L-rand concours de peuples à Jérusalem ; jamais on n'y
compta un plus grand nombre de victimes; le culte de Dieu
ne se célébra jamais avec plus d'éclat.
Quel est donc le péché que vous avez commis alors? Quelle est donc la prévarication qui a attiré sur vous Tac* complissement des menaces de Moïse dans toute leur étendue? Les malheurs que vous avez éprouvés surpassent de beaucoup ceux que vous éprouvâtes pendant la captivité de B ibylone ; il faut donc que votre péché ait été incomparablement plus grand; il Tant que toute la nation ait été en-
veloppée dans la prévarication, car toute la nation a été punie ; il faut que cette prévarication ait été plus spirituelle que celle qui vous fit transporter à Babylone, car vous n'avez pas cessé un moment d'adorer le Dieu créateur du ciel et de la terre.
Quel serait donc ce péché, plus grand que tous les autres, puisque tous les châtiments prédits ont été épuisés pour le punir ? plus universel, puisqu'il n'y a point eu d'exception dans le châtiment, ni de consolation semblable à celle que Dieu ménagea pendant la première captivité? plus spirituel, puisque l'adoration d'un seul Dieu ne lui est pas incompatible ? Quel serait ce péché, si ce n'est celui dont les Chrétiens accusent les Juifs ?
S'ils n'avaient pas rej e té le Messie, leurs malheurs auraient eu des bornes ; mais aujourd'hui que l'on voit par expérience que la malédiction demeure sur eux depuis tant de siècles, qu'ils sont dispersés, selon les expressions de Moïse, depuis une extrémité de la terre jusqu'à Fautre^ qu'ils sont devenus comme le jouet et la fable de tous les peuples où le Seigneur les a conduits ; maintenant que l'on voit l'accomplissement rigoureux de cette parole : Comme le Seigneur avait pris plaisir auparavant à vous combler de biens et à vous faire croître déplus en plus y ainsi il pren-^ dra plaisir à vous perdre, à vous détruire et à vous exterminer de la terre où il vous avait introduits ; maintenant que l'on aperçoit la proportion que Dieu a mise entre leurs derniers malheurs et leurs anciennes prospérités, et que l'on reconnaît que les siècles de malédiction égalent en nombre ceux de bénédiction; maintenant, dis-je, que l'on est en état d'envisager dans sa longue durée cette malédiction qui devait passer sur eux de race en race comme une marque étonnante de la colère de Dieu, peut-on s'empêcher
de reconnaître à toutes ces marques l'épouse adultère deveme UD objet de malédiction et un exemple pour tous les peuples du monde?
C'est ainsiy diiV Ecclésiastique (XXIII, 32), que sera iraiiée réponse qui abandonne son époux légitime y et qui cherche à perpétuer sa postérité en s' abandonnaiit à un kranyer ;... on ramènera au milieu de Rassemblée, et on prononcera sur le sort de ses enfants. Ses enfants ne jette^ ront point de racine^ et les branches qui sortiront d'elle ne donneront point de fruit. Elle laissera sa mémoire en malédiction, et son opprobre ne s'effacera point.
Voilà le sort de la Synagogue adultère. Les jugements
qui ont été exercés contre elle ont été la gloire de TÉglise.
La première Église de Jérusalem Ta vu ^ et elle a reconnu
qa^il n^y avait rien de meilleur que de s'attacher à Dieu et
de mépriser lu gloire passagère qui vient des hommes : Et
ceux qui viendront après reconnaîtront qu'il ri y a rien de
plus avantageux, que de craindre Dieu^ et rien de plus doux
que de n'avoir égard qu^aux commandements du Seigneur.
Cest une grande gloire que de suivre le Seigneur [Ibid,,