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CHAPITRE IV

LA POLITIQUE BELIGIETISE

Une autre question, toujours lirâlaate, avivait aussi la polémique des partis. C'était la question religieuse Toutes les occasions étaient bonnes pour la soulever. L'éleclion de M. le comte de Muq, élu député dans le Morbihan, donna lieu à une reprise d'armes sur ce terrain; et ce fut aussi une occasion d'entendre à la tribune, pour la première fois, la voix éloquente de M. de Hua. Lorsqu'il apparut à la Chambre, il était précédé d'un renom d'apôtre. On racontait qu'il avait quitté l'armée pour entrer dans la milice catholique; qu'il avait entrepris de catéchiser le monde ouvrier; et l'on parlait vaguement d'un socialisme chrétien, que ses amis et lui avaient formé le dessein d'opposer aux utopies dangereuses, parce que impics, qui, en détournant les masses populaires de l'Eglise, les armaient contre la société elle-même. Quoi qu'il en fût, M. de Mun i la tribune se montra, dès le premier moment, un maître. Il était jeune alors, avec la tournure cavalière, une attitude fière sans hauteur déplacée, une voix bien timbrée et sonore, le geste sobre et noble, une langue chAtiée et abondante sans verbosité ni vaine ampleur de rhétorique, bref, un orateur de

haute lignée, que tous, de quelque bord qu'ils fussent, se plaisaient à entendre. C'est une joie pour tout public français que d'entendre un beau langage; et M. de Mun, quelque hostilité que ses opinions pussent rencontrer, s'imposait. Il surprit et cbarma la Chambre. A la diSéreoce d'autres orateurs dont j'ai TU souvent le talent s'éclipser après un brillant début, le talent oratoire de M. de Mun n'a fait que s'accroître et s'élever, aussi longtemps qu'il a pu occa^ter U tribvne. Il .anira été un des gcands orateun de notre tem.'pe qui «urost baaoré la tribiiae française- Soa ël«ct>on me fut qu'nu prétexke ponr engaiger et enreniner la lutte religiease, sont l'apparence î»eAe«E>Te d'wne discaaMon puieDCBl -électorale. On n'avait pat maaqoé, à oette oecasioa, d** incriminer la conduite d« l'adimiaiisitratioo. Une circonstance tonte réoente «e permet 4e faire en»naître quelle était, à cet égards ma poMtique oon»tante. M. le oomteije Borthay«,qmétaitalorspa-éfet ■Au i&ixrhihasL, ineximioé tout véc^mest am sujet 4k cette électâoo de M. de Mun, n'écrivait à la date du 9 octobre 1W7 pour me dentasder, le eas -échéant, la liberté ^ publier une lettre que je lui avais écrite le 10 août 1S76 ainà conçue : ■ ... Le Ooirvemement entend garder et faire O'bserrer par ses agents, à tous les degrés de la hiérarebie, une xnpartiaie neutralité entre les diverses caadidatunes; et vdus ne devez né^ijjtr aweua mo^n 4e mettre en himièpe la loyanté de ton attitude et la sincérité de «es iatentiom. » Telle fut ma règfe coQstaate de «oaduite, si injustenkent m^onnue. Au «mylos, rélcctrin de NI. de Mon n'avait été

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CONFiUTB ERTIB LES DITKIS POUVOIRS «VT

qu'im iprélesle. Lei hoaHae8«ttga^s, 'beautroop pl^ «que novs 'in supiuistODB «lors, A&nt la goeire Feb- ^f^reUse, pnffitvient âe tontes les oocaBÏOBS pour dipîçer des aft»qnes -vtolewtee contre ce tjn'ils appelaiefAleBmeoéesci^caitea, et ponr a^oa 1er l'an I»gonisme préleod* •An «lergë et iet catholiques en fienéral contre i^ 'mstitutioiM. fit c'est aiosique, •donnant le r^ange i l'opinioD publique, ils onK eonstsmvaeBt 'mené leur goerre contre l'É^Vise catholique, en se donnant j'apparenee de ne défendre ^e les institutions politiques et la République.

Toutefois, lecbel'ée cabànet, M. Dobure, Alait, plus tjae neus, en éreil sot les desseini secrets im •viemi psrti i^ublicain. Sans s'en 'CKpliquer tr^ ■enrertement, H donna 4 «ntendre au Sénat qn^<id ^aitau coorant des risées dea aeotesantireligienses. -Cétsità'I'oecasàon de la'discueaion sa ria colla tJtHi des grades vniversitaires. M. leducdeBroglieetM^Dn- -panloop avaient fait certaines révélations, an sujet ^es projets du parti répubLicain avaneé ; Ift. I^nfauie dit : H Ces honorables orateurs n'ont pas mëmetoid dit. On a fait (à la Chambre) bien d'autres propositions! Si d'un côté on a demandé la suppression absolue du budget des cultes — proposition qui n'a paru sérieuse ft personne — d'autre part, vous n'avez qu'à lire le rapport de ce budget des cultes, dont vous ne vous occupez pas, dont on n'a pas dit un mot, tant on est absorbé par la question de la collation des grades, vous y verrez que d'autres propositions plus pratiques y ont été faites, touchant la réduction des crédits affectés à l'augmentation des traitements des desservants et à la construction

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d'églises. Nous sommes résolus, mes collègues et moi, à nous opposer à toutes ces inuOTatioas, à toutes cee réductions, et à maintenir ce que nous croyons être le droit, le droit essentiel du clergé catholique, depuis les rangs les plus élevés jusqu^à ses humbles et modestes desservants. ■

Ainsi, dès ce temps-là, M. Dufaure signalait les travaux d'approche qui devaient couvrir et mener à bien leurs desseins secrets contre l'Église. Il avait pu d'ailleurs, dès avant la guerre de 1870, coonaitre les sentiments et les opinions qui s'agitaieot dans les milieux philosophiques où se formait la nouTelle génération des politiciens de l'avenir. C'étaient l'École de la philosophie positiviste et tes réunions déjà retentissantes des jeunes hommes, nouveaux venus dans le monde politique. Mais alors les anciens partis, sans bien connaître les sentiments vrais de cette jeunesse, l'accueillaient avec faveur, avec empressement même, comme des compagnons ardents et passionnés, enrôlés dans l'opposition qu'ils faisaient à l'Empire.

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