‹ Histoire de la Religion représentée dans l'Écriture Sainte sous divers symbolesChapitre 28 sur 42 · chapitre XXyiJI, où il venait de prophétiser la venue d · texte numérisé non relu

chapitre XXyiJI, où il venait de prophétiser la venue d

Messie souS le symbole de la pierre qui dei'ait être plaorf

pour i'ondemeqt de Sion. Ainsi^ il sijiit 1^ parabole qu il aiy^jl

commencée, iorsqu*ndres$ant la parole aux incrédules, il

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leur dit (v. 21) : Le Scianeur va s'éleier.contre vous,t..,U va se mettre en, colère, comme il s'a mit en lu vallée ( haon\ et il fera son œuvre, vne fjnuvre bien ^^oiffnée ( il fera son œuvre, et il ayira fFune maiiière guiestétrûf^ gère à sa bonté. Cette œuvre n'est atitre que la tranl^latioii de la religion d'un peuple à un autre peuple, comme on H reconnaît par le verset qui suit. C est, dans Iesen;squ€tnQ«3 suivons maintenant, la vocation des Gentils et la rép^jONM

ion des Juifs. Un peuple est écrasé^ coïnme le (îjit 1 anp^ des Chananéens, lorsque la religion lui est enlevée.

Avant d'entrer dans le détail de ce qui regarde l'établis sèment de l'Eglise, formée d'abord d'un reste de Juifs c ensuite de Gentils, poursuivons ce qui regarde la réproba tion des Juifs. Saint Paul en rapporte la cause 4J'a.veugle meut qui leur a fait méconnaître la véritable voie cj[ui mèn à la justice (Rom., IX, 31) : Les Israélites qui recherchaien la loi de la justice ne sont point parvenus à la lof de l justice. Et pourquoi? parce qu'ils ne font point recherché

par la foiy mais comme s'ils eussent pu y parvenir par U œuvres de la loi. Ainsi ils se sont heurtés contre la pierr d'achoppement , selon qu'ail est écrit : Je vais mettre ei Sion la jrierre d^ achoppement y la pierre de scandale; € fous ceux qui croiront en lui ne seront point confondue

HERRËSy ÊbiHcEÎ^, Wp:'KRr.s t^n^xiKiîsKs. 317

Ces «i àonà pas sîmpïeineni le Messie qu'il s'agit de rece^ mrd'dne manière vague, cVst le Messie comme aiîtéur'el èÉîoQteur de la justicie : quiconque ne le reçoit point soùs R earactère sera confondu ; quiconque ne règle poinf les ffâtiments de son cœur sur là vraie doctrine de^lîi'grkce, se Inse contre là pierre, où bien est écrasé par la pierre.' Lès Juifs réprouves ne sont pas tellènient représentes clans nScritui^ comme 'des hommes vivants prêts à être écrases p la chute dés pierre^, qu'ils ne soient aussi repr(^sentés «is lé symbole des pierres; alors, c'est un édifice de râa- Ûicfion que la main de Dieu détruit. Le verset S du hmme XXVIt s^accomplit sur eux : Donnez-leur la ricom nseqni leur est due : parce quHh ne sont point entrésdans I fmtfîltgencè dèslouvragès dti Seigneur et des œiivres de ses ' 9»insl vous les 'detruirezy et vous cesserez d^en "construire tiuficè. En ettel,'c*ést tout Israël, représenté sôus l'image le deqx maisons,' qiîî a été se heurter oonlretà pierre angulaire, ïl sera une pierre d'achopjpement j une pierre de %nw{ale pqitr )es deux maisons d'Israël \fsafe, VlII, 11). I Michée, eri prédisant les malheurs de sa nation, n^innonaîtjias seulement les nialîîcurs du temps do Nabuchodonow. niais aussi ceux qu'elle'devail éprouver au temps de la 'wue du Messie (ch. IFI, V. 12) : S ion sera labourée comme ^rlintup; Jt^rusalemsera réduite en un monceau de pierres: ^k montagne où le temple est bdtiy deviendra une forêt. hoiédiatement après ces paroles suit une prédiction Irès- ^i^" (le la formation de Pt^glise.

Hichée avait annoncé la ruine de Samarie à peu près de la •toe sorte (ch. 1 , v. fi) : Je rendrai Samariey dit le Seigneur, ^ifne un monceau de pierres, gu'on met dans un champ l^te Fou plante une vigne ; je ferai rouler ses pierres i^iula l'allée ^ et fen dérouvrirni les fondements, Jt-svis-

318 ^MATRIÈME SYMBOLK.

Gbrist pf^dit, de la ville de Jérusalem et dà temple n'y demeurerait pas pierre sur pierre {S, Marc^ XI Gela s^est accompli à la letlre ; et ce qui s*est fait sék ment n'a été que l'ombre de la désolation spirituelle.

Jérusalem et toute la nation ont été traitées eommedc sons attaquées de lèpre depuis longtemps, et convAii après plusieurs épreuves et plusieurs délais, d*urie enracinée et incurable. Elle sera détruite^ est-il dit, é. lantd*une telle maison(Z6c;i7/(/f^e,XrV,45]: Lorsque c*t lèpre enracinée y et que la maison est impure; elle «èi truite aussitôt j et on en jettera les pierres y le bois, té terre et la poussière hors de la ville dons uri lieu iV Celui qui entrera dam cette maison lorsqu'elle a étif par le prêtre, sera impur jusqu^au soir, etc« Si, au conl la lèpre n'était pas invétérée et incurable, on se conl d'arracher les pierres infectées de lèpre, on les jetail de la ville dans un lieu impur; on remettait d'autres p A la place de celles qu'on avait Aiées, et l'on crépissi nouveau la maison. Nous «ivons rapporté plus baut c Dieudità Amosaumilieu d'une vision mystérieuse, qu se servirait plus à fa tenir de la truelle parmi sonf d^ Israël, et qu^il n'en crépirait plus les murailles (ch V. 8); c'est-à-dire, quisraol était alors frappé d'une incurable. Cette prophétie a eu son accomplissemen autrement parfait, au temps de la prédication de l'Éva lorsque la nation a été réprouvée, qu'au temps de l persion des dix Tribus.

Dieu s'est servi de la même image, non plus pour ma le jugement qu'il exerçait lui-même, mais pour exprin négligence des prophètes, c'est-à-dire des docteurs i conducteurs qui trompaient son peuple en flattant sei sions iÉzéchiel, XIII, 10) : Ils ont séduit mon peuple (

PIEKRES, ÉDIFICES, l»l£RHES HR^.CIECSKS. 319

^nçuiii tapnix lorsqu^ilny avait point de paix; lor$qu€ \ peuple bàti^mit une mumille, ils Pont enduite avec de ttue seule^ sam y mêler de la paille. Dites à ceux qui 'iseni la muraille sans y rien mêler gabelle tombera, e qwCil viendra une forte pluie, que je ferai tomber de es pierres qui l'accableront, et souffler un vent impétueux a renvei'sera par teire. Et quand on verra que lamu-

* sera iumbée, îw vous dira-t-on pa^ alors : Où est fei^ dont vous Pavez enduite ? C'est pourquoi voici ce que

? Seigneur notre Dieu : Je ferai éclafei* des tourbillons et mipêtes dans mon indignation ; les torrents de pluie se rderoni dam nm fureur, et de grosses pierres tomberont

• tua colère t pour renverser tout ce qui se rencontrera. Et 'iruirai la muraillequevous avez enduite sans rien mèlm*

la hotte; je V égalerai à la tetrCf et on en verra paraître ^ondetnenis; elle tombera, et celui qui l'avait enduite sera floppé dans sa ruine. El afin de marquer encore plus sisémenty que la ruine serait entière, \oici ce que le Seiur ajoute : Mon indigiuition se satisfera dans la muraille !aiu ceux qui l'enduisent sans y mêler ce qui l'aurait affer^ ; je vous dirai alors : La muraille nest plus, et ceux qui iment enduite ne sont plus.

Une autre circonstance nmrquée dans la destruction des lions frappées d'une lèpre invétérée, c'est qu'on en trausrtait les pierres dans un lieu impur. Il est prédit que Jealem serait ainsi traitée : et sans doute que cette proplié-

a eu son accomplissement au temps de lu réprobation I Jaifs. Elle se lit au chapitre XIX de Jérémie. Le Frotte y représente toute la nation par un vase d'argile qu'il it reçu ordre de briser dans la vallée d'Knuom ou de )heth : Je briserai^ dit le Seigneur, verset il, ce peuple ^ette ville^ comme ce vase dr terre efit hrisr et ne peut

plus être rétabli^ et les morts seront ensevelis à Topftei Les maisons de Jérusalem et les palais des rois de Jtidi ront impurs comme Topheth. Les lieux où l'on entenai morts étaient regardés comme des lieax immondes : ! le voulait ainsi^ et cela a subsisté pendant toute la dor^ Tancienne loi. Or, selon cette prophétie, Topheth di devenir le lieu de la sépulture des morts; d'ailleurs , t vallée était un lieu d'horreur et de malédiction. Les b lants de Jérusalem devaient être transportés à Tophetb ce qui est la même chose, leurs maisons et leurs palan vaient être i\ l'avenir un autre Topheth, un autre Géem donc il devait arriver que les édifices de Jérusalem, et conséquent les pierres dont ces édifices étaient constn se trouveraient placées dans un lieu impur, comme pierres des maisons frappées de lèpre.

Si nous revenons à considérer Jérusalem et toute la tion, non plus sous l'idée des pierres et des édifices, l sous celle d'un, ou de plusieurs personnages vivants, B verrons que les Prophètes ont prédit la ruine de cette nal sous cette dernière idée, et qu'ils y ont encore emplo; symbole des pierres, en disant qu'il viendrait un jour quel elle se trouverait avoir mis le comble à ses crimes qu'alors elle sera itiapidée. Jésus-Christ prononça lui-mt la sentence contre la nation des Juifs, lorsqu'il l'appela nation adultère. Or, voici deux endroits à^Ézéchiel o sort de cette adultère e^t annoncé. (L'application que i faisons maintenant de ces deux endroits est certaine et t dut pas les autres.)

Je vom jugerai, dit le Seigneur, ch. XVI. v. 38, coj on juge lesfeutnws adultères et nui ont répandu le sang ^ fei'ui répandre le vôtre dans un transport dv fureur < jalousie. Je rous livrerni entre les mains de vosennein\

àdittuiripnt votre lieu in fdme... Ils amèneront contre vous m nmltittule depeuj/l^s, il^ votis assommeront à coups de jkrm. ^t au ch, JSkXIII^ v. ,45 \ Il se.trouvera des hommes jlriesy^t il^Jiigerpiit OoUa et Ooliba (p'est-à-dire, les dix Iriboset J.f royaume ^d^Juda), çopuneon juge les adultères, <BWf pii JMQf celles^ gui. répandent le sang; parce que ce (fftd^qf^ità'e$,.iit que leurs p}ains sont pleines de sang,., fj^Ies peuple^ prem}ent4^s pierres etjes lapident,..; qu'ils tjnnm/tfU le^r s maison^. par, le feu. C'est aifm que j'abolirai k^ôfies (fç dessus la terre, ^^t que toutes les femmes apprenifU à nmèùçr ,pas. les al^f^nii^ations de celles-ci. C'est-ài(|DP,seloAle $ejQ/sque npus suiyonç^ ^^^ 1^ réprobation des Mk^virait d!exempl^ à tpu3 les peuples. Aussi voil-on fe^ipt Paul .propose cet exemple aux oationsy pour les I bir dans la crainte et, dans rhufuilité {Rom., XI, 20). I f,l^ naiion. de^ iifits eat devenue adultère par ses prévari- [ ^Ds.et par son infidélité. Or, le fond de cette infidélité ^ ll^sista^, selon siaint Paul, ^vouloir établir sa propre jus- %^jçtif rejeter la. justice qui vient de Diey, Plus on appro- ^ira théologiqiiement cette matière, et plus on recon- ^i^ quç c'est là un adultère proprement dit dans Tordre ^^çhoses spirituelles, comme il est certain que c'est une Hjjfdâtrie dans le même ordre % De là il suit que ce qui est ^l ^Mn»}e Meutéronomp, de la punition des Israélites idoiàfaces, est la figure de la punition des Juifs spirituellement Îd9!l&ire5».,d.u temps d^ saint Paul: ou bien, poui* exprimer Vinime chose d'une autre manière, les Juifs étant tombés Auîs Vidolàtrie par rapport à Tordre des choses spirituelles dinvisihles, ils/^t mérité une punition dans ce même ordre, ^ corresponde à la punition des idolâtres dans Tordre des

* Vojcileft Vlll*el IX* Mémoires tur les deu^r Alliances.

322 QUATRIÈME âTMBOLB;

choses visibles, dans la même proportion que l'une de idol&tries répond à Tautre.

Or voici ce quiestditdans leDetitéronome, ch. Xm, ▼•A~^ touchant les idolâtres dans l'ordre des choses chamelles ^^ sensibles : Si votre frère^ fils de voire mère, ou votre fils, <h-^ votre fille, ou votre fenwie qui vous est si chère, ou voim i^ ami que vous aimez comme votre âme, vous veut persuad^a^ et vient vous dire en secret: Allons, et servons les rfû%«9 étrangers..,; tuez-le aussitôt ; que votre main lui donne A premier coup, et que tout le peuple le frappe ensuite : qu^Ui périsse accablé de pierres, parce qu'il a voulu vous taraciim '■ du culte du Seigneur votre Dieu, etc. Si la prévaricatioB^ était plus étendue, et qu'elle enveloppât une ville entiài8^|g qui se serait laissée aller à Tidolàtrie, la punition n'en d»rL^ vait être que plus éclatante. Il était ordonné en ce cas i' j^ toute la nation, après avoir vérifié le fait par de soigneuifll^ informations, de faire passer au fil de l'épée tous les halÂrl tants, et de détruire la ville avec tout ce qui pouvait s'y leDp^^ contrer, d'y mettre le feu et de brûler tous les meubles avM^; la ville, en sorte, est-il dit, que cette ville soit éteniellemet^ un monceau de pierres. C'est ainsi que traduisent les Sap" tante, ce qui est conforme à Thébreuen suppléant les tem^ de pierres [Ibid., v. 16).

Lorsqu'une seule ville était tombée dans la prévaricatioD^ on comprend aisément que le reste de la nation pouvait exécuter cet ordre de Dieu. Mais si la prévarication devenait générale, que restait-il à faire alors, et que devait-il arriver? Kous avoos vu la réponse à cette question dans Jéri^ mie et dans ÉzéchieL Dieu lui-même se charge du soin de l'exécution. En ellet, il a traité, dans l'ordre des choses matérielles et sensibles, Jérusalem et toute la nation, par le ministère de Nabuchodonosor, comme il était ordonnée

brie h nation de traiter une ville partieutière qni serait lonbée dansridol&trie ; et au temps du Messie, Dieu a traité cette même nation de la même sorte^ dans l'ordre spirituel lidiDs Tordre sensible.

€mitiiinatioo du même sojet.

l'Écriture, en une iafinité d'endroits, nous fait reg^arder

k Juifs y au temps du Messie^ comme une nation qui avait

kmé une conspiration contre Dieu même ; et saint Pftul

ins représente cette conspiration comme une conspiration

Ivgueil. Us voulaient établir leur, propre jtisticey ils vou-

Uaat se donner à eux-mêmes la justice [Rom.y X, 3). Or la

jbliee conduit au ciel; ils prétendaient donc construire un

ttfioe qui s^élev&t jusqu'au ciel ; c'est-à-dire, que ceux qui

iDHBiencèrent à b&tir la tour de Babel n'étaient que la

iginre des Juifs; aussi le dessein de ces derniers fut-il dissipé,

OBme l'avait été celui des premiers.

La sentence des Proverbes s'accomplit sur les Juifs

Prot?., XV, 25) : Le Seigneur détruira la maison des sti"

wrkes. Ces paroles regardent la Synagogue en corps. Celles

fd suivent regardent le petit nombre d'hommes fidèles

^s'abaissèrent devant Dieu, et reçurent avec humilité et

Mnnaissance la justice qui vient de lui. L'auteur sacré,

ipis avoir dit que le Seigneur détruira la maison des su-

pnlies, ajoute donc : J?^ il affermira F héritage de la veuve.

Les chefs de la Synagogue éprouvèrent l'effet de cette

pnole àa Psaume CXXVI : Si le Seigneur ne bâtit la mai^

«M, en vain travaillent ceux qui la bâtissent. Ils l'éprou-»

rtoeot dans l'ordre des choses invisibles, car ils ne parvin-

mX pas à la justice qu'ils cherchaient; et ils l'éprouvèrent

dans Tordre des choses seosibles, car ils alléguèrent pooi raison de condamner Jésus-Christ, que s'ils ne le faisaient les Romains viendraient et détruiraient le temple et la na tion [S. Jean, XI, 48); et ce qu'ils craignaient arriva^contr leur pensée, parce qu'ils avaient rejeté Jésus-Christ.

DaDs Isaïe, ch. V, le peuple d'Israël est une vigne ; e cet endroit du Prophète répond manifestement à la para bole de l'Évangile : Mo7i bien-aimé avait une vigne quiétm plantée en un lieu gras et fertile; il fenvironna d'une haie il en ôta les pierres, et la planta d'un plant rare et exce lient il bâtit une tour au milieu, et il y fit un pressoir. Voit le symbole des pierres employé à un double usage: 1* o? ôte les pierres nuisibles , 2* on fait avec d'autres piem des édifices utiles. Mais voici ce qui arriva : Celui qui avii pris un si grand soin de cette vigne, s'attendait qu'elle pu terait de bons fruits, et elle n'en a porté que de sauvages Mais je vous montrerai maintenatit ce que je vais faire ma vigne: J'en arrache^m la haie, et elle sera exposée a^ village; je détruirai tous les mws qui la défendent, et elê sera foulée aux pieds (v. S). Ainsi les édifices construits pou la sûreté de la vigne sont détruits, parce que la vigne mé rite d'être abandonnée ; elle deviendra inculte, elle sera d nouveau couverte de pierres, comme ces champs maudit dont il est parlé en divers endroits de l'Écriture. Voye» Deutéronome, ch. XXI, v. 4 ; et ce qui est rapporté dan le IV* livre des Rois^ ch. III, v. 19 ; Elisée prédit an: trois rois confédérés, que le pays de Moab allait leui être livré , et qu'entre autres effets de la vengeance qu'il y exerceraient, ils boucheraient toutes les fontaines d'eai vive, et couvriraient de pierres tous les champs les plus fer tiles. Cunctosque fontes aquarum obturabitis, et omnen agrum eqreqimn operietis lapidibus. C'est ce qu'ils ne man

(pèrenl.pas d'exécuter, chacun^ dit TÉcriture, jetant des fîmes dans les champs les plus fertiles,

Substitution des Gentils aux Juifs.

Les Juiis étant ainsi traités à cause de leur orgueil et de kdoreté de leur cœur, Dieu voulut planter une autre vigne ; «bien, selon la conclusion de la parabole de TÉvangile , ileonfiasa vigne à d'autres vignerons. Les anciens archi- Mes ayant rejeté la principale pierre deVangle, il confia iesoin de l'édifice à d'autres architectes; il choisit un autre aiplacement pour bâtir, et jeta les yeux sur d'autres fimes.

L'Ecriture sainte emploie toutes ces images pour repré-

ttier la substitution des Gentils aux Juifs. On vit alors

momplir, dans un sens bien plus relevé, ce qui avait été

%aré dès le temps de Josué par les douze pierres tirées du

fanidu Jourdain, et par les douze autres pierres prises de

fcsas le rivage, qui allèrent occuper la place des premières

«l demeurèrent ensevelies sous les eaux [Josué, IV, 8, 9).

En peuple nouveau, composé de Gentils (représenté par

'otBe pierres parce qu'il avait pour fondement les douze

Ap6tres), fut tiré de l'abîme de l'incrédulité; et le peuple

i^ (représenté par douze pierres à cause des douze Pa-

Wtrches et des douze Tribus), retomba dans ce même

ilme de l'incrédulité. C'est en même temps l'abîme des

ÂSementsdeDieu. Jusqu'à ce moment, les Gentils avaient

dedans l'oubli de Dieu qui semblait n'être occupé que du

peuple d'Israël ; les Gentils en furent tirés, et les Juifs pri-

«nl leur place. Les Juifs s'endurcirent, comme autrefois

Pharaon et tout son peuple ; et le jugement que Dieu avait

336 QUATBIÈMB SYMBOLE.

exeieé autrefoifl oontre FÉgypte £ut exercé spitàtoeUemj^afl contre les Juifs. Les fidèles^ à qui il appartenait alcm^ear chanter le Cantique de Moïse , pouvaient dire, en parLK> des Juifs leurs ennemis les plus opiniâtres ; Ils ont été sevelis dans les abîmes; ils sont tmnbés comme utie^ au fondées eaux [Exode, XV, 5). En effet, c'est alors < s'accomplit dans toute son étendue ce que Jérémie a"" figuré par la ceinture [lumbare) qu'il cacha prèsde l'Ëuphn^»-i dans le trou d'une pierre [Jérémie, XIII, 4).

On peut rappeler ici ce que nous avons dit, dans la pff0s^ mier Symbole, des étoiles liées en faisceau et jetées dansl^^^ fond d'un lac, [lour y demeurer jusqu'au jour de la vil du Seigneur [Isaïe, XXIV, 21 et 22) ^ Cela peut faire ( prendre de quelle manière un symbole correspond à 1K ' autre symbole.

ARTICLE VII. â

L'Église fondée sur Jésus-Christi sur les Apôtres et les Prophètes. y

Il est bon de reprendre de plus haut la formation de ^ l'Église. Dieu en est le premier architecte; il en est le pre- \ mier fondement , selon cette parole de TÉcriture (//. Roi^ \ XXII, 2) : Le Seigneur est mon rocher, il est ma force, il est mon Sauveur : Dominus petra me a.

Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme, est aussi le fondement et l'architecte de TËglise. Il a été figuré par Jacob lorsqu'il consacra la pierre sur laquelle il s'endormit le jour de sa sortie de la maison de son père [Gen., XXVIII, 18). L'état de dénûment où Jacob se trouva alors représentait la pauvreté à laquelle le Fils de Dieu a bien voulu se réduire,

1 Vojfesci-dessuSypage 44.

FUBUSSy ÉDIFICES) PIERRES PRÉCIEUSES. 327

^taiidooné lieu de dire quV/ n'avait pas où reposer sa s t| Ite {S* Im^ IX^ 66) . Jésus-Christ commença les fonetions ^ son ministère public sur les bords du Jourdain : il choisit SiiDOA^'il rencontra^ et il le désigna dès lors pour occuper la première place de son Église, en lui donnant le nom ^Am. Assez longtemps après, le Sauveur du monde lui •Brfrmace nom^ en lui disant : Vous êtes Pierre^ et sur cette /ion Je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne pré* tiudront point contre elle; et Je vous dotinerailesclefs^ etc. (f. Matth., XYI, 18). Par ces paroles , Jésus-Christ fait eoBfiidérer TÉglise comme une ville et comme un édifice ; Mis ooamie une ville à laquelle une autre ville est oppo* lie. Cette autre ville cherche à détruire celle de Jésus* Christ ; mais ses portes, c'esi-à-dire sa puissance, ne prénudront point contre la ville dont Jésus-Christ est le fondateur. Les clefs en sont promises à saint Pierre, et elles lui forent données après la résurrection, conjointement avec les autres Apôtres. Ce n'est pas ici le lieu de suivre ce qui regarde le symbole des clefs.

Saint Pierre est donc une pierre sur laquelle est bâtie l'Église. Mais il n'est pas le seul qui ait part à ce glorieux caractère, puisque nous voyons dans l'Apocalypse, que la muraille de la ville sainte a douze fofidements, où sont écrits k$ noms des douze Apôtres de C Agneau. Ces douze fonde* menis sont douze pierres précieuses {Apoc, XXI, 14 et 19). L'Église n'est donc pas bâtie sur saint Pierre seuli mais sur tous les Apôtres. Mais la prérogative de saint Pierre parait^ par le soin que prend Jésus-Christ de lui approprier le nom qui, selon le langage du Saint-Esprit, convient aussi aux aakes Apôtres.

Les Apôtres sont douze pierres précieuses, et Jésus-Christ les a portés dans son cœur, eux et ceux qui devaient croire

en lui par leur parole, comme le grand-prétre portait i sa poitrine douze pierres précieuses, sur lesquelles gravés les noms des chefs des douze Tribus. Le prêtre portait aussi sur ses épaules les mêmes noms, gra^^ sur deux pierres précieuses ; et il n'était pas moins en la figure du vrai Pasteur qui porte ses brebis sur ses épavm.l«

Enfin, de la même manière que dans V Apocalypse^ ch. ^3CJ! il parait une femme qui avait sur sa tête une couronao d douze étoiles (ce qui marque l'universalité de TËglise) ; J^ sus-Christ est aussi représenté comme étant couronne ^ pierres précieuses [Psaume XX) : Seigneur , le Roi se rijtnp^^^^ dans votre force, etc. ; votis avez mis sur sa tête une c^^^ ronne de pierres précieuses. Saint Paul appelait les fid^B- ^ sa joie et sa couronne [Philip., IV, 1).

Jésus-Christ est aussi le fondement universel sur leqi^- ^ sont fondés tous les autres; il est la pierre angulaires réunit les deux peuples, les Juifs et les Gentils.

Saint Paul parlait à des Gentils, lorsqu'il disait aux Ép siens (II, 20) ; Vous êtes édifiés sur le fo7idement des Apôt et des Prophètes, et unis en Jésus* Christ, qui est lui-mêrr^^ la principale pierre de l'angle; sur lequel tout r édifice étar^^ posé, s'élève et s'accroît dans ses proportions et sa sytnétri^^^ pour être un saint te7nj)le consacré au Seigneur. Et vou^^ mêmes aussi, ô Gentils, vous eiitrez dans la structure de c^'^ édifice, pour devenir la maison de Dieu par F Esprit, et e^^ esprit. Selon l'idée que donne ce passage, tout se rapporte ^^ Jésus-Christ. Les Prophètes ont été comme des pierres posée^ d'avance pour préparer les voies à Jésus-Christ, et le^ Apôtres ont été posés après sa venue, et uniquement appuyés sur lui. Mais après Jésus-Christ, cette pierre précieuse et choisie à laquelle nulle autre n'est comparable, tout l'édifice de l'Église chrétienne est établi sur les Apôtres et les

hopbèies: les Apôtres sont des fondements; mais les Pro- (lètes sont d'autres fondements que l'on doit concevoir cMoe placés à une plus grande profondeur. Gel édifice s'élève ensuite , et obtient toutes ses dimen- ■v. Et il y a bien de l'apparence que saint Paul y fait ihmanchapitre Illylorsqu'il àés\v^Bxx7iÉphésiens{\ . 18) fixant enracinés et fondés dans la charité, ilspuissoit cornjntire, avec tous les saints, quelle est la largeur, la IonfÊturM hauteur et la profondeur d* un certeLin mystère. Or, tiÊystire parait être celui dont il parle au commencement knéme chapitre, que Dieu lui a découvert, qui n'est autre fKia vocation des Gentils et leur incorporation avec les Ui, pour ne former avec eux qu'un même temple et un ■(De édifice. Cette incorporation des Gentils donnait à tHi&ce une étendue, une beauté, des proportions et une qsélrie, dont il est parlé en bien des endroits, soit des ifUm de saint Paul, soit du reste de l'Écriture, sous le ^tibole des b&timents, ou sous tout autre symbole.

ARTICLE VIII

^Geoiils appelés pour réparer le vide que laissaient les Juifs réprouvés. Smt Pierre et saint Paul sont les premiers de ceux dont Dieu s^est servi ^introduire les Gentils dans TÉglise.

Si l'on veut savoir de quelle manière se bàlit l'édifice,

^QQsdisons que c'est par la foi. Jésus-Christ, qui a été pour

W incrédules la pierre que les architectes ont rejetée j a été,

Hertàceuxqui croient, une pierre précieuse. C'est pourquoi

■iint Pierre parle ainsi aux Chrétiens (/. Épître, II, 4) : Vous

^ffroehanide Jésus-Christ comme de la pien^e vivante, que

fc« hommes avaient rejetée, mai^s que Dieu n choisie et qui est

V^àfwe devant ses yean^entrez vous-mêmes dans la structure

330 (QUATRIÈME SYMfiOJUB.

de l'édifice, comme étant des pierres vivantes, pour comfm une maison spirituelle^ et un ordre de saints prêtres, m d'offrir à Dieu des sacrifices spirituels qui lui soient agréà^ par Jésus-Christ. ^

Saint Pierre remarque aussitôt qu'il était prédit que ^ était le lieu où serait posée cette pierre excellente^ 4^4i autre que le Messie. C'est sur la montagne de Sion que glise^leroyaumeduMessie^aprisson origine {Ps. LXXX Ses fondements sont posés sur les saintes montagnes : leS$ yneur aime les portes de Sion^ plus que toutes les tenUn Jacob. Ce fut sur la montagne de Sion, que les Apôti«% les disciples reçurent le Saint-Esprit , et c'est de là qot^ Saint-Esprit s'est répandu par toute la terre {Ps. XLYII^ | Le mont de Sion est fondé avec la joie de toute la ter^ Les fidèles de Jérusalem et de la Judée furent les premièi pierres qui entrèrent dans l'édifice ; mais ils y entrèrent^ petit nombre en comparaison du reste de la nation ; ceuzdj demeurèrent incrédules laissèrent donc de grands vides dq l'édifice.

Or, voici ce qui était prédit dans Amos (IX, li) : Eh i jour- là, je relèverai la niaison de David qui est ruinée, I refermerai les ouvertures de ses murailles , je rebâtindi qui était tombé, et je la rétablirai comme elle était autrefùk Il faut se souvenir que c'est ce même Amos qui avait prédB cli. VI, V. 12, que Dieu ruinerait la grande maison, c'esM dire les dix Tribus, et qu'il ébranlerait les murailles del petite, c'est-à-dire de Juda. Nous avons appliqué ce pasfia| à la première captivité, tant des dix Tribus sous SalmanaM que de la Judée sous Nabucbodonosor ; et il peut aussi ib appliqué à la ruine et à la réprobation de la nation i^rèl! venue du Messie.

Au chapitie YII, Amos avait vu le Seigneur^ la trmik

PIEBHESi tùmCX&f PIERRES PRÉCIEUSES. 331

I àiMm,qiiidéclara qu'il laisseraitlepeupled'Israel, comme \ maison que Ton ne prend plus la peine d'enduire et {l'oilaisGe tomber en ruine. C'est, en effet, ce qui arriva par i au corps de la nation des Juifs, comme nous l'avons que au long. Mais en même temps il se forma une autre i; et comme les Juifs qui échappèrent à la ruine gène se trouvèrent pas en assez grand nombre pour ' le plan de cette nouvelle maison, Dieu y fit entrer I Gentils pour en remplir les vides.

