch^ ch. III, v. 33. Le Seigneur j dit ce Prophète , envoie la lumière ^ et elle part missitôi; il P appelle y et elle lui obéit avec tremblement. Les étoiles ont répandu leur lumière chacune en sa place, et elles ont été dans la joie. Dieu les a appelées y et elles ont dit : Nous voici; et elles ont pris plaisir à luire pour celui fuiles a créées. U était juste, après avoir représenté le peuple de Dieu comme un ciel et comme une multitude d'étoiles, que rÉcriture rendit gloire à Dieu , en annonçant que c'est ki qui forme ce ciel, qui lui communique sa beauté et qui le goaveme en souverain.

Nous ne dirons rien de l'idolâtrie que Dieu reproche si souvent à son peuple par la bouche de ses Prophètes , qui oonsîslaii à transporter au soleil , à la lune et aux étoiles le culte qui n'était dû qu'à Dieu , non plus que du sens figuré que l'on y pourrait chercher.

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