‹ Histoire de la république de 1848Chapitre 5 sur 19 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

ils composent une chronique inestimable que doivent nous envier les siècles passés. Sans doute, ils indiquent certaines directions de Topinion ; mais, en général, ils sont plutôt les monuments de nos disputes que les archives de notre histoire. H y a quelques années, un journal s'avisa de publier un récit de Finsurrection de juin Ï848, récit photographique, disait-on, fidèle, impartial, car il avait été composé avec les journaux du temps. Et précisément pour cette raison, les erreurs y abondaient. Les journaux de juin et de juillet 1848 ne renferment guère que des erreurs, des calomnies ou des exagérations : de la rue, la lutte avait passé dans la presse. Il en fîit de même pendant les derniers jours de la Commune de 1871. A deux pas de la maison que j'habitais alors, un journal, passant généralement pour bien informé, donnait sur les événements les plus rapprochés de ses bureaux les ren-* seignements les plus fantaisistes. Écrire Thistoire avec les journaux, c'est rédiger une chronique sans critique et qui n'a pour excuses ni Fardeur de la lutte ni la confusion qui y règne.

A vrai dire, lorsque, d'une part, on s'est astreint à lire ces Mémoires qui en usurpent le nom; lorsque, d'autre part, à la suite de plusieurs entretiens avec quelques hauts personnages politiques, on a pu constater dans quelles erreurs vous égareraient leurs souvenirs et combien il est nécessaire, avant de les interroger, d'être soi-même aussi bien ou mieux informé qu'ils peuvent l'être, afin de suppléer aux défaillances de leur mémoire ou de se défendre de leurs passiotis.

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