(k ne peut douter que cela ne soit prédit dans l'endroit iK* chapitre d'Amos^ que nous venons de rapporter, et Kee ne soit au moins un des sens de ce passage, puisque itjaoquesen a donné cette interprétation dansle Concile b Jémsalem {Actes, XY). Paul et Barnabe venaient de raies merveilles que Dieu avait faites par eux parmi iGentils. Après qu'ils se furent tus, Jacques prit ia parole tét: Mes frères, écoutez-moi: Simon vous a représenté \ quelle sorte Dieu a commencées regarder favorablement mGmtils, pour choisir parmi eux unpettple consacré à *» nom: et les paroles des Prophètes s'y accordent. On peut ikerver ici la méthode de saint Jacques , qui consiste à Miparer les événements avec les prophéties , et les proihétiesavec les événements. Saint Jacques continue ainsi : Mm qt^il est écrit : Après cela je reviendrai édifier de tMoeott la maison de David, qui est tombée; je réparerai m ruines, et la relèverai; afin que le reste des hommes et Iw kê Gentils qui seront appelés de mon nonij clœrclient le apieur. On lit dans AmoSy v. 12 : Afin que mon peuple pnUle les restes de l'Idumée et toutes les nations du monde, p»ee yw'tï a été appelé de mon nom; c'est le Seigneur qui U dit, et c'est lui qui le fera. Dieu connaît son œuvre de ^ éternité, poursuit saint Jacques ; c'est pourquoi je juge

332 QUATRIÈME SYIIBOLE.

qu'il ne faut point inquiéter ceux d'entre les Gentils firiS convertissent à Dieu ; etc. M

Nous venons d'entendre rappeler la conversion de neille. C'était proprement la première pierre d'eni Gentils^ qui était entrée dans l'édifice ; et Dieu availi serve à saint Pierre la gloire de se servir de son mi pour cet effet. Mes frères^ dit saint Pierre au milieu' Concile, vous savez qu'il y a longtemps que Dieu m'a d entre nous, afin que les Gentils entendissent par ma boà la parole de l'Évangile et qu'ils crussent. Il arriva don cet Apôtre, ce qui arrive aux personnes que Ton veut 1 rer ; on les appelle pour placer la première pierre d'un veau bâtiment; c'est ainsi que saint Pierre fut appelé d Corneille. Cet homme était une pierre qui était lespréi d'une infinité d'autres, et l'onction du Saint-Esprit d dit sur cette pierre pendant que saint Pierre parlait. 01 restait-il encore, sinon d'en faire la dédicace par le Bil tème ? C'est ce que fit saint Pierre. ^

Si saint Pierre parut alors sur la terre comme le premi architecte de l'édifice des Gentils, Dieu lui avait déjà pil paré un adjoint en la personne de saint Paul. Nous vernÉ bientôt les endroits des Épltres de ce dernier où il exprifl son ministère sous ces mêmes images. Saint Pierre et sail Paul, à la tète des Apôtres, étaient donc des architeck mis à la place des anciens architectes. Ceux-là avaient él rejetés de Dieu, parce qu'ils avaient rejeté la pierre i Tangle ; et les nouveaux architectes avaient reçu la comnâ sion de réparer les ruines de la maison de David, et d'ék ver à Dieu un nouveau temple de pierres vivantes; î étaient donc, dans Tordre spirituel, dans la mèmesituatio que Jésus fils de Josédec, et Zorobabel. Ces deux demiei sontcomparés, dans Zaeharie, à deux oliviers; mais ils soi

B représentés comme deux architectes qui commencent

iMtimeDt qui n'est autre que le temple de Dieu. Voici la

tpœ foi mise devant Jésus, est-il dit, Zac/iarie, III, 9.

i ch. IV, V. 7, il est dit de Zorobabel qu'il mettra la

ie pierre : Educet lapidem primarium; et au v. 9 :

\ de Zorobabel ont fondé cette maison^ et ses iiiains

teront; et au verset 10, on voit Zorobabel le plomb à

\min, à la manière des architectes.

iDivait été dit de Jéchonias, aïeul de Zorobabel [Jéré-

tf XXII, 24), que quand il serait comme un anneau dans

I droite de Dieu, il en serait arraché : Inde evellam

. Et il est dit, au contraire, de Zorobabel {Aggée, II, 24),

ik Seigneur le garderait comme son sceau et son cac/iet :

l^peut avoir rapport au symbole des Pieîres précieuses.

1 ch. I, V. 14 : £n même temps le Seigneur suscita P esprit

\hiinbabeL . . , V esprit de Jésus fils de Josédec, grand-prêtre,

ife^Krit de tous ceux qui étaient restés du peuple; et ils se

nt à travailler à la maison de leur Dieu, du Seigneur

târmées. On voit facilement, combien ces paroles con-

Qt à ceux qui ont commencé Tédifice du temple vi-

qui n'est autre que. TËglise. Au chapitre suivant, le

hète fait remarquer qu'avant que la première pierre

lété mise au temple, tout était frappé de stérilité; mais

lavare que, depuis que les fondements du temple avaient

ijelés, tout serait béni, et il entre sur cela dans le détail

K diverses choses qui font les richesses de la campagne ; ce

IHÈe le symbole des Édifices avec beaucoup d'autres, et en

Iptfieolier avec celui des Moissons.

334 QUATBIÈME SYMBOLE.

La réprobation des Juifs outre le chemin \ h toeation des OeiAit

Considérons de plus près la réunion des Gentils mai^ dans un même édifice qui est l'Église. Saint Paul noofrl envisager ces deux peuples comme deux murailles; et iifli sidère encore cette figure dans un autre sens, en M représentant les Gentils comme des gens qui étaient s^ du peuple de Dieu et de Théritage du Seigneur par I muraille qu'il paraissait impossible de franchir. HaisJél Christ a levé cet obstacle : Car c'est hii, dit saint A [Epfiés., n, 14), qui est notre paix ; guides deuxi^Ufl Juifs et Gentils^ 7i'en a fait qu'un; qui a rompu eti sa ch&k mtiraille de sèjiaration et t inimitié qui les divisait. Cet] rôles contiennent un sens plus profond et plus précis qui ne le croit ordinairement.

Nous nous contenterons d'observer que, selon Péooaoa des desseins de Dieu, la chute des Juifs ayant donné Kei l'introduction des Gentils, tant que les Juifs demeuvèM fidèles, les Gentils n'avaient point d'entrée. La fidélité dl uns était comme un mur qui fermait le passage aux antM Mais lorsque les vignerons ont tué l'héritier de la vignl lorsque la vigne a été ravagée et que la muraille dooldl était entourée a été détruite; alors, tout a été ouvert pomrll Gentils. Ou bien, pour suivre l'autre sens que l'Écritll donne à la parabole, lorsque les architectes ont rejeté M de l'édifice la principale pierre ; lorsqu'ils ont traité Jéitf Christ comme un excommunié, comme un païen; lorsqn^il l'ont conduit hors de l'enceinte de Jérusalem pour le crue fier, ils l'ont rapproché des Gentils qui, jusque-là, étaiei des pierres profanes, et les Gentils ont été mis à portée (

PIBRBEd, ÈDmCBBy PTEBRES PRÉCIEUSES. 33S

Approcher de Jésus-Christ comme de la pierre vivante, et fcnlrerdans rédifice dont cette pierre était le fondement, I quelque lien qu'elle se trouvât. Aussi saint Paul ajoute- Im^tpeJésus^hrist a rompu la muraille de séparation, \ ée réunir les Juifs et les Gentils dans wi seul corps. I c'est ensuite de cela qu'adressant la parole aux Gentils, > dit, quHls sont entrés dans Fédifice du temple qui est f«/r le fondement des Apôtres et des Prophètes: et iColossiens, ch. Il, v. 7, il les exhorte à demeurer atta^ ièJésus-Christ comme à leur racine, étant édifiés sur ieommesur leur fondement.

OuTrage de la conTersion des Gentils.

Saint Pftnl, en expliquant auxÉphésiens le mystère de la llfanion des Jui£s et des Grentils dans un seul édifice^ appelle jhrist ia principale pierre de l'angle [Éph., II, 20) : srxMO A5GULARI LAPmE Christo Jesu. QucUc est lapro- \ de la pierre de Tangle? C'est de réunir deux murailles [|d viennent chacune de différent côté : chaque muraille jint àla pierre de l'angle, et, par le moyen de cette pierre, [kl deux murailles sont unies entre elles, de sorte qu'elles MlDot plus que les parties d'un même tout. Les deux muttffles sont les deux peuples qui sont réunis en Jésus-Christ, I fne que Tune et l'autre sont bâties sur lui.

Duc nous reste qu'à considérer historiquement de quelle ^ mière s'est faite cette construction, et nous avons déjà i Mmencé de le faire.

Us ÂpAtres et les premiers disciples ont été première- Beat réunis à Jésus-Christ, et ensuite tous les fidèles de Jéivilem et delà Judée. Ce sont autant de pierres tirées delà

carrière dont parle Isaïe (ch. LI, v. i), c'est-à-dire d'Ahr ham. La muraille composée de pierres de cette espèoa donc continué à se construire, autant qu'il s'est trouvée Juifs qui se sont convertis. Mais parce qu'il s'en converlfl sait très-peu en comparaison de l'étendue que Dieu ai[| dessein de donner à son édifice, il trouva à propos de prendl des pierres d'une autre carrière ; et, selon l'idée parti^ lière que nous suivons maintenant^ et que saint Paul vîqj de nous fournir dans VÉpitre aux Éphésiens, Dieu laisni pour lors la muraille formée des Juifs, la laissant, dis^ avec le peu d'étendue qu'elle avait et avec le petit nomhl de pierres qui y étaient entrées, il commença une ant muraille toute composée de Gentils; ceux-ci furent aia unis à la pierre angulaire.

Or, voici de quelle manière se fit l'union. Saint Pierroii saint Paul, qui étaient deux pierres de l'ancienne carriè|l parurent singulièrement destinés pour l'œuvre de la OMI version des Gentils, l'un pour la commencer, l'autre p<N| l'étendre et lui donner sa perfection. Corneille et sa famiO furent les premières pierres posées sur l'apôtre saint Pient Après que saint Paul eût été converti, nous lisons [Actm^ IX, 22) qu'// confondait les Juifs qui demeuraient à De mas, leur montrant que Jésus était le Christ. Au verset 291 Vulgate àiiy({vî' étant venu à Jérusalem, il parlait aussiM Gentils ; mais le grec n'autorise pas ce sens ; ainsi il pa«4 que saint Paul ne travaillait qu'à l'ancienne muraille, qu» qu'il fût principalement destiné pour la construction de 11 nouvelle. Mais voici ce qui est dit, au chap. XI, verset Ift immédiatement après l'histoire de la conversion de Gof neille : Cependant ceux qui avaient été dispersés par l persécution qui s'était élevée à la mort d'Etienne^ avaitik passé jusqu'en Phénicien en Chypre et à Antiochet i

i'i9eient annoncé la parole qu'aux Juifs seulement . Mais

fmlfues-wis d'entre eux, gui étaient de Chypre et de Cy-

édj étant entrés dans Antioche, ils parlèrent aussi aux

Sne$, et leur annoncèrent le Seigneur Jésus. Et la main

à Seigneur était avec eux, de sorte qu'un grand nombre

àpersonnes crurent et se convertirent au Seigneur. Ces

lieitib convertis étaient autant de pierres tirées de la nou-

idie carrière que Dieu venait d'ouvrir par la conversion de

Cmeille, et qui entraient dans la structure de la nouvelle

■vaille.

Ce fat alors que Barnabe alla chercher Saul et l'amena k Tarse à Antioche, d'où il fut député pour aller prêcher kibi avec Barnabe. La première conversion remarquable fie fit saint Paul dans cette mission fut celle du proconsul fa^us Paulus. Ce fut une pierre posée de la main de saint holdans l'édifice, de la même sorte que Corneille y avait ilé posé de la main de saint Pierre. On sait combien d'auktt pierres suivirent celles-là.

Saint Paul envisageait sous cette idée l'ouvrage de la

coQfersion des Gentils. Nous sommes les coopérateurs de

tHeUy dit-il aux Corinthiens, l"Ép., ch. III, v. 9, et vous,

tous êtes le champ que Dieu cultive, et l'édifice que Dieu

Utù. Selon la grâce que Dieu m'a donnée, f ai posé le fon-

étment. Il entend par ce fondement Jésus-Christ, et il dit

f&'encela il a été un sage architecte; il exhorte ceux qui

bâtissent de ne rien mettre sur ce fondement qui n'en soit

tpie. Il remarque^ entre autres choses, que quelques-uns

Beitent sur ce fondement des pierres précieuses. Il avertit

ttssitôt les fidèles qu'ils sont le temple de Dieu {\. 16).

SoQs avons vu le même Apôtre apprendre aux Ephésiens

A aux Colossiens à se regarder sous la même idée d'un

Wifice bâti en l'honneur de Dieu.

T. I. ii

On peut remarquer en passant, que rÉcritupe, selon méthode dont elle a coutume d'user par rapport à toiw symboles, fait un double usage du symbole du temple; • elle parle tantôt de tous les Chrétiens, comme ne taiài tous ensemble qu^un temple, dont chacun est une pien ou une colonne, ou un fondement ; et d*autres fois d parle de chaque chrétien conmie formant lui seul un tenl{A selon ce que nous venons de voir dans le passage de sab Paul. Il fallait donner cet avertissement pour empêcher ! confusion des idées.

Trois vues sur le plan de Dieu dans la substitution des Gentils aux Juib

La muraille formée des pierres de la nouvelle carriftft c'est-à-dire des Gentils, ne cessait donc de s'accroître ôoc la conduite d'un aussi habile architecte que saint Paul. lÀ Golossiens, les Corinthiens, les Philippiens y entraient, lil Galates et les autres habitants d'Asie, les Macédoniens e les Athéniens, et tous les autres peuples dont il se formii de nouvelles Églises. C'est ainsi que Dieu réparait les mïâ de la maison de David, et qu'il consolait son Église park progrès de l'une des deux murailles, du peu de progrès qà faisait l'autre.

Le lecteur peut apercevoir que nous ouvrons ici diveMel vues, ou plutôt, nous suivons l'Écriture qui nous les oun* L'une de ces vues, dont nous avons déjà touché quel<{Ol chose, c'est que l'endurcissement de la nation des Juifii i donné lieu à la vocation des Gentils ; l'ancienne carrier ne fournissant plus, il en a fallu ouvrir une nouvelle. Un autre vue, c'est que l'Église étant humiliée et affligée pa le peu de progrès que faisait la prédication de l'Évangil

^A fmailes Juifs^ et se voyant persécutée par la multitude des

Uiocréduleë, rien n'était plus convenable, sinon que

les k soutint et la consolât pair la construction d'une nou*

demoraille composée des Grentils. Celle-ci s'étant extra-

•ioairement accrue^ et celle des Juifs étant demeurée

~ j^Q^Aujourd'hui aussi peu avancée qu'on le sait^ il résulte

èUdansTédifice un défaut de symétrie, qui est tel, qu'il

speatètre achevé^ sinon en reprenant de nouveau la con-

tetioQ de la muraille qui a été laissée imparfaite, ou, pour

nieu dire, qui à peine a été commencée ; et c'est ce que

ixeritore nous promet en nous annonçant la conversion

bue des Juifs, dont nous traiterons dans la suite. Parlons

■untenant de la seconde vue.

ARTICLE Xil.

Li conTersion des Gentils consolation et soutien de TËglise.

Kemettons-nous encore une fois devant les yeux Jésusftnst maltraité et rejeté par les architectes ; ses disciples iRDt traités de ipème. C'est un des grands traits de Uécokm du mystère de Dieu, que les justes sont extérieuretet traités comme les méchants méritent de Tétre^ et Mme ils le sont dans Tordre intérieur et invisible. Ainsi Ctfphe, les chefs de la Synagogue et les Juifs endurcis mé- Bhient d'être retranchés du peuple de Dieu, du nombre ta justes ; et Jésus-Christ et ses disciples ont été mis au Mbre des pécheurs et excommuniés. Les Juifs ont été teisés par la pierre, cela s'accomplit invisiblenient dès le talent qu'ils rejetèrent Jésus-Christ; et les disciples de kns-Christ étaient extérieurement accablés de pierres. Sû&l Etienne fut lapidé, saint Paul Fa été plusieurs fois; wvtent les Juifs ont tenté de lapider Jésus-Christ : Jéru-

340 ^L'ATRIÈMR SYMBOLE.

salem, qui tues les Prophètes, et qui lapides ceux qui sofkt^ envoyés vers toi, leur disait-il (S. Luc, XIII, 34). La même chose est répétée dans S, Matthieu, eh. XXIII, v. '17 ; et c^est à cela que Jésus-Christ attribue la désolation «t la ruine de la nation. Le temps s'approche^ dit-il encore danï le même discours, que votre maison demeurera déserte (c'cs^ aux Juifs que cela s'adresse) ; car je votds dis en vérité^ qu vous ne me verrez plus désormais jusqu'à ce que vous disiez Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur (verse Is JL^ et 39).

L'Église de Jérusalem était perpétuellement en bu aux chefs de la Synagogue ; c'était une muraille qu'ils \ chaient de renverser ; et à ne considérer cette Église comme elle paraissait au dehors, il lui convenait d'a<3 à ses ennemis les paroles du Psaume LXI (nous suivons | Vulgate) : Jusqu'à quand vous jetterez-vous sur un hc seuly et f vous joignant toi(s eyisemble pour le tuer, le[ rez-vous comme une muraille qtii penche déjàj et une ^ "^ sure tout ébranléel An verset 7, l'auteur du Psaume toute sa confiance en Dieu, et répète par deux fois, le regarde comme là pierre (c'est le terme de l'hébreil^ qui est son salut et sa force, % ^

Ces premiers fidèles, exposés à toutes sortes d'insoliM^r '2

trouvaient leur force dans la parole de Dieu. Cette divia^^' 'S

parole, selon l'expression de Jérémie, XXIII, 29, estcmMÊM r un feu et comme un marteau qui brise la pierre. C'était pi^ -^rf-

sa force que les chrétiens de Jérusalem résistaient aux A^^""^ ducteurs, comme Jérémie avait autrefois résisté aux fto* prophètes. On en voit un exemple éclatant dans la ptf* sonne de saint Etienne: il a participé d'une manière sing^ Hère au caractère attribué à Jésus-Christ par Isale^ lorsque est dit de lui, qu'if présenterait son visage à ses ennefJ^^^

— "^ -jTH

PfKBRES, ÉDIFICES, PIERRES PRÉCIEUSES. 341

une pierre très-dure [haie, h, 7). Saint Etienne, pur suivre toajours le langage de rÉcriture, popiaît le «etère de la pierre par son intrépidité^ sa solidité, son imdbiliié, sa préparation à soutenir toutes sortes de mauni traitements; pendant que les Juifs, de leur côté, porkiot en mauvaise part le caractère de la pierre par la èffeté de leur cœur. De là vient quMI est dit de ces der- ■ers et de leurs semblables dans Jérémie (Y, 3) : Ils ont nniuleur front plus dur que la pierre, et ils n'ont point nnht revenir à vous. C'est ce que saint Etienne leur reproche a les appelant , têtes dures, hommes incirconcis de cœur {4e/«,Vn, 51 ). On vit donc alors pierres contre pierres, c'est- Mire la force de Tiniquité et de Tendu rcissement d'une fut, contre la force de la vérité et le courage qu'elle inifire de l'autre. Mes paroles ne sont-elles pas comme un Mrteau qui brise la pierre? {Jérémie, XXIII, 29.) ' Siol était alors une de ces pierres dont la dureté venait fn mauvais principe ; il fut changé par un effet delà père de saint Etienne, et celui qui répandait la terreur imni les Chrétiens, en devint le consolateur et la force ; il itroduisit les Gentils dans l'Église, il lui fournit un appui fâk rendit inébranlable, et un rempart qui la mit à cou- 'rt contre toutes les attaques des Juifs. C'est pourquoi, si r«iieontinue de considérer Saul comme une pierre, on verra fiH s'accomplit alors en sa personne quelque chose de iHDblable à un événement singulier que nous lisons au HHi^re des Rois, XV, 16, et au II* livre des Paralipomènes, XVI, I.

Hy avait une guerre très-animée entre Asa, roi de Juda, HBaasa, roi d'Israël. Ce dernier entra sur les terres de ïitrtre et commença à y fortifier Ramaj construisant tmc ^^ûille alentour y afin que nul du royaume d'Asa ne pût

sûrement ni aller y ni venir. Asa, se voyant ainsi presséi i en sorte de susciter Benadad, roi de Damas, contre BaM roi d'Israël. Baasa se vit contraint d'abandonner Rwi A lors le roi A sa prit ce qu'il y avait de monde dans Judë, 4 fit enlever de Rama toutes les pierres et tout le bois fH Baasa avait préparés pour la bâtir ^ et il les employa à &M Gabaa, dans la tribu de Benjamin, et Maspha ; en sorte i]il les pierres qui servaient d'abord à opprimer le peuple d Dieu, par un changement subit et inespéré, en devinrent ] force, le rempart et la sûreté. Ainsi Saul fut premièremenl dans les mains du chef des ennemis de l'Église, un instra ment pour l'opprimer, et il devint ensuite un rempart 4 rÉglise.

Un degré de justesse qui manque à cette figure^ c'est q^ Saul n'est qu'un seul homme; et dans l'histoire d'Asa, )| pierres transportées et appliquées successivement à d4 usages contraires, sont en grand nombre. Cette considén^ lion donnerait lieu à une application de cette figure, q(| n'est pas contraire à celle qui vient d'être proposée. CeH| multitude de pierres serait les Gentils dont les Juifs, ejM\ mis de l'Église, se sont servis d'abord, aussi bien quedi Saul, pour opprimer l'Église; et il est arrivé (parl'eDtr»* mise d'un secours venu de Damas) que ces pierres, changaiBi de destination, sont devenues les remparts de rËgli80f à mesure que les Gentils ses persécuteurs devenaieal Chrétiens.

Si l'on voulait suivre plus exactement cette figure, il H rait peut-être bon d'y joindre la victoire miraculeuse quel roi Asa remporta sur Zara, roi d'Ethiopie; aussi bien qae • prophétie d'Azarias, laquelle, en si peu de mots, contiti des choses si singulières; et d'y joindre- aussi le reste di circonstances de la vie d'Asa (//. Paralip.j ch. XIY etXV

PIERRES, ÉDIFIilUS, Pl^KHËS PRÉCIEUSES. 343

Jfaéfluea fiiit allusion à cet événement dans le eh. XXXI, {pifoD Yoit la formation de TÉglise prédite sous l'image Anemaisoq pu d'une ville que Ton rebâtit, verset 4 : Je tm édifierai encore j et vous serez édifiée de nouveau^ vierge ilsraèl. Ypy69 aussi les trois derniers versets de ce même cbpitre.

ARTICLE XIII

LnJiîft -étaient en quelque sorte un obstacle à la conversion des Genlils ; cet obstacle a été 6té par la chute des Juifs.

U peuple juif, en un certain sens, était un obstacle à keooversion des Gentils. Il entrait dans le pUn que Dieu tfait formé, que ceux-ci seraient introduits pour remplir le lide que les Juifs laisseraient par leur défection. Les Jtiifs étaient donc, selon cette vue, une pierre qui bouchait le pas- ■ge aux Gentils. Mais ils Tétaient encore en un autre sens, fu les altérations qu'un grand nombre d'entre eux avaient fcites à la Religion. Leurs préjugés^ leurs fausses maximes, Icors fausses interprétations de TËcritui^e, leurs mauvais nemples, la confiance en leurs propres forces dont ils étaient Kmpiis ; toutes ces choses réunies formaient un obstacle invincible, moralement parlant, pour que les Gentils pussent ttlendre les saintes Écritures et y puiser les eaux pures de iiTérité. Par la réprobation des Juifs tout s'est éclairci ; la pêne a été ôtée, et c'est Jésus-Christ, le véritable Jacob, fu a opéré cet ouvrage.

Lorsque Jacob fut parvenu au lieu où il tendait, il entra, lu la Genèse (XXIX, 2)^ dans un champ on il vit un puits, etIroM troupeaux de brebis qui se reposaient auprès; car iiiaU de ce puitfi qu'on abreuvait les troupeaux^ et Ventrée «é(aû fertnée avec une grande pierre,.,. On dit à Jacob :

Voilà Rachcl, fille de Laban, qui vient avec son iroupeam^r: Jacob leur dit : Il reste encore beaucoup de jour, et il n'mâ^ pas temps de ramener les troupeaux dans Fétctble; faUi^ donc boire présentement les brebis, et ensuite vous lesi nerez paître. Ils lui répondirent: Nous ne pouvons le fa jusqu'à ce que tous les troupeaux soient assemblés, et ( nous ayons ôté la pierre de dessus le puits ^ pour leur i à boire à tous ensemble. Ils parlaient encore, lorsque Rac^^ arriva avec les brebis de son père. . . A lors Jacob ùta lapiez j qui fermait le puits, et fit boire son troupeau.

Cet endroit de la Genèse rappelle le souvenir de dir ^i traits qui se lisent dans le Cantique des Cantiques. VéfOJ est comparée, au eh. lY, à un jardin, à une source dN vive : elle est appelée, au verset 15, la fontaine desjartinm et le puits des eaux vives; mais il est dit, au verset 12, qwm€ c'est un jardin fermé et une fontaine scellée . -^

Si nous considérons maintenant cette épouse comme AM Synagogue, en tant qu'elle était dépositaire de la Religioovii^ il demeurera véritable , que la fontaine scellée ne deni^ être ouverte aux Gentils qu'au temps de la réprobation dfl^ Juifs, et que le jardin fermé ne devait leur être ouvertqi^ dans le temps où la vigne du Père de famille devait ètr^ ravagée, et la muraille qui la renfermait, détruite.

Cela revient à ce que nous avons cité de saint Paul ; il y avait une muraille de séparation, qu'il fallait que Jésus* Christ détruisit, afin que les Gentils pussent avoir entrée.

Le même Ap6tre nous représente l'introduction des GeiH tils dans l'Église comme une portion des plus admirables de l'œuvre de Jésus-Christ. Voici de quelle manière cet événement est représenté dans le Psaume XVII, verset 21 : Ils m'ont attaqué (c'est Jésus-Christ qui parle à la tète de ses disciples, comme lorsqu'il dit : Saul, Saul, pourquoi me

nEUUSS, ÉDIFICES, PIERRES PRÉCIEUSES. 34S

'?*■ ferskuie>vous?); ils m'ont attaqué les premiers au jour kmn affliction; mais le Seigneur s'est rendu mon protec^ tv; il m'a retiré et mis au large. . . . Vous sauverez, Sei-peur, le peuple qui est humble, et vous humilierez les yeux hmperbes. Car cest vous. Seigneur, qui allumez ma lÊBÊpe; mm Dieu, éclairez mes ténèbres. (Ce verset, comme le voit, a rapport au symbole des Lampes ; le suivant mire dans celui des Pierres et des murailles.) Car c* est par ww, continue le Psaume, que je serai délivré de la tentaiÎM, et ce sera par le secours de mon Dieu que je franchifti h muraille. Et il vient, au verset 47, à la conversion ài nations, qui sera la ressource contre la défection de fiBcien peuple. Vous me délivrerez des contradictions du ff^le^ vous m'établirez chef des nations. Un peuple que jtM^acais point connu m* a été assujetti; il m'a obéi aussitôt fiila entendu ma voix. Ce grand événement semblait imfMÎble ; une muraille élevée (c'est celle dont parle saint fW) en empêchait l'accomplissement ; mais Jésus-Christ, ctses disciples sous sa conduite, ont franchi cette muraille: (rDeo heo transgrediar murum. Ce même peuple s^est sou- ■B, contre toutes les apparences humaines , î^ la prédica- (oDde rÉvangile, et l'ancien peuple est devenu un peuple «hnger. C'est ce que le verset suivant exprime : Des enfants irmgers ont agi avec tromperie à mon égard : Filii alieni ■srm SONT MiHi. Des eiifants étrangers sont tombés dans la H»lat%on, ils ont boité dans leurs voies... C'est pour cela fut je vous louerai. Seigneur, parmi les nations.

ARTICLE XIY.

Dieu 6te le cœur de pierre à ceux qa*ï\ fait entrer dans la nooyelle EDdurcissement des Juifs monté à son comble.

Quoique nous ayons déjà vu la parabole des pieix[|| envisagée en bien des manières dans les divers liviei i rÉcriture, pour exprimer la réprobation d'un peuple efj substitution d'un autre ; néanmoins il reste encore un o(| très-considérable de cette parabole^ dont nous n'avons pQg| encore parlé. Nous avons considéré les hommes, optant des pierres propres à entrer dans im bâtiment ; ou mèo||J comme formant chacun un édifice complet ; nous les àji§^ considérés comme des pierres précieuses, ou des pierc^ rebut ; comme des architectes, comme les citoyens d'f|| ville ou d'un royaume, qui étaient mis à couvert par 41 murailles de pierres, ou bien, qui trouvaient des obst^fijl dans des remparts qu'on leur opposait. Il s'agit mainteim) de comparer leur cœur avec la pierre. On comprend cp nous avons en vue les passages où il est parlé du cœur 4 de pierre et du cœur de chair; il serait superflu de rapporil tous ces passages. Coutenions-nous donc de dire que II Juifs avaient an cœur de pierre que l'ancienne alliance l leur avait pas ôié ; et qu'il était réservé à la nouvelle allian de leur donner un cœur de chair à la place du cœur ( pierre. C'est le miracle que Jésus-Christ a opéré, premier ment sur un petit nombre de Juifs , secondement sur i grand nombre de Gentils. lia fait fondre les pierres^ sel une expression employée dans l'Écriture, par la force sa grâce.

Les Gentils qui adoraient des pierres pourraient, par < endroit, être comparés aux pierres, à l'exclusion des JuiJ

PIEKRESy ÉDIFICES, PIÇBRES PHËCIEUSES. 347

MÛ Dieu a fait naître de ces pierres des enfants à Abraham; itoù peut dire, en suivant la même vue, que Jésus*Christ idiaDgéles pierres en pain.

Dans le temps de Tancienne alliance^ la loi de Dieu était écrite sur des pierres : premièrement, sur les tables de la In ; secondement, sur ces grandes pierres que Josué éleva ans la terre promise. Dans le temps de la nouvelle alliance, kJoide Dieu a été écrite dans les cœurs par le Saint-Esprit, fin est le doigt de Dieu. Les tables de la loi étaient conseriks dans l'Arche ; et le cœur de chacun des enfants de la loaYelle alliance, est devenu une arche vivante ; et si les idèles sont en leur manière des pierres vivantes, la loi de Dieu a été écrite sur ces pierres ; leur nom est écrit devant Dieu, et le nom de Dieu est écrit dans leur cœur : Je donneniau victorieux la manne cachée^ est-il dit, Apoc.y II, 17^ !<;> lui donnerai encore une pierre blanche, sur laquelle lenr écrit un nom nouveau, que nul ne connaît que celui qui k reçoit.

Jésus-Christ Ole le cœur de pierre à ceux qu'il ressuscite firsa grâce ; il écarte aussi certains obstacles qui s'opposent i la conversion. C'est ce qui est marqué par la pierre qui ienoait le tombeau de Lazare : Jésus-Christ la fit ôter, pour i*iparer la voie à sa résurrection. La pierre qui fermait le tombeau de Jésus-Christ entre dans la même analogie ; ttsi bien que la pierre dont on ferma l'entrée de la fosse iBx lions^ après que l'on y eût fait entrer Daniel. En même ^ps on apporta une piètre qui fut mise à rentrée de la fotSBj et scellée du sceau du roi et du sceau des grands de sa cottt'. Cette pierre n'était pas posée uniquement pour empocher que Daniel en sortit, mais aussi pour empêcher qu'on ^ vint d'ailleurs pour lui faire du mal : de peur quon ne fi^quelque chose contre Daniel {Dan., VI, 17).

