INTRODUCTION. XVII
Mmis qui connatt parfaitement tous les rapports suivis que les créatures ont avec les perfections divines ? L'Esprit de Dieu seul les connatt ; c'est Fautre vérité que je voulais remarquer ; lui seul était capable de nous mon* trer Dieu partout tel qu'il s'y est dépeint Or^ si l'Esprit de Dieu devait composer un livre pour Tinstruction des hommes, pouvait-il remplir ce dessein d'une manière plus digne de sa majesté qu'en nous montrant toute la nature comnie un grand livre, un grand amas de figur^ et de paraboles où sont représentés les mystères de la Religion ?
En considérant les choses de ce point de vue, ne reconnaît-on pas que ces paraboles prises dans leur généralité ne sont point arbitraires, mais fondées sur la nature même des choses? C'est pourquoi on doit sentir avec combien de raison on a représenté plus haut le Saint- Esprit, auteur des Livres saints, comme ayant devant les yeux une multitude innombrable de paraboles où la Religion est dépeinte, soit dans ses mystères, soit dans son histoire. C'est la nature entière qui est cet amas de paraboles ; le monde corporel n'est qu'un assemblage de traits qui ressemble au monde spirituel.
Jésus-Christ, rempli de l'esprit de sagesse et conversant avec les hommes, était, au milieu de la nature, comme celui qui connaissait parfaitement les rapports de tous les ouvrages de la nature avec la Divinité. Eh ! comment ces rapports pourraient-ils manquer, puisque la Divinité n'a formé la nature qu'aQn d'y peindre des traits de sa gloire ? Que pouvait donc faire Jésus-Christ de plus digne de lui que d'élever sans cesse ceux qui
XVhl INTRODUCTION.
récôutaient) des choses visibles et matéHelles/àlii choses Invisibiei^ et spirituelles ? De là toutes ceà jparaboles dont tes quatre Évangelistés sont remjplis, Jésùs-Christàyàot bien voulu lui-même nous proposer la méihode que iious tèttODS d'indiquer, et nous en faciliter TusAge par ieluUbt d*6teniples qu'il y a de paraboles en Saint MatiMeûy SàiniMa¥Cj Saint LM eï Saint Jean.
Par ces pàiraboles il nous a expliqué le grand liVrë (le là nature ; il nous accoutume peu à peu à y lire et li^ perfections de Dieu et les traits de sa conduite. Ce n^ést pas la seule leçon qu'il nous donne en nous expliquant ainsi le livre de la nature, il nous donne en même temps la clef du livre de TÊcriture sainte. Lorsqu'on y sera attentif, on reconnaîtra qu'il n'y a aucune ou presque aucune des paraboles employées dans l'Évangile qui de soient tirées des livres de l'Ancien Testament, ou qui n'y aient du rapport. Cela doit nous engager, selon le conseil des Pères de l'Église, à nous exercer à celte méthode eh suivant la route et profitant des exemples que Jésus-Christ notre divin Maître nous a tracés.
C'est pourquoi nous avons cru faire une chose utile de donner quelques essais de cette méthode, en représentant un peu au long plusieurs de ces grandes paraboles répandues en divers livres de l'Écriture. C'est dans cette vue que nous donnons les écrits suivants \ Ce sont, comme nous venons de le dire, des essais, et Ton n*a pas même prétendu y rassembler tous les traits qui se trouvent dans
^ Ces écrits ont été composés, au commencement du si^e dernier, pir M. Tabbé d*Etémare. (Voyez la note à la fin de Tlntrodaction.)