‹ Histoire de la république de 1848Chapitre 8 sur 19 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

tionnels jettent une lumière complète et implacable. C'est, sans doute, un immense travail que de dépouiller toutes ces procédures ; mais aussi quelle récompense si Ton a démêlé la vérité et si Ton peut dire : La voici ! En ce qui touche Tinsurrection de juin, la satisfaction serait bien plus entière et les résultats plus décisif, si la transportation sans jugement, que M. Senard eut encore le privilège de proposer à r Assemblée nationale, n'avait suspendu ou restreint Fenquéte judiciaire : les droits de Thistoire n y ont pas été moins blessés que ceux de la justice.

C'est plus particulièrement à Taide de cette classe de documents que j'ai pu traiter avec l'importance qu'ils méritent les événements des départements. Je n'ai pas cru que la France tînt tout entière^ dans Paris et que la capitale dût résumer les révolutions et leur histoire. Tant de travaux d'archéologie locale mis au jour depuis un demi-siècle, tant de documents originaux exhumés des archives ou des greffes des départements et des villes révèlent un effort général pour secouer un déplorable préjugé. D'ailleurs, à quelle époque la. province est-elle plus souvent intervenue dans la politique parisienne que dans celle dont j'ai entrepris le récit? Là, comme à Paris, n'a t-il pas * régné deux esprits parallèles, l'un dont aucune révolution ne rassasiait les appétits, l'autre qui avait soif d'autorité et de gouvernement? Tantôt la province attend le signal de Paris, tantôt elle le devance ; mais quelle que soit, entre les départements et Paris, l'identité des passions et du but, les mœurs d'émeute ne

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