Eî 348 QUATRIÈME SYMBOLE.

Les Juifs avaient déjà un cœur de pierre avant que Jésnfl** Christ vint parmi eux ; mais leur endurcissement s^aocnA^ par la manière dont ils reçurent Jésus-Christ et ses discipléi^"^ C'est ce qui est figuré par ce qui arriva à l'insensé Nalafi (/. Rois, XXV, 37) : Son cœur devint en lui-même camm^ mort, et semblable. à une pierre.

Après que les Juifs sont tombés dans cet état, Diea~ - j accompli sur eux la menace qu'il leur avait faite dans 1c« II* chapitre d'Osée, v. 6. Ils y sont représentés sous rimag^ d'une épouse infidèle : C^est pourquoi, dit le Seigneur, j^ m* en vais lui fermer le chemin avec une haie (T épines; jSgî le fermerai avec un monceau de pierres (xMaceria) et elle ji3 pourra trouver les sentiers par où elle passait.

Ce même état est exprimé avec une nouvelle force , les Lamentations de Jérémie, ch. III, v. 5 : Le Seigneur al autour de moi, il m'a environné de fiel et de peine. IlnftK^ mis en des lieux ténébreux, comme ceux qui sont morts pmi^'^ jamais. (Voilà Timagedu tombeau mis en œuvre.) Ilaékv^ des forts contre moi pour m' empêcher de sortir. Il a ferm^ mon chemin avec des pierres carrées, il a renversé mes M^ tiei's. Le Prophète, au chapitre précédent, avait représenté les malheurs de ce peuple sous l'image d'une ville démolie (lbid.,II, 5) : Le Seigneur est devenu comme un ennemi; ilê renversé Isf^aël; il a fait tombe?' toutes ses murailles ^ il û détruit ses remparts. .. Il a renversé sa tente^ comme unjar» din qu'on détruit; il a démoli son tabernacle... Le Seigneur (t résolu d* abattre la muraille de la fille de Sion; il a tendu '• son cordeau, et il na point retiré sa main que tout ne fui ' renversé; le boulevard est tombé d'une manière déplorable^ et le mur a été détruit de même. Ses portes sont enfoncées dans la terre ; il en a rompu et brisé les barres; il a banni son roi et ses princes parmi les nations; il /i'y a plus de loi,

PIEBRESy ÉDIFICES, PIERRES PRÉCIEUSES. 349

tt ses prophètes n*oni point reçu de visions prophétiques du Seipieur. Lorsque Fou compare ces traits avec ceux du dnpitre III, que nous venons de rapporter, on voit que eenida chapitre III renchérissent sur les autres. Après que k fille est démolie avec ses remparts, on bâtit pour retenir «captivité ceux dont on a détruit la ville ; on démolit les tfficesqui leur étaient avantageux, et Ton en construit fintres qui leur sont funestes.

II est bon de rappeler ici le plan du chapitre XI de J^itre aux Romains. Dans le même sens où les Juifs Aiient, en leur temps, un obstacle à la conversion des Gen- Us, selon la remarque que nous en avons faite. Article IX, «peut dire aussi, que les Gentils sont devenus un obstacle Ik conversion des Juifs. C'était dans le temps du retran- Aementdes branches naturelles, que les branches étranlêresdevaient être entées; et cen'étaitque dans ce temps-là, kIod le plan des desseins de Dieu , qu'elles le devaient (tre. Saint Paul parle ensuite d'une seconde révolution, et ions montre, sous un seul coup d'œil , les branches natuidks entées de nouveau et les branches étrangères retranches à leur tour.

Tandis que l'édifice composé des Juifs se soutenait, les Gentils ne furent pas nécessaires. Les Juifs étant tombés, les fieatils ont fourni les matériaux pour relever l'édifice. L'éttoe construit des Gentils est donc un édifice de jalousie pour les Juifs ; des étrangers ont pris leur place ; et un évéloaent si imprévu aux hommes les aveuglant, ils n'ont pu . sepersoader qu'un Messie reconnu par un peuple de Gentils, iUle Messie véritable. La docilité des Gentils qui aurait dû kor servir d'exemple, leur est devenue une pierre de scande et un prétexte d'infidélité. Avant que les Juifs fussent tejelés, ces Juifs formaient un mur qui empêchait en quel-

3S0 QUATRIËMè SYMBOLE.

que sorte la milltiiuâe des Gentils d^ëntrer ; V^\ai dés thi a changé y et les Gentils ont formé^ à leur tour, un ttiûi a produit le même effet par rapport ails Juifs.

Au premier obstacle opposé à la cotiversion dés Jil obstacle attaché, dans le sens que nous avons expliqué, vocation des Gentils, mais qui se tirait partictilièrémeià'l la mauvaise disposition des Juifs, il s'en est réuni d'atiti dans la suite, d'une autre espèce. Il s^est glissé parmi Gentils, devenus chrétiens, dés abus de toutes les sortt les Juifs les ont vus, et en ont été scandalisés. Cela ne jmti pas leur opini&tt*eté à ne vouloir point entrer dans TÉglH mais cela ne contribue pas peu à l'entretenir. Il est CeHit premièrement, que cela rend leur retour plus difBicild; i condement, si quelqu'un d'entre eux se fait chrétien î trouve au milieu même de l'Église de mauvais exempleSi il peut y trouver des gens qui lui débitent de fausses maxini qui ^ndront à le détourner de la voie droite qui le mènên à Dieu. C'est pourquoi il est manifeste que, si toute lànati( se convertissait , et cela dans Tordre ordinaire où se fo aujourd'hui les conversions des infidèles , il arriverait i( les Juifs convertis ne deviendraient pas meilleurs qdé plupart des hérétiques et des païens qui etnbrassent la ^ ligion catholique dans les diverses parties du monde. ( s'il y a des promesses en faveur des Juifs, il est cerfi qu'elles renferment l'idée d'une conversion tout autreflu parfaite.

Il y a donc ici deux choses à distinguer : 1* La iidélité i Gentils a formé, par accident, un obstacle qui a empêché Juifs de se faire chrétiens; cet obstacle subsiste dès le ce mencement, et n'est pas levé. 2*" L'affaiblissement des Cfa tiens qui serait aujourd'hui un très-grand obstacle p que les Juifs devinssent bons chrétiens, quand, d'aillet

purres, édipicês, pierrcs précieuses. 3B1

«apposerait qa'ils fossèiit prêts â embrasser le Ghris-

taiisine. Les Gentils ont pris, en leur temps, la place des

MEsdansTédifice; et par la saitë des temps, Tédifice formé

fa Gentils a ressenti les déchets de la vieillesse. Or, les

Att s'attachent à considérer l'édifice^ non par les endroits

^ le fendent respectable , mais par ceux qui sont les

[Mqoes de la vieillesse ; de là il arrive qu'ils le méprisent

lil bV veulent point entrer ; et sMls y entraient dans Tétat

linnt les choses , il serait à craindre qu'ils ne devinssent

[irtlables au grand nombre de pierres frappées de lèpre,

■lea de ressembler au petit nombre de pierres précieuses

fi sont encore dans Pédifice.

lais avant de parler de ces temps malheureux, eonsidéiM encore une fois l'entrée des Gentils dans l'Ëglise avec Mmites.

Uidiiciples de Jésus-Christ bâtissent solidement lorsqu*ils mettent kv confiance en Dieu. Ils voient renverser les édifices du peuple eaiemi, parce que ce peuple mettait sa confiance dans ses propres ■orces.

' Jésus-Christ propose dans le sermon sur la montagne les fiéoeptes de sa morale dans leur précision et leur étendue, dil conclut en ces termes [S. Mat th. y VII, 24) : Quiconque aUend ces paroles que je dis, et les pratique, est semblable à un homme sage qui a bâti sa maison sur la pierre; la fhde est tombée^ les fleuves se sont débordés, les vents ont wmfflé et sont vefius fondre sur cette maison, et elle n'a point été renversée parce quelle était fondée sur la pierre. Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne lespra-

tique point, il est semblable à un insensé qui a bâti sa maUofm sur le sable; la pluie est tombée, les fleuves se sont < dés, les vents ont soufflé et sont venus fondre sur cette $ son, elle a été renversée, et la ruine en a été grande. t^^

La vérité que ces paroles proposent à découvert est de h^ nature de celles que les Pélagiens reconnaissent. Celui ( pratique les instructions de Jésus-Christ est un hommes celui qui ne les pratique pas est un insensé : Tédifioe i l'un est solide, l'édifice de l'autre sera renversé. Mais fo vient primordialement la différence? D'où vient que l'é&^g fice de celui-ci est solide, et que l'édifice de celui-là neFei^^ pas? C'est, dira-t-on, parce qu'il pratique les instrudioM^^ de Jésus-Christ, et que l'autre ne les pratique pas. Maiso0tti|^ réponse n'épuise pas la difficulté, parce qu'il reste tougonn^^ & demander, d'où vient que c'est l'un plutôt que l'autre qiit pratique ces divines instructions ? \^

Il est encore véritable, que celui qui bâtit sur lapiem'i^

pratique les instructions, et que celui qui pratique lesiM":

tructions bâtit sur la pierre. Mais n'est-ce là qu'une seule ..^ chose exprimée en deux manières? Ou bien, lors qu'on parie ^ de bàiir sur la pierre, exprime-t-on quelque chose qui précède (au moins d'une priorité de nature) la pratique des ^ instructions? C'est ce dernier sens que saint Luc doDM .^ clairement à entendre, lorsqu'il décrit ainsi le caractère de celui qui pratique: Il est semblable, est-il dit [S.Luc, VI, 48), à un homme qui bâtit une maison, et qui, ayant creusé bie» ^. (tvant, en a posé le fondement sur la pierre.... Celui ^ atf i^ contraire, qui ne pratique ])aSy est semblable à un homme qui a bâti sa maison sur la terre^ sans y faire de fofuiement. Il y a donc certaines dispositions qui sont montrées comme préalables à la pratique des commandements. Il faut créaj^er, et creuser assez avant pour trouver la pierre. Quiconque

nSlBESy ÉmFICBSy PIERRES PRÉCIRl SES. 353

lUtît pas sur la pierre, mais sur le sable, peut s'assurer Ksoo édifice sera renversé.

Sîi'on demande quelles sont ces dispositions qui peuvent » r^^ardées comme préalables à l'observation des comidements on en pourra alléguer plusieurs : l'attention, jgilance, la prière, l'humilité, etc. Mais, entre les autres, en a-t-il point quelqu'une que l'on puisse regarder me la première , et comme celle à qui la décision est i précisément attachée? Oui sans doute ; et cette disposiest marquée par un mot que saint Luc rapporte dans Iroit que nous venons de citer ; c'est Jésus-Christ qui e, verset 47 : Je veux vous montrer à qui ressemble iqui vient à moij qui écoute mes paroles, et qui lespra- €. Celui qui vient a moi, c'est ce mot que nous cherus. Aller à Jésus-Christ , mais y aller de manière que y parvienne, c'est creuser jusqu'à la pierre ; c'est aciplir dans toute son étendue ce que demande saint Pierre, qa'ilveut^tte Fon s'approche de Jésus-Christ comme de fierre vivante (/. Pierre, II, 4) ; pour parler sans figure, tehercher non sa propre justice , mais la justice qui itde Dieu par Jésife-Christ ; encore plus clairement, I s'approcher de Jésus-Christ avec une ferme confiance m recevra de lui le don de pratiquer ses préceptes. Voilà [ui s'appelle, dans le sens le plus précis^ poser le fondeit de son édifice sur la pierre. C'est poser l'édifice de la ice et du salut, non sur le sable mouvant de la liberté laine, mais sur le fondement inébranlable de la bonté et a puissance du Dieu incarné qui a racheté les hommes. luiconque entreprend l'ouvrage de son salut sans aller {oe-làest un insensé, et il le peut être en deux manières ; le, s'il ne pense pas à chercher de fondement ; l'autre, piend le change, et qu'à la place du fondement solide

3K4 QUATRIÈlfS SYMBOLE.

il s'arrête à un fondement ruineux. Il ne cherche pas de tm dément, et en cela il est insensé s'il met la main à IVbo^ sans examiner d'où lui viendra la fidélité à pratiquer instructions qu'il a entendues. Il est insensé de l'autre Q nière si, après l'examen, il prend son libre arbitre pour pi mière cause de ce qu'il est ou sera discerné d'avec ceux q ne pratiquent pas les commandements ; il prend alors ç propos délibéré la terre et le sable mouvant pour fondemsi de son édifice, et le préfère à la pierre. S'il bâtit dans uâ telle disposition, son édifice ne sera autre chose, sinon eell maison des superbes dont il est parlé, ProverbeSy ^V^Sj et que le Seigneur détruira : Domum superborum demoSê tur Dominus.

Nous avons remarqué, ci-dessus, quç cette parole s'étf pleinement vérifiée des Juifs qui n'étaient autre dioÉ qu'une assemblée de superbes qui, refusant de se soumeM à la justice qui vient de Dieu , prétendaient établir M propre justice ; c'est pourquoi, au lieu de bâtir sur la pieoi saint Paul nous apprend qu'ils se sont heurtés contre k pleine. Saint Paul ajoute au môme endroit [Rom., IX, 33) que tous ceux qui croiront en Je'sus-Christ^ lequel estcetk pierre, ne seront point confondus. C'est ce que les Gentil ont fait; ils ont mis leur confiance en Jésus-Christ, etdel sont venues les bénédictions abondantes dont l'œuvre de 1 conversion des Gentils a été suivie.

Nous avons comparé l'ouvrage des Juifs, ennemis de l sus-Christ, à la construction de la tour de Babel, parce q c'était un ouvrage d'orgueil. Les Gentils sont parvenus à justice par l'humilité : ils ont éprouvé la vérité de cette ] roledu Sage {Proverbes^ XVIII, 10): Le nom du Seigneur une forte tour; le juste y a recours, et il y trouve une ha forteresse; il attribue tout à Dieu, et c'est ce qui fait c

M^'icerabsiste. Mais le Sage nous appread aussitôt com-

■at il arrive que l'édifice soit renversé ; c'est lorsque

HuauDe oublie qu'il ne possède rien qui ne lui soit donné,

rtqnioe loi soit gratuitement conservé à chaque instant;

(vœtoabli il devient riche à ses propres yeux.

Le Sage oppose un riche de cette espèce, c'est-à-dire un

fai riche, au juste dont il venait de tracer le caractère

gerbes j XVIII, 11) c Les richesses du riche lui paraissent

mvUk bien fortifiée, et comme une épaisse muraille dont

itst environné. (L'hébreu ajoute que cela se passe dans son

âipiiiation.} Le coeur de thommCy poursuit le texte sacré,

iHèce avant que ditre brisé, et il est humilié avant détre

été en gloire. On lit dans ces paroles le sort des Juifs ré-

Jloavés, et des Gentils appelés. Les faux justes de la Syna-

llgee se regardaient comme au milieu d'une ville impre-

idde ; ils s'élevaient, et c'est à cause de cela qu'ils ont été

. Les disciples du Messie, au contraire, avouaient leur

et leur indigence^ et c'est par là qu'ils ont été éle-

^en gloire ; le nom du Seigneur, auquel ils ont couru avec

empressement, est deyenu pour eux une forteresse.

Cest ce qu'Isale exprime d'une manière admirable , chapitre XXVI, v. 4 : Aiors on chantera ce cantique dans k terre de Juda : S ion est notre ville forte, le Sauveur en «w lui-même la muraille et le boulevard. Ouvrez-en les fortes, et qu^un peuple juste y entre... Vous avez mis pour jemais votre confiance dam le Seigneur, dans le Seigneur ^Mrt Dieu j dans le fort toujours invincible. Car il abaissera teuxquisont dans ^élévation; il humilicj'a la ville superbe; Ht humiliera jusqu'en terre, il la fera descendre jusqu'à la fomsière.

Le Prophète, à la fin du chapitre précédent^ adressant h parole à cette ville (qui dans le sens immédiat est la ca-

pitale de Moab^ mais qui n'en est pas moins propre à repn senter la Synagogue devenue, par son orgueil, semblab au peuple ennemi deDieu), lui avait déjà dit, oh. XXY, ▼. 1: Le Seigneur déploiera toute la force de son bras pour d truire ton orgueil. Il renversera la masse superbe de t murailleSy il les abattra^ il les fera tomber par terre^ et les réduira en poudre. Le Cantique du chapitre XXVI ajool tout de suite : Cette ville sera foulée aux pieds de ceux gt n'ont rien. Ce sont ces indigents, c'est ce pauvre qui est a| pelé le juste au verset 7 : Le sentier du juste est droit, i chemin du juste le conduira droit dans sa voie. C'est oeb dont il est parlé dans les Proverbes, XYIII , 10, qui cam au nom du Seigneur. C'est pourquoi le Cantique poursuit m disant : Af/ssi nous vous avo7is attendu. Seigneur, dans 4 sentier de votre justice : votre nom et votre souvenir sont i désir et les délices de F âme. Enfin , on déclare que ces juge ments, par lesquels Dieu élève les humbles et abaisse bj superbes, serviront d'instruction aux habitants de la tem Lorsque vous aurez exercé vos jugements sur la terre ^ h habitaiits du monde apprendront à être justes.

Ce que dit Isale de cette ville dont les murailles sont rmi versées, et qui est après cela foulée aux pieds du pauvra rappelle sensiblement le souvenir de Jéricho, dont les mu railles furent renversées au son des trompettes. Comme non réservons à en faire une autre application, nous nous con tentons d'indiquer celle qui se peut légitimement faire loi.

On commence à considérer TËglise dans la suite de son hisloîre.

Les fidèles en commun sont l'édifice du Seigneur, selo saint Paul, et les pasteurs sont les architectes de l'édifice. I

PIEIRES, ÉDIFICES, PIEHRES PRÉaEUSES. 357

do Seigoenr est pour chacun des justes une tour, dit

k livre des Proverbes. Il faut ajouter à ces deux idées celle

nous fournit TÉvangile , qui compare chaque chrétien

à an homme qui b&tit une tour. Cela répond à la pensée de

■iot Pàuly lequel appliquant à chacun en particulier Tidée

fou b&timent complet, dit que lui , Paul , pose le fonde-

■ent unique qui n'est autre que Jésus-Christ , et que cha-

OB doit prendre garde à ce qu'il édifiera sur ce fondement.

léns^Ihrist, dans le sermon sur la montagne [S. Matth.,

V,li), compare les Apôtres à une ville placée sur une mon-

kjMf et dit que cette ville ne peut être cachée. Personne

Ignore que cette parole , après s'être accomplie dans la

psoDne des Apôtres, se vérifie aussi de leurs disciples et

è leurs successeurs.

De tous les édifices particuliers, il s'en fait un général qui l'crt antre que l'Église. On peut aussi considérer l'Église ■iferselle comme formée de l'assemblage de plus ou moins 'édifices, à proportion que l'on y distinguera plus ou moins k parties. Ainsi l'Église universelle sera tantôt une ville «on royaume, tantôt un temple ou un palais, et d'autres loBone ou plusieurs maisons. Nous pourrions donc placer iôdiverses prophéties que nous n'avons pas encore touchées, fû annoncent l'accroissement et raffermissement de TËglise >ois l'image d'une ville que l'on bâtit ou que Ton fortifie ; ttrquoique nous les réservions pour le temps de la couverioD des Juifs, il n'en est pas moins vrai qu'elles ont leur i{iplication à l'Église dès le temps des Gentils. C'est un prin* ôpeque nous proposons perpétuellement, après l'avoir reçu de saint Paul; savoir, que ces deux temps se figurent l'un ïaatre, et qu'ainsi la plupart des prophéties qui convien- Be&tàl'un^ conviennent à l'autre dans une juste proportion.

Que le lecteur rappelle donc dans sa mémoire tout ce qui

est dit dans les livres des Bois et des Paralipamènes \ chant la construction des murs et des autres édifices de . salem, du palais de David et ensuite de celui de SalomoiE: surtout du temple de Jérusalem. Toutes ces choses sont tant de figures, plus ou moins étendues, de la formation rÉglise. Donnons ici un exemple de Tusage que l'on en ^ faire.

Jacob, allant en Mésopotamie, consacre une seule pieis Après son retour, il élève un autel au même lien, qu'il oq sacre pareillement, répandant de l'huile dessus; àmaîii que Ton n'aime mieux distinguer de l'autel le monument di pierre dont il est parlé, Genèse , XXXV, 14 : Jacob dressam monument de pierre au même lieu où Dieu lui avait parUt il offrit du vin dessus, et y répandit de F huile. On peut, aval fondement, réunir par l'esprit ces premiers monuments di culte de Jacob , avec le temple magnifique de Jérasaleo: Salomon ne fit autre chose que de continuer à Jérusalem 61 que Jacob avait commencé à Béthel.

C'est ainsi qu'en suivant l'histoire de l'Eglise , on toU perpétuer à Rome ce que l'on a vu commencer premièrement sur les bords du Jourdain , ensuite à Jérusalem eti Antioche. Jésus-Christ aperçoit Simon-Pierre sur le borâ du Jourdain, il le destine dès lors pour être le premier de ses disciples : Vous vous appellerez Pierre, lui dit le Stfr gneur. Une année ou deux après, sur le chemin de Tibériade, Jésus -Christ développe sa promesse : Vous étesPiem^ et sur cette pierre, etc. Après la résurrection , Jésus-Chrii remplit cette môme promesse lorsqu'il donna aux Apôln le pouvoir de lier et de délier. Le jour de la Pentecôte vient l'Église est établie, premièrement à Jérusalem, ensuite Antioche, et en troisième lieu à Rome. Que l'on se tram porte maintenant au w^, au V et au vi* siècle, que l'on ooi

FIBRRBS, ÉDinrSS, PIRHRES PRÉCIEUSES. 359

I l'Église dans Féclat et Té tendue qu'elle avait alors ; 1 miliea de TÉglise universelle, on s'attache, si on veut, ndërer FÉglise de Rome comme distinguée des autres; st pas la seule Église^ mais entre toutes les autres c'est ïmière et la principale ; quel éclat n'avait pas cette I aa temps, par exemple, de saint Léon et de saint lire le Grand ! C'était un grand édifice , dont la prepierre avait été trouvée sur les bords du Jourdain, et srée à plusieurs reprises par la parole de Jésus-Christ l'onction du Saint-Esprit. Le temple de Jérusalem est iplément d'un même ouvrage. Saint Pierre et l'Église me, les Apôtres et toutes les Églises du monde, entrent la composition d'un même tout; les uns sont les fondely les autres l'édifice.

pplication de tout ce qui est dit de la construction du e est aisée à faire à l'Église. Quelle multitude d'hommes employée à la formation de l'Église dans le temps de ande multiplication! (//. Paralip. , II, 1) : Salomon li de bâtir un temple à la gloire du Seigneur, et un \pùur lui-même; et il fit compter soixante et dix mille tes pour porter les fardeaux sur leurs épaules , et t'vingt mille pour tailler les pierres dans les mon- $, ei il en établit trois mille six cents pour être ins-îr$. Quel nombre de pierres et quel nombre d'ouvriers, mparaison de l'unique pierre de Béthel , et des douze les choisis de chaque tribu par Josué pour transporter ors épaules les douze pierres tirées du fond du Journ est à remarquer que tous ces gens-là étaient, non de e d'Israël, mais des prosélytes qui étaient dans la terre Tel (Ibid., verset 17). Il est marqué, III' liv. de^RoiSy I, que 5<ï/omow leur commanda de prendre de grandes r€$y ées pierres d'un grand prix (lapides pretiosos), pour

les fondements du temple, et de les préparer pour cet effk On voit aussi, par le verset 13, qu'il y avait des Israéfil employés à la construction du palais que Salomon bâtit piM lui-même, et de celui qu'il bâtit pour la fille de PhaiM qu'il avait épousée.

L'Église s'est accrue, et la prophétie du H* cb. d'Aais^j du lY* de Michée s'est accomplie. L'Église a paru eoml la maison du Seigneur b&tie sur une montagne, ou conui la montagne même, élevée au-dessus des autres montagM et les nations se sont hâtées d'y venir en foule.

On peut se souvenir ici de la petite pierre de Daniel^ à tachée de la montagne, qui brisa la statue, et devint eUi même une grande montagne.

ARTICLE XVII

Goniinuatîon da même sujet. Temps de FËglise plus ou moins heana

On voit par l'histoire, combien il y a déjà de siècles qi dure la construction de l'Église. Pendant ce temps chaqu pasteur^ chaque fidèle travaille à la construction de l'édifie^ ou de la portion de l'édifice qui lui est propre. Selon la pt rôle de l'Évangile, il n'y a point de fidèle qui ne commeM à bâtir une tour ; mais les uns achèvent la tour, et les aatni la laissent imparfaite, et ce qu'ils ont bâti devient inutili Tous les Chrétiens entendent parler des instructions de lé sus-Christ; mais les uns les mettent en pratique, etlesaotii ne le font pas ; ces derniers bâtissent sur le sable, lesautai sur la pierre. Les Chrétiens se partagent donc, dans tous h temps, en deux classes, dont les uns bâtissent utilement| < les autres ne réussissent point dans leurs entreprises. L temps de l'Église sont heureux ou malheureux, selon que nombre des uns ou des autres se multiplie davantage. Loi

PIBBBESy ÉDIFICES, PIERHES PRÉCIEUSES. 361

fm le nombre des insensés qui bâtissent sur le sable est gnnd, il est impossible de ne pas concevoir quMl se trouve lion au milieu de TÉglise beaucoup de ruines. On y voit imiaoR oommencées, et que l'on n'achève point. Ceux qui knmarquent disent de chacun de ces gens^là : Cet homme mtit commencé à bàiir^ mais il n'a pu achever (S. Luc^ IIV,30).

Foor exprimer la même chose sous un autre emblème, on «Ni tiers, an milieu du vaste champ de l'Église^ beaucoup de champs incultes, parce qu'ils sont couverts de pierres ; «en voit où la semence germe et ne vient point à matudé, i cause des pierres qui empêchent qu'elle ne trouve ieooarriture. On voit dans le prophète Amos une image à jeaprès semblable, ch. VI, v. 13 : Les chevaux peuvent^ ii courir au travers des rochers ^ ou peut-on y labourer avec iohosufs ? Comment donc pourriez-vous espérer le secours ■de Dieu, vous qui avez changé en amertume les jugements I fK vous deviez rendre^ et en absinthe le fruit de la justice ? I bfin, pour reprendre l'image d'une ville, on voit grand I iBBbre de maisons frappées de lèpre; plusieurs, d'une lèpre I ÎKarable ; d'autres, qui auraient besoin de toutes les sages ■■ |véeantions que la loi de Dieu prescrit sur un tel sujet. On nit aussi des maisons solidement bâties; on en voit qui ont fNr fondement la pierre par excellence ; et parmi ces maille, quelques-unes se font remarquer par l'or, l'argent et hpierres précieuses qui sont entrés dans l'édifice ; d'autres IM paraissent couvertes de foin et de paille. Ce sont les qoiboies que saint Paul emploie expressément^ et il parait fe, selon la manière dont il suit la parabole dans cet enhiAj il ne range pas les édifices de cette dernière espèce praii ceux qui sont absolument condamnés. Ea saivant les images que nous venons de toucher, il est

aisé de reconnaître que les temps malheureiix de VÉgi sont représentés par ce qui est rapporté au second lii d'Esdras, ch. II. On y voit une peinture admirable âh homme animé de TËsprit de Dieu, qui s^applique prenoMi met dans le silence à reconnaître en détail quels sont ] maux de rÉglise, et qui se consacre ensuite pour tAcher i apporter quelque remède.

Étant arrivé à Jérusalem, dit Néhémie, verset l\, j demeurai pendant trois jours, et je me levai pendant. nuit, ayant peu de gens avec moi. Je ne dis àperst^nm que Dieu m* avait inspiré de faire dans Jérusalem; et je n\ vais point là de chevaux j hors celui sur lequel j'étais moal Je sortis la nuit par la porte de la vallée, je vins devani fontaine du dragon j et à la porte du fumier; et je consii rais les murailles de Jérusalem qui étaient toutes abattue et ses portes qui avaient été brûlées. Néhémie continua i relation.

Ce zélé Israélite était encore au château de Suze, lorsque apprit les premières nouvelles du triste état où était Jén salem. Ilanani fun de mes frères, dit Néhémie, ch. I, v.l vint me trouver avec quelques-uns de la tribu de Juda;i je leur demandai des nouvelles des Juifs qui étaient reUi après la captif fité, et qui vivaient encore, et de Pétat où it0 Jérusalem. Ils me répondirent ; Ceux qui sont restés apn la captivité, et qui demeurent en la province de Judée, wn dans une grande affliction et dans V opprobre. Les murailh de Jérusalem sont toutes détruites , et ses portes ont i consumées par le feu. Ayant entendu ces paroles, je niasà je pleurai , et je demeurai tout triste pendant plusieu jours. Je jetinai et je priai en la présence du Dieu du ek Ce fut ensuile de cela qu^il prit la résolution de venir à J rusalem. Après qu^il eut achevé la visite de ses murs,

PŒRRESy telFIGISi PIERRES PRÉCIEUSES. 363

Mwmbla les prêtres et les principaux de la ville, et leur dit (IW., U, il):Votis voyez t affliction oti nous sommes. Jéruest déserte, et ses portes ont été brûlées. Venez, rebâties murailles de Jérusalem, afin qyHà V avenir fious msmfonsplus en opprobre.

L'appUcation de toutes ces choses se présente d'elle-

■ème. On voit dans Nëhémie Timage d'un homme touché

fa maux de FÉglise, qui s'en afflige devant Dieu et dans

bKeret; il prend ensuite les mesures que Dieu lui suggère

fB0 y apporter quelque remède ; il le fait avec courage et

nec prudence ; il anime ses frères, et résiste avec fermeté à

Mt qai viennent à lui avec de mauvais desseins. Tels

knt ceux qui se raillaient de Néhémie , et lui disaient

(iwiet 19) : Qtte faites-vous là ? Cette entreprise 71* est-elle

fnune révolte contre le roi? Je répondis à cette parole^ et

ftkiir dis: C'est le Dieu du ciel qui nous assiste lui-mêfne,

U mm sommes ses serviteurs. Continuons donc à bâtir ; car

Mr tous, vous n^avez ni aucune part^ ni aucun droit à

Jérusalem j et votre nom y sera toujours en oubli. Le cha-

pîtfB suivant conlient en détail les noms des principaux de

Ml qui s^employèrent à rebâtir Jérusalem ; leur mémoire

iriprécieuse devantDieu.

On lit au chapitre IV, verset 2, les railleries que faisaient iMnennemis. Que font ces pauvres Juifs, disait Sanaballat; ^peuples les laisseront^ils faire? Sacrifieront-ils et achè- ^tfmt'ils leur ouvrage en un même jour? Bâtiront-ils •ee des pierres que le feu a réduites en un grand monceau ^poussière? Tobie Ammonite qui était proche de lui, disait itmême: Laissez- les bâtir; s il vient un renard, il passera pr-dessus letirs murailles de pierre.

