‹ Histoire de la Religion représentée dans l'Écriture Sainte sous divers symbolesChapitre 3 sur 42 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

Ajoutez encore ici cet autre principe^ qu'en fait de figures, des objets artificiels sont propres à représenter la même vérité que des objets naturels. Une statue, par exemple, représentera la même chose qu'un corps animé. La figure du serpent d'airain aura par là ses liaisons avec ce qui est figuré ailleurs par des serpents que Ton sup«pose vivants. Les fleurs et les fruits, qui étaient l'ouvrage de la sculpture dans le temple, représenteront la même chose que les fleurs et les fruits naturels du Cantique des Cantiques et du paradis terrestre.

Quelque surprenant que puisse paraître le grand principe que nous venons d'établir, néanmoins plus on en fera l'expérience et plus on en reconnaîtra la vérité. D'ailleurs, plus on le considérera, et plus on reconnaîtra qu'il est digne de l'Écriture. Car il est certain que toute la nature, et même la nature corporelle, n'est qu'une figure de la gloire de Dieu, une imitation de ses divines perfections, une image de sa conduite dans des objets plus relevés. Or il faut à cette première vérité en ajouter deux autres : l'une, que cette nature ne nous est mise devant les yeux que pour nous élever à Dieu. Les perfections de Dieu, trop simples en elles-mêmes, nous ébloui* raient si nous les considérions dans leur unité ; elles se partagent, pour ainsi dire, dans les créatures, et les créatures deviennent par \h un miroir de la Divinité proportionné à la faiblesse de nos yeux. La multiplicité des créatures, qui nous fait considérer séparément et l'une après l'autre des perfections qui sont une en soi, nous rappelle à l'unilé lorsque nous en usons comme il faul.

Page 1