‹ Histoire de la république de 1876 à 1879Chapitre 35 sur 71 · HISTOIRE DE LA BÉPUBLIQIJE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA BÉPUBLIQIJE

les desseins périlleux d'une jeunesse, dont le concours paraissait parliculièrement précieux. Plus lard, après les formidables événements accomplis à la chute de l'Empire, et à la suite de son effondrement, les divergences d'opinions, les contrariétés de vues, avaient fait place, pour nai temps, à un gentiment commun et unanime. Tout fut oublié : on ne songea plus qu'à la patrie expirante et à son relèvement.

Plus de «QntroTerses humanitaiivB on philosophiques, ptiis de haiaes, plus de diAérencesd'idévs, de croyance ni- de rang. On v«aut dam» sae sorte d'intimité cordiale; et, pendant 1& temps que «hira cette suspension des luttesd'iidées et de quenelles- d« sectes, nous ne pûmes surprendre ni soupçonaer les desseins médités par des sectaires que noas avions vue, avec hi- plus grande siaeérité et avec un mime cœur, Iravailler à l'œuvre de sauvetage coramnoe. Nos illusion» fuient entretenues par la communauté des sentiments qui unissaient alors ton» le» Français.

Le patriotisme ne laissait plus de place à' des luttes d^'idées sac un autre terrain : de là était née une sorte de confraternité d'arme«, qur ent poer effet de nons confondre tous dans na même parti, alors qu'en réalité des divei^ence» protondes S» vues et d^opioione nous séparaient de no» prâtbndus compagnons. Ceux-ci d'ailleurs dissimulBient, ou n'avaient pas l'occasion de faire montre die lieurs idées particulière» sur la politique, fit e'est> ainsi' que beaucoup de conservateurs, et non des moindres, jugèrent plus tard utile à leurs desseins de nous

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CONFbllS BirTKE LKS »IVEB& lOtTVOIRS III

oxvtioffeT toKM dans nae Hém« réprobaiioa, en feignant de nous confondre dans un HéBie p«rti politic{He. E>ans tous les temps, les partis ont troaT« des épt*bètes. pour iéàçoÊr à la Tindicte publique^ ou à loi rigueur des lois, lear» adrcrsaîrcs. Les eoosevvateuis rofaderoex n'ont faii en eeia qa'imiter les Jncebùa HamiaM.

M. Dw&xrra était, pias que sous, en garde, parce ^'il était miewa renseigné, quoicfu'il ne connût pas toulie la gravité àm mal, déjà plus giand qu'on n'eût pu rimagincr. II eut le tort de ne pas nous faire part de ses ia^wékiides. Pewt-ètre n'avait-il pasen iMws aoseade coB&satce. Il était pour noua une sorte 4'aneëtsc, et il se méfiait qnel^ue peu, je pense, de sa postéribé.

Soit par gant, aeib parti pris, il se eonSnait d'aiU leurs êaïas aoea niaistèse de la Justice; de sorte «)««, par la force des choses, j'assumais la charge de la politique générale intérieure. Cette politique se earactérisait d'elLe-mème par mes actes, par les ckoû. de penoKnei, pajr mes déclarations, et par les instructions que je donnais verbalement et par érrit juix foMetionnaioes, plus spéetaLeaacnt politiques, placés soas mes ordres. Meï eoUègues, cfaaeaa à&a» kiu ■easorl, iHipriinaiient un mouvement pareiJ à Umt adoùntatEatioa. Il j eut alors, de la part de tant W monde, aji concours sincère, actif et déjà tsès efficace. X l'œuvre d'orgaoùatio» d'os Hégiaie qiaà eût rénliaé n»tae rêve, l'ou'bli des luttes da passé-, la réaaafikliialio» de tous les ciitofens sur le terraia ea<aai.iHi d'un ^«wveriieBiABA ouvevt à tous, l'accord ie l'oodie social avec la liberté ; une vraie Béptk-

lia HISTOIRE DB LA HÉPUBtlQDE

blique libérale enfin, telle qu'on l'avait entrevue à l'heure des désastres.

Notre œuvre était donc, surtout, une œuvre d'éducation politique. Je pensais qu'il fallait, avant toute chose, faire pénétrer dans la nation l'esprit nouveau ; lui donner, non pas le goât, car elle l'avait, mais la notion exacte du régime républicain tel que je le concevais; et l'accoutumer à l'exercice des droits civiques, auxquels la pratique des Régîmes constitutionnels antérieurs ne l'avait pas façonnée.

Toute mon attention était portée de ce côté : faire l'éducation du pays. Les Français, sans en avoir les mœurs, ont la passion de la liberté, que malheureusement ils confondent avec l'idée de l'égalité et d'une fausse égalité ; et je m'efforçais, dans mes conversations avec les fonctioniiaires de l'Intérieur, dans mes instructions verbales et écrites, de remplir dans le gouvernement nouveau cette fonction d'éducateur public. La partie essentielle de tout gouvernement n'est-elle pas, dans le sens le plus extensif du mot, de diriger les esprits aussi bien que de servir les intérêts?

Mais, si les plus chauds partisans des régimes de parlementarisme proclament volontiers cette vérité, ils la méconnaissent dans la pratique. L'importance que s'attribuent les membres des assemblées politiques, convaincus d'être tout dans l'État; l'utilité qu'ils trouvent pour eux-mêmes & être en vue, à faire du bruit autour d'eux, leur persuadent aisément qu'ils sont tout en effet; et ils s'imaginent que tout est pour le mieux, quand le mécanisme parlementaire fonctionne. Le malheur est que les

CONFLITS BMTHB LES DIVERS POUVOIRS ItS

ministres doivent se prêter à ce jeu, sous peine de perdre une part de l'autorité qui leur est nécessaire. Leur fonction utile, dans le travail gouvernemental, doit passer après le rôle brillant et brujant qu'il leur faut jouer dans le Parlement, sous peine de \ perdre, avec leur prestige, Tautorité que donne le î r6le tout verbal et d'apparat qui se joue à la tribune. Pour ce qui me concerne —j'en bis l'aveu^ je n'ai point eu l'esprit parlementaire. C'est une V lacune et presque un vice, dans un pays oà il n'existe ' plus de digues sociales opposées ft l'ambition, et I dans un R^ime politique où le Parlement est tout. Pénétré de mon devoir d'apostolat, je saisissais les occasions qui me furent offertes pour faire connaître mes principes de gouvernement. C'est ainsi que, ayant été appelé à présider, à Arras, un banquet donné à la fin d'un grand concours régional, j'en profitai pour bire connaître ma pensée; et un journal du parti conservateur, /e Moniteur universel, écrivit à ce sujet : ■ Ce discours est rempli de sentiments d'impartialité et de justice envers tous, - en même temps que de ferme attachement à la Constitution. Il ne contient aucune trace d'intolérance, et il marque en traits d'une incontestable . netteté que le gouvernement de la République a la conscience de ses droits et de sa mission. »

Ters la même époque, la ville de Domfroat, notre ville natale, donna à Christophle et à moi une fête merveilleuse, à laquelle se prêtait cette antique cité, vestige charmant des vieilles forteresses du moyen Age, dont, il est vrai, le génie pratique mais peu bienfaisant de la Polytechnique a gâté lit

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