Cependant Touvrage avançait, et les brèches étaient ré- Ittitt jusqu'à la moitié, lorsque les ennemis des Juils se

réunirent pour venir les attaquer : leur vue était d'user A surprise. Ce fut alors que Néhémie mit en œuvre cette pvé caution qui est devenue si célèbre ; il fit tenir sous les amoÉ une partie du peuple^ l'autre partie était occupée au trairaîl et ces derniers faisaient leur ouvrage d'une main et tenaieri leur épée de l'autre; ils travaillaient au bâtiment, et soii naient de la trompette aussitôt qu'il y avait quelque alarma On voit dans les chapitres suivants l'heureux succès qu'eol rentles soins de Néhémie, Nous en parlerons de nouveau lorsque nous ferons une application plus étendue de oetil figure.

Au temps dont nous venons de voir la description, Diei prêtait son secours pour réparer les brèches de Jérusaleml mais il permettait qu'on ne le fit qu'avec d'extrêmes diSfi cultes. On était dans une situation bien différente de celli du règne de Salomon qui bâtit en paix le temple du Sei* gneur ; il orna la ville de Jérusalem de divers édifices; Q l'entoura de murailles ; il bâtit quantité de villes fortes; il fortifia toutes les places de ses États, et tout cequHlluiphA de bâtir, dans Jérusalem^ sur le Liban^ et dans toute ritenF due de son royaume [IIL Rois, IX, 19). Avant de commen^ cer à bâtir, il disait [Ibid., eh. V, v. 4) ; Maintenant le Seh (jneuT mon Dieu m\i donné la paix avec tous les peuples qm 7n\'nvironnent, et il n^y a plus cTennemi qui s'oppose < moi, ni qui inquiète mon peuple par ses courses; c'est pour* quoi j'ai dessein de bâtir un temple au Seigneur. Néhém» au contraire était environné d'ennemis; il fallait être contî nuellement sous les armes : cependant on ne laissait pas d'à vancer ; l'épée que l'on tenait d'une main, n'empêchait pa que l'on employât utilement la truelle de l'autre.

Le temps de Néhémie était doue un temps malheurew en comparaison de celui de Salomon ; mais il était heurew

niBBESy tolFICBSy PIERRES PRÉCIEUSES. 365

I eompanison du temps dont parle le prophète Amos, ionqa^il voit le Seigneur tenant une truelle à la main, qui lu dit {Amos, YII, 8) : Je ne me servirai plus à r avenir de Im truelk parmi mon peuple d^ Israël j et je rCen crépirai fbtt les murailles. Ces paroles avaient un premier sens qui mit rapport au temps d'Amos ; elles annonçaient la captivité et la ruine totale des dix Tribus. Si Ton regarde ce Ryinme des dix Tribus comme la figure de TÉglise grecque, es mêmes paroles d'Amos auront annoncé la ruine de celte gnode Église. Dieu en avait souvent réparé les brèches, il mit usé de la truelle pour en crépir les murailles : il est «CDo on temps où il Ta abandonnée et Ta laissée en ruine.

Li même chose a été annoncée par Amos, sous la même

inboledesb&timents, mais envisagée d^une autre manière;

c?at-4-dire qu'il ne prend plus les édifices en eux-mêmes

pnrlafigare des Israélites ou des Chrétiens, mais il décrit

Inns malheurs sous l'image de ceux qui habitent les édi-

ioes, ou qui se voient contraints de les abandonner [A moSj

IT, 3) : 0« vous fera passer par les^ brèches des murailles,

f mit un côté et F autre de f antre y elc.Et ch.V, v. H : Vous

M'habiterez point dans ces maisons de pierre de taille

fu vous avez bâties; vous ne boirez point du vin de ces

ittellentes vignes que votis avez plantées. Au ch. VI, v. 12,

iiDos revient à l'autre face de la parabole, et prend les édi-

inspour la figure des hommes. Le Seigneur y dit ce Pro-

fhètc, va donner ses ordres ; il ruinera la grande maison y

^Uibranlera les murailles de la petite.

Aproportion que l'on s'accoutumera à regarder le royaume fodix Tribus et celui de Juda comme une figure de l'Église pMqne et de l'Église latine , on concevra le rapport que ^^ prophétie peut avoir avec l'histoire de l'Église. Vous Vimettezvotre joie dans lenéanty est-il ditdeux versets plus

366 QitATRtÈiiE stmou.

baSy et qui dites: N'est-ce pas par notre propre farc9 ^ nous nous sommes rendus si redoutables^ ÂSBVUfUMJon m coRNUA? Maison (T Israël y dit le Seigneur le Dieudesarmâ Je vais susciter contre vous une nation qui vous réduirm poudrcj depuis Pentrée du pays d^Émath jusqu'au tom du désert y c'est-^dire dans toute l'étendae de la terre p mise.

ARTICLE XVIII

ContinaatioD da même sujet. Malfaeurs de l*Ëglise dftni l' de la dUdptÎDe de la péniienee.

Parmi les malheurs généraux de rÉglise^ rÉcrilure i nous donne lieu d'entrer dans la considération d'un flNI heur particuhcr, mais qui est d'une grande étendue; | doit même l'appeler, pour parler avec justesse, non fl simplement un malheur, mais un progrès de malheur.

Pour entendre ce que nous allons dire, il faut faire atiiv tion que lorsqu'un homme se fait chrétien, il bâtit un ti$ fice. S'il tombe après cela dans de grands péchés, son km devient semblable à ces maisons frappées de lèpre, et il a^ a d'autre remède que de réparer la brèche occasionnée pH la lèpre, eu reliàtissanl ce qui a été démoli. Lorsque li Chrétiens conservaient l'innocence de leur Baptême, 4 n'avait pas besoin de recourir à un tel remède ; mais depoif que la perte de l'innocence est devenue très-oommuiMi h salut de la plupart des Chrétiens est attaché à la péniteaoïi et tout consiste à observer les règles que la loi de DieupM crit par rapport à la pénitence.

Or les temps se succèdent les uns aux autres ; il en viet d'assez malheureux pour que les règles de la pénitence soient mal observées ; en sorte qu'il y a trois temps à dil

noRESy ÉDincn, pierres précieuses. 30T

'. Dang le premiery un grand nombre de Chrétiens l'avertissement de l'Évangile b&tissaient sur la et leur édifice n'était point ébranlé ; chacun d'eux dliit i la femme dont V Ecclésiastique fait l'éloge rVI) : Les commandements de DieUy est-il dit, v. 24, v le cceur de la femme sainte j comme cT étemels fon^ ^ posés sur la pierre ferme. A ce premier temps en a un antre : un grand nombre de Chrétiens voyaient miier édifice tomber en décadence, mais ils se rele- ODiageusement par la pénitence; ils réparaient leur D sorte que ce qu'ils avaient bâti de nouveau acquéolidité que l'édifice n'avait pas eue dans son comlent. Enfin le troisième temps est venu, auquel la le de la pénitence s'est tellement afifaiblie, encore lalautedes pasteurs que par celle des peuples, que labiés conversions sont devenues très-rares, se troisième temps qui est décrit au XIII' ch. d'Ézéle Prophète y représente en diverses manières les nents des faux docteurs, et se sert, entre autres symi l'usage qui s'observait à l'égard des maisons fraplèpre. Il leur reproche de faire un ouvrage sans toutes les fois qu'ils entreprennent d'enduire les » : Je détruirai la muraille que vous avez enduite m mêler avec la boue, etc. [Ézéch,, XIII, 14). Nous apporté. Art. IV, les paroles d'Ézéchiel^ Il annonce rt de Dieu à la muraille qu'elle tombera ; et à ceux qui il enduite, qu'ils seront accablés sous ses ruines. Et Bt9: Ma main, dit le Seigneur, s appesantira sur ^hètes qui ont des visions vaines, et qui prophétisent wnge; ils ne se trouveront point dans rassemblée de

1tt4da(His ptges 348, 319.

368 QUATRIÈMR SYMBOLE.

mon peuple j ils ne seront point écrits dans le livre de l maison d'Israël, ils n^ entreront point dans la terre dJsraé

On conçoit facilement que de tels maux ont leurs degrA Ces prophètes trompeurs ne sont pas d'abord si nombreux, i le nombre des maisons mal enduites n'est pas d'abord ain grand qu'il le devient dans la suite. Or, les ministres du Sai gneur qui observent avec fidélité ses préceptes, et qui trij tent les maisons frappées de lèpre, c'est-à-dire les âmes dl pécheurs, selon que la loi le prescrit , servent à apaiserl colère de Dieu contre son peuple. Il est dit au contraire, Il même endroit, verset 4, en parlant des méchants ministnÉ Vos prophètes, ô Israël, ont été parmi vous comme des nards dans les déserts... Vous ne vous êtes point comme un mur pour la maison d^ Israël, pour tenir dans le combat au jour du Seigneur.

On doit remarquer, dans ces paroles, que ceux qui gnent et qui conduisent le peuple sont comparés aux railles qui doivent faire la force d'une ville : lorsqu'ils plissent mal leur ministère, la ville est exposée en pr<N6' ses ennemis. Au temps de Néhémie, les ennemis de X salem disaient par dérision que les renards passeraient ptfi dessus ses murs ; et dans l'endroit à* Ezéchiel qne nooscl^ tons, ceux qui devraient tenir lieu de murs sont eux-mèini les renards. Lorsque ces désordres se multiplient à un oil' tain point, lorsque le nombre des maisons mal enduites é destinées à la ruine est monté à son comble, lorsqu'il ne l trouve plus de murs dans leur entier, alors vient le jour à Seigneur, dont parle le Prophète : Non ascendistis ex m verso, neque opposuistis murum pro domo Israël, ut fli retis in prœlio in die Domini.

nillESy ÉDIFICES, PIERRES PRÉCIRISES. 369

de rËglise dtDi It corraplion de ceux qui sont revêtus du sacerdoce.

Le Prophète, en nous parlant des conducteurs du peuple, mVisûsge des murs, nous fait souvenir qu'ils doivent être kiempart de TÉglise ; mais il arrive quelquefois qu'ils en ttlles destructeurs. Ils tiennent dans la Religion la place ftt le sanctuaire occupait dans le temple de Jérusalem ilmeniations, IV, 1), où l'on voit les pierres du sanctuaire ffenées aux coins de toutes les rues. Il y a un sanctuaire i est toujours épargné, comme on le voit au commencesot du chapitre XI de V Apocalypse; alors il n'y a que le irvis qui soit abandonné. Ce sanctuaire inviolable, ce sont élus; ce sont ceux dont il est parlé [Ézéchiel, IX, 4), qui lUent dans la douleur des abominations qui se commettaient milieu de Jérusalem; ils furent marqués d'un Thau, et qui étaient chargés de remplir la ville de carnage re- (iRDt ordre de les épargner; mais il leur fut dit en même kops de frapper tout le reste sans compassion, et de com- Mooer par le sanctuaire. Ce sanctuaire, ce sont les mauvais Irtires sur qui Dieu exerce la rigueur de ses jugements : ils Mal tout à la fois, et ceux que Ton tue dans le sanctuaire, et les mauvais architectes, et les gardes infidèles de la ville, it les pierres du sanctuaire qui méritent de perdre leur

Ibne sont pas épargnés, non plus que les autres, au jour VeDieu a marqué pour exercer son jugement, in dieDomini. Cesl ce qui est marqué dans Amas, IX, 1 : fai vu le Seijvur debmi sur F au tel, qui a donné ses ordres: Frappez

370 QUATRiftMB SYMBOLE.

le gond, et ébranlez le haut de la porte, parce quHls onii r avarice dans la tête.

Us sont chargés par leur état d'annoncer aux autiec jugements du Seigneur, selon la parole qu'on lit au c pitre LXII à^Isaïe^ verset 6 : J^ai établi des gardes sur murs, ô Jérusalem; ils ne se tairont jamais, ni duran jour y ni durant la nuit. Tous doivent parler, mais plnsic se taisent; et le nombre de ceux qui se taisent peut den le plus grand. Cependant Jérusalem ne demeure point i témoignage ; et c'est ici le lieu d'appliquer la parole Jésus-Christ : Si ceux-^i se taisent, lespierres mêmes crieri (S. Luc, XIX, 40) ; c'est-à-dire, que ceux qui paraissent plus éloignés de rendre témoignage à la vérité élever leur voix pour lui rendre témoignage, au défaut de e qui en étaient chargés par leur ministère ; en sorte qui cette parole s'accomplit dans toute sa force, il viendra jour auquel ceux qui étaient les ennemis de la vérité, et étaient aussi durs que des pierres, seront touchés et amo! ils reconnaîtront la vérité et élèveront leur voix pour la fendre, à la place de ceux qui avaient été mis sur les n parts de Jérusalem et qui avaient reçu l'ordre de ne se t ni jour, ni nuit.

Conversion des Juifs pour remédier aux maux de TËglise.

A mesure qfie les maux spirituels augmentent, l'étal peuple de Dieu approche de ce qui est représenté au IX* (TAmos; et comme les maux de l'Église ne peuvent i qu'à un certain point, le comble des maux dont elle est ceptible est l'avant-coureur certain de sa délivrance, endroit (ÏAmos aura donc son accomplissement par rap

PlEBRESy ÉDIFICPy PIERRES PRÉCIEUSES. 371

àFÉglise(IX, 11): En ce jour-là, dit le Seigneur , je relève^ m la maison de David qui est ruinée; je refermerai les ouvertures de ses murailles; je rebâtirai ce gui était tombé^ et je la rétablirai comme elle était autrefois, afin que mon /euple possède les restes de fldumée.

Les Juifs sont devenus les Iduméens, lorsque les Gentils mH deTenus les Israélites et la maison de David. L'Église flonposée des Gentils fera la conquête des Juifs, qui sont à tti éfard ce qu'étaient les Iduméens par rapport aux Juifs. (Test ainsi que ses brèches seront réparées. Alors , avec ndmnée elle possédera toutes les nations : Ut possideant fdifuias Idumeœ^ et omnes nationes.

Od peut voir la suite de la prophétie dans Amos; diverses ■iges y sont employées; celle des villes désertes qui doiw&tëtre rebâties n'y est pas oubliée (v. 14) : Ils rebâtiront kvilles désertes, et ils les habiteront.

iMkwL Prophètes deiUaés pour la conversion des Juifs : Ëlie et MoTse.

Eiie est destiné pour commencer l'ouvrage de la conver- 800 des Juifs, selon les derniers versets du prophète Maladûe et le XLYllI* chapitre de V Ecclésiastique , verset 10. KoDS supposons ici qu'il est l'un des deux Prophètes du ÎI*ch. de V Apocalypse; et nous supposons, suivant le senïffient de saint Uilaire, que Moïse est l'autre. Or ces deux hopbètes de V Apocalypse répondent aux deux Prophètes kZacharie.

Hais afin d'éviter la confusion, nous avertissons que, in- ^ndamment du sens qui a rapport à la personne même le lésus-Christ, le fondement et l'architecte de son Église

{it excellence, nous envisageons trois choses dans les deux

Prophètes de Zacharie. Cela est fondé sur ce que Zadia? est occupé tout à la fois de trois événements , qui ont ui telle analogie entr'eux, qu'ils se figurent et se retracent l'o l'autre. Le premier événement est la construction du templ qui fut rebâti au temps de Zacharie . Le second événemen est la formation de TÉglise au temps de TÉvangile et de h prédication des Apôtres. Et le troisième événement est h conversion des Juifs. Si l'on entend Zacharie du preinief événement, les deux Prophètes ne sont autres que Zorobabdl et Jésus fils de Josédec. Si on l'entend du second événement,' il n'y a personne à qui le caractère attribué aux deux Prophètes convienne mieux qu'à saint Pierre et à saint Pad; nous en avons parlé. Enfin, si l'on explique ZacAorteda troisième événement, les deux Prophètes sont ceux dont il est parlé dans V Apocalypse. Or, selon notre supposition, etf deux Prophètes de Y Apocalypse ne sont autres qu'Élie « Moïse.

Les caractères exprimés dans Zacharie conviennent don< selon une certaine proportion , 1<* à Zorobabel et au granc prêtre Jésus, 2* à saint Pierre et A saint Paul, 3* à Élie et Moïse.

Ces hommes extraordinaires pris ainsi deux à deux, se chacun, par rapport à leur temps, les deux oliviers et 1 deux chandeliers qui assistent devant le Dominateur de tôt la terre : Qui assistunt Dominatori UNivERSiE terr^ [ZacA rie, IV, 14). Ce sont deux architectes destinés de Dieu po construire le temple, ou pour en réparer les ruines. En ce^ qualité , ils ont le plotnb à la main. On nous montre u pierre posée devant eux [Zacharie, III, 9) : Voici lapim que f ai mise devant Jésus. Il y a sept yeux sur cette uniq piore; ce qui veut dire apparemment, selon lesensgrai matical, que les regards de ces sept yeux sont tournés vi

PIKRRSSy ÈVlFlCESy PIERRES PRÉCIBLSES. 373

cette pierre. Je la taillerai^ et je la graverai moi-même avec k ciseau, dit le Seigneur des armées; et f effacerai en un jmriniquitéde cette terre. Et aussitôt après avoir parlé k plomb qui est dans la main de Zorobabei, il est dit : Ce mt là les sept yeux du Seigneur qui parcourent toute la km{Zach.,IW, 10).

Ces expressions figurées ne marquent autre chose^ sinon fKZorobabel et Jésus étaient les fondateurs et les archikeies d'un ouvrage auquel Dieu s'intéressait singulièrement. Cet ouvrage avait alors rapport à la nation des Juifs ; c'est «qui était exprimé par ces termes de toute la terre. Mais da n'est vrai que par rapport à ce premier événement ; I orcomme il ne remplit pas la force de l'expression, il fallut Décessairement qu'il y eût un, ou plusieurs autres sens, (vrapport à d'autres événements où l'expression de toute k terre fût prise avec une étendue tout autre. Elie et Moïse seront le Zorobabel et le Jésus fils de Josédec de leur temps. Chacun d'eux sera cette pierre sur lafielle sept yeux , c'est-à-dire sept esprits fixeront leurs regards. Les sept esprits sont marqués dans V Apocalypse »us l'image de sept lampes : // y avait devant le trône sept lampes ardentes, qui sont les sept Esprits de Dieu [Apoc. , IV, 5j. Ces deux Prophètes travailleront à rédifice dont ils auront été chargés ; ils y travailleront comme saint Pierre et saint Paul ont travaillé au leur; ou plutôt, ils continueront celui de saint Pierre et de saint Paul; et leur entreprise réussira, parce que la protection du Dieu de toute la terre leur sera assurée. Leur ouvrage fera partie du grand outrage de l'Église. Mais si on le considère à part, ils en seront et les deux premières pierres , et les deux premiers arehitectes. Ce qui a été dit de saint Pierre et de saint Paul fait entendre cela par proportion.

Au temps de saint Pierre et de saint Paul, il était question de bâtir celle des deut murailles qui devait être constraifo de Gentils ; il fallait attacher ces Gentils à la souverainèk^ pierre angulaire, qui est Jésus^Christ. Au temps de la mMi^ sion des deux Prophètes, il s'agira de reprendre Pautre mitoî^, raille dont la construction est interrompue depuis si Iod^^^^ temps ; cette muraille est celle des Juifis. Les Juifs qui en brassèrent le Christianisme du temps des Apôtres sont Lf premières assises de cette muraille; mais combien Toutrrai a4-il été peu avancé, et qu'est-œ que ces commencemente^ si l'on n'a égard qu'au nombre, et qu^on jette aujourd'hltJ les yeux sur l'édifice des Gentils? Poiu* reprendre la muraille des Juifis, il faudra les réunir à l'Église, et par l'Église à etf anciens Juifs qui embrassèrent les premiers le Christianisme. C'est ainsi qu'on réconciliera le cœur des enfants avec ki pères; et en les réconciliant avec les premiers Chrétiens de ^ Jérusalem, on les réconciliera avec les Patriarches et les Pro- ^ phètes. Ce ministère de réconciliation des enfants avec les ^ pères est singulièrement appliqué à Élie, dans Malachie et .^ dans V Ecclésiastique.

Il ne sera pas hors de propos de se souvenir ici de certains traits que TÉcriture rapporte, soit d'Élie, soit de Moïse. ^ On lit au ch. XXXIV de V Exode la célèbre vision que Dieu accorda à Moïse sur la montagne de Sinaï ou d'Horeb. Dieu y prononça en sa présence (selon le texte hébreu) son grand nom de Jéhovah, conformément à la promesse qu'il lui en avait faite la veille. Le Seigneur lui dit en le préparant à cette vision [Exode ^ XXXIII, 21) : Il y a u?i lieu où je suis, vous vous tiendrez sur la pierre; et lorsque ma gloire passera^ je vous mettraidans Couverture de lapierrey et je vous couvrirai de ma mainjusqu^à ce que je sois passé, etc. Moïse reçut ordre en môme temps de tenir prêtes les tables de

nEBRESy éDIFICESy PIERRES PRÉCIEUSES. 37S

pînTeqn'il porta avec lui au lieu que Dieu avait marqué, et kloi de Dieu fui écrite sur ces tables [Exodey XXXIY).

Élie fut Mnduît A la même montagne (///. Rois^ XIX). EUmt arrivé Idi il demeura dans une caverne,,., et le Seifmnrhndit: Sortez, et tenez-vous sur la montagne de- ^mUk Seigneur. Alors le Seigneur passa; mais il fut précédé d'an vent violent et impétueux qui renversait les montipies et brisait les rochers ; ensuite, d'un tremblement de terre; puis, d'un feu ; enfin, on entendit le souffle d^un petit tmi.CequÉ lié ayant entendu, il se couvrit le visage de 9iimanteau,et étant sorti Use tint à rentrée de la caverne. Ce fiit alors que Dieu lui fit entendre sa Voix et lui donna eBiixrdres.

Noos ne suivons pas ici le parallèle de la vision de Moïse

flidlÉlie; nous remarquerons seulementque, parmi les ordres

l^ibrent donnés à Élie, il reçut celui de sacrer Elisée qui

Atliéritier de son double esprit. Moïse, en descendant de

^HiODtagne , emporta les tables de pierre où la loi de Dieu

^ écrite ; et Élie, en descendant de la même montagne,

^ïdpopta l'assurance que la loi de Dieu allait être gravée

^9%È le cœur d'Elisée d'une manière singulière.

Quarante jours avant la vision de Moïse, il avait dressé un

'lel an pied de la moniagne ; et l'Ecriture remairque qu'il

^ floin de composer cet autel de douze pierres, selon le

^'mbre des tribus d'Israël. On offrit des victimes, et Moïse

■pandit la moitié du sang sur l'autel, et l'autre moitié sur

^uple, en disant : Voici le sang de F alliance gue Dieu

faite avec vous , afin gue vous accomplissiez toutes ces

hmes [Exodi-, XXIV, 8).

Quarante jours avant d'arriver à la montagne d'Horeb ,

^îft offrît son sacrifice. Les prêtres de Baal ayant fait de

*t«3tt efforts pour attirer sur leur victime le feu du ciel, Élie

dU à tout le peuple: Venez avec moi. Et le peuple sHm approché de lui, il rétablit (ou , pour traduire plus litléâ lemeni) il guérit P autel du Seigneur qui avait étédéinà Il prit douze pierres, selon le nombre des tribus des enfiM de Jacoby auquel le Seigneur avait adressé la parole, eni disant: Israël sera votre nom. Et il bâtit de ces pierree^ autel au nom du Seigneur. Il plaça dessus le bois et Yh locauste, et y fit répandre douze cruches d'eau (///. Rei XVm, SOetsuiv.).

Avant d'entrer plus avant dans la considération da saa fice d'Élie, nous observerons quelques circonstances qui v gardent Moïse. La première, c'est que de même qu'Ëlie 0 à confondre un faux culte et de faux adorateurs, Moïse « aussi à confondre les adorateurs du veau d'or. Ce qu'il f de surprenant dans l'histoire de Moïse, c'est qu'Aaron 1é même, frère de Moïse, grand-prètre du vrai Dieu, setrooi à la tète du faux culte. // dressa, dit Y Exode ^ XXXIIi l| un' autel devant le veau , et il fit crier par un héraut : A» main sera la fête solennelle de Jéuovau ; transportant aini le nom incommunicable de Dieu à une idole qui était l'ofr vrage des hommes. En efiFet , on voit par le verset précédent que dès que le veau d'or fut fait, on s^écria: Voici v^ dieuxy ô Israël^ qui vous ont tirés de F Egypte. Ainsi , 01 attribuait à l'idole divers caractères qui appartenaient ë vrai Dieu. Aaron préparait au peuple un veau pour ètl Tobjet de ses adorations ; et dans Thistoire d'Élie, c'est c même animal que l'on fait servir de victime, soit sur l'anb du vrai Dieu, soit sur celui de Baal.

Moïse dans l'ardeur de son zèle, prit le veau, le mit dai le feu, le réduisit en poudre, jeta cette poudre dans l'eau, < la fit boire à ses adorateurs; il en fit faire ensuite un grai carnage. Élie fit pareillement tuer les prêtres de Baal.

PIERRESy telFI€£S| PIEHEŒS PRÉCIEUSES. 377

Aotre observation par rapport à Moïse. Ce fut la pierre iTBoreb quHl frappa de sa verge et dont il fit sortir de Teau k(Nremièie fois {Exode ^ XVII, 6). Aussitôt après, Amalec vint combattre Israël ; ce fut en cette occasion qu^Aaron et Bar prirent une pierre, firent asseoir Moïse dessus cette (îeRe,etlui soutinrent les mains jusqu'à ce que les Israélites eiaoït remporté la victoire.

ARTICLE XXII

SieriBee d*Élie eipliqaé dans un sens figuré : celui de Moïse expliqué de la même manière.

Après qu'Élie eût préparé l'autel et la victime, comme

MK venons de le voir, le temps étant venu d^offrir l'holo-

Mste, il adressa à Dieu une fervente prière qu'il termina

^iisani: Exaucez^moiy Seigneur j exaucez-moi^ afin que

(^ peuple apprenne que vous êtes le Seigneur Dieu^ Jéhovah,

tfftte vous avez de nouveau converti leur cœur. Lors-

li'Élie reviendra sur la terre pour l'œuvre de la conver-

BOQ des Juifs, que pourra-t-il demander autre chose en

k»car de ce peuple? En même temps le feu du Seigneur

^ba, et dévora r holocauste, le bois et les pierres y la

f^ussiére même, et feau qui était dans la rigole autour de

'tii/tf/. Dieu opéra en même temps intérieurement sur Tes-

Wt du peuple ; car voici ce que l'Ecriture ajoute : Ce que

*Oii/ le peuple ayant vu, il se prosterna le visage contre

ferre, et dit : C^est Jéhovah qui est le vrai Dieu [III . Rois,

XVin, 37).

K0U8 avons remarqué que la figure des douze pierres

Urées du fond du Jourdain par ordre de Josué a eu un ac-

«naplinement lorsque les Gentils sont entrés dans l'Église ;

1I01S les Gentils ont été les douze pierres tirées du fond de

l'eau, et placées en honneur dans la terre sainte ; et les Jot^ ont été les douze pierres ensevelies sous les eaux, maintenant à la conversion des Juifs, nous observons i a été donné à Élie de renouveler le miracle du tempife: , Josué , et de traverser le Jourdain à sec , après en à^^^ divisé les eaux. Ajoutons que Tœuvre de la conversion cS« Juifs étant réservée à Elie, la figure des douze pierres i alors un nouvel accomplissement : les douze Tribus étaient ensevelies dans le fond des eaux, et semblaient j vrées à un oubli éternel, seront visitées et en seront tirés^ '

Il faut se souvenir que les Juifs, dans leur réprobati<»^^ sont figurés par le lumbare de Jérémie, qui fut caché près 4^^ TEuphrate dans le trou d'une pierre. Et comme il était aP'«^ rivé, à la sortie d'Egypte que les Égyptiens, ennemis dlWP' Israélites, avaient été précipités au fond de l'abîme comtiN^ une pierre : Descenderunt in profundum quasi lapis [Exodij^ XV, 5) ; de même le peuple d'Israël est tombé dansl'ablniijgl^ lorsque son cœur s'est endurci au temps de la formation dM< l'Eglise , dans le temps où les Gentils lui ont été préférés. < Mais ce peuple sortira de l'abîme, les douze pierres seront . de nouveau tirées du Jourdain ; et douze autres pierres, ^ c'est-à-dire la multitude de ceux que les Juifs auront pour ^ ennemis après leur conversion, tomberont à leur tour dans ^ l'abime. Nous aurons lieu dans la suite de parler de cetla dernière circonstance.

Ce que nous prétendons maintenant rendre sensible, c'est le rapport de cette circonstance des douze pierres tirées ds Jourdain, que nous prenons actuellement pour la figure des Juifs convertis, avec les douze pierres employées par Élie pour la construction de son autel. L'Écriture marque expressément, des unes et des autres, qu'on en ayait r^Ié le nombre selon les tribus d'Israël. Élie fit répandre dooie

PIEERESy tDlFIGBSi PIERHBS PRÉCIEUSES. 379

dW sur les douce pierres, et l'eau n'arrêta point :b Afce et Tactivité du feu qui descendit du ciel. Isale va idoDoer l'explication de toutes ces circonstances. Il est d'avertir encore une fois que l'application que nous /tire de cet endroit àUsaïe à la conversion des Juifs fi^'udicie en rien à la solidité de l'atitre application, qui et doit en être faite à ce qui s'est passé au commencede l'Église. Ceci soit dit aussi pour plusieurs endroits Al Prophètes, que nous citerons dans la suite. Les JaiiiB ont un cœur de pierre^ et Élie les trouvera tels i'il viendra. Cette disposition des Juifs est marquée en tomes dans /5at«, LXIII, 17 : Seigneur, pourquoi nous mu fait sortir de vos voies? pourquoi avez-vous en-notre coeur Jusqu'à perdre votre crainte? etc. Cette des Jnib et leur opposition à la vraie piété est marencore plus fortement par les douze cruches d'eau résur la victime et sur l'autel. Qu'y a-t-il en effet de |hi opposé au feu que l'eau? Qu'y a-t-il de plus opposé au QMianismeque le Judaïsme? Mais le feu du ciel dévora h victime, les pierres et l'eau ; et le feu du Saint-Esprit, qui iaeendra à l'invocation d'Ëlie , embrasera le cœur des Mb, et fera fondre ce cœur plus dur que la pierre. C'est ce fAale demande à Dieu, à la suite des paroles que nous ve- Mnde citer (ch. LXTV, ▼.M)': Ohl si vous vouliez ouvrir ^tieux, et en descendre ! Les montagnes s'écouleraient de- •« vous ; elles fondraient comme si elles étaient consu-» ^par te feu; les eaux deviendraient tout embrasées; afin !* votre nom se signalât parmi tous vos ennemis , et que fanatîons tremblassent devant votre face. Cet paroles d'Isale ne renferment pas de simples désirs fB pourraient n'avoir jamais d'effet. On voit par la suite ^te to&tdes paroles prophétiques qui devaient avoir leur

accomplissement. On découvre même dans ce chapitre qp la première fois qu'elles devaient s'accomplir , les Joil c*est-à-dire le corps de leur nation , n'y auraient pas de pÉ mais le Prophète ne perd pas pour cela Tespérance. Il « en esprit ces merveilles accomplies d'abord aux yeux i Juifs, sans que les Juifs en reçussent le fruit (v. 3) : £pi que vous ferez éclater vos merveilles^ nous ne pourrom*i supporter (nous Juifs, nous race d'Abraham selon- 1 chair). Vous êtes descendu , et les montagnes se sontée^ lées devant vous. Alors le Prophète redouble ses vœux, al que les mêmes merveilles s'opèrent aussi un jour en &fl| des Juifs ; car c'est au nom du peuple qui n'a pu suppoil| ces merveilles, lorsqu'elles se sont opérées la première iBJ| qu'il continue de parler (v. 8) : Cependant, Seigtieur^ vd êtes notre père; et nous ne sommes que de P argile. On^ souvient que les Juifs ont été réprouvés pour avoir disprf contre Dieu , en la même manière que l'argile dispoil contre le potier. Mais voici des dispositions bien différaril exprimées par le Prophète : Cest vous qui nous aves fà méSj et nous sommes tous Pouvrage de vos mains, Ifê lumez point toute votre colère, Seigneur, et effacez de vét esprit la mémoire de nos crimes : jetez les yeux sur nom et comidérez que nous sommes tous votre peuple. La t)ti de votre Saint a été changée en un désert; S ion est désert Jérusalem est désolée. Le temple de votre sanctification de votre gloire , où 7ios pères avaient chanté vos louançi a été réduit en cendres, et tous nos bdti?ne?its les plus sam tueux ne sont plus que des ruines.

L'on voit dans ces dernières paroles que le Prophète i mande ia conversion des Juifs, sous l'image d'édifices d< il demande que les ruines soient réparées. La nation ( Juifs, dans l'état où elle est aujourd'hui, n'est autre cb

nBIBSS, ÉDinCBSy PIKRRES PRÉCIEUSES. 381

^*m amas de mines; elle sera édifiée de nouveau lors- \ffdk entrera dans la structure de l'Église ; et elle endaos la structure de l'Eglise y lorsque l'Esprit de [ se saisira d'elle ; lorsqu'à la prière d'Élie le feu du ^Esprit descendra du ciel , non plus pour convertir, an commencement de l'Église, quelques parti- I de cette nation , mais pour convertir la nation en représentée par les douze pierres dont Élie conson autel. Ce sera alors que ce peuple apprendra m k Seigneur est Jéhovah, et quHl aura de nouveau pwr/i leur cœur. Alors s'accomplira spirituellement p fipport à la race d'Abraham selon la chair , qui khindra aussi sa race selon l'esprit, ce que Moïse Ipra lorsqu'il répandit le sang de l'alliance sur douze pHies qui représentaient les douze tribus d'Israël [Exode,

lnv,6).

HûQS avons dit que le sacrifice d'Élie a eu un premier ac- ■■pUssement au commencement de l'Église. Or, le corps fcla nation des Juifs tînt alors la place de ceux qui demeurinat attachés à Baal du temps d'Élie, et les chefs de la Ifaigogue tinrent celle des prophètes de Baal. Au se- ^ accomplissement, cette nation changera de personne, et ils deviendront les adorateurs du vrai Dieu.

ARTICLE XXIII

Sttriiee de Néhémiey rétablissemeni de l*aulel par Judas Macliabée, comparés au sacrifice d*Élie.

L'Écriture sainte nous fait l'histoire de deux autres sacribiquî ont un rapport singulier, soit à celui d'Élie, soit tfendroU d'Isale que nous venons de citer : Le premier est nhû de Néhémie, dont l'histoire se trouve II® livre des

382 OUATftlÉMl BYinou.

MaohabéeSy oh. I; le second est rapporté P' livre A MachabéeSy ch. IV.

Lorsque Néhémie eut rétabli le temple et l'autel, et qé voulut y offrir des sacrifices, il envoya chercher le feu mm dans le lieu où les prêtres qui craignaient Dieu l'aTaiil caché du temps de la captivité de Babylone ; ils n'y tM| vèrent qu*une eau bourbeuse. Néhémie commanda qfi^ répandit de cette eau sur les victimes et sur le bois prépi^ pour les consumer. Ce qui ayant été fait^ et le soleil^ 7^ ^ paravant était caché cTun nuages ayant commencé à i (on reconnaît que cette circonstance pourrait entrer i symbole des Astres), il s^ alluma un grand feu, qui\ d^'admiration tous ceux qui étaient présents (IL Ma 1,30, 22). L'écrivain sacré rapporte ensuite la prière^ Néhémie, où on lit entre autres ces paroles : Meceves, i gneur, ce sacrifice pour tout votre peuple d Israël; eo vez et sanctifiez ceux que vous avez rendus votre portitmi votre héritage. Rassemblez tous nos frères dispersés; vrez ceux qui sont sous f esclavage des Gentils; regarit^ favorablement ceux qui sont devenus un objet de mépris tlj^ d'abomination ; afin que les natiom conruiissent que t7(Mf| êtes notre Dieu. Affiigez ceux qui nous oppriment, et ffi nous outragent avec orgueil ; et établissez votre pevfk dans votre saint lieu, selon que Moïse l'a prédit.

Si la conversion des Ji;ifs est un des événements figoiè par le retour de la captivité de Babylone, il est aisé de voit le rapport de ce sacrifice avec la conversion des JuiEs. Ltf nuages se dissipent, le soleil parait, le feu s'allume, qu<^ qu'on ne fasse autre chose que répandre de l'eau bourbemi sur le bois et sur les victimes. Ce feu semble tout à la foi être produit par le soleil^ et sortir d'une eau qui a été poi sée dans le lieu où le feu sacré avait été mis en dépôt. On ic

nSBlES, ÉDIFICpSy PIBRBES PRÉCIEUSES. 383

wedêû» eatte histoire I4 merveille du sacrifice 4'^^» «foelques oouvelle^ circonstanpes (v. 30) : Cependant nUres chantaient des hymnes et des cantiques, jusqu^à «f k sacrifice fût consumé. A lors Néhémie ordonna que fendit ce qui restait de cette eau sur les grandes ts de Fautel. Ce qiion n'eut pas plutôt fait^ qu'il s'y la une grande flamme; mais elle fut consumée par la re gui reluisait de dessus l'autel.

WDB au sacrifice offert sous la conduite de Judas Ma* B SUT le nouvel autel qu'il avait fait dresser. On peut «er à ce chef du peuple de Dieu ce qui est dit d'Élie, ffdrit Pautel du Seigneur. Après avoir défait l'armée ochus commandée par Lysias, Allons mainteiuint, /. Machabées, ch. lY, v. 36), purifier et renouveler le u Aussitôt toute t armée s'assembla, et ils montèrent aniagne de Sion. Ils virent les lieux saints tout dé- Fautel profané f les portes brûlées y le parvis rempli u et d^ arbrisseaux^ comme on e^ voit dam un bois et montagnes^ et les chambres joignant le temple toutes tes. Ils déchirèrent leurs vêtements , firent un grand . (v. 42) : Alors Judas choisit des prêtres sans tac/ie, ux observateurs de la loi de Dieu. Ils purifièrent les oints, et ils emportèrent en un lieu impur les pierres ICI. Et Judas délibéra de ce qu'il ferait de l* autel des Uites qui avait été profané. Et ils prirent un bon f, qui fut de le détruire, de peur quil ne leur devint et d opprobre, ayant été souillé par les nations. Ainsi limolirent j et ils en mirent les pierres sur la mondu temple, dans un lieu propre ^ en attetulant quil m prophète qui déclat^àt ce qu'on en ferait. Et ils il des pierres entières, selon l'ordonnance de la loiy et Uirent un autel nouveau semblable au pretnier. Ils

384 OUATRIÈME SYMBOLE.

rebâtirent le sanctuaire , et ce qui était au dedans du ^ temple, etc.; et ils offrirent le sacrifice selon la loi^ sur 1»-^ « nouvel autel des holocaustes qiCils avaient bâti. Il fut dé^ «. dié de nouveau^ au bruit des cantiques, des harpes^ etc.

On voit dans cette histoire : 1« des pierres profanes qm .^ l'on transporte sans hésiter dans un lieu impur ; 2* lei ^^ pierres de Tautel qui avaient été souillées, que Ton tran»— . porte aussi avec de certaines précautions y et Ton choisit eu •^; la place d'autres pierres dont on construit l'autel ; en sorte - .^ que l'on voit non-seulement un nouvel autel construit, ainsi. ^*^ que dans l'histoire d'Élie, mais l'on voit encore un échaDga^.^ de pierres contre pierres, comme au passage du Jourdain. -'i^

Entre les diverses applications que l'on peut faire de^'^iî^ cette histoire, dans le sens figuré, nous n'en proposerons ia^^»^ que deux. L'une consisterait à comparer cet autel composé \i de pierres nouvelles^ au peuple juif converti et consacré an '^ culte du Dieu véritable. L'autre application regarderait 09 -^^^ qui s'est passé au temps de la conversion des Gentils. Lttviii: pierres nouvelles réprésenteraient les Gentils ; et les an" %t ciennes pierres qui avaient formé l'autel, mais qui depuis '|| avaient été souillées^ représeuteraient d'une manière très^^ ie naturelle les Juifs. On écarte ces pierres; mais toutes souil— * 'i lées qu'elles sont, on se souvient qu'elles ont été saintes ^ < A insi quant à r Évangile, ils (les Juifs) sont maintenant en^-^ \ nemis à cause de vous; mais quant à Sélection, ils son^ \ aimés à cause de leurs pèi*es [Rom.^ XI, 28). On les dépo89 ^ dans un lieu convenable sur la montagne du temple , afin • qu'elles y demeurent jusqu'à ce que Dieu fasse entendre sa voix d'une manière extraordinaire.

ARTICLE XXIV

InMe anxmiDX de l'Église dans la c4>nTersion des Juifs. Distinguer, puTÊppiuX va espreasions des Prophètes, les ruines qu'ils aper- {«ireot au milieo de TÉglise^ et les ruines du peuple juif dans son

ni? emiité. GooTersion des Juifs, combien elle sera glorieuse à la

Dien représente les maux que son peuple éprouve dans les

inpsdifférentSy sous l'image des altérations que souffrent

klàtiments. Nous avons vu, par le discours de saint Jacques

aConcile de Jérusalem^que cet Apôtre considérait le peuple

Anfilconune une maison qui tombait en décadence, dont

hiinarailles étaient entr'ouvertes, et dont il s'agissait de

liparer les ruines par la conversion des Gentils. Mais il faut

f Mttrqaer, par rapport au corps de la nation des Juifs qui

■ i^réprouvée, quebien loin que les brèches en fussentrépa-

m J^ alors, au contraire elle tomba dans la dernière désola-

f 'Ûd; et c'est l'état où elle est demeurée jusqu'aujourd'hui.

^une aatre part, les maux de l'Église ont été prédits sous

^mème image. D'où il résulte que l'on peut aujourd'hui

Considérer deux b&timents j qui chacun de leur côté ont

ioiiflert des altérations , quoiqu'il soit vrai que les choses

tout dans une situation bien différente par rapport à l'un

et i Tautre de ces bâtiments.

En effet, l'un de ces b&timents est l'Église qui ne peut (inr; l'autre est le peuple juif, qui est tombé dans une ruine totale. Or, c'est parce que l'Église ne peut périr, que l'Écriinre £ait envisager im remède à ses maux ; et ce remède , lelon le plan du ch. XI de PÉpître aux Romains , n'est autre chose que la conversion des Juifs. Qu'arrivera-t-il donc alors, sinon qu'on fera servir de vieilles ruines à réparer de nouvelles brèches? Aussi voyons-nous en divers

386 QUAtiltÈMi!: «TiM>tft.

endroits de rÉcriture, où la conversion des Juifs est annoi cée, que Ton y parle d'édifices réparés ; soit que ces pR messes se rapportent aux anciennes ruines du peuple jvi qui sera édifié de nouveau en entrant dans la coiiStractN de l'Église; soit qu'on les rapporte aux vides et aux miM qui se trouvent au milieu de l'Lglise même , par la chai des diverses nations qui ont abandonné sa communioD| c par les égarements des mauvais catholiques. Ces demfèn comme on Ta remarqué, demeurent dans PenceintlB des CMi railles de l'Église; mais les uns, après avoir commencé S bjttir une tour, ne Tachèvent pas ; la maison ^ts ariMl est frappée de lèpre, un très-grand nombre b&tissentsittlh sable, et leur maison est renversée de fond en comble. Ut choses étant en cet état, il est donc à désirer que les peiil^ soit intérieures, soit extérieures, soient réparées; etpuis^ la conversion des Juifs est le moyen que le Saint-EspiRv déterminé pour opérer cet effet, cela fait entendre ja8^% quel point cet événement sera avantageux & TÉglise.

Nous avons vu, Article IV, que le peuple juif, par sa Mprobation, est devenu semblable à un lieu immonde; ethB particuliers qui composent ce peuple sont devenus comoe des pierres maudites , transportées dans ce lieu immonde. Au jour de leur conversion , Dieu se souviendra de ces pierres, c'est-à-dire des Juifs qui vivront alors, et qui auront part à cette grâce ; elles seront tirées de l'abîme, ellei seront transportées dans l'enceinte de l'Église et remplirai^ les brèches qui se trouveront à remplir. D'où Ton conçcA' aisément que , si l'on envisage des ruines par rapport ' deux peuples, savoir par rapport aux Juifs qui ont été nX trefois le peuple de Dieu, et par rapport aux Gentils qui 1 sont aujourd'hui, ces doubles ruines seront réparées d'd seul coup, et l'Église y trouvera de grands avantages par 1

MEURES, ÉOfftCE», PIERRES PRÉCIEUSES. 387

QDqoéte qu'elle fera des Juifs, et parce qu'elle verra reparles pertes qu'elle avait faites.

Ces! ce qu'il était Décessaire de bien développer pour faire fendre la force des expressions des Prophètes. 11 faut , isqu'oD les lit, être attentif à ne pas confondre des objets isont très-différents ; car les ruines et les brèches qui se «nt au milieu du peuple qui est actuellement le peuple Dieu, sont quelque chose de très-différent des ruines qui i hors de l'enceinte du peuple de Dieu , et se trouvent mi un ou plusieurs peuples qui ne sont pas le peuple de «, quoique, peut-être, ils Talent été autrefois. Et cet rtissement est d'autant plus nécessaire, que souvent les iphètes passent subitement de Tune de ces espèces de KS à celles de l'autre espèce, ou bien renferment ces deux tœs de ruines sous les mêmes termes. Il y a même dans e conduite de l'Ecriture quelque chose de mystérieux lierait trop long d'expliquer ici. 11 suffit de dire en un ;, que cela est fondé sur la manière dont Dieu répare les les d'un peuple par la vocation d'un autre ; car cette es- 5 de révolution ne s'opère que par l'insertion et Tincorttion d'un peuple à un autre peuple ; en sorte qu'en vertu cite incorporation, ce qui appartient à l'un commence à artenir à l'autre. C'est ainsi que des ruines qui étaient obères à une certaine ville cessent de lui être étran- S8 lorsque, par un événement nouveau, l'on renferme B son enceinte les édifices qui a^Tiient souffert ces ruines ; ril arrive qu'en même temps on rétablisse ces édifices nés , alors on peut dire que ce sont les ruines de cette le qu'on répare ; quoiqu'il demeure toujours véritable Le ces ruines sont quelque chose de différent de celles qui aient déjà dans la ville même, avant qu'on lit entrer ces nmveaax édifices dans son enceinte.

388 QUATRlàMR SYMBOLE.

Le passage du prophète Amos, que nous ne ferons pa difficulté de rapporter encore ici^ nous fournira la premièfi application des réflexions qui viennent d'être faites. Ava quelle justesse ce passage ne s'accomplira-t-il pas de noa veau dans un événement aussi glorieux à l'Église et^ Tancien peuple que le sera la conversion des Juifs ! E$ ce jour-lày dit le Seigneur [AmoSj IX, 11), /c relèverai k maison de David qui est ruinée; je refermerai les ouver tures de ses murailles; je rebâtirai ce qui était tombé, ei^ la rétablirai comme elle était autrefois. . [v. H):Je ferairm venir les captifs de mon peuple d'Israël; ils rebâtiront Ik villes déserteSy et ils les habiteront. Ceci donne occasion une réflexion ; c'est que, quelque application que Ton faM de ces paroles d'Amos, les personnes qu'elles regardent n peuvent être que très-différentes de celles dont il est pari au chapitre YII , qui sont représentées par la muraille qi: Dieu ne prendra point le soin d'enduire, mais qu'il abafl donnera à son propre malheur.

Si l'on pèse attentivement les termes des chapitres XXX^ et XXXVII d^Ezéchiel, on ne pourra pas disconvenir qm la conversion des Juifs n'y soit annoncée; ch. XXXVI, v. S Montaqties d Israël, écoutez la parole du Seigneur noC'' Dieu : Voici ce que dit le Seigneur notre Dieu aux mos tagjies, aux collines^ aux torrents j aux vallées, aux déserM aux maisons ruinées et aux villes désertes qui ont été dépe^ plées et déchirées de toutes parts par les railleries des aut^ peupleSy etc. (v. 33) : Lorsque je vous aurai pur i fiés de tou0 vos iniquités, que j'* aurai repeuplé vos villes, et rétabli d lieux ruinés ; lorsque cette terre qui paraissait déserte toute désolée atix yeux des passants, aura commencé à it^ cultivée de nouveau, on di?*a : Cette terre qui était incuf* est devenue comme un jardin de délices, et les villes qr

FtERRES, ÉDIFICES, PIERRES PRÉCIEUSES. 389

étaient disertes 9 abandonnées et ruinées , sont maintenant rfùdtiesei fortifiées. Et tout ce qui restera des peuples qui rmts environnent f reconnaîtra que c'est moi qui suis le Seifueur^ qui ai rétabli les lieux ruinés , et qui ai cultivé de aêweau les champs incultes. Ces derniers mots ont du rapport avec la figure des champs devenus incultes pour avoir Af eoaverts de pierres; on a parlé à plusieurs reprises de «Ue figure.

Siint AugustlOy dans ses livres Contre deux lettres des Pé-^

^^ "f l^inUf àBoniface, livre lY, cb. YI, n"" 15, emploie tout cet

adroit à^Ézéchiel pour établir la force et la gratuité de la

^-"^1 Irtoede Jésus-Cbrist. a C'est, dit-il (t. X, p. 477), cette

« fréce qui nous fait et rend bons, c'est cette miséricorde

< fn nous prévient. Que méritent, en effet, des ruines

«abandonnées, des édifices détruits jusqu'aux fondements?

* Ce sont néanmoins de tels édifices qui seront rétablis et

* fortifiés y ce sont les lieux abandonnés qui seront culti-

* vés de nouveau. » On peut voir dans saint Augustin ^Vec quelle force il poursuit ce discours. Les vérités qu'il ^U^ à'Ézéchiel entrent avec beaucoup de justesse dans le Plan que nous suivons.

Nous avons remarqué, en suivant saint Paul , que les 4\nîs ont heorté contre la pierre qui est Jésus-Christ, parce t{a*ils ont voulu établir leur propre justice ; c'est-à-dire parce qu'ils n'ont pas voulu rendre hommage à la grâce de lésas-Christ. De là il est arrivé qu'ils ont été, ou manifestement prévaricateurs, ou faussement justes. «Celui qui vit se- « Ion la justice de la loi, dit saint Augustin {Ibidem,\iv.lUy & eh. YII, n"* 23, t. X, p. 463), sans la foi de la grâce de t lésus-Christ, comme l'Apôtre nous apprend qu'il a vécu t\u\-mème sans reproche, celui-là doit être considéré t comme n'ayant aucune véritable justice. » Il est donc

390 QUATRIÈME SYMBOU.

arrivé que Tédifice de tous les Juifs qui n'ont pas en recours à Jésus-Christ s'est trouvé ruineux , soit que oet ruines fussent plus ou moins aisées à apercevoir; car ceux même d'entre eux qui ont mis la main à Touvrage avec pliUb d'ardeur ont encouru la malédiction dujP^.GXXYI : Si leSei^ (jneur m bâtit lui-même la rnaison, en vain travaillent ceua^ qui la bâtissent. £t saint Augustin en rend ainsi la raisoii ^ i( Parce que vouloir obéira la lettre de la loi qui commande <{ comme par les forces du libre arbitre, sans FËsprit de> « Dieu qui vivifie, ce n'est pas une véritable justice. )> (Ibid,^ S'il se trouve, par un effet et une suite de ces véritéf^ que les Juifs, tant ceux d'autrefois que ceux d'av^jourd'hui^ ne sont autre chose aux yeux de Dieu que des édificec ruines ; ce n'est pas une suite moins nécessaire de ces vérités , que tous ceux qui parmi les Chrétiens et au milieu; de l'Eglise refusent d'appuyer sur la grâce de Jésus-Chrû» l'édifice de leur salut , ne bâtissent rien de solide. De U vient que Dieu aperçoit tant de ruines au milieu de 1'^ glise. Or, il réparera les ruines de son Eglise en réparais les anciennes ruines^ c'est-à-dire en convaincant de la forc« de }^a grâce puissante ceux dont il relèvera l'édifice , som Juifs, soit Gentils; et, pour ne pas nous écarter du lan^ ga^^e que nous suivons, il les convaincra qu'il est le sourverain architecte , que rien ne réussit de ce qu'il ne bàtL point, et que rien de ce qu'il bâtit et qu'il soutient n'es renversé. Ou bien, si on prend, par une métaphore plus précise, les pierres pour le symbole des hommes, il les placera de sa main dans la structure de l'édifice, leur donnanl le rang qui lui plaira, selon cette expression de YApocO' iypse, (ch. III, v. 12) : Je le rendrai une colonne dam k tetnple de mon Dieu, Il uiïermira ces pierres sur le premiei fondement qui est Jésus-Christ, et il répandra sur elles son

nERR£S| tDIFIGKS, l'tEKHEi» PAÉCIEUSES. 391

Esffnij aojumele feu qui descendit sur les douze pierres qui iBimaieBt l'autel d'Élie.

Jéréoje s'est servi du symbole des édifices dans le même esprit fa'Éiéchîel » et pour dire à peu près les mêmes choses (Jér., XXXI, 1) : En ce temps-là, dit le Seigneur, 'jimraikDieu de tous les enfants d* Israël: Eho Deus uminsucoGNATioMiBUs Israël, et ils seront mon peuple. Voici dfueditle Seigneur : Mon peuple qui était échappé à féfét, a trouvé grâce clam le désert : Israël ira à son repos. Il 9 ^longtemps que le Seigneur s'est fait voir à moi. (C'est faad qui parle, et Dieu nième lui répond.) Je vous ai aimé ^^anwur étemel; c^ est. pourquoi je vous ai attiré à moi ■ ^ la compassion que j'ai eue de vous. Je vous édifierai **^, et vous serez édifiée de nouveau, vierge (F Israël, etc. ^^n verset 23 : Voici ce que dit le Seigneur des armées, le j {TJsraêl: Ils diront encore cette parole dans la terre de ^*fc et dans ses villes, lorsque j'aurai fait revenir leurs ^t^ûfs : Que le Seigneur vous bénisse^ lui qui est la beauté ^ la justice , et la montagne sainte où Juda habitera et ^tes ses villes avec lui. . . (v. 27); Le temps vient ^ dit le ^igpèeur^ que je sèmerai la maison cT Israël et la maison ' Juelii, et que je la peuplerai d'hommes et de bêles. Comme ' jne suis appliqué à les arracher, à les détruire^ à les dissi- ^Ty à les perdre et à les affliger; ainsi je 771^ appliquerai à ^ édifier et à les jo/an/er, dit le Seigneur.

Ttous nous contentons de proposer ces passages, laissant 1^ lecteur de les examiner à la faveur du principe que saint ^^nlmet en œuvre dans le XI*^ ch. de XÉpitre aux Ro77%ainsy ïk de considérer que^ si ces passages ont eu leur accomplissement à l'égard des Gentils, cela n'empêchera pas qu'ils ne fuissent l'avoir à l'égard des Juifs. Que l'on en pèse ioiicles paroles, et que l'on reconnaisse avec quelle justesse

392 QUATRIÈME SYSIBOLE.

elles s*appliquent à un peuple qui a été autrefois le peu'^t^i de Dieu^ qui a cessé de Tètre^ et qui le redeviendra un joi^^* Considérons par-dessus toutes choses, que c'est ce peu]^^^ j là même qui a Tavantage de se trouver nommé par son E^cn dans ces passages.

Jérémie descend encore dans un plus grand détail au ^ set 38 : Le temps vient, dit le Seigneur, que cette ville rebâtie pour le Seigneur, depuis latour d^ Hananéel jusçb^^ la porte de F angle; et le cordeau sera porté encore plus A^^fft^ de là jusque sur la colline de Gareby et tournera atUomt^ de Goatha, et de toute la vallée des corps morts et des cetu et de toute la région de mort jusqu^au torrent de Cédron, jusqu'à Pangle de la porte des chevaux quVregarde ForiemSt^^^ ce lieu sera sahit au Seigneur, on n'en renversera plus tat^jn fondements, et il 7ie sera plus détruit à F avenir. '**?^

Pour entrer dans Tapplication que nous faisons mainto^g^ nant de ces dernières paroles , il n'y a qu'à réunir de principes. Le premier, que ces paroles ne se bornent | uniquement à un sens charnel, tel que serait le rétabliflW^::: ment de Jérusalem par Néhémie, mais qu'elles ontaittilun sens spirituel. Le second principe, tiré de saint Paul, qoa le sens spirituel se vérifiera aussi un jour dans la race d'Abraham selon la chair : et comme il ne se vérifiera que pir Tincorporation des Juifs à l'Lglise, il s'ensuit que l'acconh plissement spirituel des promesses sur les Juifs ne sert dans le fond qu'un second accomplissement spirituel en faveur de l'Église, ou, si l'on veut, une extension du premier accomplissement ; ce premier accomplissement n'est autre que celui qui s'est fait sur les Gentils en faveur de l'Église.

Le passage du XIV chapitre de Zacharie^ verset 8, ^ trop de rapport à ce dernier de Jérémie i^ur l'en séparer -

ee*^»ijB5-/d, il sortira de Jérusalem des eaux vives, ut Ift fnoùiése répandra vers la mer d orient, et F autre ers \Atneri occident; et elles couleront P hiver et Pété. Le !«fi«T sera le roi de toute la terre. Il rCy aura en ce mrAà gue lui de Seigneur^ et son nom seul sera révéré. Tmt le pays sera habité jusque dans les lieux les plus dé- Mftkpuis la colline de Remmon jusqu'au midi de Jérusa- )m. Jérusalem sera élevée en gloire, et elle occupera le lieu ielle était d'abord, depuis la porte de Benjamin jusqu'à virait oit était l'ancienne porte, et jusqu'à la porte des fh; et depuis la tour dHananéel jusqu'aux pressoirs du Jérusalem sera habitée , et elle ne sera plus frappée mthéme; mais elle se reposera dans utie entière stireté. 9 même Prophète annonce plusieurs choses, dans ses ien chapitres, qui regardent le dernier établissement irasalem dont nous venons de l'entendre parler; il exe les étranges agitations qui accompagneront ou prétmt un si grand événement.

B autres Prophètes ne manquent pas aussi de se réunir X que nous venons de citer, pour prédire les mêmes s en faveur de l'Église et sous les mêmes symboles. avant de rapporter leurs paroles, remontons à l'oride révénement dont il s'agit, afin de Téclaircir de plus us et de faire mieux sentir la liaison des diverses choses L'Écriture sainte en dit.

i retient an commencement de l'événement de la conversion des Imb. Fécondité du ministère des deux Prophètes. Abondantes bénédîdîoiis sar ceux que Dieu convertira alors.

Si Von prend les chapitres L ou LI àUsaïe dans le sens

394 OUATHIÈME SYMBOLE.

qui se rapporte à la conversion des Jui£B, les premiers ver^,^^^ sets du chapitre LI nous placeront au commencement d^ j cet événement^que le Prophète compare au commencemeo^^^^^^ de tout le peuple juif : Rappelez dans votre esprit cet%^^ roche dont vous avez été taillés, et cette carrière profane m^ ^-

dont vous avez été tirés. Jetez les yeux sur Abraham vot^

père^ et sur Sara qui vous a enfantés ; et considérez f^^^^^-j Payant appelé lorsqu'il était seul, je l'ai béni et je Caim^ -a-rj tiplié. A quoi le Prophète rapporte-t-il ce discours ? C ■ ■ 44, <//?/67', continue-t-il, que le Seifjneur consolera Sion; il ^St^ consolera de toutes ses ruines ; il changera ses déserts en ct!^ss lieux de délices^ et sa solitude en un jardin du Seigneur»

Pour iixer Tesprit du lecteur, apportons ici en exemple la conversion des Genlilsy et disons que comme l'édifice do leur conversion a eu de petits commencements^ mais qui ont été promptement suivis de grands progrès, il en sera de. -^ même de la conversion des Juifs. Corneille a été propie-î — ^ ment la première pierre de Tédilice des Gentils; à moins ^-^ que Ton n'aime mieux remonter jusqu'à saint Pierre mêmei -i-^^ auquel il faut joindre saint Paul, et à Corneille ceux de sa -— r:* maison; de là il faut passer à cette multitude de Gentils dont , la conversion est racontée dans les Actes des Apôtres. Cert ^ ainsi, à peu près, qu'il en sera de la conversion des Juifc. , -

JN'ous ne parlons pas maintenant des préparatifs que U .-^ - Providence ménagera parmi les Gentils, afin de disiwser *

ioiiles choses à Tinserlion des Juifs. Nous attachant donc à ^^^ Tœuvie de la conversioji des Juifs en elle-même, nousavoo* > vu ([u'clle doit commencer par la mission des deux PrO' c:> pliètes, qui seront les deux premières pierres de l'édifice (J* -^ la conversion des Juifs, à peu près comme saint Pierre C saint Paul ont été les deux premières pierres de l'édifice d^ la conversion des Gentils. Cest ainsiy dit le Prophète qu^^

l'IEBRESy tmK», PIKRKES Pf^CIEUSES. 395

ei^x^sde citer, que le Seigneur consolera S ion; il la ,lerft fie toutes ses ruines, en posant d'abord une pierre, ne au\re pierre , comme il a autrefois posé Abraham ttçfort i tout le peuple d'Israël, comme il a posé Moïse A»iûU par rapport à rétablissement de la Synagogue , ■me il avait posé antérieurement Joseph par rapport à itooduction de toute la famille de Jacob en Egypte, car ot dit singulièrement i Joseph qu'il était le pasteur, et fiemd!hraêl {Genèse, XUX, 24).

i ces deux premières pierres,il se joindra bientôt d'autres ins. C'est ce que nous avons vu dans le prophète Zacha- : Voici la pierre, est-il dit ch. III, v. 9, que f ai mise de^ \tJàus. Ce Jésus est un des deux oliviers mystérieux ; lot dit de l'autre olivier mystérieux (Zorobabel) : Ses mont fondé cette maison (le temple), et ses 77iains l'amnt entièrement [Ibid., YS, 9). Et en parlant de ce «chef du peuple de Dieu, deux versets plus haut, il est foe Dieu fera paraître une pierre principale , une i fondamentale : Educet lapidem primarium , dit la lie (verset 7). Valable traduit : Proferet lapidem capi- »; Il mettra la pierre qui couronnera le temple, aiix nations du peuple qui criera sur elle : Grâce , yràce : i, GRATiA siT iLLi; c'est-à-dire selon le même Yatable, es noteS| que la grâce l'accompagne. Ce sens parait ipe à l'hébreu, et cadre avec une grande justesse événement dont nous parlons; car les Juifs n'ayant ijetés que parce qu'ils avaient rejeté la gràce^ et etour devant être le triomphe de la grâce, quelles Dations ne retentiront pas à la gloire de la grâce d^on verra poser les fondements d'un tel édifice, lorsi/& nûn^le du s^u^iCice d'Élie s'accomplira sur un i/^ dont le cœur é^^ dur comme la pierie , et qui

était plus éloigné de Tardeur du Saint-Esprit que TeaQ a ^^ Test du feu !

Les douze pierres dont Élie composa son autel^ et qui ï* ^ ^ présentent l'universalité du peuple d'Israël, ont deux n^r^ ^^ ports; il est bon de les distinguer , conformément à „^ ^ double usage que TÉcriture fait du symbole des pie D'une part, ces pierres ne sont autre chose que le peu même dont Dieu se fera un autel, un temple, une mais— ^^^-^g ^^ et d'autre part, comme les pierres servent souvent à exj/^,Mi^ ^ mer la dureté du cœur, le feu du ciel, qui dans le sacrS£S09^ c d'Elie eut la force de les consumer, marque la force touft^P*^ ^ ie: puissante de la grâce qui changera le cœur de ce peii|»9^ZL « i endurci. C'est alors que se vérifiera d'une manière éclatas 9^.^sx à la parole de Judith (ch. XVT, v. 17) : Seigneur, que twii^^t jrs vos créatures vous obéissent^ parce que vous avez parli^0^\~ jp ^ elles ont été faites; vous avez envoyé votre esprit ^ etelk^.^ i^ 1 ont été créées, et nul ne résiste à votre voix. Les moniagtie^i ■ z^^ seront ébranlées jusqu'aux fondements ^ avec les eoÊ^'-^j;^ ■ qtî^ elles renferment ; les pierres se fondront comme la àf^ - ju0^ * devant votre face. ^- -^ *-

Zacharie, chapitre DC, continue de décrire ce même évé- ^^^^^^^^-s- -^ nement, sans perdre ni Tune ni l'autre de ces deux tM\ ^ -^^ c'est-à-dire qu'il emploie le symbole des pierres , et qu'il ^^^ y parle magnifiquement de la force de la grâce. Il aperçoit ^ le peuple de Dieu délivré d'un joug accablant; il voitdatf la main du Seigneur une armée dont il se sert pour fûn ^ garder son temple ; et ces événements sont la suite deU ^^ défaite et de l'humiliation des Philistins dont il a parlé dao* ,^ les versets précédents : Je ferai garder ma maison par H*** soldats, qui F enviroyineroiit de tous côtés y pour la défendra» et ceux qui exigent les tribus ne viendront plus troubla mon peuple y parce que je le regarde maintenant cTuna^^

niRBESy iDlFICBS^ PIBRRES PRÉCIEUSES. 397

fmcmkk.... hida est mon arc que je tiens tout bandé; i Épkraimestmon carquois que J'ai rempli de flèches. (On 4pit que les Prophètes expriment Tuniversalité des douze rTobos eo réunissant les deux noms de Juda et d'Éphralm). Jimseiterai vos enfants, 6 Sion, Je les animerai y ô Grèce, wârt Ut enfants; et Je vous rendrai, ô Sion^ comme fe'pée ^fhavailUmts. (Us formerontdoncune armée spirituelle.) li Seigneur Dieu, continue le Prophète, paraîtra au-des- » feux,., il les animera par le son de sa trompette... Le kipieur des armées les protégera; ils dévoreront leurs enwms,etils les assujettiront avec les pierres de leurs frondes MvIX^Setsuiv.).

llusioire de Goliath , que David attaqua la fronde à la ■UDy est ici rappelée ; ce qui est d'autant plus remarquable, NRbmt ce chapitre de Zacharie est plein d'allusions à FAitfoîre de David.

Sbfin, après avoir exprimé de la manière la plus magniifse qu'ils seront remplis du Saint-Esprit, le Prophète fursniten ces termes , v. l&: Et le Seigneur leur Dieu ksmwera en ce Jour-là, comme étant son troupeau et son ^le. Cela fait entendre pourquoi ils seront armés de ^es ; c'est-à-dire, qu'ils auront, comme David, les armes lut se servent les bergers. Ils se serviront de la pierre mr combattre. La tète de leurs ennemis sera brisée par la Bire, comme le fut celle de Goliath. Mais ils seront euxfcmes comme des pierres précieuses. C'est ce que le Prolèle ajoute aussitôt : Et on élèvera ^ comme un monument » ta gloire, des pierres saintes dans la terre qui lui appar- (Ni; ou, selon l'hébreu, des pierres propres à servir d'ornement à une couronne; ce qui renferme une allusion sen- AAeau verset 3 du Psaume XX, où il est dit que Dieu icttra sur la tète du Messie une couronne de pierres pré-

âds QUÂtiiffelite êimMkm

cmisês. Lé Prophète pàï\é immédihtemml a^ès dé Vf bbaristié et de là gtèûoe qn^elte renferme. C'est de ei gr&te qne les nouveaux combattants lieront i-emplis. Q cun d^eux sera une pierre précieuse qui eervira d'omMi à la couronne de Jésus-Christ^ et qui entrera dans lei Cl déments de Tédifice qui sera élevé A sa gloire.

Cependant nous voyons ^ par les paroles du PM^bi qu'ils auront des ennemis à combattre. Il y àurudoneéM comme cela s'est trouvé au commencement de l'ÉgUl pierre contre pierre, ville contre ville^ édiice contre étfMj Les uns écraseront leurs ennemis avec la piem-, il fi autres se briseront contre la pierre» ou bien seront AonUl quand elle tombera sur eux. Suivons l'Écriture qm va AÉ représenter ces choses en détail. ^

f ARTICLE XXVI. *^

Principes sur le progrès de Finiquité au milieu d*un peuple, et Mr} riDdéfectibililé de TÉglise. Application de ces principes par nppoii au temps de la conversion des Juifs, soit au cotps des méchants, sok à rÉglise.

Si , d'une part, les méchants sont par rapport aux iM ce que les ruines sont par rapport aux édifices qui C01lN^ vent leur intégrité; d'une autre part, on peut aussi les ool' sidérer comme formant un édifice funeste qui est oppoM î\ l'édifico des bons. C'est pourquoi l'on peut dire que, dtfi le temps de la conversion des Juife, on verra s'élèvera* nouvelle tour de Babel, une Babylone, une Ninive, une JS richo, c'est-à-dire une multitude de méchants qui se rémi ront pour combattre les justes.

Pour mieux entendre ceci, il faut avoir présent ceq) nous avons dit dans les Articles XVII, XVIII et XIX d

nERRBS, iOtFtCl^y Hchi^^ I^IÉGIEUSES. 399

de I*Ëglise, des édiBises flrappés de lèpre qui se trou-

ml datas son enceinte, des maisons mal enduites, et des

fienes du sanctuaire traînées dans la poussière. Or, le

lomim de ees édifices impurs s'accroît par degrés ; c'est

Mus que le mystère dHniquité tend à sa consommation. Il

nent enfin deux sortes de temps qui se suivent de près. Le

lenier de ces deux temps est celui où Dieu exerce des j uge-

hents éclatants sur l'amas de ces malheureux édifices;

Futre temps qui précède, est celui auquel le mal est déjà

ÉKi grand pour mériter ces jugements éclatants, quoique

Kea diffère de les exercer. Dans le premier temps, ces

ttlioes sont encore renfermés dans Tenceinte de l'Église;

kûs ceux qui sont représentés par ces malheureux édifices,

K séparent peu à peu des bons, et Dieu dispose tellement

les choses par sa providence qu'ils en viennent enfin jus-

)B'à se séparer même de la communion extérieure de

it^se, et c'est alors que commence le second temps ; mais

ftfe séparation extérieure ne se consomme qu'après bien

'arévolutions.

C'est ainsi que se forme la ville ennemie ; par où l'on voit fa'elle a ses commencements dans l'Église même ; et que, ios la suite de son histoire, elle s'en trouve séparée. Mais leanse de l'indéfectibilité de l'Église, la séparation des Mchants, qui forment un amas de mauvaises branches, ne lent être consommée que longtemps après qu'un nombre Mkant de branches nouvelles auront été entées sur le bsnc de l'olivier ; ou bien, autrement, la séparation des Mchants ne sera consommée que lorsque l'enceinte de Itglise aura été enrichie d'un nombre suffisant de nouveaux ttifices, dignes d'occuper la place des pierres maudites qui ioiventètre jetées dehors.

Ainsi on comprend qu'il se forme peu à peu deux villes,

400 QUATRIÈIIE STimOLB.

rivales Tune de Tautre. Uune de ces villes est Jéricho, ] bylone, etc. ; Tautre est une Jérusalem dont on repaie brèches. Mais il faut prendre garde que dans le prem temps, c'est-à-dire avant la séparation extérieure, la yi ennemie est tout à la fois Babylone et Jérusalem ; elle déjà Babylone selon l'esprit, et elle est encore Jérusala ou, pour éviter toute équivoque, elle est une portion Jérusalem par la communion extérieure qu'elle conw' avec rÉglise.

C'est dans ces circonstances que se vérifie la parole Michée (ch. III, v. 9) : Écoutez ceciy princes de la maà de Jacob, et vous, juges de la maison d'Israël; vous f avez r équité en abomination, et qui renversez tout ce f est juste; qui bâtissez S ion du sang des innocents, etJM salem du fruit de F iniquité. La malédiction prédite pir i prophète HabacQC tombe sur eux (11^ 12) : Malheur àcA qui bâtit une ville du sang des innocents, et qui la fm dans riniquité. Le prophète Michée décrit plus au longe désordres, dans Tendroit cité : Leurs princes, continue4-i rendent des arrêts pour des présens ; leurs prêtres enseigna pour l'intérêt, leurs prophètes devinent pour de P argent i après cela ils se reposent sur le Seigneur, en disant: LeSé gneur n est-il pas au milieu de nous ? nous serons à c« vert de tous maux. Cest pour cela même que vous ser\ cause que S ion sera labourée comme un champ, que Jén/s lem sera réduite en un monceau de pierres, et que la ma tagne où le tefnple est bâti deviendra une forêt. Ceci appi tient au second temps que nous distinguons.

Sion et Jérusalem deviennent alors, en tous sens, v Babylone et une Jéricho maudite; c'est-à-dire que « [)euples qui ont été Sion et Jérusalem ne le seront [ réellement; et si on leur en conserve le nom dans ce d

PIERRES PRÉCIEUSES. 40i

Bier Tenet, ce n'est qu'afin qu'on ne méconnaisse pas ce fn'ilsont été.

Cependant la véritable Sien et la véritable Jérusalem^ e^est-iJiire l'Église, se perpétue et se multiplie d'une autre (ttt. (Test ce qui est marqué dans la célèbre prophétie qui ait immédiatement, ch. IV, v. 1, où il est dit que la monlÊfne sur laquelle se bâtira la maison du Seigneur sera fmdéesur le haut des monts, et s^ élèvera au-dessus des collim; lespeuples y accourront ^ etc.

Il faut donc distinguer le second temps auquel un peuple ipostat cesse d'être le peuple de Dieu intérieurement et otériearement, d'avec le premier temps auquel il fait dtérieurement partie du peuple de Dieu. Dans le premier kapsyil en fait partie par laconmiunionextérieure,quoiqu'il a soit ennemi par l'esprit; c'est pourquoi nous avons dit ft cette multitude de méchants sont déjà Babylone en un ns, quoiqu'en un autre sens ils soient encore Jérusalem. Best manifeste que, quelque élevé qu'on soit dans l'Église, «peut déjà faire partie de Babylone en cette sorte. Une (ierre peut occuper encore un rang distingué dans le sanc- Ure, et faire, aux yeux de Dieu, partie d'un temple probe et de l'autel des idoles. C'est alors que s'accomplit, en il personne de plusieurs ministres du vrai Dieu, ce que ■int Paul prononça au grand prêtre de la Synagogue lorsft'il l'appela muraille blanchie; car il peut arriver que Ici ministres du Seigneur, au lieu de la solidité qu'ils demient avoir et qu'ils devraient communiquer au reste de i'édifice, ne soient en effet que des murailles blanchies ; et cela ne laisse pas de se vérifier aux yeux de Dieu, quoiqu'il ne soit pas permis ordinairement de le leur dire en lace, à cause de l'autorité dont ils sont revêtus. Michée même nous fait entendre quelque chose de plus.

Non-seulement les mauvais ministres seront des murailles maudites, non-seulement ils feront partie de Babylone, mais il arrivera même qu'ils en seront les architectes. En ^ effet, ceux qui bâtissent Sion de sang, et qui fondent Jéru^*^ salem dans Finiquité^ selon Michëe, ne sont-ils pas yeux de Dieu les architectes de Babylone, quoiqu'ils soien. encore, par la dignité qu'ils ont reçue de Dieu et dontiU ne sont pas dépouillés, les architectes de Jérusalem ? Ils ! par leur rang et leur devoir les architectes de la ville saint et par le mauvais usage qu'ils en font, en imitant les arci tectes de la parabole de TÉvangile qui rejetèrent la princ pale pierre de l'angle, ils deviennent les destructeurs de ville sainte et les architectes de la ville ennemie.

Ces principes posés, voyons ce que l'Écriture nous conte de la ruine de Jéricho [Josuéy ch. YI). Les prèti prirent l'arche du Seigneur; sept autres prêtres prirent ■ es sept trompettes du Jubilé, qui étaient faites de cornes ^to bélier, comme le marque le nom de ces trompettes, d^ei se[)t prêtres marchaient devant l'arche ; tous ceux qui p«:3N talent les armes, marchaient devant eux, et tout le reste ^u peuple suivait l'arche. Ils firent dans cet ordre pendant sc^pt jours le tour de Jéricho ; on n'entendit que le son des tro «Tapettes au milieu d'un silence universel, car Josué ^«-^r /i< donné cet ordre au peuple : Voîis ne jetterez aucun crij ^' n entendra aucune voix ^ il ne sortira aucune parole devo^^ houchcy jusqu^à ce que le jour soit venu où je vous dirt^^^' Criez et faites grand bruit. A insi P arche du Seigneur fit '* premier jour une fois le tour de la ville; et elle retourna *^^^ camp, et y demeura, La même chose se fit pendant six jou^^*

Ceci rappelle sensiblement les sept .trompettes de VAp^^ calypse. Les sept anges qui avaient en main les trompette ^ y tenaient la place des prêtres que nous voyons ici. On sa ^

mftRES, ÉDIFICES, PtËRDËS PRÉCIEUSES. 403

it Jean aperçoit les anges vêtus à peu près comme leâ prêtres lorsqu'ils faisaient leurs fonctions dans lacle. C'est ainsi que les sept anges qui sortent du le, au XV* ch., portant les sept coupes de la colère ^ sont vêtus d'un lin pur et éclatant ; et la seule i distingue leur habillement de celui des prêtres ) d* Aaron, c'est que ces anges ont des ceintures d'or. ^Apocalypse, le son de la trompette, de la part de es sept anges, est suivi de quelque grand malheur; malheurs attachés au son des sept trompettes ne comme des préparatifs, par rapport à ce qui doit son de la septième. Dans Josué, les sept trompettes chaque jour^ et les six premiers jours on ne voit cnn effet sensible; en sorte que l'on aurait été tenté \ que ce son et tout ce qui l'accompagnait n'avaient otce.

itième jour, au lever de l'aurore, les Israélites tirent le tour de la ville ; le son des trompettes redoubla. t à tout le peuple : Jetez un grand cri; car le Seims a livré Jéricho... Tout le peuple ayant donc jeté i eriy et les trompettes sonnant , la voix et le son 'pas plutôt frappé les oreilles de la multitude, que utiles tombèrent, et chacun monta par Vendrait qui Mi^vis de lui. Ils prirent ainsi In ville. Tout ce qui ra fut passé au fil de Tépée , et la seule maison de :at épargnée. Ainsi le Dieu d'Israël, qui était censé dans l'arche de l'alliance qu'on portait autour des I Jéricho, remporta la victoire.

ce qui arrive dans ï Apocalypse. Aussitôt que le e ange a sonné de la trompette, on entend de grandes Ds le ciel, qui disent : Le règne de ce monde a passé Seigneur et àsonChrist [Apoc.jXly 15). Les nations^

est-il dit, V. 18, se sont irritées, et le temps de voire colère est arrivé. Et au verset suivant : Alors le temple de Dieu s^ouvrit dans le ciely et on vit V arche de son alliance dans son temple, et Use fit des éclairs, des voix, un tremblemeni de terre, et une grosse grêle.

Le son de la trompette de V Apocalypse n'est autre chose que les arrêts que Dieu prononce, et dont les anges sont les exécuteurs. Dans Josué, les sept trompettes signifient la même chose, maisavecquelquescirconstances remarquables. Ces trompettes sont de cornes de bélier; ce sont celles dont on se servait pour annoncer Tannée du Jubilé. On sait que Tannée du Jubilé était celle où les anciens possesseurs ren-* traient dans les biens dont ils avaient été dépouillés , et qu^elle arrivait après une révolution de sept fois sept années. La conquête de Jéricho assure aux Israélites celle de toute la terre de Chanaan, promise à leurs pères; c'est pour' eux le gi*and Jubilé ; et ils font cette conquête après que les trompettes ont sonné sept jours de suite, et sept fois le dernier jour.

Jésus-Christ est représenté dans Y Apocalypse (V,6) sous l'image d'un bélier qui a sept yeux et sept cornes ; et les sept trompettes de Josué sont sept cornes de bélier. Que nous marque l'Ecriture par cette circonstance , sinon que le son des sept trompettes de Josué figure la voix puis* santé de Jésus-Christ? Cette voix se fait entendre depuis longtemps, elle annonce ce qui doit arriver. Avant révéne* ment, on est tenté de la croire faible et impuissante. Mais au moment marqué dans les desseins de Dieu, la terre s'é« branlera, et les murailles de Jéricho tomberont. Nous venons de voir qu'au son de la septième trompette de VApo* calypse, Tarche parait et la terre tremble.

Nous voyons dans Jéricho, une image de la ville ennemie

PIERRSSy ÉDIFICES, PIERRES PRÉCIEUSES. 405

qm est renversée par la force de la parole de TAgneau

iiuiQOcëe par ses ministres. C^est ce que prédit Sophonie ,

di. f, Y. 15 : Le jour du Seigneur sera un jour de colère ,

wjour de tristesse et de serrement de coeur ^ un jour daf-

fiction et de misère, un jour de ténèbres et d^ obscurité ^ un

jwrde nuages et de tempêtes , un jour où les villes fortes

H les hautes tours trembleront au fier retentissement de la

trompette. Les causes de ces malheurs sont exprimées aux

wrsets précédents ; v. 9 : Je punirai en ce jour-là tous ceux

fw entrent insolemment dans le temple, et qui remplissent

imiquité et de tromperie la maison de leur Seigneur et de

kur Dieu; et au verset 13 : Toutes leurs richesses seront

pillées j et leurs maisons ne seront plus qu*un désert : ils

feront des bâtiments^ et ils n'y demeureront pas^ etc.

Lorsque Jéricho est détruite , Tarmée d'Israël est en même temps victorieuse. Mais, pour suivre la figure dans les mêmes symboles, il faudrait que l'histoire du peuple de Dieu fût aussi représentée sous l'image d'une ville. C'est ce qui se trouve, en effet, dans ce même chapitre XI de VApocalypse, au verset 13, où il est parlé d'une ville, qu'il parait qu'il faut distinguer d'une autre ville dont il est parlé an V. 8. Or, voici ce qui est dit de la ville, v. 12 : Après la rêsarrection des deux Prophètes, ils entendirent une voix puissante qui venait du ciel, et qui leur dit : Montez ici. Et ils montèrent au ciel dans une nuée à la vue de leurs ennemis. A cette même heure il se fit un grand tremblement de terre ; la dixième partie de la ville tomba^ et sept mille hommes périrent dans ce tremblement de terre; et les autres^ étant saisis de frayeur, rendirent gloire au Dieu du ciel. Aussitôt après cet événement, le septième ange sonna de la Irompette.

Il y a dans cet événement quelque chose de très-clair.

406 QUATRIÈME SYMBOLB.

Cette ville nous est représentée comme renfermant un grand peuple ; et à supputer selon le nombre de ceux qui sonp écrasés par la chute de la dixième partie de la ville, on voii qu'il y faudrait compter soixante-dix mille hoaunes. 0|^ aux sept mille hommes près qui périrent, tous les autfi^ furent frappés de crainte et rendirent gloire au Dieu ^ cinl. Jamais on ne vit une conversion aussi subite et au^ ; nombreuse. Les termes qui servent à Fexprimer répondes à ceux qui se trouvent employés dans le prophète Os^^ pour exprimer la conversion des Juifs ; Après cela, dit — J ch.IIly V. Sy les enfants d'Israël reviendront ^ et ils cherc.^^ ront le Seigneiir leur Dieu, et David leur roi; et dam à derniers jours ils recevront avec une frayeur respectueMJi le Seigneur y et les grâces qu^il leur doit faire.

II est bon de peser la différence qui se trouve entre 1 manière dont cette ville est traitée, et celle dont est trai'ft^ Jéricho. Jéricho estexterminée, et la seule maison de Ral3^i est épargnée. Ici toute la ville est l'objet de la miséricoKr< de Dieu, à Pexception seulement de la dixième partie. ^ terre tremble ; mais ce tremblement, bien loin d'èti'e fun^ ■ \\\\\ neuf parties de la ville, est accompagné d'un effets^ ^ blable à celui qu'on lit au livre des Actes (IV, 3i) i La m ^ son où les disciples étaient assemblés trembla , et eti m^ -^ temps il se fit une effusion du Saint-Esprit. Ici , l'effus^S du Saint-Esprit qui accomj)agne le tremblement est si abc::^ dante, que les neuf parties de la ville qui la reçoivent, i^^ prennent à craindre le Dieu du ciel et se convertissent su^ le-cbamp.

Or, quoique l'événement figuré par Jéricho soil trêr-^ différent de celui qui est marqué par ce qui arrive à cet#^' ville de V Apocalypse, cela n'empêche nullement que «?^ deux circonstances soient liées Tune à l'autre , et la liaisot^

PIERRES, ÉDIFICES, lUERULS PRÉCIEUSES. 407

i itfée à apercevoir. La réprobation d'un peuple est le "Bai de la vocation de Tautre, ou plutôt, suppose Tautre à introduit dans la Religion. Sans entrer dans un plus od détail, contentons-nou^ de remarquer, que Tévéneit de V Apocalypse est une suite de la venue des deux phètea ; et que dans Jéricho , la maison de Rahab n'est Tgnée que pour avoir reçu les deux espions, envoyés Jofiué comme les avant-coureurs et les prémices du veau peuple qui allait venir.

onque ce nouveau peuple s'empara de Jéricho, non par orce de son bras, mais par la puissante protection de 1, il est visible qu'on avait lieu de prononcer la plupart choses contenues dans le Cantique du XXYP chapitre aïe : Le Seigneur abaissera ceux qui sont dans P éleva- \; il humiliera la ville superbe; il P humiliera jusqu^ en 'e f il Al fera descendre jusqu'à la poussière. Elle sera lie aux pieds^ elle sera foulée aux pieds du pauvre^ aux ù de ceux qui n^ont rien. Nous avons déjà appliqué ce itique, cinlessus Article XY S à la première révolution ' laquelle les Gentils ont été substitués aux Juifs ; il ne vient pas avec moins de justesse à la seconde. Lrrètons-nous ici un moment , pour faire remarquer la Ihode que nous suivons en réunissant l'histoire de Jéri- » avec celle de la ville de V Apocalypse. Nous avons pre- ^rement considéré Jéricho comme l'image d'un peuple ) Dieu détruit dans sa colère ; et pour nous exprimer plus «isément, nous Tavons considéré comme représentant même chose que l'amas des branches étrangères dont de saint Paul, et cela dans le temps que ces branches, iprisant son avis, se seront rendues dignes d'être coupées.

» ¥«j«i page 66.

OPy saint Paul nous fait envisager alors un amas d*autr» branches qui seront entées de nouveau. Que reste-t-il doa à faire pour suivre cet Apôtre, sinon d^opposer ville à vill»-. comme il oppose branches à branches? Car si les branche étrangères sont un peuple, si ce peuple est une ville, il bim dra, par la même analogie, que le peuple représenté p^ les branches naturelles soit pareillement une ville. S'il a^ rive après cela quelque grand changement par rapport Tun et à l'autre de ces deux peuples, il sera très- bien eaE primé par un tremblement de terre qui arrivera à l'une €i à l'autre ville ; et les effets funestes ou favorables qui aoK vront de chaque côté le tremblement de terre, exprimeront: le différent sort des deux peuples. Car, comme saint Paul, après avoir appliqué à l'un de ces deux peuples l'exemple des branches que le Père de famille retranche, applique à l'autre peuple l'exemple des branches qui sont de nouveau réunies à leur souche ; il faudra pareillement, après avoii exprimé la réprobation de l'un de ces deux peuples par k renversement et la prise de la ville, laquelle servira à le représenter , il faudra, disons-nous, exprimer la conversion de Tautre peuple par des traits pris de ce qui peut arrivei de favorable à une ville.

Il suffit donc que l'Écriture commence de représenter en quelque endroit sous l'image des villes^ ce que saint Pftui commence et achève de représenter sous l'image des branches , pour inviter tous ceux qui y feront réflexion i continuer dans leur esprit la même histoire sous l'image des villes.

Mais que nous est -il arrivé ici? Nous avons trouvé dam rËcriture la continuation de la parabole toute formée. Aprèf avoir considéré dans Jéricho, dont les murailles sont renversées^ le sort des branches étrangères que saint Paul me-

PIERRES, ÉDlFlCESy PIERRES PRÉCIEUSES. 109

irmH aaee d'être coupées, nous trouvons, dans le chapitre XI de TAfoeal^,xnïe ville qui, à la dixième partie près, remit à Dieti, ensuite d^un violent tremblement de terre. ^&^:^^s| Cda exprime si clairement le second membre de la parakokqoeDOus cherchions, que cela doit au moins nous mire attentifs pour examiner si l'Écriture n'aurait point prié U de l'événement que nous avons en vue. %posoo8 pour on moment que l'Écriture parle d'une fttecbose, il demeurera toujours certain que l'événement m elle parle en cet endroit a quelque rapport avec ce- (pe nous cherchons, puisque celui dont l'Écriture parle '«trDove propre à être exprimé, et est exprimé en effet de il même manière que nous l'exprimerions si le choix de flrfte expression nous était laissé. Mais non, l'Écriture ne furle point d'autre chose dans cet endroit ; plus on Tappro- 'iNidîrs, et plus on trouvera de preuves qu'il est question, dkns le onzième chapitre de VApocalypsCy de la conversion -Jes JoiCs. £t cet exemple servira à faire comprendre avec fwl art l'Écriture sainte est composée, et quelle est la cor- Rspondance que le Saint-Esprit a mise entre les divers firres de l'Écriture , on pour dire encore quelque chose de plus précis, entre les divers passages de ces livres.

Poussons encore ceci plus loin. La ville de V Apocalypse tremble ; des dix parts de cette ville, neuf rendent gloire à Dieu : cela représente les Juifs qui se convertissent. L'image d'une ville y est employée ; mais ce sont les habitants de cette ville qui représentent, et non pas les pierres dont elle est b&tie. Ceci n'est donc pas tant, dira-t-on^ une figure, qa*one prédiction simple d'un événement futur? Il ne serait pas raisonnable, il est vrai, de penser que, lorsque la ce» version des Juifs arrivera, ils se trouveront tous réunis dans Fenceinte d'une même ville, et il ne faut pas prendre

410 guATaiÈME symbole.

le nombre désigné dans cet endroit pour un nombre f ois y comme s'il ne devait y avoir en tout que soixantemille Juifs, ou qu'il dût s'en convertir sur le champ soizmi trois mille, et aucun de plus ou de moins ; et par conséque on ne peut désavouer quMl n'y ait quelque chose de 6g; dans ce passage de V Apocalypse; mais ce que nous voidji dire, c'est que la figure que nous cherchons n*y estpa^^ pierres n'y sont pas données pour le symbole des homq|| comme cela se voit en tant d'autres endroits. .^

Il reste donc, ce semble, à désirer quelque chose quii(| ponde avec encore plus de justesse au génie de la parabol C'est ainsi que, dans l'histoire de Jéricho, lesmunilli renversées au son des trompettes représentent à leur m nière des hommes ; ce sont, si l'on veut, les puissances hj maines les mieux affermies qui sont renversées au moma marqué de Dieu, par la force de la voix de l'Agneau. Gq supposé, que faudrait-il pour marquer la conversion d'f peuple, en suivant la même analogie? Il est manifeste (fi faudrait introduire une ville dont les murailles seraient n bâties; il faudrait qu'il se trouvât des instruments de mi sique, des prêtres, etc., pour répondre aux diverses circoi stances qui se font remarquer dans l'histoire de Jéricho.O c'est ce qui se trouve dans l'Ecriture, tâchons de le vérifia

Le Cantique d'/6ï//e, ch. XXVI, nous fournit d'aboi quelque chose qui répond à cette idée. Nous avons va t quelle manière il est parlé de la ville ennemie ; mais vo: ce qui est dit,dès le commencement,de la ville bien-aimé .1 /ors on chantera ce cantique dans la terre de Juda : Si est notre ville forte; le Sauveur (ou, selon l'hébreu, /e sal\ en sera lui-même la muraille et le boulevard. Ouvres les portes , et qiiun peuple juste y entre ^ un peuple ab$i valeur de la vérité.

PIERRES, iDIFlCBSy PUSRRBS PKÉaEUSES. 411

Mais Doas trouvons quelque chose dans le second livre {Eiir@$ qni répond bien plus précisément à ce que nous imiodoos; c'est dans le rétablissement et la dédicace des ■m de Jérusalem, sous les ordres de Nébémie. Cette dédifal précédée par des lectures assidues de la loi de in, et par un renouvellement solennel que fit toute la nafende ton alliance avec Dieu. On en voit Thistoire au chafifattlX; et voici ce qu'on lit au ch. XII, v. 27 : Au temps à h dédicace du mur de Jérusalem , on rechercha les Unies dans tous les lieux où ils demeuraient y pour les faire ^miré Jérusalem f afin qu'ails fissent cette dédicace avec JUrel actions de grâces ^ en chantant des cantiques y et en jsmmt des timbales , des lyres et des harpes. Les enfants àt chantres s'* assemblèrent donc de la campagne des envimi ée Jérusalem... Et les prêtres s étant purifiés avec les iUse», ils purifièrent le peuple y les portes et les murailles ék ville. Qtiant aux princes de Juda, continue Néhélie, je les fis monter sur la muraille y et f établis deux fsnds chœurs de chantres qui chantaient les louanges du lhf$ieur. L'un de ces chœurs marcha sur le mur du côté kéày et Fautre prit sa marche à Topposite. La moitié du ' IMple suivit chaque chœur, et on y distingua de princifn chanires. Ils avaient dans leurs mains les instruments è musique ordonnés par David: In vasis cantici David firi Des. Mais ce que nous devons singulièrement remarfier, e'est que, dans chaque chœur, ou voyait des prêtres pi tenaient des trompettes, et il parait qu'ils étaient de Mé et d'autre au nombre de sept (voyez les v. 34 et 40) ; ■ sorte que rien ne pouvait ressembler plus sensiblement la Énatcfaeqiii se fit autour de Jéricho du temps de Josué ; lais à Jéricho il s'agissait de faire tomber la ville ennemie, a lieu qu'il s'agissait, du temps de Nébémie , d'affermir

par la louange et la reconnaissance les murs de JénisahÉto

Néhémie rapporte le nom des tours et des portes par ^ cette nombreuse procession passa , et Ton y reconnaît i mêmes lieux qui sont nommés dans la prophétie de Je et de Zacharie touchant le rétablissement de Jér Les det(œ chœurs ^ poursuit Néhémie, verset 39, cfei qui chantaient les louanges du Seigneur^ s*arrêtêrenii vant la maison de Dieu, aussi bien que moi... Et chantres firent retentir bien haut leur voix en chc avec Jezraîa qui était leur chef. Ils immolèrent en ce je de grandes victimes dans des transports de joie; car . les avait remplis d^une joie très* grande. Leurs fe\ mêmes et leurs enfants se réjouirent comme eux; et la je de Jérusalem se fit entendre fort loin.

On ne voit point dans cette narration l'arche d'alliancs^ mais le renouvellement de l'alliance qui s'était fait au; vant en tenait lieu. Cela était conforme à la prédiction! Jérémie, ch. III, v. 16 et 17. L'arche de l'alliance ne de plus paraître elle-même, mais Jérusalem toute enti en devait tenir lieu : En ce temps-là Jérusalem sera ap le trône de Dieu. L'arche était le trône de Dieu; maisi trône figuratif, matériel et insensible; et Jérusalem den devenir une arche et un trône vivant. C'était dans la coorfiance qu'inspirait l'arche, que Josué et les Israélites mafrl chèrent autour de Jéricho : ce fut dans la confiance que leQf] inspirait le renouvellement de Talliance qui venait de Hr^ faire, que les Juifs célébrèrent avec tant de joie ladédicaM' de leurs murailles, espérant que Dieu, dont ils reconnais»^ saient solennellement la puissance , serait leur protecteur et leur défenseur: Le Sauvetir [ou, le salut) en sera lui-mime la muraille et le boulevard [I sale ^ XXVI, 1). Si l'on fait d'abord l'application de ce que nous venons

PIEIlBESy ÉDIFICES^ PIERRES PRÉCIEUSES. 413

[fcdireaa temps de Néhémie , il est aisé de le transporter

ItmtKS temps, dont celui de Néhémie n'est que la figure,

iaaxignek toutes ces choses ont un accomplissement plus

lit et plus spirituel. Nous avons comparé ci-dessus ,

[iîele XVII S lo temps de Néhémie à certains temps de

[Use, où il n'est donné aux serviteurs de Dieu de remé-

rases maux que très-imparfaitement et au milieu de

» traverses ; mais nous n'avions garde de prétendre que

\ histoire ne signifi&t pas autre chose y et ne servit pas

à représenter un renouvellement plus complet du

lia de Dieu, tel, par exemple, qu'on peut le concevoir

ikmps de la conversion des Juifs.

ARTICLE XXVII

Rnine de la grande Babylone.

Les mêmes hommes qui, dans un endroit de rÉcriture,

; représentés par la ville de Jéricho, le sont , dans un

, par la ville de Babylone. Cette dernière est figurée

\ Jérémie, LI, 63, par une pierre qu'on laisse tomber

il'Euphrate; et dansVApocalypsey XVIII, 21, par une

linle de moulin qui est précipitée dans la mer. Dans ces

[fax figures, la meule et la pierre signifient la même chose

tfK la pierre du Cantique de Moïse [Exode y XV, 5): Ils sont

[iMià comme une pierre jusqu^au fond des eauXy et que

[lu douze pierres prises du rivage et transportées par l'ordre

f db Josué dans le fond du Jourdain, dont nous avons si sou-

«t parlé.

Nous n'avons donc autre chose à faire que de répéter ici » que nous avons rapporté, Article i*% des chapitres L

' Voyez, page 362.

444 OVÀTMÈlfB STICBOLK.

et LI de Jérémie. Babylone est une aKmtagne enflamuti et on la yoit précipitée et submergée oomme une fié (ch. LI, y. 25 et 64). Babylone, estait dit, v. 7, es^ dan^ main duSeigneur une coupe d'or qui a enivré toute la M toutes les nations ont bu de son vin y et elles en ont étéé tées. Babylone est tombée en un moment, et elle s'est i dans sa chute. . . verset 2S : Je vais d toi, à montagne i gievae, dit le Seigneur, qui corromps toute la terre; fi drai ma main sur toi; je farracherùi Centre les rock On ne tirera point de toi de pierre pour [angle de tédi/i ni de pierre pour le fondement. Et verset 37 i Babylo réduite en des monceaux de pierres , elle deviendra Ai 4 meure des dragons... verset 42 : La mer est montée m Babylone, elle a été couverte par Pinondation de sesfloli Ses villes sont devenues un spectacle d'horreur, une (cfjj déserte et inhabitée, etc. Et verset 58 : Ces larges muraiA de Babylone seront sapées par les fondements^ et reHvm séespar terre; ses portes si hautes seront brûlées, etJestf^ vaux de tant de peuples et de nations seront réduits f néant, ils seront consumés par les flammes et périront.

On voit daûs V Apocalypse trois anges qui annoacentroJ après l^autre la ruine de la grande Babylone. Elle est tam bée, est-il dit, ch. XIV, v. 8, elle est tombée cette grand ville qui a fait boire à toutes les nations le vin de sa près t il ut ion. Un second ange répète la même chose au Gom menccnient du chapitre XVIII ; et à la fin de ce même cha pitre, verset 2l, on lit : A lors un ange puissant leva en haak une pierre semblable à une grande ineute de tnoulin, et l jeta dans la mer, en disant : C^est ainsi que Babylone, ceti grande ville , sera précipitée avec impétuosité, en sor\ qu'on ne la trouvera plus,.. Toutes les nations ont étés duites par ses enchantements ; et on a trouvé dam cet

HERBES, Èb^nCM, PfftBBES PRÉCIEITSES. 41 S

[fflfe k sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qui tété tués sur la terre.

Ces dernières paroles donnent lieu à une réflexion. Je- Christ dit dans l'Évangile (5. Matth., XVIII, 7): ktteur à r homme par qui le scandale arrive. Et verset 6 : Xfwlquun scandalise un de ces petits qtti croient en moi, f faudrait mieux pour lui quon lui pendît au cou une fces meules qu'un âne tourne, et qu'on le jetât au fond fhfner. Ce que Jésus-Christ a dit des auteurs des scanen parlant de chacun en particulier, il le dit du le en généraliMalheur au monde à cause des scandales. La grande Babylone n'est autre chose que l'assemblage [fatateurs de scandale, qui se réunissent ensemble aûn de Iridnire les hommes : Toutes les nattons ont été séduites pf/r Imenchaniements. Le jugement marqué dans VApocali/pxr, ' lequel la grande Babylone est précipitée dans la mer Itame une meule de moulin, répond avec une proportion Iftiinble à la sentence que Jésus-Christ prononce dans TKm^le; et ces annonces de malheurs répétées dans l'Apocilrpse ne sont autre chose que l'application de la parole I Je Jésus-Christ : V-e muxdo a scandalis.

Les prophéties de V Apocalypse et de JérémiCy et tous les adroits semblables de l'Écriture retentissent depuis longhnps, et ne sont pas suivis d'efi'ets sensibles. C'est le son <ks trompettes qui se fait entendre tout autour des murs de Jéricho, et tout demeure dans son état naturel. Pendan les six premiers jours, les habitants de Jéricho se rassuîiient , et étaient bien éloignés de croire que le son des faompettes eût la force de renverser leurs murailles. Le septième jour vînt, et ce jour-là, au septième tour, la voix de la multitude d'Israël, qu'on n'avait point entendue jusque-là, s'éleva subitement et servit d'écho aux trompettes ;

416 V^LATfUÈMK SYliaOLB.

et dans le moment, ce que Dieu ^vaitaiopneéiut MOOfllp et les mumlles de la ville ennemie Xur!eai.Keovaniéet.'7a

ARTICLE XXVlli; " 'T '

./;jî ^ ifflQ

Le niénie éféiiemeiit représenté Mmt d*jnitree iBom».' iMtoiiwaMèl'^V etnimednroî deTjr... • .^ :• ^ \\v\>t!

Babylone ne devient Babylone que parrimpiété; OBfi donc représenter le sort de Babylone en décrivaak oehai^ Timpiété. C^est ce que fait Zacharie. Après .avoir eapl sente les deux oints du Seigneur, les deux olivieiâ^^soni deux architectes à qui il était donné de rebâtir le temfi il aperçoit, dans le chapitre Y, un livre qui vole^ daalS airs; et l'Ange lui dit que ce n'est autre Ghose>que iéiMJ diction qui va se répandre sur la fjoee de toute- ia tettmi s'agit donc là, non de la punition de quelques honkmail de quelques peuples en particulier, mais de toua^oeiSDq ont concouru au mystère d'iniquité. Tout voleur^ pooM l'Ange, sera jugé par ce qui est écrit dans ce livre; et fi^ conque jure faussement sera jugé de même par ce fu contient. Je le produirai au jour ^ dit le Seignewr-d (innées: il entrera dans la maison du voleur y et dant^i . maison de ce lui qui jure faussement en mon nom ;etilé mcurera au milieu de cette maison , et la consumera 491 tout le bois et toutes les pierres. ..i»

Zacharie voit ensuite une femme, et il apprend de l'Aiil que celte femme est Pimpieté, On la jette au fond i% vase y et on en ferme Ventrée avec une masse de plomhX transporte ensuite ce vase datis la terre de Sennaar^ cei î\ dire de Babylone, afin, dit l'Ange, qu'on lui bâtisse u ynaison, et qu'il y soit placé et affermi sur sa base. Ail

PmiBBdy ftDIFlCESy PIERAES PRI^CIFISES. 417

BiisoDS des impies sont détruites, et l'impiété est relée i Babylone où on lui bâtit une demeure, i grande Babylone est aussi une Tyr et une Ninive. om fait une description terrible des soldats qui assiége- Ninive. lisse hâteront, dit-il, ch. IF, v. 3, de monter k muraille, et ils prépareront des machines où ils U à couvert. Enfin les portes de Ninive sont ouvertes Pinandatian des fleuves ; son temple est détruit jusla fondements.... Ninive est toute couverte d'eau ne un grand étang. Et au chapitre III, verset 12 : atos fortifications seront comme les premières figues , mssitôt qu^an a secoué les brandies du figuier, tombent la bouche de celui qui veut tes manger. sstbon de se souvenir qu^on a vu^ dans le premier lole, les étoiles qui tombent du ciel , comparées aux I vertes que le figuier laisse tomber lorsqu'il est agité Bt *• Ces étoiles sont , ou les saints , ou les docteurs , Bx qai tiennent un rang remarquable parmi le peuple 5Q. Ici ce sont ceux qui devaient faire la force de la [ai sont comparés à ces figues qui tombent. » vas citoyens, continue Nahum, vont devenir au mie vous comme des femmes; vos portes et celles de tout t seront ouvertes à vos ennemis, et le feu en dévo- !» barres et les verrous. Puisez de feau pour vous fer au siège ; rétablissez vos remparts ; entrez dans It^ foulez-la aux pieds, et mettez-la en œuvre pour des briques. Après cela néanmoins le feu vous ronsu" ; etc.

ichiel emploie les chapitres XXVI et XXVII à délamine de Tyr, et dans le XXVIII* il annonce la

vycsQ-dffisiiii, page 16.

U8 UIATRIÈUE flYMBOU.

chute de son roi. Gb. XXYI, v. 2 : FUsdeThommi

que Tyr a dit de Jérusalem avec des cris de joie: Le

de cette ville si pleine dépeuples sont brisées; ses hé

viendront à moi y et je m^agraiulirai de ses ruines \

nant qu^elle est déserte... Une multitude dépeuples

ront les murs de Tyr, et ils abattront ses tours; /«

rai jusqu'où la poussière ^ et je la rendrai comme un

luisante et toute nue. Elle deviendra au milieu de

un lieu pour servir à sécher les rets... (v. 12) : lU n

ront vos murailles; ils 7*uineront vos maisom magt

et ils jetteront au milieu des eaux les pierres^ le &

poussière même de vos bâtiments. . . Vous ne seres pi

tie à r avenir.., (v. 19) : Lorsque je vous aurai

toute déserte comme les villes qui fie sont plus habii

j'aurai fait venir Cabime sur vous, et que je voi

couverte dun déluge d^eaux (c'est ainsi que sont

les maisons , dont il est parlé dans le sermon sur

tagne , qui ne sont bâties que sur le i<able) ; lorsque

aurai précipitée avec ceux qui descendent dans la fi

fonde y pour vous joindre à la multitude desmorts i

lorsque je vom aurai placée au fond de la terre, a

qui sont descendus dans le tombeau , pour être

inhabitée comme les solitiules de plusieurs siècles,

même temps j^ aurai rétabli ma gloire dam la I

vivants (on voit ici bien marquée TaUernalive q

avons expliquée, d^un peuple rélabli dans le tej

Tautre est détruit) ; je vous réduirai à rien , vous

plus; et quoiqu'on vous cherche, on ne vous trojut

jamais, dit le Seigneur notre Dieu.

On trouve, dans cette description de la ruine quantité de traits qui ont un rapport sensible ave< truction de la grande Babylone de T Apocalypse,

nSRMS, fomCESy nERlIES PR^XIKUSES. 449

port an sens que nous suivons maintenant ; c'est le même événement écrit sous des noms différents.

De la ville de Tyr, Ézéchiel passe à son roi. On peut lire Rr cela le XXYIII* chapitre : voici ce qui a rapport & notre lymbole ; verset il : Fils de F homme ^ faites une plainte hfîAre sur le roi de Tyr^ et dites-lui : Voici ce que dit le Sdgneur notre Dieu : Vous étiez le sceau de la ressema Uame de Dieu , vous étiez plein de sagesse et parfait en kauté; vous avez été dans les délices du paradis de Dieu; Htre vêtement était enrichi de toutes sortes de pierres prédncm.(Oo voit que ceci rentre dans le symbole particulier as pierres précieuses ; dans V Apocalypse, ch. XVII, v. 4, k grande Babylone est parée d*or, de pierres précieuses fit de perles.) Ézéchiel continue : Les sardoines^ les topazes, h$ja$peSj les chrysolithes, les onyx, les bérils, les saphirs, ksesearbaucles^ les émeraudes et For ont été employés pour rtlecer votre beauté; et les instruments de musique les plus mellents ont été préparés potir célébrer le jour auquel vous nez été créé. Vous étiez comme un chérubin consacré par fonction (selon Thébreu) et qui couvre de ses ailes le propitiatoire. Je vous avais établi sur la montagne sainte de IHeu,et vous avez marché au milieu des pierres br9)lantes. Vous étiez parfait dans vos voies au jour de votre création, jwqtià ce que P iniquité a été trouvée en vous. Dans la multiplication de votre commerce, vos entrailles ont été remplies d iniquité; vous êtes tombé dans le péché, et je vous ai chassé de la montagne de Dieu. Je vous ai exterminé, 6 chérubin, qui protégiez les autres, du milieu des pierres brùlantes. Car votre cœur s'est éleré dans son éclat, vous avez perdu la sagesse dans votre beauté. Je vous ai précipité en terre f etc.

n ne serait peut-être pas hors d^œuvre de se souvenir

420 OIATRIÈME SYIIBOLE.

des endroits où la parole de Dieu et la sagesse sont coin| rées et préféré<3S à Tor et aux pierres précieuses. A Tëgiq des pierres précieuses posées sur le rational du gzan prèfrCy ou de celles qui sont dans les fondements de U vjl sainte bâtie sur la montagne, riroagiDationelle«-mâiiM|i réveille le souvenir. On vient de voir le symbole des instq ments de musique, employé parmi celui des ^enas.pii cieuses : c'est au son des instruments de musique qjml personnage dont il est parlé sous le nom du roi de Tjc.fi placé sur la montagne sainte au milieu des.piejn^es.lirt lantes. On doit se souvenir de la dédicace des mursdi^^Ji rusalem, faite au son des trompettes et des instruments^ musique.

ARTICLE XXIX

Le peuple enDeroi et ms chefs; leur endarasiemaet, leur sbiinc— ■

Deux choses se font remarquer dans le livre de /«^ premièrement, la manière dont le roi des Mèdes avait foi lifié sa capitale \ Il y fit faire fies viurailles de soixante^ coudées de large, et de trente coudées de haut , avec à tours qui avaient ceyit coudées de hauteur [Judith, 1, 2] Nonobstant cela, Nabucbodonosor, roi de Ninive, le vain quit, et entreprit de s'assujettir toute la terre. Il choisi Holopberne pour son général ; et après diverses conquèta Holopbeme vint mettre le siège devant Béthulie. Ce fut! que Judith vint le trouver. Lorsqu'elle l'aborda , il étai assis sous son pavillon. La magnificence de ce pavillon 6S la seconde chose que nous remarquons, Ibid., X, 19; était dejwurpre en broderie d*or, releré cCémeraudeseti pierres précieuses.

Voici ce qui est dit dans Abdias à Kdom , verset 3 : Vi

PIEEEE5, ÉDIFICES, PIERRIflS PKÉClhlJSES. 421

fÊtil de voire cœur tous a élevé, parce que vous habitez àm les fentes des rochers , et qu'ayant mis votre trône imks lieux les plus hauts, vous dites en vous-même : Qui limtiferaétme fera tomber en terre? Quand vous pren-* Ut: votre vol aussi haut que F aigle, et que vous mettriez minnidpafmi les astres, je vous arracherais de là, dit le Sd/neur. On voit ici le symbole des Astres réuni avec celui

' Getendroit d'Abdias a rapport avec celui de la prophétie èBaham (NombreSyXXÏWj 21). Le lieu où vous demeures iÊfort, dit -il aux Cinéens ; mais quoique vous ayez établi Hirt demeure et votre nid dans lapierre, et que vous ayez kl choisi de la race de Cin, combien de temps pourrez-vous iamirer en cet état ?

On peat remarquer daus ces prophéties que ce n'est pas kpiim qui sera renversée, mais ceux qui, se voyant placés iQr cette pierre , se confondent avec elle et croient avoir la tiême immobilité.

Void ce que Dieu fait dire à Sobua, préfet du temple

[imle^TLXll, 16): Que faites-vous ici, ou quel droit y avez-

tel», vous qui vous êtes préparé ici un sépulcre, qui vous

^ùs dressé un monument avec tant dP appareil dans un lieu

fievé, et qui voifs êtes taillé dans la pierre un lieu de reposa

te Seigneur va vous faire transporter dici, comme l'on

etÊforte un coq... Je vous chasserai du raiig où vous êtes, et

J€ VOUS déposerai de votre ministère. En même temps il est

A que la clef de la maison de David sera donnée à un

litre (v. 22). Ce dernier symbole a rapport à celui des

deb, des serrures, des portes, et de ceux qui en sont con-

iKtnés les gardiens. Lorsque Jésus-Christ fait la promesse

du fouvoir des clefs à saint Pierre, il réunit le symJ>ole des

cfeb avec celui des pierres et des édifices.

122 Ot'ATRIÈMË SYMBOLE.

C'est Ëliacim qui doit être mis à la place de Sohna. K^ Prophète dit de lui des choses qui ne peuvent avoir lei^ plein accomplissement que dans la personne de Jéfn^ Christ ; mais ce n'est pas le sens que nous suivons mainfttnant. Eliacim peut avoir figuré aussi des ministres de . Christ : En ce jour- là Rappellerai mon serviteur Èlia fils dHelcias; je le revêtirai de votre tunique ^ je rhanor^^sTn rai de votre ceinture, je lui remettrai entre les mains tumUff^ la puissance que vous avez, et il sera comme lepèredt^i^ habitants de Jérusalem et de la maison de Juda. Je mettrw^^ sur son épaule la clef de la maison de David; il ouvnrtf^^. sans qu'on puisse fermer, et il fennera sans qu'on pimm-^ouvrir. Yoilà des expressions qui ne peuvent se vérifiap: pleinement que de la personne de Jésus-Christ , et qui M), peuvent convenir à aucun de ses serviteurs que dans vi sens infiniment différent. Le Prophète continue : Je le ferai, j entrer comme un bois qu^on enfonce dans un lieu fermi, if. il sera comme un trône de gloire pour la maison de sm père... En ce temps- là, dit le Seigneur des armées, le beis qu'on avait fait sceller dans un lieu stable sera arraché; il sera brisé et il tombera , et tout ce qui y était suspeidu périra, parce que le Seigneur a parlé.

La prophétie du chapitre X de Zacharie, vei^set 3, répond à celle d'Isaïe : Ma fureur s^est allumée contre ks pasteurs, et je visiterai les boucs dans ma colère. Car leSei' gneur des armées visitera dans sa bonté la maison de Juda qui est son troupeau, et il en fera son cheval de bataille, et l'instrument de sa gloire. C'est de Juda que viendra Pangli qui lie le b&timent ; c^cst de lui que viendra le pieu enté dans le mur (paxillus) ; c'est de lui que viendra l'arc pow combattre; c^est de lui que viendront les fnaitres et les intendants des ouvrages.. , Je fortifierai la maison de Juda,

PIERRES, ÉOIFirCft, PIERRES PRÉCIEUSES. 423

Hjikmverai la maison de Joseph ; je /es ferai revenir, fim pu f aurai compassion (Tetfx , et iis seront comme àHiientavant que je les eusse rejetés; car je suis le Sei^ fmr leur Dieu , et je les exaucerai.

Rpaiarons appliqué , Article XI Y, à la première révo- Um, rhistoire de Nabal, dont il est dit que son coeur kmUcùmmeune pierre. Il y aura aussi dans la seconde, ■ M plusieurs Nabals; ce sont les chefs de la grande Ba* IfloM. Cette malheareuse ville , aussi bien que ses chefii , émmèe et remuée parle grand dragon, Tancien serpent MttDé Uviathan. Yoici ce qui est dit de Lévialhan [Joby W, 15) : San coeur s^ endurcira comme la pierre , et se nÊtmra comme l'enclume sur laquelle on bat sans cesse. knpfil s^élévera, les anges (ou, selon Thébreu, les forts) fféiinmt... V archer le plus adroit ne te mettra point en jUlr; les pierres de la fronde sont pour lui de la paille éki (oe qui a'entend dans Tordre ordinaire, et non pas '•pierres lancées et dirigées par la main de Dieu).

^^■l du peuple ennemi et de ses chefs. On y entremêle la prédiclion des malheurs qui préparent la ruine totale.

Que Ton se rappelle ce qui a été dit, Article IV, de la Hpobation des Juifis, et surtout de ce qui regarde le juge- Hot des femmes adultères *; que Ton considère, que OêUa et Ooliba ne représentent pas seulement le royaume le Juda et celui d'Isradl, mais encore ceux qui devaient iittler les iniquités de ces deux royaumes, et Ton comprente fscilement le rapport que ces prophéties ont à la

* ^«jei Mmm, ptget dtO et 32t.

icjiâuxièmd iéyglutiuu. La gpiunde Babylope^ deXApoea£jf^t éproQvenii le jugemeni à'OoJhi elle sera jn^ée^vsélon 1'^ pr^^ioB d^ËzécliieU de cette -sorte de Jogement doot^ juge les adultères (cb. XJKIII, v. ^);'des hommes justa.^ jugeront, et dos peupleé^npmhEeuX'yieDdvQQt poiur.k i der. En même lempH jtine.anoieDpe eduItSrey figurée. j la femme adultèiie d^TÉvaugile, sent délivrée -perceq^^ no. se trouvera plus d'accueateur qui &<>it on-étai'dd] contre elle upe seule pierre : la figure-de. Suzaone l çomplira ; im\s ces> choses appaiiiennent à un autre i bole. .^ ; '■ r , ■ . : ., -,i ■ ■ " -..;,

Lorsque ces prédiotioua s'accomplissent , non plu une seule femnie, ni sur deux ou troisy.ioais sur de j nations, on con^^oit que cela demande uneeeriaind' due de lem[)s nécessaire pour donnep-liett aux événemeuÉ-s de se développer. Le jugement, la condamnation et l'exéoirr tipu de la grande tiabylonequi sedoiveni faire sur latan^ ne sont pas l'aiiaii'e d'un jour. Le^ principes posée éncoOH menceuieut de l'Article XX\I servent ii faii^ enteodn cela, il y aura de grands troubles dans la ville sainte appe» lée Jérusalem, et Babylone essuiera de furieuses secooflBei avant d'être renversée.

Zachttrie, ch. XII, v. 2 : Je vais rendra Jérusalem^ pour tous les peuples iV alentour y comme un vase plein dune ôoisson qui enivre et qui étourdit, Jvda même se trouvent parmi ceux qui assiégeront Jérusalem. En ce iefupsdàjt ferai que Jérusalem sera pour tous les peuples comme ui^ pierre très-pasaute : tous ceux qui la voudront /ever fH seront meurtris et déchirés; et toutes les nations de ia terr^ s assembleront contre cette ville. Et au ch. XIV, v. 2 : J'ai-' semblerai fous les peuples jtour combattre Jérusalem : la ville sera prist\ 1rs aansofts seront ruinées^ la moitié de Ifi

PlEiBl», ÉDinCES, PIERRES PRÉCIEUSES. 425

wiilemê emmenée eaptive^ et le reste du peuple ne sera

fÊmttkesfé de la ville. Le Prophète annoDce ensuite un

àBÎOB (RmUement de terre ; et c'est après tant de ma]-

bHiqirïlIûl envisager le rétablissement de Jérusalem.

iMmBi rapporté ses paroles^ Article XXIV ^

niC» qnedii Zaebario , que Jérusalem sera comme une

|KmMB-pesailfe, et que ceux qui en approcheront seront

f ventre dans Tanalogie des pierres contre les-

OB vient se briser , ou qui écrasent par leur pesan-

km Ltt lapidationB sont dans la même analogie. C'est

panqaoi si Févénement rapporté dans le II* livre des Ma^

r^ch. I^ V.' i4> %ore quelque chose, c'est ici qu'il doit

place. On y voit un roi qui périt dans le temple

èdidéesn Nanée. Il était venu avec ses amis au temple

ktÊite déesse; comme pour P épouser ^ et pour y recevoir de

âommes d argent à titre de dot. Les prêtres de

hd montrèrent tout cet argent ; et après qu'Antio-

(e'esl lenom du roi , qu'il ne faut pas confondre avec

Altiodius Épîphane) fut entré avec peu de gens au dedans

éeinnplej ils le fermèrent mr lui. A lors ouvrant une porte

smite fui rendait dans le temple , ils F assommèrent à

esups de pierres f lui et ceux qui raccompagnaient; et met-

HÊt leurs earps en pièces^ ils leur coupèrent la tête et les

jukrtnt dehors. Que Dieu soit béni en toutes choses y

tifrinà l'auteur sacré , lui qui a livré ainsi les impies.

Buis Y Apocalypse, immédiatement avant la ruine totale

hk grande Babylone^ le septième Ange répand sa coupe

(Apoc., XYI y 17) ; et il se fait de grands bruits, des ton-

Mes et des éclairs, et un si grand tremblement de terre,

({iM n'y en eut jamais un tel depuis que les hommes sont

^ Voyei à-dwsos, v»»ge& HOî cl 303.

sur la terre. En voici les effets : La grande ville, celle doute où les deux Prophètes du chapitre XI avaient été tués, qui est appelée spirituellement Sodome et Egypte^ et qui a de grands rapports avec Babylone, cette grande vilb fut divisée en trois parties^ et les villes des nations tam^ hèrent , et Dieu se ressouvint de la grande Bnbylone, pour lui donner à boire le calice du vin de la fureur de sa colèrB* Toutes les îles s^ enfuirent, et les montagnes disparurent, . Sans examiner ici le temps auquel doit être rapporté Tévénement de Gog et de Magog, prédit par Ézéchiel, noue' nous contenterons d'en rapporter deux traits : Tun est la furieux tremblement de terre qui se fera sentir, ou platAt Tébranlement de toute la nature [Ézéch., XXXVIII, 20)| les montagnes seront renversées^ toutes les murailles tofn^ beront par terre; le deuxième irait, c'est qu'entre autroi moyens dont Dieu se servira pour faire périr Farmëe de Gog et de Magog, il fera pleuvoir sur cette armée de grosses pierres, vei*set 22 : Judicabo eum lapidibus immen^ sis; à peu près comme il arriva, au temps de Josaé, ans cinq rois de Chanaan et A leur armée IJosuéy X, H >.

ARTlCLli XXXI.

Prophéiies du rétablissement de Jérusalem et du temple, appliquées I révénement de la conversion des Juifs.

Nous avons été occupés dans les quatre derniers Articles du sort du peuple ennemi, revenons maintenant au peuple favori de Dieu. Nous avons fait envisager, Article XXVI, vers la lin S 1^ rétablissement et la dédicace des murs de Jérusalem sous Nébémie, comme Timage de ce qui devait lui arriver. L'Ecriture sainte annonce les mêmes choses,

» Voyex ci-dessus, pajje 411.

xr^

m MERUS, ÉDiriCJCtfi PIERHËH PHÉi.lEUSES. 427

soas ks mêmes symboles, en plusieurs autres endroits.

Tobie annoDce, chapitre XI Vf le rétablissement d'Israël fa'JJ oppose à la ruine de Minive. Entendez la Ninive spi- Btoelle et le rétablissement spirituel d'Israël» et cette pro* |liétie deviendra très-claire. Verset ti : La ruine de Ninive ai proche^ car il faut que la parole de Dieu soit accomplie; ei no$ frères qui ont été dispersés hors de la terre d'Israël^ y retourneront. Tout le pays d'Israël, qui a été désert^ sera repeuplé; et lamaison de Dieu^ qui a été brûlée, sera rebâtie éi nouveau, et tous ceux qui craignent Dieu y reviens ùmt. Les nations abandonneront leurs idoles^ elles viendront à Jérusalem, et elles y demeureront , et tous les rois iila terre y seront dans la joie en adorant le roi d Israël. Le chapitre précédent contient le célèbre Cantique de Tobie. Pour moi, dit ce saint homme, ch. XIII, v. T,je kémrai leSeigtieur dans cette terre où je suis captifs parce fiil a fait éclater sa majesté sur une iiation criminelle. Vous donc, pécheurs, convertissez-vous; faites des œuvres ie justice devant Dieu , et croyez qu^il vous fera miséricorde... Jérusalem, cité de Dieu, le Seigneur t'a châtiée à cause des œuvres de tes mains. Rends grâces au Seigneur peur les biens quil fa faits^ et bénis le Dieu des siècles, afin qu'il rétablisse en toi son tabernacle, et qu'il rappelle à toi tous les captifs f et que tu sois comblée de joie dans tous les siècles des siècles. Et au verset 20 : Je serai heureux s'il mie encore quelqu'un de ma race pour voir la lumière et la splendeur de Jérusalem. Les portes de Jérusalem seront Uiies de saphirs et démeraudes; et toutn F enceinte de ses murailles de pierres précieuses. Toutes ses places publiques «nml pavées de pierres dune blancheur et dune beauté wiguhère; et ton chantera le long de ses rues. Alléluia.

On peut voir dans les derniers chapitres à^Ézéchiel la

iflS QCATMÈlie StÉBOlE.

pfédiction du rétablissement de la ville ^sainte et du templ avécune description étendue de hi conistràDtibîl'âe l'uilè de Tautre. Diverses ciixH>Dstlinces font Voif que de t(>itf! évéBfeniehts qui 'peuvent être prédits eu éèt endroit,* il'i en a pôiirt à qui ces images conviennent avec x^ris dé* ji tesse qu'au renouvellement de TÉglise p9tt la cimvètal dt^Juife; Telle est, par exemple, la circonstance' inai^ Ala €n du chapitré dernier, que h$ dùùzep&fiés dé At'M prenârmit ieurg noms des dottze iribtis cT Israël [ÉtéSÉ XLVIIIj 31). On toit la même chose dans la descfipfiMi^ la ville sainte de r>ljDor^/y^5e; les noms des doniêTHl)l sont écrits snf les douze portes [Apœ.f XXI, iâ). '^

Les Psaumes empl<Meht souvent la même figure du rtl Missement d'une ville: Il est aisé de eotonaltre tiombien' Psaume €1 a de rapports avec la conversion dês'Inib.'6 voici ce que neils y lisons' ! Vous éout lèverez^ et vam oUAi pitié de Sion; parce que le tetnps est tenu^ie tei/npsJMtlà pitié et elle; parce que ses ruines sont très^gyéahfes àvi servitettrSyet qu'ils ont cofnpassion de sa tefre (v. 14 et 19] !Nous dirons encore ici, que ces paroles ont pu s'applique à d'autres événements , mais voici le sens où nous les (M nons maintenant : Les ruines de votre ancien peuple, de I race d'Abraham selon la chair, commencent à excitef I compassion de vos serviteurs, et ils espèrent que vousréjpi rerec ses ruines, en faisant que la race chamelle d'Âbratasi devienne aussi sa race spirituelle.

haie , XLIX , 14 : Sion a dit : Le Seigneur m'a abm donnée y le Seigneur m^a oubliée. Une mhe peut -elle oubli son enfant y et n* avoir point compassion du fils qtfelle porté dans ses entrailles f Mais quand même elle F oubli rait, pour moi je ne vous oublierai jamais. Je vouspof gravée sur ma main; vos murailles sont sans cesse devo

yevx.Ceux çui f)QXisdom:wt rebâtir, se bdiej}ide timh* lioitant rhébreu),; jçeiia:.,f ^/4 vaus détraisaientM vçius diS" 9faiiaU i^n iront. i<m demy^» .... v . ,

Seigwwf^ treùe:i favarablement Siotu esiriLàil ijanâ. le

hntme X^^( faiteS'Juijsentir les effetside vatre bont^^ afin

fw les murs dfi-tférusahrn soient rebâtis^ C'est, aiç9\s que

agréerez. îpf^ sacrifice, d^justice,etQ^ Cetteipûàra veerr

inble fort.à cell^ qae Zaï^barie iqet d^a Jia bpuobe de

FA^ge, cb. I, y. .12 ; Seigneur des années, jusqu'à quand

ê/frafe>vous .de,i,fairfi miséricQrde à Jéf^ysalem^^et auge

vlikS'de Jîida .^orUra^ lesquelles votre colère ^'eM émue,?

Fm» déjà la soixante et (Uxièn^e a?mée. YersetlC;,/^

nriendrai à Jérwa^lem n, ^é^po^àii U Sn^ignenr.,^ atec des

^treilles de, miséricorde : ma maison y sera bâtie de nou^

Wyetonéiendraenfço$*e le coi\deau sur Jérusalem. ^

Ce qui est dit au chapUra suivant i)e donne, paa, une idée

toÎDSgraode \Je levai enfioreies yeux, etj'euscette visiofA:

^kvgyais un homme qui. avait à la main un cordeau

4nfRe en ont ceux qui mesurent. Je lui dis; Où allez-vous ?.

H me rendit:. Je vais.nuisurer Jérusalem ^ pour voir

fuelle est sa largeur, et quelle est sa longueur. Et deux

KttKtsplos bas : Jérusalem sera tellement pcuplée,^ qu'elle

^seraplus environnée de mumilles, à couse de la multi-»

^d'hommes et de bétes qui seront au milieu d!elle. C'est

Ing les chapitres III et lY que Ton trouve la prédio-

VoD louchant les oints du Seigneur y qui sont représentés

CQiDine deux architectes. Il est encore parlée au ch. YI> de

«I denx oints ^ et de la construction du temple , et il est

taipé au V. 15» que ceux qui sont les plus éloitjnés vien-

*wit, et bâtiront .dans le temple du Seigneur.

Ce que nous venons de rapporter du chapitre I de Zacha- ^^^AeVangequi tenait un cordeau pour mesurer Jénisa-

430 OVATHifeME BWÂOLÈ.

lem y donnerait liea de rappeler les aalres endroits de* l'Ëcriture où la même figure est employée.

Saint Jean, dans V Apocalypse (XXI ^ !!(), voit dans h, main de Tange une canne d'or potit mesurer la ville, portes et la muraille. Et au ch. XI , v. 4 , on lui donnai lui-même titie canyie semblable à une verge y et on lui Ht Levez^voiis, et mesurez le tetnple de Dieu, et t autel, eti qui y adorent. Lorsqu'on fait voir & Ézéchiel le plan i temple et de la nouvelle Jérusalem^ il est accompagné d*! ange qui tient d'une main un cordeau de fin lin^eti l'autre une canne pour mesurer [Ézéch., XL, 3). Et ange prend toutes les dimensions de la ville, de ses railles, de ses faubourgs, du temple, de ses diverses ] et de toute la terre d'Israël et des portions que chafB^ ^m:^ tribu devait occuper. Dans la vision d*Amos que ndv -.^j j avons souvent citée, où le Prophète voit le Seignenri haut d'une muraille, laquelle représente Israël, le SeigiMi^ ' tient une fruelle,se\oiï la Yulgate; mais selon rhébrea,c'art ^««^ une ligne, ou un plomb d'architecte. Zorobabel est aM .-j < représenté tenant un plomb à la main [Zacharie^ IV, 10). m^

L'endroit du XLIX* chapitre d'Isaîe, que nous venons da -t 5=* rapporter dans cet Article , fait clairement entendre qw -r^ae Dieu avait devant ses yeux le plan de la ville sainte qai -^j^l devait être rebâtie, à peu près comme un prince met devant «= ^ ses yenx le plan d'une ville qu'il veut bâtir. Nous voyons par l'Écriture que Dieu a fait quelque chose de semblabte en faveur de ses serviteurs ; nous en avons vu des exemple^ en la personne de Jérémie , d'Ezéchiel , et de saint h$f^ dans V Apocalypse, A ces exemples, il faut joindre celui à-^ David qui donna à son lils Salomon le plan du temple dan^ un grand détail, /. Paralip.^ XXYIII, i i : Or, David donn^^ à son fils Salomon h dessin du restihuh, celui du tempte^^

HEERES, ÉDIFICES, nERREfl PRÉCIEUSES. IZl

çardHimibles ^ des chambres hautes destinées pour y geff des chambres secrètes , et du propitiatoire ; il y !ta celui de tous les parvis quil voulait faire , et des mmts fui devaient être tout autour, pour garder les frsJkla maison du Seigneur et toutes les choses consa-^ r tm temple. Et David déclara & Salomon qu'il avait œ jdan de la main de Dieu; verset 19 : Toutes ces ftm'ûnt été données écrites de la main de Dieu, afin il eusse fintelligetwe de tous les ouvrages suivant le

09 ne prétendons maintenant tirer de ces sortes nples qa*une seule réflexion. Montrer ainsi par avance iDi^ètes le plan de Jérasalem, c'était Tirnage de ce ieo faisait lorsqu'illeur découvrait les merveilles spiriide rÉglise.Ce n'était donc pas seulement la grandeur lelle de l'Église qui était figarée par des édifices, c'é* loore la science des Prophètes qui était figurée. La vue lée à Éséchiel et à David d'une ville ou d'un temple iel était le symbole et l'image de la connaissance qui tait donnée de l'état d'une Église composée d'hommes ts et animés de l'Esprit de Dieu.

fons encore dans Isale quelques traits , oia la gran- ;pirituelle de l'Église est prédite en employant le symles édifices.

ARTICLE XXXII

CbDtinuatioD du même sujet.

i chapitre LIV d'/syzif^, le Seigneur adresse sa parole pouse qui a été stérile; verset 7 : Je vous ai abandonnée • un peu de temps^ et pour tin moment^ et je vous rashleraipar une grande miséricorde... verset 11 : Pauvre

432 <>rATBtJja: ^viiBoifS.

désolée^ qtUwezété$i lQng(ei»fi$,battue ^e.^^^^ sans consolation, » je vais p9ser, vwi^niêfne .^is leur i> toutes, les, pierres pour vous rebitir, et.posjpndemetitf^ ront de saphirs : je kàti$'ai jcos rempart^.dej^pe ; je, fi vos portes ^e pierres ciselée^t et ^toute votre, enceinte ser^ pierres choisies... Vous^serez /ofidé€.,dati4 la justice,.. Et ch. LYin, v^ 12 : l^s- iieiw^qui avaient éti.dé^erts^^ plusieurs siècles s^ont dans vous i^mplis di^édi/ices;M relèverez les. fondements abandonnés, pendant une lo^ suite d'années. . vu

Si Ton suit la pensée de saiiii Pauli^uix^gacâe lea6| tils et les Juiiis qiii deviennent chrétiens, .oomine deux a railles qui viennent^ de différent c6té, se rëupir dm pierre de l'angle ; comment doit-on regarder aigooid? ces Juifs qui ont cru au temps des Ap^es , sinon^ çoifii des fondements posés il y alongtamps^^ipais Rr.)f|fQi on n^a pas continué à travailler? C'est par rgapport 4 fondements qu'il est. dit: Vous relèverez les^ fondvm abandonnés pendant une longue suite d^ années.

Au chapitre LXII, verset 6 : JTai établi, des gardes^ vos murs, ô Jérusalem ; ils ne se tairont jamais, ni dw^ le jour, ni dfirant la nuit» Cette prophétie a rapport,^ qui est dit au cb. IX de Zaclmrie, v. 8: le ferai ga^^tin maison^ dit le Seigneur, par mes soldats qui renvirof^ ront de tous côtés. Le verset suivant annonce à Sion la yq de son Roi; elle est annoncée presque dans les mk termes au verset 11 de ce même ch. LXII à^Isaï^. Za(obi parle de pierres saintes, ou de pierres précieuses quiseii élevées, Ibid.^ v. 16; et Isaîe^ verset 10, parle ainsi: Pm et repassez par les portes^ préparez la voie au peuple^ çj nissez lechemùi, Atoz^en lespierrejs^ élevez Céte$Hiard < yeux des peuples.

FIERRESy ÉDiricâsS, nTEhRES PRÉCIEUSES. i3S

i \xi chapitre LX/lèmiH&e I^Tè fÀit uûe dë^cri])tion âè'lH

\ ^sainte, qui à dès ftipporfs sensibles avec celle qoi est

j ik&n de T Apocalypse/ Vôîci lès traita qui regardent notre

1 nnbole. VwsetlO t hts eïifànts des étr&n^er$ bâtiront vos

i nutrailiës, etlèursrïvis vous rendront service ; pmxe qitèje

I twàaifr&ppéedamrnoni>ifUg)rafion\et que je vùuè ai

' frii ntiséritûrde en' nié f^éeànciiinnt avec- vous, i^os porïes

mànt iùtqout^ àuvtftegî ' tlles ne seront fermées ytijàrtf^ ai

mi^ afin qtt^àn voiis'tq)p(^fè tes richetite^- des nationi^y n

fion vous amène leurs rois. Car le peuple et leivyntàhe

fnne fiùtiès sefa point a^sttjettiy périra ; et je ferai dé ces

utionstineffrùyeMe désert:. i (▼.18): Le'salui êfwitbn'-

wtratosrhuraiites, et les cantiques de louanges réientironf

ivûs portes. ■ ■ - '•

Cette description est direetément contraire à celle du humeLIY, 10: J'ai fi^ la ville toute pleine iP iniquité Hie contradiction: L'iniquité renvironnera jour et nuit wr ses murailles; ^oppression et t injustice sont 'au mitieu ftlle; il n^ya qu usure ^l que tromperie dans ses places pAHques. Qu^on lise attentiTement toili ce * LX" chapitre ilsatey et que l'on examine si la force de tous les termes pent 4tre remplie , soit en les rapportant & l-Église formée fa Gentils con ver lis, - soit en les rapportant à l'Église du dd.

Cest métne une chose assez surprenante de voir le Can-^ tifie des Cantiques, après avoir parlé de TÉgiise dans toute U suite du livue, se terminer en la représentant comme ihntdaiis sa jeunesse et dans ses premiers accroissements. ilfofresceure^/jDeli/e^est'-ildit, chap. VllI, v. 8: Soror nos- TUFAVTOLA, ET uBERA NON HABEi, ctc. Si elle cst commc %m «ur, hàtissotis dessus des tours d'argent; si elle est commo. w< potte, fermonS'la avpf dm ///'.v ///» hnis dv rMre. Jp nuis

T. I. Ih

49it OLATAIÈME Syi(BO¥«E«

moi-méme comme itn mur, ditçuBsitât l'Épouse , et mes mamelles sont comme une tour, depuis que fat paru en ea présence comme ayant trouvé en lui ma paix. La figure 4e la viyne est employée immédiatement après pour prédire la même chose.

Nous n'omettrons point un passage qui se trouve eneonp au cb. LXY à'IsaïCj v. 18 : Je vais retuire Jérusalem fiitf ville (Tal/éffressey et $onj)euple un peuple dejoie^,. Ilsbéti^ ront des maisons, et ils les habiteront; ils planteront 4m vignes f et ils en mangeront le fruit. Il ne leur arriver^ point de bâtir des maisofis, et qu'un autre les habite l ni é§ planter des vignes, et qu\m autre en mange.

ARTICLE XXXIIÎ.

Divers traits qui se rencontrent dans rÉcrîture, où le symbole des édilcct et des pierres est employé.

Parmi un si grand nombre de pasaages que nous avona essayé de mettre dans un certain ordre, il eat impossible que plusieurs ne nous aient échappé. Lorsqu'ils se présenteront, il sera aisé de reconnaître les endroits où ils auront rapport ; on en peut faire Fessai sur ceux-ci.

Jésus-Christ a dit lui-même en parlant de son propre corps, quMl était un temple; il a prédit sous ce symbole sa mort et sa résurrection. Détruisez ce temple, disait-il aux Juifs, et je le rétablirai en trois jours {S . Jean, il, 19). Il a rétabli ce temple par sa résurrection ; il en a donc fait la dédicace dans le ciel par son ascension ; et c'est, à la lettre, de son temple saint et du haut du ciel qu'il nous exauce , lorsqu'il envoie sur nous son Esprit. Chaqtie fidèle est aussi son temple, et l'Kglise est un temple : mais les méchants , les simoniaques, etc., font de l'Eglise une caverne de vo-

MERRESy ÉDIFICES^ PIERRES PRÉCIEUSES. 43Jt

IcnrSy non qne l'Église devienne elle-même une caverne de voleurs, mais comme les vendeurs et les acheteurs dont il est parlé dans ITvangile faisaient^ autant quMl éiait en eu, une caverne de voleurs du temple matériel.

L'Église est la maison de Dieu. De là vient la promesse faite dans Isaïe , ch. LYl , v. B : Je donnerai d ceux qui ffordeni mon alliance , dans ma maison et dans Fenceinît de mes murailles, une place avantageuse , et tm nom qui fcwr sera meilleur que des fils et des filles; je leur donnerai im nom éternel qui ne périra jamais,,. Je les ferai venir mr ma montagne sainte, je les remplirai de joie dans la maison consacrée d me prier ; les holocaustes et les victimes qu'ils m'offriront sur mon autel me seront agréables, parce que ma maison sera appelée la maison de prière pour tous lespeuples.

Nous avons vu que TÉcriture a considéré très-souvent ki pierres comme un obstacle qui ferme le passage, ou oomme on objet contre lequel on court risque de se heurter. C'est & cette idée qu^on doit rapporter le 2rv verset du chapitre V de Job : Les pierres de la campagne ne vous blesseront point ; et les bêtes sauvages seront douces pour vous. Vous verrez la paix régner dans votre maison. Tel est le privilège des élus, qui est exprimé dans le Psaume XC , SB ces tenues : Les fléaux n'approcheront point de votre tente ; car le Seigneur a commandé à ses anges de vous farder dans toutes vos voies. Ils vous porteront dans leurs mains ^ de peur que vous ne heurtiez votre pied contre la fierre. VofiS marcherez sur f aspic et sur le basilic , etc. Ceax , an contraire , que Dieu abandonne à leur aveuglement, se brisent contre la pierre. Le Psaume CXXXV 1 ajoute à cette pensée quelque chose de plus : Malheur à toi, lUh de Balnflone : heureux celuiqui te rendra tous les maux

430 Or^ThffeMK SYMBOI.K.

que tu nous as faits. Hfw^UiV celui qtn preîidra tes petits =

enfants, et les brisera contre fn pierre. Le même Psaume i

demande justice à Drcn contre ceux qui se sont réjouis des :

maux de l'Église : Soinènez-vous^ Seigneur, des enfants ^

(TÉdom, de ce qu'ils ont fait au Jour de la ruifie de Jérusa'- i

/em, lorsqu'ils disaient i Extermines^la^ et abattez jusqu'à 3 ses fondemeitts,

ARTICLE XXXIV

Mnibeurs qui précéderont Isi iin du inonde. Promesses faites à TÉgliie et aux élus. Mettre s» confiance en Dien, et non dans les précautiors humaines.

Après que TÉglise aura reçu les Juifs dans son sein, et que sa ferveur aura éié renouvelée , elle essuiera encore les affaiblissements attachés i\ la fragilité humaine ; il viendra encore un temps où la charité de plusieurs se refroidirai l'iniquité abondera, la foi paraîtra s'éteindre ; en sorte que, par des degrés, on sera conduit au terme mai*qué dans l'Évangile : Lorsque le Fils dr r homme viendra^ pensez-vous qu'il trouvera de la foi st/r la terre? (S. Luc^ XVill, 8.) Babylone se formera donc de nouveau au milieu de la ville sainte, et le temps viendra oùDiou exercera sesjugements sur Babylone. Diverses prophéties que nous avons appliquées aux premières révolutions auront alors un dernier accomplissement. C'est ce qu'il faut singulièrement reconnaître de ces grands tremblenients de terre dont il est parlé en plusieurs endroits de l'Ecriture. // y aura f^i divers lieux , dit Jésus-Christ [S. LuCy XXI, 1 1 ,, de grands tremblements de ferre, des pestes ef des fomifies^ et il pawitra des choses épouvantables et des siq7ies extraordinaires dans le ciel.

L'effet naturel des tremblements de terre est la chute

PlEBaESy ÈDWi€BSy PIBBRES PAÊTIKUSES. 437

des édifices, des villes., des muraillefi etc. Si cela doit avoir son accomplissement à. la lettre, dLans les temps qui touchenuit la fin do moode^cela l'aura ouss^ daiig le sens spirituel. L'Église sera exposée-i de grandes épreuves; et elle y a été «posée toutes les fois que ces prédictions ont eu quelqu'un de leurs ttocomplissements. Aussi ^'Esprit de Dieu lui a-t-il préparé une consolation pour ces tentations extraojcdinaires, dans le Ps. XLV : Dieu est noire refuse et notre force ^ et e^est lui qui nous assise, dans ^ les , grandes afflictions qui mms ont enveloppes. (Ces paroles conviennent proprement aux élus.) (Test pourquoi nous ne serons point saisis de crainte quand la terre sera renversée , et que les montagnes UTont transportées dans le fond de la mer... Vn fleuve réjmtlaeiiéde Dieup^r (abondamedfi ses eaux: le Très-Haut êsaneiifiées s'âsi. consaa'é ^cnUab^rnaçle^ Piet4 est au milieu itlkf elle sera inébranlable , et Dieu la protégera dés le fmdnuUiné Le$nation^\Qnt ité refnplies de trouble, et les myamnes ont été abaissés; M. a foi^ entendra sa voix y et la tmeaété ébranlée^ :.....

Nous eatendoDs par c^ grand ébranlement de la terre,

eei gnuides seeousses qui se font sentir à, TÉglise^ considé-

céa comme société visible et extérieure. Quelquefois elles

n détacbeqt des portions , comme dans les schismes ;

ftatrea £ois elles causent ç|es ruines dans l'enceinte même

derÉglise*. Quelque grands que soient ces malheurs, ils

wot tmûoun bprnés paç deux endroits : premièrement, la

lodét^wsibleideri^liseike périt pas; secondement, jamais

kl élus ne âont renversés en sorte qu'ils demeurent ense-

idia fioufi les ruines.

Pour Mre inébranlable au milieu de ces malheurs, il faut

ttettie son refuge dans le Très-Haut, et se mettre en état

^ àiie avec.le Psaume :■ Le Seigneur des armées est avec

iSS quatrUmk symboli.

nous, le Dieu de J^cob est notre défenseur. L'Écriture prononce que de« mal^ctiong contre ceux qui metli« leur oonfifiince dans l^ur propre industrie pour reméft aux maux de l'Église, [hàiet XXJI, 8 :) L'ennemi détn^ toutes tes murailles qui couvraie^^ Juda^ et vous jeit^^ alors les yeux sur l'arsenal du palais, appelé la mm«M^ la forêts Vous reuHirquei'ez le gratid twmbre des brèches la ville de David, et vous anmssere:^ les eaux de lapiss^ d'en bas. Vous fere* le défiotnbrement des maisons de J^^ saleniy et vous en détruirez quelques-unes pour fortifier ^ muraille, etc. Jérusalem fut délivrée, mais elle ne le fhl pas en vertu de tous ces préparatifs^ et le Prophète m marque la raison : Vous w lèverez point les yeux vers celm qui a fait Jérusalem, et vous ne regarderez pas même de Mu €«/to qui en est le créateur. Or voici ce qui arrive de là| verset 14 : C'est pourqupi le Seigneur^ le Dieu des arméêài m'a fait entendre cette parole dans une révélation : Jejwrx que vous porterez cette iniquité jusqu'à la mort^ dit le Sei gneur^ lo. Dieu ^^^5 ^/rmeV^. Immédiatemeai après suit Tanè contre Sobna, préfet du temple, que nous avons rapporté on lui déclare qu'il sera chat^y quoiqu'il se soit taillé dan la pierre un lieu où il croyait demeurer éternellement,

ARTICLE XXXV

Jagement dernier. Distinction des divers événements prédits soos 1ê symbole de h ruine de Babylone et de l^CfermîiseiMBl de Ti'ruwiiM, Traîift qui ue convieiMient qu'à U Jérusalem du ciel»

iiorsque Jésus-Christ viendra à la tiu du monde, il juger la grande Babylone ; il condamnera les pécheurs qui • lreiiveix>at sur la terre; ils seront précipités dans Tétanfc d

I PICRBESy ÈnttlCÉêy nERRE» PRÉCIEUSES. 430

W /€9(iàe sdnfre , où ils ierônt rénnis avec les |>écheurs des

^oératioBi prë6édentes: en même temps, les justes ^ui

9Brûnl SÛT la terré seront délinrés et rénnis avec tons ceux

mjfù seront morts avant eux dans la grftce de Dieu, Les bons

mikê méchants reprendront leurs corps, et ils se trouveront

^sete chaeon dans le lieti qui leur convient. C'est ainsi

^oela Jérusalem céleste, TÉpouse de TÂgneau, recevra sa

fUnitade; et Babylone avec tous ses membres demeurera

«rimnée dans Fablme, et elle sera livrée aux tourments

lias tons les sAèclés dé9 siècles.

Le lecteror est maintenant en état de considérer d*uné mla vue la suite et Téconomie des desseins de Dieu. On T0it, dans les premières ébauches, les villéâ ennemies, Jé^ riehOy Nmive, Babylone, etc. , détruites, et cela dans lé MB matériel éi grossier. On voit, dans le même sens, Jfnlsaleai et le temple construits; on les voit bâtis de nournii après le rétour de la captivité.

Pour passer ensuite à Tordre spirituel, on voit, dans une première révolution, les Juifs réprouvés, et les Gentils appdés; on voit aussi Tempire romain idolâtre céder la place IFempire ronSaîin chrétien. Cet événement est annoncé diae rÉerHure sous l'image d'une ville ennemie, que Ton Ofipose à nne ville favorisée. On voit une Jérusalem réprou-' ▼ée et détruite, et une Jérusalem choisie et édifiée ; d'autres ibis, plus simplement, on voit Jérusalem édifiée, et Babyhme détrnite.

Dana une seconde révolution , on voit la Jérusalem, autfefois détruite, rebâtie ; et la grande Babylone de VApoca^ {jf^ jugée, condamnée et détruite.

Dans une troisième révolution, on voit encore une Babytone dont le jugement et la condamnation est joint à la fin (lo inonde; et Ton voit alors la sainte Jérusalem telle qu^elIe

i40 OUATRffeMB BYJUÔLB.

sera éternellement dans le ciel : c*eàt la «oeiété de telle qu^êlIe est da»^^a pléûitade etBa perfection.

En général, la ville sainte et le tetùple* figurent gliéede la terre, 2* 1 -Égtisedu ciel. Et par lrff(>port à 1 de h'^érr^; ^ces dcM symboles fignrèkt^l^Église^ l' dei bnùbhéé éfranj^res^ (fest-è^dtfe'deè^Géntitoi branches naturelleSyC'est-à-âite^e»'luif8j^^ie6^Gefl se convertiront après eux et ne feront que les suivre

Il faut, en lisant les prophéties qui annoncent Y être attentif à distinguer les traits qui répondent à de ces trois états de TEglise séparément, ou à deux i ensemble. Il est aisé de distinguer, soit dans les Pro soit dans la description de la ville sainte qui est dans calypse^ les traits qui sont propres à TËglise du de lorsqu'il est parlé de conversion, de multiplicat peuple de Dieu, ou dèJquèl^ir^tse^uiKreste à gu< voit clairement que cela ne convient à l'Église qi qu'elle est sur la terre.

Nous ne rapporterons plus qu'un trait , qui pai» voir son accomplissement que dans le ciel ; il se trou^ l'histoire de la construction du temple de Salomon que l'on bâtissait la maison du Seigneur, est-il dit, ] des Rois, VI, 7, elle fut bâtie de pierres qui étaie. toutes taillées et achevées de polir ; en sorte quon ne> dans la maison ni marteatiy ni cognée^ ni le bruit à instrument pendant qu'elle se bâtit. C'est ainsi < pierres vivantes , qui entrent dans la structure de 1 du ciel, sont toutes préparées par les souffrances < ont éprouvées ailleurs. Le combat est pour cette vi< réconi|>ense de lu victoire est pour le ciel. C'est là vérilient pleinement los doux promesses de VApoct Tune, ch. Il, v. M \Jr donnrrai au rictorieu,r une

POllESi ÉDinOU^ PlUBES PRtoEUSES. iil

iUnche, $ur laquelle sera écrit, ufl nom nouvew, que nul ne coniudt que celui gui le. reçoit;: Vi^uire, cb. III^ v. 12: Omcoii^ sera .vietarieu^y je ferai de lui une colprine dans k temple de mf^fi Di^ ; if n'en sortira filus; et j'écrirai sur hsik nomde. mon JiieutietJe nom de la ville de mon DieUj ie la wMtielleJA^alem, qui.descauiduçiel venant de wMbtenk^MMkonnom nouveau.

nif PUPREIIIBR VOLUME.

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^ ^^ QtJI EST CONTENU DANS CE PREMIER VOLUME.

PBEHIER SYMBOLE

i CISL BT LES ASTRS8; LIS LAMPES BT t» FLAMBEAUX.

rtide V\ ^ Histoire de la Synagogue i

rticle II. -^Formation de TÉglise au milieu de la décadence

<Je la Synagogue , 8

rtjcle II!. — Malheurs et obscurcissements qui ont suivi la

naissanee de t'Église. Nonûkstantcés malheun^l'ÉgllM

Paraît dans sa plénitude 14

We IV. Suite du môme iujet \S

^cle V. « Église du ciel ^22

^cle Vl.— .R^apitulatîondes articles précédents 24

^e \||^ — La Synagogue représentée sous l'image des

'îuwipes 25

âclc Mil.— Formation de l'Église 27

kic\c \\.-« État florissant de l'Église suivi de malheui-s. . M tic\e X.-*Le» d^x Prophètes, dont le ministère est suivi

ii<

Ht TABLE.

d'un changement qui fait Toir TËglise dans on état éclatant. ;

Article XI. — Malheurs sur la grande Babylonc

PREMIER SYMBOLE (suite)

article P^ — - Étal des Juifs pendant la durée de la Synagogue.

Article II. — Venue du Messie; effet dont elle a été suivie, soit par rapport à ceux qui ont reçu le Stessie, soit par rapport aux Juifs incrédules

Article III. — Conversion des Gentils

Article IV. — Chrétiens qui retombent dans Taveuglement • .

Article V. — Conversion des Juifs.

Article VI. — Dieu tient souvent les yeux deà justes fermés sur de certains objets pour les éprouver, et les leur ouvre pour les consoler i

Article yH. — Aveuglement des mécfalahfs autre que celui de leur malice, et qui en est la punition

Article VIII. — Récapitulation. Comparaison de cette parabole avec la précédente

LES lÎPOUSES FIDÈLES Et' L'ES INflDtn/BS. PREMIÈRE PARTIE

N : I Qm RSÇAEDR LA VOCATION PES GBMILS.

Article h^-i—'lîtat de la contestatîori excitée entre l'Église nais^mte de Jémsalcm et la Synagogue.

.4i4fcle II. — L'Église de Jénisalcm demande justice à Dieu tonivi ïà Synagogue. ......'..

Article TII.-^ OiY demanda que le jnfremeiit établi pour

Der les épouses adultères soit exercé contre TÉglise de Jérusalem et la Synagogue ; et premièrement que la Synagogue soit reconnue coupable et condajnnée comme Idle . . . 66

Article IV. — On demande en second lieu que FÉglise de Jérusalem soit déclarée inoocente>et déclfaif|ëe des accuntions formées contre elle par la Synagogue ..... 75

Article V.— Nouvellea ciroonstances du jugement des eaux amères^ appliquées à la Synagogue et à l'Église naissante 80

Article VI.-— Gentils introduits dans TEglise^ figurés par Rebecca^ par la Samaritaine et par l'épouse étrangère que Samson prend parmi les Philistins 90

Article Ml. -^ Mystère de la substitution des Gentils aux Juifs

par l'interposition de TÉglise de Jérusalem, représenté ' ". sous ridée d'un jugement prononcé entre trois femmes.. 9^'

Article VIII. — Proportion merveilleuse que Dieu a mise entre ies œuvres, en rejetant les Juifs^ et en convertissant les Gentils par l'entremise de TÉglisc de Jérusalem . . 94

Aiticle IX.— Épreuves rigoureuses que l'Église de Jérusalem a essayées. Elle a bu les eaux amères : la Synagogue les a bues aussi. Quelle a été sur cela la différeDce. \ . .,

Aiticle X. — Les eaux amères figurent particulièrement la parole de Dieu contenue dans les saintes Écritures. ... 104

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